Nous
proposons ici une nouvelle rubrique destinées
à publier des informations brèves
suivant de près l'actualité. Nous
leur donnerons une tonalité politique (politique
industrielle, politique scientifique) qu'il n'est
toujours pas possible d'imposer à toutes
les autres rubriques de la revue. La page InfoXpress
ne remplacera pas la page ACTUALITES
Nous
renonçons pour le moment à la version
audio qui est trop exigeante en temps
|
La
Commission viend d'adopter un Livre Vert sur Galiléo
Source
Toutel'europe.fr
http://www.touteleurope.fr Le 8 décembre
2006, la Commission européenne a adopté
un livre vert sur Galiléo et les applications de
la navigation par satellites. Le programme européen
de radionavigation est également à l'ordre
du jour du Conseil Transports, télécommunications
et énergie des 11 et 12 décembre 2006.
Il n'était que temps pour la Commission de rappeler
l'intérêt de ce projet stratégique
européen, devant les réticences de certains
Etats qui, semblent-ils, ne veulent pas faire de peine
aux Etats-Unis et à leur GPS.
Le livre vert:
http://ec.europa.eu/dgs/energy_transport/galileo/green-paper/doc/com_2006_gp_galileo_fr.pdf
Rupture
technologique dans les capteurs solaires?
Source
EETimes.com, 06/06/12/06. La firme américaine
Spectrolab, associée à Boeing, annonce la
réalisation de capteurs solaires (solar cells)
dont le rendement (taux de conversion de l'énergie
solaire) serait de 40,7%. Ceci devrait rendre l'énergie
solaire compétitive par rapport aux autres sources.
Aujourd'hui les rendements les meilleurs se situent entre
12 et 18%, exceptionnellement 28% à bord de certains
satellites américains.
C'est
à partir d'un contrat du département de
l'énergie DOE que ce nouveau type de capteur a
été obtenu. Le résultat a été
certifié par le National Renewable Energy Laboratory
du DOE à Golden, Colorado. Les débouchés
seront multiples, d'abord dans le spatial, l'aéronautique
et le militaire, puis ultérieurement dans des produits
grand public, en fonction des prix de revient.
On
trouve là une nouvelle preuve du fait que les programmes
spatiaux constituent un stimulant indispensable pour les
recherches avancées de toutes sortes.
*
Spectrolab http://www.spectrolab.com/
L'Europe
dans la course à l'imagerie médicale
Source
Le Monde 02/12/06. Quatre entreprises contrôlent
à 80 % le marché très prometteur
de l'imagerie médicale. Il s'agit de General Electic
Healthcare ($11,4mds de CA), Siemens( 7,5mds), Philips
Medical Systems (6,3mds) et Toshiba. Un certain nombre
de sociétés exploitent par ailleurs des
créneaux complémentaires.
Cellules-souches
embryonnaires: de la fraude scientifique aux perspectives
surprenantes
La
revue Nature a publié un correctif à l'article
du biologiste américain Robert Lanza, de la société
Advanced Celle Technology, qui prétendait avait
pu obtenir une lignée de cellules souches embryonnaires
en ne prélevant qu'une seule cellule sur un embryon.
Celui-ci pouvait ainsi être réimplanté
(afin de mener une vie heureuse) au lieu d'être
détruit. Nous avions indiqué pour notre
part que cette démarche nous paraissait bien hasardeuse,
d'autant plus qu'elle n'avait qu'un objectif: ne pas contrevenir
aux prescriptions des Eglises pour qui l'embryon doit
être intangible, fut-il constitué de 7 cellules
seulement (voir http://www.automatesintelligents.com/edito/2006/aout/edito.html
in fine). Hélas, l'équipe de ACT doit maintenant
reconnaïtre que les embryons manipulés par
elle ont été détruits, car ils étaient
devenus inviables. Dommage pour la foi chrétienne
et pour ceux qui espéraient avoir enfin mis la
main sur une abondante source de profits "éthiques".
Il faudra qu'ils poursuivent leurs recherches.
Aujourd'hui
cependant, comme l'indique un article enthousiaste de
la revue Newsweek Health, (http://www.msnbc.msn.com/id/16011377/site/newsweek/)
il y aurait plus de 1000 essais thérapeutiques
en cours dans le monde faisant appel aux cellules souches.
