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Revue n° 45
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Actualités 

A quand le José Bové des nanotechnologies ?
JPB 29/06/03

Les activistes de par le monde commencent à s'inscrire dans le combat contre les nanotechnologies, ce qui suscitera l'émergence de nombreux José Bové. Ils demandent un moratoire, au prétexte que celles-ci ne seront pas plus contrôlables que les OGM. Pour faire image d'ailleurs, ils ne parlent plus de nanotechnologies mais d'organismes atomiquement modifiés (atomically modified organisms). A quand l'appel à la destruction des laboratoires?

L'organisation canadienne de défense de l'environnement Etc (Action Group on Erosion, Technology and Concentration) est en tête du combat. Mais pas toujours de bonne foi. Les scientifiques lui reprochent d'utiliser des arguments peu sérieux tels que "les lois de la physique ne s'appliquent pas au niveau moléculaire". Un élément de ces mises en garde mérite cependant l'attention. Il ne faut pas que les nanotechnologies deviennent, ou restent, le monopole de grands groupes transnationaux qui y feront la loi et retireront tous les profits d'un secteur en plein avenir. Mais comment faire pour cela? Sans doute faire financer par les Etats des programmes de recherches universitaires ouverts.

Pour en savoir plus
Etc Group http://www.etcgroup.org/


A400M
JPB 29/06/03

Malgré ses succès commerciaux, EADS et sa filiale Airbus ont besoin du soutien "intelligent" des gouvernements européens. On sait qu'aux Etats-Unis, Boeing, qui subit une baisse plus rapide encore qu'attendue de ses commandes civiles, compte maintenant essentiellement sur les marchés militaires. Avec General Dynamics et d'autres, il compte bénéficier d'une bonne part des $100 milliards qui seront consacrés annuellement aux programmes fédéraux d'avions et drones de combat (voir ci-dessous). Ce sont des dollars qui lui demanderont moins d'efforts que ceux arrachés par le savoir-faire d'Airbus à des clients toujours plus exigeants.

Aussi doit-on se féliciter du lancement du programme A-400 M ou gros porteur militaire, attendu depuis plusieurs années.  Le contrat a été signé le 27 Mai 2003 entre Airbus Military et l’OCCAR (Organisation Conjointe de Coopération en matière d’Armement) représentant la France, l’Allemagne, l’Espagne, la Turquie, la Belgique, le Luxembourg et le Royaume-Uni. Ce programme de 18 milliards d'euros est indispensable à la crédibilité de l'industrie européenne de l'armement.  Il contribuera à la création ou au maintien de 40 000 emplois dans la filière. Le groupe franco-germano-espagnol EADS a été choisi, via sa filiale Airbus, pour être le maître d'oeuvre du programme. Il s'agit notamment de disposer d'un avion moderne capable de "projeter" à longue distance les forces d'interventions rapides européennes, au lieu de demander l'aide des C.130 de l'Otan ou des Etats-Unis. Le moteur sera également européen, fourni par le consortium Europrop International (EPI), regroupant ITP, MTU Aero Engines, Rolls-Royce et Snecma Moteurs.

Bonne décision pour l'industrie européenne, il s'agit aussi d'une décision significative pour l'avenir de la défense européenne. Celle-ci ne peut en effet se concevoir sans des programmes de matériels et technologies militaires capables de faire sinon part égale, du moins honnête figure face aux investissements militaires américains. On ne pourra indéfiniment renouveller les aberrations marquant l'équipement en intercepteurs des aviations européennes. Mais il faudra sans doute attendre encore un peu la mise en place de l'Agence européenne de l'armement souhaitée par tous les européens convaincus, qui devrait mettre de l'ordre dans les politiques d'équipement.

