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ACTUALITÉS
Création de
neurones dopaminergiques à partir de cellules souches
JPB 17/08/04
Il fallait s'y attendre. Une équipe
américaine, dirigée par le docteur Lorenz Studer
(Laboratoire des cellules souches et de biologie tumorale,
Memorial Sloan-Kettering Cancer Center, New York), parmi laquelle
se trouve le thésard français Anselme Perrier
(sic), vient de transformer une très grande proportion
de cellules souches embryonnaires humaines en neurones dits
"dopaminergiques", directement impliquées
dans la production de dopamine dans les sites cérébraux
atteints par la maladie de Parkinson. Ce premier résultat
en annonce d'autres, notamment la possibilité d'étudier
les processus impliqués tant dans la transformation
des cellules-souches en neurones que dans le développement
de ces derniers dans le cerveau. Il s'agit presqu'exactement
du scénario faisant l'objet du roman Seizure de Robin
Cook dont nous avions rendu-compte le 19 juin dernier (voir
http://www.automatesintelligents.com/actu/040631_actu.html#actu2).
L'affaire risque de mettre en difficulté
les gouvernements conservateurs qui continuent à proscrire
pour des raisons idéologiques (électorales)
les recherches sur les cellules-souches embryonnaires. Quant
au Pape, qui vient de répéter à Lourdes
son opposition à ce qu'il appelle la manipulation du
vivant, nous serions curieux de savoir comment il réagirait
si, pour le plus grand bien de la Chrétienté,
on lui proposait un traitement de ce type susceptible de soigner
sa parkinsonnite.
Précisons qu'en France, la loi dite
Bioéthique autorise la recherche sur les cellules souches
embryonnaires (à titre dérogatoire pour 5 ans),
mais celles-ci doivent provenir d'embryons déjà
existants, ce qui ne permet pas d'étudier la problématique
essentielle du clonage thérapeuthique.
Pour en savoir plus
Memorial Sloan-Kettering
Cancer Center http://www.mskcc.org/mskcc/html/44.cfm
Page Lorenz Studer http://www.mskcc.org/mskcc/html/10928.cfm
Voir aussi un article
de Infosciences sur des recherches antérieures de ce
type, moins avancées http://www.infoscience.fr/articles/articles_aff.php3?Ref=760
Sommes-nous tous
des créatures virtuelles ?
JPB 16/08/04
A titre de méditation scientifique,
on peut évoquer l'hypothèse de Nick Bostrom
de l'Université d'Oxford (voir l'article de Jean-Paul
Delahaye dans Pour la Science, août 2004, p. 94) selon
laquelle nous pourrions tous être des créatures
virtuelles créées par des civilisations infiniment
plus avancées que nous technologiquement. Cette hypothèse
repose sur plusieurs postulats que je synthétise:
1° il existe des civilisations assez avancées (post-humaines)
pour a) simuler complètement le cerveau humain et b)
décider de le faire ;
2° compte-tenu du principe dit d'indépendance du
substrat, il est impossible de distinguer le contenu d'un
cerveau humain de celui d'un cerveau artificiel ;
3° compte tenu du très grand nombre de créatures
simulées que pourrait produire et disperser dans l'univers
une civilisation capable de simuler le cerveau humain, nous
avons une très grande probabilité d'être
une telle créature plutôt qu'un être "
naturel ".
Certains objectent que nulle simulation, aussi
parfaite soit-elle, ne pourrait éviter les bugs divers,
bugs que si nous étions simulés, nous ferions
apparaître sous forme de défauts de fonctionnement.
Mais à cela on répond que notre société
et nous-mêmes sommes suffisamment pleins d'incohérences
(sans parler des mystères scientifiques encore non
résolus) pour que ceci traduise précisément
l'existence de bugs dans les logiciels produits par ceux qui
simulent notre fonctionnement.
On s'étonnera peut-être d'apprendre
que l'argument résumé ci-dessus, dit de la simulation,
formulé par Nick Bostrom, fait l'objet de discussions
intenses parmi les scientifiques et les philosophes s'intéressant
à l'univers calculable.
