Les
industriels européens s'intéressent aux nanotechnologies.
A ceux qui s'interrogent sur le rôle utile possible
de celles-ci, il semble que l'on puisse donner aujourd'hui
une réponse intéressante. Elles serviront
entre autres usages à dépolluer l'eau. La
question de l'accès à l'eau, on le sait, est
vitale. Non seulement l'ensemble des pays du tiers-monde
et du monde émergent (Chine, Inde) sont concernés,
mais des pays développés comme Israël
ou l'Australie. Seul 1% des réserves mondiales d'eau
est actuellement utilisable directement par l'homme. Pour
augmenter le stock disponible, il faut engager des travaux
complexes de dépollution ou dessalinisation, dont
le coût est actuellement hors de portée de
la plupart des pays. Mais les nanotechnologies offrent des
perspectives intéressantes, que ce soit pour le filtrage
et la réhabilitation des eaux usées (élimination
des bactéries, virus, matières organiques,
métaux lourds) ou pour la dessalinisation.
Le
récent congrès Nanowater 2004 qui vient de
se tenir à Amsterdam sur ce sujet a permis de faire
le point sur un secteur économique qui semble en
pleine expansion. Le point intéressant est que les
Européens sont présents dans ce secteur. Le
congrès était organisé par la firme
hispano-britannique Cientifica, qui offrent des services
de conseil international et d'aide au développement
intéressant l'ensemble du champ des nanotechnologies.
Des
filtres modernes utilisant des nanocomposants ont été
réalisés par des compagnies comme Argonide
ou KX Industries et sont en cours de test dans les pays
en développement. La technique des membranes filtrantes
utilisant des nanoparticules date de quelques années.
La difficulté à résoudre est l'obstruction
des filtres, qui se combat par l'osmose inverse ou inversion
du flux. La même technique est utilisée pour
la dessalinisation. La plus grande usine de dessalinisation
d'eau de mer sera celle d'Ashkelon en Israël qui ouvrira
en mars 2005.
Les
nanoparticules, contrairement aux filtres classiques, opèrent
au niveau atomique, ce qui permet une action chimique rapide.
Une grande variété de produits filtrants est
aujourd'hui proposée aux utilisateurs. Les entreprises
qui innovent dans ces techniques en espèrent de nombreuses
autres retombées dans des domaines différents.
Quand
on connaît, comme nous venons de le rappeler, le rôle
de l'eau dans la survie des populations et les enjeux politiques
qui s'attachent à un accès aux réserves,
on ne peut qu'encourager les recherches et les développements
dans ce domaine. Le fait que les nanotechnologies semblent
offrir dorénavant des solutions sûres et relativement
économiques devrait mériter l'attention de
tous et en priorité des responsables publics. Il
serait indispensable que les gouvernements européens
en fassent un objectif à encourager au même
titre que la lutte contre les gaz à effets de serre.
De plus, le développement du marché devrait
permettre à nombre d'entreprises petites et moyennes
de trouver leur place. Ces techniques ne devraient pas devenir
le monopole des grands mondiaux du traitement de l'eau.
On aimerait entendre les écologistes évoquer
plus souvent la question.
Pour
en savoir plus
Article
de Wired : http://www.wired.com/news/technology/0,1282,65287,00.html?tw=wn_tophead_6
Le
Congrès Nanowater 2004, 27/09/04, Amsterdam : http://www.nanowater.org/conf.htm
Aquatech
Trade Show
: http://www.aquatechtrade.com/amsterdam/
Cientifica
- The Nanobusiness Company : http://www.cientifica.com/
Argonide
: http://www.argonide.com/
KX
Industries : http://www.kxindustries.com/