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La Revue mensuelle n° 69
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ÉS


L'Europe spatiale en assistance respiratoire
JPB 15/12/05 (brève initialement écrite le 06/12/05)

Réunis les 5 et 6 décembre à Berlin, les ministres représentant les 17 pays membres de l'Agence spatiale européenne, dont le Canada (ESA) sont parvenus à un accord qualifié par eux d'«historique» sur l'avenir de l'Agence de 2006 à 2010. Cet accord est également considéré par les observateurs comme un début de prise en compte par l'ensemble des pays européens de l'importance stratégique de l'espace.

Nous ne serons pas pour notre part aussi optimistes (voir notre article dans ce numéro). Beaucoup reste à faire, non seulement sur le plan budgétaire mais sur le plan des esprits, pour que les Européens comprennent que sans une politique affirmée de souveraineté spatiale, ils ne pèseront guère dans les décennies prochaines face aux Etats-Unis, plus que jamais décidés à affirmer leur domination globale. Face également à la Chine et à l'Inde, nouveaux entrants eux aussi décidés à faire de l'espace un domaine essentiel de souveraineté.

NB : Notons que la réunion ne concernait pas les questions du spatial européen de la défense, pourtant indissociable désormais de l'espace à finalité civile.


Le cerveau dans une assiette
JPB/CJ 13/12/05

Thomas DeMarse  et son "Brain-in-a-dish", boîte de Pétri contenant quelque 25000 neurones de rat vivants  © Ray Carson Brain-in-a-dish, le cerveau dans une assiette... Ainsi a été nommé le "cerveau" mixte réalisé par Thomas DeMarse, 39 ans, professeur assistant au département d'ingénierie biomédicale à l'Université de Floride et directeur du laboratoire de robotique et de comuputation neurales (Neural Robotics and Neural Computation Laboratory). Un grand nombre d'articles ont été écrits ces jours-ci sur cet exploit, car le scientifique, avec un sens aigu de la communication, a réussi à faire piloter un simulateur de vol d'un avion de chasse (F-22 ) par ledit cerveau.

Le dispositf comprend quelque 25.000 neurones vivants prélevés dans un cerveau de rat et cultivés dans une boîte de Pétri, laquelle contient aussi une grille de 60 microélectrodes reliées à un micro-ordinateur. Les neurones placés en désordre dans la boîte ont rapidement appris à se reconnaître eux-mêmes et à s'interconnecter, formant un réseau neuronal vivant, ceci jusqu'à devenir une unité logique de calcul. Les électrodes permettent d'adresser des informations venant de l'extérieur à ce système de neurones formels et de recevoir les informations provenant de son activité, le tout en relation avec les programmes de l'ordinateur.

Lorsque le simulateur de vol(1) a été connecté via ce dispositif au réseau de neurones, il a envoyé des informations sur les conditions de vol de l'avion, lesquelles, soumises à un humain dans les conditions d'emploi normales du simulateur, appellent de sa part des mesures de correction en cas de modifications anormales des paramètres du vol horizontal. Or, selon Thomas DeMarse, le cerveau de rat a progressivement appris à contrôler le vol comme l'aurait fait un humain, en analysant les données reçues et en corrigeant les ordres de vol dans un processus en feed-back constamment amélioré.

Pour les scientifiques, le contrôle de l'avion n'est évidemment pas assuré par un seul neurone, mais par l'ensemble. Il s'agit d'une "propriété émergente" de milliers de neurones connectés à un "corps" extérieur composé de l'ordinateur et du simulateur. On peut penser que les milliards de neurones du cerveau d'un animal vivant ont pu au cours de l'évolution de chaque espèce faire émerger les capacités de calcul permettant à cette espèce de contrôler son comportement dans son environnement. Des câblages ont été sélectionnés et transmis par l'hérédité. D'autres complètent les précédents au cours de l'apprentissage du jeune.

Ajoutons ici qu'il s'agit dans cette expérience de reconstituer des contrôles moteurs simples réalisés par un tissu nerveux lui-même extrêmement simplifié. Tout laisse à penser que sur un tel modèle, les "représentations" qui dans les organisations corticales à plusieurs étages sont générées, "émergent" elles-aussi, en accompagnement de l'activité des neurones sensori-moteurs n'ont pas pu se former dans le cerveau de rat étudié. Mais est-ce bien certain? Certains "neurones-miroirs" ne seraient-ils pas apparu, observant l'activité des autres? Il faudra certainement, dans des expériences futures, étudier de telles possibilités, avec la formation de structures hiérarchiques.

On voit en tous cas l'intérêt de ces expérimentations, qui ne demandent pas des moyens budgétaires énormes. Le laboratoire de Thomas DeMarse a reçu un contrat de 500.000 dollars de la NSF, ce qui serait à la portée du CNRS, si l'on s'intéressait en France à de telles questions fondamentales. On devine les multiples suites possibles qui vont être données à l'expérience relatée.

(1) L'avion virtuel est équipé d'une caméra à bord qui fournit des informations visuelles par l'intermédiaire de stimulation dans le réseau neurologique, alimentant dans celui-ci des informations sur l'horizon créé par le simulateur. Les neurones analysent et traitent les données, envoyant alors des signaux aux gouvernes de l'avion. Le défi est ici de déterminer un algorithme qui traduisent constamment ces signaux de manière à assurer un vol stable.

Pour en savoir plus
Page de Thomas DeMarse : http://www.bme.ufl.edu/people/detailperson.php?PEOPLE_id=2
Article de Virtual Medical Worlds http://www.hoise.com/vmw/04/articles/vmw/LV-VM-11-04-29.html


Transplantation de la face à Lyon. L'éthique a bon dos
JPB 12/12/05

Beaucoup de gens n'ont pas de sympathie particulière pour le Pr Dubernard, dont les ambitions politiques avortées dans sa bonne ville de Lyon avaient paru curieuses. Mais on ne peut qu'être de son côté et du côté de son équipe quand on entend les arguments plus minables les uns que les autres de ses contradicteurs. L'équipe a réalisé un exploit qui a montré au monde entier la bonne qualité de la chirurgie et de la médecine française - que le monde nous envie, je dis cela sans rire. Espérons que les suites de l'opération seront à l'unisson, mais, même en cas d'échec toujours possible, la réussite est d'ores et déjà indéniable.

Les plus jaloux et les plus malveillants sont les chirurgiens américains. Dans un article du NY. Times (http://www.nytimes.com/2005/12/06/international/europe/06facex.html?pagewanted=print), ils vont jusqu'à accuser les Français d'avoir gravement manqué à l'éthique. Quelle éthique, et qui est en droit d'en fixer les règles? La lecture de cet article persuade vraiment que les chirurgiens de Lyon se sont comportés en escrocs. Rien d'étonnant de la part de Français, sous-tend le journaliste.

