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La Revue mensuelle n° 77
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Infoxpress

du 27 novembre au 15 décembre 2006

Nous proposons ici une nouvelle rubrique destinées à publier des informations brèves suivant de près l'actualité. Nous leur donnerons une tonalité politique (politique industrielle, politique scientifique) qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à toutes les autres rubriques de la revue. La page InfoXpress ne remplacera pas la page ACTUALITES

Nous renonçons pour le moment à la version audio qui est trop exigeante en temps

La Commission viend d'adopter un Livre Vert sur Galiléo

Source Toutel'europe.fr http://www.touteleurope.fr Le 8 décembre 2006, la Commission européenne a adopté un livre vert sur Galiléo et les applications de la navigation par satellites. Le programme européen de radionavigation est également à l'ordre du jour du Conseil Transports, télécommunications et énergie des 11 et 12 décembre 2006.
Il n'était que temps pour la Commission de rappeler l'intérêt de ce projet stratégique européen, devant les réticences de certains Etats qui, semblent-ils, ne veulent pas faire de peine aux Etats-Unis et à leur GPS.
Le livre vert:
http://ec.europa.eu/dgs/energy_transport/galileo/green-paper/doc/com_2006_gp_galileo_fr.pdf


Rupture technologique dans les capteurs solaires?

Source EETimes.com, 06/06/12/06. La firme américaine Spectrolab, associée à Boeing, annonce la réalisation de capteurs solaires (solar cells) dont le rendement (taux de conversion de l'énergie solaire) serait de 40,7%. Ceci devrait rendre l'énergie solaire compétitive par rapport aux autres sources. Aujourd'hui les rendements les meilleurs se situent entre 12 et 18%, exceptionnellement 28% à bord de certains satellites américains.

C'est à partir d'un contrat du département de l'énergie DOE que ce nouveau type de capteur a été obtenu. Le résultat a été certifié par le National Renewable Energy Laboratory du DOE à Golden, Colorado. Les débouchés seront multiples, d'abord dans le spatial, l'aéronautique et le militaire, puis ultérieurement dans des produits grand public, en fonction des prix de revient.

On trouve là une nouvelle preuve du fait que les programmes spatiaux constituent un stimulant indispensable pour les recherches avancées de toutes sortes.

* Spectrolab http://www.spectrolab.com/


L'Europe dans la course à l'imagerie médicale

Source Le Monde 02/12/06. Quatre entreprises contrôlent à 80 % le marché très prometteur de l'imagerie médicale. Il s'agit de General Electic Healthcare ($11,4mds de CA), Siemens( 7,5mds), Philips Medical Systems (6,3mds) et Toshiba. Un certain nombre de sociétés exploitent par ailleurs des créneaux complémentaires.


Cellules-souches embryonnaires: de la fraude scientifique aux perspectives surprenantes

La revue Nature a publié un correctif à l'article du biologiste américain Robert Lanza, de la société Advanced Celle Technology, qui prétendait avait pu obtenir une lignée de cellules souches embryonnaires en ne prélevant qu'une seule cellule sur un embryon. Celui-ci pouvait ainsi être réimplanté (afin de mener une vie heureuse) au lieu d'être détruit. Nous avions indiqué pour notre part que cette démarche nous paraissait bien hasardeuse, d'autant plus qu'elle n'avait qu'un objectif: ne pas contrevenir aux prescriptions des Eglises pour qui l'embryon doit être intangible, fut-il constitué de 7 cellules seulement (voir http://www.automatesintelligents.com/edito/2006/aout/edito.html in fine). Hélas, l'équipe de ACT doit maintenant reconnaïtre que les embryons manipulés par elle ont été détruits, car ils étaient devenus inviables. Dommage pour la foi chrétienne et pour ceux qui espéraient avoir enfin mis la main sur une abondante source de profits "éthiques". Il faudra qu'ils poursuivent leurs recherches.

