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Manifestation
Première réunion du Comité Scientifique du Colloque Espagnol sur la souveraineté technologique européenne

Compte-rendu par Eduardo Martinez de la Fe et Alicia Montesdeoca
Texte original: http://www.tendencias21.net/index.php?action=article&id_article=92845
traduction Jean-Paul Baquiast
(21/11/2004)
 

Résumé: Une vingtaine d'experts ont proposé le contenu de ce qui sera un des plus importants événements publics en Espagne en 2005

La première réunion du Comité Scientifique du futur Congrès espagnol sur la souveraineté technologique européenne s'est tenue le 19 novembre 2004 au siège madrilène de Mediaedge.cia Iberia avec la participation de divers représentants ministériels et du haut responsable pour l'Intelligence Economique du Gouvernement français. Une vingtaine de scientifiques espagnols et français y ont souligné la nécessité d'un effort majeur en faveur de l'innovation en Europe et ont proposé différentes voies pour y parvenir. Le Congrès sur la souveraineté technologique européenne reprendra ces apports des experts scientifiques espagnols et européens et sera l'un des événements majeurs de l'année 2005 en Espagne. Compte-rendu par Eduardo Martinez et Alicia Montesdeoca.

La réunion du Comité Scientifique (Comité Científico del Congreso de Soberanía Tecnológica Europea) s'est tenue le 19 novembre 2004 au siège social de Mediaedge:cia Iberia (http://www.mediaedgecia.es/), la 3e entreprise de communication du marché hispano-portuguais. Le Congrès est prévu pour l'automne de 2005.

Il prendra le relais du premier Colloque sur l'indépendance de l'Europe et la souveraineté technologique (http://europe-puissance-scientifique.org), qui s'est tenu à Paris les 28 et 29 juin 2004, à l'initiative de l'association Union Paneuropéenne France http://www.pan-europe.org/index.htm et de la revue électronique française Automates Intelligents http://www.automatesintelligents.com. Le Congrès espagnol sera un des événements majeurs de l'année 2005 en Espagne.

Afin de préparer ce Congrès, la revue Tendencias http://www.tendencias21.net/ a invité une série de personnalités du monde scientifique et académique à exprimer leurs points de vue sur ce thème. La réunion a été ouverte par Carmen Montero, Conseillère Déléguée de Mediaedge:cia Iberia. Celle-ci, après avoir souhaité la bienvenu aux participants, a rappelé la vocation universelle de son entreprise, « parfaitement en phase avec l'idée d'une Europe avancée et influente dans les affaires du monde ». Elle a donné l'assurance de son appui « à l'effort collectif entrepris ce jour, afin qu'il arrive à bon port et devienne l'une des références de l'Europe que nous souhaitons tous ».

Les officiels

Les débats furent inaugurés par Marta Cimas, directrice générale adjointe au ministère de l'industrie (Subdirectora General de Organismos Internacionales y Sociedad de la Información de la Secretaría de Estado de Telecomunicaciones del Ministerio de Industria, http://www.setsi.mcyt.es/) ainsi que par Ricardo Vázquez, responsable du secteur des entreprises à l'Observatoire des télécommunications et de la société de l'information de l'entreprise publique Empreserial Red (Observatorio de las Telecomunicaciones y de la Sociedad de la Información de la Entidad Pública Empresarial Red.es http://observatorio.red.es/). S'exprimèrent aussi José Luis Estolaza, directeur général adjoint auprès de la secrétaire d'Etat pour l'Union européenne du ministère espagnol des affaires étrangères (Subdirector General de la Secretaría de Estado para la Unión Europea del Ministerio de Asuntos Exteriores http://www.mae.es/mae/index.jsp) et Alain Juillet, haut responsable pour l'intelligence économique auprès du Premier ministre français, qui fut l'un des participants au Colloque de Paris.

Marta Cimas a rappelé le rôle de la secrétaire d'Etat aux Télécommunications et a signalé les opportunités offertes par le programme Marco de Investigación de l'Union Européenne destiné à financer la recherche scientifique en Europe. (6e PCRD, programme cadre sur la recherche et le développement).

