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Article
La révolution de l'identification
numérique
par
Jean-Paul Baquiast
27 septembre 2005 |

Les
systèmes sociaux se sont toujours attachés
à attribuer des identifications fiables aux individus.
Les raisons en remontent à la plus ancienne antiquité
: notamment éviter les vols ou substitutions d'identité.
Celles-ci peuvent permettre aussi bien l'usurpation
de droits et de biens que la fuite devant les obligations
collectives, impôt ou service militaire. Plus généralement
l'absence de systèmes fiables d'identification,
favorisant l'anonymat, peut encourager les délits
en rendant impossible les sanctions. Aujourd'hui,
inutile de dire que la multiplication des systèmes
administratifs, bancaires, commerciaux, technologiques reposant
sur une identification fiable des ayant droits est devenue
telle que des solutions modernes et efficaces sont requises
de toute part. On peut dire que sans de telles solutions,
la société moderne cesserait de fonctionner.
Les techniques utilisées pour attacher à chacun
une identification unique et stable ont évidemment
changé à travers les âges, depuis l'attribution
d'un nom, généralement associé
à un lieu de naissance et transmis par la simple
tradition orale, jusqu'à la délivrance
par une autorité socialement reconnue d'un
document religieux ou civil sur lequel le bénéficiaire
s'authentifie par une marque qui lui est supposée
personnelle. C'est la signature manuscrite, accompagnée
plus récemment d'une empreinte digitale et
une photo, qui a joué ce rôle de marque. Il
faut signaler que, très tôt, au titre d'identité
détenu par l'individu a correspondu un document
collectif tenue par une autorité reconnue, la paroisse,
la mairie, qui regroupait les titres distribués au
cours du temps par cette autorité, qui contribuait
à leur authentification en cas de conflit et à
leur renouvellement en cas de perte. Ces fichiers «
centraux », comportant des informations diverses,
ont joué dès le début un rôle
important pour les opérations de dénombrement
ou d'investigation, au profit des autorités
de police notamment.
Au XXe siècle, ce furent la carte d'identité
et le passeport qui ont été quasiment les seuls
titres administratifs admis à prouver l'identité
du porteur. Un certain nombre de pays, soucieux de ne pas
donner à l'Etat de moyens de contrôle jugés
inutiles, avaient même jusqu'à nos jours refusé
la carte d'identité. L'identité se prouvait
par divers moyens plus incertains les uns que les autres.
Cependant le passeport, à peu près normalisé
au plan international, s'est imposé dès que
les passages de frontières ont pris l'ampleur qu'ils
ont aujourd'hui. Il n'intéresse encore de façon
universelle que les seuls voyageurs.
Comme on le sait, les imperfections de tels systèmes
traditionnels étaient nombreuses, encourageant des
fraudes multiples elles-mêmes sévèrement
punies, lorsqu'elles étaient découvertes, ceci
dès les origines(1).
Néanmoins, la faible mobilité des individus,
le nombre réduit des actes administratifs et des transactions
économiques ont pu s'accommoder pendant des siècles
de ces méthodes « manuelles ». C'est seulement
avec l'irruption de la société de l'information
automatisée, à la fin du XXe siècle,
s'accompagnant d'une plus grande sensibilité à
la criminalité, qui ont poussé les acteurs administratifs
et économiques à rechercher, souvent dans le
désordre, des méthodes plus fiables de fabrication
des titres et de tenue des fichiers.
Un
vaste débat s'est engagé concernant
la validité des nouvelles solutions, de type «
numérique », proposées par les industriels
de l'identification. Ce débat prend aujourd'hui
de plus en plus d'ampleur. Certains ont voulu le placer,
y compris dans nos démocraties européennes,
peu suspectes pourtant d'abus de droit, sur le terrain
de la protection des libertés fondamentales. C'est,
selon nous tout au moins, excessif. Rien ne serait pire
que l'anarchie des identités. En fait, on peut
penser que, si aucune solution universelle n'a encore
prévalu, ce que l'on a nommé la révolution
de l'identification (Identity Revolution)
imposera prochainement un consensus tant sur les méthodes
admissibles que sur les précautions à prendre
pour garantir du mieux possible les usagers des conséquences
des erreurs, fraudes et abus divers que l'on ne pourra
évidemment pas empêcher totalement. Nous examinerons
sommairement, dans ce court article, ces nouvelles méthodes
et les dispositifs permettant de protéger les citoyens
de leurs dysfonctionnements éventuels.
