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La Revue mensuelle n° 70
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Fin de la production des robots-chiens Aîbo ?
CJ 28/01/06

Robots Aibo - Photo SonySi l'on en croit le rapport d'activités financières de Sony, l'entreprise va arrêter la production de ses robots-chiens Aibo. Au chapitre "Restoring Profitability in Specific Business Categories" de ce rapport, et concernant les robots de loisirs (Entertainment Robot ), on peut en effet lire :
New product development for Aibo has already ceased and production is targeted to stop by the end of fiscal year 2005. Howerver, after-sales support will continue. There will also be no new development for Qrio. R&D in the AI area wich was developed in the Aibo and Qrio businesses will continue and will be deployed in a broad range of consumer electronics products.
[Le développement de nouveaux produits pour Aibo a déjà cessé et la production devrait être stoppée d'ici à la fin de l'année fiscale 2005. Toutefois, le service après-vente sera maintenu. Il n'y aura pas non plus de nouveau développement pour Qrio. La Recherche et développement dans le domaine de l'Intelligence Artificielle qui a été développée pour les unités Aibo et Qrio se poursuivra et sera déployée sur le marché dans une large gamme de produits électroniques.].

Cette nouvelle n'a pas fait l'objet pour l'instant d'un communiqué de presse de la firme et reste donc à confirmer. Cet arrêt de production des Aibo pourrait s'expliquer par de mauvais résultats financiers dans plusieurs secteurs. Impératif de rentabilité à court terme oblige... En tous cas, si nous savions que le secteur robotique ne se portait pas si bien que cela pour Sony, rien ne laissait vraiment présager un tel arrêt. L'entreprise japonaise proposait d'ailleurs il y a quelques mois son nouvel Aibo Mind 3, avec plaquettes publicitaires nous expliquant que "le fascinant concept Aibo s'inscrit dans un projet Sony, certes ambitieux, mais mûrement réfléchi...".

Ceci ne veut pas dire que Sony sera absent dans l'avenir sur le marché de la robotique et de ses produits dérivés IA. Mais cet arrêt de la production des Aibo sonne ici comme une triste nouvelle. Quoi qu'on en dise, ce robot de loisir faisait rêver. Il n'était pas resté à l'état de prototype dans un laboratoire. Certains l'ont acheté, d'autres ont rêvé de pouvoir le faire. Chaque nouveau modèle montrait l'ingéniosité de ses concepteurs (donc de Sony), faisant toucher du doigt de nouvelles avancées technologiques. Du rêve qui doit s'incliner aujourd'hui sous le diktat de la rentabilité. Triste époque.

Les possesseurs dudit robot pourront se consoler en sachant que leur Aibo est désormais une pièce des plus rare.

Pour en savoir plus
Rapport d'activités financières : http://www.sony.net/SonyInfo/IR/info/presen/05q3/qfhh7c000008adfe.html
Site de présentation d'Aibo : http://www.aibo-europe.com/index.asp?language=fr


What is your dangerous idea
JPB 24/01/06

La revue Edge, dirigée par le philosophe des sciences John Brockman, vient de mettre en ligne les réponses au questionnaire de l'année: "What is your dangerous idea?" Quelle est votre idée la plus dangereuse? Rappelons que la formule consiste à interroger 120 scientifiques très connus à divers titres, qui représentent sans aucun doute le top de l'intelligence de langue anglaise. Certains répondent par des boutades, mais la plupart s'efforcent d'exposer le plus sincèrement possible leurs préoccupations du moment. Il est évidemment impossible de résumer ces contributions, mais nous incitons vivement nos lecteurs à parcourir certaines d'entre elles. Cette lecture est dérangeante pour qui s'est assis sur des certitudes intellectuelles qu'il croit bien assurées.

Dans la tradition de Edge, le politiquement correct n'est pas encouragé.."What is your dangerous idea? An idea you think about (not necessarily one you originated) that is dangerous not because it is assumed to be false, but because it might be true?" Ceci est méritoire vu l'espèce de crépuscule dans lequel semble s'enfoncer aujourd'hui la science américaine sous l'influence délétère des préjugés néo-religieux.

