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La Revue mensuelle n° 67
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ÉS

 

La numérisation industrielle des livres-papier
JPB 01/10/05

Une machine à numériser - la Kirtas' APT BookScan 1200 - présentée récemment par la firme américaine Kirtas Technologies résoudrait semble-t-il toutes les difficultés rencontrées par la numérisation et la reconnaissance de caractères des ouvrages notamment anciens ou hors format. Nous ne décrirons pas ici les dispositifs mis en oeuvre, qui paraissent très ingénieux. Les lecteurs intéressés pourront se renseigner sur le site.
En revanche, on en saurait trop insister sur les conséquences qu'auront inévitablement à long terme de telles machines, si leur emploi comme il est souhaitable se généralisait. Elles seraient le complément indispensable des projets de bibliothèques universelles lancées par Google ou la future bibliothèque numérique européenne. Une question se pose :lL'humanité devra-t-elle payer indéfiniment à l'inventeur le droit d'utilisation de son invention, en dépendant entièrement de lui dans un domaine pourtant vital pour la constitution de la future culture numérisée mondiale? Verra-t-on au contraire de telles machines, exploitant des brevets voisins ou différents, se généraliser, comme les automobiles et les aéroplanes l'avaient fait en leur temps? Pour la moment, on ne voit pas quel concurrent européen pourrait s'intéresser au domaine. Rappelons que Kirtas bénéficiait d'un savoir-faire précieux acquis au Palo Alto Research Center de Xerox.

Pour en savoir plus
Voir http://www.kirtas-tech.com/ où la machine est présentée en mouvement, d'une façon très convaincante.

PS en provenance des documentalistes de l'Education Nationale

"La Commission dévoile ses plans pour créer des bibliothèques numériques européennes

La Commission a dévoilé aujourd'hui sa stratégie pour rendre le patrimoine écrit et audiovisuel de l'Europe accessible sur l'internet. La numérisation du patrimoine historique et culturel européen permettra à chacun d'y accéder dans le cadre de ses études, de son travail ou de ses loisirs, et donnera aux novateurs, aux artistes et aux entrepreneurs la matière première dont ils ont besoin. La Commission propose que les États membres travaillent de concert pour numériser et conserver ce patrimoine et pour le rendre accessible à chacun. Elle présente une première série d'actions au niveau européen et lance une consultation en ligne pour recueillir des commentaires sur une série de questions (délai de réponse : 20 janvier 2006). Les réponses seront prises en compte dans la formulation d'une proposition de recommandation relative à la numérisation et la conservation numérique, qui devrait être présentée dans le courant du mois de juin 2006.
http://europa.eu.int/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/05/1202&format=
HTML&aged=0&language=fr&guiLanguage=en


Le projet européen de micro-robots I-SWARM
JPB 30/09/05

Robots en essaimLe projet I-SWARM (Intelligent Small World Autonomous Robots for Micro-manipulation) vise à développer des armées de microrobots (plus de 1000) destinés à explorer les milieux dangereux ou inaccessibles. Il s'agit d'un programme européen (IST FET-open Project 507006) doté de 4,4 millions d'euros, qui se déroulera de 2004 à 2008. Il rassemble des experts en microrobotique, en systèmes distribués et adaptatifs, en systèmes auto-organisationnels biologiques (essaims). L'objectif sera de fabriquer en masse de tels microrobots, qui seront équipés individuellement d'une intelligence embarquée limitée, mais dite "pré-rationnelle". Différents types de robots seront définis, dotés de capteurs, manipulateurs et moyens de calcul variés. Au-delà de l'exploration, ils devraient pouvoir accomplir en essaim des tâches de micro-assemblage, d'intervention sur le vivant ou, plus simplement, de nettoyage des pièces délicates d'une machine. Plusieurs universités européennes sont impliquées dans le projet, mais aucune n'est française... une fois de plus.

Pour en savoir plus
http://i60p4.ira.uka.de/~seyfried/tikiwiki-1.7.3/tiki-index.php?page=I-Swarm


Des tablettes pour stocker de l'hydrogène en toute sécurité
JPB 27/09/05

Le stockage de l'hydrogène carburant pose de grands problèmes: manque de sécurité, encombrement,... L'utilisation commode de l'hydrogène dans les moteurs à explosion, qui rendrait d'inestimables services dans la recherche d'une énergie propre, suppose donc d'autres solutions. L'université Technique du Danemark (DTU) en propose une qui paraît séduisante. Les chercheurs y ont développé une "tablette" qui conserve l'hydrogène de façon stable sous forme d'ammoniac absorbée par du sel de mer. L'ammoniac est produite en combinant l'hydrogène à stocker avec de l'azote atmosphérique. Pour utiliser l'hydrogène, il suffit de décomposer l'ammoniac à travers un catalyseur qui restitue H et N, apparemment sans fuites d'ammoniac. L'hydrogène lui-même pourra être produit de façon non polluante, par exemple à partir de fermes d'éoliennes, de plus en plus répandues au Danemark

Selon le Pr. Claus Hviid Christensen (département de Chimie de DTU), un réservoir d'automobile empli de ces cristaux ou tablettes peut permettre de rouler 600 km, comme s'il utilisait de l'essence ordinaire. Soucieux de développer et de commercialiser la technologie, l'équipe de chercheurs danois vient de fonder, avec la participation du DTU et de SeeD Capital Denmark, la société Amminex A/S. Comme quoi la vieille Europe ne paraît pas à court d'idées neuves. Encore faut-il, comme au Danemark, savoir encourager le développement commercial des idées des chercheurs.

Pour en savoir plus
Article de Fuel Cell Today http://www.fuelcelltoday.com/FuelCellToday/IndustryInformation/IndustryInformationExternal/
NewsDisplayArticle/0,1602,6487,00.html

Amminex A/S http://www.amminex.com/


Un prototype d'écran souple pour PDA
CJ 23/09/05

Alors que Philips tablait sur une période de deux ans avant de pouvoir lancer la commercialisation d’appareils équipés d’écrans enroulables, il semble que ce délai va être revu à la baisse, puisqu’un prototype, le "Readius" [certains disent Radius], l’équivalent du PDA de demain, vient de voir le jour dans l’entreprise néerlandaise. Muni d’un écran monochrome de 5 pouces, soit environ 12,7 cm (écran QVGA, 320 x 240 pixels ), pouvant être enroulé et déroulé à volonté.

