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Revue n° 41
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Document
Recommandations de scientifiques américains au président Bush
résumé et traduit de Edge par Jean-Paul Baquiast
30/01/03

John Brockman, qui est l'éditeur de Edge, le site bien connu consacré aux sciences et aux politiques scientifiques, a demandé à un certain nombre de chercheurs et écrivains scientifiques ce qu'ils recommanderaient en priorité au Président Bush s'ils étaient nommés Conseiller scientifique auprès de lui. L'exercice est intéressant et mériterait d'être repris en Europe un jour. Certains de nos lecteurs verront dans ce document l'expression quasi naïve du lobby scientifique, plus que jamais en quête de crédits et de crédibilité. Ce n'est pas notre point de vue. La profondeur et la diversité des opinions et propositions est assez stupéfiante. Nous avons là l'exemple vivant d'une Amérique telle que l'aiment tous les démocrates du monde, un peu messianique, un peu rapide aussi, mais confiante en la science et en la démocratie.. Nous souhaiterons entendre les scientifiques européens  afficher publiquement de telles ambitions.

Edge publie sur son site les propositions des chercheurs consultés. Il serait indispensable de méditer ce rapport, que l'on s'intéresse au développement des sciences en général ou aux perspectives des politiques scientifiques. On le trouve, en anglais, à l'adresse http://www.edge.org/q2003/question03_print.html? Nous en donnons ici un résumé rapide en français, destiné à un public non spécialiste. Ce résumé néglige par la force des choses les subtilités de la pensée des contributeurs. Dans certains cas, nous avons ajouté un court commentaire aux propositions  qui paraissaient le justifier. On trouve sur le site de Edge ci-dessus, toutes les références biographiques et bibliographiques des intervenants. Le moins que l'on puisse dire est qu'ils ont beaucoup écrit pour le grand public.

La question posée était exactement : "What are the pressing scientific issues for the nation and the world, and what is your advice on how I can begin to deal with them?" JPB

Philip Brockman, physicien qui vient de prendre sa retraite de la Nasa
Il déplore le manque d'horizon à long terme des recherches scientifiques et l'obsession d'une rentabilité à deux ans qu'imposent les entreprises. L'Etat fédéral ne joue plus son rôle régalien au service de l'intérêt général.

George Smoot, professeur de physique à Berkeley
Il rappelle que les progrès de la science et ceux de la société sont étroitement mêlés. Il ne faut en aucun cas ralentir les recherches sous prétexte des risques de détournement qu'elles peuvent entraîner. Il faut au contraire les développer et les appliquer à remédier aux diverses causes qui provoquent la violence et la guerre, notamment dans le tiers-monde. Les dépenses militaires ne peuvent suffire.

John McWhorter, linguiste à Berkeley
Il déplore le manque d'intérêt général du système universitaire et de la société pour les langues étrangères. Concrètement cela se traduit par le fait que les Américains sont incapables de comprendre et parler l'arabe courant, moins encore de déchiffrer des messages cryptés.

Sherry Turkle, directeur de recherche au MIT
Elle regrette le manque de présence des femmes dans les métiers scientifiques et technologiques émergents, dont découle une insuffisance grave des effectifs d'étudiantes dans ces domaines. La société ne privilégie pas les sciences dans les carrières féminines.

Gregory Benford, professeur de physique à l'Université de Californie, Irvine
Il recommande, plutôt que chercher à limiter directement les émissions de gaz à effets de serre, d'étudier des méthodes globales permettant de lutter contre le réchauffement. Commentaire : c'est une idée défendue aux Etats-Unis, qui ne convainc pas les Européens. Surtout quand on lit qu'il faudrait peindre les routes en blanc et augmenter artificiellement la nébulosité au dessus des tropiques, pour accroître la réflexion solaire.

Vera John Steiner, professeur à l'Université du Nouveau Mexique
Elle regrette l'absence d'études interdisciplinaires permettant de comprendre et traiter les sources de la violence individuelle et sociale, aussi bien d'ailleurs chez les Américains que chez les terroristes. Aborder ces phénomènes dans le cadre de cultures scientifiques étroitement bornées ne peut que conduire à l'échec.

Paul MacCready, président de Aerovironment Inc.
Il déplore la courte vue consistant à poursuivre l'exploitation des ressources fossiles non-renouvables, au lieu d'investir massivement dans les énergies renouvelables.

Margaret Wertheim, écrivain scientifique
Elle reproche à la communauté scientifique d'avoir oublié de s'adresser au grand public afin de l'intéresser aux enjeux de la science, ce qui a laissé s'installer la peur ou le désintérêt que l'on constate aujourd'hui.

