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Science et politique
La Grande Crise et le retour aux économies mixtes
Troisième partie. Les devoirs des scientifiques
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
3 février 2007


 

Outre l'éditorial, cet article prolonge ceux déjà publiés dans cette revue sur le même sujet, notamment :

* La Grande Crise et le retour aux économies mixtes. Deuxième partie. Le retour aux économies mixtes http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/grandecrise2.htm
* La Grande Crise et le retour aux économies mixtes. Première partie. Les causes profondes de la Crise
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/grandecrise.htm
* La Grande Crise. Peut-on calculer scientifiquement un coefficient d'empreinte écologique individuelle ? http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/monbiot.htm
* Apologie de la décroissance http://www.automatesintelligents.com/echanges/2006/dec/decroissance.html
* L'Europe a besoin d'un nouveau colbertisme http://www.automatesintelligents.com/edito/2006/nov/edito.html
* Le rapport Stern sur le changement climatique. Conséquences à tirer par les pays européens http://www.automatesintelligents.com/echanges/2006/nov/rapportstern.html

 


Si parler des devoirs des scientifiques semble
sous-entendre qu'ils ont une responsabilité morale particulière face à la Crise qui s'annonce, alors c'est effectivement ce que nous pensons !
La communauté scientifique dispose du savoir ; certes relatif, souvent biaisé. Néanmoins il est là et les scientifiques sont les seuls capables d'en faire bénéficier le reste de l'humanité. Face à une crise qui mettra sans doute en danger l'avenir même des civilisations, ils ne peuvent s'isoler dans leur tour d'ivoire et doivent au contraire se mobiliser au service du bien commun. Certains diront que les scientifiques ne sont pas ici particulièrement qualifiés car beaucoup sont aussi ceux par qui la Crise est arrivée. Ce sont en effet leurs compétences qui ont permis le développement de technologies dont nombre d'hommes ont fait mauvais usage. Nous ne reprendrons pas cet argument qui aboutirait à réveiller le fantasme selon laquelle la science est globalement nuisible. Néanmoins, comme un grand nombre de scientifiques collaborent à des programmes civils et militaires dits de souveraineté qui ne sont pas destinés à être publiés et qui pourraient en principe être détournés par des utilisateurs malveillants, ils se doivent de rester vigilants quant aux retombées néfastes possibles de ces programmes. Leur devoir est d'expliquer à la société tout entière les risques qu'ils peuvent entraîner. Dans les cas graves, ils ne doivent pas hésiter à démissionner quittes à compromettre leur carrière. C'est ce que l'on appelle dans d'autres circonstances le devoir de retrait.

Les scientifiques ont donc un rôle essentiel à jouer pour prévoir et diagnostiquer la Crise, étudier ses effets, proposer des remèdes. Mais il ne faut pas se bercer d'illusions. A elle seule, la communauté scientifique ne pourra pas étudier en profondeur les différents aspects de la Crise. Elle ne pourra pas davantage l'empêcher de se produire ou porter remède à ses conséquences. Il n'existe pas dans le monde actuel de Pouvoir scientifique suffisamment indépendant et suffisamment fort pour lutter efficacement contre les forces économiques et politiques qui provoquent la Crise(1). Il faudra donc que les scientifiques s'allient avec les mouvements réformateurs et d'opinions qui voudront s'opposer aux effets destructeurs du libéralisme sans contrôle et de l'impérialisme. Les scientifiques devront jouer notamment à cette fin le rôle de conseillers techniques au service des politiques publiques de lutte contre la crise.

Dans cet article, nous préciserons les catégories de scientifiques particulièrement concernés par la lutte contre la crise environnementale, les valeurs qui devraient les animer et les modes d'action dans lesquels ils devraient s'engager. Il ne s'agit évidemment que de propositions, sachant bien que nous ne disposons pas de titre particulier pour nous ériger en autorité morale. Mais il faut bien amorcer les discussions.