Les
méthodes numériques d'identification
On
retrouve, sous la variété des solutions techniques
ou des usages, un certain nombre de solutions génériques
qui semblent aujourd'hui devoir s'imposer. En
voici une liste sommaire:
La
reconnaissance automatique des formes. Il s'agit des algorithmes
plus ou moins complexes, relevant de l'intelligence artificielle,
qui permettent à des automates de lecture de saisir
une image, de l'analyser et de la comparer à des modèles
en mémoire. Ces automates ne fonctionnent en principe
que sous contrôle d'un agent humain, mais on conçoit
que ceux-ci étant de moins nombreux face à l'augmentation
des tâches, les erreurs éventuelles de l'automate
puissent avoir de graves conséquences. Historiquement,
la reconnaissance des formes a été utilisée
pour analyser les empreintes digitales. On l'applique aujourd'hui
aux images fixes (photos d'identité par exemple) et
aux images mobiles, issues par exemple des caméras
de surveillance(2).
La capture de signes corporels manifestes liés indiscutablement
à un individu et à un seul. On désigne
cela du terme de biométrie. Les empreintes digitales
jouent encore un grand rôle à cet égard,
mais pour plus de sécurité, on tend malgré
le coût accru à enregistrer celle de plusieurs
doigts plutôt que celles du seul index. Les photographies
de tout ou partie du corps, essentiellement la face, sont
de plus en plus utilisées, malgré les nombreuses
fraudes qu'elles peuvent permettre (sans mentionner
la nécessité de les réactualiser régulièrement
pour tenir compte du vieillissement des sujets). La 3D donnera
de bien meilleurs résultats que la 2D mais demandera
des logiciels plus complexes.
Aujourd'hui,
la technique qui semble avoir toutes les faveurs est la
saisie de l'image de l'iris de l'œil,
qui s'avère, au même titre que l'empreinte
digitale, propre à chacun de nous. De nombreux gouvernements
envisagent de la généraliser dans les futures
cartes d'identité 3). A noter que l'utilisation
de la signature a pratiquement perdu toute valeur probante.
Elle est cependant encore requise par de nombreux services
publics et commerciaux. Pour les besoins plus sophistiqués,
notamment en criminologie, la généralisation
de méthodes bon marché d'analyse par
spectrographie de masse des empreintes génériques
encourage l'utilisation d'éléments
du génome individuel (ADN). On parle pour l'avenir
de saisie des odeurs personnelles ou autres caractéristiques
fines identifiant les individus, mais pour le moment il
s'agit encore de science fiction. Seuls les animaux
sont équipés pour s'identifier de cette
façon…ce qui en dit long sur l'universalité
du besoin.
La conservation des données personnelles. Celle-ci
doit être organisée au double niveau de l'individu
identifié et des fichiers administratifs ou privés
servant de bases de références aux recherches
d'identité. Les contraintes techniques sont
différentes (correspondant à des contraintes
politiques elles-mêmes différentes que nous
examinerons dans la seconde partie de la note). Dans le
premier cas, il faut obtenir un support commode à
utiliser, inaltérable, infalsifiable et, le cas échéant,
assurant la confidentialité d'accès
à certaines données, sauf en principe au porteur.
Après la carte d'identité classique
(carton) puis la carte plastique, dite aussi infalsifiable,
ne comportant que peu de données numériques
non-encryptées, les services de police tendent à
généraliser la mémorisation cryptée
des données dans une puce incrustée dans la
carte. Cette solution se répand aussi dans le domaine
bancaire et commercial. La carte est lue par un lecteur
classique. Dans le souci de faciliter cette lecture, la
technique plus complexe de la lecture à distance
de la puce (qui fait office d'émetteur-répondeur
lorsqu'elle se trouve à courte distance d'une
borne) est de plus en plus envisagée, aussi bien
pour les usages commerciaux (péages) qu'administratifs
(passeports aux filtres aéroportuaires). L'usager
peut par ailleurs, en général, bénéficier
de dispositifs lui permettant de lire exhaustivement les
données dont sa carte est porteuse.
En ce qui concerne les fichiers mémorisant et permettant
de gérer les données inscrites dans les cartes
des particuliers, deux objectifs sont pris en compte par
la technique : permettre (dans les cas autorisés
par la loi – voir ci-dessous) l'interconnexion
des fichiers, ce qui suppose des méthodes parfois
complexes de normalisation – assurer la confidentialité
des fichiers au regard d'intrusions de personnes non
habilités, hackers, voleurs d'identités,
employés dévoyés…Cette confidentialité
est très difficile à garantir entièrement,
ce qui contribue à la mauvaise réputation
qu'ont parfois encore les techniques d'identification
numérique auprès des usagers.
Concluons
rapidement cette présentation des solutions technologiques
en rappelant que la redondance des méthodes est,
autant que la sophistication de chacune d'elles, un
des meilleurs moyens de garantir la fiabilité et
la confidentialité des données personnelles.