Je remarque que, sauf erreur, un seul Français figure dans ce palmarès, c'est Stanislas Dehaene. Je remarque aussi que la mise en ligne du questionnaire 2006 a déjà été saluée par de nombreux articles de la presse mondiale, dont un certain nombre de journaux européens. Mais, à nouveau, aucun titre français n'est présent dans la liste.

L'année dernière, la question était "What We Believe But Cannot Prove: Today's Leading Thinkers on Science in the Age of Certainty". L'ouvrage correspondant vient d'être publié. Je vais vous le présenter prochainement.

What is your dangerous idea http://www.edge.org/q2006/q06_index.html


Petits robots mobiles - Etude et construction (2ème édition)
CJ 14/01/06

Petits robots mobiles - Etude et construction (2ème édition)Presque six ans après sa première parution, les éditions Dunod sortent la 2e édition de Petits robots mobiles - Etude et construction, livre de Frédéric Giamarchi que nous avions déjà chroniqué dans ces colonnes (1). Parmi les rares ouvrages d'auteur français sur le sujet, ce guide d'initiation, conçu dans une optique pédagogique, est idéal pour rentrer dans le monde de la robotique et démarrer de petits projets(2). Passionnés participant aux concours de robotique mobile, amateurs intéressés… ce livre peut constituer un tremplin pour réaliser un jour le robot de vos rêves. Les enseignants y trouveront un support pratique pour aborder la robotique - et les multiples technologies qu'elle met en œuvre - de manière ludique.
Après une présentation générale de la constitution des robots (châssis, moteur, motorisation), l'auteur guide pas à pas le lecteur dans la construction de robots de complexité croissante en fonction du capteur étudié ou du comportement recherché (taupe, souris, papillon de nuit). Il l'incite à travailler son imagination pour améliorer chaque robot conçu, grâce à des conseils et des exercices. Cette nouvelle édition s'enrichit, afin que les lecteurs ayant déjà fait le tour de l'édition précédente puissent évoluer. Ainsi, est introduit en fin d'ouvrage un peu de programmation, avec un chapitre expliquant l'apport du composant programmable, le microcontrôleur PIC16F84 (un classique du genre)(3). Suivent ensuite deux chapitres qui en proposent deux applications (robot chat, robot chauve-souris), reprenant des chapitres qui existaient déjà à l'origine, mais entièrement en analogique.

(1) http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2000/dec/f_giamarchi.html
(2) Le livre n'est cependant pas destiné au "grand débutant", à qui nous conseillons de lire préalablement l'ouvrage Je construis mon premier robot mobile, du même auteur (voir notre recension).
(3) Si ici sont fournis les listings des programmes, n'est pas abordé le fonctionnement du micrcontrôleur, ni la façon de le programmer. L'auteur renvoit donc ici le lecteur à des ouvrages cités en bibliographie.

En savoir plus :
Site de Frédéric Giamarchi : http://www.geii.iut-nimes.fr/fg/
Voir l'ensemble de nos chroniques sur les ouvrages de Frédéric Giamarchi :
http://www.automatesintelligents.com/biblionet/archivesauteurs.html#g


Le monde de l'Intelligence, numéro 2
CJ 12/01/06

Le Monde de l'Intelligence - numéro 2Signalons à nos lecteurs la parution, ce jour en kiosque, du numéro 2 de la revue Le monde de l'intelligence. Nous avions déjà dit tout le bien que nous pensions de celle-ci lors d'une précédente chronique. Destinée à tout public, cette publication bimestrielle aborde le thème de l'intelligence à travers les différents domaines que sont les neurosciences, l'Intelligence artificielle, la psychologie...
A noter plus particulièrement dans le sommaire de ce numéro un dossier de 14 pages sur la robotique humanoïde, réalisé par Cyril Fiévet.

