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ACTUALITÉS
Essais
à risque dans le domaine des virus de la grippe
JPB
12/04/05
Cette information pourrait n'intéresser
que les experts. Mais elle nous intéresse tous, car
elle montre les risques qui s'attachent à la manipulation
de virus potentiellement mortels quand toutes les précautions
ne sont pas prises. En résumé, le Public Health
Agency of Canada (PHAC) avait informé l'OMS que le
virus grippal A/H2N2 responsable de l'ancienne pandémie
de grippe asiatique et disparu depuis avait été
identifié en circulation dans un laboratoire canadien.
Celui-ci avait été approvisionné en
échantillons, pour étude, comme 3747 autres
laboratoires dans 18 pays, par le College of American Pathologists
(CAP). Or le A/H2N2 est très contagieux et vu son
âge ne rencontrerait plus d'immunité dans les
populations d'aujourd'hui. Sa dispersion pourrait provoquer
une renaissance de la pandémie de grippe asiatique
entraînant comme la précédente des centaines
de milliers de morts. L'OMS averti vient de demander la
destruction de tous les échantillons en circulation
et des mesures de prophylaxie strictes. Le danger à
ce jour parait conjuré, mais l'incident montre que
les études portant sur les virus hautement pathogènes
devraient être entourées de plus de précaution
qu'actuellement. La même question avait été
soulevée à l'occasion des études sur
le virus de la grippe espagnole, encore plus dangereux.
Pour
en savoir plus
Voir le communiqué de
l'OMS: http://www.who.int/csr/disease/influenza/h2n2_2005_04_12/en/
Voir aussi http://www.truthout.org/docs_2005/041305Z.shtml
Le
Millenium Ecosystem Assessment
JPB
12/04/05
Le Millennium Ecosystem Assessment (MA) est
un programme de travail international visant à améliorer
l'information des décideurs politiques et économiques
ainsi que du public. Il étudie les causes des changements
des éco-systèmes et leurs conséquences
sur le développement de l'humanité. Il a été
lancé en juin 2001 par le secrétaire général
de l'ONU Kofi Annan et se termine actuellement, début
2005. Les principaux rapports synthétisant ses travaux
sont en cours de finalisation et seront prochainement accessibles
sur le web. Ils sont particulièrement attendus par
les organismes mis en place par l'ONU pour la préservation
des éco-systèmes les plus en danger: la Convention
sur la biodiversité, la Convention contre la désertification,
la Convention sur les espèces migratoires, la Convention
Ramsar sur les zones humides.
Si
ces premiers résultats se révèlaient
utiles, il est prévu que les travaux seraient renouvellés
et étendus tous les 5 à 10 ans, y compris
à des échelles nationales ou régionales.
Le MA est dirigé de façon très internationale,
par un Bureau de représentants d'institutions des
Nations-Unies, d'organisations scientifiques et d'entreprises
publiques ou privées. Il dispose de secrétariats
permanents dans les 5 parties du monde. Ses travaux sont
supervisés par un Comité scientifique de haut
niveau. Ils ont été réalisés
par plus de 1350 auteurs émanant de 95 pays. L'ensemble
des résultats est et sera organisé en une
base de connaissances à multiples entrées,
permettant son exploitation et son enrichissement dans les
meilleures conditions.
Les
premiers résultats, ceci dit, sont plus qu'inquiétants.
Il apparaît que la grande majorité des éco-systèmes
généraux ou locaux dont dépend la survie
des populations humaines sont mis en danger, quand ils ne
sont pas en voie de disparition, du fait de ces mêmes
activités humaines. La grande question, celle que
les experts et le public se posent, concerne la suite effective
qui sera donnée aux mises en garde et alarmes ainsi
collectées. Il est clair qu'aujourd'hui, les divers
gouvernements du monde concernés n'ont aucune intention
de réagir, car ils mécontenteraient les groupes
de pression qui assure leur maintien au pouvoir. On en trouve
un exemple près de chez nous. Les experts des pêcheries
en mer du Nord voudraient que la pêche de certaines
espèces, déjà quasiment disparues,
soit radicalement interdites. Certains envisageraient même
l'interdiction totale pendant 10 ans de toute activité
de pêche, les pêcheurs étant par compensation,
pendant ce temps, "payés à ne rien faire"
par la collectivité. Le gouvernement britannique
a fait savoir qu'il n'en était pas question. L'Irlande,
la France et les pays scandinaves le rejoignent dans ce
refus de toute vraie mesure de protection.
Mais
le Millenium Assessment pose un problème encore plus
fondamental et apparemment insoluble. Tous les experts consultés,
qu'ils émanent du monde dit développé
ou du tiers-monde, considèrent que le modèle
de croissance mondiale dit d'harmonisation par le haut ne
pourra pas être réalisé. Autrement dit,
le niveau de vie des pays pauvres ne rejoindra jamais celui
des riches. Sauf si des bouleversements scientifiques et
techniques certes aujourd'hui envisageables au plan théorique
mais peu probables dans un délai de quelques décennies
modifiaient radicalement les relations entre production
et consommation. Il faudra donc accepter l'harmonisation
par le bas. Il est peu probable que les pays riches s'y
résolvent sauf à y être acculés
par de véritables guerres économiques voire
militaires. Les experts des pays pauvres ne le disent pas
explicitement, mais on sent, en lisant les rapports, que
beaucoup y pensent - comme d'ailleurs ceux des pays riches
qui préparent déjà des stratégies
de résistance. L'avenir n'est donc pas peint en rose.
Cela mériterait que le sujet soit plus largement
débattu qu'il ne l'est aujourd'hui. L'avenir de l'ONU
se joue en tous cas là.
Pour
en savoir plus
Accès aux rapports http://www.millenniumassessment.org/en/Products.aspx
Peut-être
un changement majeur dans la fourniture de médicaments
bon marché au tiers monde
JPB
12/04/05
On
sait que les grandes firmes pharmaceutiques continuent à
refuser d'abandonner leurs brevets sur les spécialités
destinées à traiter les pathologies du tiers-monde,
ce qui empêchent entre autres la fabrication de génériques
à bas prix. Même l'Inde qui jusqu'à
présent ne tenait pas compte des brevets délivrés
hors de son espace économique, devra rentrer dans
le rang suite aux pressions américaines à
l'OMC.
Or
ceci pourrait changer du tout au tout si l'exemple montré
par un accord entre le laboratoire franco-allemand Sanofi-Aventis
et la Fondation Médicaments pour les maladies négligées
créée à l'iitiative de Médecins
sans Frontières entrait pleinement en vigueur et
se généralisait à d' autres spécialités.
Il s'agit en effet de rendre libre de droits un nouveau
traitement anti-paludéen associant deux molécules,
traitement qui se révèle efficace contre les
résistances du parasite. Il pourra donc être
immédiatement copié et distribué à
bas prix (à prix coûtant, promet Sanofi-Aventis)
au profit dans un premier temps de plusieurs dizaines de
millions de personnes. C'est la Fondation DNDI associant
l'Institut Pasteur, MSF, la Fondation brésilienne
Oswaldo Cruz, des instituts de recherche indien et kényan
ainsi que le programme de l'ONU-WHO sur les maladies transmissibles,
qui mettra en oeuvre cette démarche et s'efforcera
de l'étendre à la dizaine de maladies les
plus dangereuses.
Il
faut saluer l'engagement de Sanofi-Aventis qui montre qu'une
entreprise européenne, bien que capitaliste, accepte
d'intégrer dans sa démarche les préoccupations
des organisations humanitaires en lutte pour l'amélioration
de la condition sanitaire du monde. Le fait qu'elle renonce
à breveter ou accepte de communiquer ses brevets
à d'autres est l'innovation majeure. Cela n'a jamais
été fait par les fondations émanant
des entreprises capitalistes américaines. Il s'agit
d'un premier succès de l'économie du Libre,
laquelle n'est en rien incompatible avec la possibilité
d'investir et de faire des profits, dans l'optique donnant-donnant,
si elle est bien managée par les partenaires associés.
Il
nous semble que l'évènement mériterait
un plus grand écho de la part de la presse que celui
fait actuellement.
Pour
en savoir plus
DNDI http://www.dndi.org
Communication de DNDI http://www.dndi.org/press_dossier01.asp
Photo
DNDI: Artesunate/Mefloquine tablets for clinical trial in
Thailand
Gordon Moore juge la Loi de Moore
JPB 12/04/05
Il
faut lire le très intelligent et très sensible
interview de Gordon Moore présenté ce mois-ci
par la revue C-Net (News.com). Le père de la Loi
de Moore, aujourd'hui retraité de Intel mais encore
très actif, y porte plusieurs jugements que nous
avons intérêt à méditer. 40 ans
après avoir formulé sa célèbre
Loi, il continue à penser que les technologies utilisant
le silicium sont loin d'avoir dit leur dernier mot. Il ne
croit pas possible de réaliser avec des nanotubes,
bit quantiques et autres solutions "exotiques"
les empilements de composants sous un petit volume nécessités
par les calculateurs de demain. Mais peut-être est-il
un peu conservateur compte-tenu de sa culture. D'autres
de ses jugements retiendront l'attention. Il ne pense pas,
au contraire de Ray Kurzweil, qu'en accumulant les transistors
on puisse un jour équivaloir l'intelligence humaine,
qui selon lui repose sur d'autres bases. Enfin, même
s'il ne pronostique pas à court terme la chute de
la Silicon Valley et plus généralement de
la technologie américaine, il est conscient que la
montée de la Chine et de l'Inde ne permettra plus
aux Etats-Unis de dominer le secteur des STIC comme ils
l'avaient fait précédemment. Inutile par contre
de préciser que l'idée d'une concurrence possible
de l'Europe technologique ne l'effleure même pas.