Philips démontre ici son savoir-faire en matière de conceptualisation d’un nouveau produit en temps record. Le Readius servira, à définir les besoins des consommateurs afin de fournir dans un court laps de temps des appareils de grande consommation, accessibles et utiles à tous.
L'affichage monochrome offre un taux de contraste de 10:1. Ce type d'écran pourrait être utilisé pour de nombreux périphériques, on parle notamment de journaux électroniques ou encore de PDA flexibles qui seraient accompagnés d'un écran souple et d'une connexion WiFi. Les produits basés sur ce développement de Philips Polymervision devraient être disponibles d'ici deux ans. La production de ces écrans, elle, devrait débuter durant le second semestre 2005.

Readius, écran souple de Philips © Polymer Vision  
Readius, écran souple de Philips © Polymer Vision
Ecran déroulé
Readius se présente comme une feuille enroulable de 0,1 mm d'épaisseur.
Affichant jusqu'à quatre niveaux de gris, il permet de lire sans difficulté textes, graphiques ou cartes même en pleine lumière. De chaque côté de l'écran viennent prendre place les composants nécessaires au fonctionnement de l'assistant.
  Ecran enroulé
Lorsqu'on a fini d'utiliser l'écran, il suffit de l'enrouler pour qu'il n'occupe plus qu'un volume réduit.

Autre avantage : le Readius ne consomme que très peu d'énergie.
 

En savoir plus
Philips Polymer Vision (filiale de Philips spécialisée dans le développement d'écrans électroniques de nouvelle génération) : http://www.polymervision.com/
Communiqué de presse : http://www.polymervision.com/New-Center/Press-Releases/Article-14693.html


Le plus petit robot au monde
CJ 23/09/05

Micro-robot électrostatique © Bruce Donald, professeur d’informatique à Dartmouth et son équipe ont créé le plus petit robot contrôlable au monde. D'une dimension de 250 microns(1) de long sur 60 de large (soit la largeur d'un cheveu) et 10 microns d'épaisseur, manoeuvrable aussi facilement qu’une voiture, ce robot de silicium peut s’orienter et se diriger sur une surface plate en rampant à la manière d’un ver en effectuant des dizaines de milliers de pas de 10 nanomètres(2) à chaque seconde(3). Selon l'équipe, cette découverte ouvre la voie à une nouvelle génération de micro-robots encore plus minuscules. Si en général, les machines miniatures ont tendance à adhérer à tout qu’elles touchent, ici rien de tel : plutôt que de concevoir un système avec des roues, et des joints articulés qui doivent glisser sans à-coup sur leurs roulements, le micro-robot se déplace ici simplement en dépliant son corps. Le robot pivote en étendant son "pied" autour duquel il réalise un virage serré.
Pour faire court, disons que cette machine, 100 fois plus petites que les micro-robots déjà réalisé, intègre une alimentation en courant, des fonctions de locomotion, de transmission et un système de direction contrôlable, soit une combinaison de fonctionnalités jamais atteinte auparavant dans une machine aussi petite.

Le robot n’est pas préprogrammé pour se déplacer mais télécommandé(4), et est mû grâce à la grille d’électrodes sur laquelle il se déplace. Cette dernière lui fournit son énergie, mais aussi les instructions qui lui permettent de manoeuvrer librement au-dessus des électrodes sans aucune attache avec elles. Ainsi, le prototype est capable de se mouvoir librement sur une surface sans les fils ni les rails qui contraignaient le mouvement de micro-robots précédemment développés.

Des applications sont envisageables dans le domaine de la sécurisation de l'information, de la biomédecine et des biotechnologies

Une communication des chercheurs(5) aura lieu en octobre 2005 à San Fransisco, lors du 12ème Symposium International sur la Recherche en Robotique

(1) 10-6 mètre.
(2) 10-9 mètre.
(3) Ce qui est étonnement rapide, vu la taille du robot
(4) Le robot contient deux micro-servocommandes indépendantes, une pour la marche avant et une pour la rotation.
(5) "A Steerable, Untethered, 250 x 60 µm MEMS Mobile Micro-Robot" (with C. Levey, C.McGray, I. Paprotny, and D. Rus). 12th International Symposium of Robotics Research (ISRR), October 12-15, 2005, San Francisco, CA. In press.
L'article, également sous presse pour le Journal of Microelectromechanical Systems,sous le titre "An Untethered, Electrostatic, Globally-Controllable MEMS Micro-Robot" (with C. Levey, C.McGray, I. Paprotny, and D. Rus), est disponible sur le web : http://www.cs.dartmouth.edu/brd/4/jmems05/donald-jmems05.pdf]

Pour en savoir plus :
Page web de Bruce Donald : http://www.cs.dartmouth.edu/~brd/
Vidéo : interview de Bruce Donald :
http://media.dartmouth.edu/~pubs/donald-med.mov
voir aussi :http://www.cs.dartmouth.edu/reports/TR2005-553.CD/index.html


Privilèges immunologique et régénérateur des cellules souches embryonnaires
JPB 23/09/05

Les généticiens demandent depuis longtemps l'autorisation d'exploiter les ressources thérapeutiques probablement considérables des cellules souches embryonnaires. Un grand nombre de pays ne les autorisent pas actuellement à travailler à partir de telles cellules prélevées sur des embryons humains, même au stade le plus précoce du développement de ceux-ci. En revanche, l'expérimentation sur les cellules souches embryonnaires animales n'est nulle part pas interdite. Une équipe française vient de démontrer l'intérêt de la greffe de cellules souches embryonnaires provenant de la souris pour régénérer le tissu cardiaque de moutons frappés à titre expérimental d'infarctus ayant détruit une partie de leur tissu cardiaque. Bien que provenant d'une espèce différente, ces cellules ont été bien acceptées par les receveurs, sans provoquer de réactions nécessitant un traitement immunosuppresseur. Par ailleurs, orientées vers un lignage cardiaque alors qu'elles étaient auparavant dans un état non encore différencié, elles se sont convenablement transformées en cellules cardiaques, sans cependant bourgeonner au point de provoquer des tumeurs adventices.

Les chercheurs pensent que seules les cellules souches embryonnaires possèdent ce double privilège, immunologique et de différenciation, contrairement aux cellules souches prélevées dans la moelle ou sur d'autres tissus d'un organisme adulte. Ceci ouvrirait donc de nouvelles perspectives en matière de traitement d'un coeur humain atteint par un infarctus. Mais greffera-t-on sur l'homme des cellules souches embryonnaires de souris, voire de singes ? Il vaudrait sans doute mieux, toutes choses égales d'ailleurs, utiliser des cellules souches embryonnaires humaines. D'où l'intérêt d'autoriser pleinement l'expérimentation sur ces cellules, provenant comme on le sait d'embryons clonés dont le développement a été précocement interrompu. Encore faudrait-il que ces expérimentations ne soient pas proscrites pour des raisons religieuses.