En savoir plus :
Communiqué de presse de Mondeo publishing : http://mondeo.fr/presse/


Vers l'avènement du robot vraiment intelligent
CJ 10/01/06

David Bell remporte le Prix annuel 2005 de la société britannique pour le progrès de l'intelligence des machinesLe cinquième Prix annuel de la Société britannique pour le progrès de l'intelligence des machines a été remporté par le professeur David Bell et son équipe(1) (Ecole d'informatique de l'université de Queens à Belfast), avec la conception du système IFOMIND, programme capable de donner une véritable intelligence à un robot mobile.
Intégré sur un robot KHEPERA(1), ce système conçu pour raisonner devant des situations changeantes et s'adapter constitue une véritable première. L'avance réalisée réside en effet dans cette nouvelle façon qu'à IFOMIND de combiner l'apprentissage et le raisonnement pour décider de la meilleure façon d'interagir avec les objets qu'ils rencontre.
Au départ, IFOMIND réagit de manière instinctive, un peu comme le ferait un animal : lorsqu'il rencontre pour la première fois un objet inconnu, il est un peu craintif. Mais son "instinct de curiosité" l'incite à tenter de réagir de manière différente pour s'assurer du bien fondé ou non fondé de sa peur. Pour cela, plutôt que d'approcher "bille en tête", le robot observe l'objet à distance et prend note de la façon dont ce dernier se comporte et réagit à ses différentes approches. Fort de ces informations, il est ensuite capable de décider de la meilleure approche à adopter ou simplement décide d'abandonner. En quelque sorte, le robot a tiré leçon de sa patience et de son expérience, qui peut ensuite être mise à profit lorsqu'il qu'il rencontrera d'autres objets.

 

IFMOMIND sur robot Khepera
Au lieu d'approcher "bille en tête", le robot observe tout d'abord l'objet à distance
et prend note de son comportement, pour ensuite décider de la meilleure approche à adopter.

Ces travaux, qui n'en sont qu'à leur début, laissent augurer des applications potentielles dans un large éventail de secteurs : équipements ménagers, automobiles et objets roulant, systèmes de contrôle de production à grande échelle, systèmes logiciels adaptatifs complexes...

(1) Ces travaux incluent aussi le Dr QingXiang Wuet et Marcel Ono, avec l'aide de Tony Savage de l'Ecole de Psychologie. Le projet a été partiellement financé par le Invest Northern Ireland.
(2) Robot commercialisé par la société suisse K-Team

En savoir plus :
Communiqué de presse de l'université de Queens : http://www.qub.ac.uk/home/TheUniversity/GeneralServices/News/PressReleases/#d.en.23022
Présentation de David Bell : http://www.cs.qub.ac.uk/~D.Bell/dbell.html ; voir aussi http://www.cs.qub.ac.uk/~D.Bell/BusinessCard/Teaching


L'"infame" (infamous) ex-professeur Woo Suk Hwang
JPB 31/12/05

Il semble désormais bien établi que le célèbre ex-professeur sud-coréen a sciemment falsifié les résultats annoncés à grand fracas en mai dans la revue Science, selon lesquels il avait créé 11 lignes de cellules souches embryonnaires humaines clonées. Rappelons que le grand intérêt supposé de cette opération était que pour la première fois étaient obtenues à partir d'un ovocyte (oeuf) de donneuse, énuclé, un embryon cloné disposant du capital génétique d'un patient souffrant d'une maladie héréditaire. L'ADN ainsi introduit pouvait être manipulé auparavant pour produire des gènes manquants ou supprimer des gènes nuisibles. Les lignées de cellules souches obtenues à partir de cet embryon, très rapidement détruit, devraient alors être compatibles avec le malade et produire chez lui, après multiplication et greffe, des effets thérapeuiques. Nous avions dès le début, comme beaucoup d'autres, signalé le très grand intérêt de cette expérience, qui ouvrait la voie à un clonage thérapeuthique attendu par une grande partie de la communauté scientifique

Ne revenons pas sur l'enquête de l'Université de Séoul dont la presse a informé le monde entier. Constatons seulement que de l'avis d'éminents biologistes, cette fraude ne remet pas en cause l'intérêt des recherches sur les cellules souches embryonnaires. Mais à qui imputer la fraude, en dehors de Woo Suk Hwang et, sans doute, de ses proches collaborateurs? Sûrement au climat de nationalisme scientifique qui anime la Corée du Sud. Il s'agit d'un pays jeune n'ayant pas la tradition de prudence des vieilles nations scientifiques. On se souviendra du génial Popof qui, selon la propagande soviétique, avait tout découvert avant tout le monde. Mais on a vu, même aux Etats-Unis récemment, que des falsifications de résultats de grande ampleur pouvaient s'immiscer dans les procédures pourtant strictes de contrôle.