Malheureusement, on voit partout en sciences se généraliser ce pouvoir occulte et irresponsable qui émane des donneurs de leçons en éthique. Tantôt l'éthique sert de prétexte à attaquer des confrères que l'on jalouse, comme dans le cas précité. Tantôt et c'est plus grave, elle permet une réintroduction des idéologies religieuses s'érigeant en juge de ce que la science doit faire ou ne pas faire. Le mal est dorénavant au coeur même de l'Union européenne, avec les récentes nominations de personnalités religieuses au Groupe européen d'éthique. C'est le président Barroso qui en effet vient de désigner cinq activistes de la droite catholique, très proches du Vatican et sans compétences scientifiques. L'ancien commissaire à la recherche Philippe Busquin, homme modéré et honnête s'il en fut, s'en est inquiété, déplorant particulièrement l'arrivée d'un certain Carlo Cassini, président du mouvement pro-life Italie et membre de l'académie pontificale pour la vie. Ce n'est donc pas sur ce nouveau Groupe européen d'éthique qu'il faudra compter pour encourager la recherche sur les cellules souches embryonnaires, pourtant essentielle au plan thérapeutique.

On espère que le futur European Research Center n'ira pas chercher ses recommandations de recherche au Vatican ou près de ce Groupe européen d'éthique - non plus qu'à La Mecque, évidemment. 12/12/05

Groupe européen d'Éthique des Sciences et des Nouvelles Technologies http://europa.eu.int/comm/european_group_ethics/index_fr.htm


Exploration spatiale télérobotique
JPB 11/12/05

On connaît mal en France le Centennial Challenge, concours organisé par la Nasa depuis le début de la décennie, destiné à encourager les recherches non conformistes sur de nombreux thèmes intéressant l'exploration spatiale sous ses diverses formes. Ce concours est doté de prix atteignant chaque année plusieurs dizaines de millions et est ouvert à tous, notamment aux petites entreprises et laboratoires innovants. On ne peut que regretter l'absence d'une telle formule en Europe, sous la responsabilité de l'Agence spatiale européenne. On imagine l'effet d'entraînement qu'elle pourrait avoir sur un certain nombre de chercheurs prêts à créer des start-up afin d'exploiter des idées en rupture avec le consensus académique ambiant, et qui ne trouvent pas, outre une écoute sympathique, les quelques centaines de milliers d'euros leur permettant de commencer à décoller.

Aujourd'hui, la Nasa offre deux prix de 250.000 dollars pour encourager l'utilisation des robots dans l'exploration planétaire et la construction automatique. Selon la revue NewScientistSpace, le premier, intitulé Telerobotic Construction Challenge, cherche à promouvoir des robots semi-autonomes pouvant construire des structures compliquées avec un minimum d'assistance humaine. Ceci signifie que les robots devront pouvoir rassembler des pièces mécaniques dispersées sur une aire de démonstration en utilisant leurs seuls capteurs sensoriels. Ils seront cependant pilotés par des opérateurs humains distants, mais ceux-ci ne verront les objets qu'à travers les capteurs du robot. De plus les ordres qu'ils enverront subiront un retard de transmission analogue à celui imposé par la communication avec un astre distant. Les spécialistes de la Nasa estiment que si de tels robots peuvent assembler efficacement des structures complexes, la construction des futures stations lunaires en sera considérablement facilitée.

Le second concours vise à obtenir un engin aérien sans équipage (drone) capable d'explorer des terrains inconnus en ne se guidant que sur des repères visuels. L'engin devra aussi pouvoir mettre en oeuvre un dispositif capable de prélever des échantillons du sol. Ce second type de robot est destiné à opérer sur des astres disposant d'une atmosphère, telle que celle dont est doté Titan, un satellite de Saturne.

Les travaux devraient commencer en 2007 et durer environ deux ans. La première sera administrée par la Spaceward Foundation de Mountain View (Californie), la seconde par le California Space Education and Workforce Institute de Santa Monica.

Ceci montre que tant la Nasa pour l'exploration spatiale que la Darpa concernant les systèmes militaires, comptent de plus en plus sur les possibilités des robots pour accomplir des tâches que des hommes seront longtemps incapables de faire, même en tenant compte de l'évolution technologique. On ne peut que regretter par comparaison l'état de jachère où est laissée la robotique, en France mais aussi (dans une moindre mesure) en Europe.

Notons cependant que les défis n'aboutissent pas toujours, du moins immédiatement. C'est ce qui est arrivé à un prototype destiné à tester le principe de l'ascenseur spatial, qui n'a pas vraiment réussi à décoller. Mais les promoteurs ne comptent pas abandonner.

Pour en savoir plus
Le Centennial Challenge http://exploration.nasa.gov/centennialchallenge/cc_index.html
Sur l'ascenseur spatial, voir l'article de NewScientistSpace http://www.newscientistspace.com/article/dn8203


Nouvelles avancée dans le domaine de l'information quantique
CJ 07/12/05

Résulltatts expérimentaux en terme de spectre du carbone 13  (qubit)et leur intensité intégréeLes chercheurs canadiens de l'Institut de Calcul Quantique (ICQ) de l'Université de Waterloo viennent de réaliser des avancées majeures en matière d'informations quantiques qui pourraient bientôt révolutionner le monde de l'informatique : c'est ce que montre l'étude dirigée par Raymond Laflamme, directeur de l'ICQ, publiée récemment dans la revue Nature(1)..
Si Raymond Laflamme a déjà prouvé qu'il est possible d'élaborer des ordinateurs quantiques, il est maintenant essentiel de mieux connaître les sources de bruit dans les dispositifs quantiques et de trouver la meilleure façon de contrôler les erreurs. En utilisant la résonance magnétique nucléaire, l'équipe de scientifiques a ainsi cherché à expliquer comment le calcul quantique utilise les lois qui gouvernent les atomes et les molécules, résultats qui permettraient de rendre le traitement de l'information quantique encore plus performant que nos ordinateurs actuels.
Les chercheurs ont ainsi découvert qu'un élément clé de cette étude était d'initialiser des porteurs d'information quantique (qubits) tout en maîtrisant leur température. Pour cela, ils ont appliqué une nouvelle technique de refroidissement algorithmique, appelée "Heat-Bath Algorithmic Cooling", qui permet de générer des spins hautement polarisés et pourrait donc améliorer la force du signal en spectroscopie de la résonance magnétique nucléaire. La méthode combine des transformations réversibles et irréversibles avec l'environnement, en utilisant des techniques simples de calculs quantiques pour améliorer de façon considérable la polarisation des spins, bien au-delà des résultats précédemment obtenus avec la théorie de l'information de Shannon.