Pour en savoir plus
Nick Bostrom. Simulation Argument. http://www.simulation-argument.com/
Les dangers des aliments
irradiés
JPB 14/08/04
France-Culture, le 14 août
2004, a consacré une émission aux risques des
aliments irradiés, de plus en plus utilisés
dans le monde entier pour la conservation des aliments. Selon
les experts consultés, l'irradiation détruirait
pratiquement tous les éléments nutritionellement
intéressants desdits aliments, y compris en disloquant
certaines protéines. De plus, beaucoup de cancers et
maladies dégénératives pourraient être
induits par les radicaux libres générés.
L'irradiation, au plan économique, permet de faire
voyager dans le monde entier des produits fragiles, ce qui
augmente les risques de délocalisation de la production
dans des pays à bas coûts de main-d'oeuvre. De
plus, l'étiquetage, censé être obligatoire,
n'est pas respecté par les producteurs et distributeurs,
ce qui ne permet pas aux consommateurs de réagir. 14/08/04
Différents sites mettent en garde sur
ce sujet. Citons Grainvert :Aliments irradiés et OGM
: même refus d'étiquetage des multinationales
http://www.grainvert.com/article.php3?id_article=708
et le site américain Citizen, de feu Ralph Nader http://www.citizen.org/documents/Top10.pdf
Les Etats-Unis jouent
à fond la carte de Iter (au Japon)
JPB 14/08/04
Anne Davies, directrice de l'Office of Fusion
Energy Sciences * du département américain de
l'Energie, vient d'annoncer que les Etats-Unis allaient fermer
le Fusion Ignition Research Experiment (FIRE), jugé
techniquement dépassé. Il s'agit du réacteur
expérimental américain destiné à
la fusion nucléaire. Il utilise des aimants magnétiques
au lieu des aimants superconducteurs de Iter. En remplacement,
les Etats-Unis mettront toutes leurs forces dans le projet
International Iter, dont ils défendent bec et ongles,
avec le Japon et la Corée du Sud, l'implantation à
Rokkashomura, au Japon.
Aucun accord n'a pu se faire avec le bloc
Union Européenne, Chine et Russie qui défend
l'implantation à Cadarache. Voici maintenant 6 mois
que le projet est bloqué. Tous les experts pensent
que les Etats-Unis ne céderont pas. Il n'y a donc pas
d'autres solutions, pour l'Europe, si elle ne veut pas dépendre
des Etats-Unis et du Japon pour ce domaine essentiel, de lancer
son propre Iter à Cadarache, quels que soient les coûts.
On observera en passant que l'obstination
américaine semble prouver que le projet Iter n'est
pas seulement une vaste intox scientifique, comme certains
experts avaient pu le prétendre.
* Fusion Energy Sciences Web site http://fusionenergy.lanl.gov/
Feu
vert au clonage humain à visée scientifique
en Grande-Bretagne
CJ 11/08/04
L'autorité
de régulation de la bioéthique humaine britannique*
a autorisé ce jour une première équipe
de chercheurs de l'université de Newcastle à
produire à des fins scientifiques des embryons clonés
humains. Cette équipe est ainsi la première
en Europe à travailler sur ce sujet dans un cadre réglementaire
précis. Si le clonage thérapeutique est légal
en Grande-Bretagne depuis 2002, contrairement au clonage reproductif,
aucune demande n'avait encore été déposée.
Le développement des
embryons produits seront interrompus au bout de deux semaines,
stade où ils sont constitués de quelques centaines
de cellules encore indifférenciées.Ces
cellules souches embryonnaires doivent servir aux recherches
sur le diabète (voir celles concernant la maladie d'Alzheimer
et de Parkinson), l'objectif étant d'essayer de les
transformer en cellules productrices d'insuline.
Rappelons que la France -qui
vient d'adopter sa nouvelle loi de bioéthique en juillet**
- interdit le clonage thérapeutique. Ainsi, à
la différence de l'autorisation donnée par l'autorité
britannique à l'équipe dirigée par le
professeur Miodrag Strojkovic - qui va pouvoir travailler
plus vite -, les équipes françaises doivent
se contenter d'utiliser les embryons existants***.
