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La Revue mensuelle n° 58
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ÉS

Projet de rapprochement Sagem Snecma
JPB 29/10/04

La presse de ce matin annonce le projet de rapprochement de la Sagem avec la Snecma, le motoriste français bien connu. Celui-ci fait dans le même temps l'objet d'une privatisation, la part de l'Etat dans son capital étant ramenée à 40%. Les deux entreprises ne seront pas fusionnées à proprement parler, mais pourront désormais travailler de façon complémentaire, notamment dans l'avionique. Cela nous paraît une excellent nouvelle. Mais attendons la suite.

Concernant la Sagem, Le Monde du 23 octobre (p. 14) avait publié une interview (prémonitoire?) de Grégoire Olivier, président de son directoire. Il n'est pas d'informaticien français qui n'ait eu un jour ou l'autre affaire avec cette entreprise française et ses produits. Nous avions donc été contents d'apprendre que tout va bien pour Sagem et qu'elle se développe à l'international, notamment dans des secteurs d'avenir comme la biométrie et la téléphonie mobile sophistiquée - sans parler du militaire. L'entreprise fait beaucoup de recherche et a du mal à recruter des ingénieurs expérimentés - ce qui montre qu'il y a encore de la place pour les gens compétents. On peut visiter le site Sagem http://www.sagem.fr/fr/index.html, il est très informatif.

Pour en savoir plus
Communiqué de presse de la Snecma http://www.snecma.com/fr/press/press_release/release.php?comm_id=470


L'homme de Flores (mais quid du chimpanzé?)
JPB 29/10/04

Crâne d'Homo floresiensis - Photo : NatureToute la presse parle de la découverte d'une nouvelle espèce homo dans l'Ile de Flores, Indonésie, par des chercheurs australiens. Nous n'avons rien à ajouter pour le moment aux commentaires, sauf à fournir le lien (ci-dessous) qui permettra de se référer à l'article original paru dans la revue Nature.

A la réflexion cependant, un rapprochement nous paraît s'imposer. Il s'agit d'un article de Pour la Science de novembre 2004, "La pharmacopée des chimpanzés". Son auteur, Sabrina Krief, chercheur à l’Institut de chimie des substances naturelles, à Gif-sur-Yvette et au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, y explique comment ces singes, dans la vie sauvage, connaissent spontanément les vertus médicinales de nombreuses plantes et y font appel avec le plus grand discernement, selon le principe: un mal, un remède et seulement pendant la durée du mal.

Ceci pose une question qui n'est pas négligeable, concernant l'intelligence de ces animaux. Comment ceux-ci, apparemment sans transmission de connaissance collective via le langage ou des comportements symboliques jouant le rôle d'un langage, peuvent-ils acquérir les connaissances très fines permettant de sélectionner la plante adéquate au bon moment? On pourrait admettre que génétiquement, les animaux (comme l'homme d'ailleurs) sentent "instinctivement" que dans tel cas tel additif alimentaire peut être utile. C'est le cas du chien qui mange de l'herbe pour, dit-on, se purger. Mais, si l'on en croît les observations de Mme Krief, les chimpanzés font beaucoup mieux. Leur comportement parait très proche de celui des villageois de jadis faisant appel aux "simples". Ceux-ci cependant disposaient de tout un savoir transmis par la culture familiale et par les sorciers. Ce n'est pas le cas apparemment chez les singes.

Le rapprochement avec l'Homo floresiensis paraît alors s'imposer. Ce dernier aurait eu une morphologie apparemment voisine de celle des chimpanzés, notamment en termes de capacité cervicale. Comment pouvait-il alors être si intelligent? On dira que vieux de 10.000 ans seulement, ce cerveau, bien que petit, aura pu hériter des contenus cognitifs développés par les autres humains dans d'autres territoires. Mais pourquoi ne pas faire l'hypothèse que les chimpanzés et autres grands singes (que nous massacrons sans pitié, jusqu'à leur extinction annoncée) n'auraient pas eu aux temps préhistoriques des cerveaux et des cultures proches de ceux des hominiens. Seules quelques conditions favorables leur auraient manqué pour s'épanouir eux aussi vers l'humain.