Pour en savoir plus :
Nature 438 du 24 novembre 2005, pages 470 à 473 : Experimental implementation of heat-bath algorithmic cooling using solid-state nuclear magnetic resonance, par J Baugh, O. Moussa, C. A.
Ryan, A. Naya et R. Laflamme [lire l'abstract]
Institute for quantum computing : http://www.iqc.ca
Page web de Raymond Laflamme : http://www.iqc.ca/people/rlaflamme/
Voir aussi notre article du 29 janvier 2005 : Pour un grand programme européen, l'ordinateur quantique


Une forme de dialecte chez les singes, en fonction de l'habitat...
CJ 07/12/05,


Femelle macaque du Mont OhiraLes singes d'une même espèce développeraient une forme de communication différente selon leur environnement : voici la conclusion d'une étude menée par l'équipe du professeur Nobuo Masataka (Primat Research Institute, Université de Kyoto) qui vient de paraître dans la revue Ethology(1). Les travaux rapportent que l'équipe de scientifiques a étudié pendant 10 ans deux populations distinctes de macaques japonais (Macaca fuscata yakui) : le premier groupe comprenant 23 femelles habitant l'ile de Yakushima, et le second composé 30 femelles de la même espèce - car descendant directement des femelles du premier groupe - et transférés en 1956 de l'île de Yakushima jusqu'au Mont Ohira (préfecture d'Aïchi).

Les chercheurs ont constaté que les macaques du Mont Ohira avaient changé la fréquence de leurs appels de reconnaissance, suggérant une adaptation de leur système de communication à leur habitat. En effet, la densité de la forêt de l'île de Yakushima est telle qu'elle impose aux macaques des cris de fréquence plus élevée pour se faire entendre (de l'ordre de 780 Hz). Pour leur part, les bois du Mt Ohira, plus clairsemés, permettent la propagation de fréquences plus graves (environ 670 Hz).
Alors qu'on n'observe au départ aucune différence de fréquence entre les jeunes macaques des deux groupes, le contraste apparaît vers l'âge de 10 mois, ce qui correspond à la fin de l'apprentissage du langage chez cette espèce(2).


Ainsi, pour Nobuo Masataka, l'étude suggère donc que cette différence ne serait pas causée par les gènes, "chaque groupe a adopté son propre "accent", dépendant de l'environnement où il vit, ajoutant que ces résultats peuvent apporter une meilleures compréhension des origines du langage chez l'homme.

(1) Revue scientifique allemande - Edition du 5 décembre 2005
(2)
Age de 3 ans chez les humains.


EADS Space supprime 700 emplois
JPB 05/12/05

C'est ce qu'annonce François Auque, le président de cette filiale lanceurs et infrastructures au sol de EADS. La réduction d'emplois, sur les 4.500 que compte l'entreprise, sera échelonnée sur 3 ans. La responsabilité en tient au fait que les programmes Ariane 5, ATV (véhicule de transport) et M 51 (missile balistique) arrivent en fin de développement, et que rien n'est programmé par l'Europe spatiale pour leur donner suite. Français Auque avait annoncé, dans le colloque récemment consacré à l'espace au Sénat http://www.automatesintelligents.com/manif/2005/crespaceprogramme.html, que ce processus de décroissance surviendrait inévitablement, faute d'une relance de la recherche développement destinée à préparer les futures générations d'engins. Les réductions d'emplois affectent particulièrement les ingénieurs des bureaux d'étude. Tout cela laissera le champ libre aux Etats-Unis et à la Chine.


Actualités d'Ariane 5 ECA
JPB 03/12/05

Après le succès du lancement d'Ariane 5 ECA le 16 novembre, l'Europe de l'espace, et plus particulièrement Arianespace, peuvent considérer l'avenir proche avec un peu plus de sérénité. Ce lancement, différé de quelques jours pour des raisons non liées au lanceur, était en effet capital. Il fallait mettre en orbite de transfert géostationnaire le satellite américain Spaceway-2, puis, six minutes plus tard, le satellite indonésien Telkom-2, à eux deux pesant plus de huit tonnes, soit la plus grosse charge utile jamais portée par le lanceur européen.

Ce succès a donné au président de la République française et au chef du gouvernement l'occasion de rappeler la priorité stratégique que constitue l'autonomie d'accès à l'espace pour la France et pour l'Europe. On se souvient qu'après un échec en décembre 2002, puis un retour en vol réussi le 12 février 2005 avec le satellite de télécommunications Xtar-Eur, Ariane 5 "dix tonnes" avait besoin d'un second succès commercial pour être pleinement qualifiée, notamment aux yeux des clients de plus en plus sollicités par la concurrence d'autres pays lanceurs.

Pour Arianespace, l'évènement mérite d'être souligné. "Plus de huit tonnes ont été placées en orbite, ce qui constitue un record mondial. Cela ouvre la voie pour cinq à six lancements Ariane 5 ECA l'année prochaine, a précisé l'un de ses représentants. "Nous sommes en train de révolutionner le transport spatial mondial, car nous avons une cadence comme n'en a aucun de nos concurrents. Nous avons déjà lancé, cette année, six satellites de télécommunications, soit pratiquement autant que nos deux compétiteurs réunis".

Pour l'avenir proche, selon le président-directeur général du Centre national d'études spatiales, l'autorité de tutelle de la conception d'Ariane 5. "Il y a deux activités à mener en parallèle. La première, c'est de produire les trente Ariane 5 déjà commandées. La deuxième, c'est de préparer des améliorations, le successeur d'Ariane 5, et de maintenir des compétences". Le successeur sera en principe le lanceur Ariane 5 "douze tonnes" . Mais le financement de celui-ci ne semble pas encore programmé.

Le prochain vol d'Ariane 5 est prévu pour la fin décembre, avec les satellites indien Insat-4A et MSG2 pour Eumetsat, à bord d'une Ariane 5 générique.

Pour en savoir plus
http://www.arianespace.com/site/news/news_sub_missionupdate_index_ariane_eca.html


Giove A, premier satellite Galiléo, sur le départ
JPB 01/12/05

L'Esa annonce le départ du satellite GIOVE A, premier de la série des Galiléo, non pour l'espace mais pour son site de lancement à Baïkonour. Le satellite, à partir du Centre de conditionnement de l'Esa en Hollande (Estec, European Space Research and Technology Centre) qu'il a quitté par la route puis par avion le 29 septembre, sera placé sur un lanceur Soyouz Fregat russe. Le lancement définitif est prévu pour fin décembre.

Ce satellite et son double Giove B, en cours de conditionnement, constituent les éléments d'un dispositif de validation en orbite (Galileo In-Orbit Validation ou IOV) qui a pour objectif de vérifier l'ensemble des dispositifs techniques, de démontrer la faisabilité de l'émission des coordonnées spatiales et temporelles permettant la précision de localisation recherchée (moins de 50 cm d'indétermination) et de sécuriser les gammes de fréquences utilisées.