Pour en savoir plus
A400M http://www.eads.com/eads/fr/index.htm?/xml/fr/businet/miltrair/a400m/a400m.xml&miltrair
Communiqué de EADS http://www.eads.com/eads/fr/index.htm?/xml/fr/press/eads/20030527_a400m.xml&press
Communiqué SNECMA http://www.snecma-moteurs.com/fr/presse/bourget_2003/press/page_13.htm


Jean-Louis Pautrat. Demain le nanomonde
JPB 28/06/03

Le livre de Jean-Louis Pautrat Demain le nanomonde, Voyage au cœur du minuscule (Collection Temps des sciences) explore les conséquences des nanotechnologies sur l'organisation sociale.
Selon la prière d'insérer: " C’est dans le domaine de la santé que les applications sont les plus impressionnantes: gélule-caméra, distributeur d’insuline, capteur de pression à introduire dans l’œil, voire dans le cerveau. Le développement des nanotechnologies est devenu une préoccupation majeure des décideurs dans le monde entier, mais il ne doit pas être laissé aux seuls spécialistes : l’exploration du nanomonde peut donner envie à chacun de participer activement à cette révolution technologique".

Jean-Louis Pautrat est un physicien spécialiste des semi-conducteurs, chercheur et conseiller scientifique au Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

Pour en savoir plus
Sur l'état des lieux en France, voir le site du Réseau de Recherche en micro et nanotechnologie http://www.rmnt.org/
Voir aussi le pôle d'innovation MINATEC http://www.minatec.com/


Devenir intelligent par la Stimulation Magnétique Intracrânienne (TMS)
JPB 24/06/03

Lobe temporal gauche - image :  BBC NewsOn sait que cette technique consiste à focaliser avec précision, dans les couches non superficielles du cerveau, des stimulations magnétiques dont on découvre peu à peu les effets. Le recours à la TMS, notamment utilisée dans le traitement des dépressions, peut inquiéter, mais celle-ci serait inoffensive et son action réversible. Elle agirait sans doute sur les champs électro-magnétiques générés par l'activité neuronale, en les supprimant et en provoquant en contre-partie l'apparition de nouvelles liaisons passagères ou durables entre neurones. Le point surprenant est que de telles stimulations pourraient libérer des zones du cerveau responsables des activités intelligentes de haut niveau, rendant les sujets aptes à comprendre des théories scientifiques ou des travaux complexes. Il s'agirait d'une nouvelle retombée de grande portée des recherches concernant l'exploration fonctionnelle du cerveau par les techniques électro-magnétiques.

L'annonce de ces résultats est faite par le Center for the Mind ; laboratoire qui se dit soutenu par le gouvernement australien, dont le directeur est le neurobiologiste Allan Snyder, professeur à l'Université de Sydney. Ce Centre semble bénéficier d'un grand soutien populaire en Australie. Il compte Nelson Mandela parmi ses tuteurs. Il s'est fait connaître précédemment par un programme destiné à augmenter la créativité et favoriser l'apparition de champions, dans le sport et ailleurs (à l'occasion des Jeux Olympiques de Sydney).

La recherche était partie de l'étude d'autistes se faisant remarquer par des talents exceptionnels dans certains domaines intellectuels. On a supposé que c'est le dommage subi par une partie du cerveau, le lobe frontal temporal gauche, selon le Dr Bruce Miller, spécialiste des démences à l'Université de Californie, qui débloque les capacités créatrices du reste de l'organe. D'où l'idée d'expérimenter chez des patients volontaires l'effet d'un blocage temporaire des aires responsables de l'attention quotidienne aux signaux de la vie courante, pour libérer des couches plus profondes capables de travaux intellectuels complexes.

Dans l'esprit de ces recherches, l'hypothèse avait été émise que de grands savants, tel Einstein et avant lui Newton, étaient en fait dans certains domaines des autistes. Dans cette perspective, les dons des savants tiendraient non aux qualités exceptionnelles de leurs cerveaux, mais au mauvais fonctionnement local de celui-ci, les rendant, en particulier, peu aptes aux relations sociales ordinaires. Pourquoi pas en effet ?

Quel que soit l'intérêt de ces expériences et études, on ne peut que souhaiter la prudence tant dans leur poursuite que dans le reçu de leurs conclusions. L'ego apparemment très fort du Pr. Snyder, qui ne cesse de se faire photographier avec des personnalités médiatiques, peut inquiéter des chercheurs plus discrets.