Pour en savoir plus
Le dossier de Nature : http://www.nature.com/news/specials/flores/index.html
Article de Sabrina Krief : http://www.pourlascience.com/index.php?....on=3&idn3=4175#


Le Salon Euronaval et la restructuration des chantiers français
JPB 28/10/04

Le thème de l'EADS Naval a été au centre des préoccupations du salon Euronaval qui s'est tenu du 21 au 25 octobre. La ministre de la défense, Mme Alliot-Marie, y a vigoureusement défendu la restructuration de l'industrie française. La Direction des constructions navales est désormais transformée en société et pourra se rapprocher de Thalès. Des négociations avec les chantiers de l'Atlantique sont en cours. Ainsi la France pourra montrer à son partenaire allemand qu'elle a fait comme lui l'effort nécessaire pour se réorganiser. Par ailleurs, en dehors de la coopération franco-allemande et la coopération avec la Grande Bretagne, la coopération avec l'Italie est confirmée avec un programme commun de 27 frégates multimissions dites FREMM. Le cas de l'Espagne a aussi été évoqué. On sait que dans ce pays s'exerce une forte pression américaine, peu connue du public mais qui pourrait à terme sinon compromettre du moins enlever beaucoup d'intérêt au futur EADS naval. Lookheed Martin et le chantier espagnol Izar coopèrent dans un programme de frégates anti-aériennes et étudient une coopération dans les sous-marins.

Le secteur intéresse manifestement beaucoup les Etats-Unis. La délégation américaine à Euronaval était de 80 personnes, selon Le Monde (27/10/04, p. 13). Le gouvernement US lance un programme de navires de surveillance côtière, le Littoral Combat Ship, pour 60 unités et 15 milliards de $. Ce programme pourrait être proposé aux pays européens comme l'a été le Joint Strike Fighter, avec les effets déstabilisants que l'on sait. L'Europe devrait en fait s'équiper comme nous l'indiquions ci-dessous d'une flotte normalisée de navires garde-côtes polyvalents (militaire, douane, gendarmerie, secours en mer) qui supposerait en amont une forte coopération entre les pays et les administrations concernées. On en est loin. Quelle agence européenne pourrait s'occuper de cela?

Pour en savoir plus
Le discours de la ministre au salon Euronaval http://www.defense.gouv.fr/sites/defense/....salon_euronaval_2004/
Sur le Littoral Combat Ship, voir http://peoships.crane.navy.mil/lcs/default.htm; Voir aussi http://www.globalsecurity.org/military/systems/ship/lcs.htm


Le marché de l'antiterrorisme
JPB 28/10/04

Selon un article du Monde signé Jean-Pierre Stroobants (21 octobre, p.1) le marché mondial de la protection contre le terrorisme est évalué aujourd'hui à 100 milliards d'euros, celui de la sécurité des systèmes d'informations à 50 milliards. Aux Etats-Unis, le département de la Sécurité Intérieure (Homeland Security ou DHS) regroupe 180.000 agents répartis en 22 agences fédérales. Son budget est de 40 milliards de $ dont 1,1 à la recherche/développement. On consultera à ce sujet la page Research and Technology du DHS http://www.dhs.gov/dhspublic/theme_home5.jsp . La question a été discutée par 200 experts américains et européens le 7 et 8 octobre au Centre de politique de sécurité de Genève, dans le Homeland Security Forum (voir programme dans http://www.gcsp.ch/e/meetings/Events/Homeland_Security/Homeland_Security/Brochure.pdf)