Les scientifiques concernés par la crise

On mentionnera en premier ceux qui sont, si l'on peut dire, à la pointe du combat :image ESA, satellite MetOp

  • Les quelques milliers de climatologues, météorologues, océanologues, géologues qui étudient l'évolution globale de la Terre et les conséquences qu'entraîne la production de GES et le réchauffement qui en résulte sur les paramètres physiques. Ce sont eux dont les porte-parole constituent les effectifs du GIEC lequel, rappelons-le, s'inscrit dans la démarche internationale des Nations Unies pour l'étude et la prévention de la crise climatique. Ce rapport n'est que le début du combat, amorcé voici bientôt 15 ans dans l'indifférence et l'hostilité générale. Il faudra étendre ce travail, l'approfondir et surtout vérifier les suites pratiques qui lui seront données. (image ESA, satellite MetOp).

  • Les dizaines de milliers de biologistes qui étudient la vie et la répartition des espèces vivantes, leur évolution dans le temps et, aujourd'hui, les risques de disparition plus ou moins rapide menaçant beaucoup d'entre elles.


  • Les dizaines de milliers de géographes, anthropologues, médecins, économistes qui étudient la répercussion des phénomènes climatiques et environnementaux sur la vie des sociétés humaines, notamment celles du tiers-monde qui sont les plus menacées.

  • Mais l'action des précédents n'aurait pas beaucoup d'efficacité si elle n'était pas relayée et soutenue par celle de tous les autres scientifiques, ingénieurs et techniciens qui participent aux recherches, développements et applications intéressant les sciences ayant de près ou de loin des impacts sur les équilibres climatiques, la biodiversité, la santé animale et humaine. On citera les sciences et techniques de l'énergie sous ses diverses formes, la chimie et les sciences émergentes des biotechnologies et des nanotechnologies, les technologies du transport et bien d'autres.

Il faudra ajouter à ces listes les spécialistes des sciences économiques, politiques, administratives et humaines dont les compétences sont indispensables pour mesurer les impacts de la crise et proposer les remèdes appropriés. Dans la suite du rapport Stern, on constate qu'il faut désormais mener des actions politiques et administratives «dirigistes» pour revenir sur le libéralisme absolu et l'impérialisme des grandes puissances dont la protection de l'environnement n'est pas encore le premier souci. Pour cela, il faudra l'engagement de fonctionnaires publics, d'hommes politiques et, bien évidemment, de consultants privés pour qui ce combat devra devenir une véritable activité professionnelle. Il n'y a pas lieu de s'en inquiéter, pourvu que ces consultants veillent à ne pas déformer le discours des scientifiques, mais plutôt à lui permettre de se traduire en données accessibles au grand public et par conséquent en décisions économiques et politiques(2).

Plus généralement, toutes les personnes ayant des compétences dans le domaine scientifique et technique, comme dans l'enseignement et la communication intéressant les sciences et les technologies, devraient désormais se considérer comme impliquées par les débats entre intérêts économiques, citoyens et forces politiques concernant le sujet. Ceci veut dire que l'environnement, du fait de l'émergence de la crise climatique, loin de rester confiné à quelques spécialistes et militants comme il l'était jusqu'à présent, doit devenir une préoccupation majeure de tous.

Les valeurs

Quelles valeurs doivent animer l'engagement des scientifiques énumérés ci-dessus afin de le transformer en un devoir aussi bien moral que politique ?

  • C'est d'abord au nom de l'objectivité et de l'universalité de la recherche (notamment universitaire) et du savoir en découlant que les scientifiques de tous pays doivent se sentir mobilisés. Ils sont les seuls à disposer de la compétence d'expertise nécessaire à l'évaluation de la crise et à la proposition de solutions techniques permettant de lutter contre elle. L'opinion, souvent trompée par ceux qui voudraient continuer à exploiter sans contradicteurs l'ignorance des citoyens, tend à se méfier des experts, dont on dénonce volontiers les contradictions, les erreurs ou le manque de neutralité. Mais il s'agit d'une erreur profonde. Les méthodes scientifiques expérimentales sont les seules à fournir des descriptions du monde aussi objectives que possible, et dont irremplaçables. Ni les incantations ni les vœux pieux ne pourront les remplacer.