Pour en savoir plus
Center for the Mind http://www.centreforthemind.com/whoweare/index.cfm
Article de BBC News, Fragments of genius http://news.bbc.co.uk/1/hi/health/1211299.stm  L'image ci-dessus du lobe temporal gauche est tirée
 de cet article.

Sur la TMS, voir par exemple http://www.musc.edu/tmsmirror/intro/layintro.html ou http://www.psycom.net/depression.central.transcranial.html


L'American Association for Artificial Intelligence
JPB 23/06/03

Pour ceux qui veulent disposer d'informations précises et récentes sur les communautés IA aux Etats-Unis, une solution simple consiste à visiter le site de l'American Association for Artificial Intelligence, voire en devenir membre. L'Association publie régulièrement différents documents dont un magazine, AI Magazine, réservé aux membres. On pourra comparer cet organisme avec son homologue français, l'AFIA.

Pour en savoir plus
AAAI: http://www.aaai.org/Magazine/magazine.html (ne pas confondre avec l'AAAA français, qui s'intéresse aux andouilles)
AFIA: http://www.afia.polytechnique.fr/


Open Mind Commonsense Project
JPB 23/06/03

Dans son livre L'esprit , cela ne marche pas comme çà, Fodor raillait l'Intelligence Artificielle, incapable selon lui de fabriquer des robots ayant la moindre connaissance utile sur le monde, sans programmation préalable: savoir par exemple que l'eau mouille. Cette critique a été reprise plusieurs fois par Marvin Minsky (voir notamment Wired ci-dessous). Finalement le Media Laboratory du MIT a décidé de relever le défi, avec semble-t-il l'appui moral de Laboratoire d'IA du même MIT, dirigé par Rodney Brooks, avec lequel il est en train de fusionner. L'idée est de rassembler dans une vaste base de données un très grand nombre (527.308 ) de jugements simples et de bon sens, tel que "Le ciel bleu accompagne le beau temps" ou "Les gens ne marchent pas avec leur tête". Ceux qui s'intéressent à ce projet sont invités à déposer leurs contributions sur le site Open Mind (cf. ci-dessous). Les jugements les plus diversifiées, représentants les cultures les moins connues, feront aussi l'affaire, dès lors qu'elles exprimeront le bon sens populaire de ces cultures. Le nombre de ces jugements devrait passer de 0,5 million actuellement à 1 puis 100 millions. Alors seulement les promoteurs du projet espèrent en extraire un bon sens artificiel utilisable par un ordinateur. On sait que la base de jugements Cyc (http://www.cyc.com/) avait entrepris le même travail, mais ne semble pas en avoir tiré grand chose de bien révolutionnaire.  C'est que se pose la question de l'intégration de tous ces jugements de bon sens dans un ordinateur capable d'en extraire des synthèses immédiates, du type de savoir s'il fut prendre un parapluie quand il pleut. On reste dans le domaine des systèmes-experts et des moteurs de recherche, dont on connaît les limites.

Pour Ray Kurzweil, qui rejoint en cela Fodor, tout ceci n'aboutira pas tant que l'on ne connaîtra pas mieux le fonctionnement du cerveau. La puissance de calcul à elle seule ne suffira pas. Les défenseurs de l'IA évolutionnaire (dont nous nous honorons d'être) rappellent que plutôt qu'insuffler à grand frais du bon sens dans un système, mieux vaut lui laisser apprendre ce bon sens en interaction avec son monde. Si un robot tombe d'une table faute d'avoir identifié le bord, peut-être apprendra-t-il ce qu'est le haut et le bas(1).  Mais le Media Lab ne se décourage pas pour autant, espérant que dans l'intervalle des progrès incrémentiels feront apparaître des solutions inattendues, permettant d'utiliser efficacement sa base. A votre bon sens donc, si vous estimez que ce projet n'est pas futile.