Ian Wilmut, professeur de génétique
Il rappelle que seule les recherches sur les cellules souches et le clonage thérapeutique permettront de faire avancer les connaissances dans des domaines essentiels à l'amélioration de la médecine. Commentaire : ce point de vue, qui critique les interdits mis à ces recherches aux Etats-Unis, est bon à rappeler en France à un moment où le Sénat vient de condamner (28/01/03) dans le projet de loi sur la bio-éthique, les recherches dans ces mêmes domaines - à l'indignation de la plupart des chercheurs français.

Craig Venter, président du Center for the Advancement of Genomics
Il dit exactement la même chose, en élargissant le propos à toutes les études sur les génomes et la vie en général. Commentaire : ce point de vue n'a rien d'étonnant, de la part de son auteur. Mais on aurait aimé voir poser la question de l'appropriation capitaliste exclusive des résultats de telles recherches.

Steven Pinker, cogniticien et linguiste au MIT
Il regrette que les études portant sur les fonctions du cerveau mobilisées par l'apprentissage ne soient pas assez développées. Plus généralement, écrit-il, on n'étudie pas assez les techniques éducatives et la façon d'obtenir des étudiants une approche rationaliste et constructiviste du monde, plutôt qu'idéologique.

Ray Kurzweil, ingénieur et philosophe des sciences
Il présente trois recommandations :
- ne pas gêner les recherches concernant les biotechnologies par les nombreuses obligations légales qui leur sont imposées, alors que les bio-terroristes ont toute faculté d'innover. La défense doit aller plus vite que l'attaque.
- Augmenter les crédits relatifs à l'utilisation thérapeutique des cellules-souches provenant de cellules-adultes, afin de dépasser les controverses liées aux cellules-souches embryonnaires. Commentaire : les cellules souches embryonnaires obtenues par clonage thérapeutique permettent en principe de comporter des facteurs génétiques implantés, qui ne sont pas présents dans toutes les cellules adultes.
- Accélérer les recherches concernant les micro-piles à hydrogène, utilisant des MEMS (micro-electronic mechanical systems), à partir de méthanol, qui trouveront d'innombrables usages, notamment dans tous les matériels ou micro-matériels portables.

Gion Segre, professeur de physique, université de Pennsylvanie
On découvre de plus en plus la globalité et l'interdisciplinarité des découvertes, qui permet d'obtenir des vues profondément nouvelles sur l'univers et son évolution. Il faut étendre les recherches sur la biologie du développement, non seulement à l'ensemble du vivant mais à l'étude des origines de l'univers depuis le Big Bang. Beaucoup de "petites" choses échappent encore, que ces études permettraient de faire apparaître. Notre vision du monde en serait bouleversée. Commentaire : ce point de vue rejoint celui de Lee Smolin, relatif à l'univers évolutionnaire.

Stephen Schneider, professeur de biologie, Stanford
Il faut élever considérablement les compétences scientifiques du public, mais aussi des décideurs de toutes sortes. Sinon, la démocratie, qui donne la parole à la majorité, conduit celle-ci à des erreurs graves de jugement. La compétence scientifique ne porte pas seulement sur la connaissance des faits, mais sur la compréhension du processus complexe selon laquelle la science se construit. La volonté systématique des médias de donner la parole de façon "équilibrée" aux adversaires de la sciences face aux scientifiques, met ceux-ci en difficulté, et la démocratie avec eux. Ainsi, les débats ou forums sur les questions majeures, telle la préservation de l'environnement, ne peuvent viser à donner d'égales temps de paroles à toutes les thèses, y compris les plus extrêmes. La "base de références" à partir de laquelle les politiques prennent leurs décisions en serait polluée. Il faudrait se limiter à l'approche scientifique consistant à évaluer ce qui risque de se produire et les chances pour que telle ou telle hypothèse se réalise. Commentaire : ceci a été évident lors des débats organisés par la télévision en France, concernant le clonage reproductif, mettant à "égalité" sur les plateaux des illuminés sectaires et des scientifiques reconnus. Bernard Kouchner a été le seul à s'indigner du procédé et à refuser de discuter.

Olivier Morton, écrivain scientifique
Les Etats-Unis devraient concentrer les recherches sur les objectifs concrets visant à l'amélioration de la santé publique dans les pays du Tiers-monde. Cela ne présente guère d'intérêt stratégique visible, n'améliorera pas les systèmes d'armes, mais fera progresser sur de nombreux points l'état sanitaire de milliards de gens, sauvera de la mort des centaines de millions d'autres. L'hypothétique amélioration de leurs niveaux de vie ne suppléera pas à des recherches bio-médicales en situation, attaquant les maladies à la base. Pour cela, il faut de l'argent. Les 8 milliards de dollars de l'aide américaine au Tiers-monde ne représentent qu'1% du budget américain de la santé. Avant de se préoccuper du futur, il faut se préoccuper du présent
[Avis tiré d'un rapport à la Commission on Macroeconomics and Health de la World Health Organisation (OMS) : "Improving the Health of the Global Poor", Prabhat Jha et al, Science 295 2036-2039, March 15 2002].