Aux Etats-Unis, John Kerry s'est pour sa part engagé,
s'il était élu, à lever les restrictions
sur la recherche sur les cellules souches.
* Human Fertilisation and
Embryology Authority (HFEA)
** Parue au J.O du 7 août 2004 : http://www.admi.net/jo/20040807/SANX0100053L.html
*** Ceux issus de la procréation médicalement
assistée, parmi les embryons n'ayant pas été
implantés dans l'utérus de la mère, ou
ceux écartés lors de diagnostics pré-implantatoires,
ou encore les embryons surnuméraires ne relevant plus
d'un projet parental.
Pour en savoir plus :
Communiqué
de la HFEA : http://www.hfea.gov.uk/PressOffice/Archive/1092233888i
Un
nouveau diplôme : ingénieur d'Etat en cognitique
CJ 11/08/04
L'université Victor Segalen de Bordeaux
a créé l'Institut de Cognitique (IDC)* - le
premier en France - et lance à la rentrée 2004
la première et unique formation d'ingénieurs
d'Etat spécialisée dans le domaine.
La première promotion sera composée d'une trentaine
d'étudiants sélectionnés sur dossiers**,
issus de classes préparatoires aux grandes écoles
ou titulaire d'un bac+2 (DEUG S avec mention, DUT/BTS avec
mention et recommandation de l'établissement), ou encore
titulaires dune licence ou dun diplôme universitaire
scientifique de niveau supérieur.
Dirigé par Bernard Claverie, le cursus qui dure 3 années
a pour objectif de former des ingénieurs cogniticiens
dont les compétences sont notamment l'informatique
et l'automatique (traitement du signal, intelligence artificielle,
réseaux de communication...), l'ingénierie cognitive
(facteurs humains, cognition individuelle comme l'attention
ou la mémoire, collective comme la prise de décision
ou les erreurs, les contraintes de fonctionnement comme le
stress, la fatigue, le vieillissement), les interfaces homme/machine
et les interfaces hommes/systèmes complexes.
Demandeurs de ce type de spécialisation,
plusieurs groupes industriels (Airbus,
EADS Dassault Aviation, Thalès, Renault...) participent
au Conseil de perfectionnement de l'Institut.
Emplois
notamment visés :
- conception des interfaces hommes-systèmes, centrale
dans la production de biens manufacturés (aéronautique,
automobile, équipements....),
- recherche et développement,
- gestion des systèmes complexes (ex. systèmes
de visualisation et de pilotage),
- mise en uvre du travail collaboratif inter-entreprises
à partir de lusage des techniques dinformation
et de communication ou dinformatique avancée.
* L'institut organise également
un master recherche en sciences de la cognition
** Une première sélection a eu lieu en juillet.
Une deuxième session est prévue pour septembre.
Pour en savoir plus :
Site
de formation d'ngénieurs de l'Institut de Cognitique
: http://www.scico.u-bordeaux2.fr/ingenieurs/
Site
de l'Institut de Cognitique : http://www.scico.u-bordeaux2.fr/scico/index2.html
Contact :
idc@scico.
u-bordeaux2.fr
L'intelligence
"augmentée"
JPB 03/08/04
On
trouvera dans la revue américaine Astrobiology un long
et intéressant interview (http://www.astrobio.net/news/modules...0)
du Dr Ken Ford, président de l'Interdisciplinary Study
of Human & Machine Cognition (IHMC) de l'Université
de Ouest Floride. Ce Centre, créé en 1990, emploie
plus de cent chercheurs. Il étudie tous les aspects
de la cognition chez les humains et les machines, en mettant
particulièrement l'accent sur les systèmes computationnels
capables d'augmenter les capacités perceptives et cognitives.
Ken Ford vient d'être nommé par le président
Bush au National Science Board, ce qui donnera encore plus
de retentissement à ses travaux et à ses idées.