L'article http://news.com.com/Moore+on+40+years+of+his+dictum/2008-1006_3-5657677.html
Photo
C/net
Un
accumulateur lithium-ion rechargeable en 10 minutes
CJ 11/04/2005
Mettant
à profit l'exploitation des nanotechnologies, la
firme japonaise Toschiba a annoncé pouvoir commercialiser
dès l'année prochaine un accumulateur lithium-ion
(batterie que l'on trouve par exemple dans les téléphones
portables) rechargeable à 80% de sa capacité
en seulement une minute, et rechargeable complètement
en 10 minutes. Dans le premier cas, Toshiba précise
que le rechargement s'effectue 60 fois plus vite que pour
les accumulateurs lithium-ion classiques (et 12 fois plus
vite pour une recharge complète, habituellement effectuée
en 2h).
La démonstration de Toshiba a consisté à
alimenter un lecteur MP3 pendant 10 minutes en ayant chargé
la pile seulement 5 secondes. En plus de sa capacité
de recharge rapide, cette pile aurait une durée de
vie appréciable (perte de 1% après 1000 recharges).
Les premiers
bénéficiaires devraient être l'industrie
de l'automobile et celle des téléphones portables.
On voit tout de suite l'avantage concurrentiel d'une telle
innovation...
Pour
en savoir plus
Communiqué de Toshiba
:
http://www.toshiba.co.jp/about/press/2005_03/pr2901.htm
Intelligence
économique
JPB 08/04/05
La
Revue ADMINISTRATION, revue d'Etude et d'information publiée
par l'Association du corps préfectoral et des hauts-fonctionnaires
du ministère de l'intérieur, a consacré
un de ses quatre numéros annuels, celui de décembre
2004, à un dossier sur l'Intelligence économique.
Ce dossier devrait intéresser ceux qui ignorent encore
le concept ou les dispositifs mis en place récemment
par les pouvoirs publics pour renforcer les moyens français
dans ce domaine. Le nouveau rôle de l'Etat est bien
précisé par un article du ministre de l'intérieur,
complété d'un exposé du Haut responsable
pour l'intelligence économique au SGDN, Alain Juillet.
D'autres articles émanant notamment du secrétaire
général du ministère de l'intérieur
et de préfets, montre comment le concept général
devra s'articuler avec celui d'intelligence territoriale
et le rôle que les préfets de région
auront notamment à tenir à cet égard.
Un regret mais de taille, c'est que cette Revue, pour des
raisons étroitement économiques, a jusqu'ici
refusé de disposer d'une version électronique.
On peut craindre que nul ne fasse l'effort de se procurer
auprès de son secrétariat (1bis place des
Saussaies, 75008 Paris) le numéro cité ici.
Plus
généralement, on ne peut s'empêcher
de penser que tous les dispositifs prévues pour renforcer
l'appareil d'intelligence économique et territoriale
de la France restent bien bureaucratiques et peu accessibles
aux scientifiques et patrons de PME qui souhaiteraient une
information efficace susceptible de les orienter. Peut-être
trouveront-ils dans les services de l'ADIT, Association
pour la diffusion de l'intelligence économique devenue
Société nationale d'intelligence stratégique,
des informations plus précises et plus faciles d'accès.
L'ADIT a compris en effet qu'aujourd'hui l'information primaire
doit être accessible par Internet. Certes, amis comme
ennemis en ont connaissance, mais il vaut mieux cela que
demeurer mal informé. L'ADIT publie différents
bulletins par pays et secteurs. On trouve également
sur son site l'adresse de correspondants auprès desquels
une information plus personnalisée devrait pouvoir
être obtenue: http://www.adit.fr/SP/index.php
La
grave question du financement des recherches sur les nouvelles
stratégies anti-bactériennes
JPB 08/04/05
Tous
les épidémiologues font actuellement la même
constatation très inquiétante: la résistance
des bactéries et parasites aux antibiotiques ne cesse
de se généraliser et se durcir. Il apparaît
dorénavant des cas où les antibiotiques considérés
comme de dernier recours (par exemple la vancomycin) n'agissent
plus, si bien que les patients décèdent sans
recours, même lorsqu'ils étaient jeunes et censément
résistants. C'est aux Etats-Unis que le phénomène
est aujourd'hui le plus évident, mais il existe partout
dans le monde, sans que les autorités de santé
soient toujours en mesure de le comptabiliser. Que faire pour
lutter contre les super-bugs, pour reprendre le terme américain,
c'est-à-dire les bactéries telles que le Staphylocoque
doré multi-résistant? Plusieurs solutions sont
théoriquement disponibles. On pense généralement
à la recherche de nouveaux antibiotiques. Les perspectives
se rétrécissent dans cette voie, mais elles
demeurent. On envisage d'autres modes d'attaque, telles que
la sérothérapie (cf NewScientist, 19 mars 2005,
p. 42). Plus généralement, il faudra augmenter
les études en profondeur intéressant la biologie
et la génétique microbienne (voir notre brève
précédente Les
Etats-Unis ont-ils choisi la bonne voie pour lutter contre
le bio-terrorisme?).
Ceci
dit, ces solutions sont nécessairement difficiles,
longues et coûteuses. Qui paiera? Les industries du
médicament? Or on constate un phénomène
très préoccupant. C'est que celles-ci, quel
que soit leur poids mondial et leur niveau de richesse,
ne s'intéressent plus à de telles recherches.
Elles ne sont pas jugées rentables. Ceci pour une
raison simple. Sauver quelqu'un d'une septicémie
ne rapporte rien à l'industriel, au regard des profits
permis par le traitement de pathologies durables mais non
mortelles ou simplement au regard de la vente de produits
cosmétiques. C'est donc dans ces seules directions
qu'investissent dorénavant les entreprises pharmaceutiques.
Faut-il
le leur reprocher? Après tout, non. Il faut bien
accepter les effets pervers du libéralisme si on
érige celui-ci en règle commune de société.
Ceci étant, même aux Etats-Unis, pays du capitalisme
libéral le plus affiché, les autorités
de santé commencent à considérer que
c'est à la collectivité, c'est-à-dire
finalement à l'Etat (ou à la Sécurité
Sociale), faisant appel à l'impôt, qu'il importe
de financer de telles recherches - le cas échéant
en diminuant les remboursements de spécialités
moins indispensables. Il s'agit là d'un débat
fondamental, qu'il faudrait d'urgence discuter publiquement.
Malheureusement, on constate que si la question commence
à être abordée aux Etats-Unis, elle
ne l'est absolument pas en Europe, et notamment pas en France.
Qu'attend-on?
On
retrouve là sous une autre forme la question déjà
posée de savoir si les Etats doivent ou non financer
les recherches sur les virus émergents et le stockage
préventif de vaccins, prioritairement dans le domaine
des futures formes de pandémies grippales.
Pour
en savoir plus
Lire:
Le grand désert des antibiotiques dans La Recherche,
mars 2005 p. 54
Les
essais de médicaments
JPB 08/04/05
On
accuse généralement, non sans de bonnes raisons
parfois, les firmes pharmaceutiques de mettre sur le marché
des médicaments dont les essais cliniques n'ont pas
été suffisamment nombreux pour faire apparaître
l’éventualité de troubles secondaires
chez certains patients. Ceci a été dit et
redit à l'occasion du désormais célèbre
Vioxx de Merck, anti-inflammatoire retiré du marché
par le fabricant lui-même en septembre 2004, suite
à l'accusation d'accroître les risques cardio-vasculaires.
Il est évident que plus l’industriel peut faire
d’essais, en laboratoire d’abord, cliniques
ensuite, plus le produit pourra être réputé
comme sans risques, à supposer qu’un médicament
puisse jamais l’être, ce qui est évidemment
faux. Mais sans se faire naïvement le défenseur
des industriels de la pharmacie, il faut rappeler quelques
réalités statistiques élémentaires.
Si l’on considère que tel médicament
peut produire un désordre grave dans 1 cas sur 100.000,
faudrait-il que le fabricant ait fait 100.000 essais afin
d’identifier ce cas puis prendre les mesures rendant
le produit inoffensif à l’égard de l’unique
malade concerné. Pendant ce temps-là, les
99.999 personnes susceptibles d’être soulagées
par la nouvelle molécule devraient attendre. Cet
excès de précaution serait inadmissible, ceci
à plus forte raison lorsqu’il s’agit
d’urgences à grande échelle intéressant
notamment la santé des populations du tiers-monde.
L’idéal serait que les essais de laboratoires
soient suffisamment complets pour faire apparaître
le plus tôt et le plus complètement possible
la capacité de telle nouvelle molécule à
traiter tel cas, et plus généralement sa compatibilité
d’ensemble avec le fonctionnement de l’organisme
global. Mais il faudrait que les industriels disposent pour
cela d’un modèle extrêmement complet
de physiologie intégrative qui est loin encore d’exister.
C’est l’objectif que recherche le projet du
Pr. Gilbert Chauvet, souvent cité dans notre revue.
L’avenir permettra de mesurer son efficacité.
En attendant, le public comme les organismes de santé
doivent se convaincre que, sans laisser carte blanche complète
aux laboratoires, il faut accepter le fait que tout nouveau
médicament présente des risques, et peser
soigneusement le rapport entre les soulagements qu’il
apporte aux populations de patients et les effets secondaires
qu’il peut produire – les uns et les autres
étant évalués en permanence.
Les
Etats-Unis ont-ils choisi la bonne voie pour lutter contre le
bio-terrorisme?
JPB 08/04/05
On
sait que suite aux attentats à l’anthrax survenus
aux Etats-Unis après le 11 septembre, et la peur
plus générale de voir d’éventuels
terroristes attaquer en utilisant des bacilles ou virus
de destruction massive (variole génétiquement
modifiée, Ebola, Marburg, peste, tularémie,
etc.), les autorités fédérales américaines
ont décidé d’attribuer des crédits
très important aux recherches sur ces germes. Le
budget du principal organisme en charge du financement de
ces recherches, le National Institute of Allergy and Infectious
Disease (NIAID), dépendant des National Institutes
of Health (NIH), est ainsi passé dans le cadre du
programme national de bio-défense de 53 mns de dollars
en 2001 à 1,5 milliard en 2004.