Ayons pour terminer une pensée pour les moutons du groupe témoin qui n'ont pas reçu de cellules souches et qui sont morts cardiaques.

Pour en savoir plus
L'équipe en charge de l'expérience est celle du Dr Michel Pucéat, Centre de recherche de biochimie moléculaire CNRS FRE2593 de Montpellier et du Pr Philippe Menasché, Hopital européen Georges-Pompidou Paris. Voir The Lancet, http://www.thelancet.com/, sur souscription: Transplantation of cardiac-committed mouse embryonic stem cells to infarcted sheep myocardium: a preclinical study
Ménard C, Hagège AA, Agbulut O, Barro M, Morichetti MC, Brasselet C, Bel A, Messas E, Bissery A, Bruneval P, Desnos M, Pucéat M, Menasché P
The Lancet - Vol. 366, Issue 9490, 17 September 2005, Pages 1005-1012


Le robot aspirateur Roboking II
CJ 22/09/05

© LG ElectronicsAvec son nouveau robot aspirateur Cleaner Roboking II, la compagnie coréenne LG Electronics veut introduire dans une nouvelle ère les normes technologiques de ce compagnon ménager. Selon C. H. Lee, président du développement de LG Electronics, le robot dispose d'une batterie 8 fois plus performante que les modèles précédents, ainsi qu'une force d'aspiration 10 fois plus puissante : "Le robot a une puissance d'aspiration qui atteint les 100 watts(1). Sa batterie Lithium polymère (Li-PB), qui se charge en 2h 30mn seulement, offre une moyenne de vie 3 à 4 fois plus longue que celle de ses concurrents".
Doté de 21 senseurs, le Roboking utilise aussi un gyrodétecteur unique de direction ajustée(2), ce qui lui permet de trouver intelligemment son chemin et de faire son office jusque dans le moindre petit recoin de la maison.
Question filtrage, C.H Lee est fier d'annoncer que l'appareil utilise un système à cinq étapes et une valve qui empêchent le reflux des poussières aspirées. "Et pour la première fois dans l'histoire de l'industrie de l'aspirateur robotique, le système regroupe deux micro-filtres à haute pénétration d'air".

Objectif du géant sud-corée : positionner la marque sur le marché mondail de l'électroménager haut de gamme.

Prix annoncé : 1435 dollars

(1) La plupart de ses concurrents de haut niveau atteignent une puissance d'aspiration qui varie entre 30 et 70 watts.
(2) Le détecteur gyroscopique est un outil qui est notamment utilisé dans l'aéronautique, pour la navigation des satellites....

Pour en savoir plus :
Le Cleaner Roboking : http://www.lge.com/catalog/...


Les chercheurs étrangers aux Etats-Unis. Opportunités et risques
signalé par Bernard Lang 20/09/05

Les autorités académiques et politiques américaines font de grands efforts pour attirer dans les universités et les entreprises le plus grand nombre de chercheurs étrangers possible. Elles y réussissent puisque aujourd'hui on estime que par exemple un tiers des Ph.D en science et engeneering vont à des diplômés nés hors des Etats-Unis. Il s'agit d'un véritable écrémage, pour reprendre le terme employé par les Américains eux-mêmes, des meilleurs cerveaux mondiaux, en Europe et aussi évidemment en Chine, en Inde et ailleurs. Mais ce mouvement, pour certains responsables de la sécurité nationale, soulève quelques inquiétudes. Comment retenir ces chercheurs et, si besoin, comment s'assurer de la continuité de leur adhésion morale aux grands fondamentaux de la "civilisation américaine" et aujourd'hui, de la lutte contre les forces du mal ?

Un débat récent, fort instructif, sur ce sujet a eu lieu à la Chambre des représentants le 15 septembre 2005, devant le Subcommittee on Immigration, Border Security, and Claims, dans le cadre d'une audition significativement consacrée à la lutte contre l'espionnage (Hearing on "Sources and Methods of Foreign Nationals Engaged in Economic and Military Espionage."). Un rapport a été présenté sous le titre The Importance of Foreign-born Scientists and Engineers to the Security of The United States, par William A. Wulf, Ph., President, National Academy of Engineering, The National Academies.

Nous ne pouvons que vous renvoyer à la lecture, très instructive, de ce rapport. La volonté de contrôler les activités des chercheurs étrangers ne va-t-elle pas prochainement rendre la vie difficile à certains de ceux qui ne feront pas explicitement allégeance? A quand des comparutions devant des commissions chargées de prévenir les activités anti-américaines.

http://www7.nationalacademies.org/ocga/testimony/...


Un Réseau d'excellence européen pour les bio-nanotechnologies
signalé par Roger Grattery (20/09/05)

Frontiers, le réseau d'excellence des nanotechnologies appliquées aux sciences biologiques, annonce sa première assemblée annuelle (du 19 au 21 septembre 2005 à l'Université de Karlsruhe). Frontiers annonce aussi, un an après son lancement en août 2004, une évaluation de sa première année d'activité.

Frontiers, qui est parrainé par le sixième programme-cadre (FP6) de la Commission Européenne, se focalise sur les recoupements entre les sciences biologiques et les nanotechnologies. Le réseau regroupe douze instituts de nanotechnologie renommés en Europe et rassemble les expériences et les connaissances d'environ 200 scientifiques et chercheurs. En font partie, notamment, l'Université de Cambridge, l'Institut Max Planck en Allemagne et le groupe des nanosciences de Toulouse en France.

Frontiers vise à renforcer la position de l'Europe dans les domaines des nanotechnologies appliquées aux sciences biologiques et à établir un leadership de recherche et d'innovation en créant des structures qui s'appuient sur les atouts et les installations existants des partenaires du réseau. Le consortium cherche aussi à mieux se mesurer à ses concurrents principaux en matière de nanotechnologies, les États-Unis et le Japon.

La conférence annuelle de Frontiers est un événement de trois jours organisé à l'Université de Karlsruhe à partir du lundi 19 septembre 2005. Y sont prévues des présentations sur la nano-instrumentation, la nano-fabrication et les surfaces biologiques. Il y aura également des débats sur la commercialisation des nanotechnologies, les droits de propriété intellectuelle ainsi que les problèmes de discrimination sexuelle et les questions éthiques soulevées par la recherche nanotechnologique.

De plus, un panel de discussion, auquel participeront deux représentants de la Commission Européenne et un assesseur externe, procédera à une évaluation de Frontiers. L'objectif en est de déterminer les progrès, les étapes et les réalisations du réseau à la fin de sa première année et d'envisager quel niveau de ressources sera, à l'avenir, nécessaire.