Giove A a été développé par l'entreprise Surrey Satellite Technology Ltd (UK). Galileo Industries (GaIn) développe de son côté le satellite Giove.B. GaIn est un consortium européen comprenant Alcatel Alenia Space (F/I), Astrium (D/UK) et Galileo Sistemas y Servicios (E). Il sera lancé en 2006 après passage par l'ESTEC.

La phase suivante de Galileo IOV consistera à déployer 2 autres satellites, l'ensemble précédant les 30 satellites représentant le système Galiléo complet. On appréciera l'effort de coopération entre nombreux industriels et personnels européens que représente l'ingénierie et le management d'un tel système. Il était temps que les premières opérations en vol se précisent, grâce à la pression mise sur les Etats bailleurs de fonds par l'Esa. Certains observateurs commençaient à douter de l'avenir du système européen.

L'image (Esa) ne représente pas un vulgaire chargement de choux-fleurs, mais le satellite et son environnement dans leurs containers, roulant vers Schihpol Airport.


Retard au lancement du satellite privé FalconSat-2
JPB 29/11/05

On attendait avec intérêt le premier lancement de la fusée Falcon-1 développée par le millionnaire américian d'origine sud-africaine de 34 ans Elon Musk. Elle devait s'élancer d'un ilot du Pacifique dans les Marshall, en emportant un petit satellite développé par des étudiants, sur financement de la Darpa, le FalconSat-2. Ce satellite doit mesurer l'effet des plasmas solaires sur les télécommunications spatiales, notamment le GPS. Mais ce lancement, prévu pour le 25 novembre, a du être retardé pour des raisons techniques qui n'ont d'ailleurs rien d'anormal dans le cas d'une première.

Ce qui est intéressant est l'audace de l'entreprise, émanant d'un industriel qui n'est pas adossé aux grands de l'aéro-spatial (encore qu'il dispose de nombreux appuis à la Nasa). Elon Musk a créé en 2002 à El Segundo (Calif.) la société SpaceX, Space Exploration Technologies, à partir de bénéfices faits dans le software et surtout le paiement en ligne (PayPal, devenue n° 1 du domaine), qu'il a revendu à eBay. SpaceX dispose actuellement d'un effectif de 160 ingénieurs provenant de la Nasa et de divers avionneurs.

La démarche s'inscrit dans la tendance actuelle encouragée aux Etats-Unis par les restrictions de crédits affectant la Nasa, laquelle doit se consacrer en priorité à son objectif lunaire. De riches entrepreneurs privés prétendent pouvoir faire aussi bien et moins cher que les grandes structures. SpaceX affirme pouvoir abaisser sensiblement le prix du lancement à la tonne. La famille Falcon vise, avec le n° 9 déjà prévu, les 10 tonnes en orbite basse, avec des technologies simples.

Voici qui renforce les arguments des industriels européens de l'espace, selon lesquels il faut plus que jamais financer les lanceurs destinés à optimiser puis prendre la suite d' Ariane 5 ECA, dont on attend encore à ce jour le 2e vol commercial, retardé pour des problèmes inhérents à la plateforme.

Pour en savoir plus
Article de Scace.com http://www.space.com/missionlaunches/051126_falcon1_scrub.html
Site de SpaceX http://www.spacex.com/ On y trouve notamment des détails concernant le Falcon9, dont une agence publique américiane se serait déjà porté acquéreur.


Révolution en vue dans le bio-diésel
JPB 28/11/05

Il semble bien qu'une firme allemande spécialisée dans les bio-diésels, Choren, soit en train de révolutionner la production des bio-carburants. Associée à Shell, elle a réussi à produire un carburant opportunément nommé SunDiesel ou Syngas qui utilise non pas des produits agricoles consommables pour l'alimentation humaine, mais de la biomasse de rebut (feuilles, branches, sciures) qui existe en grande quantité dans la nature. Un procédé breveté complexe, que nous ne décrirons pas ici, dit Carbo-V® “Biomass-gasification process" permet d'obtenir un fuel de bonne qualité, très faiblement polluant. Le prix en sera d'autant plus compétitif que les fiscalités nationales prendront en compte l'aptitude de ce procédé à aider au respect des accords de Kyoto sur la production de CO2. 1)

Cette annonce mériterait une réflexion économique et politique attentive, à replacer dans la compétition énergétique entre l'Europe et l'Amérique. On y voit qu'un pétrolier européen, associé à une entreprise européenne hautement intelligente, peut proposer des percées qui pourraient changer la donne des marchés des carburants liquides. On imagine la source d'emplois qui en résultera en cas de succès pour l'Europe. Félicitons nos amis allemands de ne pas attendre la raréfaction du pétrole en se lamentant, mais de chercher activement des solutions permettant de sortir du piège.

1) On peut cependant s'interroger sur le caractère "abondant" de la ressource envisagée, les déchets végétaux. Sont-ils suffisants pour alimenter une production importante? Ne va-t-on pas en les récoltant priver les cycles naturels d'une partie essentielle de leur capacité de renouvellement, puisque la fermentation spontanée des déchets enrichit les sols au profit des plantes et des animaux? Au Canada, où les premières études ont été faites, la ressource ne manque sans doute pas, mais quid en Europe? La démarche proposée par Choren ne prendra tout son sens, en Europe, que dans le cadre d'une exploitation réfléchie des massifs forestiers. On sait que les forestiers européens voient d'un bon oeil augmenter les débouchés du bois, car ceux-ci (évidemment dans certaines limites à définir au cas par cas) encouragent l'augmentation des surfaces emboisées et non leur diminution.

La question des bio-carburants n'est pas simple. On voit actuellement les effets pervers d'un recours irréfléchi aux végétaux de culture dans le cas des fuels obtenus à partir du soja et de l'huile de palme. La forte demande provenant des pays riches en faveur de ces produits conduits les paysans d'Amazonie et de Bornéo à défricher encore plus vite que jusqu'ici les forêts primaires de leur pays, lesquelles sont pourtant au bord de l'extinction (voir NewScientist, 19/11/05, p. 19). En conséquence de quoi la biodiversité sera la première victime des carburants biologiques. Voila une raison de plus, dira la firme Choren, pour faire appel aux déchets végétaux.

