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Du côté des labos
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Robots japonais de nouvelle génération
: stratégies et opportunités
Présentation
par Christophe Jacquemin 5/03/04
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Dans
le cadre de son observatoire des tendances et usages des nouvelles
technologies, l'Agence de conseil Tebaldo, [www.tebaldo.com/observatoire.htm]
organisait le 5 mars dernier à Paris la session : "Robots
japonais de nouvelle génération : Stratégies et opportunités".
Une belle initiative, dont on a finalement peu l'habitude,
sachant que cette journée visait d'une part à
sensibiliser le public français à l'importance
du développement du secteur des robots autonomes au
Japon et, d'autre part, de montrer l'importance de ce futur
marché en apportant les éléments indispensables de
réflexion sur les modèles marketing et économiques induits.
Ainsi, pour l'occasion, des représentants de la ville
d'Osaka et
les organisations de développement économique japonaises (comme
le JETRO [Japan External Trade Organisation] se sont spécialement
déplacés
afin de mieux nouer les contacts. Objectif : montrer l'importance
que la ville d'Osaka accorde à la robotique de nouvelle
génération et présenter aux quelque 150
participants français présents (universitaires
et scientifiques du domaine, représentants de centres
de recherche PME/PMI et grands groupes, investisseurs, fournisseurs
de technologie, sociétés d’étude et agences impliquées dans
le développement du secteur...) le projet "Robocity CoRE",
centre d'expérimentation en technologies robotiques
inscrit au coeur du plan de développement urbain de
la ville d'Osaka.
Bruno
Rives, président de Tébaldo, a notamment rappelé
en ouverture du séminaire ce qu'on devait entendre
par "robots de nouvelle génération".
Il s'agit de robots autonomes, dotés d'un comportements,
apprenant et communiquant (notamment via internet). "Avec
les robots de nouvelle génération, les Japonais
préparent l'informatique transparente, dont l'interface
ne se distingue pas de celle des objets ou des environnements
de la vie courante", explique Bruno Rives. Le domaine
s'étend dès lors à l'informatique comportementale,
les interfaces hommes-machines et machines-machines et les
technologies wi-fi et téléphonies associées.
On imagine ainsi l'importance économique que va bientôt
jouer ce secteur.
Pour
Haruko Tsujita, consultante chez Tebaldo, les robots de nouvelle
génération (e-japan) représenteront en
2020 une des industrie-clés du Japon, au même
niveau que l'industrie automobile. On retrouvera ces robots
partout, robots que l'on peut distinguer selon quatre groupes
:
- robots communiquant (vie à la maison, accomplissent
de certaines tâches). On pourrait citer ici des robots
comme Asimo, Qrio, Aibo, Wakaramu (robot disposant d'un vocabulaire
étendu de 10000 mots), Aprialpha, Papero, Ifbot, Maron-1,
Banryu... ;
- robots effectuant des tâches ménagères,
comme par exemple celle de passer l'aspirateur. Citons ici,
indépendamment des pays producteurs, des robots comme
Rumba, Trilobite, Karcher...
- robots allégeant les charges de travail, dans les
entreprises ou dans les hôpitaux. Citons par exemple
le C4 (robot gardien), Hospi (robot infirmier), My spoon (aide
soignant)...
- robots effectuant des tâches dangereuses : secours
par exemple lors de séisme, aide dans l'espace, etc.
Le
Japon est le premier producteur de robots industriels, marché
aujourd'hui en stagnation. Comme l'explique Kenichi Minoji
(responsable développement Osaka),
il s'agit de viser l'élargissement de ce marché
grâce aux robots de nouvelle génération,
en s'inspirant des technologies de robots industriels. Affirmé
par le Gouvernement japonais, les robots sont (et seront)
le fer de lance de l'industrie nippone.
Les entreprises du pays ne s'y trompent pas, considérant
moins la concurrence entre-elles que l'idée que tout
ce qui est (et sera) développé peut être
intégré de nombreux domaines. On parle déjà
de standardisation, pour une meilleure maintenance, et un
développement plus rapide.
Se concentrer sur la robotique revient à favoriser
la cristallisation technologique des secteurs qui y travaillent.
Le graphique montré ci-dessous, présenté
lors de l'intervention de Haruko Tsujita, montre bien
tous les secteurs impliqués et l'aréopage d'entreprises
concernées, qui travaillent sur le sujet : secteurs
de l'électronique, du matériau, industrie du
logiciel, des ordinateurs, de l'information et de la communication,
téléphonie, nano/micro technologies, industrie
mécanique, intelligence artificielle...

On
peut y voir ici une véritable machine de guerre.
Le
dynamisme des entreprises japonaises, autant dans les travaux
appliqués que dans la recherche fondamentale, n'a pas
d'équivalent. Leur contribution approche aujourd'hui
80% de l'effort d'ensemble, quand elle n'est que de 54% en
France et 66% en Allemagne et aux Etats-Unis.
