Nous
proposons ici une nouvelle rubrique destinées
à publier des informations brèves
suivant de près l'actualité. Nous
leur donnerons une tonalité politique (politique
industrielle, politique scientifique) qu'il n'est
toujours pas possible d'imposer à toutes
les autres rubriques de la revue. La page InfoXpress
ne remplacera pas la page ACTUALITES
Nous
renonçons pour le moment à la version
audio qui est trop exigeante en temps
|
Lancement
réussi du satellite franco-européen Corot
Une
fusée Soyouz 2-1b a lancé le satellite d'observation
Corot (Convection Rotation and planetary Transits) du
cosmodrome de Baikonour le 27 décembre 2006. Corot
aura une double mission: analyser les émissions
provenant des étoiles observées afin de
mieux comprendre la nature de leur rayonnement - et surtout
détecter les variations d'intensité périodiques
de ces émissions, pouvant être attribuées
à la présence de planètes. Celles-ci
ne sont pas directement visibles, mais provoquent l'équivalent
de très faibles éclipses. Cette technique
dite de l'analyse du transit est utilisée depuis
plusieurs années maintenant. Elle a permis d'identifier
plusieurs "géantes gazeuses" dans la
galaxie proche. Mais la meilleure définition offerte
par Corot devrait permettre d'observer la trace de planètes
de type rocheux, situées plus loin de leur étoile
et ayant une taille de 3 ou 4 volumes terrestres. Le satellite
pourra par ailleurs multiplier les observations, ce qui
augmentera les chances de trouver de telles étoiles.
C'est le CNES français qui a été
le maître d'ouvrage de l'opération. En 2008,
la Nasa envisage d'envoyer une mission de même nature,
le téléscope Kepler, capable d'améliorer
la finesse des observations afin de déterter des
planètes de la taille de la Terre.
Dans
deux ans à peu près, l'accord avec les Russes
pour un usage partagé de la base de Kourou entrera
en vigueur. Ainsi l'Europe pourra selon le type de charge
à emporter et l'altitude à atteindre, choisir
entre le lanceur lourd Ariane 5 (qui aurait été
disproportionné pour mettre Corot en orbite) et
les fusées Soyouz, sous leur forme actuelle ou
optimisée. Celles-ci, on le sait, permettent déjà
l'envoi de modules habités dans l'espace. Elles
ont ainsi évité l'isolement des équipages
de la plate-forme internationale ISS pendant l'indisponibilité
des navettes américaines. Ceux des Européens
qui ne se résignent pas à laisser aux autres
la responsabilité des vols habités pourraient
dans un premier temps, à partir de Kourou et avec
les capsules actuelles, mettre en orbite leurs propres
équipages. Dans l'intervalle, l'ATV ou Automated
Transfer Vehicule Jules Verne fait l'objet de tests à
terre. Il devrait être lancé vers l'ISS l'été
prochain, sans équipage, grâce à une
Ariane 5.
Rappelons
que les 8 et 9 janvier 2007 se tiendra à Edimbourg
une conférence entre l'ESA et les parties prenantes
intéressées par son programme d'exploration
spatiale Aurora. Cette réunion serait très
importante, si du moins elle permettait de confirmer l'intérêt
des Européens, hors la communauté spatiale,
pour un programme qui ferait de l'Europe une puissance
spatiale capable d'avoir ses propres programmes lunaires
et marsiens. Une conférence de presse sera donnée
dont nous vous rendrons compte.
Futures
missions humaines sur des astéroïdes proches
de la Terre
La
Nasa étudie actuellement ce qui dans l'état
actuel des techniques relèverait de la mission
impossible: rapprocher un vaisseau habité suffisamment
près d'un astéroïde en croisière
dans la proximité de la Terre (NEO ou Near Earth
Object), afin d'en rapporter des échantillons prélevés
par un robot. Il s'agirait d'un programme à moyen
terme, visant à utiliser et tester les matériels
et les compétences développées par
l'Agence dans le cadre de son projet de retour sur la
Lune (Constellation), lequel qui sera suivi de l'exploration
de Mars et au delà. Contrairement à ce que
l'on imagine de tels NEO peuvent avoir des vitesses comparables
à celles d'un vaisseau lancé de la Terre.
Leur surface ne serait pas sans doute asser solide pour
autoriser des débarquements, d'autant plus qu'ils
sont en rotation. Mais une exploration robotique est considérée
comme possible.
