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La Revue mensuelle n° 74
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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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Disposer de son androïde et faire de la téléprésence via internet
CJ 20/07/06

A gauche, l'androïde, à droite son créateur : Hiroshi IshiguroOn connaît bien Hiroshi Ishiguro, de l'Intelligent Robotics Laboratory de l'université d'Osaka, pour ses recherches et développements sur les robots androïdes(1). Le chercheur dévoile aujourd'hui sa nouvelle création, Geminoid HI-1, réalisée en grandeur nature à l'image du scientifique. Effet garanti et illusion presque parfaite : l'androïde cligne des yeux, bouge les lèvres pendant qu'il parle, remue sur son siège, ses épaules se soulèvent doucement comme si l'androïde respirait. Les actuateurs du robot sont activés par l'envoi d'air comprimé, donnant non seulement l'avantage d'assurer une fluidité et une précision inégalée des mouvements, mais aussi de les produire sans bruit, si ce n'est le froissement de vêtement, comme chez les humains...
Hishiguro et son androïde copie conforme.Pouvant fonctionner en mode autonome, Geminoid est également commandable à distance. Il suffit de porter un système de capture de mouvements et le tour est joué : votre androïde reproduit exactement vos mouvements, votre voix et le mouvement de vos lèvres, vos postures, jusqu'au mouvements de vos doigts. Avec son "double", Ishiguro souhaite tester la "télé-interaction" : Si j'accède à l'androïde par internet, je n'ai plus besoin d'aller à mon laboratoire....
Plus particulièrement, le chercheur souhaite comprendre ce qui fait "la présence", et finalement doter son androïde de cette présence (sonzai-kan) : "Je veux vérifier si les mes étudiants, comme ma famille, peuvent sentir ma présence par le biais de Geminoid", explique-t-il. Car pour Ishiguro, ces machines constituent un bon vecteur pour une meilleure compréhension de la nature humaine. En combinant la technologie avec les sciences cognitives, son but est de réaliser des robots semblant toujours plus humains, pouvant être utilisés comme plate-forme de tests dans l'étude de théories sur la perception humaine, la communication et la connaissance.
Des tests d'interaction entre son "double" et ses étudiants sont d'ores et déjà prévus.


Cliquez sur le bouton play pour voir la vidéo montrant l'androïde

(1) Voir notre article "Repliee", ou l'inexorable marche vers le robot androïde ?" (9 août 2005)

En savoir plus :
Intelligent Robotics Laboratory : http://www.ed.ams.eng.osaka-u.ac.jp/
Intelligent Robotics and Communication Laboratories : http://www.irc.atr.jp/


Rêves martiens pour la Chine
CJ 19/07/06

Troisième nation au monde, après la Russie et les Etats-Unis, à avoir envoyé des hommes dans l'espace par ses propres moyens(1), la Chine souhaite dans les prochaines décennies devenir un acteur de tout premier plan dans l'exploration du système solaire. Outre l'envoi dès 2007 de missions robotiques qui devraient survoler la Lune, la planète Mars figurerait également parmi les objectifs de l'Agence spatiale chinoise. Ce programme Lune/Mars devrait s'étaler sur les cinq prochaines années.

Même si aucune information ne filtre sur ce programme martien, les colonnes du journal Pékin News révèlent que des études exploratoires sont en cours et que les Chinois feraient le forcing pour participer à un grand projet international.
L'exploration robotique, voire humaine à plus long terme du système solaire n'est d'ailleurs pas le seul centre d'intérêt de l'Agence spatiale chinoise. A l'instar de ses homologues américaines, européennes et russes, la Chine s'intéresse grandement à l'étude de nombreux domaine de l'astronomie, du système solaire et de son étoile (implication par exemple dans le projet Double Star mené en coopération avec l'ESA).
Parmi ses autres priorités, notons l'utilisation de l'espace au service du citoyen, en développant ses propres satellites EOS, dévolus entre autres à la météorologie et la télésurveillance.


(1)
Voir notre actualité du 18/10/05 - NB : Le premier vol chinois habité date du 15 avril 2003.


Microsoft investit sur les robots
CJ 20/06/06

Microsoft Robotics SystemMicrosoft, qui voit dans la robotique le futur de l'informatique personnelle, prévoit que ce marché devrait atteindre plusieurs milliards de dollars d'ici 5 à 10 ans. Dans ce cadre, et lors de la conférence RoboBusiness 2006(1) qui vient de se tenir à Pittsburgh, le géant mondial américain a annoncé le 20 juin le «Microsoft Robotic Studio», une suite logicielle destinée à créer, programmer et tester des robots, du jouet à l'application industrielle. S'adressant aussi bien aux passionnés qu'aux étudiants ou aux développeurs professionnels, ce premier produit de Microsoft sur le marché du robot en couvrirait le design, le développement et les tests des programmes qui le piloteront, c'est-à-dire - selon Tandy Trower, directeur général de Microsoft Robotics Group(2) - "tout ce qu'il faut pour simplifier leur conception, qu'il s'agisse de débutants ou de développeurs avancés." (...) Avec ce produit, Microsoft a construit une plate-forme qui permettra à l'industrie d'intégrer les éléments qu'elle développe", a-t-il ajouté.

Le message semble clair : il s'agit pour Microsoft d'imposer ses standards logiciels dans un secteur stratégique à très forte expansion. Sachant que beaucoup de robots tournent actuellement sous Linux, il va être intéressant de suivre l'évolution des choses dans le domaine.