Rodney Brooks, MIT.
Dans l'état général de phobie à l'égard du monde musulman, il serait très important de renforcer l'ouverture des laboratoires, en affectant 1 milliard de dollars à des bourses permettant à des étudiants musulmans de venir étudier les sciences aux Etats-Unis . Il faudra dans le même temps cesser de traiter ces étudiants comme des terroristes potentiels, comme c'est le cas souvent aujourd'hui.

Seth Lloyd, professeur de mécanique quantique, MIT
Ce n'est pas l'excès d'ouverture mais l'excès de secret qui a provoqué indirectement les attentats terroristes du 9/11. La science ne peut progresser que dans l'ouverture la plus complète des recherches et des débats. Les mesures décidées actuellement pour renforcer la confidentialité des recherches (censure des publications) auront des conséquence grave sur le développement démocratique des sciences. Le Président Bush ne doit pas s'inscrire dans l'histoire comme le "Texan qui a fermé les frontières de la connaissance".

Denis Dutton, éditeur, Nouvelle Zélande
Un conseiller scientifique auprès du Président doit garder en mémoire les nombreuses prédictions erronées faites par les scientifiques, ne fut-ce que dans les 50 dernières année. Commentaire : on ne voit pas bien l'intérêt d'un tel avis, sinon déconsidérer un peu plus les scientifiques. Il faut se limiter à rappeler qu'ils peuvent, eux-aussi, se tromper.

Freman Dyson, professeur de physique, ER, Princeton
Il donne un premier conseil, pratique : recourir à l'avis des pairs (peer-review) dans l'attribution des crédits condamne tous les projets et équipements se situant à la frontière de deux ou trois disciplines. Un exemple : le refus de financer des détecteurs souterrains de particules encore non identifiées, comme cela se fait en Europe et au Japon. Toutes les disciplines souffrent de ce système de peer-review.
Un second conseil, d'ordre général : il faut lancer pour les 50 prochaines années un projet de séquencement de l'ensemble des génomes du vivant, sur le modèle du Projet Génome Humain, avec des outils évolués permettant de réaliser le décryptage de la biosphère à des coûts analogues à ceux de ce dernier projet. D'innombrables retombées pourront en découler, permettant de mieux utiliser l'énergie solaire (chlorophylle par exemple) stabiliser le climat et l'atmosphère, soigner aussi bien les humains que la planète.

Philip Campbell, rédacteur en chef du journal Nature
Le Président Bush a montré de l'intérêt pour les travaux des National Institutes of Health et de la National Science Foundation. C'est bien, mais il pourrait faire plus et apporter sa marque à ces recherches en augmentant les moyens affectés aux travaux sur la malaria, dont les conséquences humaines sont considérables. La revue Nature a publié le génome du parasite (Plasmodium Falciparum) mais la connaissance de celui-ci ne suffit pas. Il faut maintenant réaliser de nombreux travaux tirant partie de cette connaissance (post-génomics). L'allocation d'au moins $300 millions aux NIH permettraient de progresser dans cette voie.

Kevin Kelly, éditeur (Wired)
La science souffre d'avoir été mise en tutelle par la mentalité du profit à court terme. L'Etat devrait relancer 3 objectifs globaux :
- Privilégier les recherches à long terme : climat, environnement, santé, biologie, sciences sociales
- Encourager une connaissance globale de la Terre, sous tous ses aspects. On peut considérer qu'actuellement, c'est à peine 5% de ce que l'on pourrait découvrir des secrets du globe qui a été obtenu.
- Financer des Centres de recherche interdisciplinaires à long terme (Blue sky research). Ils sont indispensables pour faire émerger de nouvelles hypothèses.

Lawrence Brilliant, expert auprès de l'OMS
Il est inutile, compte-tenu des risques, de vacciner préventivement la population contre la variole, dès lors que l'on dispose d'assez de vaccin disponible en cas d'épidémie déclarée.

Mihaly Csikszentmihalyi, professeur de gestion, Claremont Graduate University
Les sciences ne doivent pas être tenues responsables des désastres technologiques provoquées par de mauvais usages, mais les scientifiques ne peuvent se limiter à leurs domaines de recherche sans s'intéresser aux applications sociales de celles-ci. Il conseille la création d'un Bureau national pour l'avancement de la science auprès de la Présidence, composé de personnalités d'origines diverses ayant montré leur attachement à l'avenir de l'humanité. Ce Bureau allouerait des fonds à des projets importants pour la survie et le bien-être collectif. Aujourd'hui, l'argent va seulement aux projets spéculatifs ou stratégiques. Laissée à elle-même, l'évolution de la science est aveugle. Elle doit être dirigée pour le bienfait de l'espèce humaine. Commentaire : ce point de vue est généreux mais un peu utopique. Comment imaginer que des personnalités qualifiées puissent échapper aux pressions intéressées dès qu'elles auraient de l'argent à distribuer.