Aujourd'hui cependant, comme l'indique un article enthousiaste de la revue Newsweek Health, (http://www.msnbc.msn.com/id/16011377/site/newsweek/) il y aurait plus de 1000 essais thérapeutiques en cours dans le monde faisant appel aux cellules souches. La plupart de celles-ci sont obtenues à partir de la moelle osseuse, certaines proviennent d'autres parties du corps. Mais les cellules souches embryonnaires seront de plus en plus utilisées, avec l'espoir de meilleurs résultats. Il ne semble plus y avoir de parties du corps humain qui ne puissent être régénérées par l'inplantation de ces cellules. On ignore encore. rappelons le, leur mécanisme profond.


Lufhansa choisit le Boeing 747-8 plutôt que l'Airbus A 380

Lufhansa avait été le premier client européen de l'A 380 avec une commande ferme de 15 appareils. Ce n'est plus le cas puisque la compagnie allemande vient de passer commande à Boeing de 20 747-B (cabine allongée) avec une option de 20 autres. Le tout pour un budget de 7 mds de dollars. Sympathique. Ne parlons pas de patriotisme européen en Allemagne, alors pourtant que les syndicats s'inquiètent, relativement aux intentions d'Airbus à l'égard des sites industriels allemands. Vive la concurrence.


La Caisse des Dépôts et Consignations acquiert le quart du capital d'Eutelsat

Nous avions précédemment signalé les inquiétudes de la communauté spatiale européenne devant les menaces de prise de contrôle de l’opérateur de satellites Eutelsat Communications par les fonds d’investissement américains, Texas Pacific Group (TPG) et Spectrum Equity Investors, réputés proches de la CIA.

Eutelsat avait été, dans la suite de la politique bien imprudente d’ouverture du capital des entreprises stratégiques, soumis après son entrée en bourse à plusieurs réorganisations de son actionnariat. Constitué en 1977, en tant qu'organisation intergouvernementale (OIG), afin de doter l'Europe d'un réseau de télécommunications par satellites, Eutelsat s'est transformé en société anonyme en 2001. Le prétexte en était la libéralisation du marché des télécommunications. Cette modification avait entraîné le départ des opérateurs historiques comme France Télécom, au profit de fonds d'investissement privés (américains). Deux ans plus tard, ces derniers ont commencé à se retirer à l'occasion de l'entrée en Bourse d'Eutelsat en décembre 2005. Le prétexte en était que l’entreprise n’était pas assez rentable.

Mais la menace demeurait, du fait que ces premiers fonds américains ou d’autres pouvaient retrouver de l’intérêt, au plan stratégique, au contrôle de l’opérateur européen. Les ministères de la défense redoutaient que ces fonds puissent remettre en cause la continuité et la sécurité de diffusion de chaînes européennes et réduire le choix du lanceur Ariane pour les satellites au profit de lanceurs américains. Aujourd'hui, Eutelsat exploite 23 satellites couvrant l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Inde, et de larges zones de l'Asie et du continent américain. Il diffuse 1 000 stations de radio et plus de 2 100 chaînes de télévision dont France 24 depuis le 7 décembre.

La menace semble désormais écartée du fait que le 7 décembre, la Caisse des dépôts et consignations a annoncé le rachat de 25,5 % du capital à Eurazeo pour 862,7 millions d'euros. Elle devient le deuxième actionnaire derrière Abertis. Abertis, société autoroutière espagnole avait annoncé, deux jours auparavant, le rachat de 32 % des titres pour 1,07 milliard d'euros, aux fonds Nebozzo (regroupant les américains Texas Pacific Group et Spectrum Equity Investors), Cinven et la banque Goldman Sachs.

Tout ceci n’est pas présenté comme relevant d’un quelconque patriotisme européen, mais de la seule logique capitalistique. Abertis présente son arrivée comme une prolongation de ses investissements en France où il détient 57,6 % de la Société des autoroutes du Nord de la France (Sanef) Il affiche son intention de développer son activité de télécommunications. Quant à la CDC, elle veut renforcer ses investissements dans les infrastructures (transport, environnement, énergie et télécommunications). A ce titre, elle va regrouper dans une filiale dédiée l'ensemble de ces participations dont le total représente 1 milliard d'euros. On sait que la CDC avait été considérée, lorsque les socialistes exerçaient le pouvoir, comme pouvant prendre des participations de sauvegarde dans des entreprises stratégiques rendues « opéables » par une volonté de libéralisation bien suspecte.