Dans l'interview, il défend son thème
favori, selon lequel ce n'est pas l'Intelligence Artificielle
qui est importante, car elle ne pourra jamais construire des
machines se comportant aussi intelligemment que des hommes.
Il propose au contraire des interfaces qui permettront à
l'homme de s'insérer efficacement dans un environnement
de plus en plus robotisé. Il s'agit finalement d'augmenter
les capacités humaines par des artefacts et prothèses
efficaces, d'où le terme d'Intelligence Augmentée
(Amplified Intelligence) qui se dit également AI. Un
exemple de tels dispositifs est le Wearable Augmented Reality
Prototype (Warp) développé par la Nasa pour
donner accès simultané et assisté à
différentes ressources de calcul et instruments nécessaires
au pilotage. Ces interfaces seront généralement
dotés de capacité d'accès à du
data-mining afin d'utiliser tous les documents et les connaissances
déjà archivées.
Il n'y a pas de doute que
ces perspectives sont très prometteuses, et plus vraisemblables
à court terme que celles concernant la réalisation
d'un androïde intelligent autonome. Quand on y réfléchit,
ce futur est déjà là en partie. Ecrivant
cette petite chronique en utilisant diverses ressources du
web, je fais montre d'une intelligence sensiblement augmentée
par rapport à ce qu'aurait été la mienne
dans les années 60. Du moins espérons-le.
Pour en savoir plus
IHMC
http://www.ihmc.us/research/
WARP
:
http://www.jpl.nasa.gov/news/features.cfm?feature=491
Un
nouveau super-calculateur pour
la Nasa... et un pour l'US-Navy
JPB 03/08/04
Le nouveau futur ordinateur de la Nasa est
destiné au centre de calcul Columbia, qui verra ainsi
sa puissance multipliée par 10. Il est destiné
à modéliser l'exploration spatiale et le réchauffement
de la Terre (Space Exploration Simulator). Le contrat vient
d'être signé avec Silicon Graphics Inc. . L'ordinateur
d'une puissance de 500-terabytes assemblera plus de 10.000
composants Itanium d'Intel. Ce sera un des plus grands systèmes
d'exploitation basés sur Linux, s'appuyant sur la pratique
de Linux depuis longtemps développée par Intel.
On notera que dans le même temps, IBM
a obtenu un contrat de la Marine américaine pour fournir
un système de 20 teraflops, le plus rapide des super-calculateur
militaires. Cette machine sera aussi, entre autres, affectée
à la simulation des phénomènes atmosphériques
et à la cartographie des fonds. La Terre ne manquera
pas de bons docteurs à son chevet. En Europe, on en
reste à des méthodes plus classiques, telle
que le vieux baromètre enregistreur à tambour
et le sismographe à stylet encreur. Rappelons que le
Earth Simulateur du Japon est un calculateur NEC de 40 teraflops.
Le
rapport de la Royal Society et de la Royal Academy of Engineering
britanniques concernant les nanotechnologies
JPB 03/08/04
Ce rapport,
attendu avec impatience par ceux qui s'inquiètent des
risques potentiels des nanaotechnologies, vient d'être
publié. Les deux augustes académies estiment
que les législations britanniques et européennes
ne traitent pas la question avec suffisamment de précautions.
Les nanotechnologies sont assimilées à des technologies
comme les autres alors qu'elles devraient faire l'objet de
réglementations adaptées à leur caractère
nouveau. En particulier, toutes les émissions dans
l'environnement devraient être interdites "autant
que possible", tant du moins que leur caractère
innoffensif n'aura pas été démontré.
Des normes plus protectrices pour les personnels devraient
être adoptées. Ceci étant, le rapport
souligne aussi les grandes opportunités offertes par
ces technologies. Le gouvernement a donné son accord
de principe aux propositions du rapport. Une session spéciale
du UK Health and Safety Laboratory devrait se tenir en octobre
sur le sujet.