Pour notre part, nous pensons que si la recherche sur les cellules souches embryonnaires et sur le clonage humain thérapeutique ne se heurtait pas aux interdits, relayés par les Etats, des religions traditionnelles, Eglise catholique ne tête, beaucoup plus de gens pourraient s'y adonner, et les contrôles croisés de résultats s'imposeraient d'eux-mêmes. Ni le nationalisme ni les Ecritures ne font de bonne science.

PS au 14/01/05: Signalons que sur France Inter ce matin le professeur Bernard Debré a confirmé son soutien total au clonage thérapeutique et son regret de voir que la législation française en ce domaine fait prendre de grands retards à la recherche nationale. Bernard Debré a récemment écrit La revanche du Serpent ou la fin de l'Homo Sapiens, nov. 2005.


Engins de création - L'avènement des nanotechnologies
CJ 26/12/05

Engins de créationLa maison d'éditions Vuibert (qui décidément édite beaucoup de bons livres(1)) vient de faire paraître la traduction française de l'ouvrage visionnaire d'Eric Drexler, Engines of Creation publié en américain en 1986, réédité au cours des années, mais qui n'était jamais encore sorti en français.
Si vingt années se sont écoulées depuis la première parution, le propos de cet ouvrage n'a cessé d'être confirmé par les avancées de la science et de nourrir débats de société, polémiques entre chercheurs et imagination des auteurs et scénaristes de science-fiction. Il faut dire que, dès le chapitre 2, Drexler entre dans la science-fiction, s'appuyant sur divers courants et tendance de la science contemporaine, sélectionnant ses modèles dans le domaine de la biologie moléculaire, de l'intelligence artificielle, empruntant même à la vision évolutionniste des idées avec le concept de mèmes(2), n'hésitant pas à "naturaliser" les nanotechnologies présentées comme une évolution inévitable. Ainsi se met en place des références, qui dès leur berceau, situent les nanotechnologies dans un système de technoscience où la manipulation des atomes et des gènes converge avec une interprétation biologique des faits sociaux et la fabrication des robots ou cyborgs.

Livre ambitieux et inventif, techniquement irréprochable (mais qui a fait couler beaucoup d'encre, et suscité querelles d'écoles entre scientifiques, polémiques politiques et débats publics citoyens - ce n'est pas par hasard que l'on parle aujourd'hui d'enjeux éthiques des nanotechnologies), il constitue le texte fondateur des nanotechnologies, inspiration certaine du programme américain dit "NBIC" de convergence entre les nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information et sciences de la cognition, que formuleront plus tard Mihail Roco et William Bainbridge(3).

Cet ouvrage est non seulement un récit fascinant de futurs possibles mais aussi un monument historique qui marquera les origines d'une nouvelle technologie et le pionnier d'un nouveau régime de savoir où les sciences et les techniques ne peuvent plus évoluer à l'écart de la société mais se trouvent plongées dans les remous de l'espace public. En tous cas, qu'il s'agisse des Etas-Unis, du Japon, de l'Europe, de la Chine ou de la Corée... la course est désormais bien engagée pour être aux avant-postes de l'ère nouvelle annoncée par Drexler.

A lire absolument (si ce n'est déjà fait).

(1) A ce sujet, il est incroyable de voir qu'un certain nombre de libraires prétendant faire bien leur métiers boudent les éditions Vuibert, les considérant comme vieillottes, ou ne les connaissant simplement que comme référence "des Annales du bac", alors que cette maison d'édition, soucieuse de médiation scientifique, ne cesse de publier en cette matière des ouvrages de grande qualité (voir par exemple dans leur catalogue, les ouvrages d'astronomie, de biologie, de géologie ou d'environnement, d'histoire des sciences, d'informatique, robotique et intelligence artificielle , de mathématiques, physique...).
Profitons-en d'ailleurs pour vous signaler la parution le 15 janvier 2006, chez ce même éditeur dans la collection Automates Intelligents, du livre de Gilbert Chauvet "Comprendre l'évolution du vivant et son évolution vers la conscience", ouvrage qui devrait faire l'effet d'une bombe dans le monde de la biologie et de la physiologies intégratives.
(2) A propos de mémétique, citons l'excellent livre de Pascal Jouxtel "Comment les systèmes pondent", paru récemment aux Edtions Le Pommier
(3) M.C Roco, W. Bainbridge eds : "Converging Technologies for Improving Human Performances", NSF report, juin 2002 ; et aussi M.C Roco, C. Montemagno eds, "The co-evolution of human potential and converging technologies, Annals of the New York Academy of Science, vol 1013, 2004

