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Revue n° 42
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Actualités
 

Frank Ryan : Darwin's black spot
JPB 26/03/03

ryanLe Dr Frank Ryan est un biologiste et médecin britannique. Il a écrit divers ouvrages sur la lutte contre les maladies contagieuses. Son dernier livre, Darwin's blind spot, met l'accent sur la symbiose ou coopération, plus importante à ses yeux que la compétition darwinienne et la survie du mieux adapté pour expliquer l'évolution. Il montre par de nombreux exemples comment la coopération a permis des sauts évolutifs considérables, par exemple entre fleurs et insectes. Mais au-delà de ces exemples connus, il rappelle le rôle de la symbiose dans l'apparition des premières bactéries (par exemple les bactéries aérobies) et des premières cellules, résultant de la coopération d'organites biologiques plus simples. Il évoque aussi des hypothèses plus controversées suggérant que ce fut la symbiose entre virus qui a contribué à l'apparition des mammifères et des hommes. Au sein des sociétés humaines la coopération est au moins sinon plus importante que la compétition darwinienne pour expliquer la structuration sociale.

Ces points de vue ont été développés par d'autres auteurs depuis quelques années, par exemple Howard Bloom. Mais à notre avis, la mise en évidence du rôle de la symbiose ne remet pas en cause le principe de base de la compétition darwinienne. C'est toujours le plus adapté qui survit, dut-il pour cela s'allier à d'autres. Ce qui est remis en cause sont les vues réductrices du darwinisme, selon laquelle les faibles sont systématiquement éliminés, au terme d'inévitables combats pour la survie. Elles ont entraîné les excès du darwinisme social et de l'eugénisme, mais elles ne sont guère admises aujourd'hui par les gens sérieux.

Pour en savoir plus
Autres ouvrages de Frank Ryan http://www.twbookmark.com/authors/40/238/


Le robot vacher
JPB 26/03/03

Robot laitier  - Photo : IceRoboticsLe NESTA (National Endowment for Science, Technology and the Arts), créé en Grande Bretagne par un Act of Parliament de 1998, a pour objet de financer les projets innovants. Il s'intéresse actuellement à un robot susceptible de traire les vaches en utilisant le bio-mimétisme, c'est-à-dire en se comportant comme un veau, tant en ce qui concerne les heures, intervalles entre tétées et comportements du jeune animal. La vache n'est pas dépaysée, donne plus de lait...du fait que son instinct maternel n'est pas trop frustré. Avantage essentiel pour l'éleveur: sa présence à l'étable peut être sensiblement allégée. C'est la firme IceRobotics qui développe cet intéressant prototype bionique.  Il est facile d'envisager de nombreuses autres applications (sic) à cette intéressante innovation, selon ses promoteurs (communiqué par Martin Jouanneau jouanneau@ftpresse.fr, que nous remercions)

Pour en savoir plus
NESTA: http://www.nesta.org.uk/  Ce serait bien d'avoir cela en France, non ?
IceRobotics http://www.icerobotics.co.uk/  Même remarque que ci-dessus.


Mission martienne pour l'ESA en 2009 ?
CJ 24/03/03

L'Agence spatiale européenne (ESA) envisage de lancer une mission inhabitée sur Mars en 2009 afin de déterminer si la vie a un jour existé sur cette planète rouge. Selon Jorge Vago, responsable scientifique de cette mission d'exobiologie baptisée ExoMars*, il s'agirait de larguer à la surface de la planète un module de descente et un robot mobile autonome alimenté à l'énergie solaire. Equipé d'un dispositif de forage et de prélèvement d'échantillons, ce petit véhicule "à haute capacité de franchissement" consacrera plusieurs mois à explorer un terrain inhospitalier et à analyser le sol de certains sites susceptibles d'avoir abrité des formes de vie martienne primitives.

La charge utile Pasteur embarquée sur le robot est l'un des éléments essentiel qui conditionnera le succès de cette mission scientifique. Il se présente sous la forme d'un ensemble complet d'instruments chargés d'analyser l'environnement biologique de Mars. Afin d'être prête pour un lancement en 2009, l'ESA commence dès à présent à définir les expériences qui constitueront la charge utile.

A cet effet, le bureau du programme Aurora a lancé un appel à idées auprès de la communauté scientifique. L’objectif est notamment de favoriser une coopération internationale entre équipes scientifiques pluridisciplinaires et d’éviter les projets faisant double emploi.

*Mission qui s'inscrit dans le cadre du programme à long terme Aurora de l'agence, visant à préparer les futures missions habitées.