Le PDG d’Eutelsat, Giuliano Berretta, n’entre pas, ouvertement, dans ces considérations. Il se félicite de « son adossement à deux groupes européens majeurs, spécialistes des infrastructures, qui vont lui permettre de poursuivre et accélérer son développement».

Nous voyons là pour notre part, même si nul n’ose l’avouer, pour ne pas « effrayer les actionnaires », un début de bon sens, s’inspirant de préoccupations d’intelligence économique, dans un domaine stratégique indispensable à la souveraineté européenne. Pourvu que ces bonnes intentions se poursuivent et que nous n’apprenions pas, un prochain jour, qu’Eutelsat est finalement tombé dans des griffes américaines …ou chinoises…comme ce fut le cas de Gemplus, leader de la carte à puce, sous les coups de TPG, précisément. 09/12/06

* Eutelsat http://www.eutelsat.com/home/index.html
* Abertis http://www.abertis.com/en/


30e lancement réussi d'une Ariance 5 ECA

La fusée Ariane 5 ECA a placé vendredi sur leur orbite les deux satellites qu'elle emportait, pour le 30è lancement d'une fusée de ce type. Il s'agit des satellites de télécommunications Wildblue-1 et AMC 18, lancés pour les sociétés américaines WildBlue Inc et AMC-18.
Wildblue-1, d'une masse au décollage de 4,7 tonnes, permettra de fournir des accès internet à haut débit à faible coût sur l'ensemble du territoire américain.
AMC 18, d'une masse de 2 tonnes, fournira de son côté des services de télévision par câble sur les Etats-Unis.


La non coordination des logiciels de conception assistée par ordinateur chez Airbus

Les gens non-informés commencent à comprendre la raison des mystérieuses incohérences entre logiciels qui ont provoqué de graves retards dans l'assemblage des différentes parties de l'A.380. Il s'agissait de ce que la partie allemande, c'est-à-dire l'usine de Hambourg, avait tenu à conserver un logiciel d'assemblage de la cablerie qui n'était pas compatible avec celui utilisé à Toulouse pour tout le reste de l'appareil. Ce dernier logiciel n'a plus à faire ses preuves; Il s'agit du désormais fameux PLM (Product Lifecycle Management) développé par Dassault Systèmes, qui permet de concevoir et assembler de bout en bout et virtuellement un prototype d'avion. Ce logiciel reprend des composants développés auparavant et bien connus dans le monde de la conception assistée par ordinateur, Catia, Delma et Enovia. Il avait pour la première fois permis de faire travailler ensemble 27 sites répartis dans 7 pays afin de réaliser le Falcon7X de Dassault. Airbus l'avait évidemment réutilisé, mais les dirigeants d'alors n'ont pas eu l'autorité nécessaire pour l'imposer aux Allemands. La faiblesse dans le management coûte cher. Aujourd'hui, le mal serait réparé, mais le retard pris est bien pris.

Boeing utilise pour sa part le PLM pour réaliser son 787 Dreamliner, concurrent du futur A. 350. D'après Dassault, ITER va l'utiliser aussi. 07/12/06

* PLM: http://www.3ds.com/home6


Confusion dans les aides européennes aux nanotechnologies

Source Le Monde. 01/12/06, p.14. Les industriels européens des semi-conducteurs demandent que l'Europe, dans son ensemble, accorde plus de soutien aux recherches du secteur, mais aussi qu'elle rationalise le mécanisme des aides. Deux programmes distincs concernant la nano-électronique se superposent en effet. Il s'agit du programme Medea +, qui dans le cadre du programme Eureka finance 74 projets définis par les industriels, que ceux-ci voudraient proroger au delà de 2008. Il s'agit par ailleurs du projet ENIAC, lancé en 2004 par la Commission. Celle-ci a demandé à un Conseil consultatif, le European Nanoelectronics initiative advisory council, de définir pour financement ultérieur des projets dans ce même domaine. Les industriels souhaitent rapprocher les deux démarches, d'autant plus que les crédits disponibles, déjà trop faibles à leur goût, se recouperaient en partie.