Pour en savoir plus
Engins de création : http://www.vuibert.com/livre2134.html
Notre article du 28 juillet 2002 Engines of Creation, un regard prémonitoire : http://www.automatesintelligents.com/echanges/2002/aou/drexler.html
Notre article du 1er avril 2003 Centre pour des nanotechnologies responsables : http://www.automatesintelligents.com/visites/2003/avr/crn.html


Congrès Physique et conscience
CJ 26/12/05

Logo : Physique et conscienceLes différentes interventions des conférenciers(1) du Congrès international "Physique et Conscience", organisé à Paris le 9 et 10 décembre derniers par l'Académie européenne interdisciplinaire des sciences sont aujourd'hui disponibles sur le web.

Extrait de la présentation du congrès : "Les réflexions sur la pensée scientifique ont suscité des recherches approfondies sur le fonctionnement cérébral, mais il aura fallu attendre le milieu du XXe siècle pour que commence à tomber le tabou sur l'étude scientifique des activités mentales de la conscience. (...) Les progrès de l'imagerie et le développement de nouveaux modèles en neurologie et en science cognitives font que, d'année en année, l'horizon des savoirs s'élargit et que le paysage des neurosciences cognitive se modifie. Une nouvelle mise à jour des connaissances s'impose."

(1) Florin Amzical (Université Laval, Québec), Daniel Andler (ENS), Gilbert Belaubre (Président de l'AIES), Alain Berthoz (Collège de France), Michel Bitbol (CREA, Ecole Polytechnique), Pierre Buser (Professeur de médecine, membre de l'Institut), Michel Cabanac (Université Labal, Québec), Alain Cardon (Université du Havre, LIP 6 Paris VI), Gilles Cohen -Tannoudji (AEIS, CEA), Claude Debru (ENS), Stanislas Dehaene (CEA, Collège de France), Pierre-Gilles de Gennes (Institut Curie), Jean-Blaise Grize (Université de Neuchatel, Suisse), David Hansel (Faculté de médecine Paris V), Denis le Bihan (CEA, Hôpital Frédéric Joliot), Pierre Marchais (chef de service psychiatrie), Jean Petitot (CREA, Ecole Polytechnique), Alain Prochiantz (ENS)

Pour en savoir plus
http://webcast.in2p3.fr/physiqueetconscience


Le nouveau satellite Météosat MSG-2
JPB 22/12/05

Deux satellites ont été placés sur orbite par une fusée Ariane 5 standard le 21 décembre: le satellite Insat 4A, pour le compte de l'agence spatiale indienne ISRO et le satellite météorologique MSG-2 (Meteosat Second Generation), pour Eumetsat, l'organisation européenne de météorologie en orbite. Le lancement double a été qualifié de parfait par le directeur général d'Arianespace. Rappelons que le lanceur européen est le seul à ce jour capable de lancer deux satellites à la fois. Le prochain lancement d'Ariane 5, dans sa version dix tonnes, est prévu le 21 février depuis Kourou.

Le satellite indien, le plus lourd jamais lancé par ce pays, est destiné à renforcer les réseaux de télédiffusion et de télécommunications, en matière notamment de services rendus aux citoyens. .

