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La Revue mensuelle n° 77
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Infoxpress

du 16 décembre au 31 décembre 2006

Nous proposons ici une nouvelle rubrique destinées à publier des informations brèves suivant de près l'actualité. Nous leur donnerons une tonalité politique (politique industrielle, politique scientifique) qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à toutes les autres rubriques de la revue. La page InfoXpress ne remplacera pas la page ACTUALITES

Nous renonçons pour le moment à la version audio qui est trop exigeante en temps

 

Lancement réussi du satellite franco-européen Corot

Une fusée Soyouz 2-1b a lancé le satellite d'observation Corot (Convection Rotation and planetary Transits) du cosmodrome de Baikonour le 27 décembre 2006. Corot aura une double mission: analyser les émissions provenant des étoiles observées afin de mieux comprendre la nature de leur rayonnement - et surtout détecter les variations d'intensité périodiques de ces émissions, pouvant être attribuées à la présence de planètes. Celles-ci ne sont pas directement visibles, mais provoquent l'équivalent de très faibles éclipses. Cette technique dite de l'analyse du transit est utilisée depuis plusieurs années maintenant. Elle a permis d'identifier plusieurs "géantes gazeuses" dans la galaxie proche. Mais la meilleure définition offerte par Corot devrait permettre d'observer la trace de planètes de type rocheux, situées plus loin de leur étoile et ayant une taille de 3 ou 4 volumes terrestres. Le satellite pourra par ailleurs multiplier les observations, ce qui augmentera les chances de trouver de telles étoiles. C'est le CNES français qui a été le maître d'ouvrage de l'opération. En 2008, la Nasa envisage d'envoyer une mission de même nature, le téléscope Kepler, capable d'améliorer la finesse des observations afin de déterter des planètes de la taille de la Terre.

Dans deux ans à peu près, l'accord avec les Russes pour un usage partagé de la base de Kourou entrera en vigueur. Ainsi l'Europe pourra selon le type de charge à emporter et l'altitude à atteindre, choisir entre le lanceur lourd Ariane 5 (qui aurait été disproportionné pour mettre Corot en orbite) et les fusées Soyouz, sous leur forme actuelle ou optimisée. Celles-ci, on le sait, permettent déjà l'envoi de modules habités dans l'espace. Elles ont ainsi évité l'isolement des équipages de la plate-forme internationale ISS pendant l'indisponibilité des navettes américaines. Ceux des Européens qui ne se résignent pas à laisser aux autres la responsabilité des vols habités pourraient dans un premier temps, à partir de Kourou et avec les capsules actuelles, mettre en orbite leurs propres équipages. Dans l'intervalle, l'ATV ou Automated Transfer Vehicule Jules Verne fait l'objet de tests à terre. Il devrait être lancé vers l'ISS l'été prochain, sans équipage, grâce à une Ariane 5.

Rappelons que les 8 et 9 janvier 2007 se tiendra à Edimbourg une conférence entre l'ESA et les parties prenantes intéressées par son programme d'exploration spatiale Aurora. Cette réunion serait très importante, si du moins elle permettait de confirmer l'intérêt des Européens, hors la communauté spatiale, pour un programme qui ferait de l'Europe une puissance spatiale capable d'avoir ses propres programmes lunaires et marsiens. Une conférence de presse sera donnée dont nous vous rendrons compte.


Futures missions humaines sur des astéroïdes proches de la Terre

La Nasa étudie actuellement ce qui dans l'état actuel des techniques relèverait de la mission impossible: rapprocher un vaisseau habité suffisamment près d'un astéroïde en croisière dans la proximité de la Terre (NEO ou Near Earth Object), afin d'en rapporter des échantillons prélevés par un robot. Il s'agirait d'un programme à moyen terme, visant à utiliser et tester les matériels et les compétences développées par l'Agence dans le cadre de son projet de retour sur la Lune (Constellation), lequel qui sera suivi de l'exploration de Mars et au delà. Contrairement à ce que l'on imagine de tels NEO peuvent avoir des vitesses comparables à celles d'un vaisseau lancé de la Terre. Leur surface ne serait pas sans doute asser solide pour autoriser des débarquements, d'autant plus qu'ils sont en rotation. Mais une exploration robotique est considérée comme possible.