Pour en savoir plus
Choren Industries présente le SunDiesel http://www.choren.com/en/choren/information_press/press_releases/?nid=55
Article du MIT Technology Review
http://www.technologyreview.com/BizTech-Energy/wtr_15923,296,p1.html


Succès de l'exploration de l'astéroïde Itokawa par la sonde japonaise Hayabusa
JPB 28/11/05

La communauté spatiale a unanimement applaudi l'exploit réalisé par la Jaxa, Agence Japonaise de l'Espace, dont le programme d'exploration de l'astéroïde Itokawa semble finalement évoluer très favorablement. Il s'agissait d'une mission d'une extrême difficulté puisque la sonde Hayabusa a du voler bord à bord pendant des semaines avec l'astéroïde, avant de s'en approcher à quelques mètres et finalement s'y poser quelques instants. Un poids envoyé sur l'astéroïde a permis de soulever des fragments de matière qui ont été aspirés à l'intérieur de la sonde. Celle-ci va maintenant entreprendre son long voyage de retour vers la Terre (180 millions de miles). Le samedi 26, elle a manifesté des troubles de comportement qui ont obligé la Jaxa à fermer ses moteurs fusées, mais elle sera quoiqu'il arrive relancée le 10 décembre. Sinon elle perdrait les créneaux favorables lui permettant, après avoir orbité autour du soleil, d'atteindre la Terre en 2007.

La sonde a expérimenté, hors manoeuvres d'approche, un nouveau type de moteur ionique utilisant un champ électrique pour accélérer des ions positifs. L'objectif est de généraliser de tels moteurs (que l'ESA avait précédemment utilisé avec succès) en vue de futures missions. La Jaxa a annoncé début 2005 qu'elle entendait envoyer prochainement un astronaute dans l'espace et établir une base lunaire en 2025. L'Europe n'a plus qu'à faire de même...

L'image (Jaxa) représente la surface de l'astéroïde, photographiée à quelques dizaines de mètres de distance par la sonde, dont l'ombre portée apparait sur le sol, à côté d'un point brillant qui est un marqueur envoyé par la sonde afin de guider l'atterrrissage final (l'itokawaïssage final). Les rectangles noirs figurent les panneaux solaires de Hayabusa.


Décès de Jean Delacour
CJ 27/11/05

Jean DelacourNous apprenons aujourd'hui avec tristesse le décès de Jean Delacour, survenu le 6 novembre dernier, dans sa 70ème année.

Philosophe, Psychologue expérimental, Docteur ès Sciences, il a consacré sa vie à la recherche dans le domaine des Neurosciences. Il fut professeur de Psychophysiologie à l'Université Paris 7, au sein de laquelle il créa puis dirigea jusqu'à sa retraite, en 2000, le Laboratoire de Psychophysiologie.

Jean Delacour a su éclairer de son immense culture philosophique une expérimentation novatrice et intègre, étudiant particulièrement les domaines de l'Apprentissage, de la Mémoire et de la Conscience, écrivant sur ces sujets de nombreux livres qui font autorité en la matière.
Expert international dans son domaine, il comptait des correspondants scientifiques dans le monde entier.

Il a créé et dirigé jusqu'en octobre 2004 une collection d'ouvrages scientifiques dédiée aux Neurosciences Cognitives (parmi lesquels ses propres écrits : "Une introduction aux Neurosciences Cognitives", 1998 [voir notre recension], et "Conscience et Cerveau", 2001). Ces ouvrages, choisis par lui même parmi ses nombreuses lectures, traduits d'éminents auteurs étrangers ou écrits par des spécialistes de langue française, sont destinés aux étudiants avancés de Psychologie, de Biologie et de Médecine, ainsi qu'à "l'honnête homme" qui veut comprendre les données de la Science contemporaine.


L'ouvrage Robots, genèse d'un peuple artificiel récompensé par le Prix Roberval
CJ 25/11/05

Robots, genèse d'un peuple artificielRobots, genèse d'un peuple artificiel, ouvrage de référence sur la robotique, a obtenu ce 25 novembre la Mention Spéciale du jury du Prix Roberval 2005 (catégorie" grand public"), prestigieuse récompense visant à distinguer les meilleurs ouvrages francophones en matière de vulgarisation scientifique et technique.

Nous avions souligné lors de sa sortie l'importance de cet ouvrage [voir notre recension], fruit d'un travail de plusieurs années, aboutissant à une somme sans équivalent. Fort de 540 pages et plus de 1500 illustrations - souvent inédites- ce livre écrit par Daniel Ichbiah, conçu et réalisé en France par FYP Editions et édité par Minerva, est sorti simultanément en trois langues : français, anglais et allemand.

"Etre récompensé par le prestigieux jury du Prix Roberval est un grand honneur pour nous", a déclaré Philippe Bultez Adams, responsable éditorial de FYP Editions. "Mais au-delà de la récompense pour l'ouvrage et le travail qu'il a nécessité, j'y vois la marque d'un intérêt grandissant pour le sujet en lui même. La diversité des robots, la vitalité du marché qu'ils représentent dans de nombreux pays, et leur potentiel scientifique ou économique sont aussi étonnants que méconnus. Il est urgent de s'intéresser à ces formidables vecteurs d'innovation que sont les robots, tout en s'interrogeant sur le sens de ce qu'ils représentent pour l'avenir de l'homme et de notre civilisation".

Pour en savoir plus
FYP Editions : http://www.fypeditions.com
Site du Prix Roberval : http://prixroberval.utc.fr/


TermSciences : un portail terminologique multidisciplinaire pour la communauté scientifique
CJ 25/11/05

Logo TermSciencesConçu par le CNRS, l’Inserm, l’INRIA, l’INRA et le Cemagref, ce nouveau portail a pour objectif de valoriser et de mutualiser les ressources terminologiques (lexiques, dictionnaires, thésaurus) pour aboutir à la constitution d'un référentiel terminologique commun, consutable en libre accès sur internet. La participation à ce projet est ouverte à tous les organismes publics de recherche et d'enseignement supérieur.
Le site, pour l'instant, n'offre que des traductions en quatre langues (français, anglais, espagnol et allemand), mais va s'enrichir au cours du temps. TermSciences compte par exemple la traduction de près de 730 mots anglais commençant par "micro" (de microcentrale hydroélectrique à microzonation).

Pour e n savoir plus
TermSciences : http://termsciences.inist.fr/


L'Internet des objets
JPB 23/11/05

Internet of the thingsL'Internet des objets va dépasser en importance l'Internet des humains. Cette conclusion est celle d'un rapport de l'Union Internationale des Télécommunications réalisé pour l'ONU et présenté au sommet mondial de la société de l'Information à Tunis.

Les rapporteurs envisagent le moment où les objets dotés d'étiquettes électroniques à répondeur radio (Radio Frequency Identification ou RFID), les meubles et immeubles équipés de capteurs et de senseurs divers se compteront par milliards et créeront une connectivité en réseau ubiquitaire. Les humains, dans ce monde de receveurs et d'émetteurs, ne seront plus qu'une minorité.

Le point intéressant, selon les rapporteurs, est que ce phénomène touchera aussi bien aussi bien les pays pauvres que les pays riches. Ils donneront l'occasion de nombreux services à valeur ajoutée que les pays en développement, où abondent déjà les compétences informatiques à bas coût de revient, sauront mieux exploiter que leurs concurrents des pays riches. Des marchés entièrement nouveaux devraient en résulter.