Dr Lars Prahm, directeur général d'EutmetsatLe Météosat MSG-2 a été construit sous la maîtrise d'œuvre d' Alcatel Alenia Space. Il fournira pendant plusieurs années des données météorologiques concernant l'Europe, l'Afrique, et une partie de l'océan Atlantique. Après MSG-1 lancé en 2002, MSG-2 deviendra opérationnel en juin 2006 sous le nom de Météosat-9. avec des performances accrues grâce à de nouveaux instruments. Le programme MSG comprendra quatre satellites, pour un coût total d'environ 2 milliards d'euros. Ces satellites assureront la fourniture de données relatives à la météorologie, à la surveillance du climat et de l'environnement, jusqu'en 2018. (Photo: le Dr Lars Prahm, directeur général d'Eutmetsat)

Pour en savoir plus
Le système MSG http://www.eumetsat.int/msg2/spacecraft.htm


L'ID en échec à Harrisburg
JPB 22/12/05

Est-ce un événement? La chose paraît tellement loin des préoccupations des Français s'intéressant à la science qu'elle ne mériterait pas d'être évoquée, si l'affaire n'avait pas été à ce point médiatisée. Le juge fédéral John Jones du tribunal de Harrisburg, Pennsylvanie, a déclaré le 20 décembre qu'il était "inconstitutionnel, au nom de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, d'enseigner le dessein intelligent comme une alternative à l'évolution dans une classe de sciences d'une école publique". Il a fallu 6 semaines de procès avec experts et contre-experts pour arriver à cette décision de bon sens. Mais il s'agissait d'un conflit idéologique de grande ampleur opposant les scientifiques aux chrétiens conservateurs eux-mêmes soutenus par le Président G.W.Bush. Bien que lui-même chrétien conservateur, le juge Jones a qualifié d'ineptie stupéfiante la décision du lycée de Dover, mettant sur le même pied l'ID et le darwinisme. L'affaire en restera-t-elle là. On peut craindre de nouvelles offensives des "défenseurs des valeurs chrétiennes" curieusement alliés via de nombreux intérêts disposant de beaucoup d'argent, avec des fondamentalistes islamiques. L'administration fédérale, si anxieuse de lutter contre le terrorisme, ferait bien d'y regarder d'un peu plus près avant de prendre fait et cause pour eux. En France, le Parlement veut dicter aux historiens le contenu de ce qu'ils doivent enseigner. Aux Etats-Unis, la justice défend la science face aux intrusions de la politique.

Un blog sur la Singularité
JPB 21/12/05

Signalons aussi un blog récent qui présente différents événements ou projets intéressant l'avènement de la Singularité. C'est Accelerating Future, http://www.acceleratingfuture.com/michael/blog/ dont l'auteur est un certain Michael Anissimov, membre actif du Singularity Institute http://www.singinst.org/, sur la liste de diffusion duquel (The Singularity Review) notre revue est inscrite. Tout ce petit monde exploite avec beaucoup de compétence et d'imagination les idées de Ray Kurzweil sur la Singularité, dont nous vous avons beaucoup parlé. Je recommande de lire ou parcourir leurs productions. J'appellerais cela l'Amérique telle qu'on l'aime, à opposer aux sinistres palinodies des néocons.

Un site pour expliquer la "systémique"
JPB 21/12/05

On sait que la systémique, ou science des systèmes, est généralement considérée comme obscure sinon peu scientifique. Le concept de système lui-même est susceptible de multiples emplois. Ce n'est pas une raison pour refuser d'y réfléchir. Le site Teri VAU http://www.terivau.org en propose une approche qui se veut à la fois ludique et savante. Il est en cours de construction, mais mérite la visite. C'est l'oeuvre d'une jeune ingénieure-système de 24 ans, Catherine Garaudel. Certes, certains regretteront l'abus d'images animées inutiles et l'appel à de trop nombreux documents en .pdf. Mais ce travail parvient à montrer que la pensée systémique est bien préférable, au moins dans la vie pratique, à ce que l'on appelle la pensée linéaire. Exemple simple trouvé sur le site: "Trois oiseaux sont sur une branche. Un chasseur pointe son fusil, tire et tue l’un des oiseaux. Question : combien d’oiseaux reste–il sur la branche ? Réponse: aucun, les deux survivants se sont envolés.".

Le problème de fond demeure. Que peut être le statut épistémologique du concept de système? Les systèmes sont-ils des réalités du monde, extérieures à l'homme ou ne s'agit-il que de créations de l'esprit humain, analogues aux images que construit notre cerveau en recevant les photons recueillis par nos yeux?