La première version de Microsoft Robotic Studio n'est encore qu'une version de démonstration, échantillon technique proposé pour l'instant gratuitement en téléchargement sur internet. Pour le moment, rien n'a encore été révélé quant à la date de lancement définitive et au prix de vente de cette suite logicielle.

(1) http://www.robobusiness2006.com/
(2) Nouveau département de Microsoft, dédié pleinement à la robotique.


Pour en savoir plus :
http://msdn.microsoft.com/robotics


Robocup 2006 : la France hors-jeu
CJ 20/06/06

RobocupLa dixième édition de la RoboCup (pour Robot World Cup) qui vient de se dérouler à Brème en Allemagne du 14 au 20 juin a battu tous les records depuis sa création, en nombre de participants : 440 équipes venues de 36 pays. Cette compétition robotisée de football, qui se tient chaque année dans une ville différente, est une initiative internationale encourageant la recherche dans le domaine de l'intelligence artificielle et de la robotique. Pouvant paraître futile, voire sans intérêt pour les non connaisseurs, cette compétition insuffle un dynamisme extraordinaire non seulement au sein des équipes universitaires, mais aussi des plus jeunes (qui peuvent concourir dans la catégorie "junior"). Il suffit de se rappeler les premières éditions qui ne comportaient que de petits robots sur roues, alors qu'aujourd'hui évoluent sur le terrain de multiples catégEquipes d'Aibo en action - Photo : Cyril Fiévetories (dont les humanoÏdes), représentatives de la diversité du monde des robots et des formes qu'ils peuvent revêtir. Qu'il s'agisse de tirs au but ou de matchs opposant des équipes de robots sur des terrains de tailles variables, les épreuves sont de plus en plus complexe et les problèmes à surmonter toujours plus ardus : autonomie des robots, système de repérage et de vision artificielle, localisation dans l'espace, estimation des trajectoires, mise au point de stratégies, capacité d'apprentissage, conservation de l'équilibre... Une occasion rêvée pour les chercheurs et les étudiants de se rencontrer et d'échanger sur l'évolution de différentes recherches.

Deux étudiants japonais bichonne leur robot humanoïde - Photo : Cyril Fiévet"Réaliser une équipe de robots humanoïdes capables de battre l'équipe humaine championne de football" : voici l'objectif affiché par les trois roboticiens japonais (dont Hiroaki Kitano(1)) qui ont imaginé cette compétition dès 1996. Bien sûr, on en est aujourd'hui très loin mais certains scientifiques estime son avènement pour 2050. En tous cas, chaque année permet de juger des progrès accomplis et nul doute qu'au fil des années, RoboCup permettra de donner naissance à des technologies dont l'impact sera bénéfique pour de nombreuses industries.

Et c'est là que le bât blesse : la France était totalement absente de cette compétition ! Et si la télévision allemande a multiplié les directs, reportages, débats sur le thème de la robotique, à des heures de grandes écoutes, on ne peut que se désoler du manque de traitement de cet événement dans notre pays.

(1) Aujourd'hui directeur du Computer Science Laboratory de Sony.

Pour en savoir plus :
http://robocup2006.org/start?lang=en


Mondial 2006 : Selon FIFI, la finale se jouera entre le Brésil et l'Italie
CJ 10/06/06

Selon deux étudiants en informatique officiant aux Emirats arabes unis, le Brésil gagnera la Coupe du monde de football lors d'une finale qui l'opposera à l'Italie. N'importe qui pourrait avancer une chose pareille (cela ne mange pas de pain), sauf qu'ici Imran Fanaswala et Yashar Fasihnia assurent que c'est leur programme informatique FIFI (pour Fifa Intelligence), basé sur un système d'intelligence artificielle, qui le prévoit... avec un taux de précision de 83% (selon Joachim Diederich, le superviseur du projet).
Les deux étudiants auraient amassé
20 ans de données et d'informations sur les diverses équipes: performance, nombre de buts, marqueurs... et leur programme FIFI prévoirait donc que le Brésil gagnera contre l'Angleterre lors des demi-finales et que l'Italie éliminera les Pays-Bas. Et en finale, le Brésil l'emportera contre l'Italie.

Que ne faut-il pas faire pour vendre le label "intelligence artificielle". En tous cas, si cela ne marche pas, on pourra toujours dire que c'était dû au taux de précision du système. Et si cela marche, Fifi a de beaux jours devant lui.

En tous cas, en matière d'intelligence artificielle, rappelons le match mené chez IBM en 2001 (voir notre actualité du 11/08/01) opposant six traders humains à six agents intelligents robotiques (software robotic trading agents) qui avait tourné à l'avantage des robots. Il s'agisssait d'acheter et de se vendre des marchandises sur un marché virtuel, dans un temps déterminé. La moitié des compétiteurs étant acheteurs et l'autre vendeurs, le but était de maximiser les bénéfices de chacun à la fin des transactions. Verdict : 7% de mieux avait réalisé par les robots.
..


Pénombre : une association qui désacralise avec humour statistiques et sondages
CJ 10/06/06

Logo PénombreConnaissez-vous Pénombre ? Cette Association a été créée en 1993 pour développer un espace public de réflexion et d'échange sur l'usage du nombre dans les débats de société. Les nombres sont des êtres sociaux, résultats d'une construction dont il vaut mieux connaître le maçon et l'entreprise. Pour que les nombres commencent à prendre sens, il faut connaître les définitions, les concepts utilisés. Sans être spécialiste, on peut se poser quelques questions sur les méthodes de collecte de l'information. Quand on lit par exemple dans la presse à propos des écoutes téléphoniques : "100 000 Français victimes d'interceptions sauvages", on peut naïvement se demander «Comment fait-on pour recenser les écoutes téléphoniques sauvages?».