Pour en savoir plus
Article de PRNewswire Europe http://www.prnewswire.co.uk/cgi/news/release?id=152442
Voir aussi sur les nanobiotechnologies en Europe NanoBio-Europe '05, Münster, 22-24 Sept. 2005 http://www.nano2life.org/ et la page Recherche de la Commission européenne http://europa.eu.int/comm/research/fp6/projects.cfm?p=3&pmenu=off


Le Retour vers la Lune de la Nasa
Jean-Paul Baquiast, 17/09/05

Après avoir laissé filtrer ces dernières semaines dans la presse différentes indications concernant ses plans de "Retour sur la Lune"(voir notre actualité du 08/08/05 http://www.automatesintelligents.com/actu/050831_actu.html#actu15), la Nasa vient d'informer officiellement la Maison Blanche de ses projets effectifs à ce jour. Il s'agit d'un programme estimé à 100 mds de dollars, s'étendant sur les 12 prochaines années, afin de faire alunir en 2018 un équipage de 4 hommes pour une durée d'une semaine. Une station sera construite, vraisemblablement au pôle Sud où se trouverait de l'hydrogène et peut-être de l'eau.

Mike Griffin, administrateur en chef de la NASALe Programme, baptisé Exploration Systems Architecture Study, a été présenté au Vice Président Richard Cheney et à l'adjoint du Conseiller National de Sécurité J.D. Crouch par l'administrateur en Chef de la Nasa Mike Griffin (notre photo) et les chefs de départements concernés.

La mission consisterait d'abord à mettre en orbite terrestre un atterrisseur lunaire (Lunar Lander, LL) et un module de départ de la Terre (Earth Departure Stage, EDS) grâce à un système de lancement lourd qui serait propulsé par cinq moteurs principaux du type de ceux de l'actuelle navette et par une paire de deux boosters à propulsion solide analogues à ceux de cette même navette. Une fois cette plate-forme en orbite, la Nasa lancerait la capsule habitée (Crew Exploration Vehicle, CEV) au sommet d'un nouveau lanceur (Crew Launch Vehicle, CLV) comportant les boosters de la navette et un étage supérieur propulsé par un des moteurs principaux de celle-ci. Le CEV s'amarrerait alors au système LL et EDS puis l'ensemble commencerait son voyage de plusieurs jours vers la Lune.

L'objet de cette première mission sera de démontrer que des astronautes peuvent vivre en autonomie partielle à partir des ressources lunaires, afin de produire l'eau, les carburants et les vivres nécessaires. Une autonomie complète sera évidemment indispensable lors des missions martiennes ultérieures, pouvant durer plus de 500 jours sans retour sur Terre.

Le coût du CEV est estimé à 5, 5 mds de dollars et celui du CLV à 4,5 mds. Le lanceur lourd requis pour la mise en orbite de l'ensemble devrait pouvoir emporter 125 tonnes et coûterait 5 mds de dollars, pour un coût de développement de moins de 10 mds. Il est important de noter, concernant l'avenir de la Station Internationale (ISS), que le CEV, équipé de 6 sièges, pourrait être utilisé comme module de liaison avec celle-ci. Une version inhabitée pourrait emporter une charge réduite. Le CEV devrait être opérationnel vers 2011, au moment où seraient interrompus les vols de l'actuelle navette. Le développement du système lunaire complet commencerait à cette date. La Nasa dépenserait alors un budget de 7 mds de dollars par an à ces diverses opérations d'exploration, budget qui atteindrait 15 mds par an en 2018, à la date prévue pour le premier alunissage – c'est-à-dire 46 ans après Apollon 17 en 1972. La Nasa, dans ces projets, s'efforcera comme on le voit de réutiliser après mise à niveau des modules existants plutôt que s'embarquer dans du radicalement original. C'est une bonne démarche.

On observera que ceux militant pour que la Nasa privilégie l'exploration de Mars, notamment l'influente Mars Society, s'inquiètent à la fois de ces délais et de l'emphase mise sur le retour vers la Lune. Ils craignent que devant les inévitables difficultés qui seront rencontrées, l'exploration de Mars par des équipages humains soit reportée sinon die. On ne voit pas cependant comment la Nasa pourrait se passer de l'expérience apportée par une implantation lunaire. Certes, les Européens de l'Esa semblent actuellement compter sur des vols robotisés, mais ceux-ci ne peuvent pas tout tester, notamment la subsistance d'humains sur de longues périodes à partir de ressources trouvées sur place.

On observera que les coûts annoncés ne paraissent pas exorbitants, vu l'enjeu. Mais ne sont-ils pas minorés volontairement ou non ? En tous cas, des coûts de cette nature ne devrait pas être hors de portée des Européens, associés éventuellement avec les Russes et d'autres, s'ils veulent comme il parait indispensable de le faire afin d'assurer la souveraineté européenne dans l'espace, conduire le programme Aurora d'exploration martienne.

Sources
* Space.com http://www.space.com/news/050914_nasa_cev_update.html
* Concernant les missions martiennes, voir http://www.space.com/missionlaunches/050818_moon_mars.html


Report à fin 2006 du prochain vol de Navette
JPB 15/09/05

La Nasa vient d'annoncer qu'elle allait probablement reporter le prochain vol de Navette non plus à mars ni même à juin 2006, mais à la fin de l'année. Des dégâts produits par le cyclone Katrina au centre spatial Stennis (Mississippi), qui teste les moteurs principaux de la navette, ainsi qu'à l'usine d'assemblage de Michoud, dans la banlieue de La Nouvelle-Orléans, seraient la cause de nouvelles dépenses et de nouveaux retards. Mais un certain nombre de personnes se demandent si la Nasa n'en profite pas pour poursuivre son désengagement du programme de mise à niveau de la Station Spatiale Internationale, en dépit des engagements pris notamment à l'égard des Européens. Dans ce cas, la Nasa n'assurerait plus qu'un nombre réduit de missions. Il faudrait que les utilisateurs de l'ISS trouvent d'autres formules, sans doute à base de véhicules russo-européens (voir notre article ci-dessous), pour continuer à exploiter cette plate-forme qui n'a vraiment plus la cote aux Etats-Unis, mais qui continue à susciter de l'intérêt en Europe et au Japon, notamment pour les expérimentations en micro-gravité.