Mais loin d’en être satisfaits, un nombre important
de chercheurs américains en bactériologie
et virologie viennent de protester par une lettre ouverte
auprès des NIH. 750 des 1200 chercheurs intéressés
par les nouveaux financement estiment que ces ressources
favorisent des recherches sur la protection contre des germes
extrêmement rares – au risque d’ailleurs
de provoquer leur dispersion accidentelle ou criminelle
dans la nature – alors qu’il serait bien plus
utile d’accroître les travaux portant sur la
physiologie de bactéries très communes, comme
E.coli, ou de parasites divers pathogènes à
grande échelle, dont les principaux mécanismes
restent inconnus. Les chercheurs s’estiment aujourd’hui
capables, avec un peu plus d’argent, d’analyser
les processus d’expression des gènes de ces
micro-organismes, comme les réseaux moléculaires
en découlant, de façon à comprendre
des mécanismes de plus en plus inquiétants
comme leur résistance aux antibiotiques. Intensifier
ces recherches permettrait d’en tirer de nouveaux
vaccins et modes de lutte qui seraient utilisables non seulement
contre les microbes les plus répandus mais contre
ceux beaucoup plus rares visés par la politique fédérale
de bio-défense.
A cela, d’autres bénéficiaires des financement
du NIAID répondent que les recherches sur les pathogènes
les plus courants, bien qu’effectivement indispensables,
auraient continué à ne recevoir que des crédits
squelettiques, s’il n’y avait pas eu la volonté
gouvernementale d’afficher des mesures énergiques
de lutte contre le bio-terrorisme. Ce serait plus alors
cet affichage politique qui compterait que le résultat
effectif des politiques de défense contre les maladies
infectieuses. Comme quoi il ne faut pas se faire trop d’illusion
sur le bon sens de ceux censés nous protéger
contre les grands fléaux.
Pour en savoir plus
Lire Top US biologists oppose biodefence boom
http://www.newscientist.com/article.ns?id=dn7074
Voir aussi la page personnelle de Richard Gourse de Madison
University, un des principaux signataires de la lettre ouverte
http://www.bact.wisc.edu/GradStudies/GourseRichard.htm
Visiter le Musée des Sciences britanniques pour
s’informer sur les nanotechnologies
JPB 08/04/05
A
défaut d’un équivalent en français,
le public intéressé par les nanotechnologies
pourra s’informer en visitant l’annexe web du
Science Museum britannique consacrée à ce
thème On aimerait bien trouver la même chose
chez nous.
http://www.sciencemuseum.org.uk/antenna/nano/
La scandaleuse démarche de Michaël Crichton
face au réchauffement global
JPB 08/04/05
Certains
des experts qui militent à grand peine pour attirer
l’attention des responsables et des populations sur
les risques découlant de la production des gaz à
effets de serre s’indignent de la basse démagogie
dont fait preuve le romancier à succès américain
Michaël Crichton, auteur de Jurassic Park et d’autres
best-sellers généralement prolongés
par des films très populaires qui en accroissent
la portée. Dans son dernier roman, State of Fear
(Harper Collins), il décrit le complot d’ennemis
de la liberté américaine reconvertis dans
le « terrorisme écologique ». Un groupe
de millionnaires reconvertis du KGB ou de Al Qaida s’efforcent
de provoquer un méga-tsunami pour donner raison à
ceux aux « prophètes du catastrophisme qui
veulent priver l’Amérique du libre droit d’abuser
de ses ressources en pétrole, charbon et industries
réputées polluantes. A la suite d’aventures
mêlant le sexe et le politico-militaire, ce complot
est déjoué.
N’importe qui de sensé verrait là l’opportunisme
commercial de l’auteur, qui cherche à jouer
de la paranoïa du complot chez des citoyens de base
refusant de changer leur mode de vie. Mais on peut soupçonner
que la démarche va plus loin, et qu’elle a
été financée et soutenue par les lobbies
industriels et politiques américains, très
actifs pour empêcher les « environnementalistes
» de s’exprimer dans les différents forums
et groupes d’études consacrés au réchauffement
global. Une petite lueur d’espoir cependant. Il semblerait
que les producteurs d’Hollywood s’interrogent
actuellement sur les chances commerciales d’une adaptation
cinématographique du livre, suite au début
de prise de conscience, y compris chez les néo-conservateurs,
de la nécessité de lutter contre la pollution
par les gaz à effet de serre.
On lira à l’opposé le livre de Jeremy Leggett,
directeur général de la firme britannique Solarcentury
(http://www.goingsolar.co.uk/sect1/subsect0/page2/)
et membre du Renewables Advisory Board (voir http://www.praseg.org.uk/modules.php?name=News&file=article&sid=345)
du gouvernement britannique. Ce livre, The Carbon War (Routledge,
2001), bien que déjà un peu ancien, pose les bonnes
questions.
Les anti-OGM ne se trompent-ils pas de combat ?
JPB 08/04/05
On
sait que, dans le monde multicéphale des altermondialistes
en lutte contre les OGM et les grands semenciers américains
qui financent les recherches en ce domaine, le Terminator de
Monsanto a été présenté comme l’emblème
même de l’ennemi à abattre. Il s’agissait
d’un maïs conçu comme stérile, ce qui
obligeait les cultivateurs à se réapprovisionner
chaque année en semences s’ils voulaient continuer
à bénéficier de ses bienfaits. Le Terminator
a été retiré du marché devant les
protestations générales. Mais cette technique
est de plus en plus répandue et fait partie des technologies
dites GURT, « genetic use restriction technologies ».
Elle est de mieux en mieux considérée par ceux
qui voudraient que les plantes génétiquement modifiées
ne se répandent pas librement dans l’environnement.
Si leur descendance est stérile, le risque diminue considérablement.
Sauf à dynamiter les Monsanto et confrères, on
ne pourra pas en effet, le voudrait-on, empêcher le développement
des OGM. Un peu de réflexion montre que, dans l’intérêt
non seulement des semenciers mais souvent des populations du
tiers-monde, les modifications génétiques sont
aujourd’hui indispensables. L’achat annuel de semences
pourrait de son côté être moins coûteux,
surtout s’il était organisé sur des bases
coopératives, que l’achat également annuel
de désherbants et anti-parasites. On s’efforcera
alors de contrôler la diffusion sauvage de ces «
bons » OGM, diffusion dont les effets pourraient en effet
être malheureux, notamment vis-à-vis des milieux
naturels. D’où l’intérêt pour
les défenseurs de l’environnement des techniques
GURT, dont les Terminator et autres Exorcist étaient
les précurseurs. Rien n'interdit aujourd’hui, on
le voit, d'être écologiste et intelligent, c’est-à-dire
de réfléchir avant de faucher à tout va.
Ordissimo,
l’ordinateur français qui se veut le plus simple
du monde
JPB 08/04/05
Nul
n'ignore l’enjeu que représente la réalisation
d’ordinateurs économiques dotés de logiciels
libres simplifiés, tant pour le grand public occidental
que pour le tiers-monde. Plusieurs pays, notamment l’Inde,
encouragent des productions dans cette direction. Par ailleurs,
à grand bruit médiatique, Nicholas Negroponte,
l’ancien responsable du MediaLab du MIT, s’est
fait l’avocat d’une telle formule.
On pourrait penser que les Français n’ont rien
à gagner dans cette direction, car ils n’ont
jamais réussi à pénétrer la
cour des grands en micro-informatique, comme l’a appris
à ses dépends, malheureusement, André
Truong, fondateur emblématique de R2E, et co-inventeur
du premier micro-ordinateur (Micral), récemment décédé
à l'âge de 69 ans.
Il se trouve cependant que pourrait prendre place sur le
marché un ordinateur dit pour tous, répondant
au nom d’Ordissimo, imaginé par 3 jeunes Français.
Il permet l’accès, si l’on en croît
le site très bien conçu destiné à
le promouvoir, aux principales fonctions de l’informatique
et de l’internet, sous réserve de quelques
restrictions qui ne devraient pas gêner les utilisateurs
non professionnels. Il est vendu par correspondance 395
euros sans l’écran et 770 avec l’ensemble
du pack.
Si le produit et les services associés tenaient leurs
promesses, il y aurait tout lieu d’en encourager la
diffusion. 05/04/05
Contactés,
les promoteurs de l'entreprise nous ont écrit ceci:
"Nous
sommes une jeune société française, créée
il y a trois ans. C'est en regardant nos parents, qui n'étaient
"ni bêtes ni nuls", que nous nous sommes rendus
compte que la machine qu'ils utilisaient n'était pas
adaptée au débutant.
Les PCs qui sont vendus aujourd'hui sont des formules 1: parfaites
pour faire du 300 à l'heure sur l'autoroute, a condition
d'être à la fois un pilote et un mécano,
sous peine de finir en panne ou au garage.
Nous proposons une Smart avec vitesse automatique, idéal
pour faire du tout Paris et pour faire ses créneaux!
Nous avons lancés notre ORDISSIMO il y a 3 mois. Nous
avons été contacté par de nombreux business
angels, banques et certains constructeurs.
Nous sommes en phase de levées de fonds pour pouvoir
nous diffuser plus massivement. Nous avons un Show-Room parisien
au 135 Rue Castagnary, 75015 Paris, ou il est possible d'utiliser
l'ordinateur et d'évaluer toute sa simplicité...
"
http://www.ordissimo.com
OmniTread,
le robot serpent
CJ
(25/03/05)
Pour
répondre aux applications industrielles (et militaires),
l'inspection et la surveillance de zones inaccessibles voire
dangereuses est une tâche qu'effectuent couramment les
robots. Certains d'entre eux possèdent des roues... mais
d'autres peuvent se présenter sous une forme filiforme
à plusieurs segments (forme de serpent), ce qui leur
donne une plus grande mobilité dans leurs déplacements
(entre autre pour aller inspecter les tuyaux, circuler sur terrains
difficile comme les débris de constructions effondrées,
se déplacer sur le sable ou les surfaces rocheuses...
).
Le
robot OmniTread, développé par une équipe
du Mobil Robotic Lab de l'Université du Michigan, comporte
cinq segments, reliés entre eux par des joints à
2 degrés de liberté. Des bandes mobiles sur
chacun des quatre côtés de chaque segment assurent
la propulsion même lorsque le véhicule ne touche
plus complètement le sol. Les joints entre les segments
sont actionnés par des soufflets pneumatiques, qui
ont un couple suffisant pour soulever les segments attenants
au-dessus des obstacles. Outre évoluer dans les terrains
difficiles, ce robot serpent filoguidé (via un joystick)
peut s'introduire dans de petites ouvertures et gravir des
obstacles de grande hauteur.
