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La Revue mensuelle n° 68
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Le Monde de l'Intelligence
CJ 12/11/05

Couverture de la Revue '"Le monde de l'intelligence"Signalons la naissance de la revue Le Monde de l'Intelligence éditée par Mondeo publishing, dont le n°1 est en vente dans les kiosques depuis le 10 novembre. Destinée à tout public, cette publication bimestrielle souhaite aborder le thème de l'intelligence à travers les différents domaines que sont les neurosciences, l'Intelligence artificielle, la psychologie... "Nous destinons ces pages à tous ceux que l'énigme de l'esprit humain et ses liens avec le cerveau passionnent", écrit le directeur de la publication Gilles Harpoutian dans son éditorial.
A noter dans le sommaire de ce numéro, un dossier Créer un cerveau artificiel réalisé par le journaliste Cyril Fiévet, dossier comprenant 3 articles, dont une interview de notre ami Alain Cardon ("Alain Cardon offre la liberté aux machines") dans laquelle le chercheur montre tout l'intérêt de ses travaux, mais aussi met le doigt (comme nous ne cessons de le faire dans notre revue) sur le retard préoccupant que prennent la France et l'Europe dans ce type de recherche. "Aujourd'hui en France, la capacité d'innovation pour des sauts technologiques est anormalement faible. On s'intéresse un peu trop au technologies d'hier. Cela conduit au fait que de très nombreux thésards s'en vont en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Japon (...) Notre pays souffre d'une forme d'inertie (...) Nous avons chez-nous un vrai problème d'initiative et de prise de risque" explique Alain Cardon.
Rappelons que notre appel publié en juillet dans le blog Automates Intelligents - Réalisation d’un système de comportement intelligent, intentionnel et autonome avec production d'émotions destiné à divers types de robots - est toujours d'actualité : à ce jour, et bien qu'ayant rencontré certaines instances dirigeantes, Alain Cardon n'a toujours pas trouvé les fonds nécessaires pour créer son entreprise. Bien que certains rendez-vous ont eu lieu avec des industriels, aucune expertise ni étude sérieuse du projet n'ont encore été proposées de leur part, ce qui serait pourtant un minimum.... C'est certainement ce qui nous différencie de pays comme le Japon où l'Amérique : le dossier réalisé par Cyril Fiévet comprend par exemple une interview de Jeff Hawkins ("Jeff Hawkins réinvente le néocortex"), le créateur du PalmPpilot, récement à l'origine de la création de Numenta, start-up fondée aux Etats-Unis en mars 2005 et qui a, elle, levé assez facilement les fonds de départ. Objectif : créer des systèmes de mémoires informatique reproduisant le fonctionnement du néocortex humain.

Doit-on laisser partir le projet d'Alain Cardon aux Etats-Unis pour qu'enfin il se réalise ? Le monde de l'Intelligence n'est décidément pas le même pour tout le monde sur cette planète.

Pour en savoir plus :
Sommaire du numéro : http://mondeo.fr/presse/index.htm
Notre analyse du livre Intelligence de Jeff Hawkins, livre sur lequel s'appuie l'interview présentée dans la revue Le Monde de l'intelligence : http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2005/sept/hawkins.html
Concernant Alain Cardon voir : http://www-poleia.lip6.fr/~cardon/
- Présentation de son projet d'entreprise: http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/automatesintelligent/2005/07/index.html
- Voir aussi "System generating consciousness facts" :
http://www.artificial-brain-project.com/
- Voir aussi son livre Modéliser et concevoir une machine pensante - Approche de la conscience artificielle, paru chez Vuibert dans notre collection Automates Intelligents (Prix AFISI 2005) : http://www.automatesintelligents.com/collection/cardon1.html


Le Robot Darwin VII et robots analogues
JPB/CJ 12/11/05

Le NewScientist du 5 novembre 2005, p. 29, consacre un important article (sur souscription, http://www.newscientist.com/channel/info-tech/mg18825241.700.html) à la réalisation de robots présentés comme susceptibles d'acquérir une connaissance du monde analogue à celle de jeunes enfants, inspirés de l'architecture du cerveau. C'est d'abord la série Darwin, au NSI de La Jolla, qui développe les idées exposées depuis quelques années par le grand neuroscientifique Gerald Edelman. Le principe en est connu. Il s'agit d'émuler la structure du cerveau d'un mammifère, à partir de blocs de neurones logiques dédiés à des tâches bien spécifiques: traitement des images et des sons, contrôle des mouvements, etc. Par ailleurs, d'autres blocs intègrent les données venant des ou allant vers les premières, en jouant le rôle de l'hippocampe et des zones dédiées à la formation des valeurs. Le robot se construit son image du monde en interagissant sans programmation préalable avec son environnement.

Le robot Darwin VIIL'élaboration de l'architecture du cerveau artificiel a cependant été réalisée par les auteurs du projet (notamment le Dr Jeff Krichmar) en compilant la littérature disponible concernant l'organisation et le fonctionnement des cerveaux de mammifères. Autrement dit, l'objectif n'est pas de travailler en aveugle mais de se rapprocher le plus complètement possible de la nature. Ceci à la fois pour disposer d'un système efficace parce que copié sur celui résultant de l'évolution, mais aussi pour mieux comprendre le fonctionnement du cerveau naturel. Inutile d'insister sur le fait que cette recherche rompt définitivement avec les approches traditionnelles de l'Intelligence Artificielle. Nous l'avons plusieurs fois explicité dans de précédents articles de cette revue.

version de DAV au 24 août 2003Le Dr Weng, qui travaille à l'Université d'Etat du Michigan, a développé un robot un peu voisin, SAIL (Self-organizing Autonomous Incremental Learner) [voir notre actualité du 7/09/2001] - et maintenant son robot de nouvelle génération DAV - , qui est capable d'associer des informations de plusieurs sources pour se doter d'une représentation d'un monde non défini à l'avance, représentation qui sera adaptée aux besoins de survie de son corps physique.
Ces projets suscitent un grand intérêt dans la presse scientifique et la presse grand public. Ils ne manquent ni de crédits ni des moyens technologiques nécessaires pour réaliser rapidement des "corps" dotés de nombreux organes. On envisage prochainement de les introduire dans des représentations humanoïdes qui les rendront encore plus aptes qu'actuellement à interagir avec des humains. Pendant ce temps, en France, les chercheurs s'intéressant à ces perspectives n'obtiennent pas le moindre crédit en ne peuvent qu'émigrer aux Etats Unis ou au Japon.