Bientôt un système exosquelette berlinois pour les handicapés ?
CJ 15/09/05

Drône libellule : Libellule artificielle en silicium développée par Silmach. Ses battements d'ailes reproduisent fidèlement ceux du modèle biologique © SilmachEn coopération avec un fabricant de produits médicaux, une équipe berlinoise développe un système exosquelette visant à assister le corps humain et à l'animer dans ses déplacements. Destiné aux personnes dont la jambe et/ou le bras ne répondent plus correctement, ce système robotisé (orthèse) doit prévoir les mouvements du patient et les exécuter à sa place. Pour cela, le dispositif mesure la tension des muscles du membre assisté, réalise un traitement informatique puis répond en envoyant un signal de commande aux moteurs de l'orthèse.
Réalisé à la faculté d'informatique et d'électronique de l'Université technique de Berlin, ce procédé - qui doit encore être affiné - se situe pour l'instant en amont d'un système
commercialisable. Le souci des chercheurs est de rendre ce système totalement sûr. "Des contractions involontaires de muscles ne doivent pas conduire à des mouvements aléatoires, encore moins à la chute du patient", explique le Professeur Günter Homme, animateur du projet.

Le professeur Y. Sankai contrôlant son Hybrid Assistive Limb-3 , que porte un de ses assistants © T.OtakeVerra-t-on bientôt naître une industrie des exosquelettes sur le territoire européen ? Rappelons que le Japon est également dans la course. L'équipe du professeur Yoshiyuki Sankai de l'université de Tsukuba [voir notre actualité du 21/08/2003] développe aussi des modèles d'orthèses basés sur le même principe de fonctionnement...

Pour en savoir plus :
Exoskeleton Project Homepage - Berlin University of Technology :
http://pdv.cs.tu-berlin.de/ExoSkeleton/
L'Hybrid Assistive Limb (HAL) du professeur Sankai : http://sanlab.kz.tsukuba.ac.jp/HAL/indexE.html


Le drone libellule
CJ 14/09/05

Drône libellule : Libellule artificielle en silicium développée par Silmach. Ses battements d'ailes reproduisent fidèlement ceux du modèle biologique © SilmachUn drone libellule pour le fantassin du futur ? Le projet, mené par la start-up SilMach (Silicon Machinery) en partenariat avec la Délégation générale pour l'armement (DGA) a pour objectif de construire et de faire voler un petit engin ressemblant à une libellule, en faisant battre ses quatre ailes grâce à un procédé novateur.
Créée en 2003 à l'initiative de quatre chercheurs du laboratoire Femto-ST de Besançon (CNRS/université), SilMach a pour coeur d'activité
la conception et le développement de systèmes micromécaniques MEMS(1) intégrés sur silicium. Avec cinq demandes de brevets en cours, dont deux en copropriété avec la DGA, et son premier million d'euros de commandes fermes de services R&D atteint(2), l'entreprise envisage l'avenir sereinement.

D'une envergure de 6 cm, le prototype de drone libellule, exclusivement composé de silicium, ne pèse que 120 mg : 18 mg pour la structure mécanique passive, 2 mg pour le système de propulsion pour vol battu, les 100 mg restants dédiés à des microbatteries MEMS, qui doivent être développées par le CEA.
Jugeant les motorisations classiques inadaptées à un tel microdrone, SilMach a proposé de distribuer l'énergie nécessaire au vol sur la surface des ailes, au lieu d'employer un seul moteur placé à leur base. Dès lors, ce système mécanique distribué intègre quelque 180000 nanomuscles artificiels de 9 nanogrammes à la surface des ailes, développant une puissance mécanique utile de 80 mW pour seulement 2 mg de microactionneurs embarqués(3). Le fonctionnement est simple : les muscles (qui s'apparentent à des lames élastiques(4) encastrées dans l'aile et à ses extrémités), s'affaissent, se contractent et se redressent en fonction de la tension électrique (100 à 150 volts). A leurs points d’ancrage, ils génèrent des contraintes de flexion à quelques dizaines de battements par seconde dans la structure des ailes. L’ensemble des efforts combinés produit un battement(5) d’une amplitude de 40° en bout d’aile, conformément au modèle animal.

Reste encore à faire voler ce drone et donc à trouver la micro-source d'énergie adaptée. Répétons-le : ce projet est un projet de recherche exploratoire. Le résultat n'est pas garanti. "Un insecte en vol brûle des graisses animales ayant une capacité énergétique voisine de l'essence, soit environ 50 000 joules/g, tandis que les meilleures batteries au lithium actuelles ne peuvent fournir que 360 J/g. On est donc loin du compte (...) Développer une batterie miniature et ultral égère embarquée est un challenge difficile à relever pour les chercheurs du CEA", explique Gilles Bourbon, chargé du prototypage chez SilMach.

Il faudra certainement encore un certain temps avant d'assister à un véritable vol effectif du microdrone, qui d'ailleurs ne pourrait ne jamais avoir lieu. Mais de toutes façons, les avancées issues de cette démarche seront quant à elles acquises et bien réelles.
Pour la DGA, ce programme comporte des enjeux stratégiques, notamment en termes de rupture technologique ouvrant de nouveaux espaces dans le domaine de la miniaturisation. Et un tel drone, doté de capteurs eux aussi bio-inspirés, serait sans équivalent en terme de discrétion tant optique qu’acoustique...

(1) Micro Electro Mechanical Systems
(2) Pour l'instant, la vente de services R&D “amont” représente le principal moteur d'activité. Mais d'ici à trois ans, les chercheurs souhaitent en faire le moteur auxiliaire de l'activité de l'entreprise, la vente de licences devant passer au premier plan.
(3) En comparaison, le plus petit moteur électromagnétique commercialisé actuellement pèse 91 mg - et qui nécessite une transmission de puissance auxiliaire - ne développe que 0,5 W/g.
(4) Chacune d'1 micron d’épaisseur pour une moyenne de 150 microns de longueu
r.
(5) Ce résultat est le fruit d’une recherche de compromis constante. Plus le muscle est long, moins il faut lui appliquer de différence de potentiel pour le “contracter , mais le déplacement résultant en bout d’aile est plus faible. Au contraire, un muscle court offre une amplitude accrue mais il est gourmand en tension d'alimentation.

Pour en savoir plus :
Silmach : http://www.silmach.com/


HR-3P, le robot humanoïde qui résiste à la pluie
CJ 07/09/05

HR-3P  © Kawada IndustriesKawada Industries a présenté le 7 septembre le robot humanoïde HRP-3, successeur du HRP-2 [voir notre actualité du 2 décembre 2003]. Mesurant 1m 60 pour 60 kg (et donc plus grand de 6 cm et plus lourd de 7kg que son prédécesseur), ce nouveau modèle est prévu à la vente pour 2006. Certainement aujourd'hui l'un des robots les plus perfectionnés au monde, il présente l'immense avantage de pouvoir résister à l'humidité, à la pluie et à la neige (il peut d'ailleurs marcher sur de la glace). L'humanoïde peut être commandé à distance ou effectuer des tâches préprogrammées. On imagine l es applications : travail en zone à risques, en milieu hostile, voire même tout simplement dans certaines usines...