* MEDEA + http://www.medeaplus.org/
* ENIAC http://cordis.europa.eu/ist/eniac/


L'intervention de l'Eglise catholique dans le Téléthon

Les immixtions des Créationnistes dans la science ne se comptent plus, y compris en Europe (voir l'association Truth in Science qui vient de se créer en Grande Bretagne http://www.truthinscience.org.uk/site/ ). Cela donne des ailes à nos propres intégristes comme le montre l'offensive actuelle de l'Eglise catholique dans le Téléthon, au prétexte que celui-ci favoriserait le diagnostic pré-implantatoire, c'est-à-dire, selon les porte-parole du diocèse de Fréjus et surtout de l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt Trois,qui ne reculent devant aucune assimilation, l'eugénisme. Selon Didier Sicard, président du Comité National d'éthique (Le Monde, 01/12/06, p. 12, l'Eglise utilise la promotion commerciale du Téléthon (que l'on peut discuter) pour promouvoir ses valeurs religieuses. Il condamne la démarche. Rappelons que les recherches financées par le Téléthon ne portent que très marginalement sur le diagnostic préimplantatoire et seulement pour détecter des gènes porteurs de maladies génétiques lourdes. Par ailleurs, si les catholiques rejettent le DPI, c'est leur problème. Ils n'ont pas à en priver tous les autres citoyens.

NB: au soir du 4 décembre, le président Chirac a déclaré sans fondements les imputations de l'Eglise catholique à l'égard du Téléthon.


Le moteur de la fusée européenne Véga a réussi un essai en vraie grandeur

Le 30 novembre 2006, à Kourou, le moteur P80 du premier étage de la fusée Européenne Véga a réussi son essai. Il s'agit d'un moteur à poudre conçu par la firme italienne Avio en collaboration avec d'autres partenaires européens dont le CNES. Le lanceur est développé par l'ESA pour le compte de 7 pays, Italie, France, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Suisse et Suède. Le budget prévu est de 560 millions. Sa masse sera de 137 tonnes, la charge utile de 1.500 kg, l'orbite polaire et héliosynchrone à 700 km d'altitude (donc pas d'orbite géostationnaire réservée aux autres fusées de l'ESA, Soyouz et Ariane-5. Le marché pour de peits satellites n'est pas négligeable, encore que les contratis restent à trouver. Mais une telle fusée s'impose de toutes façons car elle rendra aussi des services dits institutionnels. Les moteurs des 2e et 3e étages, baptisés Zefiro, ont déjà été testés. Le premier vol est programmé pour 2008. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour l'Europe spatiale. Image ESA, le moteur sur son banc

http://www.esa.int/SPECIALS/Launchers_Access_to_Space/ASEKMU0TCNC_0.html


Le système des bourses de permis à polluer contesté

Dans la revue NewScientist du 2 décembre 2006 p. 16, un certain Larry Lohmann quji travaille pour l'ONG britannique The Corner House http://www.thecornerhouse.org.uk et qui est par ailleurs auteur du livre Carbon Trading: A critical conversation on climate change, privatisation and power , téléchargeable sur le site, montre que le système des bourses de permis de polluer, célébré comme une géniale invention des Européens pour lutter contre la production des GES, n'aboutit pas du tout à ce résultat. C'est ainsi selon lui que le European Union's Emissions Trading Scheme (EUETS) chargé de la mise en oeuvre de ce système pour l'Europe, a par divers mécanismes encouragé les industriels européens gros pollueurs à augmenter encore leur consommation de carburants fossiles. Qu'une cimenterie européenne achète des droits à polluer auprès d'une ferme d'éolienne en Afrique pourra certes diminuer (un peu) la production future de GES en Afrique, mais permettra à la cimenterie de continuer plus que jamais à consommer charbon et pétrole. Or ce sont ces consommations qu'il faudrait tarir à la source, surtout si le charbon et le pétrole restent accessibles à des prix abordables. La volonté des Européens, en fait, n'a jamais été de s'en prendre directement à leurs grands industriels, pour les conduire à changer leurs méthodes de production et faire appel à de nouvelles sources. Il en est de même d'ailleurs hors d'Europe. Les objectifs pourtant modestes du Protocole de Kyoto risquent dans ces conditions de rester des voeux pieux.