Pour en savoir plus :
Article du Neuroscience Institute de La Jolla, avec une contribution de Gerald Edelman: Brain bases devices (oct 2003) http://www.nsi.edu/nomad/iros2003_jlk_gme.pdf
SAIL (automatic mode) http://www.cps.msu.edu/~weng/research/altonlei/frameautomatic.htm
SAIL and DAV Dévelopmental Robot Projects : http://www.cps.msu.edu/~weng/research/LM.html


Projet de création d'un Institut Européen de Technologie à Strasbourg
JPB (source Gérard Bokanowski) 12/11/05

Ce projet avait été évoqué par le Premier ministre français suite à un rapport du Conseil Stratégique de l'Innovation (CSI), remis en juillet dernier qui préconisait déjà la création d'un "MIT à la Française", en référence au "Massachusetts Institute of Technology"de Boston. Un rapport du Conseil Stratégique de l'Innovation (CSI), remis au Premier Ministre Dominique de Villepin en juillet dernier (PDF), préconisait déjà la création d'un "MIT à la Française", en référence au célèbre "Massachusetts Institute of Technology"de Boston.

La Commission Européenne a repris l'idée et lancé une consultation publique relative à l'opportunité de créer en Europe un “Institut Européen de Technologie” (IET). Elle se déroule jusqu'au 15 novembre 2005. Le document qui accompagne cette consultation constate ceci:

"Au cours des 50 dernières années, la part de l'Europe dans la création de connaissance a lentement décliné. En effet, la baisse du nombre de lauréats de prix Nobel issus de l'UE actuelle le démontre. Le nombre de ces lauréats est passé de 73% (entre 1901 et 1950) à 33% (1951-2000), puis à seulement 19% au cours de la dernière décennie (1995-2004)." [...] “L'Europe doit agir pour reconquérir une place de premier plan." [...] La plus grande partie de la recherche européenne est de bonne qualité. Pourtant, outre certaines exceptions notables, les chercheurs européens, les établissements et les entreprises sont moins efficaces que leurs concurrents dans l'utilisation des résultats de ces travaux pour développer des produits et processus commercialement viables."

Mais tout reste à préciser: le calendrier, jugé par certains trop lointains (2009), le budget, le choix des technologies (on risque de se méfier des plus innovantes ou émergentes), la façon de mesurer les résultats, c'est-à-dire l'excellence.

Plusieurs parlementaires européens de premier plan ont lancé un comité d'étude et de soutien, COMETIS

Ces projets sont importants. Nous vous informerons de la suite.

Pour en savoir plus
Note de la Commission précisant la consultation http://europa.eu.int/comm/education/eit/paper_fr.pdf
Note de présentation de COMETIS (Committee for a European Technology Institute in Strasbourg) dont nous extrayons ce qui suit:
Competitiveness and innovation are high on the European agenda and so is the possible establishment of a European Institute of Technology. Such an institute could provide a healthy impulse to European research if well thought through. To that end the project will need the input and support of the European scientific community. To discuss the project in more depth and hear your views, COMETIS (Committee for a European Technology Institute in Strasbourg, gathering MEPs interested in the EIT project), would like to invite you to a conference in Strasbourg, ....
Dr Jorgo Chatzimarkakis (Member of the European Parliament), president, Philippe Busquin, Vice-president, Jerzy Buzek, Vice-president,Helga Trüpel, Vice-president, Alexander Alvaro, Vice-president
Sur Cometis, voir une note de Euractiv
http://www.euractiv.com/Article?tcmuri=tcm:29-145671-16&type=News


Alain Aspect, médaille d'or 2005 du CNRS
JPB 10/11/05

Alain AspectLe physicien Alain Aspect vient de recevoir la médaille d'or du CNRS, pour l'ensemble de ses travaux et notamment pour la mise au point de la série d'expériences qui ont démontré l'existence de phénomènes d'intrication entre paires de photons issus d'un même événement. Cette intrication ou corrélation se manifeste par le fait que toute interaction avec un des photons de la paire influence l'autre, quelle que soit la distance ou le temps qui les séparent, à l'échelle de l'univers tout entier. Depuis, l'intrication s'est révélée comme une des caractéristiques du monde quantique, intéressant pratiquement toutes les particules, voire des molécules. Elle présente de nombreux débuts d'application, notamment en cryptographie ou en computation quantique.
Alain Aspect est directeur de recherche au laboratoire Charles-Fabry de l'Institut d'optique d'Orsay (Essonne). Il honore la physique française, d'autant plus que ses débuts de carrière ne le destinaient pas à cette voie.

Pour en savoir plus
Communiqué du CNRS : http://www2.cnrs.fr/presse/communique/781.htm
Sur l'intrication voir notre article : http://www.automatesintelligents.com/echanges/2004/avr/intrication.html


Lancement réussi de la sonde européenne Vénus Express.
Source AFP - 10/11/05

Fusée Soyouz  avec à son bord Venus ExpressLa sonde européenne Venus Express a été lancée mercredi avec succès vers Vénus à l'aide d'une fusée Soyouz-Frégate à partir du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, marquant ainsi le premier pas de l'Europe vers Vénus. La fusée s'est élevée à 03H33 GMT et la sonde s'en est séparée environ une heure et demie après le lancement pour entamer un voyage de 163 jours.

Jean-Yves le Gall président de Starsem, la société chargée du lancement, a salué une "mission parfaite", ce qu'a confirmé Jean-Pierre Cau, responsable du programme scientifique chez EADS Astrium, maître d'oeuvre pour la construction de la sonde, dàs la réception du premier signal de l'engin.

Venus Express, qui restera sur orbite autour de la planète pendant 500 jours, a pour mission essentielle d'étudier l'atmosphère de Vénus - composition, températures - a précisé l'Agence spatiale européenne (Esa). Cette atmosphère est "unique dans le système solaire et la comprendre est très important", a souligné un des scientifiques de la mission, Hakan Svedhem. Très dense et chaude, elle est constituée à 96% de dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2). On y trouve également de l'azote, du dioxyde de soufre (SO2) et de la vapeur d'eau. Par ailleurs, à une soixantaine de kilomètres d'altitude, les vents soufflent, pour une raison inconnue, à quelque 400 km/h.