Le nombre comme être social a sa vie, une longue vie parfois. Il roule de-ci de-là dans le corps social pour atteindre tel ou telle, des millions de tels à l'heure du petit-déjeuner ou à «20 heures». Il se joue des frontières et des supports.
Comment cette entité est-elle reçue par un journaliste, un ministre, un électeur? Qu'en fait-il, à quoi cela lui sert-il? Mystère. Pénombre entend contribuer à lever le voile en favorisant la rencontre de tous ceux qui, à un titre quelconque, participent à cette vie sociale des nombres. Son recrutement éclectique tend à faire un peu oublier à chacun son rôle convenu.

Couverture du livre "Chiffres en folie"L'Asssociation a notamment publié en 1999 le livre "Chiffres en folie- Petit abécédaire de l'usage des nombres dans le débat public et les médias" (Editions La Découverte. Collection "Cahiers libres"), fruit de cinq années d'observation critique. Une lecture toujours d'actualité à l'heure où la multiplication des informations chiffrées, les querelles sur le "vrai chiffre", en passant par les chiffres fantaisistes, sont toujours plus omniprésents dans les médias et les discours publics. L'information chiffrée apparaît en effet comme une preuve d'objectivité et de sérieux. Elle serait même trop sérieuse pour que l'on ennuie le lecteur ou le téléspectateur avec des considérations techniques sur sa validité...
Face aux dérapages et aux manipulations qu'accompagne cette religion du chiffre, les auteurs réagissent ici à leur usage illicite et à la perversion du débat citoyen qu'il implique. L'ouvrage se présente sous la forme d'un abécédaire plein d'humour. De A comme " Adolescents " à Z comme "Zéro", en passant par B comme "Banlieue" C comme "Chômage", D comme "Délinquance et criminalité, I comme "Immigration" ou S comme "Santé", ils proposent un florilège - nourri de nombreux exemples - des diverses formes du mauvais usage des chiffres: confusions involontaires, manipulations délibérées...
La lecture de ce livre est facilitée par un astucieux système de repères permettant de naviguer entre les articles en fonction de diverses grilles d'entrée (par thèmes, par types d'erreurs ou de manipulations). Et surtout, par un ton alerte qui n'évite ni les débats de fond ni les traits d'esprit...

En savoir plus :
Site de l'Association Pénombre : http://www.penombre.org


La puce VeriChip et les immigrants mexicains aux Etats-Unis
JPB 10/06/06

Puce RFIDScott Silverman, président du conseil d'administration de VeriChip Corporation, fabricant de la puce à radiofréquence VeriChip, a proposé récemment sur Fox News d’implanter de telles puces dans le corps des immigrés et travailleurs saisonniers entrant sur le territoire américain. Cette proposition est venue après que le Président Bush ait réclamé des mesures de haute technologie afin de mieux contrôler l’immigration mexicaine et latino-américaine aux Etats-Unis. Le Président a dit souhaiter savoir avec précision « qui est dans notre pays et pourquoi il s’y trouve ». La VeriChip, convenablement chargée en informations de police lors du passage de l’immigrant à la frontière, permettrait d’identifier celui-ci avec précision lors de contrôles ultérieurs.

La VeriChip est une micro-puce d'identification par radiofréquence encapsulée dans du verre, qui peut être implantée, non seulement dans une multitude d’objets de la vie courante, mais sur des êtres vivants, animaux d’élevage et humains. Elle rentre dans la catégorie des RFID ou Radio-Frequency Identification Devices. La puce peut enregistrer environ 2000 bits d’information et dispose d’une antenne. Contrairement à la version dite active disposant d’une petite batterie incorporée capable d’émettre vers un récepteur distant, la version passive se borne à réagir à un détecteur, situé à un mètre de distance (quelques mètres pour les dispositifs à haute fréquence). Son usage est celui d’une étiquette à code barre. Elle permet, à condition d’être scannée, d’identifier en toute sécurité l’objet ou la personne qui en est porteur. Mais son efficacité est plus grande que celle du code barre, car elle n’a pas besoin d’être positionnée avec précision sous le scanner.

La technologie était connue depuis longtemps, mais le manque de normes communes a empêché sa diffusion. Elle était principalement utilisée au service de la sécurité interne de certaines entreprises soucieuses d’un haut niveau de protection. Aujourd’hui, le dispositif est au contraire en train de prendre une extension mondiale, notamment en Asie, ce qui permet d’abaisser fortement ses coûts, et d’améliorer sa fiabilité. Malgré cela, des incidents de lecture peuvent se produire, dus soit à la présence de lecteurs opérant simultanément (reader collision) soit à la présence d’un trop grand nombre de puces dans l’aire d’activité d’un lecteur (tag collision).

La proposition du patron de VeriChip a fait comme on pouvait le prévoir réagir les défenseurs des libertés individuelles aux Etats-Unis. Ceux-ci ont affirmé que la VeriChip Corporation, après avoir perdu des millions de dollars en essayant de persuader les autorités américaines d’implanter des puces chez les citoyens américains, profite de la peur suscité par l’immigration mexicaine et sud-américaine pour relancer le marché. Mais une fois utilisée chez les immigrants, la technique pourra plus facilement être généralisée au « bénéfice » de l’ensemble de la population. Cette proposition, rencontre l’approbation de nombreuses personnalités politiques américaines, qui envisagent divers usages intéressant les citoyens américains eux-mêmes, au-delà des cas médicaux où elle est d’ores et déjà autorisée par la loi: identification des militaires, des détenus, de certains enfants à problèmes. Elle avait par ailleurs été recommandée par le Président colombien Alvaro Uribe, qui voyait là le juste prix à payer pour que ses compatriotes puissent profiter de l'"hospitalité américaine".