Il est difficile de savoir ce que Ben Laden pense de tout cet argent dépensé. Mais le thème pose de multiples problèmes aux pays européens, comme le dit fort bien l'auteur de l'article du Monde. Les industriels européens de l'armement et de la sécurité sont évidemment favorables à ce que les Etats investissent dans ces domaines, dont les applications sont d'ailleurs plus générales que celles se limitant à la défense et à la police. Sinon, le retard qu'ils peuvent déjà avoir dans de nombreux secteurs par rapport à leurs concurrents d'outre-atlantique ne cessera de s'aggraver. Mais les stratèges gouvernementaux doivent s'interroger sur l'efficacité de telles dépenses. Certains doutent qu'elles puissent véritablement protéger le territoire ou les réseaux des Etats-Unis. A plus forte raison peut-on douter quand il s'agit des Etats de l'Union Européenne. Par ailleurs, se pose la question du financement. Les budgets publics devront-ils seuls supporter les dépenses? Un partage avec le secteur privé serait théoriquement envisageable.


Les robots dans le monde en 2003 et 2004
CJ 28/10/04

Rapport : World 2004 RoboticsLa Commission Economique des Nations Unies (UNECE) et l'International Federation of Robotics (IFR) viennent de publier un recensement de l'état de la robotique dans 20 pays. Selon ce rapport - "World Robotics 2003 – Statistics, Market Analysis, Forecasts, Case Studies and Profitability of Robot Investment" - près de 1,3 millions de robots se sont déjà introduits dans nos maisons, sous forme de tondeuses à gazon ou d'aspirateurs intelligents. L'industrie emploie quant à elle quelque 800 722 robots. Des chiffres qui montrent une croissance considérable, avec des investissements industriels en robotique qui ont augmenté de 19% en 2003, et de 18% par rapport à ce chiffre au cours des 6 premiers mois de l'année 2004, soit un record historique. Ceci s'explique par le prix des robots, en forte baisse, et par une amélioration constante de la technologie, alors même que les coûts de la main-d'oeuvre n'ont cessé d'augmenter. L'indice de prix des robots est passé de 100 à 23 (en tenant compte des améliorations de performances) de 1990 à 2003. En combinant avec l'évolution de l'indice d'évolution du coût de la main d'oeuvre, on arrive a un indice relatif ayant chuté de 100 à 16 depuis 1990.

La moitié des quelque 800 722 robots industriels utilisés sur la planète se situe au Japon, 250000 se trouvent en Europe et 112000 en Amérique du Nord. Une autre façon de présenter les choses est de dire que le Japon est toujours le pays le plus robotisé du monde avec 322 machines pour 10 000 travailleurs employés dans l'industrie manufacturière, devant l'Allemagne (148), la Corée du Sud (138) et l'Italie (116), la Suède (99), la France (71). L'industrie américaine, avec 63 machines pour 10000 ouvriers, compte toujours pour sa part une densité de robots deux fois moindre environ que celle de l'Union Européenne (93).

En ce qui concerne la France, c'est l'industrie automobile qui est, de loin, la plus grande consommatrice de robots puisqu'elle utilisait en 2003 près des 2/3 (64%) des 26 000 robots présents sur le territoire. Viennent ensuite l'industrie chimique (13%) et les industries d'équipements. En termes d'applications, c'est la soudure qui arrive largement en tête avec 35% des ressources utilisées, devant les tâches de manutention (13%), l'usinage (12%) et le moulage des matières plastiques (13%).

Un véritable marché pour la robotique domestique et de divertissement

Les analyses présentées dans le rapport confirment également l'émergence d'un véritable marché de la robotique domestique de divertissement. L'UNECE
prévoit que 6,66 millions de robots domestiques (utilitaires ou de divertissement) seront vendus entre 2004 et 2007. Elle estime aussi que, sur cette même période, se vendront quelque 24000 robots humanoïdes.

Estimation du nombre de robots à usage domestique

Champs d’applications

Nombre
de robots

Installation
2004 – 2007

Tâches domestiques

607 000

4 145 000

Loisirs (jouets, éducation…)

691 490

2 497 300

Assistance aux personnes handicapées

260

1 640

Transport

205

740

Total

1 298 955

6 649 700

 

Pour en savoir plus
Communiqué de presse de l'UNECE/IFR "World Robotics 2004" : http://unece.org/press/pr2004/04robots_index.htm
voir aussi :
http://www.unece.org/stats/robotics/


Comment un mini-cerveau vivant pourrait piloter un robot
JPB 28/10/04

Le réseau d’information Kurzweil AI nous informe de la recherche actuellement conduite à l’Université de Floride sous le contrôle de Thomas DeMarse, professeur d’ingénierie biomédicale. Celui-ci a reçu un prêt de 500.000 $ de la National Science Foundation pour créer un modèle mathématique simulant la façon dont le cerveau est supposé calculer.