  • Mais il ne suffit pas qu'existe un savoir scientifique. Le savoir conservé par-devers soi devient élitiste et inefficace. Il faut le partager, c'est-à-dire le communiquer et le discuter. On doit considérer la recherche, comme il est d'ailleurs de règle dans la tradition républicaine, comme liée à l'enseignement et à la démocratie politique et sociale. Selon le mot à la mode, il est donc important que dans une société démocratique soient organisés de véritables dialogues participatifs entre les experts, les médias dont le rôle est également essentiel et tous ceux qui sous diverses formes peuvent représenter les citoyens.

  • Les dialogues deviennent difficiles quand ils mettent en contact des interlocuteurs défendant des intérêts très différents, même lorsqu'en apparence ils convergent vers le même but. C'est ce que l'on constate entre experts du monde dit développé et experts provenant du tiers-monde. Les dialogues tournent vite aux accusations réciproques. Il faut donc qu'au-delà de la démocratie, les scientifiques soient animés d'un sens aigu de la fraternité et de la nécessaire égalité devant être assurée à terme entre tous les citoyens du monde. On retrouve là les grandes valeurs de la république, mais elles devront être traduites en comportements réels et en actes, plutôt que rester des proclamations d'intention.

Comment agir ?

Au-delà du dialogue, des décisions doivent être prises. Dans les démocraties, ces décisions sont de la compétence des représentants politiques, au niveau des institutions internationales, des organisations étatiques et des collectivités locales. En Europe, où les institutions européennes partagent désormais la responsabilité des grandes politiques avec les gouvernements nationaux, le rôle de Parlement européen et de la Commission est également essentiel. Là encore, les scientifiques ont un devoir d'ingérence vis-à-vis des décideurs, que nul ne pourrait tenir à leur place. Ils doivent évidemment tout faire pour que leurs diagnostics remontent les «allées du pouvoir» afin de toucher les décideurs finaux, ministres, chefs d'Etat et aussi chefs d'entreprises(3).

Si nécessaire, ils se doivent de dénoncer les non-décisions, les faux-fuyants ou les décisions contraires à l'intérêt général caractérisant beaucoup de gouvernements confrontés à la nécessité d'affronter directement les grands intérêts économiques ou les résistances de certaines catégories d'électeurs.

On devine que cela n'est pas sans risques. Affronter les forces économiques dominantes et les pouvoirs politiques qui les soutiennent peut se traduire par des suppressions de moyens de recherche, des sanctions relative aux déroulements de carrière et même des menaces physiques.

Face à des enjeux mettant en cause des milliards de dollars et des stratégies géopolitiques impitoyables, la nécessaire indépendance que l'on attend des scientifiques n'est pas à prendre à la légère. Elle doit s'exercer sur de nombreux plans : vis-à-vis des idéologies, qu'elles soient politiques ou religieuses ; vis-à-vis des intérêts financiers et de la monétarisation de la société ; vis-à-vis des partis politiques et des gouvernements ; vis-à-vis des nationalismes et des ethno-centrismes divers.

Face à la crise, nous distinguons deux grandes catégories de devoirs adressés aux scientifiques :

Le devoir d'alerter

Celui-ci, face aux développements de la crise pourra se traduire par des engagements personnels de plus en plus importants. On distinguera :

  • L'alerte face aux phénomènes géoclimatiques et biologiques traduisant le développement de la crise. On a vu récemment le rôle essentiel qu'ont joué les climatologues dénonçant le refus de voir et d'étudier le réchauffement climatique. Mais d'innombrables communications de même nature sont produites par des scientifiques étudiant des aspects particuliers de la crise, en s'opposant le plus souvent aux intérêts économiques qui nient ces aspects. Malheureusement, leurs travaux et leurs mises en garde ne sont pas assez connus du public ni des décideurs. Ils restent confinée dans les publications scientifiques. Si les médias les évoquent, c'est de façon superficielle et vite effacée par d'autres actualités.
    avire missionné par le service Pêches et Océans Canada
  • Il ne s'agit pas seulement de la crise climatique mais des multiples formes par lesquelles l'homme exploite jusqu'à la destruction les milieux naturels. On citera ici l'exemple navrant de la surexploitation des ressources marines. L'annonce faite par les experts concernant la disparition prochaine des espèces nobles, du fait de la surpêche, n'a toujours pas entraîné de réaction efficace. L'Europe est la première coupable, car ses Etats sont avec quelques autres dont le Japon (sans parler de ceux qui encouragent le braconnage industriel), principalement responsable du désastre annoncé. Mais que sera un monde sans poissons ?