Outre
l'intérêt de rentabiliser les investissements
faits pour les missions lunaires, de telles opérations
permettraient d'observer avec plus de détails les
géocroiseurs éventuellement menaçants
pour la Terre et d'étudier des mesures de déflection.
C'est en tous cas un argument présenté par
la Nasa pour conforter ses futurs budgets. Pourquoi pas?
Raison de plus pour dire que l'Europe ne devrait pas se
tenir à l'écart de telles missions, qui
un jour pourront se révéler vitales.
*
Article de Space.com http://www.space.com/businesstechnology/061227_asteroid_orion.html
Turbulences
sur Quaero
Le
gouvernement allemand ne veut plus participer au projet
de moteur de recherche franco-allemand Quaero. Il invoque
des désaccords sur l’orientation technologique,
Berlin préférant se lancer dans la recherche
sémantique plutôt que de concurrencer Google.
Hartmut Schauerte, un des secrétaires d'Etat rattachés
au ministère allemand de l'Economie, vient d’annoncer
le retrait de la partie allemande, laquelle a décidé
de suivre son propre chemin. L'Agence française
de l'innovation industrielle (AII), chargée d'encadrer
les grands projets industriels et les pôles de compétitivité
mis en place par le gouvernement, en a pris acte. Quaero
redevient donc un projet uniquement français, piloté
par Thomson avec les appuis technologiques de la start-up
Exalead, de France Télécom, Arvato ou LTU
Technologies et les participation de l'INA et de l'Inria.
Le divorce était prévisible depuis quelques
mois. Du côté français, conformément
à l'ambition de Jacques Chirac, l'objectif était
de créer un moteur multimédia centré
essentiellement sur l'indexation de photos et de vidéos.
Pour les Allemands, vouloir concurrencer Google sur son
terrain était sans espoir. Ils préfèrent
s’orienter vers une voie d’avenir, la recherche
sémantique. Celle-ci devrait permettre de créer
un moteur capable de comprendre le sens d'une requête
et d'analyser un texte. Le projet allemand a été
baptisé Theseus.
Une collaboration n’est pas exclue, mais posera
la question des financements, à commencer par celui
de Quaero. Il devait coûter 250 millions d'euros
sur cinq ans, et fonctionner en partie sur des fonds publics
français et allemands. Pour l'instant, la seule
source de financement publique garantie provient de l'AII,
qui a promis 90 millions d'euros.
Il faut bien voir que Google multiplie les offres permettant
de diversifier son offre : recherches sur les images et
même sur des concepts inspirés du web sémantique.
Nous indiquons ci-dessous que le web sémantique
fait désormais partie de la nouvelle planète
Internet, dite du web 3.0. Comprendre et maîtriser
ce qui va se passer supposera beaucoup d’intelligence
et de moyens. L’Europe a depuis des années
renoncé à se donner les bases élémentaires
permettant d’être acteur dans le monde de
l’Internet – sauf à la marge par certains
formes de téléphonie mobile. Récupérer
ce retard supposait d’autres moyens qu’un
budget de 250 millions d’euros sur 5 ans –et
bien plus de volonté politique que celle exprimée
par le gouvernement français.
Mais pour quoi faire, dira-t-on ? Google n’est-il
pas là, donnant satisfaction à tous ses
utilisateurs, qu’ils soient européens ou
pas? Certes, Google est là, Microsoft est là,
la Nasa est là, pourquoi se donner le mal d’investir
en Europe alors qu’il suffit de consommer les produits
des autres ? Certes, mais jusqu’à quand pourra-t-on
consommer sans produire ? En vendant du foie gras et des
huitres dont le monde ne veut pas ?
Les
images de toute une vie stockées dans une mémoire
de la taille d'un morceau de sucre
C'est
ce que prévoient pour 2025 des orateurs s'étant
exprimés au Colloque Memories for Life organisé
par la British Library le 12/12/06. Ce colloque s'est
intéressé à la mémoire en
général. Susan Blackmore, la papesse des
mèmes, y est intervenue. Mais ce sont les nouvelles
techniques de mise en mémoire des images sous une
forme condensée qui ont suscité le plus
grand intérêt. D'intenses discussions ont
suivi, concernant les aspects utiles ou nuisibles de tels
exploits techniques. Certains ont observé que relire
à la fin de sa vie la totalité de sa propre
histoire enregistrée sur une de ces mémoires
nécessiterait un temps au moins égal à
la durée de cette même vie. Autrement dit,
de quoi s'occuper sous terre.