Ricardo Vázquez, pour sa part, a présenté les grandes lignes de l'action de Red.es et de l' Observatorio de las Telecomunicaciones y de la Sociedad de la Información, en insistant sur les différentes stratégies engagées afin d' implanter pleinement en Espagne la société des connaissances.

José Luis Ostolaza a confirmé l'intérêt de son secrétaire d'Etat pour le projet de Congrès sur la souveraineté technologique, bien que dans certains domaines ce thème transcende les responsabilités de son département en matière de définition de la politique européenne du gouvernement espagnol.

Enfin, Alain Juillet a souligné l'importance de l'intelligence économique comme instrument de la souveraineté technologique. L'Europe est en train de se rendre compte qu'elle est une puissance et qu'elle doit regrouper ses ressources internes pour devenir une véritable puissance mondiale. Mais elle a perdu une grande partie de sa capacité à innover. Notre continent s'est davantage orienté vers le développement que vers la création. D'où la nécessité, a-t-il insisté, de soutenir l'innovation non seulement à l'échelle nationale mais au niveau européen.

La science, les entreprises et les institutions

Après ces propos introductifs, Eduardo Martinez, éditeur de Tendencias Científicas, est intervenu pour rappeler que cette revue scientifique a été invitée à participer au Colloque de Paris et à reprendre cette initiative en Espagne. Cette responsabilité ayant été pleinement assumée a trouvé sa première réalisation dans l'organisation de cette première journée.

Il a ajouté qu'il existait en Espagne une grande réceptivité tant au niveau institutionnel qu'académique et entrepreneurial face à ce concept de souveraineté technologique. Il souscrit sous cet angle aux propos de Carmen Montero : que cette première réunion du Comité scientifique symbolise ce que devra être le Congrès de 2005 : la science, les entreprises et les institutions collaborant pour créer la nouvelle étape décisive de la construction européenne.

Il est important que dès le début, la démarche soit partagée par plusieurs pays européens dans un véritable esprit d'union et d'amitié..

Alejandro Sacristán, coordinateur général de Tendencias Científicas, a présenté ensuite le modèle du Congrès auquel il travaillait. Il sera constitué d'une série de conférences magistrales, accompagnées de séminaires de formation et suivis d'une exposition technologique qui contribuera à faire connaître les grandes avancées de la science européenne en Espagne.

Concrètement, le Congrès se tiendra pendant trois jours en octobre 2005. Il sera destiné aux dirigeants des institutions, entreprises et médias de communication.

La nécessité de la souveraineté technologique

Parmi les membres du Comité scientifique figurent les deux « pères intellectuels » du projet, Jean Claude Empereur, vice-président de l'Association Union paneuropéenne France et Jean Paul Baquiast, éditeur de la revue électronique française Automates Intelligents. Tous deux ont participé à la réunion du 19 novembre.

Jean Claude Empereur a fait ressortir la situation préoccupante de la science et de la technologie en Europe, qui impose de soutenir les initiatives capables de développer l'innovation au niveau du continent tout entier. Il a signalé que le concept de souveraineté technologique n'existait pas jusqu'à présent en Europe, ce qui reflète bien le nouveau défi qui s'impose au vieux Continent. Une fois réalisée l'Union politique et monétaire, une fois mis en marche le processus constitutionnel avec le projet de Constitution européenne, la prochaine étape doit être, malgré ou plutôt à cause de l'élargissement à 25, d'atteindre la souveraineté technologique.

Il a expliqué que le concept de souveraineté technologique signifie le contrôle de toutes les technologies permettant à l'Europe de jouer dans la politique mondiale le rôle qui correspond à ses capacités démographiques et économiques.

Il a ajouté que l'Association Paneurope France se félicite de voir que l'initiative du Premier Colloque à Paris a été reprise en Espagne, avec beaucoup d'efficacité. Elle sera heureuse de participer au Colloque Espagnol. Par ailleurs, Paneurope France et PanEuropa Deutschland vont organiser un 3e Colloque en Allemagne, auquel il est proposé d'ores et déjà aux organisateurs du Colloque Espagnol de participer. D'autres Colloques sont envisagés pour 2006, où là aussi la participation espagnole sera indispensable. Ainsi se constituera un véritable réseau européen sur le thème de la souveraineté technologique.