La technologie des RFID, passives ou actives, se développe rapidement en Europe. Mais jusqu’ici personne n’a proposé de l’utiliser sous forme d’implants humains, sauf dans des cas thérapeutiques très spéciaux. On peut penser que cette perspective serait repoussée par l’opinion publique européenne, mais en fait rien n’est moins certain. 10/06/06

En savoir plus :
Technovelgy.com. : Comment la science-fiction devient science http://www.technovelgy.com


Un point sur le projet Quaero
CJ 10/06/06 - Source partielle : journal du CNRS juin 2006

QuaeroLe 26 avril 2006, Jacques Chirac annonçait les six projets sélectionnés par la toute nouvelle Agence de l'innovation industrielle (AII) parmi lesquels figure Quaero(1).
Plus qu'un "Google européen"(2), Quaero est avant tout un programme mobilisateur d'innovation industrielle(3) avec pour objectif de concevoir de nouveaux systèmes de recherche et de gestion de contenus numériques multimédias et multilingues, accessibles à un large public. Prévu sur 5 ans, son budget est pour l'instant estimé à 250 millions d'euros, avec une participation de l'AII à hauteur de 90 millions d'euros.
Fondé sur un partenariat franco-allemand, il réunit des industriels, des PME et des laboratoires de recherche(3), il doit offrir un cadre de mutualisation des efforts et de nouveaux moyens de recherche et développement dans des données multimédias, notamment audio et vidéo.
Piloté du côté français par Thomson, le programme Quaero est structuré autour de cinq projets « applicatifs » et de deux projets « technologiques ». L'un des deux, le Centre de technologies, regroupe l'essentiel des activités de recherche effectuées dans des laboratoires académiques ou industriels. Il sera chargé de développer les technologies de traitement automatique des contenus multimédias, sur lesquelles s'appuieront les cinq projets applicatifs – soit l'indexation, la recherche d'informations et la navigation, le traitement d'images fixes ou de vidéo, ou encore la transcription parole-texte, la traduction écrite ou orale et la reconnaissance de locuteurs, sans oublier les questions de protection de l'information. L'autre projet technologique sera voué à la constitution des bases de contenus annotés (textes et leurs traductions, documents audio et leur transcription, images et leur description…). Les applications quant-à-elles concernent : le développement de portails multimédias plus pertinents et conviviaux accessibles au grand public ; un moteur de recherche multimédia ; un système intelligent de vidéo à la demande ; un système de gestion des ressources médias numériques et un programme de numérisation, avec annotation automatique, de documents papiers ou électroniques.

Premières applications dès la première année

Afin de renforcer l'efficacité et l'excellence, Quaero expérimentera une méthode de fonctionnement et une distribution des tâches originale. Ainsi, par exemple au sein du Centre de technologies, plusieurs partenaires travailleront sur un même domaine et avec un même objectif. Mais des critères d'évaluation seront établis en même temps que cet objectif sera défini. Régulièrement donc, les partenaires, qui auront travaillé de manière indépendante sur le même sujet, seront évalués par une autre structure. Les pistes de recherche les plus prometteuses seront alors mises en commun et échangées avec les autres partenaires. Ensuite l'un des partenaires du programme assurera le lien avec les acteurs des projets dits «applicatifs» pour intégrer le résultat des travaux de recherche.

Rappelons que Quaero doit d'abord obtenir l'aval de la Commission européenne avant d'être définitivement lancé.
Si le programme est prévu pour durer cinq ans, les premières applications devraient voir le jour dès la première année, en particulier le moteur de recherche multimédia grand public.

(1) Du latin, "Je cherche".
(2) "Quaero n'est pas de façon simplificatrice, l'Europe contre le méchant Google", mais un moyen d'assurer un niveau de compétition suffisant pour que l'économie numérique soit un peu moins fragile", déclarait récemment François Boudoncle, PDG de l'entreprise française Exalead, partenaire du projet (et dont 'Automate Intelligents utilise dans son site l'excellent moteur de recherche).
(3) Voir http://www.gtfa-2006.com, puis cliquer en bas de la page sur "Traitement automatique des contenus multimédias".
(4) Liste non officielle qui d'ailleurs risque de s'allonger sachant que le consortium reste ouvert à de nouveaux partenariats, notamment au niveau européen, dans le cadre d'un processus de cooptation consensuel et rigoureux: Arvato, ASC Telecom, Bertin Technologies, Bertelsmann, BNF, Clips-Imag, Deutsche Telekim, Deutsch Thomson Brandt, DGA, Exalead, France Télécom, GET-ENST, Ina, Inria, Ircam, IRIT, Institut Fraunhofer, Jouve, Limsi, LIPN, LNE, LTU, Lycos, MIG-Inra, RWTH, Siemens, Synapse, Thomson, université d'Aix-la-Chapelle, université de Karlsruhe, Vecsys