Le premier pied artificiel intelligent

Source Manchester Evening News. Un pied peut être aussi intelligent qu'une main, quand du moins il est artificiel et a été développé pour servir de prothèse à un jeune britannique amputé de son pied naturel. Doté de capteurs et de systèmes d'intelligence artificielle, ce pied s'adapte à la démarche et au mode de vie de son propriétaire, qui semble s'en accomoder relativement bien. Il a été réalisé pour la somme de 11.000 livres par la compagnie islandaise Ossur à la demande du Pace Rehabilitation Centre, à Cheadle, UK. Le pied a été baptisé du doux nom de Proprio Foot.

Ossur produit une importante gamme de prothèses plus ou moins adapatatives et intelligentes. Voir http://www.ossur.com.au/


Le web 2.0 au service de la recherche scientifique

On sait que le terme de Web 2.0 désigne différents types de sites collaboratifs où les internautes peuvent publier leurs textes et vidéos, comme y prélever de quoi enrichir leurs blogs quand ils manquent d'idées. Le plus connu de ces sites est l'américian You Tube. Des scientifiques eux-aussi américains ont eu la bonne idée de transposer la formule sur un journal en ligne où ils publieront les compte-rendus visuels de leurs éxpériences. Il s'agit vraiment d'une bonne intiative, sachant que la visualisation est un élément important de la compréhension. Non seulement les images et vidéos ainsi éditées pourront intéresser d'autres laboratoires, mais elles seront aussi précieuses pour les enseignements. Rendez vous donc sans attendre sur le site My Jove, Jove pour Journal of Visualized Experiments: http://www.myjove.com/index.stt?


La France doit-elle fabriquer les missiles nucléaires stratégiques M51?

Le ministère français de la défense a fait procéder voici quelques jours au premier tir d'essai du nouveau missile stratégique M51. Ce fut un succès. Le missile tiré du Centre d'essais des Landes a atteint un objectif théorique en mer près des côtes américaines, après un quart d'heure de vol accompli à la vitesse moyenne de Mach 25, vitesse à laquelle s'est accomplie la rentrée dans l'atmosphère. L'engin de 56 tonnes est l'un des principaux composants d'un des nouveaux programmes d'armement français, le programme Coelacanthe. Il s'agit de rééquiper, à partir de 2010, les quatre sous-marins nucléaires lance-engins (SNLE) de la Marine nationale avec un missile de portée sensiblement accrue. Le M51 remplacera l'actuel M45, de portée plus réduite.

La portée gardée secrète du M51 permettrait selon la DGA d'atteindre n'importe quel point de la planète. Le missile a été conçu afin de pouvoir être tiré depuis un sous-marin en plongée. Ejecté par une chasse d'air comprimé, le missile allume son moteur à quelques dizaines de mètres de la surface. Sa propulsion est la même que celle des moteurs auxiliaires de la fusée Ariane 5. Chaque sous-marin embarque seize missiles stratégiques.

Sous la coiffe de son troisième étage, le nouveau missile pourra transporter des armes nucléaires, au nombre de une à six. Le coût du programme serait de 8,5 milliards d'euros, soit pour une série de cinquante à soixante engins un prix unitaire, développement compris, de plus de 150 millions d'euros. Selon la DGA, la France est, avec les Etats-Unis, le seul pays au monde à maîtriser ces technologies. Les sous-marins britanniques sont ainsi équipés de missiles américains Trident, ce qui place les Britanniques dans la dépendance de Washington. C'est une des contraintes des special relationships dont se vantent nos voisins. Quant aux Russes, ils connaissent de grandes difficultés pour mettre au point leur missile de nouvelle génération.