1) Sans prétendre traiter ici ce vaste problème, abordé par notre article sur Fodor, rappelons les débats relatifs à l'acquisition du langage et autres connaissances pratiques par l'enfant. On admet aujourd'hui que celui-ci dispose d'un minimum de cadres hérités génétiquement, qui lui permettent dès sa naissance, sinon avant, de s'orienter dans son monde. Mais l'expérience que l'enfant acquiert après sa naissance lui apporte les contenus spécifiques qui rempliront ces cadres. Encore faut-il pour cela que l'enfant soit immergé dans un environnement suffisamment stimulant.

Pour en savoir plus
Article fondateur de Push Singh, du MIT Media Lab, publié par Ray Kurzweil, janvier 2002 http://www.kurzweilai.net/articles/art0371.html?printable=1
Article de D. Denison dans Boston.org, mai 2003  http://www.boston.com/dailyglobe2/146/business/Guess_who_s_smarter_P.shtml
Open Mind Project. Enregistrement des contributeurs http://commonsense.media.mit.edu/cgi-bin/search.cgi
Article de Wired du 13/05.03 : le jugement sévère de Marvin Minsky et les réactions des chercheurs en AI http://wired.com/news/technology/0,1282,58714,00.html


Un drone de combat français
JPB 18/06/03

photo DGALa ministre de la défense a annoncé, à l'occasion du Salon Aéronautique du Bourget, le lancement d'un programme visant à la réalisation d'un démonstrateur d'avion de combat piloté ou non, nommé "UCAV". Selon le communiqué :

"Le démonstrateur Unmanned combat aeral vehicle, drone de combat (UCAV), sera un démonstrateur technologique qui permettra de :
- maintenir les compétences là où elles existent en conception de système de combat aérien furtif ;
- proposer une solution au système de combat aérien innovante très différente des solutions existantes ;
- démontrer la capacité de l'Europe à réaliser et à faire voler une plate-forme discrète non habitée ;
- rallier les partenaires à la constitution d'une capacité technologique européenne commune autonome ;
- affiner l'expression de besoin opérationnel dans le domaine des UCAV

L'UCAV contribue à la validation des technologies nécessaires pour un futur programme de système de combat européen à l'horizon 2020. Ce programme ne sera pas forcément un UCAV, d'autres voies étant explorées, notamment l'avion piloté. Le démonstrateur permet, dans cette optique, d'explorer tant sur le plan technique qu'opérationnel les implications de l'absence de pilote à bord d'un système de combat aérien. Les résultats de cette démonstration pourront servir pour de nouveaux avions de combat pilotés.

Le programme de démonstration s'appuie sur une plate-forme de taille réduite (3 à 4 tonnes de masse à vide, emport de deux bombes de 250 kilos guidées) et permettra une avancée significative en matière de discrétion et d'intégration d'un système aérien dans l'Intranet du champ de bataille.

Le maître d'ouvrage de l'UCAV est le service des programmes aéronautiques de la délégation générale pour l'armement (DGA). La maîtrise d'œuvre est confiée à Dassault Aviation. Thalès sera associé à cette démonstration. Le coût du démonstrateur est de 300 M€. Le premier vol est prévu pour 2008."

Serge Dassault qui a déploré (non sans raisons) sur toutes les antennes, lors du Salon, le manque d'intérêt des Pouvoirs Publics pour un avion européen construit autour du Rafale, devrait être un peu rasséréné. En fait, ce devrait être de véritables flottes de drones qu'il faudrait mettre en oeuvre, dotés de toutes les capacités d'Intelligence Artificielle les rendant à la fois fiables et autonomes.

Le besoin se fait impérieusement sentir. Le Pentagone, suite aux succès rencontrés par ces engins lors de la guerre d'Irak, vient d'annoncer d'importants programmes de drones aériens, mais aussi d'engins sans pilotes terrestres et marins. Un article de Jon Swartz, USA TODAY, expose la politique du Pentagone visant à développer le X-45 sans pilote dans le cadre d'un programme de $100 milliards par an visant à réaliser un vaste arsenal d'armes intelligentes de toutes sortes, de toutes tailles, de toutes fonctionnalités et de tous champs de bataille. Ces robots opéreront en liaison avec des fantassins dotés d'équipement de suivi et pilotage de plus en plus efficaces et légers. Boeing est co-maître d'oeuvre du programme X-45. L'administration américaine espère de nombreuses retombées civiles de toutes les technologies qui seront mises au point. On le comprend sans peine.