Mais la généralisation d'un Internet des objets aura aussi des côtés négatifs. Ce sera d'abord l'augmentation du niveau général de radiation électro-magnétique, dont il faudra étudier avec soin les effets sur le vivant. Ce sera aussi, dans un autre ordre d'idée, le développement exponentiel des possibilités de contrôle sur les usages et les comportements. Beaucoup de ces contrôles seront conduits pour des raisons commerciales, sans souci de respecter la privauté des individus. Le rapport appelle à une concertation générale des gouvernements et des entreprises pour éviter les abus. Mais on sait déjà ce qu'il en est de ce type de démarche, quand on regarde comment, aujourd'hui, les législations nationales dites Informatique et Libertés sont devenues inapplicables.

Si rien n'est fait cependant, en termes de définition de normes techniques communes ainsi que de principes à respecter pour éviter les abus, le public pourra, dans certains pays sensibilisés tout au moins, se détourner des produits dotés d'émetteurs et de senseurs. Mais le mouvement général ne sera pas arrêté pour autant. Si par exemple les Européens décidaient de se tenir à l'écart du futur Internet des objets, ils accumuleraient de tels retards industriels et commerciaux qu'ils ne pourraient pas maintenir longtemps leur position restrictive.

Pour en savoir plus
Se procurer le rapport (payant)
http://www.itu.int/publications/folderdetails.aspx?lang=e&media=paper&folder=S-POL-IR.IT-2005&menu=categories


Les 500 ordinateurs les plus puissants du monde
CJ 21/11/05

Blue Gene/L, d'IBMLa 26ème édition de la liste des 500 ordinateurs les plus puissants du monde vient d'être publiée à l'occasion de la conférence sur les "super-ordinateurs" ("Supercomputing conference") qui s'est tenue à Seattle, du 12 au 18 novembre dernier.

La première place du classement revient à "Blue Gene/L", ordinateur développé conjointement par IBM et l'Administration pour la sécurité nucléaire nationale (NNSA).
Déployé au sein du Laboratoire National Lawrence Livermore (LLNL), à l'Est de San Francisco, Blue Gene/L (qui comprend quelque 13 1072 processeurs) fait partie des outils du programme Advanced Simulation and Computing Program destiné à valider des conceptions d'armes nucléaires et à certifier les armes, en s'appuyant notamment sur la simulation.
Signalons que les performances de ce super-ordinateur ont été doublées depuis juin dernier, date de la précédente édition du classement (que Blue Gene/L avait déjà remporté). En crête, le système est désormais capable d'effectuer 280,6 trillions de calculs par seconde -soit 280,6 teraflops - (contre 136.8 il y a six mois) ou plus de 100 teraflops soutenus, loin devant le second de la liste, un autre système Blue Gene, avec 91,2 teraflops et le troisième, le Purple de Livermore, lui aussi produit par IBM (63, 3 teraflops).

Il faut attendre la quatrième machine classée (le SGI Columbia installé au centres AMES de la NASA) pour trouver un autre constructeur qu'IBM (qui est le fabricant de 43,8% du Top500...). 8 des 10 premiers classés ont été produits par des constructeurs (IBM : 5, Cray : 2 et SGI : 1) qui ont béneficié du programme High Productivity Computing Systems (HPCS) de la DARPA, ainsi que, pour IBM, d'un partenariat fort avec le DOE.

L'Earth Simulator japonais, premier encore au début de l'année 2004, arrive désormais 7ème de la liste, avec 35,8 téraflops.

Sur l'ensemble des 500 ordinateurs classés, 305 sont situés aux Etats-Unis, 100 en Europe et 66 en Asie. L'écrasante majorité des machines est d'architecture scalaire (et non plus vectorielle(1)), avec une forte prédominance de clusters (près des trois quarts). Linux (74%) et Unix (20%) dominent le classement.

Les USA se taillent donc la part du lion avec 305 des 500 machines listées (267 l'année dernière), l'Europe arrive ensuite avec 100 machines (Espagne en 8ème position (27,9 teraflops), Pays-bas en 9ème (27,4 teraflops), Suisse(2) en 13ème (18,2 teraflops), Angleterre 34ème (9,2 teraflops), Allemagne 37ème (8,9 teraflops), France 62ème (5,8 teraflops), Suède 70ème (4,9 teraflops) et l'Asie 66 (dont 21 pour le Japon et 17 pour la Chine (qui arrive en 26 ème position, avec 10,3 teraflops). L'inde arrive en 111ème position (3,75 teraflops avec un système cluster fabriqué par IBM).

(1) Voir notre article du 2 mars 2004 : Les superordinateurs et la course au pétaflop
(2) Voir notre actualité du 19/06/05 : Reconstruction du cerveau "in silico"

Pour en savoir plus :
Liste du top 500 : http://www.top500.org/lists/2005/11/basic
Top 500 Report for november 2005 : http://www.top500.org/lists/2005/11/Top500-Report-1105.pdf
Voir aussi : notre actualité du 25/11 : Deisa, un calculateur virtuel pour l'Europe


Premier bilan de l'Agence nationale de la recherche
JPB/CJ 17/11/05

Créée en février 2005, l'Agence nationale de la recherche {actuellement Groupement d'Intérêt Public (GIP)] fait état d'un premier bilan, qui a été présenté lors d'une conférence de presse donnée le 15 novembre par François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, et Gilles Bloch, directeur de l'ANR.
L' Agence financera une première vague de 1 500 projets d'une durée de trois ans maximum, pour un montant de 540 millions d'euros. Au total, 4 500 équipes, dont 800 entreprises, bénéficient de ces crédits, le CNRS en recueillant 30 %, suivi par le secteur privé (19 %). Les fonds, qui ont commencé à parvenir aux laboratoires, devraient être distribués d'ici la fin décembre. En 2006, l'ANR sera dotée de 800 millions d'euros, et de plus d'un milliard d'euros "en régime permanent", selon le ministre.

Le secteur Matière et information recevra 130 millions d'euros pour 220 projets. Viennent ensuite : Biologie et santé (110 millions d'euros, 270 projets) ; Energie durable et environnement (100 millions d'euros, 150 projets) ; Ecosystèmes et développement durable (47 millions d'euros, 120 projets). Enfin, les sciences humaines et sociales devraient récolter quelque 25 millions d'euros, mais au titre des "programmes blancs" faisant partie du volet non thématique des financements de l'ANR. Dotée de 170 millions d'euros pour 670 projets, cette ligne comprenait aussi le financement de "chaires d'excellence" et de projets "jeunes chercheurs".