Venus Express, construite sous la maîtrise d'oeuvre de la société EADS Astrium, est la première sonde européenne à être lancée vers Vénus. Jusqu'à présent, seules des sondes américaines et soviétiques ont été envoyées vers cette planète depuis 1961, dont Mariner 2 (USA - 1962) qui a été la première à la survoler, ou Venera 7 (URSS - 1970) qui s'y est posée en douceur.

Ajoutons que ce succès était très attendu à l'ESA. Un échec dû au lanceur aurait pu porter une ombre sur la coopération avec la Russie, à la suite de la série noire enregistrée précédemment.


Comment les systèmes pondent
JPB/CJ 09/11/05

Couverture du livre "Comment les systèmes pondent"Les incidents dans les banlieues donnent, malheureusement, un relief particulier à l'intérêt de la mémétique, sur laquelle nous avons beaucoup publié dès la création de cette revue. Sur la mémétique, on lira le livre récent de notre ami Pascal Jouxtel, Comment les systèmes pondent" publié aux Editions Le Pommier. La mémétique ne donnera sans doute pas au gouvernement tous les moyens pour résoudre le problème des banlieues. Mais elle aidera à prendre des vues plus globales. Celles-ci ne traiteront pas à elles seules le phénomène profond, qui est l'incapacité de la société française actuelle à intégrer les immigrants. On ne dira donc pas que les émeutiers sont des virus - on voit les conséquences de telles assimilations. Ce sont les images qui sont des virus. Mais il sera bon d'examiner comment fonctionnent les super-organismes dont ils sont les agents, avec quelles informations ou messages ils se fortifient. De même, il faut étudier la question des ghettos. Ceux-ci constituent des super-organismes différents de ceux que sont les bandes, mais qui leur sont très liés. Il faut aussi tenter de les étudier un peu scientifiquement, à la lumière de la mémétique notamment. On ne leur appliquera évidemment pas les mêmes outils d'analyse que ceux utilisés traditionellement pour analyser la banlieue parisienne.

Nous présenterons prochainement le livre de Pascal Jouxtel. Son auteur vient d'ouvrir un blog sur la mémétique http://systempondent.over-blog.com/


ENON, le robot humanoïde à roue de Fujitsu
CJ 03/11/05

Le robot ENON de FujitsuFujitsu Frontech Ltd. propose à la vente au Japon, depuis le 13 septembre dernier, son robot sur roue ENON (Exciting Nova On Networks). Les commandes commencent à arriver et les envois devraient débuter dans le courant de ce mois. Le robot, qui mesure 1,3 mètres de haut pour 50 kg et se déplace à une vitesse maximale de 3 km/h, est destiné à servir de guide, à escorter les invités, à transporter des objets (n'excédant pas 500 g) et à effectuer des patrouilles de garde, voire renseigner les visiteurs sur des produits ou sur la société dans laquelle il officie.
Disposant d'un système de reconnaissance vocale*, il étudie son environnement grâce à 6 caméras, 3 capteurs ultrason et 3 capteurs de contact. Doté d'un réseau local sans fil, il peut envoyer des clichés à destination d'un bureau central. Sa tête (zones des yeux et de la bouche) est équipé de diodes électroluminescentes qui lui permettent de prendre des "expressions" faciales.
L'interface utilisateur est assuré par un écran tactile de 10,5 pouces (27 cm), 4 microphones et 2 haut-parleurs.
Prix annoncé : 54 000 dollars (environ 45 000 euros).

* Il ne reconnaît pour l'instant que le Japonais

Pour en savoir plus :
Site de Fujitsu : http://www.fujitsu.com


Construire sa bibliothèque scientifique en ligne
CJ 2/10/05

Logo CiteUlikeLancé en novembre 2004, et aujourd’hui disponible en version française, CiteULike est un système de gestion en ligne gratuit permettant aux chercheurs (ou personnes intéressées par les sciences) de stocker, organiser et partager les publications qu'ils lisent. Par un simple clic, l’article repéré vient s'ajouter dans votre bibliothèque personnelle. L’indexation est automatique : chaque référence est caractérisée par des mots-clefs ("tags").

Avantages du système :
- comme votre bibliothèque est stockée sur le serveur de CiteUlike, l'utilisateur peut y accéder depuis n'importe quel ordinateur. Plus besoin de se promener avec des tonnes de livres lors d'un déplacement pour un congrès (ou lorsque l'on part en vacances).
- le système permet de partager sa bibliothèque avec d'autres internautes, savoir qui lit les mêmes articles, ceci pouvant d'ailleurs aider à découvrir des documents importants pour son domaine et dont on n'a pas connaissance....

L’inscription est gratuite. Il suffit d’une adresse mail, un nom d'utilisateur et un mot de passe.
Signalons que ce sont les liens vers les articles qui sont stockés, et non les articles eux-mêmes, qui restent dans des bases comme JSTOR ou PubMed. La base de donnée centrale est sauvegardée toutes les quinze minutes, et l'information qui est dans votre bibliothèque et sûre et protégée.

Pour le moment, ce sont surtout des articles de médecine et de biologie qui sont disponibles. Actuellement, le système récupère les liens pour: AIP Scitation, Amazon, American Geophysical Union, American Meteorological Society, Anthrosource, Association for Computing Machinery (ACM) portal, BMJ, CiteSeer, IEEE Xplore, IngentaConnect, JSTOR, MathSciNet, MetaPress, NASA Astrophysics Data System, Nature, PLoS Biology, PubMed, PubMed Central, Science, ScienceDirect, SpringerLink, Usenix, Wiley InterScience, arXiv.org e-Print archive, mais cette liste s'allonge continuellement.

Pour en savoir plus :
CiteULike : http://fr.citeulike.org/


The plausibility of life
JPB 30/10/05

Sous ce titre (The plausibility of life, Yale University Press, oct. 2005), deux biologistes évolutionnistes, Marc Kirschner, (fondateur du département de biologie des systèmes à la Harvard Medical School) and John Gerhart (biologiste à l'University of California, Berkeley) discutent les origines des organes et organismes biologiques complexes. Ils présentent l'hypothèse de la "variation facilitée" (facilitated variation) qui selon eux permet de répondre à la question de savoir comment des mutations génétiques survenant au hasard ont pu produire des organes complexes, tel que l'oeil.