La plupart de celles-ci sont obtenues à partir
de la moelle osseuse, certaines proviennent d'autres parties
du corps. Mais les cellules souches embryonnaires seront
de plus en plus utilisées, avec l'espoir de meilleurs
résultats. Il ne semble plus y avoir de parties
du corps humain qui ne puissent être régénérées
par l'inplantation de ces cellules. On ignore encore.
rappelons le, leur mécanisme profond.
Lufhansa
choisit le Boeing 747-8 plutôt que l'Airbus A 380
Lufhansa
avait été le premier client européen
de l'A 380 avec une commande ferme de 15 appareils. Ce
n'est plus le cas puisque la compagnie allemande vient
de passer commande à Boeing de 20 747-B (cabine
allongée) avec une option de 20 autres. Le tout
pour un budget de 7 mds de dollars. Sympathique. Ne parlons
pas de patriotisme européen en Allemagne, alors
pourtant que les syndicats s'inquiètent, relativement
aux intentions d'Airbus à l'égard des sites
industriels allemands. Vive la concurrence.
La
Caisse des Dépôts et Consignations acquiert
le quart du capital d'Eutelsat
Nous
avions précédemment signalé les inquiétudes
de la communauté spatiale européenne devant
les menaces de prise de contrôle de l’opérateur
de satellites Eutelsat Communications par les fonds d’investissement
américains, Texas Pacific Group (TPG) et Spectrum
Equity Investors, réputés proches de la
CIA.
Eutelsat avait été, dans la suite de la
politique bien imprudente d’ouverture du capital
des entreprises stratégiques, soumis après
son entrée en bourse à plusieurs réorganisations
de son actionnariat. Constitué en 1977, en tant
qu'organisation intergouvernementale (OIG), afin de doter
l'Europe d'un réseau de télécommunications
par satellites, Eutelsat s'est transformé en société
anonyme en 2001. Le prétexte en était la
libéralisation du marché des télécommunications.
Cette modification avait entraîné le départ
des opérateurs historiques comme France Télécom,
au profit de fonds d'investissement privés (américains).
Deux ans plus tard, ces derniers ont commencé à
se retirer à l'occasion de l'entrée en Bourse
d'Eutelsat en décembre 2005. Le prétexte
en était que l’entreprise n’était
pas assez rentable.
Mais la menace demeurait, du fait que ces premiers fonds
américains ou d’autres pouvaient retrouver
de l’intérêt, au plan stratégique,
au contrôle de l’opérateur européen.
Les ministères de la défense redoutaient
que ces fonds puissent remettre en cause la continuité
et la sécurité de diffusion de chaînes
européennes et réduire le choix du lanceur
Ariane pour les satellites au profit de lanceurs américains.
Aujourd'hui, Eutelsat exploite 23 satellites couvrant
l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Inde, et de
larges zones de l'Asie et du continent américain.
Il diffuse 1 000 stations de radio et plus de 2 100 chaînes
de télévision dont France 24 depuis le 7
décembre.
La menace semble désormais écartée
du fait que le 7 décembre, la Caisse des dépôts
et consignations a annoncé le rachat de 25,5 %
du capital à Eurazeo pour 862,7 millions d'euros.
Elle devient le deuxième actionnaire derrière
Abertis. Abertis, société autoroutière
espagnole avait annoncé, deux jours auparavant,
le rachat de 32 % des titres pour 1,07 milliard d'euros,
aux fonds Nebozzo (regroupant les américains Texas
Pacific Group et Spectrum Equity Investors), Cinven et
la banque Goldman Sachs.
Tout
ceci n’est pas présenté comme relevant
d’un quelconque patriotisme européen, mais
de la seule logique capitalistique. Abertis présente
son arrivée comme une prolongation de ses investissements
en France où il détient 57,6 % de la Société
des autoroutes du Nord de la France (Sanef) Il affiche
son intention de développer son activité
de télécommunications. Quant à la
CDC, elle veut renforcer ses investissements dans les
infrastructures (transport, environnement, énergie
et télécommunications). A ce titre, elle
va regrouper dans une filiale dédiée l'ensemble
de ces participations dont le total représente
1 milliard d'euros. On sait que la CDC avait été
considérée, lorsque les socialistes exerçaient
le pouvoir, comme pouvant prendre des participations de
sauvegarde dans des entreprises stratégiques rendues
« opéables » par une volonté
de libéralisation bien suspecte.