*
Memories for Life http://www.memoriesforlife.org/colloquium06prog.php
Inauguration
de PLoS One
L'éditeur
scientifique américain Public Library of Science,
dont nous avions déjà signalé l'édition
consacrée à la biologie, PLoS Biology, vient
de lancer une publication plus générale,
PLoS ONE, couvrant un grand nombre de thèmes. La
formule est la même: laisser le lecteur accéder
gratuitement aux articles mais demander une contribution
aux auteurs ou aux organismes dont ils dépendent.
Le peer-review est également très allégé.
Restera à voir l'accueil fait par les auteurs à
cette formule.
Pour
ceux qui comme nous ne peuvent souscrire des abonnements
à toutes les revues scientifiques traditionnelles,
cette formule est très avantageuse. Elle permet
par ailleurs en balayant les sommaires d'avoir une idée
générale des thèmes traités
sans entrer dans les articles un à un. Voici dont
une très bonne initiative, à qui il faut
souhaiter longue vie.
* PLoS ONE http://www.plosone.org/home.action
Nouvelles
perspectives pour le stockage à court terme de
l'électricité
Une
étude menée par le Pacific Northwest National
Laboratory (http://www.pnl.gov/)
pour le compte du département américain
de l'énergie propose d'utiliser les véhicules
à moteur électrique ou à moteur hybride
pour réguler les pics journaliers entre surconsommation
et sousconsommation qui affectent tous les réseaux
de distribution. Les voitures chargeraient leurs batteries
la nuit lorsque l'électricité est en excès
et restitueraient celle-ci au réseau durant le
jour lorsqu'elles seraient stationnés dans les
parkings d'entreprises ou d'administrations alors que
leurs propriétaires travaillent et que le réseau
requiert de fortes capacités pour le chauffage
ou la climatisation des locaux. Il faudrait seulement
augmenter un peu la capacité des accumulateurs
et prévoir des bornes avec compteurs fonctionnant
en entrée/sortie.
* Article de Technology Review. com http://www.technologyreview.com/Energy/17930/
Perspectives
concernant 2050
Le
gouvernement britannique a souhaité disposer d'hypothèses
scientifiques concernant les années 2050. Il a
commandé une large étude, baptisée
Horizon Scan, qui regroupe 270 documents rédigés
par des spécialistes. L'étude couvre pratiquement
tous les aspects de la société, depuis les
questions scientifiques jusqu'aux problèmes économiques
et politiques. Elle est destinée d'abord à
l'information des responsables publics mais elle sera
distribuée également auprès des chefs
d'entreprises et acteurs sociaux. L'initiative a été
patronnée par le Foresight Programme dépendant
de l'Office of Science and Innovation lui-même sous
la tutelle du gouvernement. Elle comprend deux parties,
l'une le Delta Scan confié à l'Institut
du futur (Institute for the Future) basé en Californie
et dédiée aux sciences et technologies,
l'autre, le Sigma Scan qui s'intéresse à
l'économie, l'environnement et les questions sociales.
Le Sigma Scan résulte d'un partenariat entre les
britanniques Outsights et Ipsos Mori, consultants en matière
de prospective et études d'opinion.
Comme
prévisible, l'Horizon Scan n'est pas encore disponible
sur le web. Peut-être ne le sera-t-il jamais. Quoiqu'il
en soit, l'initiative doit être applaudie. On aimerait
qu'elle soit reprise dans un certain nombre d'autres pays
européens ou au niveau de la Commission, puis diffusée
en libre accès. Nous avons vu que si nous devons
nous en tenir aux prospectives réalisés
par tel ou tel auteur ne se référant
qu'à lui-même, on risque fort d'être
égaré dans des impasses intellectuelles
ou politiques.
On
notera qu'une des notes du rapport recommande d'attribuer
des droits civils aux robots dans les prochaines décennies.
*
Article de Financial Times.com
http://www.ft.com/cms/s/52012564-8fcf-11db-9ba3-0000779e2340.html
Les
robots du futur dès 2007
Selon
la revue Technology Review du MIT, l'année 2007
verra plusieurs évènements convergents qui
façonneront dès cette année le robot
du futur. Voici lesquels:
- Le Urban Grand Callenge de la Darpa, qui organisera
un concours de navigation pour véhicules robotisés
dans un environnement urbain reconstitué, avec
tous ses pièges. Ce challenge sera la suite du
grand Challenge qui s'était déroulé
sur 150 km de désert.