Ce livre caractérise la nouvelle attitude des darwiniens, attaqués sur tous les fronts par l'incroyable offensive de l'Intelligent Design (ID). Face à des idéologues qui, soutenus par les milieux politiques et religieux les plus conservateurs, tentent de démontrer que seule la main de Dieu a pu organiser l'évolution, les scientifiques matérialistes ont décidé de réagir, plutôt que traiter ces opposants par le mépris. On comprend mal en Europe la virulence des débats, si bien que les biologistes européens n'ont pas encore jugé bon de se mobiliser contre un mouvement qui n'a pas encore traversé l'Atlantique. Mais peut-être ont-ils tort. Quoiqu'il en soit, comme toute théorie est perfectible, les critiques faites au darwinisme par les défenseurs de l'ID permettent de perfectionner les hypothèses relatives à l'évolution, ce qui ne peut être inutile. Le livre de Kirschner et Gerhart en donne l'exemple.

Selon les auteurs, le problème de la variation, posé par Darwin dès les origines, avait été occulté par les tenants de la Synthèse Moderne qui insistent sur les mécanismes de l'hérédité. Or la variabilité des organismes est infiniment plus grande que l'on imagine. Elle ne résulte pas seulement de mutations génétiques ponctuelles mais du fait que, depuis le niveau génétique jusqu'à celui des organes, les organismes sont constitués de blocs modulaires. Les mutations génétiques ne produisent pas de variations au hasard. Au contraire, tous les organismes ont maintenu intact au cours de deux milliards d'années un ensemble de mécanismes vitaux relatifs au métabolisme, à la reproduction de l'ADN, aux processus de croissance. Ce sont ces éléments, conjointement avec des schémas corporels globalement homogènes, qui ont servi de plate-forme aux variations plus visibles.

Ils prennent l'exemple de la défense de l'éléphant, des bois du cerf et de l'éperon du narval. On peut les considérer comme des innovations différentes, caractérisant une grande complexité spécifique. Mais il apparaît que c'est le même type de cellule qui guide leur développement dans chacune des espèces considérées. La structure modulaire de la vie signifie que ces appendices peuvent se développer selon des modalités différentes sans affecter le reste de l'organisme. Ils ne sont que les expressions différentes d'un même type d'activité génétique découlant du processus de la sélection naturelle, pour laquelle seules survivent les variantes utiles dans un environnnement déterminé. Le corollaire de ceci est que des variations génétiques minimes peuvent produire des changements corporels importants, tout au moins dans l'apparence. De même, les yeux des insects comme ceux des autres espèces, y compris les mammifères, qui semblent présenter des complexités différentes, partagent d'importants processus biochimiques modulaires de construction et de mise en relation des composants.

Cette hypothèse permet de faire l'économie de celle selon laquelle des mutations convergentes se produisant dans des espèces différentes plongées dans des environnements différents donneraient des résultats voisins (comme l'oeil) bien que provenant de sources distinctes. On retrouverait sous une autre forme la théorie selon laquelle la vie, partie d'une origine simple mais commune, obéit à des logiques de base sous-jacentes elles-mêmes communes, que des études de physiologie intégrative pourraient aujourd'hui mettre en évidence. Le darwinisme n'est pas remis en cause, mais situé dans une approche plus globale. Cette approche serait proche, pensons-nous, de celle développée en France par le Pr. Gilbert Chauvet, souvent évoqué dans ces colonnes.

Les auteurs de The plausibility of life militent, non seulement pour une contre-offensive généralisée de tous les scientifiques matérialistes contre l'ID, y compris auprès du grand public et des écoles. Mais pour une relance interdisciplinaire de toutes les études portant sur les différents mécanismes de l'évolution, afin d'enrichir une théorie darwinienne qui ne peut être considérée comme définitive. Maintenir une grande activité interdisciplinaire de recherches et d'échanges dans l'étude des phénomènes évolutionnaires constitue la seule façon efficace de répondre aux insinuations de l'ID et aux dégâts produits par cette doctrine dans l'esprit scientifique, au moins aux Etats-Unis.

Mais il ne faut pas faire d'illusion. Les promoteurs de l'ID, dans leurs blogs et autres publications, ont déjà présenté The plausibility of life comme une nouvelle preuve de la validité de leurs thèses. Voir par exemple le blog d'un certain William Dembski
http://www.uncommondescent.com/index.php/archives/415

Pour en savoir plus
Lire l'article de Peter Dizikes dans le Boston Globe, Missing Links http://www.boston.com/news/globe/ideas/articles/2005/10/23/missing_links?mode=PF
Voir aussi http://yalepress.yale.edu/yupbooks/book.asp?isbn=0300108656


Les nanovoitures (nanocars)
JPB 30/10/05

Les chercheurs de l'université Rice ont construit une nanovoiture composée d'une molécule unique. Celle-ci consiste en un chassis et des essieux pivotant librement. Les roues sont des buckyballs (fullerenes) de carbone composés de 60 atomes. La voiture mesure 4 nanomètres de large, Selon son co-concepteur Kevin Kelly, ce véhicule serait le premier qui fonctionnerait comme une voiture véritable, en roulant sur 4 roues dans une direction perpendiculaire à ses essieux. D'autres types de véhicules sont en construction, dont l'un capable de porter une charge. Cette réalisation est considérée comme un pas décisif dans la voie de l'ingénierie moléculaire. A quand les nanoembouteillages sur de nanoautoroutes?

Pour en savoir plus
Article http://media.rice.edu/media/NewsBot.asp?MODE=VIEW&ID=7850&SnID=841661904
Sur les fullerenes, voir http://www.psyclops.com/bucky.shtml


Reports et difficultés dans les programmes spatiaux
JPB 28/10/05

On ne doit pas s'étonner de voir tel ou tel calendrier de lancement retardé voire compromis par des difficultés techniques. Il faut cependant constater que l'ESA rencontre actuellement une mini série noire dans ses relations avec l'Agence spatiale russe, avec qui elle collabore de plus en plus fréquemment. Ce fut d'abord la perte du satellite Cryosat, que nous avons déjà relatée, suite à une défaillance dans la séparation du second étage du lanceur Rockot. Sur ce point, l'ESA a promis, par la voix autorisée de Jean-Jacques Dordain, directeur général, d'envoyer le plus tôt possible un double du satellite détruit, à partir des plans dont elle dispose. Le coût serait inférieur à celui du premier engin, estimé à 136 mns d'euros. Cryosat devait fournir des informations de la plus haute importance pour mesurer l'effet du changement de climat sur les glaces arctiques. Il ne faut donc pas s'arrêter au premier échec. L'ESA décidera en décembre prochain de ce qu'elle fera sur ce plan.