Thomas DeMarseLe cerveau” témoin est constitué de 25.000 neurones vivants prélevés dans l’encéphale d’un rat et cultivés sur une plaque de verre permettant l’observation microscopique de leur fonctionnement.

Cette plaque comporte un réseau de 60 microélectrodes auxquelles les neurones vivants se connectent au cours de leur développement tout en s’interconnectant entre eux de façon à former un tissu neuronal. L’ensemble est mis en relation à travers un calculateur avec un simulateur de vol, celui d’un chasseur F-22.

Le cerveau et le simulateur établissent une connexion dans les deux sens, analogue à la façon dont les neurones interagissent pour contrôler les comportements du corps. En interprétant les interactions des neurones avec le simulateur, les scientifiques peuvent décoder la façon dont un réseau neuronal vivant se construit et calcule.

Source http://www.eurekalert.org/pub_releases/2004-10/uof-us102104.php


Voyage dans le nanomonde...en Allemagne
JPB 25/10/04

Le ministère allemand de la recherche scientifique (Bundesministerium für Bildung und Forschung) ne ménage pas ses efforts pour faire connaître aux citoyens les promesses des nanotechnologies. Il a mis en circulation un semi-remorque richement équipé qui va de ville en ville présenter de façon très concrète les nanosciences, les nanocomposants, les nanotechnologies et leurs usages. Outre les laboratoires universitaires, de nombreuses entreprises innovantes sont associées à la démarche. Des documents très bien faits sont distribués précisant les définitions, les applications, les sites de recherche et de développement répartis dans l'ensemble du pays.

Le public fait un excellent accueil à cette exposition, y compris pendant les jours fériés. D'après ses organisateurs, le camion ne désemplit pas, rassemblant aussi bien les jeunes que les personnes âgées. Le site référencé ci-dessous donne toutes les indications utiles sur l'ensemble de l'opération.

Que retenir de cette démarche ? D'abord que l'Allemagne est très largement engagée dans le développement des nanotechnologies, avec deux centres de gravité particulièrement importants, les Lander de Bavière-Wûrtemberg et ceux de Rhénanie du Nord et Westphalie. Mais Berlin, Hambourg et Dresde sont également bien dotés. Ceci laisse prévoir que nos voisins vont prendre dans un domaine qui sera déterminant pour la science et l'économie de demain une avance dont ils recueilleront certainement rapidement les retombées en termes de croissance.

Une deuxième conclusion s'impose, pour ce qui nous concerne. L'expérience montre qu'en France les nanotechnologies sont très généralement ignorées du public et, quand ce n'est pas le cas, présentées comme des dangers potentiels. Il serait dont très important qu'une politique de sensibilisation soit entreprise par les Pouvoirs Publics et les entreprises, pourquoi pas sous la forme du train et mieux encore d'un convoi routier qui permet une grande mobilité. Au-delà, on pourrait rêver à plusieurs semi-remorques, dédiés chacun à un des domaines des sciences émergentes, intelligence artificielle et réseaux, robotique, biotechnologies, sciences de la connaissances... qui porteraient simultanément la bonne parole dans l'ensemble de l'hexagone. Non seulement le public pourrait découvrir ce dont il s'agit, mais il pourrait apprécier les sites universitaires et industriels qui représentent nos compétences, Rappelons qu'un train du Génome avait été organisé il y a deux ans par le ministère de la recherche, mais l'opération n'a pas eu de suite