Ainsi, en
partenariat avec le secteur privé, les autorités
japonaises sont engagées dans une course de longue
haleine pour faire de l'Archipel une grande puissance de recherche
et développement(1).
L'objectif avoué du Japon est de porter les investissements
publics et privés à 3,4% de son produit intérieur
brut (PIB) en valeur à l'horizon de 2006.
Bien sûr, beaucoup des robots humanoïdes
ou robots qu'aiment à nous présenter aujourd'hui
les Japonais ne sont pas encore commercialisés(2),
apparaissant plus maintenant comme vitrines technologiques
du savoir-faire des grands groupes. Ainsi, nombre des robots
présentés, qu'ils soient issus du milieu universitaire
ou industriel, constituent en fait les plates-formes de développement
de technologies futures.
Il
n'en reste pas moins que l'on commence à voir les produits
arriver sur le marché. Il y a eu bien sûr le
succès du robot chien Aïbo de Sony, produit le
plus connu (auquel d'ailleurs certains ateliers de la journée
étaient consacrés). La start-up ZMP, pour sa
part, annonce pour la fin de l'année la commercialisation
grand-public de Nuvo, robot bipède haut de 39 cm pour
2,5 kg, capable de se relever seul si il tombe. En plus d'obéir
à la voix de son propriétaire, le robot peut
être commandé par un téléphone
de 3ème génération (NTT DoCoMo), sur
lequel, en utilisant le mode visionconférence, on récupère
les images prises par l'appareil photo présent sur
l'humanoïde. ZMP compte vendre jusqu'à 3.000 de
ces robots, dont la production doit être confiée
à une autre entreprise (qui reste à choisir).
On
peut également citer Banryu, robot domestique développé
par les sociétés les sociétés
Tmsuk et Sanyo, déjà en vente sur le territoire
japonais au prix de 17500 euros. Doté de près
de cinquante capteurs, pesant 35 kg, il détecte les
odeurs, voit, écoute, connaît la valeur de la
température ambiante, et peut signaler la présence
d'intrus ou prévenir les fuites de gaz ou les incendies.
Coût prohibitif, direz-vous : une trentaine de ces cerbères
ont déjà été vendus, via internet.
Dans
un autre domaine, mentionnons Ifbot. Issu des développements
de chercheur de l'université de Nagoya, ce robot communiquant
connaît plus de 10000 mots et en acquiert d'autres continuellement
(pour l'instant uniquement en japonais). Il sait se déplacer,
éviter les obstacles et perçoit les marches.
Décelant
les émotions de ses interlocuteurs (jusqu'à
10 personnes), il reconnaît une quarantaine d'expressions
faciales. Produit dans un premier temps à 1000
exemplaires, il est vendu 3650 euros.
N'oublions pas aussi Maron-1, développé par
Fijitsu et commercialisé au prix de 1600 euros, qui
sait communiquer avec les appareils électroniques de
la maison et effectuer des rondes de surveillance...
Osaka,
pôle de l'industrie robotique du Japon
Avec
plus de 10000 entreprises liées au secteur (intelligence
artificielle et developpement logiciel, télécommunication,
mécanique, matériaux, développement de
capteurs pour les robots, engrenages de précisions,
servomoteurs, outillage de précision, etc.), dont 100
complètements spécialisées en robotique,
la ville d'Osaka s'affirme comme le pôle de cette industrie
au Japon. Comptant
à sa périphérie des centres de recherche
robotique de renommée internationale (organismes et
universités) la ville défend le projet
"Robocity CoRE, inscrit au coeur du plan de développement
urbain.
C'est
ainsi qu'à la demande des représentants de la
ville d'Osaka, des rencontres individuelles ont eu lieu durant
ce séminaire avec de petites sociétés françaises(3)
[souhaitant ici garder la confidentialité] ainsi
qu'avec les organisations de développement économique japonaises.
(1) Selon
une communication récente de Michel Israël, conseiller
scientifique à l'Ambassade de France au Japon, en date
du 10 mars 2004, l'accent est mis sur les nanotechnologies,
les sciences de la vie et de l'environnement et les technologies
de l'information. Selon ce conseiller, les sommes engagées
l'an dernier ont atteint le seuil de 3,18% du PIB (le PIB
du Japon était de 3.835 milliards d'euros), contre
2,12% en France (chiffre 2002) et 2,79% aux Etats-Unis. 
(2)
Certains des humanoïdes présentés par les
grands groupes peuvent être cependant loués...
jouant le rôle de réceptionnistes. 
(3)
Demande explicite de la ville d'Osaka de rencontrer plutôt
les petites sociétés, sachant que les grands
groupes ont déjà leur représentation
au Japon.
Pour
en savoir plus :
Tebaldo :
http://ww.tebaldo.com/observatoire.htm
JETRO : http://www.jetro.go.jp/top/index.html
Ville d'Osaka : Bureau de représentation à Paris
http://www.osaka.fr/index_f.html
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