Le
PDG d’Eutelsat, Giuliano Berretta, n’entre
pas, ouvertement, dans ces considérations. Il se
félicite de « son adossement à deux
groupes européens majeurs, spécialistes
des infrastructures, qui vont lui permettre de poursuivre
et accélérer son développement».
Nous
voyons là pour notre part, même si nul n’ose
l’avouer, pour ne pas « effrayer les actionnaires
», un début de bon sens, s’inspirant
de préoccupations d’intelligence économique,
dans un domaine stratégique indispensable à
la souveraineté européenne. Pourvu que ces
bonnes intentions se poursuivent et que nous n’apprenions
pas, un prochain jour, qu’Eutelsat est finalement
tombé dans des griffes américaines …ou
chinoises…comme ce fut le cas de Gemplus, leader
de la carte à puce, sous les coups de TPG, précisément.
09/12/06
* Eutelsat http://www.eutelsat.com/home/index.html
* Abertis http://www.abertis.com/en/
30e
lancement réussi d'une Ariance 5 ECA
La fusée Ariane 5 ECA a placé vendredi sur
leur orbite les deux satellites qu'elle emportait, pour
le 30è lancement d'une fusée de ce type.
Il s'agit des satellites de télécommunications
Wildblue-1 et AMC 18, lancés pour les sociétés
américaines WildBlue Inc et AMC-18.
Wildblue-1, d'une masse au décollage de 4,7 tonnes,
permettra de fournir des accès internet à
haut débit à faible coût sur l'ensemble
du territoire américain.
AMC 18, d'une masse de 2 tonnes, fournira de son côté
des services de télévision par câble
sur les Etats-Unis.
La
non coordination des logiciels de conception assistée
par ordinateur chez Airbus
Les
gens non-informés commencent à comprendre
la raison des mystérieuses incohérences
entre logiciels qui ont provoqué de graves retards
dans l'assemblage des différentes parties de l'A.380.
Il s'agissait de ce que la partie allemande, c'est-à-dire
l'usine de Hambourg, avait tenu à conserver un
logiciel d'assemblage de la cablerie qui n'était
pas compatible avec celui utilisé à Toulouse
pour tout le reste de l'appareil. Ce dernier logiciel
n'a plus à faire ses preuves; Il s'agit du désormais
fameux PLM (Product Lifecycle Management) développé
par Dassault Systèmes, qui permet de concevoir
et assembler de bout en bout et virtuellement un prototype
d'avion. Ce logiciel reprend des composants développés
auparavant et bien connus dans le monde de la conception
assistée par ordinateur, Catia, Delma et Enovia.
Il avait pour la première fois permis de faire
travailler ensemble 27 sites répartis dans 7 pays
afin de réaliser le Falcon7X de Dassault. Airbus
l'avait évidemment réutilisé, mais
les dirigeants d'alors n'ont pas eu l'autorité
nécessaire pour l'imposer aux Allemands. La faiblesse
dans le management coûte cher. Aujourd'hui, le mal
serait réparé, mais le retard pris est bien
pris.
Boeing utilise pour sa part le PLM pour réaliser
son 787 Dreamliner, concurrent du futur A. 350. D'après
Dassault, ITER va l'utiliser aussi. 07/12/06
*
PLM: http://www.3ds.com/home6
Confusion
dans les aides européennes aux nanotechnologies
Source Le Monde. 01/12/06, p.14. Les industriels européens
des semi-conducteurs demandent que l'Europe, dans son
ensemble, accorde plus de soutien aux recherches du secteur,
mais aussi qu'elle rationalise le mécanisme des
aides. Deux programmes distincs concernant la nano-électronique
se superposent en effet. Il s'agit du programme Medea
+, qui dans le cadre du programme Eureka finance 74 projets
définis par les industriels, que ceux-ci voudraient
proroger au delà de 2008. Il s'agit par ailleurs
du projet ENIAC, lancé en 2004 par la Commission.