Pour
en savoir plus
Site
du Mobil Robotic Lab : http://www.engin.umich.edu/research/mrl/00MoRob.html
Présentation
du robot : http://www.engin.umich.edu/research/mrl/00MoRob_6.html
Des
chercheurs d'IBM proposent un algorithme de simulation du cerveau
CJ
(23/03/05)
Charles Peck et James Kozloski, chercheurs chez IBM, ont présenté
un modèle informatique simulant le fonctionnement du
cortex cérébral humain lors de la 7ème
International
Conference on Adaptive and Natural Computing Algorithms
qui vient de se tenir du 21 au 23 mars 2005 à Coimbra
(Portugal).
Ces deux scientifiques ont créé un modèle
mathématique reproduisant l'activité de 500
000 minicolonnes reliées par 400 millions de connexions.
Le terme de minicolonne désigne un module d'organisation
corticale fonctionnelle et anatomique regroupant 80 à
100 neurones ; ces modules ont pour rôle de pré-traiter
les informations issues de la perception pour leur traitement
ultérieur par les parties supérieures du cerveau.
Les chercheurs ont testé leur système - Large-scale
Edge Node Simulator (LENS) et montré sa capacité
à s'auto-organiser pour accomplir une tâche spécifique
(en l'occurrence des opérations de reconnaissance visuelle)
avec un fonctionnement proche de la réalité,
alors que les dispositifs actuels entraînent des erreurs.
L'objectif final reste de maîtriser l'ensemble des processus
neuronaux intervenant dans la vision - la difficulté
étant d'arriver à comprendre et à reproduire
la façon dont le cerveau peut, à partir d'informations
parcellaires (couleur, texture, forme....), traiter les données
et, en les recoupant, fournir une image cohérente globale.
Il faut pour cela simuler les activités neuronales
à plusieurs niveaux (neurone, minicolonne, groupe de
minicolonnes) en reproduisant la capacité à
passer d'une échelle à l'autre.
Pour
en savoir plus :
Simulation Infrastructure for Modeling Large Scale
Neural Systems, par Charles C. Peck, James Kozloski; A
Ravishnkar Rao, Guillermo A. Cecchi (pdf)
Record
mondial de la distance de navigation sous-marine continue
d'un AUV, robot sous-marin autonome
CJ (22/03/05)
L'Urashima,
un robot sous-marin autonome à pile à combustible
(10 mètres de longueur pour quelque 10 tonnes) a réussi
une navigation sous-marine continue de 317 kilomètres,
dépassant ainsi de 55 kilomètres le record mondial
détenu depuis 1998 par un institut britannique.
Cet AUV (Autonomous Underwater Vehicle) de la JAMSTEC (Japon
Agency for Marine-Earth Science and Technology) est capable
de plonger jusqu'à 3500 mètres de profondeur
selon un trajet programmé par un ordinateur installé
à bord de l'engin et sans approvisionnement en énergie
depuis son navire-mère.
Lors d'une navigation expérimentale qui a eu lieu du
26 au 28 février dernier en baie de Suruga (préfecture
de Shizuoka), l'Urashima a fait 6 voyages en 56 heures sans
interruption par environ 800 mètres de profondeur.
Le secret de cette réussite provient de la mise au
point d'une pile à combustible avancée capable
de produire de l'énergie pendant une longue durée(1).
La JAMSTEC envisage de mettre en oeuvre cet AUV d'ici 5 ans
pour l'exploitation des ressources de grandes profondeurs
et la topographie maritime.
(1)
Avec
ce type de pile, l'autonomie du sous-marin est passée
de 130 à 300 kilomètres, par rapport à
celle disponible avec une batterie au lithium-ion.
Pour
en savoir plus :
http://www.jamstec.go.jp/jamstec-e/rov/auv_ex1.html
L'Autrichien
Peter Zoller reçoit la médaille Max Planck pour
ses travaux sur l'ordinateur quantique
CJ (21/03/2005)
Peter
Zoller, directeur de l'Institut d'optique et d'information
quantique (IQOQI)(1) de
l'Académie autrichienne des sciences et membre de l'Institut
de physique théorique d'Innsbruck, a reçu le
6 mars dernier la médaille Max Planck, l'un des prix
de physique les plus prestigieux après le prix Nobel
de physique.
Le chercheur a été récompensé
pour ses travaux liés au développement de l'ordinateur
quantique, notamment pour ses recherches sur les applications
des condensats de Bose-Einstein, le premier condensat de césium
ayant d'ailleurs été réalisé à
l'université d'Innsbruck en octobre 2002.
Alors que cet état de la matière empêche
les atomes d'interagir entre eux [voir encadré ci-dessous],
Peter Zoller s'attache à développer des méthodes
permettant de rendre leur identité aux atomes. Plutôt
que d'augmenter l'interaction entre ces derniers, l'idée
est ici de réduire les autres énergies significatives
(comme l'énergie cinétique) de façon
à ce que l'interaction domine la dynamique. Le chercheur
parvient à ce résultat en emprisonnant les particules
dans un grillage optique produit par interférence de
deux lasers superposés. Les ondes constituant ce grillage
forment ainsi une sorte de "boîte à oeufs",
l'objectif étant de placer chaque particule du condensat
dans un "coquetier".
Par cette méthode, Peter Zoller a développé
le premier transistor atomique. Emprisonné dans son
grillage optique l'atome peut être dans deux états
différents : l'un est conçu de telle sorte qu'il
bloque le flux
des autres atomes (off) ; l'autre pour qu'il laisse passer
le courant atomique (on).
Cette capacité du transistor atomique d'exister simultanément
dans ces deux états en fait un bon candidat dans la
réalisation future de l'ordinateur quantique.
(1)
Cet Institut créé en collaboration avec
les université d'Innsbruck et de Vienne, universités
qui comptent parmi les plus prestigieuses dans la recherche
quantique à travers le monde. Notons par exemple qu'Anton
Zeilinger fait partie de cet Institut, et dont les travaux
portent sur l'intrication de photons qui permet d'identifier
immédiatement l'état quantique d'un photon à
partir de la détermination d'un autre photon placé
à un autre endroit.
Sur Anton Zeilinger, voir l'encadré à la fin
de notre article du 17 juin 2002 http://www.automatesintelligents.com/labo/2002/juil/teleportation.html
ainsi que notre actualité du 6 août 2002 http://www.automatesintelligents.com/actu/020814_actu.html#actu7).
A propos des condensats de Bose-Einstein
Les
condensats de Bose-Einstein sont des nuages d'atomes
très "froids" qui se trouvent tous
dans le même état quantique d'énergie
minimale ; ces condensats ne sont réalisables
qu'avec des bosons (particules à spin entier).
Les fermions (particules à spin demi-entier)
ne peuvent subir la condensation de Bose-Einstein
: en effet, le principe d'exclusion de Pauli interdit
à deux fermions identiques d'occuper le même
état.
Dans un condensat, la longueur d'onde de De Broglie
des atomes est du même ordre de grandeur que
les distances interatomiques. Maintenant que les propriétés
des condensats de Bose-Einstein ont été
élucidés (la superfluidité par
exemple), les chercheurs d'Innsbruck ont voulu aller
au-delà du condensat considérant celui-ci
comme un outil mais non comme une fin. Le problème
c'est que dans un condensat, les atomes ont la particularité
de ne presque plus interagir entre eux, ce qui est
une propriété gênante pour effectuer
certaines expériences qui exigent des interactions
fortes. En effet, dans un régime d'interaction
forte, des expériences atomiques pourraient
aider à comprendre plusieurs phénomènes
physiques qui ont été prévus
ou observés dans des systèmes à
l'état solide. Elles pourraient également
permettre des essais et des prévisions dans
la mécanique statistique de quantification,
et aider à étudier des concepts importants
dans l'information quantique telle que l'intrication
de multi-particules. De tels systèmes permettraient
aussi la construction d'un simulateur quantique qui
aboutirait à une application pratique d'ordinateur
quantique.
|
Pour
en savoir plus :
Site
de Peter Zoller : http://th-physik.uibk.ac.at/qo/zoller/index.html
Voir
l'article How
to Manipulate Cold Atoms, J. I. Cirac and P. Zoller,
paru dans Science, n°301, pages 176-177, 11 juillet 2003.
Notre
article du 29 janvier 2004 : Pour un grand programme européen
: l'ordinateur quantique http://www.automatesintelligents.com/echanges/2004/jan/quantique.html
Promesses
et insuffisances des nanotechnologies en Europe
CJ (16/03/05)
Entre août et octobre derniers, Nanoforum - réseau
d'excellence européen en nanotechnologies -, en collaboration
avec la Commission Européenne, a réalisé
une enquête (questionnaire en ligne) afin d'évaluer
lattitude de la communauté à légard
de tous les aspects du développement des nanosciences
et nanotechnologies (N&N), et notamment la position de
l'Europe par rapport aux autres régions du monde, le
financement et les infrastructures, les craintes de la société,
la santé et la sécurité...
720 personnes ont répondu au questionnaire (scientifiques,
journalistes, industriels, etc., issus de 32 pays européens)
ce qui fait de cette enquête l'une des plus importantes
jamais menées en Europe. Parmi les sujets préoccupants,
cette enquête souligne notamment la pénurie de
spécialistes du domaine à lhorizon de
5 à 10 ans* et la nécessaire prise en compte
des préoccupations du public.
Celle-ci a fourni les résultats suivants :
Les nanotechnologies seraient amenées à
exercer une influence forte sur l'industrie européenne
(90%) et sur la vie quotidienne des européens (80%)
d'ici 10 ans.
La position de l'Europe est clairement perçue
derrière celle des USA aussi bien en nanosciences (76%)
qu'en nanotechnologies (77%).