HR-3P  © Kawada Industries


Pour en savoir plus
Site web HRP-3P (en japonais) : http://www.kawada.co.jp/ams/hrp-3p/index.html
Site web HR-2P : http://www.kawada.co.jp/global/ams/hrp_2.html


Perspectives de l'industrie aérospatiale russe et coopération avec l'Europe
JPB 07/09/05

Le salon russe de l'aéronautique et de l'espace, Maks 2005, qui s'est tenu le 16/18 août, a été l'occasion d'annonces de prises de participation des constructeurs étrangers dans les anciens fleurons de l'industrie russe du secteur.

640 firmes sont 130 étrangères y étaient représentées. L'industrie russe demeure malgré la crise générale, relativement vivante et diversifiée, comme le montre une visite rapide du site du Salon. Les produits les plus divers sont proposés, tant pour des applications civiles que militaires. Mais sur les créneaux véritablement compétitifs, les industriels russes sont bien conscients qu'ils ont besoin de partenariats avec leurs concurrents étrangers et n'hésitent pas à les négocier, en s'efforçant évidemment d'en tirer le plus d'avantages possibles. Pour les étrangers, les partenariats sont généralement la seule façon aujourd'hui encore de pénétrer le marché intérieur russe, car leurs produits, qu'il s'agisse d'Airbus ou de Boeing, sont fortement taxés lorsqu'ils sont achetés par les compagnies de transport russes.

L'avionneur Soukhoï, qui vise la plus grande partie du marché de plus de 500 appareils nécessaires dans les 20 prochaines années pour remplacer les vieux Tupolev et Iliouchine (qualifiés parfois de cercueils volants), développe par exemple le projet d'avion régional RRJ, auquel coopèrent Boeing pour la cellule, Snecma pour le moteur et Thalès pour l'électronique, ainsi que Alenia Aeronautica, filiale de Finmeccanica. Les Européens participent aussi aux programmes militaires de Soukhoï et Irkut. A l'inverse, ils sous-traitent aux Russes des parties plus ou moins importantes de leurs propres travaux d'ingénierie et de production. C'est le cas notamment de EADS et de Boeing, qui emploient des centaines d'ingénieurs locaux.

Dans le domaine spatial, le constructeur russe RKK Energia a annoncé que le futur vaisseau Kliper sera lancé en 2011 et 2012 (version habitée). Il est destiné à remplacer aussi bien la navette américaine que les actuels Soyouz. Il s'agira d'un engin réutilisable, pour 6 personnes, ce qui posera les problèmes liés à ce type de solution, jusqu'à présent évités par les Soyouz, mais qui permettra de réaliser des économies. Le programme a été semble-t-il étudié d'une façon fouillé. La capsule combinera pour sa réentrée des possibilités de vol plané, des parachutes et des rétrofusées.

Jusqu'à 2004, les Russes n'avaient pas de perspectives de financement. Mais des négociations avec l'Agence Spatiale Européenne (ESA) ont été entreprises en 2005 et devraient permettre à celle-ci de s'associer au développement du projet, notamment concernant la capsule. Il pourrait en résulter un vaisseau spatial russo-européen habité capable d'effectuer non seulement des vols en orbite terrestre vers l'ISS (dont l'avenir à long terme ne dépendrait plus ainsi des décisions américaines), mais des allers et retours Terre-Lune. L'ESA de son côté développerait l'Automated Transfert Vehicule (ATV, image ci-contre) destiné aux frets lourds dont un premier exemplaire baptisé Jules Verne pourrait être lancé en 2006 par une Ariane 5.

On ne peut que se réjouir ici de ces perspectives de coopération entre l'ESA et les industriels russes, dont les compétences combinées seront capables d'affronter le meilleur de la concurrence américaine et chinoise, si leurs initiatives sont convenablement soutenues par les gouvernements et les opinions publiques.

Pour en savoir plus
Maks 2005 http://www.airshow.ru/exhibition/1/ex.html
Le RRJ http://www.airshow.ru/expo/412/prod_214.htm
Le projet Kliper (note détaillée, à lire absolument) http://www.russianspaceweb.com/kliper.html


Les opérateurs de satellites
JPB 08/09/05

L'opérateur américain de satellites Intelsat vient d'accéder au premier rang mondial, en rachetant un autre américain, PanAmsat. Dans ce secteur très concurrentiel mais aussi très stratégique (il est important de couvrir le plus grand nombre de pays, y compris dans la perspective de la Netwar), Intelsat devient le premier, avec un CA de plus d'1,5 milliard de dollars. Il devance le luxembourgeois SES Global et le français Eutelsat (CA 950 millions environ). Les opérateurs encore indépendants de ces trois leaders sont Jsat (Japon), Local Skynet (USA), New Skies Satellites (Pays-Bas) Telesat (Canada), SCC (Japon) et Optus Australie.

Les nationalités des opérateurs ne sont pas toujours significatives, dans la mesure ou certains sont cotés en bourse et sont possédés par des fonds d'investissements aux finalités très diverses. Les gouvernements européens ne devraient pas cependant se désintéresser de l'avenir de leurs grands opérateurs, notamment Eutelsat. Celui-ci devrait être introduit à l'automne sur Euronext. Rappelons que les décisions des opérateurs de satellites sont suivies avec attention par les constructeurs de satellites et de lanceurs, dont le marché commercial dépend pour l'essentiel des opérateurs.

Dans la perspective où l'Europe se déciderait à adopter une posture de puissance spatiale, un minimum de politique industrielle coordonnée s'imposerait dans ces trois secteurs.


Des stations orbitales gonflables
JPB 08/09/05

La firme de Las Vegas Bigelow Aerospace développe le concept de stations orbitales (terrestres voire lunaires) gonflables. De telles structures, susceptibles d'être assemblées en ensembles plus vastes, présenteront l'intérêt de la légèreté et du moindre coût. Elles pourront être mises en orbite par des lanceurs de puissance relativement modérée. Néanmoins, elles pourront rendre des services analogues à ceux de la Station Spatiale Internationale, soit pour des expériences sans équipages, soit au profit de scientifiques ou touristes.