Des écrans spatiaux en forme de toiles d'araignées
JPB 20/12/05

L'Agence spatiale japonaise (Japanese Aerospace Exploration Agency) projette de lancer le 18 janvier 2006 un satellite nommé Furoshiki (le nom d'un châle utilisé par les beautés locales) qui inaugurera une série d'essais destinés à tester la possibilité de construire en orbite des écrans spatiaux de très grandes dimensions destinés à capter les rayons du soleil. Les premiers panneaux, légers et ressemblant à des toiles d'araignées, seront tissés par deux robots arpenteurs (crawlers) nommés RobySpace Junior 1 and 2. Ceux-ci opéreront entre trois points, le satellite principal et deux satellites annexes. disposés en triangle et convenablement écartés.

Les robots arpenteurs ont été conçus par le Professeur Kopacek de l'Université de Technologie de Vienne avec le soutien de l'Advanced Concepts Team de l'ESA.

L'objectif à terme, après divers essais sur lesquels nous ne nous étendons pas ici, devrait être de déployer dans l'espace de très vastes structures ultra-légères, capables de recueillir et concentrer vers la Terre l'énergie solaire. Ils pourront aussi servir d'antennes pour des observatoires en orbite. On sait que dans le domaine des structures spatiales légères de grandes dimensions, les projets d'applications ne manquent pas. Pour obtenir 1 milliard de Watts d'énergie solaire, il faudrait déployer un panneau d'environ 1 km2.

Pour en savoir plus
Article de l'ESA http://www.esa.int/gsp/ACT/power/solar_power_satellites_furoshiki.htm


Un futur programme "Epigénome humain"

Après le programme Génome Humain, va-t-on voir se mettre en place un programme complémentaire qui s'appellerait "Epigénome humain". Un certain nombre de généticiens américains, s'intéressant particulièrement aux causes pouvant induire l'apparition de tumeurs cancéreuses, considèrent que les mutations altérant le capital génétique ne sont pas seules à prendre en considération. Pour Stephen Baylin, cancérologue à la Johns Hopkins University de Baltimore, Maryland, les changements "épigénétiques" sont aussi importants que les mutations de fragments de l'ADN pour initialiser un processus cancéreux. Ils résultent d'un processus appelé méthylation au cours duquel une petite molécule s'attache à l'ADN sans changer la séquence génétique mais avec la possibilité de bloquer l'expression d'un gène. On définit en effet la méthylation comme une modification de l'ADN qui modifie l'expression des gènes et qui est impliquée dans la différenciation cellulaire. Elle est étudiée depuis quelques années, mais l'idée de l'Human Epigenome Project serait d'en observer systématiquement les effets. Les changements épigénétiques peuvent en effet avoir une influence non seulement sur la production de cancers mais sur de nombreuses autres maladies, y compris dans le domaine des désordres neurologiques. Les cellules souches feraient également appel aux processus épigénétiques qui leur permettent d'activer ou d'inhiber leurs gènes lorsqu'elles se spécialisent.

Chaque type de cellule humaine est dotée d'un "appareillage" épigénétique. L'identifier permettra de mieux cibler les médicaments susceptibles d'interventions spécifiques. Ainsi pourraient être mises en lumière des parties de ce que l'on appelle le côté obscur (the dark side) du génome. Plusieurs recherches se sont développées ces dernières années pour explorer le volet épigénétique de chromosomes isolées. L' Human Epigenome Project aurait pour but de rassembler ces recherches et de les coordonner. Encore faudrait-il que le programme soit budgété. Les US National Institutes of Health ont décidé de financer la réalisation d'un Atlas du Cancer (The Cancer Genome Atlas) qui devrait comporter un volet épigénétique, mais cela ne sera pas suffisant, disent les promoteurs du programme Epigénome Humain

Pour en savoir plus
Sur la méthylation, voir http://www3.sympatico.ca/diane.demers/methadn/
La DNA Methylation Society http://www.dnamethsoc.com/
Article News Nature http://www.nature.com/news/2005/051212/pf/051212-13_pf.html


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