-
L'amélioration de la sécurité; En
avril 2007 se tiendra à Rome une réunion
de roboticiens qui étudieront la prévention
de tous les accidents grands et petits pouvant survenir
du fait des robots.
- Le développement de muscles artificiels puissants
(capables de soulever deux fois le poids du robot) faisant
appel à diverses technologies dont les nanotubes
de carbone.
- La généralisation des robots domestiques.
estimés devoir être au nombre de 1 million
en 2007. Cet effectif devrait atteindre plusieurs millions
2 ou 3 ans plus tard. La Corée du Sud qui veut
devenir un grand de la robotique prévoit la présence
d'un robot domestique dans chaque foyer en 2013.
- L'implication massive de Microsoft dans la fabrication
de logiciels pour robots. Le marché est estimé
à 50 milliards de dollars vers 2025. Microsoft
a l'intention de se l'approprier comme il s'est approprié
celui des logiciels pour PC. Retrouvera-t-on le combat
logiciels propriétaires/logiciels libres?
On notera que dans un long article du Scientific American,
Bill Gates expose avec force détails sa vision
de la robotique pour demain. Faut-il se réjouir
ou frémir de voir la firme de Redmont envahir ce
domaine avec tant d'enthousiasme?
Par ailleurs, Microsoft a dévoilé sa nouvelle
plateforme pour le développement de logiciels robotiques:
Microsoft Robotics Studio. L'accès devrait en être
gratuit pour les étudiants, payant pour les entreprises.
* Article de Technology Review http://www.technologyreview.com/BizTech/17931/
* Article de Bill Gates dans le Scientific American
http://www.sciam.com/print_version.cfm?articleID=9312A198-E7F2-99DF-31DA639D6C4BA567
* Microsoft Robotics Studio http://msdn.microsoft.com/robotics/
Le
web 3.0
Vous
commenciez à vous habituer au web 2.0. Oubliez
le. C'est maintenant le Web 3.0 qu'il faut connaître
et pratiquer. L'article référencé
ci-dessous en donne une première présentation.
Le web 3.0, ainsi nommé par un certain John Markoff
du New York Times intégrera à partir de
2007 et sans doute pendant quelques années les
fonctionnalités suivantes:
Connectivité
étendue
*
Généralisation de la large bande, voire
de la très large bande
* Accès aux téléphones mobiles Internet
* Accès aux équipements mobiles Internet
(web des objets)
* Calcul en réseau (Network Computing)
* Interopérabilité de services en réseau
Généralisation de l'open source
*
API et protocoles ouverts
* Formats de données ouverts
* Plateformes pour logiciels ouverts
* Accès ouvert aux données (Creative Commons,
Open Data License, etc.)
* Identifications ouvertes et portables (d'un service
à l'autre)
Passage
au web intelligent
*Technologies
du web sémantic: RDF, OWL, SWRL, SPARQL, Semantic
application platforms, statement-based datastores telles
que triplestores, tuplestores and associative databases.
(Pour détail voir http://www.w3.org/2001/sw/)
* Bases de données distribuées et interopérables
grâce aux technologies du semantic web précitées.
* Applications intelligentes (traitement du langage naturel,
machines apprenantes, machines raisonantes, agents autonomes).
Plus généralement l'usage étendu
de l'intelligence artificielle permettra une meilleure
compréhension de l'information par la machine afin
de générer chez l'utilisateur des comportements
plus intuitifs, adapatés à ses besoins.
http://www.kurzweilai.net/meme/frame.html?main=/articles/art0689.html
Areva
perd en Chine...et en Asie?
Comme
on le craignait, l'offre française Aréva
pour la fourniture d'une première tranche de 4
réacteurs nucléaires n'a pas été
retenue par les Chinois, qui préfèrent l'américain
Westinghouse. Le contrat est de quelques 4 mds de dollars,
mais d'autres appels d'offres sont à prévoir.
Ce contrat crééra 4.500 emplois aux Etats-Unis.