Ainsi une carte d'identité comportant à
la fois les empreintes des dix doigts, des images corporelles
et une reproduction de l'iris exclurait presque entièrement
les risques. Mais elle serait coûteuse, tant à
établir qu'à utiliser. Le Royaume Uni
semble s'orienter dans cette voie
La
protection des usagers à l'encontre des disfonctionnements
de l'identification numérique
On
se souvient qu'aux origines de la Loi française de
1978 dite « Informatique et Liberté »,
la Commission Nationale du même nom (CNIL), autorité
juridique indépendante, fort critiquée de par
ce statut qui semble la mettre au dessus des lois, avait obtenu
du législateur et des administrations l'interdiction
quasi absolue de l'interconnexion des fichiers à partir
d'un identifiant administratif unique. Ceci s'était
traduit par d'innombrables lourdeurs pénalisant autant
les administrations que les administrés. Ainsi, comme
la Cour des Comptes l'avait ultérieurement montré,
l'interdiction faite au ministère des finances d'utiliser
comme identifiant commun aux services d'assiette et à
ceux du recouvrement de l'impôt le numéro de
sécurité sociale dit numéro de l'Insee,
fiable et bien répandu, avait entraîné
pour le Trésor des milliards de francs de pertes à
recouvrer. En effet, les identifiants que la direction générale
des impôts et la comptabilité publique avaient
été obligées de développer pour
leur compte étant bien moins fiables et pas toujours
concordants ont généré de nombreux contentieux
et même des fraudes multiples (ce qui a laissé
dire aux services que les plus influents défenseurs
de la Loi Informatique et Libertés étaient les
organisations criminelles!).
Aujourd'hui,
la protection des usagers ne se pose plus tout à
fait dans les mêmes termes, du fait de la multiplication
des solutions techniques, de la grande diversification des
usages et de l'internationalisation des réseaux
utilisant les données personnelles. Il reste que
les nouvelles technologies comportent, nous l'avons
vu, des failles qui supposent que les citoyens de bonne
foi soient à la fois protégés contre
les disfonctionnement matériels des systèmes,
contre les nouvelles formes d'usurpation criminelle
des identités et finalement contre les déviances
toujours possibles, même si elles sont exceptionnelles,
en provenance des employés des services administratifs
ou des entreprises privées ayant recours à
l'identification numérique.
Ces protections, il ne faut pas se le dissimuler, sont difficiles.
Elles se heurtent à deux principaux obstacles. Le
premier tient au fait que, dans la mesure où ces
protections sont d'ordre juridictionnel, le fait que
la victime et l'auteur de l'acte générateur
de dommage soient souvent localisés dans des pays
différents, non liés par des conventions d'assistance,
rend la réparation difficile sinon illusoire. Les
usagers ne peuvent être protégés que
par des systèmes d'assurances privées
qui leur coûtent généralement cher,
directement ou indirectement. Le second obstacle tient au
fait que, dans le souci de faire vite, les usagers eux-mêmes
ne prennent pas toutes les précautions utiles ou
acceptent de courir des risques dont ils espèrent
que la probabilité d'occurrence restera faible.
Le développement du commerce en ligne montre ainsi
qu'aujourd'hui, de plus en plus de clients n'hésitent
plus à confier à leurs fournisseurs, même
par téléphone, leur numéro de carte
bancaire.
Les
risques courus tiennent à deux types de défaillances
techniques : celles qui provoquent, selon l'expression
en vigueur, soit des faux positifs, soit des faux négatifs.
Par faux positifs, on désigne par exemple le fait
qu'un titre attribue à un usager une identité
qui n'est pas la sienne et qui peut éventuellement
avoir été usurpée. Le faux négatif,
au contraire, refuse à l'usager la reconnaissance
de son identité, ce qui lui interdit l'accès
aux services qui lui sont indispensables, y compris l'accès
à sa voiture ou à son logement. Ces deux types
de faux peuvent provenir, soit de défaillances dans
les matériels ou les logiciels,, soit de fraudes
de la part de la personne identifiée, soit de fraudes
provenant de tiers. Comme par ailleurs les technologies
et les applications seront de plus en plus nombreuses et
diverses, il est pratiquement illusoire de compter sur des
garanties véritablement efficaces, entrant en jeu
systématiquement. Le renforcement de la guerre contre
le terrorisme, impulsée aujourd'hui dans le
monde entier par les Etats menacés, rendra plus difficile
encore la protection des libertés individuelles.