Pour en savoir plus
Nanotruck : http://www.nanotruck.net/frameset_formular.htm


Rats et homards renifleurs
JPB/CJ 01/10/04

Beaucoup de gens craignent le jour où il sera possible de brancher directement des électrodes dans le cerveau d'un humain, pour lui télétransmettre des ordres et recevoir les siens en retour. Cela serait cependant fort pratique au cas où il ne serait pas possible de communiquer par la parole ou par les autres voies utilisées depuis des millénaires. En attendant, ceci est déjà possible avec des animaux. La revue NewScientist du 25 septembre 2004 (p. 21), relate une expérience en ce sens faite avec des rats*. Ceux-ci sont équipés de petits radio-transmetteurs connectés par électrodes à leur cerveau. La mission du rat ainsi appareillé est d'explorer des lieux inaccessibles autrement, à la recherche de personnes enfouies, d'explosifs ou autres indices intéressants. Le système utilise l'odorat très sensible du rat. Quand celui-ci perçoit une odeur qui lors d'un dressage antérieur a été associée à une récompense, son cortex olfactif émet un message qui est recueilli et transmis par le capteur. Bien plus, pour l'inciter à poursuivre son exploration, un circuit en retour stimule les centres du plaisir de l'animal. Plus le rat se rapproche du but, plus il est encouragé à se rapprocher de la cible. Des odeurs différentes produisent des ondes cérébrales différentes, si bien que l'équipe de surface peut être renseignée avec précision sur la nature des objets enfouis.

Ratbot télécommandé à distance  ©  S. Talwar et alAu contraire des robots renifleurs dont la sensibilité olfactive et la souplesse physique sont limitées, les rats ainsi robotisés (augmentés) se révèlent bien plus performants, et moins coûteux. La Darpa, qui finance le projet, envisage maintenant des équipes de rats renifleurs encadrés de maîtres-rats, qui pourront être déployés sur les champs de bataille ou dans les zones sinistrées.

Robot Homard  © http://www.neurotechnology.neu.edu/Des expériences un peu voisines sont actuellement conduites en milieu marin. Il s'agit de détecter des mines dont l'odeur est, paraît-il, caractéristique. Dans ce cas, ce sont des homards qui prêtent leurs antennes aux chercheurs. L'objectif à terme semble cependant de fabriquer des robots ayant un odorat artificiel aussi performant que celui des homards. Sur ce dernier projet, on lira un article de Wired: Robo Lobster to Sniff Out Mines http://www.wired.com/news/print/0,1294,48892,00.html
(voir également le site Darpa Robot Lobster :www.neurotechnology.neu.edu/cheesecake.html).

Nos lecteurs sont suffisamment avertis pour que nous n'ayons pas besoin de souligner l'importance potentielle de telles recherches, même si elles paraissent aujourd'hui relever un peu du gadget.

* Voir aussi notre actualité du 02/05/2002 : Les "ratbots, premiers rats robotisés"
http://www.automatesintelligents.com/actu/020523_actu.html#actu12


La National Science Foundation finance la création de 6 nouveaux centres de recherches sur les nanotechnologies
JPB 01/10/04

Ces centres seront dotés de prêts d'un montant total de 65 millions de dollars sur 5 ans. Ils seront situés dans les universités de Berkeley, Stanford, Wisconsin U. , Ohio U. Pennsylvania U. et N.E.Massachusetts U.

L'opération complète les 8 centres déjà existants créés depuis 2001. Le budget total consacré à ces centres par la NSF a été de 250 millions en 2004. Les centres rassemblent des chercheurs de toutes disciplines qui abordent à la fois les problèmes théoriques et ceux de l'ingénierie.

Pour en savoir plus
Page d'information de la NSF : http://www.nsf.gov/od/lpa/newsroom/pr.cfm?ni=15100000000110


L'acenseur spatial en bonne voie
JPB 01/10/04

L'ascenceur spatial Les projets d'ascenseur spatial viennent de recevoir un soutien important avec la création d'un site dédié à cette initiative: Elevator 2010 (2010 parce que les promoteurs du site pensent à cette date avoir bien avancé dans la réalisation de l'idée). Le site est bien fait, et réussit à rendre crédible ce que beaucoup de gens pensent encore relever de la SF. La principale question à résoudre est celle du matériau avec lequel fabriquer le ruban de 100.000 km de long, pesant 1500 tonnes, avec le contrepoids. Il sera large d'1 mètre, plus mince qu'une feuille de papier, et constitué d'un Composite de nanotubes de carbone. Un concours vient d'être lancé pour encourager les recherches, le matériau actuellement disponible n'étant pas aux normes requises aujourd'hui.