Il s'agit d'une initiative pour le moment purement privée, qui s'inscrit dans la perspective de l'exploitation commerciale de l'espace, courant très en vogue actuellement aux Etats-Unis. C'est l'homme d'affaires Robert Bigelow, propriétaire entre autres d'une chaîne d'hôtels économiques (Budget Suites of America Hotel Chain), qui est le patron de Bigelow Aerospace. Les études et tests préalables semblent très avancées puisque un prototype au tiers, nommé Genesis, devrait être lancé au début de 2006. Le lanceur sera une fusée Dniepr sous contrat de ISC Kosmotras, société russo-ukrainienne proposant des services commerciaux. Un second prototype devrait suivre en 2007. Plusieurs mois ou années permettront de tester, outre les procédures de lancement et de gonflage, la durabilité des orbiteurs en milieu spatial et toutes les procédures inhérentes à leur utilisation en vraie grandeur. Des modèles à 45% nommés Guardian suivront, jusqu'au lancement de la station définitive, le BA 330, supposée offrir 330 m3 d'espace intérieur utile.

Les coûts ne sont pas communiqués, mais les ressources de la Nasa n'ont pas été sollicitées. Ceci dit, le Johnson Space Center de l'Agence suit le projet avec beaucoup d'intérêt. Bigelow a offert un prix, dans le cadre de l'America's Space Prize Competition aux concurrents susceptibles de produire des engins capables d'accoster son orbiteur.

Ajoutons que l'on aimerait voir de grandes entreprises européennes s'intéresser à de tels projets, sans lesquels l'espace demeurera un monopole institutionnel.

Pour en savoir plus
Article de Space.com http://www.space.com/businesstechnology/05097_bigelow_prep.html
Bigelow Aerospace http://www.bigelowaerospace.com/


Le Congrès Accelerating Change 2005 (Stanford, 16-18 Octobre 2005)
JPB 07/09/05

Logo : Congrès Accelerating Change 2005Ce Congrès annuel fait le point sur les développements de l'AI (Intelligence artificielle) et de l'IA (Intelligence augmentée). La page d'accueil du site (http://accelerating.org/ac2005/) nous présente les quelque soixante intervenants et Leaders de changement (Change Leaders) qui animeront les sessions.

Ni vous ni nous n'y figurons.. .De quoi nous rendre modestes...a moins qu'il n'y ait beaucoup de bluff dans tout cela.


Les promesses d'Iter
JPB 06/09/05

Un de nos abonnés nous a annoncé sur un ton outragé qu'il renonçait à nous lire, vue notre prétendue mauvaise foi à nous réjouir de la décision internationale d'implanter un premier réacteur de recherche Iter à Cadarache. Laissons-le à son amertume et bornons-nous à constater que plusieurs experts éminents de la fusion viennent de s'exprimer récemment dans la presse, en mettant en évidence les défis passionnants que devront résoudre les ingénieurs et scientifiques travaillant sur le projet dans les prochaines années.

Le premier article émane de Michel Chatelier, responsable du département de recherche sur la fusion contrôlée au CEA (La Recherche, septembre 2005, p. 24). Le défi essentiel, confirme-t-il, concerne la résistance des matériaux. Même si le plasma est confiné par des champs magnétiques, il est enclos dans des chambres qui doivent résister à la chaleur et aux émissions de neutrons très énergétiques résultant du processus. La résistance à la chaleur pourra être assurée, selon l'auteur, par des « assemblages de fibres de carbone sur un substrat de cuivre, dans lequel de l'eau circulera à grande vitesse ». Plus difficile à résoudre seront les modifications du matériau produites par les neutrons produits par la fusion «cinq fois plus énergétiques que les neutrons de fission». Ceux-ci « arrachent des noyaux d'hydrogène et d'hélium qui peuvent altérer les propriétés mécaniques de l'enceinte ». Les nouveaux matériaux à réaliser seront testés sous forte irradiation au Japon, dans le centre dont le Japon a obtenu la concession.

Michel Le Chatelier indique par ailleurs que la maintenance d'Iter sera assurée par des téléopérations robotisées. Nous avons déjà signalé dans notre revue cet aspect important du projet [voir notre article du 30 janvier 2005 : ITER, un défi technologique pour la robotique de maintenance]. Quant à la production de tritium à partir du lithium disponible dans la croûte terrestre ou dans la mer, elle ne devrait pas selon l'auteur poser de problème. Les approvisionnements seraient assurés pour des milliers d'années, contrairement aux affirmations du Réseau Sortir du nucléaire. Enfin, sur le plan économique, l'auteur renvoie à une série d'études de l'Union européenne (Fusion Power Plant Studies http://europa.eu.int/comm/research/energy/fu/fu_rt/fu_rt_pp/article_1281_en.htm) dont l'une met en comparaison les coûts des différentes solutions de production de l'énergie à échéance de 50 ans et en tire un bilan favorable (dans la mesure où ces coûts peuvent être estimés aujourd'hui).

Sur un autre registre, signalons l'article de Gérard Belmont et Stéphane Pasquier, physiciens non liés au CEA, (En réponse aux détracteurs d'Iter, Le Monde 3 septembre 2005, p. 13) dont la conclusion est que l'on peut être soucieux d'écologie et favorable au projet. Nous renvoyons à leur argumentation, que nous partageons depuis longtemps. (http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=913812
)

Signalons également que, selon nos sources, François D'Aubert, ancien ministre délégué à la Recherche, serait pressenti pour intégrer prochainement une structure intergouvernementale qui verrait le jour afin de suivre la mise en place du projet de réacteur expérimental de fusion ITER. Rappelons que François d'Aubert, durant ce mandat de ministre, a beaucoup oeuvré pour que le site d'ITER soit basé en France à Cadarache.


Contrôler un humain à distance...
CJ 30/08/05

Le GVS, dispositif contrôlant la marche d'un humain à distance  ©  Taro Maeda / NTTContrôler les mouvements des humains à distance : voici l'objet du programme "Shaking the world" [secouer le monde] développé par Taro Maeda et son équipe des NTT Communication science laboratories, basée à Kanagawa (Japon).
En stimulant le système vestibulaire (les tubes remplis de liquide, situés dans l'oreille interne, siège de notre sens de l'équilibre) de façon artificielle et à distance, via des électrodes, les chercheurs ont montré que l'on peut agir sur la façon dont l'oreille interne perçoit notre environnement et y gère notre équilibre et nos déplacements.
Dénommé "Stimulation galvanique vestibulaire" [Galvanic Vestibular Stimulation" (GVS)], ce procédé vient d'être rendu public lors de la 32ème Conférence internationale sur l'infographie et les Le Galvanic Vestibular Stimulation - Electrodes placés au niveau du mastoïde  © Taro Maedatechniques interactives (Siggraph 2005), qui s'est récemment tenue à Los Angeles. Les participants pouvaient à tour de rôle servir de cobayes, pour le plus grand amusement des spectateurs.
Une vidéo vraiment étonnante disponible sur la toile présente ainsi une jeune femme télécommandée à distance, par l'entremise d'électrodes placées sur la peau au niveau de l'os mastoïde juste sous l'oreille et le port d'un casque(1). Bien que désirant marcher en ligne droite, elle se dirige à droite ou à gauche, suivant les ordres envoyés par une télécommande(2) actionnée par le chercheur.