Outre l'intérêt de rentabiliser les investissements faits pour les missions lunaires, de telles opérations permettraient d'observer avec plus de détails les géocroiseurs éventuellement menaçants pour la Terre et d'étudier des mesures de déflection. C'est en tous cas un argument présenté par la Nasa pour conforter ses futurs budgets. Pourquoi pas? Raison de plus pour dire que l'Europe ne devrait pas se tenir à l'écart de telles missions, qui un jour pourront se révéler vitales.

* Article de Space.com http://www.space.com/businesstechnology/061227_asteroid_orion.html


Turbulences sur Quaero

Le gouvernement allemand ne veut plus participer au projet de moteur de recherche franco-allemand Quaero. Il invoque des désaccords sur l’orientation technologique, Berlin préférant se lancer dans la recherche sémantique plutôt que de concurrencer Google.

Hartmut Schauerte, un des secrétaires d'Etat rattachés au ministère allemand de l'Economie, vient d’annoncer le retrait de la partie allemande, laquelle a décidé de suivre son propre chemin. L'Agence française de l'innovation industrielle (AII), chargée d'encadrer les grands projets industriels et les pôles de compétitivité mis en place par le gouvernement, en a pris acte. Quaero redevient donc un projet uniquement français, piloté par Thomson avec les appuis technologiques de la start-up Exalead, de France Télécom, Arvato ou LTU Technologies et les participation de l'INA et de l'Inria.

Le divorce était prévisible depuis quelques mois. Du côté français, conformément à l'ambition de Jacques Chirac, l'objectif était de créer un moteur multimédia centré essentiellement sur l'indexation de photos et de vidéos. Pour les Allemands, vouloir concurrencer Google sur son terrain était sans espoir. Ils préfèrent s’orienter vers une voie d’avenir, la recherche sémantique. Celle-ci devrait permettre de créer un moteur capable de comprendre le sens d'une requête et d'analyser un texte. Le projet allemand a été baptisé Theseus.

Une collaboration n’est pas exclue, mais posera la question des financements, à commencer par celui de Quaero. Il devait coûter 250 millions d'euros sur cinq ans, et fonctionner en partie sur des fonds publics français et allemands. Pour l'instant, la seule source de financement publique garantie provient de l'AII, qui a promis 90 millions d'euros.

Il faut bien voir que Google multiplie les offres permettant de diversifier son offre : recherches sur les images et même sur des concepts inspirés du web sémantique. Nous indiquons ci-dessous que le web sémantique fait désormais partie de la nouvelle planète Internet, dite du web 3.0. Comprendre et maîtriser ce qui va se passer supposera beaucoup d’intelligence et de moyens. L’Europe a depuis des années renoncé à se donner les bases élémentaires permettant d’être acteur dans le monde de l’Internet – sauf à la marge par certains formes de téléphonie mobile. Récupérer ce retard supposait d’autres moyens qu’un budget de 250 millions d’euros sur 5 ans –et bien plus de volonté politique que celle exprimée par le gouvernement français.

Mais pour quoi faire, dira-t-on ? Google n’est-il pas là, donnant satisfaction à tous ses utilisateurs, qu’ils soient européens ou pas? Certes, Google est là, Microsoft est là, la Nasa est là, pourquoi se donner le mal d’investir en Europe alors qu’il suffit de consommer les produits des autres ? Certes, mais jusqu’à quand pourra-t-on consommer sans produire ? En vendant du foie gras et des huitres dont le monde ne veut pas ?


Les images de toute une vie stockées dans une mémoire de la taille d'un morceau de sucre

C'est ce que prévoient pour 2025 des orateurs s'étant exprimés au Colloque Memories for Life organisé par la British Library le 12/12/06. Ce colloque s'est intéressé à la mémoire en général. Susan Blackmore, la papesse des mèmes, y est intervenue. Mais ce sont les nouvelles techniques de mise en mémoire des images sous une forme condensée qui ont suscité le plus grand intérêt. D'intenses discussions ont suivi, concernant les aspects utiles ou nuisibles de tels exploits techniques. Certains ont observé que relire à la fin de sa vie la totalité de sa propre histoire enregistrée sur une de ces mémoires nécessiterait un temps au moins égal à la durée de cette même vie. Autrement dit, de quoi s'occuper sous terre.

