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Résumé: Une vingtaine
d'experts ont proposé le contenu de ce qui sera un
des plus importants événements publics en Espagne
en 2005
La
première réunion du Comité Scientifique
du futur Congrès espagnol sur la souveraineté
technologique européenne s'est tenue le 19 novembre
2004 au siège madrilène de Mediaedge.cia Iberia
avec la participation de divers représentants ministériels
et du haut responsable pour l'Intelligence Economique du Gouvernement
français. Une vingtaine de scientifiques espagnols
et français y ont souligné la nécessité
d'un effort majeur en faveur de l'innovation en Europe et
ont proposé différentes voies pour y parvenir.
Le Congrès sur la souveraineté technologique
européenne reprendra ces apports des experts scientifiques
espagnols et européens et sera l'un des événements
majeurs de l'année 2005 en Espagne. Compte-rendu par
Eduardo Martinez et Alicia Montesdeoca.
La
réunion du Comité Scientifique (Comité
Científico del Congreso de Soberanía Tecnológica
Europea) s'est tenue le 19 novembre 2004 au siège
social de Mediaedge:cia Iberia (http://www.mediaedgecia.es/),
la 3e entreprise de communication du marché hispano-portuguais.
Le Congrès est prévu pour l'automne
de 2005.
Il
prendra le relais du premier Colloque sur l'indépendance
de l'Europe et la souveraineté technologique (http://europe-puissance-scientifique.org),
qui s'est tenu à Paris les 28 et 29 juin 2004, à
l'initiative de l'association Union Paneuropéenne France
http://www.pan-europe.org/index.htm
et de la revue électronique française Automates
Intelligents http://www.automatesintelligents.com.
Le Congrès espagnol sera un des événements
majeurs de l'année 2005 en Espagne.
Afin
de préparer ce Congrès, la revue Tendencias
http://www.tendencias21.net/ a invité une série
de personnalités du monde scientifique et académique
à exprimer leurs points de vue sur ce thème.
La réunion a été ouverte par Carmen
Montero, Conseillère Déléguée
de Mediaedge:cia Iberia. Celle-ci, après avoir souhaité
la bienvenu aux participants, a rappelé la vocation
universelle de son entreprise, « parfaitement en phase
avec l'idée d'une Europe avancée
et influente dans les affaires du monde ». Elle a
donné l'assurance de son appui « à
l'effort collectif entrepris ce jour, afin qu'il
arrive à bon port et devienne l'une des références
de l'Europe que nous souhaitons tous ».
Les
officiels
Les
débats furent inaugurés par Marta
Cimas, directrice générale adjointe
au ministère de l'industrie (Subdirectora General
de Organismos Internacionales y Sociedad de la Información
de la Secretaría de Estado de Telecomunicaciones
del Ministerio de Industria, http://www.setsi.mcyt.es/)
ainsi que par Ricardo Vázquez, responsable
du secteur des entreprises à l'Observatoire
des télécommunications et de la société
de l'information de l'entreprise publique Empreserial
Red (Observatorio de las Telecomunicaciones y de la Sociedad
de la Información de la Entidad Pública Empresarial
Red.es http://observatorio.red.es/).
S'exprimèrent aussi José Luis
Estolaza, directeur général adjoint
auprès de la secrétaire d'Etat pour
l'Union européenne du ministère espagnol
des affaires étrangères (Subdirector General
de la Secretaría de Estado para la Unión Europea
del Ministerio de Asuntos Exteriores http://www.mae.es/mae/index.jsp)
et Alain Juillet, haut responsable pour
l'intelligence économique auprès du
Premier ministre français, qui fut l'un des
participants au Colloque de Paris.
Marta
Cimas a rappelé le rôle de la secrétaire
d'Etat aux Télécommunications et a signalé
les opportunités offertes par le programme Marco
de Investigación de l'Union Européenne
destiné à financer la recherche scientifique
en Europe. (6e PCRD, programme cadre sur la recherche et
le développement).
Ricardo
Vázquez, pour sa part, a présenté
les grandes lignes de l'action de Red.es et de l'
Observatorio de las Telecomunicaciones y de la Sociedad
de la Información, en insistant sur les différentes
stratégies engagées afin d' implanter
pleinement en Espagne la société des connaissances.