Pour
en savoir plus
Le
rapport, dont nous conseillons une lecture attentive http://www.nanotec.org.uk/finalReport.htm
Le rapport
de l'Académie française des sciences sur le
même sujet:
http://www.academie-sciences.fr/publications/rapports/rapports_html/RST18.htm
Décès
de Sir Francis Crick
JPB 03/08/04
Le
co-découvreur de la double hélice de l'ADN et
prix Nobel Francis Crick vient de mourir à 88 ans.
Ses travaux en biologie moléculaire sont connus, mais
on sait moins que, dans la seconde moitié de sa vie,
en collaboration avec Christof Koch, il s'était intéressé
aux neurosciences et plus particulièrement aux bases
neurales de la conscience, notamment à l'Institut Salk
où il était professeur émérite.
Francis Crick a toujours fait preuve d'une
grande ouverture d'esprit. Il a notamment défendu la
biologie évolutionnaire contre les attaques de milieux
politiques américains qui y voyaient une insulte
aux thèses conservatrices sur la nature humaine.
Il manquera certainement à la science d'aujourd'hui
et même de demain.
Pour
en savoir plus
Les sources
abondent. On peut lire en français un court article
de Futura Sciences
http://www.futura-sciences.com/sinformer/n/news4096.php
En anglais, un article plus complet http://www.biomedcentral.com/news/20040729/05
Manque
de transparence à l'Agence Spatiale Européenne
?
JPB 20/07/04
On a beaucoup
glosé sur le manque de transparence de la gestion de
la NASA, qui a été en partie responsable de
sa perte de popularité, suivie de la baisse de ses
crédits et des projets de privatisation de certaines
applications. Mais les spécialistes européens
de l'espace reprochent à l'Agence Spatiale Européenne
le même défaut, à une toute autre échelle
il est vrai. Ceci vient du fait que l'échec de l'atterrisseur
martien Beagle 2, largué sans succès par la
sonde européenne Mars Express (laquelle, heureusement,
se porte bien) n'a pu être clairement expliqué.
On a reproché aux britanniques, presque exclusivement
impliqués dans ce projet, d'avoir refusé une
enquête ouverte. En fait, une commission d'enquête
a été mise en place. Elle a critiqué
le management du projet, le manque de tests et surtout le
manque de temps et d'argent. Elle a fait 19 recommandations
visant à éviter le renouvellement de tels échecs.
Mais le rapport complet n'a pas été rendu public.
C'est dommage. Il est évident que l'ASE-ESA n'obtiendra
le soutien des opinions et des gouvernements que si elle démontre
en permanence, comme elle l'a fait, dans d'autres programmes,
son excellence gestionnaire.
L'échec
de Beagle 2, comparé au succès à ce jour
du tandem américano-européen Cassini Huygens sur
Saturne et Titan, a permis aux analystes de rappeler que l'on
ne peut faire du spatial sans d'importants moyens financiers,
beaucoup de temps de développement et de tests complétés
d'une excellente gestion coopérative. C'est ce dont avait
bénéficié ce dernier programme Cassini,
avant que la NASA ne s'engage il y a quelques années
dans une politique jugé aujourd'hui désastreuse,
dite du moins cher, plus vite et plus efficace, qui n'a guère
fait ses preuves.
Il faut se souvenir de cette nécessité, lorsque
l'on discute au niveau des gouvernements européens
des budgets de l'ASE. Rien ne sert de vouloir faire des économies
si celles-ci mettent en danger l'essentiel des missions.
I, Robot
JPB/CJ 19/07/04
Les américains, nous
ne cessons de le dire dans cette revue, ayant quelques années
d'avance sur le reste du monde en matière de sciences
de l'artificiel, ont également quelques années
d'avance dans la façon d'en tirer des films et des
romans, ce qui leur permet, non seulement de s'affirmer aux
yeux du grand public comme les leaders de ces domaines, mais
de gagner des millions de dollars. Ceci leur permet aussi,
sous couvert de science-fiction, de développer des
philosophies parfois contestables, parfois intéressantes,
qui ont en tous cas l'avantage de renouveler le genre. Parmi
ces philosophies, on retrouve de façon récurrente
la peur du futur que semblent préparer les nouvelles
technologies. Nous ne sommes pas certains en ce qui nous concerne
que cette peur, héritée chez eux sans doute
de vieilles métaphysiques, soit la meilleure façon
d'envisager l'avenir. Mais elle a le mérite de permettre
d'engager des discussions*.