Les bases de la souveraineté technologique

De son côté, Jean Paul Baquiast a insisté sur le fait que les bases de la souveraineté politique et culturelle se trouvaient dans la souveraineté scientifique et technologique, sans laquelle les deux premières n'ont pas de perspectives. Il a montré que la souveraineté technologique suppose trois choses : la capacité à l'échelle européenne de mener des recherches fondamentales de premier rang dans tous les domaines scientifiques sans exception, la mise en place de grands programmes de recherche/développement dans un certain nombre de secteurs prioritaires et enfin la création de grands pôles régionaux de compétitivité associant les laboratoires de recherche et les industries innovantes.

A cela s'ajoute la capacité de financer les innovations, celle de conduire une politique de vigilance et d'intelligence économique et enfin celle de former les jeunes chercheurs.

Jean Paul Baquiast a conclu en indiquant que les différents Colloques sur la souveraineté technologique de l'Europe devaient s'inscrire dans le processus de sensibilisation politique et sociale nécessaire pour que le projet européen atteigne à sa pleine maturité.

Trois grandes questions

Le professeur des universités Adolfo Castilla http://www.adolfocastilla.com/adolfo_castilla.php, responsable des thèmes du futur Congrès, a proposé ensuite quelques idées destinées selon lui à structurer la contribution espagnole à la construction de la souveraineté technologique de l'Europe.

Après avoir décrit les scénarios technologiques prévisibles au niveau mondial et expliqué les changements sociaux et culturels nécessaires pour que l'Europe puisse aspirer à une pleine maîtrise des technologies de dernière génération, Adolfo Castillas a posé trois questions aux membres du Comité scientifique : Comment définir la souveraineté technologique ? Comment le groupe se représente-t-il les technologies dites avancées ? Comment agir sur la société pour que se produise une sensibilisation d'importance suffisante face aux exigences s'imposant à l'Europe ?

La suite de la discussion a principalement porté sur les réponses possibles à ces trois questions essentielles. José María Anguiano, avocat membre du cabinet Garrigues Walker, a fait ressortir la distance existant entre la technologie et son implantation social, un abîme qui apparaît particulièrement grand dans le domaine juridique.

José Maria Anguiano a annoncé la création du Forum de la preuve électronique (Foro de las Evidencias Electrónicas http://www.foroevidenciaselectronicas.org/), destiné à garantir la sécurité juridique des transactions électroniques, des échanges de documents et de la création et de la commercialisation des contenus.

Carlos Bruquetas, président de la Carta Mediterránea http://www.cartamediterranea.org/, a souligné la nécessité de développer la stratégie de la souveraineté technologique sur l'ensemble de la zone géographique méditerranéenne, en tenant compte de la tradition européenne ayant permis d'y répandre l'innovation. Il a insisté sur l'importance de la vulgarisation scientifique d'où la nécessité d'un grand programme permettant une prise de conscience sociale au niveau européen.

La dépendance technologique

Jesús Cardeñosa http://www.vai.dia.fi.upm.es/es/cv/jesus_cv.htm, professeur d'Ingénierie des Connaissances et d'intelligence artificielle à l'Université polytechnique de Madrid, a souligné que la principale barrière à l'implantation de la technologie se trouve dans les barrières linguistiques. Or la technologie, convenablement encouragée, peut apporter (sans obliger à utiliser systématiquement l'anglais) des solutions permettant de faire diffuser très vite la mentalité technologique à travers l'Europe, en dépit de la coexistence des différentes langues nationales.

Fernando Davara, directeur du Centro de Satélites de la Unión Europea http://www.eusc.org/, a fait observer que dans le domaine de l'observation satellitaire de la Terre, la dépendance technologique de l'Europe est totale, alors qu'elle est moindre dans le domaine des satellites de télécommunication et de navigation.

