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Les automates intelligents
robotique, vie artificielle, réalité virtuelle


information, réflexion, discussion

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Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr
Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr

Revue n° 41
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Actualités

Outre les nouveautés, nous avons repris ici des rubriques qui n'avaient pu - faute de place - être publiées
dans le précédent numéro de la revue Automates-intelligents

Un robot d'intervention aurait-il pu sauver Columbia ?
JPB 26/02/02

RobonautSelon des ingénieurs de la NASA, l'utilisation de petits robots en sortie extra-véhiculaire autour des navettes ou de la Station Spatiale pourra éviter dans l'avenir des catastrophes dues à l'impossibilité d'une intervention humaine dans certaines conditions de vol spatial. Ces robots peuvent par exemple observer des dommages et éventuellement les réparer. L'un d'eux le AERCam-SPRINT (Autonomous Extra-vehicular Robotic Camera) a déjà été utilisé avec succès pour intervenir dans la soute du vol STS-87 en 1997. Plus spectaculaire est le Robonaut, robot humanoïde contrôlé à distance qui possède des mains et des bras analogues à ceux de l'homme.

Pour en savoir plus
Article de Space.com :  http://www.space.com/businesstechnology/technology/nasa_robots_030209.html
AERCam : http://spaceflight.nasa.gov/station/assembly/sprint/
Robonaut : http://vesuvius.jsc.nasa.gov/er_er/html/robonaut/robonaut.html


Looking for Spinoza
JPB 26/02/02

damasio Ce titre est celui du nouveau livre d'Antonio Damasio, directeur du laboratoire de neurologie du centre médical de l'université de l'Iowa. Nos lecteurs connaissent déjà ce chercheur éminent, qui a bouleversé les neurosciences en appelant l'attention sur le rôle des émotions dans le fonctionnement cérébral. Ses deux précédents livres, Descartes' Error et The Feeling of What Happens, ont inspiré beaucoup de travaux, notamment dans le domaine qui nous intéresse plus particulièrement ici, celui de la pensée artificielle. Damasio est ainsi fréquemment cité par Alain Cardon dans le livre qu'il vient de faire paraître "Modéliser et concevoir une machine pensante, Edition Automates-Intelligents". Dans Looking for Spinoza, Damasio montre le rôle de la joie et de la tristesse dans l'adaptation à la survie. Les mécanismes régulateurs qui en découlent sont à la base de nos plus grandes réalisations culturelles. L'auteur estime que depuis son dernier livre, les neurosciences ont suffisamment progressé pour qu'il soit possible d'identifier le " feeling brain ", la part du cerveau construisant et utilisant les émotions. Il s'appuie sur Spinoza, qu'il considère comme le précurseur de telles conceptions dans son approche des rapports entre l'esprit et le corps.

Pour en savoir plus
Antonio Damasio. Travaux : http://www.uihealthcare.com/depts/med/neurology/neurologymds/damasioa.html
Article de Harcourt :http://www.harcourtbooks.com/authorinterviews/bookinterview_damasio.asp


ITER intéresse enfin les Pouvoirs Publics
JPB 20/02/03

Lors de la 584ème séance du Comité de l'Energie Atomique, le 13 février 2003, la ministre française de la recherche a confirmé l'intérêt des Pouvoirs Publics pour le lancement du programme international ITER et l'implantation du Centre de recherche avec son réacteur en France, à Cadarache. La ministre a très bien dit : "Je veux gagner aussi parce qu'ITER est un symbole fort, qui dépasse toute la communauté scientifique. C'est celui de la réalisation, dans notre pays, d'un projet mondial. Un projet mondial qui a pour objectif de nous donner les moyens de penser à l'avenir de la planète autrement. A quoi peut-on comparer le projet ITER ? Au rêve de la conquête de l'Espace ? Au déchiffrement des énigmes du vivant ? Peut-être beaucoup plus encore." http://www.recherche.gouv.fr/discours/2003/dcomiteea.htm