* Memories for Life http://www.memoriesforlife.org/colloquium06prog.php


Inauguration de PLoS One

L'éditeur scientifique américain Public Library of Science, dont nous avions déjà signalé l'édition consacrée à la biologie, PLoS Biology, vient de lancer une publication plus générale, PLoS ONE, couvrant un grand nombre de thèmes. La formule est la même: laisser le lecteur accéder gratuitement aux articles mais demander une contribution aux auteurs ou aux organismes dont ils dépendent. Le peer-review est également très allégé. Restera à voir l'accueil fait par les auteurs à cette formule.

Pour ceux qui comme nous ne peuvent souscrire des abonnements à toutes les revues scientifiques traditionnelles, cette formule est très avantageuse. Elle permet par ailleurs en balayant les sommaires d'avoir une idée générale des thèmes traités sans entrer dans les articles un à un. Voici dont une très bonne initiative, à qui il faut souhaiter longue vie.

* PLoS ONE http://www.plosone.org/home.action


Nouvelles perspectives pour le stockage à court terme de l'électricité

Une étude menée par le Pacific Northwest National Laboratory (http://www.pnl.gov/) pour le compte du département américain de l'énergie propose d'utiliser les véhicules à moteur électrique ou à moteur hybride pour réguler les pics journaliers entre surconsommation et sousconsommation qui affectent tous les réseaux de distribution. Les voitures chargeraient leurs batteries la nuit lorsque l'électricité est en excès et restitueraient celle-ci au réseau durant le jour lorsqu'elles seraient stationnés dans les parkings d'entreprises ou d'administrations alors que leurs propriétaires travaillent et que le réseau requiert de fortes capacités pour le chauffage ou la climatisation des locaux. Il faudrait seulement augmenter un peu la capacité des accumulateurs et prévoir des bornes avec compteurs fonctionnant en entrée/sortie.

* Article de Technology Review. com http://www.technologyreview.com/Energy/17930/


Perspectives concernant 2050

Le gouvernement britannique a souhaité disposer d'hypothèses scientifiques concernant les années 2050. Il a commandé une large étude, baptisée Horizon Scan, qui regroupe 270 documents rédigés par des spécialistes. L'étude couvre pratiquement tous les aspects de la société, depuis les questions scientifiques jusqu'aux problèmes économiques et politiques. Elle est destinée d'abord à l'information des responsables publics mais elle sera distribuée également auprès des chefs d'entreprises et acteurs sociaux. L'initiative a été patronnée par le Foresight Programme dépendant de l'Office of Science and Innovation lui-même sous la tutelle du gouvernement. Elle comprend deux parties, l'une le Delta Scan confié à l'Institut du futur (Institute for the Future) basé en Californie et dédiée aux sciences et technologies, l'autre, le Sigma Scan qui s'intéresse à l'économie, l'environnement et les questions sociales. Le Sigma Scan résulte d'un partenariat entre les britanniques Outsights et Ipsos Mori, consultants en matière de prospective et études d'opinion.

Comme prévisible, l'Horizon Scan n'est pas encore disponible sur le web. Peut-être ne le sera-t-il jamais. Quoiqu'il en soit, l'initiative doit être applaudie. On aimerait qu'elle soit reprise dans un certain nombre d'autres pays européens ou au niveau de la Commission, puis diffusée en libre accès. Nous avons vu que si nous devons nous en tenir aux prospectives réalisés par tel ou tel auteur ne se référant qu'à lui-même, on risque fort d'être égaré dans des impasses intellectuelles ou politiques.

On notera qu'une des notes du rapport recommande d'attribuer des droits civils aux robots dans les prochaines décennies.