Pour en savoir plus
Horizon 2008. Le communiqué français http://www.defense.gouv.fr/actualites/publications/defactu/n152/officiel.html
Article de USA TODAY: New breed of robots, gizmos take war to next level http://www.usatoday.com/money/industries/technology/2003-05-12-robotwars_x.htm


Les DIVAs intelligentes
JPB 18/06/03

projet AtonVoici une nouvelle sorte de solutions que met au point le Pentagone pour lutter contre le terrorisme. On est loin de l'opéra. Il s'agit de réseaux de petites caméras capables de scruter les foules dans des environnements encombrés (un compartiment de chemin de fer par exemple), identifier les comportements suspects, suivre et signaler les présumés fauteurs de trouble.
600.000 $ ont été alloués au Computer Vision and Robotics Research Laboratory (CVRR) de l'Université de California à San Diego pour conduire ce projet, qui devrait être présenté en 2004. Les caméras se comporteront en agents communicants et intelligents regroupés en un réseau plus ou moins dense, difficilement détectable.

Initialement, ce système faisait partie d'un projet dédié à la surveillance des accidents dans les lieux publics, le projet Aton. Un groupe de lutte anti-terrorisme travaillant pour les agences fédérales de sécurité, le Technical Support Working Group, a décidé d'en faire un instrument contre le terrorisme. Des technologies sophistiquées de reconnaissance d'image, notamment pour l'identification des visages, seront développées à cette occasion.

Les organismes américains défendant les libertés individuelles ont commencé à s'inquiéter des dérives possibles d'un tel projet, ou simplement des erreurs de diagnostic que les DIVA ne manqueront pas de faire.

Mais l'idée est intéressante sur le plan technologique. Elle nous rapproche des futurs réseaux de robots autonomes travaillant sur le mode coopératif, qui devraient élargir considérablement les fonctions et services de la robotique. Le seul ennui est que de telles recherches soient dorénavant prises en mains ou accélérées par les militaires.

Pour en savoir plus
Article de Wired http://www.wired.com/news/technology/0,1282,59092,00.html
Le projet Aton, Autonomous Agents for On-Scene Networked Incident Management dont DIVA Distributed Interactive Video Arrays sera une application http://cvrr.ucsd.edu/aton/
Autres projets du CVRR http://cvrr.ucsd.edu/projects.html


Construire un missile de croisière dans son jardin
JPB 18/06/03

cruise missileLe New-Zélandais Bruce Simpson a décidé de construire un missile de croisière chez lui en utilisant des matériaux du marché et les informations disponibles sur le web. Le prototype devrait lui coûter moins de 5.000 $ (carburant non compris, I guess). Son idée est de démontrer aux gouvernements que n'importe quel terroriste pourrait faire de même. Nous n'en doutions pas [voir également notre chronique du 21 avril 2000 "Brouillage des émissions satellites : consternation à l'US Air Force"], d'autant plus qu'il va publier sur son site le détail de ses travaux.

Toute politique mise à part, la démarche technologique est intéressante, et l'intérêt qu'elle semble susciter significatif. On pourrait facilement l'appliquer à la robotique, notamment dans la perspective que nous évoquerons peut-être prochainement avec certains d'entre vous: lancer un concours pour la construction d'un robot martien au niveau des lycées et collèges

Pour en savoir plus
Voir le site http://www.interestingprojects.com/cruisemissile/


Découvrir l'ordinateur quantique
JPB 18/06/03

Tout le monde suspecte que l'ordinateur quantique révolutionnera non seulement l'informatique mais notre conception du monde physique et biologique. Encore faut-il comprendre de quoi il s'agit. Le livre de George Johnson A Shortcut Through Time: The Path to a Quantum Computer , Knopf 2002 est destiné à éclairer les lecteurs ne souhaitant pas se plonger dans la mécanique quantique pour y parvenir. George Johnson est un très sérieux journaliste scientifique, travaillant notamment pour le New York Times. Nous ferons prochainement une fiche de lecture consacrée à cet ouvrage, ainsi qu'à celui de Amir D. Aczel Entanglement: The Greatest Mystery in Physics