Rappelons que le projet international de recherche ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) sur la fusion thermonucléaire (tritium/deutérium) vise à remplacer à échéance de 20 à 30 ans l'énergie atomique de fission par celle de fusion, beaucoup plus propre et efficace. Nous nous étions inquiétés précédemment du peu d'intérêt que les autorités semblaient manifester en France pour ce projet grandiose. Nous avions attribué cela au manque d'enthousiasme des différents lobbies de l'énergie, du pétrole à l'énergie atomique classique, en passant par les énergies renouvelables, face à un concurrent potentiellement dangereux. Il semble que les choses changent. A commencer par le choix d'un site parmi plusieurs candidats, qui posait on le conçoit beaucoup de problèmes relevant de la politique locale. Reste évidemment à trouver un accord avec les autres partenaires, notamment pour l'implantation du site définitif.

Cependant, il ne faut pas se féliciter trop vite. Il faut suivre l'avenir de cette affaire. Nous pensons avec beaucoup d'experts que, notamment, le délai affiché de 30 ans sinon plus avant d'avoir un réacteur opérationnel pourrait être diminué, si on se donnait quelques moyens supplémentaires.

Un autre problème se pose aussi aux membres initiaux du projet, les Européens, la Russie et le Japon. C'est l'arrivée de la Chine et surtout des Etats-Unis. On peut s'en féliciter, car les ressources et aussi les délais risquent de bénéficier de ce soutien soudain. Mais il faut y voir également la volonté de l'administration Bush de reprendre la main sur cette filière, qu'ils avaient jusqu'ici stupidement négligée. Reprendre la main pour la soutenir ou pour l'étouffer? Reprendre la main pour récupérer le site ITER ou le confier à des pays amis, dont la France ne sera évidemment pas? Les Européens ne devront-ils pas alors rechausser les bottes du Général de Gaulle et construire leur propre site chez eux.

Pour en savoir plus
ITER : http://www.iter.org/


Le Sénat est-il le seul à s'inquiéter du retard français dans les nanotechnologies?
JPB 20/02/03

On trouvera sur le site du Sénat deux documents très importants pour qui veut mieux comprendre les enjeux des nanotechnologies et mesurer le retard français , retard croissant, malgré les affirmations des "autorités compétentes":
- le rapport du sénateur Saunier (PS) L'évolution du secteur des semi-conducteurs et ses liens avec les micro et nanotechnologies http://www.senat.fr/rap/r02-138/r02-138.html
- le compte-rendu d'une nouvelle journée, le 23 janvier 2003, organisée par le Sénat sur le thème "Les nanotechnologies, une chance à saisir" http://www.senat.fr/rap/r02-138/r02-138.html

On peut se demander qui , en France, prend acte de ces mises en garde et définit des politiques adéquates pour faire face aux défis et aux difficultés. Tout laisse penser qu'il s'agit de piqûres d'épingle dans l'édredon mou de l'incompétence et de l'égoïsme des décideurs. Leur réelection ou leur carrière n'en souffriront pas, n'est-ce pas?


L'autorité de Régulation des télécommunications ne comprend pas la loi de Moore
JPB 20/02/03

Dans sa lettre n° 228 du 07/02/03 (http://www.tregouet.org/lettres/rtflashtxt.asp?theLettre=257#Lettre), le sénateur Trégouët regrette la timidité de l'Autorité de Régulation des Télécommunications face au développement des besoins en connexion à haut débit dans les 10 prochaines années. (voir rapport www.art-telecom.fr/publications/etudes/jlm/syn-jlmjan03.htm ). L'agence semble se satisfaire des perspectives de connexion à 500 kbits/s offertes par l'ADSL (10 mégabits à 10 ans). Les prévisions s'appuyant sur les taux de croissance des trafics enregistrés dans le monde occidental tablent sur des besoins de 100 à 200 mégabits par foyer à cette époque. Faire face à de tels besoins supposera le recours à la fibre optique. Ce pourrait être en France (comme en Europe) l'occasion de relancer des plans-câbles avec participation des collectivités locales. Mais qui veut entendre parler de cela dans le monde politique. L'ART, une nouvelle fois, contribue au retard français et au malthusianisme général.