* Article de Financial Times.com
http://www.ft.com/cms/s/52012564-8fcf-11db-9ba3-0000779e2340.html


Les robots du futur dès 2007

Selon la revue Technology Review du MIT, l'année 2007 verra plusieurs évènements convergents qui façonneront dès cette année le robot du futur. Voici lesquels:
- Le Urban Grand Callenge de la Darpa, qui organisera un concours de navigation pour véhicules robotisés dans un environnement urbain reconstitué, avec tous ses pièges. Ce challenge sera la suite du grand Challenge qui s'était déroulé sur 150 km de désert.
- L'amélioration de la sécurité; En avril 2007 se tiendra à Rome une réunion de roboticiens qui étudieront la prévention de tous les accidents grands et petits pouvant survenir du fait des robots.
- Le développement de muscles artificiels puissants (capables de soulever deux fois le poids du robot) faisant appel à diverses technologies dont les nanotubes de carbone.
- La généralisation des robots domestiques. estimés devoir être au nombre de 1 million en 2007. Cet effectif devrait atteindre plusieurs millions 2 ou 3 ans plus tard. La Corée du Sud qui veut devenir un grand de la robotique prévoit la présence d'un robot domestique dans chaque foyer en 2013.
- L'implication massive de Microsoft dans la fabrication de logiciels pour robots. Le marché est estimé à 50 milliards de dollars vers 2025. Microsoft a l'intention de se l'approprier comme il s'est approprié celui des logiciels pour PC. Retrouvera-t-on le combat logiciels propriétaires/logiciels libres?
On notera que dans un long article du Scientific American, Bill Gates expose avec force détails sa vision de la robotique pour demain. Faut-il se réjouir ou frémir de voir la firme de Redmont envahir ce domaine avec tant d'enthousiasme?
Par ailleurs, Microsoft a dévoilé sa nouvelle plateforme pour le développement de logiciels robotiques: Microsoft Robotics Studio. L'accès devrait en être gratuit pour les étudiants, payant pour les entreprises.

* Article de Technology Review http://www.technologyreview.com/BizTech/17931/
* Article de Bill Gates dans le Scientific American
http://www.sciam.com/print_version.cfm?articleID=9312A198-E7F2-99DF-31DA639D6C4BA567
* Microsoft Robotics Studio http://msdn.microsoft.com/robotics/


Le web 3.0

Vous commenciez à vous habituer au web 2.0. Oubliez le. C'est maintenant le Web 3.0 qu'il faut connaître et pratiquer. L'article référencé ci-dessous en donne une première présentation. Le web 3.0, ainsi nommé par un certain John Markoff du New York Times intégrera à partir de 2007 et sans doute pendant quelques années les fonctionnalités suivantes:

Connectivité étendue

* Généralisation de la large bande, voire de la très large bande
* Accès aux téléphones mobiles Internet
* Accès aux équipements mobiles Internet (web des objets)
* Calcul en réseau (Network Computing)
* Interopérabilité de services en réseau

Généralisation de l'open source

* API et protocoles ouverts
* Formats de données ouverts
* Plateformes pour logiciels ouverts
* Accès ouvert aux données (Creative Commons, Open Data License, etc.)
* Identifications ouvertes et portables (d'un service à l'autre)

Passage au web intelligent

*Technologies du web sémantic: RDF, OWL, SWRL, SPARQL, Semantic application platforms, statement-based datastores telles que triplestores, tuplestores and associative databases. (Pour détail voir http://www.w3.org/2001/sw/)
* Bases de données distribuées et interopérables grâce aux technologies du semantic web précitées.
* Applications intelligentes (traitement du langage naturel, machines apprenantes, machines raisonantes, agents autonomes). Plus généralement l'usage étendu de l'intelligence artificielle permettra une meilleure compréhension de l'information par la machine afin de générer chez l'utilisateur des comportements plus intuitifs, adapatés à ses besoins.

http://www.kurzweilai.net/meme/frame.html?main=/articles/art0689.html


Areva perd en Chine...et en Asie?

Comme on le craignait, l'offre française Aréva pour la fourniture d'une première tranche de 4 réacteurs nucléaires n'a pas été retenue par les Chinois, qui préfèrent l'américain Westinghouse. Le contrat est de quelques 4 mds de dollars, mais d'autres appels d'offres sont à prévoir. Ce contrat crééra 4.500 emplois aux Etats-Unis.