Une
première garantie, qu'il faut sans cesse rappeler
aux usagers, viendra de leur propre prudence. Ils devront
toujours prendre préventivement toutes précautions
utiles pour faire face à d'éventuels
disfonctionnements, fraudes et délits divers. Un
deuxième ordre de précaution sera à
la charge des Etats : ne pas essayer de globaliser toutes
les identifications sur un seul support et une seule procédure,
prévoir des voies de recours administratives et juridictionnelles
(à condition que les tribunaux acceptent de s'informer
de ces questions), assurer enfin de larges débats
avec le public afin que les nouvelles techniques soient
bien assimilées, y compris par les éléments
défavorisés de la population. Au plan sociétal,
la collectivité devra encourager le secteur économique,
principal bénéficiaire en général
des méthodes nouvelles d'identification, à
prendre en charge lui-même, par des assurances ou
offres de dédommagements diverses, les préjudices
imposés aux individus par des incidents dont ceux-ci
ne seront pas responsables. Les associations de consommateurs
auront un rôle important à jouer à cet
égard pour défendre l'usager.
Un dernier point doit être signalé. Le domaine
de l'identification numérique, comme tout ce
qui concerne en général la sécurité
électronique, va représenter des secteurs
économiques à la fois importants en terme
de chiffres d'affaires et stratégiques dans
la perspective de la guerre de l'information. Les
Etats, notamment européens, comme l'Union européenne
en ce qui la concerne, devront intervenir pour que ces industries
ne soient pas monopolisées, comme elles tendent à
le devenir actuellement, par des entreprises échappant
à un minimum de tutelle. Ceci notamment quand ces
entreprises passeront sous le contrôle de fonds d'investissements
tels que ceux diligentés par la CIA et le FBI aux
Etats-Unis. On se souvient de l'émotion qui
avait à juste titre saisi le gouvernement français
lors des menaces de rachat de la firme Gemplus, spécialiste
de la carte à mémoire, par des intérêts
politiques américains. Le risque, selon les spécialistes
français de l'intelligence économique,
est loin d'avoir disparu, concernant les entreprises
européennes du secteur.
***
Ajoutons
que les considérations qui précèdent,
portant essentiellement sur les aspects techniques, devraient
être complétées d'une discussion portant
sur les modalités administratives de l'identification,
notamment telles que les envisagent les principaux Etats Européens,
à partir de cartes d'identités personnelles
qui pourraient avoir vocation à devenir universelles.
Plutôt qu'aborder nous-mêmes cette question, nous
préférons laisser la parole au Sénateur
(honoraire) Trégouët, fondateur du Groupe de Prospective
du Sénat, et auteur d'une lettre d'information à
laquelle nous faisons souvent appel, @RT Flash.On trouvera
son article à l'adresse suivante: http://www.tregouet.org/article.php3?id_article=409#Chapo).
Il n'échappera pas au lecteur que l'auteur de l' article
est favorable à l'instauration d'une telle carte, sous
réserve de précautions à prendre pour
éviter les abus. La question a été récemment
débattue dans le cadre du Forum des droits sur l'Internet
(Cf. Débat national sur la carte d'identité
électronique http://www.foruminternet.org/forums/list.php?f=16)
.
Notes
(1) Voir par exemple la célèbre
affaire dite du retour de Martin Guerre, plaidée devant
le Parlement de Toulouse en 1565 et évoquée
dans notre article
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/62/gridbiblio.htm.
(2) Le London Underground a été
un des premiers à faire analyser automatiquement et
en temps réel les produits des vidéos, par exemple
pour détecter le comportement caractéristique
d'un candidat au suicide ou d'un pick-pocket. Les systèmes
automatiques ont joué aussi un rôle important
pour aider à déchiffrer les bandes supposées
avoir enregistré les images des terroristes, lors des
attentats de Londres.
(3) La saisie de l'image de l'iris se fait
par l'intermédiaire d'un lecteur proche de l'infra-rouge,
estimé inoffensif. L'image est analysé par un
algorithme du à John Doughman, de l'université
de Cambridge et convertie en un code de 2048 bits. Cette saisie
n'est pas possible dans toutes les conditions, notamment lorsque
le sujet ne s'y prête pas, volontairement ou non.
Pour
en savoir plus
On
lira sur ce sujet un rapport de février 2005, Biometrics
at the Frontiers, Assessing theImpact on Society, A Report
to the European Parliament Committee on Citizens Freedoms
and Rights, Justice and Home Affairs, émanant du Joint
European Research Center, conseiller de la Commission Européenne.
Globalement, ce rapport, non sans réalisme, considère
la révolution de l'identification numérique
à la fois inévitable et souhaitable, à
condition d'être préparée. http://cybersecurity.jrc.es/pages/ProjectlibestudyBiometrics.htm
Sur
l'Iris scan, voir http://ctl.ncsc.dni.us/biomet%20web/BMIris.html.
Cette documentation, ainsi que celles intéressant
les autres méthodes, est produite par le National Center
for State Courts (NCSC) des Etats-Unis. Voir aussi un site
d'information privé dont est extraite l'image ci-dessus
http://perso.wanadoo.fr/fingerchip/biometrics/types/iris.htm
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