Celle-ci a demandé à un Conseil consultatif,
le European Nanoelectronics initiative advisory council,
de définir pour financement ultérieur des
projets dans ce même domaine. Les industriels souhaitent
rapprocher les deux démarches, d'autant plus que
les crédits disponibles, déjà trop
faibles à leur goût, se recouperaient en
partie.
*
MEDEA + http://www.medeaplus.org/
* ENIAC http://cordis.europa.eu/ist/eniac/
L'intervention
de l'Eglise catholique dans le Téléthon
Les immixtions des Créationnistes dans la science
ne se comptent plus, y compris en Europe (voir l'association
Truth in Science qui vient de se créer en Grande
Bretagne http://www.truthinscience.org.uk/site/
). Cela donne des ailes à nos propres intégristes
comme le montre l'offensive actuelle de l'Eglise catholique
dans le Téléthon, au prétexte que
celui-ci favoriserait le diagnostic pré-implantatoire,
c'est-à-dire, selon les porte-parole du diocèse
de Fréjus et surtout de l'archevêque de Paris,
Mgr André Vingt Trois,qui ne reculent devant aucune
assimilation, l'eugénisme. Selon Didier Sicard,
président du Comité National d'éthique
(Le Monde, 01/12/06, p. 12, l'Eglise utilise la promotion
commerciale du Téléthon (que l'on peut discuter)
pour promouvoir ses valeurs religieuses. Il condamne la
démarche. Rappelons que les recherches financées
par le Téléthon ne portent que très
marginalement sur le diagnostic préimplantatoire
et seulement pour détecter des gènes porteurs
de maladies génétiques lourdes. Par ailleurs,
si les catholiques rejettent le DPI, c'est leur problème.
Ils n'ont pas à en priver tous les autres citoyens.
NB:
au soir du 4 décembre, le président Chirac
a déclaré sans fondements les imputations
de l'Eglise catholique à l'égard du Téléthon.
Le
moteur de la fusée européenne Véga
a réussi un essai en vraie grandeur
Le
30 novembre 2006, à Kourou, le moteur P80 du premier
étage de la fusée Européenne Véga
a réussi son essai. Il s'agit d'un moteur à
poudre conçu par la firme italienne Avio en collaboration
avec d'autres partenaires européens dont le CNES.
Le lanceur est développé par l'ESA pour
le compte de 7 pays, Italie, France, Espagne, Belgique,
Pays-Bas, Suisse et Suède. Le budget prévu
est de 560 millions. Sa masse sera de 137 tonnes, la charge
utile de 1.500 kg, l'orbite polaire et héliosynchrone
à 700 km d'altitude (donc pas d'orbite géostationnaire
réservée aux autres fusées de l'ESA,
Soyouz et Ariane-5. Le marché pour de peits satellites
n'est pas négligeable, encore que les contratis
restent à trouver. Mais une telle fusée
s'impose de toutes façons car elle rendra aussi
des services dits institutionnels. Les moteurs des 2e
et 3e étages, baptisés Zefiro, ont déjà
été testés. Le premier vol est programmé
pour 2008. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour l'Europe
spatiale. Image ESA, le moteur sur son
banc
http://www.esa.int/SPECIALS/Launchers_Access_to_Space/ASEKMU0TCNC_0.html
Le
système des bourses de permis à polluer
contesté
Dans
la revue NewScientist du 2 décembre 2006 p. 16,
un certain Larry Lohmann quji travaille pour l'ONG britannique
The Corner House http://www.thecornerhouse.org.uk
et qui est par ailleurs auteur du livre Carbon
Trading: A critical conversation on climate change, privatisation
and power , téléchargeable sur le site,
montre que le système des bourses de permis de
polluer, célébré comme une géniale
invention des Européens pour lutter contre la production
des GES, n'aboutit pas du tout à ce résultat.
C'est ainsi selon lui que le European Union's Emissions
Trading Scheme (EUETS) chargé de la mise en oeuvre
de ce système pour l'Europe, a par divers mécanismes
encouragé les industriels européens gros
pollueurs à augmenter encore leur consommation
de carburants fossiles. Qu'une cimenterie européenne
achète des droits à polluer auprès
d'une ferme d'éolienne en Afrique pourra certes
diminuer (un peu) la production future de GES en Afrique,
mais permettra à la cimenterie de continuer plus
que jamais à consommer charbon et pétrole.