L'influence des nanotechnologies est particulièrement
attendue dans les secteurs de la chimie, des matériaux,
des NTIC et de la santé.
Le soutien à la recherche en nanotechnologies
dans le cadre du 7eme PCRD devrait être augmenté
de façon significative (79%).
64% des répondants soutiennent la création
d'organes de coordination au niveau européen (par exemple,
dans les domaines de la nanomédecine, des nanomatériaux,
etc.) afin de palier à l'absence de véritables
infrastructures européennes.
L'Europe devrait subir un manque de personnel qualifié
en nanotechnologies d'ici 5 a 10 ans (90%).
Les aspects concernant la santé, la sécurité
et les risques pour l'environnement devraient être intégrés
plus tôt dans les recherches (75%); en particulier,
le problème des nanoparticules laissées en liberté
devraient faire dès à présent l'objet
de recherches.
L'Europe devrait renforcer le dialogue avec les citoyens
sur les nanotechnologies (75%), notamment sur les conséquences
sociales de l'introduction des nanotechnologies.
La coopération avec les pays développés
(96%) et moins avancés (76%) devrait être renforcée;
un code éthique international concernant les nanotechnologies
devrait être élaboré (87%).
Pays perçus
comme leaders dans le domaine des nanosciences et de leur transfert
dans l'industrie
*
Ce qui avait déjà été souligné
d'ailleurs lors de la table ronde "Intelligence"
qui s'est tenue dans le cadre du colloque "Indépendance
de l'Europe et souveraineté technologique" organisé
par Paneurope France les 28 et 29 avril 2004 derniers à
Paris.
Pour
en savoir plus :
Outcome
of the Open Consultation on the European Strategy for Nanotechnology
- disponible sur http://www.nanoforum.org/dateien/temp/nanosurvey6.pdf?16032005162228
Hitachi
présente son premier robot humanoïde
roulant et parlant
CJ (15/03/05)
La
firme japonaise Hitachi, soucieuse de concurrencer les robots
humanoïdes "Asimo" d'Honda et "Qrio"
de Sony et de montrer son savoir-faire, a présenté
son premier humanoïde autonome "Emiew" (Excellente
Mobility and Interactive Existence as Workmate) lors d'une
conférence de presse. Les deux premiers spécimens
s'appellent Pal et Chum.
Hitatchi se targue d'avoir conçu un robot bien plus
rapide que ce qui existe déjà..., celui-ci se
déplaçant à quelque 6 km/h. Cela dit,
ici point de jambes... Le robot est monté sur deux
roues (procédé qui n'est pas sans rappeler appliqué
sur le Segway). Pour Toshihiko Horiuchi, chercheur chez Hitatchi,
"le robot doit être capable de se déplacer
à la même vitesse qu'un humain" . On
imagine en effet la frustration de toujours devoir attendre
une machine qui vivrait à nos côtés...
D'une
hauteur de 1mètre 30 pour 70 kg, le robot est doté
d'une reconnaissance vocale et visuelle, parle(1)
- à l'homme ou à ses congénère
- et entend. Doté de deux bras, il peut transporter
des objets(2).
Pal et Chum seront présentés lors de l'exposition
Internationale 2005 d'Aïchi qui débute le 25 mars
prochain.
(1)
Il prononce pour l'instant une centaine de mots.
(2) Selon les concepteurs, le
robot doit maintenant subir un entraînement pendant
cinq à six ans avant de pouvoir effectuer toute une
série de tâches dans le cadre d'un domicile ou
d'un atelier
Les
25 ont consacré 2% de leur PIB à la recherche
en 2002
CJ 15/03/05
Beaucoup
de chemin reste à faire avant d'atteindre l'objectif
affiché du Sommet de Lisbonne concernant les 3% du
PIB investi en recherche et développement (R&D)
d'ici à 2010, dont les deux tiers seraient financés
par les entreprises.
Eurostat, l'office statistique de la Communauté européenne
vient d'évaluer, derniers chiffres disponibles à
l'appui (c'est-à-dire ceux de 2002(1)),
l'engagement des 25 pays de l'Union en matière de R&D.
Celui-ci s'est établi, pour cette année 2002,
à 1,93% du PIB de l'Europe à 25, pour un total
de 186 milliards d'euros, et à 1,99% de l'Europe des
15, pour un total de 182,5 milliards d'euros.
Ce sont les pays du Nord, Suède en tête, qui
fournissent la part la plus importante de l'effort. Les contributeurs
les plus faibles sont la Slovénie (0,57% du PIB) et
la Pologne (0,59% du PIB), où les dépenses ont
diminué respectivement de 3% et 1% en moyenne par an
entre 1998 et 2003, ainsi que Chypre (0,33%) et la Lettonie
(0,33%).
Si les dépenses de R&D ont augmenté en moyenne
de 4% entre 1999 et 2002 (contre 2,7% aux USA entre 1998 et
2003 ; 2,2% au Japon entre 1998 et 2002), l'étude constate
que "L'intensité de la recherche est restée
nettement inférieure dans l'Union européenne
à 25". Aux USA, les dépenses de R&D
représentaient 2,76% du PIB en 2003, soit 268 milliards
d'euros(2), et 3,12% au
Japon en 2002 (131 milliards d'euros). D'une façon
générale, la recherche dans ces deux pays est
également beaucoup mieux financées par les entreprises.
Celles-ci ont contribué à hauteur de 67% (en
2001) aux USA, de 74% au Japon ( en 2002) et de 55% dans l'Europe
à 25 (en 2001).
Parmi les Etats-membres, c'est au Luxembourg que les entreprises
ont le plus financé les dépenses de R&D
avec 91% en 2000, suivi par la Suède (72% en 2001),
la Finlande (70% en 2002), l'Irlande (67% en 2000) et l'Allemagne
(66% en 2002).
Notons que la Lettonie a enregistré le pourcentage
le plus élevé de financement de R&D provenant
de l'étranger (plus de 35%). Celui-ci est également
important pour la Grèce, l'Autriche et le Royaume-Uni
(plus de 20% chacun)
(1) Dépenses qui surpassent
donc de plus de 100 milliards d'euros celles de l'UE.
(2) Pour les novices, rappelons
qu'il existe toujours deux bonnes années de retard
entre le recueil des chiffres et le traitement effectif des
données, qui imposent notamment des comparaisons internationales.
Pour
en savoir plus :
http://epp.eurostat.cec.eu.int/cache/ITY_PUBLIC/9-25022004-AP/FR/9-25022004-AP-FR.HTML
Trophées
Laval Virtual 2005 : clôture des inscriptions le 31 mars
2005
Rendez-vous
incontournable de la réalité virtuelle en France,
la manifestation Laval Virtual 2005 se tiendra cette année
du 20 au 24 avril prochain.
Outre salon professionnel, colloque scientifique, compétitions
étudiantes, ce rendez-vous propose comme chaque année
de concourir aux Trophées Laval Virtual.
Décernés par un jury international de spécialistes,
ces Trophées constituent une compétition unique
par son ampleur en ce domaine. Ils labellisent la haute technicité
des réalisations primées et leur donnent un
formidable écho médiatique.
Chaque réalisation pour concourir dans une ou plusieurs
catégories qui pour l'année 2005 sont :
- Architecture,
art et culture
- Design industriel et simulation
- Sciences et éducation
- Médecine et santé
- Jeux vidéos et attractions
- Commerce et distribution
- Automobile, aéronautique et transport
- Interfaces et matériels
- Ingénierie, montage et maintenance
- Personnages animés en temps réel
Les inscriptions
(qui sont gratuites) doivent être
enregistrées avant le jeudi 31 mars 2005
inclus et accompagnées du formulaire dinscription
(téléchargeable sur http://www.laval-virtual.org/inscription.php),
dun film de présentation sur support CD-R ou
vidéo et de tous les documents que vous jugerez nécessaires
pour orienter le jury dans ses choix. (la liste des formats
vidéos acceptés est disponible sur http://www.laval-virtual.org/fr/reglement-trophees.php).
Adresse
d'envoi
: ISTIA Innovation
M. Simon RICHIR Trophées Laval Virtual
62, avenue Notre Dame du Lac
49000 ANGERS
France
Pour
en savoir plus :
http://www.laval-virtual.org/fr/index.php
Renseignements complémentaires
lv2005@istia.univ-angers.fr
Les
résultats très inquiétants de la plus
grande simulation du changement climatique menée sur
ordinateurs à ce jour
CJ (13/02/05)
Les
premiers résultats de l'expérience Climateprediction.net
(http://climateprediction.net/),
initiative britannique donnant la possibilité à
toute personne (étudiants, entreprises, particuliers...)
munie d'un ordinateur de télécharger une version
du "Met Office's Climate's Model" pour simuler par
calcul distribué le changement climatique sur plusieurs
décades, ont été publiés dans
la revue scientifique britannique Nature(1).
Ce modèle climatique est de loin le plus complet jamais
réalisé en utilisant une puissance de calcul
sans précédent. Financé par le Natural
Environment Research Council, ce projet implique en effet
à ce jour 95.000 participants (et donc 95000 ordinateurs,
connectés à l'Université d'Oxford) en
provenance de 150 pays ; ceci a permis d'aboutir à
une puissance équivalente à 8.000 années
de calculs informatiques, plaçant cette simulation
bien au dessus de celles déjà réalisées
à partir de superordinateurs(2).
Les résultats font apparaître que les températures
moyennes terrestres pourraient augmenter jusqu'à 11°C
! en ne considérant qu'une augmentation des quantités
de dioxyde de carbone (CO2) de deux fois celle
de l'ère préindustrielle. Or de tels niveaux
de CO2 sont attendus au milieu de ce XXIe siècle
si des efforts considérables ne sont pas mis en place.
Avec l'expérience climateprediction.net, la fourchette
possible d'augmentation de température du globe à
moins de 50 ans se situe désormais dans une fourchette
allant de 2 à 11° C, évaluations représentent
près du double de celles établies précédemment
par l'IPCC (Inter-Governmental Panel on Climate Change) qui
prévoyaient une fourchette d'augmentation de 1.4°
à 5.8° C(3).