Une fois le ruban disponible, il suffira d'envoyer l'extrémité spatiale dans l'espace par des fusées, l'extrémité terrestre étant ancrée sur une plate-forme navigante. Les risques paraissent minimes. Même en cas de rupture du ruban, les charges ne retomberaient pas sur la terre. Mais s'il s'agit de véhicules habités, il faudra qu'ils aient leurs propres moyens de propulsion.

On trouve de nombreuses autres informations sur ce site, ainsi que diverses modalités permettant aux enthousiastes de soutenir le projet. Nous ne pouvons que regretter, une fois de plus, le manque d'intérêt des Européens pour des initiatives de cette nature. Ce serait pourtant une belle image symbolisant la foi en l'avenir de notre Continent, si foi il y avait. Mais on peut toujours s'abonner à la lettre d'information.

Pour en savoir plus
Elevator 2010 : http://www.elevator2010.org/site/index.html


Un bombardier spatial sans pilote à l'étude aux Etats-Unis
JPB 01/10/04

Bombardier spatial sans pilote (dessin d'artiste)La DARPA vient de commander à 4 firmes aérospatiales les plans d'un bombardier spatial sub-orbital sans pilote qui sera nommé le Falcon. L'objectif est d'atteindre dans un délai de 2 heures n'importe quel point du monde, à partir de bases situées aux Etats-Unis. Le prototype devrait voler en 2010 à Mach 6 et délivrer une bombe de 500 kilos à partir d'une altitude de 100 kilomètres. En 2025, l'engin devrait décoller comme un avion normal grâce à un moteur hypersonique atmosphérique, transporter 5500 kg de bombes ou de missiles et parcourir 17.000 km en 2 heures.

Cet engin se substituerait à la version militarisé du X-37 de la Nasa, conçu comme une petite navette spatiale réutilisable lancée par une fusée, et abandonnée faute de crédits.

Pour en savoir plus
article de Space Today : http://www.spacetoday.net/Summary/2556
article de Space Daily : http://www.spacedaily.com/news/rocketscience-03zzi.html


Les cinquante ans du CERN
JPB 01/10/04

La revue La Recherche a publié, dans son numéro d'octobre 2004, à l'occasion des cinquante ans du Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire CERN, un article intéressant de l'historien des sciences américain John Krige, qui enseigne au Georgia Institute of Technology à Atlanta. Le CERN est le seul centre au monde qui, après le grand collisiobnneur électron-positron LEP, fermé en 2000, sera doté d'un collisionneur géant à hadrons (LHA) prévu pour être opérationnel en 2007. Les Etats-Unis regrettent aujourd'hui d'avoir, pour raisons d'économies imposées par le Congrès, renoncé à réaliser un équipement de cette nature chez eux.

L'article de John Krige est particulièrement intéressant dans la mesure où il montre que si le CERN a vu le jour en 1952/1954, c'est sur la volonté expresse des Etats-Unis, sur le conseil du physicien Isidor Rabi. L'objectif était de rassembler à Genève le potentiel humain de la recherche nucléaire européenne autour d'objectifs pacifiques, à la fois pour éviter que les chercheurs européens ne soient attirés par l'URSS et que les gouvernements ne les affectent à des recherches militaires. La France, d'abord réticente, a compris qu'il était de son intérêt de jouer pleinement le jeu. Elle a donné son accord pour étendre l'emprise du CERN sur le sol français. Elle y a développé la technologie des chambres à bulles. En 1973 le "groupe de Gargamelle" a démontré l'identité de l'interaction faible et de la force électromagnétique. Plus tard, George Charpak, physicien du CERN, a reçu le prix Nobel.