C'est
en tous cas une telle peur qui inspire le nouveau film d'Alex
Proyas, I, Robot, qui serait déjà un
grand succès dans les pays où il a été
présenté. Le film - dont le titre est inspiré
du titre de la collection parue en 1950, groupant neuf nouvelles
d'Isaac Asimov** - se situe en 2035, dans un monde urbain
ou se côtoient les humains et les robots. Ceux-ci semblent
inoffensifs et utiles, se complaisant dans les tâches
ménagères. Mais l'inspecteur de la criminelle
Del Spooner est inquiet. Il suppose que les esclaves robotiques,
analogues à ceux de l'ancienne Rome, commencent à
se révolter sous leurs enveloppes de titanium. On le
rassure en lui affirmant que les robots sont inoffensifs et
que, de toutes façons, ils ont été construits
pour respecter les 3 règles de la robotique, posées
par Asimov, dont notamment celle de ne pas faire de mal aux
humains. Cependant un expert de la firme U.S. Robotics, pressent
l'existence de "fantômes dans la machine",
provoqués notamment par des erreurs de programmation.
Tout peut alors arriver - y compris la disparition des humains
analogue à celle des Néandertaliens devant Homo
Sapiens.
Le
film fait appel aux combats de robots et autres scènes
spectaculaires, mais il pose aussi, non sans un peu de naïveté
pardonnable, la question de l'intelligence et de la conscience
dans les machines. Il a un bien plus grand mérite,
nous montrer que cet avenir annoncé est pour demain,
du fait de ce que Ray Kurzweil a nommé le développement
exponentiel des ressources en composants et en logiciels.
Quand on évoque ces perspectives si proches en France,
nul ne vous prend au sérieux. Le film possède
au moins cette qualité, ne pas sous-estimer les perspectives
des sciences de l'artificiel - artificiel dont les limites
d'avec le réel actuel, notre réel, seront de
plus en plus indistinctes.
*De nombreux experts en
robotique (et notamment de firmes telles que Honda ou Sony)
s'inquiètent d'ailleurs des effets négatifs
que peut avoir ce genre de film sur le public en présentant
l'IA comme quelque chose de vraiment dangereux. Ceci pourrait
d'ailleurs avoir des implications sur la vente des robots
de loisir dans le commerce...
**
Rendons à César ce qui lui appartient : "I,
Robot" est en fait le titre d'une nouvelle parue dès
1939, sous la plume d'Eando Binder
(Earl and
Otto)... C'est l'éditeur d'Asimov qui a eu l'idée
de reprendre ce titre, d'aileurs contre l'avis du célèbre
auteur...
Pour en savoir plus
I, Robot
http://www.irobotmovie.com/
(sur 7.780.000 de références à ce jour!)
Décès
de Bernard Caillaud
JPB/CJ
19 juillet 2004
Nous
avons appris avec beaucoup de regrets le décès
de Bernard Caillaud, Docteur en Arts et Sciences de l'Art,
survenu à Caen le 15 juillet 2004 à l'âge
de 64 ans. Nous avions consacré un article élogieux
à son dernier ouvrage La création numérique
visuelle (
voir : http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2003/avr/caillaud.html).
Comme
nous l'indiquions dans cet article, Bernard Caillaud était
artiste numérique, après avoir consacré
20 ans de sa vie à la peinture. Etant également
professeur de physique, informaticien confirmé, docteur
en Arts et Sciences de lArt (Paris Sorbonne), il apportait
à létude de la création numérique
visuelle sur ordinateur, le Computer Art, à la fois
la sensibilité de lartiste et les compétences
de luniversitaire et de lingénieur. Nos
condoléances vont à sa famille et à ses
proches.