Réchauffement
global de notre planète : carte des températures
(simulation dans la fourchette la plus haute) obtenue par
le calcul distribué de 95000 ordinateurs.
© D.A. Stainforth et al.
David Stainforth (université d'Oxford) et David Frame,
respectivement Chef Scientifique et Coordinateur de projet
de Climateprediction.net, se sont déclarés inquiets
puisque cela voudrait dire que l'impact des gaz a effet de
serre sur le climat est plus important que prévu et
que nous serions aujourd'hui en présence d'une véritable
situation à risques. Dès lors, les scientifiques
de l'université d'Oxford enjoignent l'opinion publique
à s'investir dans le combat contre le réchauffement
planétaire. Dans ce cadre, Bob Spicer, professeur à
l'Open University(4),
vient notamment de développer une base de données
éducative autour de ce projet. Les écoles peuvent
ainsi se munir du logiciel et l'incorporer à leur matériel
éducatif dans des matières comme la géographie
et les mathématiques.
(1)
Nature du 27 janvier 2005, volume 433, pages 403 à
407 : "Uncertainty in the predictions of the climate
response to rising levels of greenhouse gases", par D.A.
Stainforth & al.
(2) Le réseau distribué
de calculateurs a permis aux scientifiques britanniques de
"faire tourner" plus de 50 000 simulations du futur
climat global, contre 128 avec l'utilisation d'un superordinateur.
(3) Signalons toutefois que,
dans le cas des nouveaux résultats obtenus, le réalisme
de chacun des modèles générés
à chaque simulation n'est testé que sur un seul
critère : les températures moyennes annuelles.
Les résultats obtenus sont préliminaires et
en cours de validation.
(4) L'Open University est l'une
des 12 institutions qui participent au projet.
Pour
en savoir plus :
http://climateprediction.net
Article publié dans Nature du 27 janvier 2005 (vol
433) et disponible en intégralité sur http://www.climateprediction.net/science/pubs/nature_first_results.pdf
*
* *
[NB]
D'autres travaux, tels ceux de Gerald Meehl et de son équipe
du National Center for Atmospheric Research (NCAR), sont également
plus que pessimistes quant à l'évolution du
réchauffement global de la planète. Selon leurs
recherches publiés dans la revue Science, le réchauffement
climatique est inévitable, même en supposant
un arrêt net de toute émission de gaz à
effet de serre liée à l'activité humaine,
.
Pour ces chercheurs, dans le meilleur des cas, même
en ayant bloqué les émissions de gaz à
effet de serre, la température globale moyenne de l'air
à la fin du XXIe siècle gagnera 0,5°C et
le niveau de la mer 11 cm.
Ces travaux s'appuient sur la synthèse des résultats
de nombreuses simulations de deux types de modèles
climatiques - le Parallel Climate Model (PCM) et le Community
Climate System Model version 3 (CCSM3) -, menées sur
les superordinateurs du NCAR et des laboratoires de l'US Department
of Energy et sur le Earth Simulator japonais.
Malgré des différences entre les deux concernant
l'intensité du phénomène, la tendance
observée reste la même : l'augmentation de la
température globale et du niveau de la mer au cours
des 100 prochaines années.
Pour les chercheurs, cette inéluctabilité s'expliquerait
en grande partie par l'inertie thermique des océans
et le long cycle de vie du dioxyde de carbone et des autres
gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Les simulations modèles effectuées (qui ne prennent
pas en compte l'impact de la fonte des glaciers et des calottes
glaciaires) confirment la nécessité d'agir fortement
pour éviter d'aggraver encore la situation
future.
Pour
en savoir plus :
Science
du 18 March 2005 , vol 307, pages 1769-1772 How Much More
Global Warming and Sea Level Rise? par Gerald A. Meehl,
Warren M. Washington, William D. Collins, Julie M. Arblaster,
Aixue Hu, Lawrence E. Buja, Warren G. Strand, and Haiyan Teng
L'architecture
multi-coeurs (multi-core) des nouveaux micro-processeurs
JPB 10/03/05
Les
appareils électroniques, qu'ils s'agissent
des micro-ordinateurs ou de ceux utilisés dans le
multi-média et l'électronique grand
public, ont besoin de processeurs (ou puces) rassemblant
le plus grand nombre possible de composants dans un volume
de plus en plus petit. Leurs possibilités fonctionnelles
en dépendent directement : possibilité de
supporter des programmes de plus en plus complexes et de
traiter des informations de plus en plus riches, rapidité
et finalement coût. On sait qu'au terme d'une
« Loi » proposée par Gordon Moore, cofondateur
de Intel, en 1965, le nombre de transistors intégrés
sur un même support allait pouvoir doubler environ
tous les ans. La Loi de Moore a été vérifiée
jusqu'à ce jour, sauf que le délai de
doublement, à l'expérience, s'est
révélé de deux ans environ. Le nombre
des transistors intégrés dans une puce est
passé de 2.000 environ en 1970 à 200 voire
400 millions aujourd'hui. Pour l'avenir, et
tant que la dimension des composants ne diminuera pas au
point que des effets quantiques se feront sentir entre leurs
atomes, la Loi devrait continuer à s'appliquer.
Une difficulté, d'ailleurs connue depuis longtemps,
se révèle pourtant de plus en plus difficile
à traiter. Il s'agit de la dissipation calorique.
Même sur des intervalles entre composants de plus
en plus courts et pour des intensités de courant
électrique de plus en plus faible, l'échauffement
des circuits est tel que le processeur risque de fondre
à l'usage. Ceci malgré des techniques
de refroidissement de plus en plus efficaces. Il a donc
fallu repenser l'architecture de la puce.
La solution étudiée depuis deux ans et annoncée
récemment par les grands constructeurs (notamment lors
de la dernière International Solid-State Circuits
Conference en février 2005) consiste à
fabriquer des puces comportant deux ou plusieurs coeurs sur
le même support. Ces coeurs se comportent comme des
processeurs distincts qui se répartissent les tâches
afin de diminuer les contraintes de densité et de vitesse
demandées par les applications gourmandes en instruction.
De ce fait, accessoirement, la chaleur produite est moins
importante et plus facilement dissipée. Les solutions
sont complexes et nous ne les présenterons pas ici.
Disons seulement que dans l'architecture baptisée Cell
par IBM, Sony et Toshiba, le processeur est architecturé
autour d'un coeur principal 64 bit Power (le processing Element
ou PE) distribuant les tâches à huit unités
d'exécution séparées (baptisées
synergistic elements ou SPE. Ces puces sont déjà
en cours de fabrication, notamment par IBM. L'architecture
est similaire à celle d'un ordinateur massivement parallèle.
Les autres fabricants ne peuvent rester en arrière.
Intel et AMD viennent d'annoncer des puces double-cœur
pour stations de travail et serveurs. Ceci n'est qu'un début.
La puce Montecinto multi-coeurs d'Intel est prévue
pour la fin 2005. Ce nouveau processeur intègrera 1,7
milliards de transistors soit deux fois plus que dans les
dernières versions du produit actuel d'Intel, l'Itanium.
Il sera gravé en 90 nanomètres. Mais les cadences,
et c'est un des buts de l'opération, n'augmenteront
pas. Sun pour sa part prévoit deux produits voisins,
Rock et Niagara
Les
architectures multi-coeurs ne seront pas dans l'immédiat
proposées dans les micro-ordinateurs grand public.
Une des raisons en est que la demande des utilisateurs ne
le justifie pas. Mais surtout, la nouvelle architecture obligera
à réécrire, ou tout au moins à
reconstruire les milliers de programmes applicatifs qui tournent
actuellement. Les éditeurs de logiciels ne souhaitent
pas à y être obligés sans s'être
préparés. Ils tiennent en effet à maintenir
captifs leurs clients. Néanmoins ils poussent leurs
recherches. C'est le cas comme on pouvait le supposer de Microsoft.
Les programmes futurs devront être conçus pour
tourner en parallèle, ce qui multipliera les difficultés
de conception et de contrôle de fiabilité. Il
faudra donc développer des méthodes industrielles
d'écriture et de contrôle. On évoque des
« interfaces graphiques » permettant de générer
du code à partir d'un cahier des charges écrit
par le concepteur de programme. L'intelligence artificielle
sera indispensable pour ce faire. Microsoft annonce des actions
en coopération avec des laboratoires de recherche fondamentale.
Ceci reposera en termes nouveaux la question des logiciels
libres. Les produits développés par Microsoft
en partenariat avec des chercheurs resteront-ils strictement
propriétaires?. De l'autre côté, les développeurs
du Libre pourront-ils disposer des ressources intellectuelles
pour faire face à ces nouvelles exigences d'écriture?
A priori, on ne voit pas pourquoi il ne pourrait en être
ainsi. Mais il faut y penser dès maintenant. C'est
semble-t-il ce que fait le monde Linux, qui a déjà
obtenu que sur les puces multi-coeurs un ou plusieurs coeurs
soient dédiés à l'hébergement
du système d'exploitation Linux. C'est ce qui avait
été annoncé à la dernière
Linux World Conference tenue à Boston en février
2004.
Ce
court article ne saurait se conclure sans un constat, répétitif
depuis des décennies quand il s'agit de processeurs.
L'Europe semble définitivement hors de course,
sinon dans la recherche fondamentale (notamment dans la
perspective des nanotechnologies), du moins en terme de
produits industriels. STMicroelectronics développe
certains produits multicore, mais d'ambition limitée.
Au moins faudrait-il que l'Europe n'accroisse
pas sa dépendance dans le domaine des logiciels appelés
à tourner sur les architectures multi-coeurs
Pour en savoir plus
Article du Journal du Net IBM, Intel et Sun dévoilent
leurs puces multi-coeurs http://solutions.journaldunet.com/0502/050209_multicore_demonstration.shtml
Voir aussi sur le même sujet Le Monde Informatique http://www.weblmi.com/sections/rss/technologies/infrastructure/integration/ibm_sony_et_toshiba3722/
ISSCC février 2005 (International Solid-State Circuits
Conference) http://www.isscc.org/isscc/
Linux World conferences http://www.linuxworldexpo.com/live/12/
STMicroelectronics . Produits et Applications multicores http://www.st.com/sitesearch/consult5/index.php?mid=29e7ebcb9fde302ae47c8901d3f0a269&l=en&q=multicore
The
Road to Reality: A Complete Guide to the Laws of the Universe
JPB 09/02/05
Ce
titre est celui du dernier et monumental ouvrage du physicien
britannique Roger Penrose. Il s'agit d'un ouvrage de près
de 1000 pages, empli de mathématiques et donc difficilement
compréhensible pour un lecteur ordinaire, fut-il scientifique.