On notera pluseurs choses. D'abord Westinghouse n'est plus totalement américain car il a été racheté par Toshiba. D'autre part, les Etats-Unis ne craignent absolument pas de prêter la main à une éventuelle menace nucléaire chinoise. Westinghouse aurait promis d'assurer un transfert total de technologie. Le contrat s'insère dans un "dialogue stratégique économique" entre la Chine et les Etats-Unis. " C'est un grand jour pour l'industrie nucléaire américaine. Cet accord est bon pour le peuple chinois et le peuple américain, c'est un exemple de ce que nous pouvons faire si nous travaillons ensemble. Nous pouvons faire progresser non seulement notre relation commerciale, mais aussi notre objectif commun en matière de sécurité énergétique" a déclaré le secrétaire à l'énergie américain Samuel Bodman, après avoir signé dans la capitale chinoise un protocole avec Ma Kai, président de la Commission nationale pour le développement et la réforme. Samuel Bodman avait assisté précédemment à une réunion sur l'énergie réunissant la Chine, les Etats-Unis, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud.

On rappellera par ailleurs que les Etats-Unis ont signé un autre partenariat stratégique avec l'Inde, comportant lui aussi le transfert de technologies nucléaires civiles en échange d'achat de centrales. Le Sénat américain jusqu'ici réticent aurait donné son accord.

Que conclure?

- quand il s'agit de vendre leurs propres produits, les Américains sont très accomodants en matière de sécurité. On imagine ce qu'ils auraient dit si la France avait signé - et mis en oeuvre concrètement - de tels partenariats stratégiques.
- L'énergie nucléaire devient maintenant une alternative sérieuse aux énergies fossiles en Asie. C'est une bonne chose pour l'environnement car pour le moment, c'est sur le pétrole et l'abominable charbon que comptent encore ces pays. Mais ce serait dommage que l'Europe soit exclue des partenariats futurs éventuels.
- C'est toute l'Asie qui est visée maintenant par l'offre nucléaire industrielle américano-japonaise. On peut penser cependant que les pays concernés ne se borneront pas à rester des acheteurs. Ils créeront eux-mêmes leurs propres filières.
- La France à elle seule ne pèse pas, et Aréva en paye directement le prix. Tant que n'existera pas un gouvernement économique de l'Europe (ou de la zone euro, pour s'en tenir à la proposition de J.P. Chevènement) il sera impossible de négocier utilement avec les Asiatiques. Il faut pouvoir mener avec eux, comme le font les Etats-Unis, des négociations (deals) globales, mettant en balance les importations de ces pays en Europe, les exportations européennes susceptibles d'offrir des compensations et, bien entendu, les cours des monnaies utilisées dans les contrats, qui devront être ajustés en permanence.
- Ceci obligerait à des arbitrages européens internes. On peut imaginer que l'offre nucléaire française viendrait dans une approche européenne globale en compétition avec l'offre industrielle allemande. Mais cela serait une bonne chose car ce serait alors toute une politique industrielle et commerciale globale qu'il faudrait définir et qui pourrait en découler.
- Ajoutns que si l'Europe, dans le domaine nucléaire, s'interroge encore longtemps sur l'intérêt des centrales de nouvelle génération et ne passe aucun marché avec ses propres industriels, ceux-ci n'auront plus qu'à fermer boutique. Mais rassurons nous. Quand l'Europe décidera enfin de se rééquiper, il lui restera toujours la possibilité d'importer du matériel Westinghouse. Tant pis pour les perspectives d'emploi (voir ci-dessous). 17/12/06


L'emploi dans le nucléaire

En France, selon Jacques Régaldo, directeur de l'emploi du groupe EDF, le parc de 19 centrales emploie 20 000 salariés très qualifiés. Le passage à la génération EPR et la construction de nouvelles centrales, ainsi que le suivi des travaux qui commencent autour de la plateforme Iter, devraient augmenter sensiblement le nombre des personnels nécessaires. La filière prévoie un boom sur les recrutement dans les prochains mois.

C'est sans doute pour cette raison que les Verts, toujours à l'affut d'une bonne idée, tentent de négocier leur soutien au PS contre l'engagement de mettre le nucléaire en sommeil. 17/12/06

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