Il s'agit manifestement de micro-financements, soit en moyenne 400 K.euros par projet. Fallait-il disperser ainsi ou regrouper davantage? Il est difficile de répondre. On peut penser que les projets retenus, même s'ils ne pourront pas compter sur ces seuls financements pour démarrer ou décoller, en tireront une certaine reconnaissance qui leur servira ultérieurement. Mais dans ce cas, il sera utile que l'ANR fasse connaître le moment venu, au-delà de la liste des projets retenus (voir sur ce point son site http://www.gip-anr.fr) ce à quoi ont abouti ces projets, qu'il s'agisse d'échecs ou de succès.


L'Europe participe activement à la recherche des ondes gravitationnelles
JPB/CJ 17/11/05

Le Conseil d'Administration du CNES du 3 décembre 2004 avait décidé l'engagement des phases B/C/D de la participation française au projet LISA Pathfinder du plan Vision Cosmique de l'ESA. Ce projet spatial (LISA pour Laser Interferometer Space Antenna) a pour objet de détecter les ondes gravitationnelles dont l'existence a été prédite par la théorie de la Relativité Générale. De telles ondes n'ont pas encore été observées directement. A la différence des ondes électromagnétiques, les ondes gravitationnelles interagissent très peu avec les étoiles ou la matière interstellaire ; aussi constituent-elles une source d'information potentiellement exceptionnelle pour étudier l'univers et son évolution. Certains physiciens d'ailleurs doutent de leur existence, ce qui remettrait en cause la Relativité. Mais pour la plupart, il suffit seulement de réaliser les instruments d'une extrême sensibilité permettant d'interagir avec elles. En cas de succès, outre des prix Nobel, ce serait, a dit le Pr Bernard Schutz de l'Albert Einstein Institute et de la Cardiff University, une révélation analogue à celle ressentie par une personne sourde qui découvrirait subitement que le monde émet des sons et qu'il présente donc des dimensions insoupçonnables jusqu'alors.

En 1996, LISA a été approuvé à l'ESA comme une mission « pierre angulaire » de son programme scientifique obligatoire et une coopération entre l'ESA et la NASA a été initiée. Elle a abouti au concept d'un interféromètre à trois satellites, volant en formation, dont le lancement est actuellement prévu en 2012-2013.

LISA PathfinderCe pari technologique (développements dans le domaine des lasers ultra-stables, des télescopes, des accéléromètres, des micropropulseurs et de la compensation de traînée) a conduit à décider une mission de démonstration intermédiaire : LISA Pathfinder (notre image). La France y participe avec la réalisation d'un sous-système de l'interféromètre de la mission LISA Pathfinder : un dispositif de séparation des faisceaux laser par modulation acousto-optique. Plusieurs laboratoires français regroupés au sein du consortium LISA-France seront coordonnés par le Laboratoire APC (Astroparticules et Cosmologie, Université Paris 7) du CNRS/IN2P3.

LISA Pathfinder sera lancé en 2008 par un petit lanceur européen ou russe sur une orbite de transfert géostationnaire et utilisera son propre module de propulsion pour atteindre son orbite opérationnelle autour du point de Lagrange L1 , à environ 1,5 million de km de la Terre vers le Soleil.

On sait que dans l'immédiat des expériences très délicates d'interférométrie au sol par laser sont menées conjointement en Allemagne (dispositif dit GEO 600, notre image), et aux Etats-Unis (Ligo 1 et 2 - Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory), avec l'espoir de détecter simultanément un événement ou deux, en 6 mois, susceptibles d'être attribués aux phénomènes cosmiques extrêmement violents capables de créer des ondes gravitationnelles détectables sur la Terre.

Rappelons aussi, en Italie à Pise, l'existence de VIRGO, collaboration scientifique de 5 laboratoires français et 6 laboratoires italiens qui a pour but la détection des ondes gravitationnelles provenant de sources cosmiques comme les supernovae, ou les couples d'étoiles a neutrons, en mesurant la différence de phase entre deux rayons laser se propageant dans un immense interféromètre de Michelson de 3km de long.

Dans le même domaine, citons les expériences TAMA au Japon, et ACIGA en Australie.


Pour en savoir plus

Lisa Pathfinder : http://www.esa.int/esaSC/120397_index_0_m.html
GEO 600 : http://www.geo600.uni-hannover.de/
Ligo : http://www.ligo.caltech.edu/
Lisa vue par la Nasa : http://lisa.jpl.nasa.gov/
Lisa vue par l'Esa : http://sci.esa.int/science-e/www/area/index.cfm?fareaid=27 LISA is an ESA-NASA mission involving three spacecraft flying approximately 5 million kilometres apart in an equilateral triangle formation. Together, they act as a Michelson interferometer to measure the distortion of space caused by passing gravitational waves. Lasers in each spacecraft will be used to measure minute changes in the separation distances of free-floating masses within each spacecraft.
VIRGO : http://wwwcascina.virgo.infn.it/
TAMA : http://tamago.mtk.nao.ac.jp/
ACIGA : http://www.anu.edu.au/Physics/ACIGA/


Les nouvelles souches de H5N1 déclencheraient des explosions de réponses immunitaires qui tueraient le patient
JPB 17/11/05

Selon une étude de chercheurs de Hong Kong publiée par la revue en ligne Respiratory Research, les nouvelles souches mutantes du virus H5N1 analysées récemment seraient particulièrement meurtrières parce qu'elles déclencheraient une sur-réaction explosive du système immunitaire. Celui-ci noierait le malade sous un afflux de cytokines, produites par lui et comprenant IP-10, interferon beta, RANTES et interleukin-6. Cette réaction serait particulièrement forte chez les patients jeunes et vigoureux, ce qui expliquerait le nombre élevé de morts parmi ceux-ci. Si cette conclusion était juste, il faudrait, outre les antiviraux, administrer des déprimants du système immunitaire - avec les risques induits que l'on devine en cas d'infections surajoutées.

Ces caractéristiques rapprocheraient de plus en plus les nouvelles souches mutantes de H5N1 du terrible H1N1 1918, récemment reconstitué par des scientifiques américains, qui a fait entre 20 et 200 millions de morts, sous le nom de grippe espagnole.