  • L'alerte face aux risques chimiques, biologiques et sanitaires provenant de recherches ou de production guidées par la recherche d'un profit immédiat. C'est ce qui est advenu lors de la mobilisation contre la mise sur le marché de produits chimiques dont la dangerosité n'était pas suffisamment évaluée (programme européen REACH). Mais on sait que l'envahissement des marchés de consommation par des produits dangereux, mal expertisés et parfois volontairement non identifiés, se poursuit à un rythme toujours accru.

  • L'alerte face aux programmes de recherche militaire développés dans le secret et refusant généralement de façon systématique la prise en compte des risques collatéraux ou des retombées mortelles. Il s‘agit de ce que l'on nomme traditionnellement les armes Atomiques, Bactériologiques et Chimiques. Avec le développement des sciences dites NanoBioInfoCogno, leur panoplie ne cesse de s'étendre. L'action des scientifiques est dans ce domaine particulièrement difficile, cependant nul chercheur ne devrait pouvoir s'autoriser à la complicité aveugle, même pour protéger ses intérêts de carrière ou par devoir patriotique. Il serait irréaliste de prétendre proscrire de telles recherches, mais un minimum de transparence devrait être assurée(4).

Le devoir d'action engagée

Au-delà de la mise en alerte, qui est déjà une forme d'action que certains n'osent entreprendre, l'aggravation de la crise environnementale devra susciter l'engagement dans l'action concrète de la part de scientifiques impatients de faire bouger les multiples pesanteurs. Les formes d'action engagée sont multiples. Les organisations, ONG et associations, prolifèrent, notamment dans le monde dit « altermondialiste ». Les scientifiques ont intérêt à les rejoindre , pour se faire entendre, en choisissant celles les plus adaptées aux objectifs recherchés. Mais une difficulté consiste à ne pas se faire manipuler par des groupes extrémistes recherchant l'agitation et le désordre des esprits pour l'intérêt personnel de leurs membres. Comme dans toutes les affaires humaines, de tels opportunistes sont nombreux et font du tort aux meilleures causes. La défense de l'environnement est riche en excités divers plus dangereux qu'utiles. On citera les activistes, fréquents en Grande Bretagne, qui détruisent les laboratoires ou agressent les chercheurs se livrant à l'expérimentation animale. Si cette cause peut être défendue, ce n'est certainement pas par de tels moyens(5).

  • En priorité viendront des actions permettant d'approfondir et d'évaluer les politiques et les produits nuisibles à l'environnement.
(ci-contre graphique par lequel Exxon Mobile justifie l'expansion de la consommation, de la production de brut et des capacités de raffinage aux Etats-Unis, dont la firme espère de nouveaux profits. Rappelons qu'Exxon vient d'annoncer à la fois des bénéfices considérables (plusieurs dizaines de $milliards) et l'offre de récompenses aux scientifiques qui fourniront les arguments les meilleurs pour remettre en question le rapport du GIEC qui vient d'être déposé à l'Unesco
Graphique par lequel Exxon Mobile justifie l'expansion de la consommation,
de la production de brut et des capacités de raffinage aux Etats-Unis, dont la firme
espère de nouveaux profits. Rappelons qu'Exxon vient d'annoncer à la fois des
bénéfices considérables (plusieurs dizaines de $milliards) et l'offre de récompenses
aux scientifiques qui fourniront les arguments les meilleurs pour remettre en question
le rapport du GIEC qui vient d'être déposé à l'Unesco.