Ce qui surprend aujourd'hui est que, comme l'indique John Krige, en 1950, les américains estimaient que si leur pays était insurpassable en matière de technologie industrielle, l'Europe les dépassait dans le domaine des compétences fondamentales, même après le départ de beaucoup de physiciens allemands vers les Etats-Unis après la guerre.


Alliance stratégique Boeing-IBM pour développer une technologie de guerre électronique dite Net-Centric
JPB 01/10/04

Les deux industriels précités viennent d'annoncer une alliance stratégique visant à développer une technologie permettant de coordonner par transferts électroniques diverses applications aéronautiques, spatiales, terrestres et maritimes de défense. Cette technologie est dite Net-Centric. Le projet sera conduit pour le compte du ministère de la Défense. Il vise un marché de 200 millions de dollars. Il est conclu pour 10 ans. La normalisation des messages, canaux et interfaces permettra d'optimiser l'emploi des forces. Comme le dit Jim Albaugh président et CEO de Boeing Integrated Defense Systems, dans le monde d'aujourd'hui, il ne suffit pas pour gagner d'avoir beaucoup de matériels, il faut totalement coordonner leur emploi. Le système sera en ce sens également conçu pour tirer parti de toutes les informations fournies par les différents systèmes d'écoute et d'intelligence.

Notre rubrique ci-dessous annonce un programme de recherche intéressant EADS. Mais avec quel constructeur informatique européen EADS pourrait-il s'associer pour développer une technologie Net-Centric? IBM-France?

Pour en savoir plus
Boeing. News release : http://www.boeing.com/news/releases/2004/q3/nr_040920t.html


Une fondation EADS pour la recherche

On s'interroge souvent sur le peu de goût des Français, industriels ou particuliers, à créer des Fondations destinées à financer des recherches. Evidemment, les malversations qui avaient provoqué le scandale de l'ARC ne sont pas sorties des mémoires, mais la vraie raison n'est pas là. Elle tient sans doute au fait que le recherche scientifique en France, surtout quand elle concerne des applications industrielles, n'est pas perçue comme stratégique. On préfère encourager l'accès à la propriété ou autres dépenses non productives. La loi d'août 2003 destinée à renforcer les liens entre recherche publique et privée s'efforce de lutter contre ce manque d'intérêt et de stimuler les initiatives. Elle vise notamment la création de fondations. Il est donc intéressant de noter que le groupe franco-allemand d'aéronautique et de défense EADS vient de s'appuyer sur ce texte pour créer une Fondation dotée de 24 millions d'euros qui financera une trentaine de projets et de bourses dans l'aéronautique et l'espace. Ce n'est, dit Philippe Camus, coprésident exécutif, qu'un début. Il s'agit de ne pas se laisser dépasser par les Etats-Unis, le Japon, la Chine et la Corée qui ont des budgets de recherche bien supérieurs à ceux des pays européens cumulés.

Pour en savoir plus
Communiqué d'EADS : http://www.eads.com/frame/lang/fr/1024/xml/content/OF00000000400005/0/06/31000060.html


Jeremy Rifkin
JPB 01/10/04

Le journal Libération du 21 septembre a bien fait de publier un interview de l'essayiste environnemental américain Jeremy Rifkin. Celui-ci s'est fait le spécialiste des opinions à contre-courant. Il avait annoncé la fin du travail, puis vanté les avantages de l'énergie Hydrogène. Il estimait d'ailleurs que l'Europe devrait la promouvoir en priorité. On lui a reproché son irréalisme, mais lorsqu'on se donne la peine de le lire, on s'aperçoit qu'à quelques détails près, il parle d'or. Il bouscule certes certains intérêts qui n'aiment pas cela, mais nous ne le lui reprocherons pas. Jeremy Rifkin vient de publier un nouveau livre, The European Dream. Il y explique que les différentes valeurs politiques, sociales, économiques et morales inspirant selon lui les pays de l'Union Européenne sont celles dont le monde d'aujourd'hui a besoin. Le "rêve européen" devrait être reconnu et pourrait avantageusement, aux Etats-Unis même, remplacer l'ancien "rêve américain", reposant sur l'individualisme et la consommation. Ceci n'empêche pas Jeremy Rifkin d'apercevoir nos menus défauts, mais il n'en fait pas une raison suffisante pour s'opposer aux européens.