Dans le même temps, l'Agence russe évalue la fiabilité du lanceur Rockot, produit par la joint venture russo-allemande Eurockot, qui a converti aux fins de lancement pacifique le lanceur balistique intercontinental russe (ICBM) de la série SS19. Ce même lanceur devrait être utilisé pour mettre en orbite en 2006 et 2007, pour le compte de l'ESA, les satellites GOCE (mesure du champ magnétique terrestre) et SMOS (mesure de la salinité des océans). En attendant, le 19 octobre, Roskosmos a perdu le contrôle d'un satellite de contrôle de l'environnement terrestre, Monitor-E.

Mais les Rockots ne sont pas seuls sur la sellette. La sonde européenne Venus-Express, qui devait être lancée le 26 octobre, est restée au sol du fait d'une "pollution" détectée dans la coiffe du lanceur, une fusée Soyouz-Fregat. La mission Venus-Express sera très importante, puisqu'elle permettra, pendant 500 jours, d'étudier l'atmosphère de Venus, sa géologie et son climat. Il serait évidemment désastreux que le satellite soit perdu.

Pour être complet, on mentionnera le fait que les Russes recherchent actuellement un engin baptisé Demonstrator2R supposé pouvoir ramener du fret de la station spatiale internationale en utilisant la technologie dite IRDT (Inflatable Re-entry and Descent Technology). Après son lancement à partir d'un sous-marin, le prototype, une sorte de gros parachute, qui intéresse l'ESA, a été perdu vers le Kamtchatka.

Pour en savoir plus
Sur Venus Express, voir le long article de Tariq Malik dans Space.com http://www.space.com/businesstechnology/051026_techwed_venusexp.html
Sur l'IRDT, voir http://www.esa.int/esaHS/SEMOJU4Y3EE_index_1.html


Bientôt un afficheur cutané programmable ?
CJ 25/10/05

Robert A. FreitasLe chercheur américain Robert A. Freitas, spécialiste des nanotechnologies, continue à travailler à la mise au point d'un écran qui serait implanté à quelques millimètres sous la peau. Cette idée était déjà exposée en 1999 dans son ouvrage "Nanomedicine, Volume 1 : Basic Capabilities" (voir particulièrement la page 204 http://www.nanomedicine.com/NMI/7.4.6.7.htm), illustrée dans les figures 7.7A et 7.7 B de ce livre (http://www.nanomedicine.com/NMI/Figures/7.7A.jpg et http://www.nanomedicine.com/NMI/Figures/7.7B.jpg).

Le "programmable dermal display" © Gina Miller and Robert A. Freitas JrLa technique - qui fait appel aux nanotechnologies et que le chercheur dénomme "programmable dermal display" - consiste à implanter une population de trois milliards de robot-pixels sur une surface de 6X5cm, et dont les photons émis par ces pixels produiraient une image à la surface de la peau.
Cet
écran, qui pourrait être activé ou désactivé par un tapotement du doigt sur la main, serait programmé pour afficher nombre d'informations, obtenues via des capteurs, par exemple des données médicales comme la concentration d'oxygène dans le sang, le taux de glucose, la courbe des battements du coeur, la tension artérielle ou toute donnée physiologique importante... tout cela presque en temps réel.
Un dispositif qui pourrait s'avérer très utile aux services d'urgence...

Cette technologie n'en est encore bien sûr qu'à un stade très amont... Mais pour combien de temps ?

Pour en savoir plus :
Animation présentant le programmable dermal display (Windows Media Player) : http://www.nanogirl.com/museumfuture/images/dermal.wmv
Robert A. Freitas homepage : http://www.rfreitas.com/


Des robots-poissons autonomes présentés à l'aquarium de Londres
CJ 24/10/05

Robot poisson autonome à l'aquarium de LondresL'aquarium de Londres à County Hall s'est enrichi de trois nouveaux habitants. De drôles de poissons, presque indifférenciables des vrais, tellement leurs déplacements imitent finement celui des créatures vivantes, ondulant gracieusement et pouvant tourner brusquement, éviter les obstacles et leurs congénères, réagir à leur environnement...
La réalisation de ces robots autonomes par Huosheng Hu et son équipe du département de l'université d'Essex(1) est le fruit d'un travail de 3 ans mené en coordination avec les responsables de l'aquarium. Après avoir étudié le comportement et les mouvements de différents poissons, c'est finalement le modèle de la carpe commune qui a été choisi.
Pour le visiteur, placé directement en contact avec de tels robots (dont la taille est de 50 cm de long pour 15 de hauteur et 12 de large), c'est une opportunité de mieux comprendre ce nouvel univers de science et de technologie. Le robot présente d'ailleurs une de ses faces latérales décorée et l'autre laisse apparaître les différents mécanismes et moteurs électriques associés.

Robot poisson autonomePour l'équipe de chercheurs, ce type de robot autonome constitue une avancée dans le domaine(2), qui peut déboucher sur des applications comme l'exploration des fonds marins, la détection des fuites (par exemple sur des pipelines pétroliers) ou des mines sous-marines, voire même l'espionnage... Le robot peut se déplacer à une vitesse de 50 cm/s, mais pour l'instant nage à moitié de cette vitesse afin d'économiser l'énergie et lui donner une autonomie de 5 heures. Husoheng Hu travaille d'ailleurs actuellement à améliorer l'intelligence artificielle du poisson pour qu'il trouve par lui-même sa station de rechargement.

(1) Située au sud-est de l'Angleterre.
(2) La réalisation de poissons robotiques a débuté il y a quelque 10 ans.
Selon l'équipe du professeur Hu, leur robot est le plus abouti jamais réalisé en termes d'imitation d'un poisson vivant.