Or ce sont ces consommations qu'il faudrait tarir à
la source, surtout si le charbon et le pétrole
restent accessibles à des prix abordables. La volonté
des Européens, en fait, n'a jamais été
de s'en prendre directement à leurs grands industriels,
pour les conduire à changer leurs méthodes
de production et faire appel à de nouvelles sources.
Il en est de même d'ailleurs hors d'Europe. Les
objectifs pourtant modestes du Protocole de Kyoto risquent
dans ces conditions de rester des voeux pieux.
Le
premier pied artificiel intelligent
Source
Manchester Evening News. Un pied peut être
aussi intelligent qu'une main, quand du moins il est artificiel
et a été développé pour servir
de prothèse à un jeune britannique amputé
de son pied naturel. Doté de capteurs et de systèmes
d'intelligence artificielle, ce pied s'adapte à
la démarche et au mode de vie de son propriétaire,
qui semble s'en accomoder relativement bien. Il a été
réalisé pour la somme de 11.000 livres par
la compagnie islandaise Ossur à la demande du Pace
Rehabilitation Centre, à Cheadle, UK. Le pied a
été baptisé du doux nom de Proprio
Foot.
Ossur
produit une importante gamme de prothèses plus
ou moins adapatatives et intelligentes. Voir http://www.ossur.com.au/
Le
web 2.0 au service de la recherche scientifique
On
sait que le terme de Web 2.0 désigne différents
types de sites collaboratifs où les internautes
peuvent publier leurs textes et vidéos, comme y
prélever de quoi enrichir leurs blogs quand ils
manquent d'idées. Le plus connu de ces sites est
l'américian You Tube. Des scientifiques eux-aussi
américains ont eu la bonne idée de transposer
la formule sur un journal en ligne où ils publieront
les compte-rendus visuels de leurs éxpériences.
Il s'agit vraiment d'une bonne intiative, sachant que
la visualisation est un élément important
de la compréhension. Non seulement les images et
vidéos ainsi éditées pourront intéresser
d'autres laboratoires, mais elles seront aussi précieuses
pour les enseignements. Rendez vous donc sans attendre
sur le site My Jove, Jove pour Journal of Visualized Experiments:
http://www.myjove.com/index.stt?
La
France doit-elle fabriquer les missiles nucléaires
stratégiques M51?
Le
ministère français de la défense
a fait procéder voici quelques jours au premier
tir d'essai du nouveau missile stratégique M51.
Ce fut un succès. Le missile tiré du Centre
d'essais des Landes a atteint un objectif théorique
en mer près des côtes américaines,
après un quart d'heure de vol accompli à
la vitesse moyenne de Mach 25, vitesse à laquelle
s'est accomplie la rentrée dans l'atmosphère.
L'engin de 56 tonnes est l'un des principaux composants
d'un des nouveaux programmes d'armement français,
le programme Coelacanthe. Il s'agit de rééquiper,
à partir de 2010, les quatre sous-marins nucléaires
lance-engins (SNLE) de la Marine nationale avec un missile
de portée sensiblement accrue. Le M51 remplacera
l'actuel M45, de portée plus réduite.
La portée gardée secrète du M51 permettrait
selon la DGA d'atteindre n'importe quel point de la planète.
Le missile a été conçu afin de pouvoir
être tiré depuis un sous-marin en plongée.
Ejecté par une chasse d'air comprimé, le
missile allume son moteur à quelques dizaines de
mètres de la surface. Sa propulsion est la même
que celle des moteurs auxiliaires de la fusée Ariane
5. Chaque sous-marin embarque seize missiles stratégiques.
Sous la coiffe de son troisième étage, le
nouveau missile pourra transporter des armes nucléaires,
au nombre de une à six. Le coût du programme
serait de 8,5 milliards d'euros, soit pour une série
de cinquante à soixante engins un prix unitaire,
développement compris, de plus de 150 millions
d'euros. Selon la DGA, la France est, avec les Etats-Unis,
le seul pays au monde à maîtriser ces technologies.
Les sous-marins britanniques sont ainsi équipés
de missiles américains Trident, ce qui place les
Britanniques dans la dépendance de Washington.
C'est une des contraintes des special relationships
dont se vantent nos voisins. Quant aux Russes, ils
connaissent de grandes difficultés pour mettre
au point leur missile de nouvelle génération.