Pour en savoir plus
Communiqué de presse de l'ESA : http://www.esa.int/export/esaCP/Pr_18_2003_p_FR.html
Appel à idées : http://spaceflight.esa.int/users/file.cfm?filename=coord-ao-exomars
Programme Aurora : http://www.esa.int/export/esaMI/Aurora/
voir aussi : http://www.astrosurf.com/planete-mars/esa/p_aurora.html
Contact
Dr Jorge Vago Jorge.Vago@esa.int


Les hypothèses quantiques relatives à la conscience
JPB 17/03/03

Malgré les moqueries proférées à l'égard des hypothèses quantiques suceptibles d'expliquer les faits de conscience (c'est expliquer quelque chose d'incompréhensible par quelle chose qui l'est encore plus), les travaux se poursuivent. A preuve ce séminiare qui vient de se tenir à Tucson , Arizona; sur les thèmes suivants:
- modèles quantiques de la conscience
- la science de l'information quantique
- cohérence, décohérence et correction des erreurs
- dynamiques des protéines, des cytosquelettes et de l'ADN
- physique et perception du temps
- théories quantiques de l'esprit et sciences sociales
- mémoire associative quantique

Espérons que le chercheur John Joe Mac Fadden a pu assister à ce séminaire. Les collaborateurs de Ray Kurzweil, de toutes façons, se proposent d'en faire un compte-rendu sur leur site.

Sur la mécanique quantique et ses mystères, et plus particulièrement la superposition quantique, on peut signaler un ouvrage récent de Amir D. Aczel, Entanglement, the greatest mystery in physics, ed. 4 walls, 8 windows. Bien que physicien, l'auteur s'intéresse à différents aspects ésotériques des sciences, qui le feront peut-être suspecter de manquer de sérieux. Nous vous dirons deux mots de ce livre ultérieurement.


Un hippocampe artificiel
JPB 17/03/2003

Il ne s'agit pas du petit poisson (espèce d'ailleurs menacée d'extinction aujourd'hui) mais de cette partie du cerveau responsable du codage et du stockage des informations constituant la mémoire à long terme. Un article de NewScientist en date du 15 mars 2003, p. 4, précise de quoi il s'agit. L'hippocampe est la partie la mieux ordonnée et la mieux étudiée du cerveau. Néanmoins on ne sait pas exactement comment il fonctionne. Une recherche menée par le Pr. Theodore Berger, de l'University of Southern California à Los Angeles, US, vise à réaliser une puce électronique qui simulera les fonctions de cet organe et pourra être implantée dans le cerveau de patients dont l'hippocampe aurait été détruit et qui auraient de ce fait perdu la mémoire. Pour le moment, l'expérience se déroule in vitro sur des " tranches " d'hippocampe prélevées sur des rats. On stimule celles-ci par des impulsions électriques en entrée et on observe les impulsions en sortie. Il est possible ensuite de construire un modèle mathématique des traitements réalisés par les neurones de la tranche, et de construire une puce électronique réalisant les mêmes fonctions. L'implantation de la puce, convenablement connectée aux nerfs d'entrée et aux nerfs de sortie de l'hippocampe dans le cerveau, permettra de le court-circuiter.

On retrouve là sous une forme un peu différente une des grandes idées de Ray Kurzweil, selon laquelle il sera possible dans l'avenir de scanner des cerveaux entiers et de les transférer sur les ordinateurs hyper-puissants de demain. Mais les chercheurs américains n'en sont pas là pour le moment, on le devine. Il leur a fallu 10 ans pour développer la puce, qu'ils vont tester prochainement sur des rats puis sur des singes. Ils étudieront les changements en résultant dans le comportement des animaux, du fait des altérations de la mémoire ainsi produites.

D'ores et déjà d'autres scientifiques objectent pour des questions éthiques faciles à imaginer à la poursuite de telles recherches, même si elles sont encore loin d'avoir abouti. On est sur la voie des prothèses cérébrales humaines, dans des domaines affectant la mémoire à long terme, c'est-à-dire la personnalité profonde des sujets. On pourra, disent les promoteurs de la recherche, utiliser de telles prothèses pour lutter contre les conséquences de maladies dégénératives du cerveau ou d'accidents. Mais quand on constate que parmi les bailleurs de fonds de la recherche se trouvent outre la National Science Foundation l'Office of Naval Research et la Darpa, on ne peut qu'être attentif. Dans leur frénésie actuelle de course à l'armement, on imagine très bien que les institutions américaines précitées envisagent que de telles techniques - au cas où elles réussiraient - permettraient de reprogrammer le comportement des représentants de l'Axe du Mal, les prisonniers de Guantanamo, par exemple. Nous ne voulons pas dire qu'il faudrait militer pour arrêter ces expériences, qui seront d'un intérêt scientifique considérable. Mais il ne faudrait pas laisser les Etats-Unis seuls en charge de leur développement et de leur évaluation

