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Editorial
L'Europe
en mauvaise place dans la course aux nanotechnologies
?
par Jean-Paul Baquiast
et Christophe Jacquemin
17/08/04 |
Lux
Capital, investisseur conseil spécialisé dans
les nanotechnologies, vient de rendre public son rapport 2004(1)
qui dresse un panorama mondial du marché en cette matière.
Celui-ci montre que l'année 2004 marque un tournant
où toutes les conditions sont réunies pour une
poussée du secteur sans précédent.
Ainsi, pour cette année, 8,6 milliards de dollars ont
été consacrés dans le monde à
la recherche et au développement des nanotechnologies,
ce chiffre groupant l'apport des gouvernements, des investisseurs
et des entreprises.
Parmi l'ensemble des dépenses publiques consenties
au domaine (soit 4,6 milliards de dollars), les Etats-Unis
représentent 35%, l'Asie 35%, l'Europe 28% et le reste
du monde 2%.
Dans le privé (3,8 milliards), ces dépenses
représentent 46% de l'ensemble pour les Etats-Unis,
36% pour l'Asie, 17% pour l'Europe et moins de 1% pour l'ensemble
des autres pays du monde.
Les sommes investies dans les nanotechnologies par le secteur
privé dépasseront dès 2005 celles distribuées
par le public.
Sur les 1500 entreprises ayant annoncé un programme
de recherche et de développement en matière
de nanotechnologies, 1200 sont des start-up, dont 670 (près
de 56%) sont américaines.
Plus de 300 programmes académiques sont consacrés
aujourd'hui aux nanotechnologie sur la planète ; 200
d'entre eux sont américains, dont 100 avec des connexions
internationales. L'université américaine (qui
compte plus de 60 centres majeurs dans le domaine, et 5 réseaux
nationaux groupant Etat-universités et entreprises)
a formé plus de 7000 spécialistes depuis l'année
2000.
Sur quelque 88546 brevets déposés sur la période
1976-2001 aux USA concernant les nanotechnologies, 64% émanent
d'entités américaines, 9% de japonaises, et
2% de françaises.
Aujourd'hui,
tous les éléments sont là pour dire que
les nanotechnologies ne sont pas une bulle spéculative
mais un futur marché en plein essor. Le rapport montre
que les start-up du domaine commencent à gagner de
l'argent. Par ailleurs, les auteurs pensent que le Japon industrialisera
plus rapidement les produits nanotechnologiques que les Etats-Unis(2).
Pour sa part, la National Science Foundation (NSF) estime
que le marché représentera 1000 milliard de
dollars en 2015, générant 2 millions de nouveaux
emplois. La moitié des médicaments produits
en 2010 relèveront des nanotechnologies.
Où va se situer l'Europe dans ce nouveau marché
? A l'heure où la commission européenne lance
une communication ouverte sur le document "Vers une
stratégie européenne en faveur des nanotechnologies"
publié le 12 mai dernier(3),
on peut se poser quelques questions. L'Europe aurait-elle
désormais pris l'habitude d'avoir toujours un train
de retard dans la course aux eldorados technologiques ? En
tous cas, vu le tableau dressé par le rapport de Lux
Capital, il ne faut pas être grand clerc pour s'apercevoir
que l'Europe présente d'ores et déjà
un handicap certain dans cette compétition internationale.
Voici
un nouveau dossier de plus à inscrire dans la liste
des technologies de souveraineté dont l'Europe semble
se résigner à laisser la maîtrise aux
Etats-Unis et au Japon
Notes
(1) The
Nanotech Report 2004 (volume 1 et 2). Investment Overview
And Market Research for Nanotechnology - 600 pages, 4750$.
L'indroduction du rapport ainsi que de principaux chiffres-clés
peuvent être téléchargés gratuitement
sur : https://www.globalsalespartners.com/lux

(2)
Les
Japonais possèdent une forte compétitivité
dans les techniques de nano-fabrication. 
(3)
Voir Document téléchargeable sur http://www.cordis.lu/nanotechnology/src/communication.htm.
Les chercheurs et acteurs économiques du secteur sont
invités à s'exprimer avant le 14 septembre 2004
en remplissant un questionnaire disponible sur le site www.nanoforum.org

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