A l'inverse, il conviendra d'évaluer les politiques et produits pouvant avoir l'effet contraire. Il s'agira de procéder à des études approfondies, supposant aussi bien la référence aux technologies que des estimations économiques, budgétaires (fiscales) et sociologiques. Nous en avons donné des exemples dans un article précédent, consacré au calcul du coefficient d'empreinte écologique. Plus généralement, toutes les politiques, qu'elles soient déjà mises en œuvre ou seulement proposées, devraient faire l'objet d'évaluations contradictoires de cette nature. Les conclusions n'en seront jamais simples, mais elles permettront cependant de conduire la discussion sur des bases relativement objectives et non sur des a priori ou des arguments volontairement faussés. Ce genre de travail pourra être fait par des scientifiques et experts de façon bénévole, en dehors de leurs activités professionnelles principales(6).

  • Pour beaucoup viendra la tentation de s'engager professionnellement dans des recherches ou au service d'entreprises développant des solutions susceptibles d'apporter des remèdes à la crise. Les prochaines années verront se développer un large appel à la réalisation de solutions multiples, petites ou grandes, en matière d'énergies renouvelables, de matériaux, de produits de consommation intégrant les nouvelles technologies propres. Beaucoup de carrières déjà entreprises pourront sans doute être reconverties pour servir de telles recherches et développement. Les jeunes chercheurs seront aussi sans doute fortement tentés de s'y intéresser. Il y aura là des champs d'action concrète considérables.

  • Nombre de chercheurs souhaiteront également participer aux échanges de compétences et d'expériences avec les pays du tiers monde. Là encore, les occasions de s'employer seront innombrables.

  • Dans toutes ces actions, la communication sera indispensable, utilisant les multiples ressources du web (web 2.0 et web 3.0). Les outils disponibles sont et seront nombreux. Encore faudra-t-il savoir les maîtriser, comme le montrent les ONG anglo-saxonnes. Selon l'expression traditionnelle, "le faire-savoir" comptera autant que le "savoir-faire".

Notes
(1) Encore que... On sait qu'après 1946 le mouvement Pugwash a eu un rôle important pour décourager l'utilisation des armes atomiques. Il poursuit d'ailleurs son action en l'étendant aux autres risques http://www.pugwash.org/
(2) Citons en exemple le site de Jean-Marc Jancovici, Manicore, qui nous parait une bonne référence à cet égard http://www.manicore.com/
(3) Sur ce point l'action de Nicolas Hulot en France a paru très utile. Mais elle ne peut à elle seule résumer toutes les actions concrètes qui seraient nécessaires. Aux Etats-Unis, pays du libéralisme et de l'impérialisme exacerbés, de nombreux scientifiques ont su conseiller des hommes politiques contestataires, notamment Al Gore, dont le film « Une vérité qui dérange » a joué un rôle important pour la prise de conscience qui commence à se faire dans ce pays et dans les autres.
(4) Voir le bon exemple donné par une association de scientifiques britanniques travaillant pour la défense, intitulée Scientists for Global Responsability http://www.sgr.org.uk/
(5) Le roman "Le parfum d'Adam", de Jean-Christophe Ruffin, décrit de façon il est vrai caricaturale l'action de groupes terroristes s'inscrivant dans la tradition américaine ancienne de la Deep Ecology (voir notre chronique dans ce numéro).
(6) Ne soyons pas naïfs. Comme les humains mêlent inextricablement les comportements agressifs et le sens de l'intérêt général, nous verrons, avec le développement souhaitable des notes attribuées par les experts aux objets et usages au regard de leur "poids en CO2", se multiplier les accusations et procès en sorcellerie, fondés ou pas. Ce sera inévitable et d'ailleurs sain. Mais il faudra raison garder. On peut trouver utile de donner mauvaise conscience aux possesseurs de 4/4 en ville. Non seulement ils devraient être imposés sévèrement mais aussi sentir qu'ils sont considérés comme inciviques. Par contre, lorsqu'on reproche à Ségolène Royal de préconiser l'attribution gratuite d'un permis de conduire aux jeunes, de façon à faciliter leur entrée dans la vie professionnelle, on ne peut lui reprocher d'encourager l'usage immodéré de la voiture. Ceux qui lui font ce procès voudraient en fait se réserver le droit aux voitures (et aux 4/4) mais en priver les pauvres. C'est là le prototype de l'attitude des riches qui ne veulent faire aucune économie d'énergie, mais demandent aux pays sous-développés ou au prolétariat de faire tout l'effort.

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