Le Bulletin de L'Information Scientifique et l'association ANAIS
JPB10/06/06

Rappelons le rôle important que joue l'association ANAIS dans la lutte contre l'envahissement des sciences par les mythologies et religions diverses, pour qui la rationalité scientifique est l'ennemi. ANAIS est l’ Association Nantes-Atlantique pour l’Information Scientifique (anais – afis http://afis44.free.fr/). Elle publie un Bulletin périodique dit Bulletin de l'Information scientifique dont on peut retrouver les sommaires sur http://afis44.free.fr/bulletins.htm. Selon ses propres termes:
"L'Association ANAIS fonde son activité sur la déclaration de principes de l’Association Française pour l’Information Scientifique dont elle forme un comité local. C’est ainsi que nous entendons notamment dans nos bulletins, tout comme les médias nationaux de l’association (la revue Science et pseudo-sciences, le site pseudo-sciences.org http://pseudo-sciences.org :
- retenir dans l'actualité scientifique et technique, un certain nombre de faits pour en considérer d'abord la signification humaine,
- diffuser une information scientifique constituée de nouvelles d'actualité dans toutes les branches de la recherche, dans un langage accessible à tous,
- dénoncer sans réserve les marchands de fausses ou de pseudo-sciences et les charlatans malfaisants pourvoyeurs de l'irrationnel,
- défendre l'esprit scientifique contre la menace d'un nouvel obscurantisme...."

Le dernier bulletin, daté de Juin 2006 et consacré aux nanotechnologies, s'en prend avec une vigueur que nous ne pouvons qu'approuver à l'alter-internet. Celui-ci se mobilise actuellement contre les nanotechnologies, d'une façon manifestement irresponsable - ou plutôt, dirais-je, d'une façon très habile permettant de faire parler de soi et de se donner de l'importance alors que l'on n'a rien à dire. J'extrais de l'éditorial les passages suivants:

"L’alter-internet s’affole une fois de plus pour «un appel à la convergence des luttes anti-nucléaires, anti-OGM et anti-nanotechnologies», pour la fermeture du complexe de recherche MINATEC qui vient d’être inauguré à Grenoble, et pour établir un « moratoire contre les nanotechnologies » …
Mais qu’est-ce qu’« ils » peuvent bien avoir cette fois-ci contre les nanotechnologies ? D’emblée le terrain est bien balisé par les recettes qui ont fait leurs preuves avec le nucléaire et les OGM : 1) c’est peut-être bien dangereux pour la santé et l’environnement 2) il n’y a pas eu de débat démocratique pour nous demander notre avis 3) si le complexe militaro-industriel et les multinationales s’y intéressent c’est donc que nous avons bien raison de nous méfier 4) de toutes façons « ils », les élites politiques et techniques autoproclamées, nous mentent...
Nous devons quand même réserver une mention spéciale au communiqué national des Verts. Si nous
ne pouvons qu’être d’accord avec la phrase conclusive "Non, la science à elle seule ne suffit pas à apporter le bonheur à l’humanité. " nous ne pouvons que nous étonner si ce n’est nous insurger devant le paragraphe introductif, destiné à l’accroche et au formatage préalable ( générant des inférences mêlant peur et réprobation) du lecteur, qui affirme que « depuis Auschwitz et Hiroshima, on sait que les progrès scientifiques introduisent de nouveaux risques et peuvent être mis au service de la pire barbarie. »...
Contrairement à ce que suggère le communiqué national des Verts il n’a pas fallu attendre le vingtième siècle pour voir homo sapiens mobiliser l’ensemble de ses savoirs et savoir faire pour faire la guerre à son voisin. Au plus loin que l’archéologie nous renseigne, la taille des premiers outils est associée aussi bien à faciliter la vie de tous les jours qu’à s’assurer un avantage littéralement fracassant sur ses voisins … et cette dualité, autant que l’histoire nous renseigne, est constante … Force aussi est de constater que si les préoccupations de rapport de forces (dans la dialectique de la défense et de l’attaque) ont contribué de façon constante à motiver (et financer) les travaux sur la ligne de front des avancées technologiques, les décennies et siècles passant, le front technologique de nos savoirs et savoir faire avançant, l’acceptation sociétale devant la nouveauté progressant, ne subsistent plus que les avantages objectifs au bénéfice des populations..."


Bref, les quelques euros d'adhésion à l'AFIS ne seront pas selon nous de l'argent perdu.


Le robot HRP-2 entre au CNRS
CJ 09/06/06

Le robot humanoÏde HRP-2  © C. FiévetNous avions annoncé (notre actualité du 2 décembre 2003) la création du laboratoire de robotique JRL (Joint Robotics Laboratory) associant le CNRS avec l'ISI (Institut des systèmes intelligents), structure dépendante de l'AIST japonais (Institut national de la science et des technologies industrielles avancées)(1) avec d'ici deux ans l'acHRP-2quisition du nec plus ultra des robots humanoïdes, le HRP-2 Promet (Humanoid Robotics Project), fabriqué par la société japonaise Kawada Industries(2). Celui-ci devrait faire ses premiers pas à la fin du mois de juin à Toulouse, au sein du JRL situé dans les locaux du Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes (Laas). D'une taille de 1,54m pour 58 kg, ce robot sophistiqué -le plus complexe de sa génération(3)- constitue une plate-forme de choix. Mise à la disposition de l'ensemble de la communauté scientifique, elle va lui permettre de mener des recherches de pointe dans les domaines de la robotique autonome. Selon le CNRS, quinze projets issus de dix équipes françaises ont été définis autour de thématiques diversifiées, allant de la locomotion et de la manipulation à l'interaction homme-robot.

HRP-2 Promet © Kawada IndustriesPour Jean-Paul Laumond, co-directeur du JRL(4), rendre un robot autonome implique de lui inculquer des capacités de perception, de prise de décision et d'action, facultés qui seront apportées par des logiciels développés dans différents laboratoires nationaux et qui seront testées en réel sur le robot.
O
n ne peut que se réjouir de l'effort conséquent consenti par le CNRS dans l'achat de cet outil multifonction, certainement le plus abouti au monde à l'heure actuelle(5). Cette acquisition donne les meilleurs atouts au maintien de l'excellence française de recherche en robotique dans le concert mondial d'un domaine stratégique pour l'avenir.