Les applications potentielles concernent tout d'abord la sécurité des personnes, comme l'illustre la photo ci-dessous(3) : un piéton marche dans la rue. Distrait, il ne voit ni n'entend la moto qui arrive derrière lui. Avec le dispositif GVS dont il est équipé (qui comprend notamment un capteur de mouvement), une onde électrique envoyée à son oreille interne va modifier - malgré lui - son angle de marche, permettant ainsi d'éviter l'accident.


Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Une autre application concerne le divertissement et le jeu vidéo : imaginez une salle de cinéma équipées de vérins hydrauliques avec des sièges asservis aux mouvements affichés à l'écran (comme il en existe déjà au Futuroscope par exemple). Rajoutez alors à ce système le GVS, qui modifiera en plus l'équilibre de chaque spectateur en fonction des images... Sensations fortes garanties... Même chose pour les jeux vidéo sur ordinateur, qui permettraient par exemple de sentir les effets de la gravité, où ceux des chocs si votre voiture de course quitte la piste.

Citons également les applications thérapeutiques pour des patients ayant un sens de l'équilibre contrarié.

Le GVS peut-il mener à des applications militaires un peu excentriques ? En tous cas, on peut déjà imaginer des simulateurs de vol vraiment sophistiqués pour l'entraînement des pilotes...

(1) Lorsque les écouteurs délivrent un faible courant électrique au mastoïde, le corps répond en déplaçant son équilibre vers l'anode. Plus le courant est fort et plus la poussée est forte. A un certain niveau, la perte d'équilibre est telle qu'elle entraîne un changement de trajectoire du marcheur en mouvement.
(2) Qui permet de choisir l'intensité du signal envoyé et la direction souhaitée.
(3) Disponible sur la page présentant le programme "Parasitic Humanoïd" sur le site des NTT Communication science laboratories : http://www.brl.ntt.co.jp/people/parasite/index.html

Pour en savoir plus
NTT communication science laboratories : http://www.brl.ntt.co.jp/cs/human/index.html
Siggraph 2005 : http://www.siggraph.org/s2005/main.php?f=conference&p=etech&s=etech24


Le robot humanoïde Wakamaru bientôt commercialisé au Japon
CJ 28/08/05

Wakamaru © MitsubichiMitsubishi Heavy Industries, créatrice du robot Wakamaru [voir notre actualité du 4/02/03] vient d'annoncer sa commercialisation pour cette année(1), grâce à une alliance intervenue le 16 août avec 6 autres sociétés : Itochu Corp., Omron Field Engineering, Sumitomo Corp., Seika Corp., BELLSYSTEM24, Mitsubishi Corp. Celles-ci donneront notamment un appui dans les domaines du développement des applications, des opérations de maintenance (service après-vente), du marketing et des relations clients.

Le prix de vente de ce robot humanoïde devrait être de quelque 11650 euros (1,58 millions de yens). Mitsubishi compte tout d'abord en vendre une centaine, principalement à une clientèle basée à Tokyo (les commandes se faisant entre le 16 septembre et le 31 octobre).
Rappelons que cet humanoïde
de 1 mètre de hauteur pour 30 kilos, doté d'une synthèse et d'une reconnaissance vocales, est capable d'être interrogé ou d'agir à partir d'un panel de 1000 mots simples. Capable de dire des phrases (pour l'instant en japonais), il sait téléphoner, lire et envoyer les courriels, mémoriser l'emploi du temps de son propriétaire et le prévenir de ses rendez-vous, surveiller la maison et alerter en cas d'effraction ou de danger (il est notamment doté de capteurs détectant la chaleur). Mobile, mais bien qu'un peu lent (sa vitesse est de 1,08 km/h), il peut être idéal pour accueillir des visiteurs dans un musée, un hôpital...

(1) Bien que déjà annoncée dès 2003, avec une utilisation axée sur l'aide aux personnes âgées, cette commercialisation n'avait jamais eu lieu, le robot n'étant apparu que dans des salons (iI est actuellement en démonstration jusqu'au 25 septembre à l'exposition internationale d'Aichi)

Pour en savoir plus
Site Wakamaru :
http://www.mhi.co.jp/kobe/wakamaru/english/index.html


Une main robotisée réagissant à toute vitesse
CJ 24/08/05

Le robot attrapeur de ballesd Une équipe de chercheurs Japonais basée à l'Ishikawa Namiki Laboratory, Department of Information Physics and Computing (université de Tokyo) a mis au point une main robotisée pouvant attraper une balle projetée à une vitesse de 300km/h.
Celle-ci se compose de 3 doigts, pouvant bouger de 10 degrés en 1 dixième de seconde. La paume comprend une matrice de 32 x 48 photodétecteurs individuels, qui permettent de repérer la balle en mouvement et de l'attraper délicatement du bout des doigts.
L'objectif d'une telle recherche est de conduire au développement de robots pouvant réagir presque instantanément.

Robot frappeur de ballesD'autres travaux concernent un robot frappeur de balle - une espèce de base-ball en quelque sorte - analysant instantanément le trajet de celle-ci à l'aide d'une capture d'images haute précision : le robot reprend les données issues de deux caméras qui capturent des images en trois dimensions de la balle à une fréquence de 1000 images par seconde. Une fois ces données reçues, il swingue sur la balle et la frappe avec son manche. Le robot n'a pu jusqu'à présent être testé qu'avec des balles voyageant à 50 km/h à cause d'une limitation en puissance mécanique, mais les chercheurs affirment que le robot est capable de taper des balles allant à 300 km/h. Pour l'instant, contrairement à des joueurs humains, il est incapable de frapper dans une direction déterminée.

Pour en savoir plus :
Main attrapeuse de balles :
http://www.k2.t.u-tokyo.ac.jp/fusion/MiraikanCatching/index-e.html
Robot frappeur de balles : http://www.k2.t.u-tokyo.ac.jp/fusion/HighspeedBatting/index-e.html


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