José
Luis Ostolaza a confirmé l'intérêt
de son secrétaire d'Etat pour le projet de
Congrès sur la souveraineté technologique,
bien que dans certains domaines ce thème transcende
les responsabilités de son département en
matière de définition de la politique européenne
du gouvernement espagnol.
Enfin,
Alain Juillet a souligné l'importance
de l'intelligence économique comme instrument
de la souveraineté technologique. L'Europe
est en train de se rendre compte qu'elle est une puissance
et qu'elle doit regrouper ses ressources internes
pour devenir une véritable puissance mondiale. Mais
elle a perdu une grande partie de sa capacité à
innover. Notre continent s'est davantage orienté
vers le développement que vers la création.
D'où la nécessité, a-t-il insisté,
de soutenir l'innovation non seulement à l'échelle
nationale mais au niveau européen.
La science, les entreprises et les institutions
Après
ces propos introductifs, Eduardo Martinez,
éditeur de Tendencias Científicas, est intervenu
pour rappeler que cette revue scientifique a été
invitée à participer au Colloque de Paris
et à reprendre cette initiative en Espagne. Cette
responsabilité ayant été pleinement
assumée a trouvé sa première réalisation
dans l'organisation de cette première journée.
Il
a ajouté qu'il existait en Espagne une grande
réceptivité tant au niveau institutionnel
qu'académique et entrepreneurial face à
ce concept de souveraineté technologique. Il souscrit
sous cet angle aux propos de Carmen Montero
: que cette première réunion du Comité
scientifique symbolise ce que devra être le Congrès
de 2005 : la science, les entreprises et les institutions
collaborant pour créer la nouvelle étape décisive
de la construction européenne.
Il
est important que dès le début, la démarche
soit partagée par plusieurs pays européens
dans un véritable esprit d'union et d'amitié..
Alejandro
Sacristán, coordinateur général
de Tendencias Científicas, a présenté
ensuite le modèle du Congrès auquel il travaillait.
Il sera constitué d'une série de conférences
magistrales, accompagnées de séminaires de formation
et suivis d'une exposition technologique qui contribuera à
faire connaître les grandes avancées de la science
européenne en Espagne.
Concrètement,
le Congrès se tiendra pendant trois jours en octobre
2005. Il sera destiné aux dirigeants des institutions,
entreprises et médias de communication.
La
nécessité de la souveraineté technologique
Parmi
les membres du Comité scientifique figurent les deux
« pères intellectuels » du projet, Jean
Claude Empereur, vice-président de l'Association
Union paneuropéenne France et Jean Paul Baquiast,
éditeur de la revue électronique française
Automates Intelligents. Tous deux ont participé à
la réunion du 19 novembre.
Jean
Claude Empereur a fait ressortir la situation préoccupante
de la science et de la technologie en Europe, qui impose
de soutenir les initiatives capables de développer
l'innovation au niveau du continent tout entier. Il
a signalé que le concept de souveraineté technologique
n'existait pas jusqu'à présent
en Europe, ce qui reflète bien le nouveau défi
qui s'impose au vieux Continent. Une fois réalisée
l'Union politique et monétaire, une fois mis
en marche le processus constitutionnel avec le projet de
Constitution européenne, la prochaine étape
doit être, malgré ou plutôt à
cause de l'élargissement à 25, d'atteindre
la souveraineté technologique.
Il
a expliqué que le concept de souveraineté
technologique signifie le contrôle de toutes les technologies
permettant à l'Europe de jouer dans la politique
mondiale le rôle qui correspond à ses capacités
démographiques et économiques.
Il
a ajouté que l'Association Paneurope France se félicite
de voir que l'initiative du Premier Colloque à Paris
a été reprise en Espagne, avec beaucoup d'efficacité.
Elle sera heureuse de participer au Colloque Espagnol. Par
ailleurs, Paneurope France et PanEuropa Deutschland vont
organiser un 3e Colloque en Allemagne, auquel il est proposé
d'ores et déjà aux organisateurs du Colloque
Espagnol de participer. D'autres Colloques sont envisagés
pour 2006, où là aussi la participation espagnole
sera indispensable. Ainsi se constituera un véritable
réseau européen sur le thème de la
souveraineté technologique.