Comme il fallait s'y attendre, de nombreux réseaux de militants antinucléaires et pacifistes français ont tenté de gêner le tir, allant jusqu'à envoyer de soi-disant "inspecteurs citoyens" dans les environs de la plateforme de lancement, malgré les barrages de la gendarmerie. Un de leurs arguments est que ces missiles, comme les futures bombes destinées à être lancées par eux, ne serviront jamais à rien, aucune menace correspondante n'étant prévisible à échéance de trente ans. Ils affirment aussi que la France ne peut qu'inciter par cet exemple des pays tels l'Iran et la Corée du Nord à se doter de missiles de longue portée.

Nous pensons que l'argument ne tient pas. Si la France conserve une force nucléaire stratégique, et si celle-ci conserve un rôle de dissuasion pouvant se révéler utile un jour, elle doit être équipée des meilleurs matériels permis par la technologie. C'est par ailleurs toute l'industrie du spatial et de l'aéronautique civile et de défense qui en bénéficieront. On sait qu'effectivement, la France est le seul pays au monde à pouvoir technologiquement et industriellement égaler en qualité les réalisations américaines. Ceci agace d'ailleurs considérablement non seulement ceertains pays européens mais surtout les Américains eux-mêmes. On ne peut pas ne pas penser que les manifestations des inspecteurs citoyens et autres opposants ne soient pas un peu alimentées par ces derniers. Du temps de la guerre froide, les mêmes personnes auraient pu aussi bien militer dans le trop célèbre Mouvement de la Paix.

Mais nous sommes objectifs. Vous pouvez aller directement aux sources des mouvements contestataires, en consultant par exemple le site Non au Missile M51 http://www.nonaumissilem51.org/index.html?accueil


La Suède développe le biogaz

Source Antenne 2, 27/11/06, 20h. L'antenne a présenté en détail l'usine suédoise de biogaz qui produit un carburant utilisable dans la propulsion des moteurs à explosion: automobiles, autocars et même un train (notre photo). Mis au point par Svensk Biogas ce dispositif permet de réutiliser les déchets animaux et végétaux de toutes sortes. Le biogaz s'obtient lorsque des bactéries, en l'absence d'oxygène, entraînent une décomposition de la matière organique (digestion anaérobie). Le biogaz est un mélange de méthane et de dioxyde de carbone. Sa combustion pollue assez peu. Mais l'avantage principal est qu'il permet de réutiliser de façon renouvelable la quasi-totalité des matières organiques produites dans une ville de dimension moyenne. Le processus d'origine naturelle se retrouve dans de nombreux milieux: marais, décharges, fosses septiques. Il suffit d'alimenter les digesteurs avec des déchets collectés par tri sélectif au près de la population, des abattoirs et des restaurants.

Il faut noter que cette réalisation est l'un des 50 projets d’innovation financés dans le cadre du programme LIFE-Environnement 2006 par la Commission européenne, dans 14 pays, pour un montant de 66 millions €. Voilà un usage exemplaire des budgets communautaires.

* Svensk biogas http://www.svenskbiogas.se/sb/docs/english/Engelsk_folder.pdf


Propositions des chercheurs européens concernant les équipements lourds de recherche

35 projets scientifiques ont été proposés par l'ESFRI qui regroupe des chercheurs européens indépendants de la Commission (Forum européen pour les infrastructures de recherche). Il s'agit de lasers de puissance, de supercalculateurs, de banques de données scientifiques, etc. Cette proposition met en évidence le besoin de grands équipements spécifiquement européens, qui permettraient de faire avancer les recherches fondamentales et les innovations industrielles en Europe - pour des coûts finalement très minimes au regard de leurs retombées. L'expérience du pôle Neurospin (voir dans ce numéro http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/77/actualite.htm#acd) montre l'intérêt de tels investissements. Mais on peut craindre que l'ESFRI ne prèche dans le vide, vu l'indifférence des décideurs européens pour la recherche.

http://cordis.europa.eu/esfri/home.html et http://cordis.europa.eu/esfri/roadmap.htm#roadmap2006

 

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