Vicente Gómez, directeur du Centro Europeo de Astronomía Espacial, a montré que le mode de vie qui caractérise notre époque n'est pas concevable sans les Technologies spatiales et que celles-ci sont le meilleur véhicule possible pour permettre le développement des capacités d'innovation de l'Europe.

Rafael Alberto Pérez, président du Forum Iberaméricain sur les stratégies de communication (Foro Iberoamericano sobre Estrategias de Comunicación, FISEC http://www.forofaro.com/), a insisté sur l'importance de présenter de façon positive le thème de la souveraineté technologique européenne, en tant que stratégie de communication s'adressant à la société toute entière. Il a proposé d'élargir la portée du débat à l'ensemble du domaine hispano-américain à travers le FISEC, ainsi que d'associer le sociologue Edgar Morin à une réflexion sur les apprentissages sociaux nécessaires à l'implantation de la culture de l'innovation en Europe.

Un espace pour la technologie européenne

Giulio Prisco, physicien et membre du comité éditorial de Tendencias Científicas, a proposé de définir un espace technologique pour l'Europe. L'Asie se spécialiserait dans le bon marché, les Etats-Unis dans la rapidité d'adaptation, l'Europe dans la qualité.

Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité de présenter aux européens la convergence technologique d'une façon plus dynamique que celle pratiquée par les institutions communautaires. Il serait intéressant à cet égard d'associer le Congrès à une entreprise euroamériciane de création récente spécialisée dans les Technologies du futur.

Miguel Ormaetxea, directeur de la revue Dinero http://www.negocios.com/dinero, a rappelé l'importance des médias de communication dans l'implantation d'une culture de l'innovation technologique en Europe, étant entendu que les modèles de communication existant actuellement datent pour la plupart du 19e siècle. Il a proposé qu'une des cibles de la communication du Congrès soient les medias de la communication économique

José Antonio Díaz, professeur de sociologie à l'Universidad Autónoma et représentant de l'Instituto Ciencia y Sociedad http://www.cienciaysociedad.org/, voudrait que le thème de la souveraineté technologique ne serve pas de prétexte à un discours culpabilisant sur la faiblesse européenne. Si l'Europe est dans l'état où elle se trouve actuellement, c'est parce qu'elle l'a voulu. S'ensuit la nécessité d'associer davantage les universités et les entreprises aux débats, afin de prendre en compte les tendances profondes de la société face à la technologie et à l'innovation sociale.

Souveraineté et sciences de l'ingénieur

Luis Giménez-Cassina, président de l'Instituto de la Ingeniería de España http://www.iies.es/index.htm, est intervenu en dernier afin d'associer le thème de la souveraineté européenne à celui de la survie du Continent. Il a rappelé également l'importance de mobiliser sur ce thème des collectivités professionnelles spécifiques, notamment celle des ingénieurs. Sous cet angle, il a proposé de créer un lien entre le Congrès sur la souveraineté technologique et les activités destinées à commémorer le centenaire de l'Institut de l'Ingénierie espagnole qui se tiendront en 2005. Il a enfin demandé qu'une partie des travaux du Congrès soit orientés vers l'Université, à travers des journées et des conférences spécifiquement destinées aux jeunes.

Après les interventions, Luis Losa, Conseiller délégué de Loyalty (Grupo Mediaedge:cia) a remercié les participants de leurs contributions et a marqué la satisfaction de son entreprise d'avoir pu accueillir une rencontre aussi importante pour l'avenir de l'Europe.

Ont aussi participé à la réunion Ronald Bunzl, secrétaire général de la Union Paneuropea, Comité Espanol, Alicia Montesdeoca, co-editeur de Tendencias Científicas, Juan Ramón Blanco, Gérant de la publication et d'autres personnalités du Groupe Mediaedge:cia Iberia.

Voir aussi
Manifeste; Pour une Europe indépendante par le développement des sciences et technologies de souveraineté
http://www.admiroutes.asso.fr/europepuissancescientifique/manifeste.htm

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