Pour en savoir plus
Pr. Theodore Berger. Home page : http://www.usc.edu/dept/biomed/faculty/berger.html
Sur le même sujet, voir aussi http://news.bbc.co.uk/1/hi/health/2843099.stm


Economie de l'hydrogène
JPB 17/03/03

Wired vient de publier un long article de deux experts en stratégie industrielle et en économie de l'hydrogène, responsables de la firme Global Business Network : Peter Schwartz (peter_schwartz@gbn.com) et Doug Randall (doug_randall@gbn.com) . Il faut les considérer comme des représentants d'un lobby qui commence à se faire entendre aux Etats-Unis, celui de l'hydrogène, mais cela ne retire rien à la pertinence, selon nous, de leur propos. L'article vise à montrer qu'un investissement public de 100 milliards de dollars en 10 ans pourrait libérer définitivement l'économie américaine de sa dépendance au pétrole. Celle-ci ne cessera de s'accroître dans les prochaines décennies, obligeant l'Amérique à augmenter sa pression sur les pays producteurs, sans pour autant améliorer en rien sa compétitivité industrielle. L'article est particulièrement bien venu ces jours-ci, quand on sait que le gouvernement américain va dépenser la même somme, soit au moins 100 milliards de dollars, pour mener la campagne en Irak et plus généralement mettre la main sur les réserves de pétrole du Moyen -Orient. Ceux qui comme nous pensent que tous les investissements stratégiques dans les technologies et industries nouvelles supposent un engagement massif des Etats se réjouiront de voir un tel article proposé dans le pays de la libre-entreprise.

L'article énumère les 5 types d'actions qu'il faudra mener en 10 ans pour aboutir à remplacer environ la moitié de l'essence carburant par de l'hydrogène. Il ne cache pas les difficultés, mais, comme les auteurs le signalent, celles-ci sont uniquement de type technologique. Elles ne supposent pas de réponses de type scientifique. Or résoudre les difficultés technologiques n'est qu'une affaire d'argent. Un point devrait particulièrement intéresser les milieux nucléaires européens, c'est l'accent mis sur le rôle que pourrait jouer dans la production d'énergie électrique nécessaire à la production d'hydrogène, les réacteurs nucléaires de nouvelle génération du type de celui de Koeberg, en Afrique du Sud (dont, avouons-le, nous ignorions l'existence jusqu'à ce jour). Mais les autres formes d'énergie renouvelables seront aussi mises à contribution.

On peut se demander si G.W. Bush, à qui ce discours s'adresse, changera de tout au tout sa politique de course au pétrole, quels qu'en soient les coûts humains et diplomatiques à payer. Mais si ce n 'est pas le cas, c'est en Europe que les nouvelles stratégies autour de l'hydrogène devraient recueillir leurs meilleurs soutiens. L'Europe est plus riche qu'on ne le dit et pourrait facilement trouver 100 milliards d'euros pour conduire sa propre politique en ce domaine, d'ici 2015.

Pour en savoir plus
L'article de Wired : http://www.wired.com/wired/archive/11.04/hydrogen_pr.html
Global Business Network : http://www.gbn.org/  (à visiter)
La nouvelle technologie nucléaire, selon les responsables du réacteur sud-africain de Koeberg : http://www.esi.co.za/last/ESI32000/ESI32000_029_1.htm


Véhicules Autonomes
JPB 17/03/03

darpaLa DARPA, Agence de recherche du ministère américain de la défense, vient de lancer un concours pour la réalisation d'un véhicule autonome capable d'accomplir seul un raid de 250 milles sur un terrain non balisé à l'avance.  Les soumissionnaires sont libres de faire appel à toutes les solutions en matière de robotique et d'intelligence artificielle qu'ils jugeront pertinentes. Les prototypes devraient être opérationnels pour mars 2004. Trop tard pour l'Iraq, sans doute, mais en ligne pour... pour où en fait ?

Pour en savoir plus
L'annonce de la DARPA : www.darpa.mil/grandchallenge
Article de Autoweek online


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