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ÉDITORIAL
Automates
Intelligents s'engage dans sa
quatrième année d'existence
par Jean-Paul Baquiast
et Christophe Jacquemin
1er janvier 2004
La
revue Automates-Intelligent s'engage dans la quatrième
année de son existence. Elle a édité
une douzaine de numéros par an, distribués par
messagerie à quelque 3000 abonnés. Tous les
articles sont par ailleurs publiés sur deux sites successivement.
Le premier, notre site de travail (www.admiroutes.asso.fr/larevue/index.htm),
permet de mettre en ligne les versions non définitives
de nos articles, que peuvent relire et éventuellement
corriger avant parution les personnes interviewées
et les auteurs des livres recensés. Notre second site
(www.automatesintelligents.com)
rassemble la totalité des textes ayant été
diffusés dans les numéros périodiques.
Ils sont classés de façon analytique, ce qui
permet de les retrouver facilement. Ces deux sites font l'objet
d'une fréquentation remarquable pour ce genre de publication
- plus de 15.000 accès distincts par semaine - dont
le tiers provient des pays non-francophones. D'une façon
générale, nous sommes diffusés et lus
par l'essentiel des laboratoires et entreprises francophones
du domaine. Mais nous sommes heureux de compter aussi des
lecteurs non spécialistes, notamment des étudiants,
voire des collégiens, sans parler de tous ceux qui
s'intéressent à nos thèmes au titre de
leur culture générale. Nous sommes aussi particulièrement
sensibles à l'intérêt des lecteurs provenant
des pays en développement, notamment francophones
Automates-Intelligents
fonctionne sur le mode du bénévolat. Malgré
certains conseils, nous n'avons jamais voulu mettre en place
un accès payant. Il nous semble en effet important,
alors que de plus en plus de services en ligne se ferment
au libre-accès, de continuer à rester accessibles
au plus large lectorat. La contrepartie en est l'absence de
ressources qui seraient nécessaires pour faire grandir
la revue, par exemple en rémunérant quelques
auteurs et surtout, en traduisant nos articles en anglais.
Il est clair que si paraître en français s'impose
à une revue visant à toucher un public qui n'est
pas nécessairement anglophone, le passage par l'anglais
nous permettrait de toucher un bien plus grand nombre de lecteurs
et de contributeurs, dans les pays européens notamment.
Concernant
le fond de notre démarche, nous recevons beaucoup de
messages d'encouragement. Les lecteurs paraissent apprécier
ce qui, il est vrai, représente un cocktail assez peu
fréquent dans le monde des revues scientifiques : -
un suivi attentif de l'actualité des technologies et
des usages concernant la robotique, l'intelligence artificielle
mais aussi les neurosciences, la biologie et certaines sciences
humaines - des articles de réflexion relevant de ce
que l'on appellera la philosophie des sciences - des interviews
donnant la parole de préférence aux jeunes chercheurs
et développeurs - une recension approfondie des ouvrages
significatifs publiés, à l'intention d'un public
éclairé mais non spécialiste par des
scientifiques français et surtout étrangers.
A
cela, nous avons jugé indispensable d'ajouter un point
de vue politique. Nous souhaitons d'abord convaincre que les
sciences et technologies émergentes et convergentes
dont nous traitons doivent être connues et discutées
de l'ensemble des citoyens, même si certains de ceux-ci
les abordent avec des préjugés quelque peu idéologiques.
Elles ne peuvent rester confinées aux laboratoires
travaillant pour de grandes entreprises transnationales ou
pour les militaires.
La
deuxième de nos préoccupations concerne le retard
(eh oui, il faut bien prononcer le mot) qu'ont pris et que
continuent à prendre dans ces diverses sciences l'Europe
en général et la France en particulier. Persister
à considérer que ces domaines n'intéressent
pas la survie de nos pays, poursuivre la politique de restriction
des crédits et de non renouvellement des cerveaux devenue
la règle depuis quelques années, nous paraît
suicidaire. Ceci veut dire que le monde de demain ne sera
pas européen. Il est déjà très
largement configuré par l'hyper-puissance américaine,
au vu de ses intérêts. Mais d'autres blocs s'inscrivent
dans cette course à la domination, notamment les pays
asiatiques. Nous devons le dire et le répéter,
quittes à sembler enclins à la fixation.
Pour
l'avenir, et notamment pour cette nouvelle année, nous
voudrions proposer à nos lecteurs des formules de participation
en ligne. Bien qu'assez difficiles à mettre en uvre
et à gérer sans aide, ces formules devraient
permettre à ceux qui le souhaitent de s'associer à
la vie de la revue et surtout aux actions, telles que l'actuel
Manifeste en cours de discussion
sur notre site, nécessaires à un début
de mobilisation de l'opinion.
Nous
allons également encourager la diffusion de nos thèmes
auprès de ceux qui ne maîtrisent pas encore suffisamment
l'Internet et le travail coopératif en réseau.
Pour cela, il faut faire appel au livre, dont les mérites
restent irremplaçables. Nous sommes en train de mettre
en place une collection Automates-Intelligents au sein des
éditions Vuibert, dans laquelle nous souhaitons publier
les travaux originaux d'auteurs confirmés mais aussi
de thésards ou jeunes chercheurs qui partagent nos
préoccupations et nous font confiance.
Que
cet éditorial soit l'occasion pour ceux qui le souhaitent
de nous faire part de leurs critiques et suggestions.
Bonne
année à tous.