K-Bot, une tête d'androïde expressive
CJ 17/02/03

K-bot  © David HansonDotée d'une peau en polymère, K-bot, tête d'androïde conçue par David Hanson de l'université du Texas, peut vous reconnaître et suivre vos mouvements grâce à ses deux caméras placée derrière ses yeux.
La tête, qui pèse deux kilogrammes, est recouverte d'une peau de polymère, développé par le chercheur. Elle est dotée de 24 "musAndy, prédécesseur de K-Bot, doté "simplement" de quatre expressions faciales - © David Hansoncles mécaniques" actionnés par des moteurs, ce qui permet, grâce aux logiciels qui les commandent, de simuler 14 de nos expressions faciales humaines.
Selon son concepteur, qui a présenté dernièrement sa création à Denver lors du Symposium "Bio-Inspired Intelligent Robotics" [congrès annuel de l'Association américaine pour l'avancement des sciences], elle pourra être d'un grand intérêt pour servir de modèle aux chercheurs qui expérimentent de nouvelles technologies comme les muscles artificiels, ou à ceux étudiant la communication homme/machine.
Avantage : le faible coût de la réalisation. Selon David Hanson, il est de 400 dollars, et pourrait être bien inférieur si ce système était produit en masse.

Pour en savoir plus :
David Hanton : http://iiae.utdallas.edu/projects/index.html
Contatct : david.hanson@student.utdallas.edu


Kasparov contre Deep Junior : match nul
CJ 07/02/2003

Kasparov jouant contre Deep JuniorDu 26 janvier au 7 février à New-York, et au cours de 6 parties, Kasparov - meilleur des joueurs actuels de l'histoire des échecs - s'est mesuré à "Deep Junior", trois fois champion du monde des logiciels. L'issue s'est soldée par une égalité 3 à 3.
Partie 1 (26 janvier 2003) : Gary Kasparov - Deep junior : 1-0
Partie 2 (28 janvier 2003) : Deep junior - Garry Kasparov : 0,5-0,5
Partie 3 (30 janvier 2003): Kasparov - Deep junior : 0-1
Partie 4 (2 février 2003): Deep junior - Garry Kasparov : 0,5-0,5
Partie 5 : (5 février 2003) Garry Kasparov - Deep junior : 0,5-0,5
Partie 6 (7 février 2003): Deep junior - Gary Kasparov, Garry : 0,5-0,5

Deep Junior, version 7.0, disponible dans le commerceA la différence du fameux tournoi tenu à Philadelphie en 1997 entre Kasparov et Deeper Blue (super-ordinateur créé par IBM), ou l'homme furieux avait dû s'incliner, il s'agissait là de la première confrontation entre un des plus grands maîtres et un ordinateur organisée sous l'égide et le contrôle de la Fédération internationale des échecs (FIDE), permettant ainsi d'établir les règles pour les confrontations futures.
Autre différence : pour le présent tournoi, Garry Kasparov - âgé de 39 ans - a eu tout le loisir de s'entraîner au préalable sur un PC avec la version commerciale de Deep-Junior, qui n'est pas loin du niveau de l'actuel Deep Junior sur la même machine.

Avant la rencontre, Kasparov déclarait "Deep Junior est un adversaire très dangereux et déplaisant, parce qu'il possède de nombreuses qualités que je qualifierai d'humaines".
S'il n'a pas gagné - et en tout cas pas perdu -, Deep-Junior a ainsi montré toute sa puissance. Créé par les deux programmeurs israéliens Amir Ban and Shay Bushinsky, il peut passer en revue quelque trois millions de positions à la seconde. A ce jour il est trois fois champion du monde des logiciels d'échecs ayant notamment remporté en juillet 2002 à Maastricht (Pays-Bas) le dernier championnat du monde réservé aux machines, s'imposant face à 18 autres programmes.