Paul Davies, physicien
Il faut reprendre l'entreprise grandiose abandonnée après le débarquement sur la Lune. Il faut un grand projet à l'humanité, plutôt que de nouvelles dépenses militaires. Il faut que le Président Bush relance le projet esquissé par son père en 1989, aller sur Mars, si possible dans le cadre d'un programme international. Ce serait plus important que renverser Saddam Hussein.

Robert Shapiro, professeur de chimie, Université de New York
Il est urgent de protéger contre les destructions le savoir scientifique de l'humanité, tout autant que protéger les hommes. Aujourd'hui l'essentiel du savoir n'est plus dans des livres, mais dans des mémoires magnétiques. D'innombrables risques menacent ces dernières. Les mesures de sauvegarde appliquées actuellement ne sont pas au niveau du besoin. Il faut établir d'urgence des réseaux de "sanctuaires" sécurisés où les informations seront stockées. On pourrait dès maintenant, par ailleurs, envisager la construction d'une base lunaire à cet effet.

Jaron Lanier, chercheur en sciences et technologies de l'information
Il recommande au Président Bush de profiter du fait qu'il est l'homme le plus puissant du monde pour lancer d'ambitieux projets scientifiques et technologiques, seuls capables d'améliorer durablement le sort de l'humanité. Pour cela, il faut de massives initiatives publiques, conjuguant l'expérience acquise dans le projet Manhattan, le programme Apollo et les grands travaux publics de l'ère Rooseveltienne, tous des succès. Quatre domaines sont particulièrement urgents :
- En médecine, réagir à la perte d'efficacité des antibiotiques, dessaliniser l'eau de mer et purifier l'eau douce, lutter contre le sida et, surtout, relancer la recherche sur les cellules-souches et le clonage thérapeutique, malencontreusement diabolisés par les préjugés religieux. Il faut changer ces préjugés plutôt qu'y céder.
- En matière d'énergie, transport et climat, planifier l'abandon rapide du pétrole. Les informaticiens, dont l'auteur de la note, dit-il, ont rendu de mauvais services en aidant les pétroliers à optimiser les recherches de pétrole, plutôt que laisser la ressource diminuer progressivement, les prix monter et l'économie s'adapter. Aujourd'hui, il faut, non seulement multiplier les économies de pétrole, mais lancer de nouvelles filières énergétiques, dont la filière hydrogène alimentée par de l'énergie bio-chimique. Il faut développer les automobiles automatiques se regroupant en convois de type ferroviaire pour minimiser cette catastrophe que sont les accidents de la route.
- En matière de lutte contre la dégradation des climats et de la Terre, il faut, en vue d'interventions en profondeur, modéliser la Terre comme le font les Japonais, afin d'étudier les mesures de long terme ambitieuses capables d'assurer la restauration d'un environnement équilibré et durable.
- En matière de lutte contre le terrorisme, si certaines mesures de protection nécessitent une restriction des libertés publiques, il faut qu'en contrepartie les administrations et les entreprises montrent beaucoup plus de transparence, ce qui est de moins en moins le cas, alors que se développe la corruption, laquelle à son tour arme les terroristes. Une transparence absolue dans les comptes publics et privés permettra à chacun, plutôt qu'aux seuls agents fédéraux, de détecter la criminalité financière et les aides au terrorisme. Pourquoi enfin ne pas, en utilisant les technologies satellites et Internet, donner aux populations du tiers-monde, notamment aux arabophones , la possibilité d'apprendre l'anglais et de s'informer directement aux sources de la démocratie américaine.

Doyne Farmer, mathématicien du Chaos, Santa Fe Institute
L'urgence pour les Etats-Unis d'aujourd'hui n'est pas de faire plus de science, mais de mieux utiliser politiquement le savoir scientifique existant. Les mathématiques du chaos, par exemple, montrent l'imprédictibilité des évolutions climatologiques à venir. Par contre, elles peuvent affirmer que de grands changements vont se produire inéluctablement. Il faut s'y préparer par de nombreuses petites réformes, plutôt qu'attendre l'effondrement massif. La science a toujours été le fondement de la démocratie et de la puissance américaines, depuis Thomas Jefferson et Benjamin Franklin. Il faut s'en souvenir. Le peuple n'a pas besoin de baisses d'impôts pour être heureux, mais de voir la société valoriser les savoirs scientifiques dont elle dispose pour améliorer le sort des hommes et diminuer les risques.

La seconde partie du document sera publiée dans notre prochain numéro.


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