Pour en savoir plus :
Huosheng Hu home page : http://cswww.essex.ac.uk/staff/hhu
Site de l'aquarium de Londres : http://www.londonaquarium.co.uk/press/release_2005_robot_fish.html
Film du robot évoluant dans l'Aquarium de Londres (BBC) :
http://www.bbc.co.uk/mediaselector/...



Le développement des Unmanned Ground Vehicles (UGV) aux Etats-Unis
JPB/CJ 18/10/05

Le véhicule Stanley,  vainqueur du 2ème challenge de la DARPAL'agence de recherche de l'armée américaine (la DARPA) a organisé le 8 octobre dernier une course de véhicules automatisés sans pilotes dans le désert du Nevada.

Pas moins de 7 ordinateurs pour le véhicule Stanley Le gagnant a été l'université de Stanford, avec la voiture "Stanley"(1), véhicule réalisé sur la base d'un Touareg R5 Volkswagen, emportant à son bord sept ordinateurs (Pentium M), et qui n'a mis que 6 heures et 53 minutes pour venir à bout des 230 kilomètres de ce périple. Pour apprécier ce progrès à sa juste mesure, rappelons que la précédente course tenue en mars 2004 n'avait enregistré aucun gagnant.

Les compétiteurs de ce challenge sont des entreprises ou des laboratoires, américains ou étrangers (dont l'université de Parme, en Italie). La Darpa, à son habitude, espère ensuite récupérer le savoir-faire des participants jugés dignes d'un financement ultérieur. La seule dépense qui lui incombe initialement est le paiement du prix au vainqueur (2 millions de dollars cette année).

Ces épreuves s'inscrivent dans la mise au point d'UGV pouvant se substituer aux véhicules pilotés par des hommes sur le champ de bataille, en accomplissement de nombreuses missions de transport, d'assistance et bientôt de combat proprement dits. Il s'agit d'un aspect d'une politique générale visant à progressivement remplacer les hommes au combat, y compris les fantassins, par des robots. Les affrontements envisagés ne concernent pas seulement des théâtres traditionnels, en rase campagne, mais la contre-guérilla urbaine. La Darpa explique aussi que de tels véhicules serviront aux explorations planétaires futures (encore que le GPS n'existe pas à ce jour sur la Lune).
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Ce n'est pas seulement vers de tels robots légers que se dirige le DOD. Dorénavant, une grande variété de véhicules lourds est en cours de développement, à l'initiative du département de la défense. La Darpa a mis au travail un nombre important de consortiums réunissant des laboratoires publics, des industriels de l'armement et des start-up d'informatique et de robotique. En mai 2005 ont été présenté au War Collège des Carlisle Barracks (http://carlislebarracks.carlisle.army.mil/sites/local/) une vingtaine de véhicules de combat de taille différente, depuis les très lourds jusqu'à ceux portables sur un sac a dos ou même miniaturisés. Ceux-ci sont d'abord conçus pour suivre les troupes à terre. Mais à échéance de 10 ans, ils devraient devenir pleinement autonomes, y compris en exerçant de leur propre initiative des tirs défensifs ou offensifs. Les militaires américains n'ont pas à cet égard les états d'âme de leurs collègues européens, qui répugnent encore à envisager des combattants totalement robotisés.

La mise au point de ces matériels suscite une véritable explosion de technologies, comme le montre la visite du site de Foster-Miller, entreprise d'armement spécialisée. Il y a d'abord le mode de propulsion, qui donnera le choix entre les roues et les jambes articulées. Viennent ensuite les méthodes de communication entre robots et avec les troupes sur le terrain. Il n'est pas possible d'utiliser les satellites qui seraient brouillés. Les engins communiqueront par du bas débit terrestre crypté. Mais le plus difficile consiste à réaliser le cerveau autonome du robot. Les chercheurs américains s'affranchissent progressivement à cet égard des systèmes lourdement déterministes. Mais il est difficile de juger le niveau d'autonomie acquis par les cognitive systems en cours de développement. Il ne fait aucun doute en tous cas que ce sera dans la suite de tels investissements militaires que la robotique autonome progressera vraiment à l'avenir. Les contrats de la Darpa continueront, comme à l'habitude, d'alimenter un fort courant de brain drain en provenance des meilleurs ingénieurs européens.

Sandstorm(1) Parmi les 23 véhicules robotisés participants, 3 autres (tous américains) ont franchi la ligne d'arrivée : H1ghlander et Sandstorm, développés par l’institut de Robotique de l’Université Carnegie Mellon (Pittsburgh), ainsi que la Ford Escape Hybride réalisée par des étudiants de Metarie (Los Angeles).

Pour en savoir plus
Sur la course de cette année, voir le site Darpa Grand Challenge 2005 : http://www.grandchallenge.org/, ainsi que http://news.com.com/DARPA+contestants+make+robotic+history/2100-11394_3-5891802.html
Sur le véhicule Stanley : http://www.stanfordracing.com/
Sur la course de mars 2004 : http://www.olemiss.edu/depts/research/publications/umquest/2004/Fall/a_mind_of_its_own.html
Voir aussi : http://www.geointelmag.com/geointelligence/article/articleDetail.jsp?id=98038
Foster Miller :http://www.foster-miller.com/


Succès du second vol habité chinois
JPB 18/10/05

Iaîkonautes chinoisLe vaisseau Shenzhou-VI et ses deux taïkonautes, lancés par une fusée Longue Marche 2F, sont revenus sur Terre le 17 octobre, après une mission de cinq jours dans l'espace, qui consacre le succès du second vol habité chinois. Le vaisseau a atterri un peu plus tôt que prévu à un kilomètre seulement du site envisagé, ce qui représente une performance certaine.
Peu après, les deux hommes sont arrivés sur une base militaire de l'ouest de Pékin à bord d'un avion spécial. A leur descente, ils ont été accueillis comme des héros par le ministre de la défense. L'exploit est amplement célébré par les médias chinois, relayés par ceux de toute la zone asiatique.