(1) Laboratoire associé du CNRS centré en France sur Le Lass (Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes) à Toulouse) et le Lirmm (Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique) à Montpellier et au Japon sur le site AIST de Tsubuka.
(2) 13 de ces robots sont déjà placés dans des laboratoires de recherche au Japon.
(3) Ce robot possède pas moins de 30 degrés de liberté de mouvement directement inspirés de ceux du corps humain, peut se déplacer à une vitesse de 2km/h, peut saisir dans chaque main une charge de 2 kg, 3 caméras CCD stereo lui font office d'yeux...
(4) Elichi Yoshida en est le co-directeur pour la partie japonaise
(5) Le robot est dotée d'une maîtrise de la locomotion tout terrain et de l'équilibre ( vidéos consultables sur http://c110vh5n.securesites.net/global/ams/hrp_2.html).

En savoir plus :
Kawada Industries : http://c110vh5n.securesites.net/global/ams/


Les ressources mondiales en uranium
JPB 03/06/06

Mine d'uraniumSelon l'étude que vient de rendre publique l'Agence pour l'Energie Nucléaire de l'OCDE, conjointement avec l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, les ressources mondiales en uranium sont plus que largement suffisantes pour répondre aux besoins prévus.
Le rapport, intitulé Uranium 2005 : Ressources, production et demande, dit aussi "Livre rouge", estime que les ressources classiques connues, récupérables à un coût inférieur à 130 $/kg, c'est-à-dire légèrement supérieur au prix actuel, s'élèvent à environ 4,7 millions de tonnes.

Si l'on se base sur la production d'électricité nucléaire en 2004, cette quantité suffira à alimenter les centrales pendant 85 ans. Néanmoins, la totalité des réserves mondiales, qui pourraient être disponibles au prix du marché, est bien plus importante. L'étude estime, d'après les données géologiques et les connaissances sur l'uranium contenu dans les phosphates, que plus de 35 millions de tonnes sont exploitables.

Avec la hausse des prix enregistrés ces dernières années, un grand nombre de nouveaux projets miniers ont été annoncés, qui pourraient accroître sensiblement la capacité mondiale de production d'uranium. On a assisté à un revirement spectaculaire des perspectives de l'industrie.

La puissance nucléaire installée au niveau mondial devrait se situer, d'ici 2025, entre 450 GWe (+22 %) et 530 GWe (+44 %), contre 370 GWe environ à l'heure actuelle. Les besoins en uranium devraient donc se hisser à une quantité annuelle entre 80 000 tonnes et 100 000 tonnes. Les ressources connues aujourd'hui sont suffisantes pour répondre à cet accroissement. Ces estimations ne tiennent pas compte, il est vrai, de la relance attendue de la construction de centrales, mais même en ce cas, les réserves devraient être suffisantes

A plus long terme, les progrès de la technologie nucléaire, c'est-à-dire les centrales à neutrons rapides dites de 4e génération, permettront une utilisation plus efficace des ressources en uranium. De nouveaux réacteurs en cours de conception et de développement seront capables de produire plus de 30 fois plus d'énergie pour une même quantité d'uranium que ceux d'aujourd'hui. Ceci sans mentionner ce que pourra ultérieurement apporter la fusion nucléaire.

Il est donc faux de dire que le développement de l'énergie nucléaire civile repose sur une base fragile, en termes d'approvisionnement en combustible. Reste par contre la question des relations entre les pays producteurs d'uranium et les pays acheteurs. 7 grands producteurs existent actuellement: Canada (29%), Australie (22%, Kazakkhtan (9%), Russie (8%), Niger (8%), Namibie (8%) et Ouzbékistan (5%). D'ores et déjà une course de séduction visant les pays producteurs est engagée par les pays acheteurs ou leurs entreprises nucléaires. L'Europe n'est pas trop mal placée, grâce à son champion Aréva. Mais dans ce domaine les retournements sont toujours possibles.

* Communiqué AEN http://www.nea.fr/html/general/press/2006/2006-02f.html


Galiléo. De qui l'Union européenne se moque-t-elle?
JPB 02/06/06


Vue d'artiste du système GaliléoLes négociations entre l'Union européenne (UE) et le consortium pressenti pour gérer le système de navigation par satellites Galileo sont enlisées. Il s'agit d'un véritable scandale quand on sait l'importance stratégique que représente l'achèvement dans les délais et avec les performances annoncées du système de navigation par satellites Galiléo. Nous ne pouvons pas ne pas penser que les ennemis de cette réalisation, c'est-à-dire les Américains et leurs alliées, notamment britanniques, au sein de l'Europe, font tout pour faire avorter le projet. Mais les négociateurs européens de l'UE et autres gouvernements sont grandement coupables de les laisser faire.

Officiellement, il subsiste une divergence sur le financement entre les industriels et les gouvernements. Elles tiennent à la question du partage des risques liés à la conception du système et de ceux liés aux revenus commerciaux et aux développements du marché.