Un nouveau laboratoire d'informatique et d'intelligence artificielle au MIT
JPB 18/06/03

Le MIT annonce la création d'un nouveau Laboratory for Computer Science and Artificial Intelligence, dont la direction a été confiée à Rodney Brooks. L'objectif est de faire disparaître la frontière entre informatique et AI, encore trop marquée dans le monde universitaire. Parmi les projets se trouvent les bio-technologies et l'informatique évolutionnaire. Nous proposerons ultérieurement des liens sur ce laboratoire quand ils apparaîtront sur le web.


L'évolution a-t-elle un but ?
JPB 18/06/03

Pour la très grande majorité des scientifiques, la réponse est négative. Néanmoins, le philosophe évolutionniste Michaël Ruse, de l'Université de Floride,  a consacré à cette question de nombreux travaux. Il vient de publier Darwin and Design. Does Evolution Have a Purpose? Harvard University Press, mai 2003.  

Le langage courant perçoit les produits de l'évolution biologique comme répondant à un but, ou dessein finalisé: l'oeil, la nageoire, le cerveau lui-même. Cette persistence a-t-elle des raisons qui pourraient être compatible avec le darwinisme, lui-même adapté aux nouvelles formes de connaissance. Le livre présente l'histoire des théories sur le dessein finalisé ou "intelligent" , depuis les grecs jusqu'à nos jours. Il suggère de nouvelles directions permettant de traiter cette question à la lumière des perspectives de la science du 21e siècle. Il pose à nouveau ce faisant la question des rapports entre la science et la religion. Le concept d'un "intelligent design creationism", résultant de la sélection naturelle et non d'une intervention divine, est présenté.

Les évolutionnistes n'aiment pas trop entendre parler de créationnisme, même si c'est pour le relire à la lumière de la sélection naturelle. Il reste qu'en Europe même, certains commencent à imaginer des facteurs naturels qui orienteraient et renforceraient l'évolution dans le sens des voies initialement apparues. Nous avons ici-même signalé l'hypothèse, parmi d'autres, du Dr JohnJoe Mac Fadden (Quantum Evolution, a new theorie of life) qui pense trouver la réponse à l'interface entre le monde biologique et le monde quantique (voir http://www.automatesintelligents.com/interviews/2002/mai/mcfadden.html).

Pour en savoir plus
Sur Michaël Ruse, voir http://www.uoguelph.ca/philosophy/Ruse.html


Le gouvernement britannique évalue les perspectives des nanotechnologies
JPB 18/06/03

Le gouvernement britannique a commissionné la Royal Society (équivalent de notre Académie des Sciences) et la Royal Academy of Engineering pour produire un rapport examinant en détail les bénéfices et risques des nanotechnologies.

L'étude doit
- présenter le l'état des lieux scientifiques et technologiques sur la question
- identifier les applications actuelles et potentielles ainsi que les champs concernés,
- étudier les questions environnementales, de sécurité et santé publique, éthiques et sociales impliquées
- suggérer les réglementations pouvant éventuellement être envisagées.
On sait que Tony Blair s'était ému de voir le Prince Charles attirer récemment l'attention sur les risques des nanotechs, au risque de contredire la politique de développement et de financement mise en place par le gouvernement. On peut espérer que ce rapport substituera aux approches émotionnelles des vues plus objectives. Il sera d'un grand intérêt pour la France où de telles questions sont encore peu discutées par les milieux politiques.

Trois milliards de $ auraient été investi dans le monde en 2002 dans ce secteur. Le marché pourrait atteindre 1.000 milliards en 2012. Certains y voient un eldorado, d'autres dénoncent les risques d'une nouvelle bulle financière. Le rapport de la Royal Society éclairera peut-être les perspectives.

Pour en savoir plus
Communiqué de presse http://www.eurekalert.org/pub_releases/2003-06/bis-nus061203.php
Article de Money Telegraph en date du 15/06  http://www.telegraph.co.uk/money/......ixcoms.html


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