Les
bases de la souveraineté technologique
De
son côté, Jean Paul Baquiast
a insisté sur le fait que les bases de la souveraineté
politique et culturelle se trouvaient dans la souveraineté
scientifique et technologique, sans laquelle les deux premières
n'ont pas de perspectives. Il a montré que
la souveraineté technologique suppose trois choses
: la capacité à l'échelle européenne
de mener des recherches fondamentales de premier rang dans
tous les domaines scientifiques sans exception, la mise
en place de grands programmes de recherche/développement
dans un certain nombre de secteurs prioritaires et enfin
la création de grands pôles régionaux
de compétitivité associant les laboratoires
de recherche et les industries innovantes.
A
cela s'ajoute la capacité de financer les innovations,
celle de conduire une politique de vigilance et d'intelligence
économique et enfin celle de former les jeunes chercheurs.
Jean
Paul Baquiast a conclu en indiquant que les différents
Colloques sur la souveraineté technologique de l'Europe
devaient s'inscrire dans le processus de sensibilisation
politique et sociale nécessaire pour que le projet
européen atteigne à sa pleine maturité.
Trois
grandes questions
Le
professeur des universités Adolfo Castilla
http://www.adolfocastilla.com/adolfo_castilla.php,
responsable des thèmes du futur Congrès, a
proposé ensuite quelques idées destinées
selon lui à structurer la contribution espagnole
à la construction de la souveraineté technologique
de l'Europe.
Après
avoir décrit les scénarios technologiques
prévisibles au niveau mondial et expliqué
les changements sociaux et culturels nécessaires
pour que l'Europe puisse aspirer à une pleine
maîtrise des technologies de dernière génération,
Adolfo Castillas a posé trois questions aux membres
du Comité scientifique : Comment définir la
souveraineté technologique ? Comment le groupe se
représente-t-il les technologies dites avancées
? Comment agir sur la société pour que se
produise une sensibilisation d'importance suffisante
face aux exigences s'imposant à l'Europe
?
La
suite de la discussion a principalement porté sur
les réponses possibles à ces trois questions
essentielles. José María Anguiano,
avocat membre du cabinet Garrigues Walker, a fait ressortir
la distance existant entre la technologie et son implantation
social, un abîme qui apparaît particulièrement
grand dans le domaine juridique.
José
Maria Anguiano a annoncé la création
du Forum de la preuve électronique (Foro de las Evidencias
Electrónicas http://www.foroevidenciaselectronicas.org/),
destiné à garantir la sécurité
juridique des transactions électroniques, des échanges
de documents et de la création et de la commercialisation
des contenus.
Carlos
Bruquetas, président de la Carta Mediterránea
http://www.cartamediterranea.org/,
a souligné la nécessité de développer
la stratégie de la souveraineté technologique
sur l'ensemble de la zone géographique méditerranéenne,
en tenant compte de la tradition européenne ayant
permis d'y répandre l'innovation. Il
a insisté sur l'importance de la vulgarisation
scientifique d'où la nécessité
d'un grand programme permettant une prise de conscience
sociale au niveau européen.
La
dépendance technologique
Jesús
Cardeñosa http://www.vai.dia.fi.upm.es/es/cv/jesus_cv.htm,
professeur d'Ingénierie des Connaissances et
d'intelligence artificielle à l'Université
polytechnique de Madrid, a souligné que la principale
barrière à l'implantation de la technologie
se trouve dans les barrières linguistiques. Or la
technologie, convenablement encouragée, peut apporter
(sans obliger à utiliser systématiquement
l'anglais) des solutions permettant de faire diffuser
très vite la mentalité technologique à
travers l'Europe, en dépit de la coexistence
des différentes langues nationales.
Fernando
Davara, directeur du Centro de Satélites
de la Unión Europea http://www.eusc.org/,
a fait observer que dans le domaine de l'observation
satellitaire de la Terre, la dépendance technologique
de l'Europe est totale, alors qu'elle est moindre
dans le domaine des satellites de télécommunication
et de navigation.