Pour en savoir plus
Jeremy Rifkin, président de la Foundation on Economic Trends. "The European Dream: How Europe's Vision of the Future is Quietly Eclipsing the American Dream." Jeremy Tarcher editor août 2004 : http://www.foet.org/JeremyRifkin.htm
The Foundation on Economic Trends :http://www.foet.org/


Le Mondial de l'Automobile
JPB 01/10/04

On a beaucoup salué les embauches annoncées par Renault et PSA un peu avant le Mondial de l'Automobile. L'annonce de la commercialisation prochaine en France de petites voitures économiques à 7.500 euro environ a également fait les gros titres. Mais il vaudrait mieux pour l'industrie française et plus généralement européenne que nos constructeurs investissent davantage sur les (petites) voitures électriques ou mixtes, sur le modèle d'un constructeur Japonais que nous ne nommerons pas. C'est là que devraient être les efforts de développement - à combiner avec la généralisation du biocarburant, comme indiqué ci-dessous.


Les Biocarburants en France
JPB 01/10/04

Lors de sa visite de l’usine Diester Industrie dans l’Oise, Jean-Pierre Raffarin a annoncé le 7 septembre 2004 le projet du gouvernement de tripler la production française de biocarburants (diester et éthanol) d’ici 2007. Ce plan gouvernemental répond à la directive européenne du 8 mai 2003 prévoyant d’élever la part des biocarburants dans l'essence et le gazole à 2% en 2005 et 5,75% en 2010 (actuellement, le taux d'incorporation est de 1%). Ceci est un premier pas, que tous les défenseurs des biocarburants attendaient. Mais la France demeurera très en retard sur des pays comme le Brésil, les Etats-Unis et l'Allemagne.

Il faut distinguer le remplacement des produits pétroliers par les biocarburants de questions différentes: celles des économies d'énergie, de la pollution et des modes de transports. Même s'ils fonctionnent au diester, par exemple, les 4/4 urbains demeureront une aberration à combattre.

Pour en savoir plus
On lira le dossier de l'ADEME : http://www.ademe.fr/htdocs/actualite/DNE/Documents/1305_biocarb_dp.pdf
et celui de l'Agence Française de
l'Innovation : http://www.anvar.fr/actulettN27arti2.htm


Microsoft et le libre
JPB 01/10/04

Microsoft est tellement dominant dans les esprits qu'il ne peut pas lever le petit doigt sans provoquer un déluge de commentaires. Ce fut le cas lorsqu'il prit la décision (qualifiée par certains d'historique) de mettre à disposition de 60 gouvernements le code source de sa suite bureautique Office. Ceux-ci pourront s'assurer de l'absence de logiciels-espions dans ces programmes, et le cas échéant en faire écrire des développements spécifiques. Il s'agit évidemment d'un non-événement. Les logiciels-espions, s'il y en a, sont partout et bien cachés. Quid alors de Window ou Open Access, le logiciel de messagerie (deux produits, signalons-le, que Wanadoo (c'est-à-dire aussi France Télécom) impose à ses clients ADSL (sauf à ce que ceux-ci fassent des gymnastiques invraisemblables pour y substituer du libre). Quant à développer des versions libres de Office, autant proposer à un serrurier les plans de la Tour Eiffel pour lui permettre de la reconstruire dans son jardin.

L'événement, le vrai, est que Microsoft est de plus en plus inquiet des progrès du libre, autour de Linux. Qu'attend l'Europe pour se lancer, comme la Chine et le Japon, dans un projet Open source commun aux 25 pays (voir à ce sujet notre article du 15/03/04 http://www.admiroutes.asso.fr/europepuissancescientifique/eurolinux.htm ).


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