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Editorial
Le
colloque Indépendance de l'Europe et souveraineté
technologique. Suites à donner
par Jean-Paul Baquiast,
Jean-Claude Empereur et Christophe Jacquemin
29/04/04 |
Nous
pouvons proposer quelques premières conclusions relatives
au Colloque Indépendance de l'Europe et souveraineté
technologique que l'Union paneuropéenne France(1) et
Automates-Intelligents ont organisé les 28 et 29 avril
au Centre des Conférences Internationales Kléber
à Paris.
D'une
façon générale, le bilan nous en a paru
très positif, malgré quelques regrets. Il convient
maintenant de s'organiser pour en tirer les meilleures suites.
Un
bilan positif
Intervenants
Aucun des intervenants prévus, qui étaient nombreux
et de grande qualité, n'a fait défaut. Les participants
ont été particulièrement attentifs aux
longues interventions en introduction, du ministre délégué
à la recherche François d'Aubert et en conclusion
du Premier ministre.
Participation
Près de 400 personnes ont suivi les débats [voir
les fichiers téléchargeables proposés
en bas de page] sans désemparer. La salle
de conférence n'a pas désempli. L'assistance
a manifesté un intérêt constant, malgré
la densité des exposés imposée par les
contraintes de l'emploi du temps. Il faut tous les remercier
ici.
Intérêt et nouveauté des thèmes
D'une façon générale, les premières
réactions recueillies auprès, tant des intervenants
que du public, ont souligné la nouveauté et
le grand intérêt des thèmes traités.
C'était la première fois, en France et sans
doute aussi en Europe, que les perspectives de l'indépendance
de l'Union européenne face à ses grands concurrents,
Etats-Unis, Japon, Chine et Inde notamment, étaient
évoquées en termes de souveraineté scientifique
et technologique. Les participants ont apprécié
de trouver réunies des informations relatives aux grands
domaines scientifiques et techniques émergents, très
mal connus en France (où l'Europe est en train d'accumuler
des retards qui, s'ils se poursuivent, seront catastrophiques).
Mais ils se sont aussi intéressés aux outils
de gestion et de financement qui permettraient aux gouvernements,
aux établissements de recherche et aux entreprises
d'accroître leur efficacité face à la
compétition intense à laquelle ils sont soumis.
Beaucoup de choses sinon tout reste encore à faire
dans ces derniers domaines, notamment en France.
On a pu néanmoins noter le début de prise de
conscience qui face à l'enjeu commence à se
faire, tant au niveau des institutions européennes
que des autorités nationales, particulièrement
françaises. C'est dans les domaines évidemment
prioritaires des sciences et industries de défense
et de l'intelligence économique que la prise de conscience
est apparue avoir les effets aujourd'hui les plus concrets.
Mais l'objectif est que cette prise de conscience s'étende
à l'ensemble des domaines scientifiques de souveraineté
- ce qu'ils sont pratiquement tous d'ailleurs..
Quelques
regrets
Faute de temps, il n'a pu être donné assez de
place aux questions orales. Celles recueillies par écrit
seront traitées prochainement sur le site www.europe-puissance-scientifique.org.
On a noté l'absence des journalistes, malgré
la communication faite à leur attention par les organisateurs.
Sans doute étaient-ils occupés par des problèmes
plus urgents.
De même, sur de tels sujets, la prédominance
des participants de 50 ans et plus par rapport aux jeunes
fait réfléchir (d'autant plus que des invitations
gratuites avaient été offertes expressément
à cet effet via nos sites web).
Enfin, aucun des chercheurs qui avaient déploré
les semaines précédentes le manque d'intérêt
du public pour la recherche ne s'est manifesté, ne
fut-ce que pour discuter ce qui a été dit. Ceci
est d'autant plus surprenant que tous les projets évoqués
lors du Colloque devraient s'inscrire dans les programmes
scientifiques et technologiques français et européens
des prochaines années.
Ajoutons que le travail en commun sur le web reste encore
ignoré d'une grande partie des participants. De ce
fait, beaucoup d'entre eux n'avaient pas consulté les
nombreuses informations que nous avions rassemblées
à leur intention sur le site www.europe-puissance-scientifique.org.
Suites
à donner
Publication des Actes
Il s'agit de la première priorité, compte tenu
du caractère fondateur d'un tel colloque. Les Actes
constitueront non seulement une indispensable documentation
mais un véritable programme de travail pour ceux qui
voudront bien reprendre à leur compte la réalisation
d'une Europe indépendante par la souveraineté
scientifique et technologique. Les modalités de la
publication seront précisées très prochainement.
Elle n'est pas sans difficultés, comme on le devine.
Une version-papier sera proposée, qui sera adressée
aux paticipants et vendue en kiosque. Elle sera suivie très
rapidement d'une version Internet sur le site www.europe-puissance-scientifique.org.
Refonte du site
Le site www.europe-puissance-scientifique.org
sera prochainement refondu grâce à la participation
généreuse de deux professionnels que nous remercions.
Il devrait être conçu comme support d'échange
d'informations pour un ou plusieurs groupe de réflexion
et de proposition auquel certains des participants ont déjà
accepté d'apporter une contribution de fait. D'ores
et déjà, nous indiquons aux lecteurs de Automates-Intelligents
que toutes les personnes intéressées peuvent
se faire connaître auprès de la rédaction
de la revue. Chaque fois que les articles publiés par
Automates-Intelligents paraîtront appropriés,
ils seront versés dans la base de connaissance ainsi
réalisée.
D'autres colloques
Les minis-colloques déjà organisés en
régions sur le thème du colloque du 28 et 29
avril seront poursuivies, à l'invitation des collectivités
qui le souhaiteraient. Ceci pourra aider à diffuser
le prise de conscience qui est en train de se faire.
Par ailleurs, les
promoteurs français du Colloque envisagent si elles
le souhaitent d'aider d'autres organisations à monter
des Colloques analogues dans d'autres pays européens.
Nous pourrons y envoyer quelques conférenciers, et
mettrons nos documents à leur disposition. Nous avons
apprécié, dans cette perspective, la présence
assidue au Colloque de M. Eduardo Martinez de la Fe, éditeur
de Tendencias Cientificas, à qui nous avons promis
notre appui au cas où quelque chose d'analogue à
ce Colloque serait entrepris en Espagne.
La tenue d'un grand colloque est également envisagée
en Allemagne.
Conclusion
d'ensemble
Malgré
le succès de ce Colloque, ne nous illusionnons pas.
Les bonnes intentions passent vite devant les pesanteurs imposées
par les intérêts traditionnels et les façons
de penser archaïques. De très longs efforts seront
encore nécessaires pour faire prendre en considération,
notamment par les hommes politiques et l'opinion publique,
l'état d'urgence où se trouve l'Europe faute
d'une grande politique de souveraineté scientifique
et technologique.
On remarquera
que les élections européennes se rapprochent
sans que nul candidat n'évoque les questions qui ont
fait l'objet des travaux du Colloque. Cela incite à
une saine modestie.
(1)
Présidée par Alain Terrenoire.
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