Pour en savoir plus
Voir l'article Proinflammatory cytokine responses induced by influenza A (H5N1) viruses in primary human alveolar and bronchial epithelial cells http://respiratory-research.com/content/6/1/135


Xplora, nouveau portail européen pour l'enseignement des sciences
JPB 17/11/05

Logo Xplora Xplora (www.xplora.org/ww/fr/pub/xplora/index.htm) est le nouveau portail européen pour l'enseignement des sciences. S'adressant aux enseignants, aux élèves, aux scientifiques, aux communicateurs scientifiques et aux éducateurs scientifiques, il propose notamment des nouvelles sur l'enseignement des sciences, des conseils pédagogiques et des idées pour enseignants. Avec ce portail, l'internaute peut :
• effectuer une recherche dans la base de données de sites Web et de ressources d'apprentissage numériques pour l'enseignement des sciences ;
• s'inscrire pour utiliser les communautés en ligne et participer à des discussions en ligne ;
• avoir un aperçu des approches et projets scientifiques pratiques et innovants;
• recevoir des descriptions d'outils code source libre disponibles gratuitement pour l'enseignement des sciences ;
• en savoir plus sur les projets Pencil et Nucleus qui offrent leur soutien au portail Xplora

Le portail Xplora est géré par European Schoolnet, réseau de 28 ministères européens de l'Education et reçoit le soutien de PENCIL, projet financé par la Direction générale Recherche de la Commission européenne sous le thème Science et Société. Le projet PENCIL entre dans le cadre de Nucleus, groupe de projets pédagogiques scientifiques qui implique les plus grands laboratoires de recherche d'Europe. L'Europe de l'enseignement bouge un peu. Mais qui le sait en France? L'équipe d'Automates Intelligents en a parlé à des amis de l'Education Nationale, sans obtenir de réaction.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les projets pédagogiques en cluster rassemblés par Xplora, voir dans la page Nucleus http://www.xplora.org/ww/fr/pub/xplora/nucleus_home.htm les actions PENCIL, ESTI, CISCI, Scienceduc and Volvox.

Pour ses débuts, Xplora publie un chat (il est vrai en anglais - l'anglais y régnera sans doute en maître) de 400 élèves du secondaire avec Ray Kurzweil sur le thème : Comment construire un cerveau [voir http://www.kurzweilai.net/meme/frame.html?main=/articles/art0623.htm].


Boeing veut répliquer au A 380 par le 747-8
JPB 16/11/05

Boeing a choisi la tournée en Asie de l'A380 pour annoncer le lancement d'une version améliorée du vieux 747. Il s'agira dans un premier temps d'une version cargo, destiné à un marché qui devrait se développer, vu la croissance de la logistique. Mais une version passagers devrait suivre à 6 mois, Elle visera un effectif moindre que celui de l'Airbus, mais qui selon Boeing lui parait plus réaliste.

Selon les observateurs, cette initiative augmentera la pression concurrentielle sur Airbus, mais ne devrait pas l'inquiéter fondamentalement. Beaucoup de choses dépendront en fait des pressions que fera le gouvernement américain sur un certain nombre de compagnies qui pourraient être tentées par l'A.380. On sait que dans ce domaine, le Département d'Etat ne se prive pas d'intervenir.


Redbus Interhouse, deuxième entreprise française à recevoir l’agrément de la CNIL pour l’utilisation dans ses locaux d'un système biométrique par reconnaissance de l'iris

CJ 16/11/05

OeilLe centre de Paris La Défense de la société Redbus Interhouse a reçu récemment l'agrément de la CNIL pour l’utilisation dans son contrôle d’accès d’un système biométrique par reconnaissance d’iris. A ce titre, cette société est aujourd’hui l’unique centre et la deuxième entité française(1) (après la Banque de France) à avoir reçu l’autorisation de disposer d’un tel niveau de sécurité(2) sur le marché de l’hébergement ultra-sécurisé d’équipements informatiques.
Chaque iris humain est extrêmement complexe et donc, unique. 244 points de comparaison peuvent être distingués. Avec le système de biométrie qui a été développé en collaboration étroite avec Panasonic, toute usurpation d'identité est impossible. L'intégration de ce système dans l'entreprise confère ainsi à Redbus un réel avantage concurrentiel et la positionne ainsi comme prestataire de choix pour des secteurs d'activités tels que la finance, la santé, les organismes gouvernementaux...

Capture d'écran du système biométrique utilisé par Redbus Intehouse Paris (reconnaissance de l'iris)
Capture d'écran du système biométrique utilisé par Redbus Intehouse Paris (reconnaissance de l'iris)

(1) Le centre Redbus Interhouse de Paris La Défense est une filiale française de l'entreprise anglaise.
(2) En plus de la mise en place du système biométrique, un sas a été installé, comprenant une reconnaissance de la silhouette, la détection de poids ainsi qu'un détecteur de métaux dans le sens de la sortie (empêchant toute sortie de serveur non autorisée).

Pour en savoir plus
Redbus Interhouse :http://www.redbus.fr
Voir aussi notre article du 25/10/05 : La révolution de l'identification numérique


Première étape d'expérimentation d'un vaccin contre le paludisme
JPB 15/11/05

Plasmodium falciparumOn connaît la mortalité due au paludisme dans les pays du tiers-monde. On sait aussi que les grandes firmes pharmaceutiques n'ont guère investi dans la recherche d'un vaccin. Celui-ci n'est, il est vrai, pas facile à concevoir car il doit s'insérer dans les relations complexes entre le parasite Plasmodium falciparum, l'insecte vecteur et les cellules de la victime. Plusieurs solutions possibles avaient été annoncées ces derniers mois sans résultats probants à ce jour. D'où l'intérêt de l'annonce faite par une équipe franco-suisse dirigée par Pierre Druilhe de l'Institut Pasteur de Paris dans la revue en ligne Public Library of Sciences Medicine. La technique expérimentée a consisté à rechercher comment se protègent des adultes résistants au paludisme et comment transférer cette protection à des personnes "naïves", afin d'induire un mécanisme de défense. Une protéine de surface baptisée Merozoite surface protein 3 (MSP3) a été identifiée qui, selon les chercheur,s constitue l'antigène permettant au parasite d'attaquer les globules rouges de la cible. C'est sur celle-ci que doit être concentrée la réplique des anticorps de l'organisme. Une campagne d'essai est en cours, qui impliquera progressivement des personnes exposées au paludisme.

Si tout ceci se révélait concluant, il s'agirait d'une grande victoire de la recherche publique mais aussi de la recherche européenne. Elle renforcerait l'opinion de ceux qui, comme nous, pensent que beaucoup des maux du tiers-monde pourraient être soulagés avec un peu d'intelligence et d'attention.

NB: The Lancet publie dans le même temps un article montrant les effets protecteurs sur des enfants, pendant au moins 18 mois, d'un vaccin dit RTS, S/AS02A, fruit d'un partenariat entre la Malaria Vaccine Initiative lancée par l'ONG américaine Path, elle-même financée par la fondation Bill et Melinda Gates et le laboratoire GlaxoSmithKline. Voir:http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140673605676696/fulltext

Pour en savoir plus
Consulter l''article des auteurs (rappelons que les contenus de la PLOS sont libres d'accès et de diffusion):
http://medicine.plosjournals.org/perlserv/?request=get-document&doi=10.1371/journal.pmed.0020344


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