Comme il fallait s'y attendre, de nombreux réseaux
de militants antinucléaires et pacifistes français
ont tenté de gêner le tir, allant jusqu'à
envoyer de soi-disant "inspecteurs citoyens"
dans les environs de la plateforme de lancement, malgré
les barrages de la gendarmerie. Un de leurs arguments
est que ces missiles, comme les futures bombes destinées
à être lancées par eux, ne serviront
jamais à rien, aucune menace correspondante n'étant
prévisible à échéance de trente
ans. Ils affirment aussi que la France ne peut qu'inciter
par cet exemple des pays tels l'Iran et la Corée
du Nord à se doter de missiles de longue portée.
Nous
pensons que l'argument ne tient pas. Si la France conserve
une force nucléaire stratégique, et si celle-ci
conserve un rôle de dissuasion pouvant se révéler
utile un jour, elle doit être équipée
des meilleurs matériels permis par la technologie.
C'est par ailleurs toute l'industrie du spatial et de
l'aéronautique civile et de défense qui
en bénéficieront. On sait qu'effectivement,
la France est le seul pays au monde à pouvoir technologiquement
et industriellement égaler en qualité les
réalisations américaines. Ceci agace d'ailleurs
considérablement non seulement ceertains pays européens
mais surtout les Américains eux-mêmes. On
ne peut pas ne pas penser que les manifestations des inspecteurs
citoyens et autres opposants ne soient pas un peu alimentées
par ces derniers. Du temps de la guerre froide, les mêmes
personnes auraient pu aussi bien militer dans le trop
célèbre Mouvement de la Paix.
Mais
nous sommes objectifs. Vous pouvez aller directement aux
sources des mouvements contestataires, en consultant par
exemple le site Non au Missile M51 http://www.nonaumissilem51.org/index.html?accueil
La
Suède développe le biogaz
Source
Antenne 2, 27/11/06, 20h. L'antenne a présenté
en détail l'usine suédoise de biogaz qui
produit un carburant utilisable dans la propulsion des
moteurs à explosion: automobiles, autocars et même
un train (notre photo). Mis au point par Svensk Biogas
ce dispositif permet de réutiliser les déchets
animaux et végétaux de toutes sortes. Le
biogaz s'obtient lorsque des bactéries, en l'absence
d'oxygène, entraînent une décomposition
de la matière organique (digestion anaérobie).
Le biogaz est un mélange de méthane et de
dioxyde de carbone. Sa combustion pollue assez peu. Mais
l'avantage principal est qu'il permet de réutiliser
de façon renouvelable la quasi-totalité
des matières organiques produites dans une ville
de dimension moyenne. Le processus d'origine naturelle
se retrouve dans de nombreux milieux: marais, décharges,
fosses septiques. Il suffit d'alimenter les digesteurs
avec des déchets collectés par tri sélectif
au près de la population, des abattoirs et des
restaurants.
Il
faut noter que cette réalisation est l'un des 50
projets d’innovation financés dans le cadre
du programme LIFE-Environnement
2006 par la Commission européenne, dans 14
pays, pour un montant de 66 millions €. Voilà
un usage exemplaire des budgets communautaires.
*
Svensk biogas http://www.svenskbiogas.se/sb/docs/english/Engelsk_folder.pdf
Propositions
des chercheurs européens concernant les équipements
lourds de recherche
35
projets scientifiques ont été proposés
par l'ESFRI qui regroupe des chercheurs européens
indépendants de la Commission (Forum européen
pour les infrastructures de recherche). Il s'agit de lasers
de puissance, de supercalculateurs, de banques de données
scientifiques, etc. Cette proposition met en évidence
le besoin de grands équipements spécifiquement
européens, qui permettraient de faire avancer les
recherches fondamentales et les innovations industrielles
en Europe - pour des coûts finalement très
minimes au regard de leurs retombées. L'expérience
du pôle Neurospin (voir
dans ce numéro http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/77/actualite.htm#acd)
montre l'intérêt de tels investissements.
Mais on peut craindre que l'ESFRI ne prèche dans
le vide, vu l'indifférence des décideurs
européens pour la recherche.
http://cordis.europa.eu/esfri/home.html
et http://cordis.europa.eu/esfri/roadmap.htm#roadmap2006
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