Choisi en décembre 2005 à l'issue de laborieuses tractations, le consortium regroupe les huit principaux acteurs européens de l'espace : l'européen EADS, les français Thales et Alcatel, l'italien Finmeccanica, les espagnols Aena et Hispasat, le britannique Inmarsat, et l'allemand TeleOp. Ces industriels, qui doivent financer les deux tiers de la phase de déploiement (sur un total de 2,5 milliards d'euros), considèrent que la contribution des pouvoirs publics européens n'est pas à la hauteur des promesses. L'UE devait verser 1 milliard d'euros, mais les Vingt-Cinq n'ont accordé que 900 millions d'euros dans le budget européen 2007-2013. Ils cherchent alors à réduire l'ambition du programme, ce qui consisterait à le torpiller, alors que les Américains finalisent un super-GPS.

A juste titre, Rainer Grohe, directeur de la société commune Galileo, qui pilote les négociations, sous contrôle de la Commission européenne et de l'Agence spatiale européenne (ESA), affirme qu'il est impensable de réduire le nombre de satellites afin d'économiser de l'argent. Le système doit compter trente satellites" "Ce serait irresponsable d'économiser sur quatre satellites, quand nous ambitionnons d'avoir un système de qualité et rentable grâce à la richesse de ses applications", confirme l'entourage du commissaire européen aux transports, Jacques Barrot.

En attendant, les bruits les plus sinistres courent dans les équipes et à Toulouse, ce qui est particulièrement mauvais dans un programme de cette complexité, lequel nécessiterait une union sacrée des politiques.


L'Union européenne et la Chine vont relier leurs réseaux électroniques à haut débit
CJ 01/06/06

Le projet ORIENT (Oriental Research Infrastructure to European Networks), soutenu par le 6e Programme-cadre communautaire en faveur de la recherche, a été présenté le 28 avril 2006. Doté d'un budget de 4,15 millions d'euros, il vise à une meilleure communication et par conséquent à des collaborations plus efficaces entre 45 millions de chercheurs et étudiants chinois et européens. Le programme bénéficiera en particulier aux domaines de la radioastronomie, du développement durable, de la méteorologie et à l'informatique en grille.

De façon opérationnelle, ORIENT connectera le réseau européen GEANT 2 - qui est le réseau international de recherche et d'éducation le plus avancé du monde - avec les réseaux chinois de recherche CERNET et CSTNET au moyen d'une liaison terrestre qui traversera la Sibérie. Ceci permettra de relier plus de 200 universités et instituts de recherche chinois à des vitesses pouvant atteindre 2,5 Gbps. Il sera coordonné, en Europe, par DANTE, organisme (sans but lucratif) de mise en réseau de la recherche, et, en Chine, par le réseau CERNET.

Pour en savoir plus
Réseau national de télécommunications pour la technologie l'enseignement et la recherche - http://www.renater.fr/IMG/pdf/ORIENT.pdf


Japon : budget R&D 2006 le plus important de l'histoire pour les firmes de haute technologie japonaises.
CJ 01/06/06

Les entreprises japonaises majeures de haute technologie augmentent toutes leur budget recherche et développement pour l'année 2006. Encouragés par des bénéfices en hausse, les grands fabricants d'électronique et de machinerie de précision portent le montant des budgets consacrés à la recherche à hauteur de 3530 milliards de yens (quelque 25 milliards d'euros) pour l'année fiscale 2006 (+5,4% par rapport a l'année précédente), un record historique au Japon.

C'est la première fois depuis l'année fiscale 2002 que ces 11 compagnies majeures (Hitachi, Toshiba, Mitsubishi, Matsushita, Sony, Sharp, NEC, Fujitsu, Canon, Fuji Photo Film et Ricoh) prévoient toutes une augmentation de leurs investissements en R&D.

Bien que les grandes firmes japonaises aient amélioré leurs bénéfices sur le dernier exercice fiscal grâce notamment à des manoeuvres de restructuration, leurs profits sont moindres que ceux des compagnies étrangères majeures, telles que les américains Intel, Microsoft et le coréen Samsung. Ainsi, dans la compétition multipolaire, il est donc urgent pour ces entreprises de fournir des produits innovants. Dans ce cadre, Matsushita présente le plan d'investissement le plus ambitieux avec 590 milliards de yens (4 milliards d'euros) pour le développement de produits high tech. De même Sony, Canon, Sharp, Toshiba, Fujifilm et Ricoh vont investir un budget record.

Ces entreprises mettent la priorité sur la recherche fondamentale à moyen et long terme plutôt que sur le développement des produits à court terme : Canon en biotechnologies, Toshiba pour les piles a combustibles et Fujifilm pour les produits pharmaceutiques.

Dans le reste du monde, Microsoft dépense 700 milliards de yens (4,9 milliards d'euros) en R&D, Intel 570 milliards de yens (4 milliards d'euros) et Samsung a indiqué en novembre dernier avoir projeté un plan d'investissement de 4700 milliards de yens (33 milliards d'euros) sur 5 ans.Ces 3 compagnies réalisent des marges supérieures à 10%, ce qui leur permet d'elever continuellement leur capital R&D. Parmi les compagnies japonaises, seul Canon possède une marge opérationnelle supérieure de 10% pour l'année fiscale 2005, la plupart des autres ayant des marges de moins de 5%.

A quand un tel investissement des industriels européens sur la recherche fondamentale à moyen et long terme ?


Le Humanspeechome project
JPB 02/06/06

Le professeur Deb Roy, directeur du groupe de recherche Cognitive Machines du Média Lab du MIT, s’est engagé personnellement, lui et sa famille, dans une expérience dont la communauté des cogniticiens du Media Lab attend beaucoup. Cette expérience, financée par la National Science Foundation, a d’abord consisté à équiper le domicile du distingué professeur de 11 vidéo-caméras fish eye omnidirectionnelles et de 14 microphones très sensibles. Dans la cave de l’habitation, une mémoire de masse de 5 terabits enregistre les données du jour avant de les rerouter vers le Media Lab pour analyse. Là elle sont enregistrée sur une mémoire d’un million de gigabits fournie par les entreprises Bell Microproducts, Seagate Technology, Marvell et Zetera.