Vicente Gómez, directeur du Centro
Europeo de Astronomía Espacial, a montré que
le mode de vie qui caractérise notre époque
n'est pas concevable sans les Technologies spatiales
et que celles-ci sont le meilleur véhicule possible
pour permettre le développement des capacités
d'innovation de l'Europe.
Rafael
Alberto Pérez, président du Forum
Iberaméricain sur les stratégies de communication
(Foro Iberoamericano sobre Estrategias de Comunicación,
FISEC http://www.forofaro.com/),
a insisté sur l'importance de présenter
de façon positive le thème de la souveraineté
technologique européenne, en tant que stratégie
de communication s'adressant à la société
toute entière. Il a proposé d'élargir
la portée du débat à l'ensemble
du domaine hispano-américain à travers le
FISEC, ainsi que d'associer le sociologue Edgar Morin
à une réflexion sur les apprentissages sociaux
nécessaires à l'implantation de la culture
de l'innovation en Europe.
Un
espace pour la technologie européenne
Giulio Prisco, physicien et membre du comité
éditorial de Tendencias Científicas, a proposé
de définir un espace technologique pour l'Europe.
L'Asie se spécialiserait dans le bon marché,
les Etats-Unis dans la rapidité d'adaptation,
l'Europe dans la qualité.
Par ailleurs,
il a insisté sur la nécessité de présenter
aux européens la convergence technologique d'une façon
plus dynamique que celle pratiquée par les institutions
communautaires. Il serait intéressant à cet
égard d'associer le Congrès à une entreprise
euroamériciane de création récente spécialisée
dans les Technologies du futur.
Miguel
Ormaetxea, directeur de la revue Dinero http://www.negocios.com/dinero,
a rappelé l'importance des médias de
communication dans l'implantation d'une culture
de l'innovation technologique en Europe, étant
entendu que les modèles de communication existant
actuellement datent pour la plupart du 19e siècle.
Il a proposé qu'une des cibles de la communication
du Congrès soient les medias de la communication
économique
José Antonio Díaz, professeur
de sociologie à l'Universidad Autónoma et représentant
de l'Instituto Ciencia y Sociedad http://www.cienciaysociedad.org/,
voudrait que le thème de la souveraineté technologique
ne serve pas de prétexte à un discours culpabilisant
sur la faiblesse européenne. Si l'Europe est dans l'état
où elle se trouve actuellement, c'est parce qu'elle
l'a voulu. S'ensuit la nécessité d'associer
davantage les universités et les entreprises aux débats,
afin de prendre en compte les tendances profondes de la société
face à la technologie et à l'innovation sociale.
Souveraineté
et sciences de l'ingénieur
Luis
Giménez-Cassina, président de l'Instituto
de la Ingeniería de España http://www.iies.es/index.htm,
est intervenu en dernier afin d'associer le thème
de la souveraineté européenne à celui
de la survie du Continent. Il a rappelé également
l'importance de mobiliser sur ce thème des
collectivités professionnelles spécifiques,
notamment celle des ingénieurs. Sous cet angle, il
a proposé de créer un lien entre le Congrès
sur la souveraineté technologique et les activités
destinées à commémorer le centenaire
de l'Institut de l'Ingénierie espagnole
qui se tiendront en 2005. Il a enfin demandé qu'une
partie des travaux du Congrès soit orientés
vers l'Université, à travers des journées
et des conférences spécifiquement destinées
aux jeunes.
Après
les interventions, Luis Losa, Conseiller
délégué de Loyalty (Grupo Mediaedge:cia)
a remercié les participants de leurs contributions
et a marqué la satisfaction de son entreprise d'avoir
pu accueillir une rencontre aussi importante pour l'avenir
de l'Europe.
Ont
aussi participé à la réunion Ronald
Bunzl, secrétaire général
de la Union Paneuropea, Comité Espanol, Alicia
Montesdeoca, co-editeur de Tendencias Científicas,
Juan Ramón Blanco, Gérant
de la publication et d'autres personnalités du Groupe
Mediaedge:cia Iberia.
Voir
aussi
Manifeste; Pour une Europe indépendante par le développement
des sciences et technologies de souveraineté http://www.admiroutes.asso.fr/europepuissancescientifique/manifeste.htm
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