Je n'en sais rien d'autre aujourd'hui que ce que dit Mark
Anderson, cité ci-dessous. Comme cependant Roger Penrose,
né en 1931 et anobli par la Reine, est l'un des physiciens,
mathématiciens et penseurs les plus puissants de notre
temps, nul ne devrait rester indifférent à ce
travail, qui complèterait les vues avancées
dans son précédent grand ouvrage de 1989, plus
facile à lire The Emperor's New Mind: Concerning
Computers, Minds and the Laws of Physics.
Dans Road to Reality, Roger Penrose confirme
son rejet de la populaire Théorie des Cordes, qu'il
considère comme non fondée, que ce soit par
l'intuition ou par l'évidence. Il considère
de toutes façons que la course à l'hypothétique
Théorie de Tout est illusoire. Il a proposé
à la place une théorie dite des Twistors, que
peu de gens connaissent (voir http://users.ox.ac.uk/~tweb/00004/index.shtml)
Une des
nouvelles hypothèses de Penrose porte sur la réduction
d'état qui suite à une
observation, assigne à une particule quantique une
position et un niveau d'énergie déterminés.
Mais qu'est-ce qu'une observation? Citons Mark Anderson: "Penrose,
however, has proposed that the missing link between macroscopic
and submicroscopic is gravity. Aggregations of particles exist
in their blurry quantum mechanical states until so many particles
are both here and there that space-time itself -- which is
warped by the presence of matter and therefore is warped in
multiple simultaneous ways by matter that is both here and
there -- ultimately can no longer support so much indeterminacy".
Autrement dit, en termes imagés, des agrégats
de particules peuvent, en grossissant sous l'influence de
la gravité, émerger dans l'espace-temps macroscopique
et perdre ainsi leur état indéterminé.
Penrose propose pour vérifier cette hypothèse
une expérience qui est actuellement en cours mais qui
demandera plusieurs années de travail avant d'aboutir
(voir http://scitation.aip.org/***=yes).
On le comprend à la vue de l'article.
Ceci étant, ceux qui pour diverses raisons ne se
sentent pas en sympathie avec la théorie des Cordes
ne manqueront pas de s'informer des travaux de Roger Penrose
et de ses élèves.
Pour
en savoir plus
Penrose:
The Answer's Not 42 , article de Mark Anderson dans Wired
http://wired.com/news/print/0,1294,66751,00.html
Bibliographie
de Roger Penrose dans Wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Roger_Penrose
Une
nouvelle science, la neurobiologie des plantes?
JPB
09/02/05
Les
plantes les plus ordinaires sont-elles capables d'étudier
leur environnement, faire des hypothèses, conquérir
des territoires, se battre contre leurs ennemis, communiquer
entre elles et avec les insectes par des émissions
codées de gaz, réaliser des calculs de géométrie
euclidienne et finalement prévoir l'avenir. Autrement
dit, sont-elles capables de comportements analogues à
ceux que nous qualifions d'intelligents? Cette intelligence
irait-elle jusqu'à comporter des formes plus ou moins
évoluées de conscience de soi. Des chercheurs
en sont désormais convaincus. Mais pour le démontrer,
ils ne cherchent pas à proposer aux plantes des tests
d'intelligence analogues à ceux qui s'adressent aux
humains et aux animaux. Ils étudient de préférence
les différents plans d'organisation constituant un
végétal et l'interpénétration
des fonctions permises par l'intégration des différentes
aptitudes physiologique du "système plante"
en relation avec son environnement.
A côté
des systèmes déjà à peu près
connus permettant la nutrition, la respiration, la reproduction
de la plante, les chercheurs font ainsi apparaître
une véritable neurobiologie végétale.
Celle-ci disposerait de neurotransmetteurs spécifiques
(par exemple l'auxin) ainsi que de synapses permettant la
transmission des neurotransmetteurs de cellule à
cellule, à l'intérieur de la plante ou vers
des organismes extérieurs. Finalement les canaux
ainsi formés assureraient le transfert et la computation
des informations d'une façon comparable à
celle pratiquée par les neurones dans les organismes
animaux.
Un premier
Symposium Mondial consacré à la neurobiologie
des plantes se tiendra du 17 au 20 mai 2005 à Florence.
Il est organisé par František Baluška (Université
de Bonn) et Stefano Mancuso (Université de Florence).
Le site du Colloque est très informatif. En dehors
des définitions générales, il permet
grâce à la publication des abstracts des conférences,
de se faire une bonne idée de la richesse et du caractère
véritablement innovant de cette nouvelle discipline.
On y trouve également l'historique de celle-ci, qui
remonterait à des vues pénétrantes
de Charles Darwin.
Il
est impossible à celui qui s'est imprégné
du sujet de continuer à regarder les plantes avec l'indifférence
qui caractérise l'homme moderne (à la différence
sans doute de l'attitude de ses lointains prédécesseurs).
Nous nous trouvons confrontés à une révolution
épistémologique analogue à celle qui
marque de plus en plus aujourd'hui le regard jeté sur
le monde animal. L'homme croit dominer le monde végétal
(lequel monde inclût ne l'oublions pas d'innombrables
micro-organismes). Mais si c'était le contraire? Si
c'étaient les végétaux qui instrumentalisaient
les hommes au mieux de leurs stratégies pour la domination
de l'espace? Le jardinier dans son jardin est-il autre chose
qu'un esclave obligé de mettre toutes ses ressources
au service de plantes de plus en plus sophistiquées
et conquérantes? Il y a des gagnants et des perdants,
au hasard des batailles, mais ce seront sans doute les plantes
qui finiront par l'emporter.
Pour
en savoir plus
The
first Symposium on Plant Neurobiology http://izmb.de/volkmann/plantneuro/
Le
Japon à la conquête de la Lune
CJ
05/02/05
La
Lune, unique satellite de la Terre, suscite la convoitise
des puissances du globe. Aujourd'hui, les Américains
ne seraient plus les seuls en course... Un des responsables
de l'Agence aérospatiale japonaise, qui a souhaité
garder l'anonymat, annonce qu'une station habitée
pourrait être établie sur la Lune pour la recherche
scientifique d'ici 2005 ! : "Nous allons inclure
ce projet spatial parmi l'un des futurs objectifs dans le
cadre de notre vision à long terme, que nous proposerons
au gouvernement d'ici la fin mars".
Même si cela est dit mezza voce, cette information
est à prendre au sérieux. Faisceau convergent,
selon le quotidien Mainichi Shimbun, le Japon projette pour
arriver en tête de cette course-lunaire de concevoir
d'ici 5 ans, un robot pour explorer le territoire du satellite.
Le pays du soleil levant compterait ensuite concevoir son
propre vaisseau spatial habité... Prévoyant
une base lunaire dans dix ans, il serait ainsi développé
des programmes et technologies afin que l'homme puisse séjourner
sur la Lune.
A plus long terme, les Japonais projetteraient d'ici 2025
l'installation d'une base d'observation permettant de transmettre
des informations pertinentes et rapides à la Terre,
sur l'arrivée d'éventuelles catastrophes naturelles.
On
notera que la JAXA, Agence japonaise pour l'exploration aérospatiale,
a réussi le 26 février 2005 le lancement de
la fusée H-IIA (Launch Vehicle No. 7 H-IIA F7) avec
le satellite multi-fonction MTSAT-1R. Ce lancement était
attendu avec beaucoup d'inquiétude car deux lancements
précédents s'étaient conclus par des
échecs.
Pour
en savoir plus
JAXA
http://www.jaxa.jp/index_e.html
L'étrange
et merveilleuse histoire du manuscrit Voynich
JPB 04/03/05
Source Science
et Vie 1045 p.102

En
1912, l'antiquaire américain Wilfried Voynich découvrait
dans les collections de la villa Mandragone près de
Rome un codex de 250 pages, sans titre ni nom d'auteur
ni de date, rédigé dans une langue inconnue
avec des caractères également inconnus. Le manuscrit
est illustré de figures humaines (notamment de femmes
nues) et de symboles botaniques et astrologiques sibyllins.
Il est actuellement conservé à l'Université
Yale aux Etats-Unis. Depuis sa découverte, il a fait
l'objet de nombreuses recherches destinées à
préciser son origine et surtout sa signification. Des
chercheurs en intelligence artificielle, en linguistique,
en cryptologie s'y sont attaqués. Toujours sans succès.
Ils s'accordent cependant sur l'origine, européenne
et l'âge, environ 400 ans, selon certains indices. On
sait également que le roi de Bohème Rodolphe
II passionné de sciences l'aurait acquis en 1586 pour
la somme considérable de 600 ducats d'or.
Une
hypothèse rencontre un certain succès aujourd'hui.
Ce manuscrit serait le produit d'une escroquerie ingénieuse,
peut-être montée par le faussaire anglais Edwards
Kelley, qui l'aurait fabriqué pour le vendre au roi
Rodolphe. Ledit KeIley s'était déjà
fait connaître par une "langue des anges"
également incompréhensible qui lui aurait
été révélée par Dieu.
Le document n'aurait alors aucune signification. Mais rien
ne vient démontrer précisément cette
hypothèse, sauf des présomptions rassemblées
par le chercheur écossais Gordon Rugg, qui consacre
sa vie à tenter de faire la preuve que le manuscrit
n'est qu'une remarquable mystification.
Mais
cette explication ne convainc pas tout le monde. Des chercheurs
en psychiatrie y voient l'oeuvre d'un auteur en transe, voire
d'un schizophrène. Le manuscrit révèlerait
alors les arcanes de la folie mythomaniaque de l'époque.