On
notera pluseurs choses. D'abord Westinghouse n'est plus
totalement américain car il a été
racheté par Toshiba. D'autre part, les Etats-Unis
ne craignent absolument pas de prêter la main à
une éventuelle menace nucléaire chinoise.
Westinghouse aurait promis d'assurer un transfert total
de technologie. Le contrat s'insère dans un "dialogue
stratégique économique" entre la Chine
et les Etats-Unis. " C'est un grand jour pour l'industrie
nucléaire américaine. Cet accord est bon
pour le peuple chinois et le peuple américain,
c'est un exemple de ce que nous pouvons faire si nous
travaillons ensemble. Nous pouvons faire progresser non
seulement notre relation commerciale, mais aussi notre
objectif commun en matière de sécurité
énergétique" a déclaré
le secrétaire à l'énergie américain
Samuel Bodman, après avoir signé dans la
capitale chinoise un protocole avec Ma Kai, président
de la Commission nationale pour le développement
et la réforme. Samuel Bodman avait assisté
précédemment à une réunion
sur l'énergie réunissant la Chine, les Etats-Unis,
l'Inde, le Japon et la Corée du Sud.
On rappellera par ailleurs que les Etats-Unis ont signé
un autre partenariat stratégique avec l'Inde, comportant
lui aussi le transfert de technologies nucléaires
civiles en échange d'achat de centrales. Le Sénat
américain jusqu'ici réticent aurait donné
son accord.
Que
conclure?
- quand il s'agit de vendre leurs propres produits, les
Américains sont très accomodants en matière
de sécurité. On imagine ce qu'ils auraient
dit si la France avait signé - et mis en oeuvre
concrètement - de tels partenariats stratégiques.
- L'énergie nucléaire devient maintenant
une alternative sérieuse aux énergies fossiles
en Asie. C'est une bonne chose pour l'environnement car
pour le moment, c'est sur le pétrole et l'abominable
charbon que comptent encore ces pays. Mais ce serait dommage
que l'Europe soit exclue des partenariats futurs éventuels.
- C'est toute l'Asie qui est visée maintenant par
l'offre nucléaire industrielle américano-japonaise.
On peut penser cependant que les pays concernés
ne se borneront pas à rester des acheteurs. Ils
créeront eux-mêmes leurs propres filières.
- La France à elle seule ne pèse pas, et
Aréva en paye directement le prix. Tant que n'existera
pas un gouvernement économique de l'Europe (ou
de la zone euro, pour s'en tenir à la proposition
de J.P. Chevènement) il sera impossible de
négocier utilement avec les Asiatiques. Il faut
pouvoir mener avec eux, comme le font les Etats-Unis,
des négociations (deals) globales, mettant en balance
les importations de ces pays en Europe, les exportations
européennes susceptibles d'offrir des compensations
et, bien entendu, les cours des monnaies utilisées
dans les contrats, qui devront être ajustés
en permanence.
- Ceci obligerait à des arbitrages européens
internes. On peut imaginer que l'offre nucléaire
française viendrait dans une approche européenne
globale en compétition avec l'offre industrielle
allemande. Mais cela serait une bonne chose car ce serait
alors toute une politique industrielle et commerciale
globale qu'il faudrait définir et qui pourrait
en découler.
- Ajoutns que si l'Europe, dans le domaine nucléaire,
s'interroge encore longtemps sur l'intérêt
des centrales de nouvelle génération et
ne passe aucun marché avec ses propres industriels,
ceux-ci n'auront plus qu'à fermer boutique. Mais
rassurons nous. Quand l'Europe décidera enfin de
se rééquiper, il lui restera toujours la
possibilité d'importer du matériel Westinghouse.
Tant pis pour les perspectives d'emploi (voir ci-dessous).
17/12/06
L'emploi
dans le nucléaire
En France, selon Jacques Régaldo, directeur de
l'emploi du groupe EDF, le parc de 19 centrales emploie
20 000 salariés très qualifiés. Le
passage à la génération EPR et la
construction de nouvelles centrales, ainsi que le suivi
des travaux qui commencent autour de la plateforme Iter,
devraient augmenter sensiblement le nombre des personnels
nécessaires. La filière prévoie un
boom sur les recrutement dans les prochains mois.
C'est
sans doute pour cette raison que les Verts, toujours à
l'affut d'une bonne idée, tentent de négocier
leur soutien au PS contre l'engagement de mettre le nucléaire
en sommeil. 17/12/06
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