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Editorial
Le bon exemple donné par l'Agence Spatiale Européenne
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
25 Septembre 2005

On aimerait voir davantage d'organismes de recherche ou de grands laboratoires suivre l'exemple remarquable que donne en ce moment l'Agence Spatiale Européenne (ESA). Pour intéresser les étudiants aux programmes spatiaux, celle-ci a décidé récemment de s'associer avec plus de 23 universités (dont une japonaise) provenant de 12 pays dans le projet dit SSETI Express. Le SSETI ( Student Space Exploration Technology Initiative) Express sera le premier microsatellite européen construit par une équipe repartie d'étudiants européens, auxquels se joindront le moment venu des radio-amateurs eux-aussi européens.

Le projet est financé par le Département de l'Education de l'ESA. Il vise en fait à réaliser plusieurs satellites qui seront progressivement mis en orbite dans les prochaines années. Le premier d'entre eux, c'est-à-dire le SSETI Express, doit être lancé avec d'autres charges utiles le 30 septembre à partir d'une fusée russe Kosmos 3M décollant de Plesetsk, Russie. Chacun espère que ce lancement réussira. Nous vous tiendrons au courant de la suite des évènements.

Le satellite a été réalisé à partir de composants principalement fournis par les universités participantes. Il a fallu 18 mois aux 400 étudiants de 23 universités représentants 12 pays pour concevoir et construire l'engin. L'objectif est d'intéresser les étudiants aux technologies spatiales et le cas échéant d'accroître l'expérience commune concernant de tels systèmes, toujours complexes à réaliser. Les équipes d'étudiants ont construit le satellite sous-système par sous-système, en communiquant principalement par Internet, dans l'intervalle des ateliers bi-annuels communs nécessaires à l'assemblage.

Le SSETI Express est un petit satellite de la taille d'une machine à laver. Il pèse 62 kg. Sa mission consistera à prendre des images de la Terre, à tester un système de contrôle d'altitude à gaz et à servir de transpondeur radio pour les radio-amateurs. Il abritera, malgré sa petite taille, 3 picosatellites cubiques de 10 cm de coté qui seront éjectés par lui dans des orbites indépendantes. Ceux-ci ont été réalisés par des universités allemande, norvégienne et japonaise.

Le coût global du système pour l'ESA n'a pas dépassé 100.000 euros, grâce aux dons des parties prenantes, auxquelles s'étaient jointes quelques entreprises du secteur spatial.

Après ce premier satellite, le programme se développera avec le lancement de l'ESEO, European Student Earth Orbiter puis de l'ESMO, European Student Moon Orbiter. Le premier sera dédié à l'observation de la Terre, le second devra orbiter autour de la Lune. Ces satellites, d'un poids double de SSETI Express, devraient être lancés par une Ariane 5 en 2008 pour le premier et 2010/2012 pour le second. On voit que les participants devront apprendre à maîtriser des durées de projet relativement longues. C'est là la grande leçon des projets spatiaux.

Afin d'intéresser les radio-amateurs, l'ESA lance un concours entre eux. Un prix sera donné au premier qui réussira à récupérer, décoder et retourner un message du SSETI, dans les bandes UHF et S-band. Le site du SSETI (voir ci-dessous) donne toutes informations utiles sur cette compétition et les suites.

Nous pourrions pour notre part, en réitérant nos félicitations à l'ESA, suggérer une conclusion. Pourquoi de grands laboratoires européens, éventuellement des industriels, ne lanceraient-ils pas de leur côté des opérations inter-universitaires analogues, débouchant sur des produits ou opérations en vraie grandeur. Un des premiers domaines auquel nous pensons serait la réalisation de robots pleinement autonomes, qui d'ailleurs pourraient trouver assez vite des applications, précisément, dans le domaine spatial. Si des projets de ce genre voyaient le jour, on pourrait peut-être commencer à croire, y compris dans les populations étudiantes, au dynamisme technologique, scientifique et intellectuel de l'Europe.

Pour en savoir plus
Le site de SSETI http://sseti.gte.tuwien.ac.at/WSW4/ Sans être perfectionnistes, nous aurions aimé trouver un peu plus d'ergonomie dans ce site, qui n'a rien de très attrayant.
Voir aussi l'article sympathique de Space.com http://www.space.com/businesstechnology/050921_techwed_sseti.html

Note: Signalons que dans le même esprit consistant à faire concourir des universités sur des cahiers des charges précis, l'Onera, financé par la DGA, vient de réaliser un concours international de drones miniatures, rassemblant 20 équipes universitaires. Les drones ont été testés dans des conditions d'exploitation véritable sur le terrain militaire de Valdenay à Mourmelon, du 12 au 15 septembre. Même si les drones n'ont pas satisfait à toutes les conditions, l'opération est considérée comme un succès. Il faut souhaiter qu'elle soit poursuivie. Voir http://concours-drones.onera.fr/ et http://www.onera.fr/evenements/concours-drones/index.html

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