D'autres persistent à y chercher un sens caché.
Ceux que le sujet intéressent peuvent se connecter
au forum rassemblant les passionnés de cette étrange
affaire http://www.voynich.net
Pour
en savoir plus
Une
étude détaillée du MS Voynich http://www.voynich.nu/history.html
Le
rôle des astrocytes dans la communication intra-cérébrale
JPB 03/03/05
Les
neurologues s'interrogent depuis longtemps sur le
rôle des cellules gliales qui remplissent l'espace
interneuronal et constituent une part importante de la masse
du cerveau. On a cru jusqu'à ces dernières
années qu'elles avaient une utilité,
d'ailleurs mal perçue, dans le soutien et l'alimentation
des neurones. Mais aujourd'hui, diverses équipes
s'intéressent directement à leur rôle
dans la neurotransmission des informations. Ceci en ferait
des compléments, des substituts voire des rivaux
des neurones. Ce sont en particulier certaines de ces cellules
gliales, les astrocytes, qui retiennent l'attention.
Les
astrocytes (Wikipedia) sont des cellules gliales de forme
étoilée que l'on trouve dans le cerveau et le
système nerveux central. On distingue deux types d'astrocytes:
• Astrocyte de type I, qui sont en contact avec les
capillaires sanguins grâce à leurs pieds astrocytaires.
Ils jouent un rôle actif dans le métabolisme
et l'alimentation en glucose des neurones.
• Astrocyte de type II, qui entourent le neurone et
la fente synaptique. Le taux de couverture peut varier de
1 à 100% suivant le type de neurone.
Ce
sont ces derniers qui sont considérés comme
les plus intéressants. On suppose qu'ils jouent un
rôle dans la propagation du signal nerveux en agissant
sur la dispersion des neurotransmetteurs (glutamate ; GABA,
acétylcholine, dopamine). Lorsque l'influx
nerveux arrive au niveau de la synapse d'un neurone,
il libère un de ces neurotransmetteurs qui va se
fixer sur des récepteurs spécifiques à
la surface d'un deuxième neurone, ce qui re-génère
l'influx nerveux au sein de ce deuxième neurone.
Or les astrocytes de type II disposent de bras astrocytaires
qui entourent la synapse. Leur rôle ne serait pas,
comme on l'a cru, d'isoler cette dernière
de l'extérieur mais au contraire de réguler,
en l'amplifiant et en la bloquant, la quantité
des neurotransmetteurs échangés. Ceci influencerait
donc directement la communication interneuronale, en la
modulant selon des règles dont les fonctionnalités
restent à découvrir.
Mais cette activité ne serait pas la seule. La présence
de bras astrocytaires entourant les synapses permettrait
l'apparition d'une communication extraneuronale
qui se produirait d'astrocytes en astrocytes. Ceux-ci
constitueraient alors un deuxième réseau de
transmission des données cérébrales,
en assurant des communications d'une synapse à
l'autre par l'intermédiaire de leur propre
réseau. Ce réseau fonctionnerait sur le mode
chimique, lequel n'est pas détectable par l'électro-encéphalogramme,
comme l'est la propagation de l'influx nerveux dans
les axones neuronaux. Aujourd'hui, on peut la mettre
en évidence par l'utilisation de sondes fluorescentes
qui peuvent suivre les déplacements des molécules
dans les cellules (en l'espèce, des ions calcium,
on parle de « vagues calcium »).
Le rôle de ces réseaux astrocytaires, bien plus
lents que ceux utilisant l'activité électrique
des neurones, est encore loin d'être élucidé.
Il pourrait être différent selon les zones cérébrales
concernées. Mais ces réseaux interviennent certainement
dans les performances globales de la machine cérébrale,
notamment au niveau des tâches cognitives supérieures,
dans les différents types de mémorisation, ou
dans certaines déficiences. En tous cas, on retiendra
une constatation intéressante: le nombre d'astrocytes
par neurone varie selon les espèces. Plus celles-ci
sont évoluées, plus leur cerveau présente
d'astrocytes.
Les observations évoquées ci-dessus n'ont
encore été faites que sur des cultures in
vitro. Il faudra les reprendre in vivo. Si on suppose que
les astrocytes joue un rôle dans la synchronisation
de réseaux de neurones éloignés les
uns des autres, il faudra mettre en place des systèmes
d'observations portant sur l'ensemble de la
masse cérébrale. C'est loin d'être
faisable aujourd'hui, mais ce le sera demain. Les
neurologues (faudra-t-il dire les gliologues ou les astrocytologues)
sont donc confrontés à des perspectives très
intéressantes. Il semble en tous cas que le vieux
modèle de la transmission interneuronale doive dorénavant
être abandonné au profit de modèles
de communication infiniment plus complexes. Ceux-ci feront
sans doute apparaître des fonctions cérébrales
cognitives encore inconnues ou mal connues.
Verra-t-on alors les informaticiens, de leur côté,
développer non plus de « simples » réseaux
de neurones formels, mais des réseaux associant des
neurones et des astrocytes virtuels, capables de calculs
beaucoup plus nuancés que ceux permis par les neurones
formels ?
Pour
en savoir plus
Astrocytes.
Science & Vie, n° 1045, p. 67
A
Theory of Cortical Neuron-Astrocyte Interaction, par Dale Stanley
Antanitus, Department of Pediatrics, Harvard Medical School,
The Fernald Center, Waltham, Massachusetts http://www.antanitus.com/hypothesis/
(nb: le
schéma présenté ci-dessus est tirée
de cette page).
The
Astrocyte-Synapse Relationship (images) http://synapses.mcg.edu/anatomy/astro3d/3d_essay.stm
Voir
d'autres images http://www.bergleslab.com/astrocytes.html
Le
satellite européen Envisat
JPB 02/03/05
La
revue Science & Vie, dans son numéro 1046 de novembre
2004, a publié une série d'images de la Terre
obtenues par le satellite européen Envisat. C'était
une excellente initiative. Il est à craindre que beaucoup
d'Européens, précisément, ne connaissent
même pas l'existence de ce satellite, conçu et
mis en place par l'Agence
Spatiale
Européenne (ESA) et pour lequel ils ont versé
la modeste somme de 7 euros par personne. Nous avons vu dans
un article précédent que le programme international
GEOSS se préparait à rassembler et synthétiser
un grand nombre d'informations fournies par différents
systèmes satellitaires mondiaux en charge de l'observation
de la Terre. Ceci afin de mieux connaître l'évolution
des paramètres importants intéressant l'évolution
de l'atmosphère, des mers et des continents. Envisat
représente dans ce but un argument européen de
première importance.
Envisat est un engin de grande taille : 10 m. de haut, 25 m.
de large et 8 tonnes. Son orbite est circum-polaire. Il fait
journellement 14 fois le tour de la terre. Sa bande d'observation
revient à son point de départ (du fait de la rotation
de la planète) tous les 35 jours.
Lancé en mars 2002 par une Ariane 5 (on tremble respectivement
au désastre qu'aurait été l'échec
de ce tir), Envisat a procédé depuis au réglage
de ses sept instruments, qui sont maintenant tous opérationnels,
(sauf à la date du 1er mars 2005 une anomalie réparable
sur l'analyseur GOMOS). Un colloque international s'était
tenu à Salzbourg en septembre 2004, devant 900 scientifiques
représentant 53 pays, pour analyser ces résultats.
C'est évidemment le rôle des données fournies
par Envisat pour la surveillance de la détérioration
de l'environnement et la prévention des risques majeurs
qui intéresse le plus la communauté internationale.
Mais plus généralement, la meilleure connaissance
de la façon dont fonctionne le système complexe
que constitue la Terre représente un gain inestimable.
On notera à cet égard qu'en quelques années,
l'instrumentation a fait des progrès extraordinaires,
permettant par exemple d'observer de 800 km d'altitude, à
partir d'un véhicule se déplaçant à
25.000 km/h, une élévation du niveau des mers
de 3 millimètres par an entre 1992 et 2004. De même,
grâce à l'interférométrie, il peut
détecter des mouvements du sol de 1 mm.
Envisat a succédé aux deux satellites européens
ERS-1 et ERS-2. Il peut être couplé, en ce qui
concerne l'océanographie, aux satellites américano-européens
Topex-Poséidon et Jason. D'autres données sont
rapprochées de celles du satellite du CNES, SPOT, qui
intéressent particulièrement les services de sécurité
civile dans divers pays.
Tout est-il donc pour le mieux ? Certainement pas. L'Europe
ne doit pas s'endormir sur ce succès incontestable. La
première question, urgente, concerne la décision
de mettre en chantier le successeur d'Envisat. Celui-ci devrait
vivre jusqu'en 2010, mais un accident peut arriver d'ici là.
Or il faut au rythme actuel 4 à 5 ans pour construire
un satellite analogue – durée qui peut s'allonger
compte tenu de la nécessité d'obtenir l'accord
des pays européens financeurs. Pour bien faire, la décision
devrait donc être prise en 2005.
Une autre question toute différente concerne l'éventualité
de rapprocher les informations fournies par Envisat et les autres
satellites civils de l'ESA ou des Etats-membres avec celles
obtenues par les satellites militaires européens. Chacun
des partenaires serait gagnant, semble-t-il, si des modes de
coopération clairs étaient arrêtés
par les Etats européens.
Pour en savoir plus
Envisat http://envisat.esa.int/
Le site fournit de nombreuses images dont certaines sont mises
à jour en temps réel. Il s'agit d'un ensemble
de documents exceptionnels
Les instruments de Envisat :
- le spectromètre imageur MERIS
- le radar imageur ASAR
- le radiomètre AATSR
- le radar altimètre RA-2 couplé au radiomètre
micro-ondes MWR
- le système de positionnement DORIS
- le laser rétro-réflecteur LRR
- les analyseurs atmosphériques SCIAMACHY, MIPAS et
GOMOS
On trouvera les détails de ces instruments et des exemples
de leurs applications sur le portail d'Envisat http://eopi.esa.int/esa/esa
Informations sur le symposium de Salzbourg http://earth.esa.int/salzburg04/
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