Rappelons que la Chine est ainsi consacrée comme la troisième nation au monde, après la Russie et les Etats-Unis, à envoyer des hommes dans l'espace, qui plus est sans accident. La Chine montre ainsi qu'elle maîtrise désormais la technologie des vols habités. Le programme annoncé va se poursuivre. La prochaine étape, avec Shenzhou-VII, en 2007, devrait inclure des sorties dans l'espace. L'objectif à moyen terme de la Chine est de mettre en place une petite station spatiale avec d'importantes retombées civiles et militaires, puis, à l'horizon 2017, d'envoyer un véhicule d'exploration sur la Lune pour récupérer des échantillons lunaires. Il est évident, quoiqu'en disent les officiel, que ce programme aura inévitablement des applications militaires. La Chine fait largement appel pour ces différents projets aux technologies russes.

Dans cette perspective, on ne comprend pas que l'Europe ne relance pas dans les délais les plus rapides les programmes de vols habités sur des vecteurs propres, qu'elle avait arrêtés il y a quelques années pour des raisons budgétaires. Dès maintenant, que ceci soit ou non rationnel, il est évident qu'aucune grande puissance ne peut se dispenser d'envoyer des cosmonautes en orbite terrestre et plus loin. En fait la démarche serait très rationnelle pour nos pays, compte tenu des nombreuses retombées technologiques quelle entraînerait.

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Dans le même temps, la Chine se dote d'une armada de satellites. Depuis celui lancé en 1970, elle en a mis environ 70 en orbite, chargés de missions variées, civiles et militaires: observation du sol et de la mer, télécommunications...La résolution des satellites d'observation reste médiocre. Elle n'est pas descendue en dessous de la limite du mètre. Mais la Chine cherche à conclure des accords avec d'autres pays. Sa participation au programme européen Galiléo devrait lui servir à cet égard. Les Chinois se doteront peut-être plus tard d'un GPS en propre, à côté de l'américain et du Glonass russe qu'ils utilisent actuellement.

Tout ceci inquiète les experts américains. Ils craignent que la Global Space Dominance que les Etats-Unis se sont fixée soit progressivement battue en brèche. Si par exemple Pékin développait des armes lasers à terre ou embarquées capables de neutraliser leurs satellites, cela représenterait une menace considérée comme inacceptable. L'Europe qui ne se soucie pas de souveraineté spatiale n'a Dieu merci pas ces soucis.


Lancement d'un nouveau fonds de fonds technologique
JPB 18/10/05

L'État, la Caisse des dépôts et le Fonds européen d'investissement (FEI) ont annoncé le 13 octobre le lancement d'un nouveau fonds de fonds technologique (FFT) de 150 millions d'euros. Comme son nom l'indique, il prendra des participations dans d'autres fonds de capital-risque qui investiront eux-mêmes dans des entreprises innovantes. Le FFT est financé à parité par ses trois fondateurs. Il fait suite à deux autres fonds de fonds, qui avaient été lancés en 1998 et en 2000 avec le même objectif. Cette intervention de la puissance publique via un fonds de fonds a pour avantage de donner confiance aux autres capital-risqueurs qui hésiteront moins à investir dans les entreprises innovantes. Les effets se démultiplient en effet. Les interventions précédentes avaient permis de lever 1,3 mds d'euros à partir d'un fonds de fonds de 250 mns.

Il reste que, comme nous avons pu faire l'expérience indirectement à propos d' « idées de projets » réellement innovantes que nous avons pu connaître, que les procédures permettant d'accéder à ces prêts restent obscures pour la plupart des chercheurs souhaitant fonder des start up. Au contraire, les fonds américains, notamment ceux soutenus par le département de la défense, déroulent de véritables tapis rouges.


Pôles de compétitivité
JPB 15/10/05

Extrait d'un communiqué de presse du Premier ministre en date du 14/10/05 : "Le Premier Ministre, a installé ce vendredi 14 octobre le nouveau Comité interministériel d'aménagement et de compétitivité des territoires.
En élargissant les missions du CIADT le gouvernement affirme une exigence : l'unification des stratégies industrielles et d'aménagement du territoire pour renforcer la compétitivité et la cohésion de notre pays. L'installation du CIACT matérialise l'engagement pris devant les Français le 8 juin par le Premier ministre de mieux anticiper et accompagner les mutations économiques"
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La suite sur http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/communiques_4/communique_relatif_comite_interministeriel_54150.html

Le gouvernement a ainsi validé 55 projets de pôles de compétitivité sur 66 lors de cette réunion à Matignon du Comité interministériel d'aménagement et de compétitivité des territoires (CIACT, ex-CIADT). Outre l'important volet Transport de cette réunion, que nous ne commenterons pas, se trouve ainsi pérennisé le concept déjà présenté de pôle de compétitivité. On sait que cette démarche, indiscutable dans son principe (regrouper les activités de même nature afin de bénéficier d'effets de seuils), se heurte à de nombreuses critiques. La première concerne le nombre des pôles au regard des crédits et aides allouées. Ne va-t-on pas disperser les actions, pour faire plaisir au plus grand nombre possible d'électeurs ? Nous pensons sur ce plan que, si le risque existe, comme toujours dans de tels domaines, la possibilité d'aider, même par de petites sommes, des entreprises innovantes aux besoins initialement réduits, n'est pas à négliger. Mais il faudra ensuite que du capital risque ou des aides bancaires prennent le relais. En faveur d'un grand nombre de pôle joue aussi l'argument selon lequel il n'y a pas de raison de refuser à tel région ou département un label de compétitivité, sauf à le rayer progressivement de la carte de la France qui progresse.

Plus contestable voire dangereux est le principe du zonage, qui consiste à réserver les exonérations fiscales et allégements de charges sociales aux seules entreprises groupées physiquement dans le pôle labellisé. Ce principe risque d'obliger à se déplacer des entreprises implantées ailleurs, ou à décourager de nouvelles implantations. Il se comprend mal à une époque où le travail en réseau devrait pouvoir dans beaucoup de cas créer des synergies entre entreprises sans les forcer à se regrouper. Ce devrait être les projets de recherche et non la localisation géographique qui marquerait l'appartenance à un pôle. Mais on conçoit que pour les bureaucraties qui vont gérer ces questions, lesquelles n'ont généralement pas la compétence technologique pour en juger et qui sont soumises par ailleurs aux pressions des élus, un critère simple de décision, tel que l'implantation territoriale, soit plus facile. Pour éviter de probables dégâts dans l'avenir, il faudra que les premières aides et leurs résultats soient évalués dans un délai de 2 à 3 ans, afin de rectifier le tir si nécessaire.