Ce système est destiné à mémoriser les réactions du fils du Pr. Roy, actuellement âgé de 6 mois (le fils). Ceci pendant les 3 prochaines années, soit 400.000 heures de veille (le sommeil ne sera pas observé). L’objectif est de découvrir comment les humains acquièrent naturellement le langage en interagissant avec un environnement social approprié. Autrement dit, comme le bébé passera progressivement de la simple énonciation du mot maman à des constructions grammaticales complexes.

Il s’agit de commencer à créer une cartographie des modalités environnementales qui déterminent le développement humain et les apprentissages culturels. Le projet, comme son nom l’indique, vise à être le pendant, sur le plan épigénétique, au Human Genome Project qui identifie notamment les gènes de développement.

A partir des 12 à 14 heures de données enregistrées par jour (soit 300 gigabits), l’équipe compte développer des algorithmes de traitement de la voix et de l’image permettant de tester les hypothèses intéressant les modalités d’apprentissage des enfants et d’interpréter des patterns de comportement et de communications encore mal identifiés qui pourraient apparaître au fil de l’expérience. Les technologies mises en œuvre à cette occasion devraient trouver de nombreuses applications dans le monde des réseaux et des machines communicantes.

Le thème de l’expérience nous parait indiscutablement intéressant. Cependant, on peut s’étonner que les articles la relatant ne font pas d’objection au fait qu’un enfant sera pendant 3 ans soumis à une observation constante. En sera-t-il perturbé ? On peut penser en tous cas que son entourage ne se comportera pas « normalement » avec lui, étant également soumis à observation. Cela ne risquera-t-il pas de modifier, plutôt en mal qu’en bien, le développement du sujet. Par ailleurs, sur un autre plan, on pourrait s’interroger sur la validité d’une expérience menée avec un seul individu. Mais peut-être sera-t-elle reproduite ultérieurement sur d’autres sujets, qui pourraient être d’âge et de culture différents.

Pour en savoir plus
Description du projet: http://www.media.mit.edu/press/speechome/speechome-cogsci.pdf
Cognitive machines, MIT Media Lab http://www.media.mit.edu/cogmac/projects.html


Le projet européen NEW TIES
JPB 02/06/06

Dans le cadre du programme FET (Future and Emerging Technologies) financé par la Commission européenne, au sein du domaine IST (Sciences et technologies de l’information), 5 universités européennes participent actuellement au projet NEW TIES. Il s’agit de créer un monde d’intelligence artificielle où un millier puis des millions d’agents logiciels collaboreront pour développer de nouveaux langages et de nouvelles cultures. Le coordonnateur du projet est le Dr Gusz Eiben, Department of Computer Science, Vrije Universiteit en Hollande. Participent également au projet les universités du Surrey, de Budapest, d’Edimbourg et de Tilburg.
L’étude intéresse deux catégories de scientifiques : les chercheurs en sciences humaines évolutionnaires et les spécialistes de l’intelligence artificielle. Les premiers veulent étudier la genèse des processus sociaux dans les groupes animaux et humains. Les seconds visent à préparer les futures interactions qui seront rendues nécessaires dans quelques années, lorsque les robots autonomes joueront un rôle actif dans les sociétés humaines, par exemple pour assister des personnes handicapées ou porter secours à des victimes d’accident.
Dans ce projet, contrairement à d’autres qui mettent en relation des robots dotés de corps matériels, les agents seront uniquement logiciels. Ils sont conçus comme des entités informatiques dotées de caractères individuels qui permettront de les distinguer: sexe, espérance de vie, fertilité reproductive, taille, métabolisme. Ils pourront transmettre leurs caractères à leurs descendants mais aussi apprendre à partir de leur propre expérience et par interaction entre eux.

Chaque agent disposera de son propre « contrôleur », analogue à un cerveau. L’environnement où ils interagiront sera complexe afin de stimuler les concurrences entre agents et les adaptations. Différents scénarios seront proposés. L’un, par exemple, comprendra des saisons, obligeant les agents à rechercher et stocker des provisions. Deux groupes rivaux sont prévus, afin d’obliger les agents à distinguer entre « ennemi » et « ami ». A l’origine, les agents seront dotés d’un langage élémentaire comprenant des mots tels que « nourriture », « ici », « plus loin », etc. Une logique de base leur sera également fournie, sur le mode du « si, alors » : »si tel objet est chaud, alors il brûle ». Mais l’objectif est qu’ils puissent développer un vrai langage, voire utiliser d’autres modes de communication comme la télépathie.

Le projet se développera sur une plate-forme de 5.000 calculateurs en réseau. On y ajoutera progressivement, au-delà du millier d’agents initiaux, de nouvelles populations, sur le modèle de ce qui se fait déjà dans les simulations à grande échelle de la vie artificielle. Le projet devrait se terminer en août 2007. Sans attendre, il devrait offrir à des sociologues ou chercheurs en sciences politiques la possibilité de tester les réactions d’une population humaine à des décisions politiques ou administratives.

Pour en savoir plus
Le site du projet NEW TIES https://www.new-ties.org/mambo/ On peut regretter que le site ne soit pas plus explicite sur les choix informatiques.
Complex Systems (CS) Proactive Initiative in the 6th Framework Programme
http://cordis.europa.eu/ist/fet/co.htm

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