Observons enfin que les collectivités locales, notamment les Régions, après avoir été réticentes, semblent vouloir s'impliquer dans le dispositif, sur la base, en Ile de France, de 1 euro pour 1 euro. C'est très bien. Mais il faudra les associer aux comités de pilotage, même s'il ne s'agit pas de co-gestion. Il faudra aussi qu'elles se dotent de leur côté de conseillers scientifiques et industriels compétents. On voit trop d'aventuriers, au niveau des collectivités locales comme d'ailleurs au niveau des organismes nationaux , se présenter auprès des entreprises en se faisant forts de leur faire attribuer une aide grâce à leurs relations, contre une ristourne plus que généreuse.


Succès de lancement du satellite de communication militaire Syracuse III
JPB 15/10/05

Le dernier-né des satellites de télécommunications militaires français Syracuse 3A a été lancé avec succès depuis le site de Kourou en Guyane le13 octobre 2005. Selon le communiqué du ministère de la défense, « Ce lancement marque une nouvelle étape significative dans l'accroissement des capacités militaires de la France. Le système Syracuse III permettra aux forces armées françaises de disposer d'un service de télécommunications par satellites du meilleur niveau, grâce à des performances accrues en terme de débit de transmission, de souplesse d'utilisation (nombre de couvertures mobiles multiplié par six), de protection (résistance au brouillage les plus sévères) et de sécurisation (chiffrement gouvernemental). Qu'elles soient en France ou déployées en opérations extérieures, les forces armées françaises pourront ainsi communiquer en permanence et en sécurité.

Syracuse 3A permettra également de fournir de la capacité de télécommunications par satellite à l'OTAN suite à un appel d'offre remporté en coopération avec le Royaume-Uni (système Skynet) et l'Italie (système Sicral) pour répondre au besoin de remplacement de la constellation NATO IV.

La maîtrise d'ouvrage du programme est exercée par la Délégation générale pour l'armement (DGA) au sein du ministère de la défense. La maîtrise d'œuvre industrielle du programme a elle été confiée conjointement à Alcatel Alenia Space (système spatial) et Thales (système sol et réseaux)».

Ajoutons qu'il ne faut pas confondre les satellites de communication-défense et les satellites d'observation-défense, représentés en France par la gamme des Hélios (qui travaillent dans le domaine de l'optique). Les deux services se complètent. Dans l'un et l'autre cas, une plus grande coopération européenne devra être assurée, avec la mise en place, dans les années ultérieures, de satellites aux capacités renforcées. L'utilisation duale de ceux-ci devra par ailleurs être encouragée, notamment lorsque la défense européenne participera, comme elle en l'a l'intention, aux opérations de monitoring des phénomènes naturels et de lutte contre les cataclysmes.

Pour en savoir plus
Communiqué de la DGA http://www.defense.gouv.fr/sites/dga/enjeux/les_progra...p-1
Sur Hélios II http://www.defense.gouv.fr/sites/defense/actualites_et_dossiers/les_satellites_helios?_&ispopup=1


VIBOT (European Masters in VIsion & RoBOTics)

Nous recevons le communiqué suivant, que nous nous faisons un plaisir de retransmettre. AI

Je vous contacte pour vous faire part d'une information qui peut intéresser vos lecteurs. Nous allons ouvrir, en septembre 2006, un nouveau master en vision par ordinateur et robotique, sélectionné dans le cadre du programme Erasmus Mundus.

VIBOT (European Masters in VIsion & RoBOTics) proposera aux étudiants du monde entier (24 étudiants extra-européens et 16 étudiants européens au maximum), ayant un niveau équivalent à notre licence, une formation sur deux ans très originale dans son organisation et couvrant de manière exhaustive les techniques de traitement de l'image, de vision par ordinateur et leurs applications en robotique mobile et en imagerie médicale. Après une semaine d'intégration passée sur le site universitaire du Creusot (Université de Bourgogne), les étudiants partiront effectuer leur premier semestre de cours à l'Université d'Heriot-Watt à Edimbourg ; le deuxième semestre aura lieu à l'Université de Gérone en Espagne ; et le troisième sur le site universitaire creusotin. Pour le 4e semestre, les étudiants auront le choix d'effectuer leur stage dans un des trois laboratoires du consortium (Le2i au Creusot, VICOROB à Gérone et VISP à Heriot-Watt), en entreprise, ou dans l'un de nos laboratoires partenaires (en Europe ou ailleurs).

Au final, les étudiants pourront obtenir les 3 masters locaux (des universités d'Heriot-Watt, de Gérone et de Bourgogne) et un supplément de diplôme «VIBOT».

Les Masters Erasmus Mundus entendent concurrencer les grands diplômes anglo-saxons. Leur ambition est d'attirer en Europe les étudiants extra-européens (Asie, Afrique, Amérique du Sud) en offrant une formation d'excellence. A cet effet, une bourse d'étude (1500€/mois) est proposée à chaque étudiant extra-européen sélectionné ; bien sûr, ces masters sont également ouverts aux étudiants européens.

VIBOT sera sans doute le seul master en vision et robotique labellisé « Erasmus Mundus » en Europe ! – Il en existe aujourd'hui une cinquantaine, toutes disciplines confondues (voir http://europa.eu.int/comm/education/programmes/mundus/projects/index_en.html).

Le site, en cours de construction, est disponible à cette adresse : http://www.vibot.org. La sélection des étudiants extra-européens sera effectuée, sur dossier, jusqu'au 15 janvier 2006. La sélection des étudiants européens suivra.

Je reste à votre disposition pour de plus amples informations sur les objectifs, le contenu ou l'organisation du master.

Pr Bernard Lamalle
Le2i – University of Burgundy
12 rue de la fonderie
71200 Le Creusot France
Tel : +33 385 73 1077 Fax : +33 385 73 1097
Email : b.lamalle@iutlecreusot.u-bourgogne.fr

David Fofi
Maître de Conférences / Associate Professor
Le2i UMR CNRS 5158 – IUT Le Creusot
12, rue de la Fonderie
71200 Le Creusot (France)
Tél. : +33 (0)3 85 73 11 26 Fax : +33 (0)3 85 73 10 97
http://www.le2i.com http://www.davidfofi.tk


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