Pour en savoir plus :
Voir les parties
partie 6 : http://www.x3dworld.com/Entertainment/chessMVM/DGT/Game6/Game6.html
partie 5 : http://www.x3dworld.com/Entertainment/chessMVM/DGT/Game5/Game5.html
partie 4 : http://www.x3dworld.com/Entertainment/chessMVM/DGT/Game4/Game4.html
partie 3 : http://www.x3dworld.com/Entertainment/chessMVM/DGT/Game3/Game3.html
partie 2 : http://www.x3dworld.com/Entertainment/chessMVM/DGT/Game2/Game2.html
partie 1 : http://www.x3dworld.com/Entertainment/chessMVM/DGT/Game1/Game1.html


Wakamaru, robot japonais principalement destiné à aider les personnes âgées
CJ 4/02/2003

Le robot Wakamaru © APWakamaru, robWakamaru, à côté de son designer  Toshiyuki Kita © APot développé par Mitsubishi Heavy Industries (MHI), devrait être commercialisé courant 2003, au prix d'un million de yens. Doté de la parole, il est principalement conçu pour veiller sur les personnes âgées. Destiné à s'insérer dans la vie familiale de tout un chacun, il aura notamment pour mission de prévenir l'hôpital ou les services de santé en cas de besoin. Doté d'une caméra, Wakamaru sait reconnaître son "maître". Il peut communiquer à distance avec vous par téléphone où vous montrer en direct ce qu'il voit ou encore vous envoyer des mails. Son vocabulaire - pour l'instant uniquement japonais - comprend quelque 10000 mots ! A la maison, il n'hésitera pas à vous dire vous dire "Daddy, it's time for you to go to work" (des fois que vous ayez envie d'oublier d'aller au travail) ou vous demander si tout va bien lorsque vous restez un peu trop silencieux... Monté sur roues et autonome, il se recharge à sa borne tout seul comme un grand.

Le robot sera notamment présenté du 3 au 6 avril prochain lors de l'exposition Robodex.
MIH espère ensuite en vendre 10000 exemplaires par an...


Les nanotechnologies, usages militaires, pacifiques ou romanesques ?
JPB 4/02/2003

Le Jane's, journal (www.janes.com) spécialisé dans l'analyse des systèmes d'armes et des armements, consacre un article en date du 14 janvier 2003 aux possibilités offertes par les nanotechnologies pour réaliser des armements sophistiqués nouveaux, contre lesquels il  n'y aura au début que peu de parades. La fabrication de nano-systèmes basés sur l'auto-réplication permettra de produire des armes de type conventionnel mais dans des quantités telles qu'elles deviendraient des armes de destruction massive. D'une façon plus générale, les matériaux fournis par les nanotechnologies seront plus solides, plus légers et plus facilement miniaturisables. Par ailleurs, les nanotechnologies permettront de disséminer de nouvelles armes biologiques, de la même façon qu'elles le feront de médicaments à usage médical.

Les recherches et les méthodes de fabrication ne sont pas à la portée de laboratoires artisanaux, mais elles pourront se simplifier, ou être détournées. Tout ceci montre bien qu'aujourd'hui, il n'est plus de techniques innocentes, à usage civil, qui ne puissent être utilisées à buts militaires ou terroristes. L'avenir paraîtra sombre aux pessimistes. Faudra-t-il, comme certains services américains le souhaiteraient, mettre le black-out sur la diffusion des informations correspondantes. On peut penser que cela ne gênerait que les chercheurs honnêtes.

crn logoMais il ne faut pas désespérer. Pour éviter que l'avenir des nanotechnologies ne soit exclusivement militaire, deux chercheurs américains, Chris Phoenix et Mike Treder, ont fondé le Center for Responsible Nanotechnology (CRN), organisation non-profit qui veut promouvoir les études pacifiques sur les nanomondes, en veillant à ce que celles-ci ne soient pas détournées à usage criminel. L'entreprise est louable et mérite d'être connue, voire reproduite ailleurs. Il faudra observer ses résultats dans quelques temps. Le CRN est associé à une ONG militant pour la coopération des individus au service de l'humanité, le World Care. Espérons que tout ceci n'est pas truffé d'espions.

On observera sur ce même sujet que le nouveau thriller Prey de Michael Crichton (toujours à l'affut de nouveauté) met en scène des nanotechnologies en folies, au service d'intérêts criminels. Il donne une image terrifiante de la science, que les scientifiques récusent. Un long article faisant la liste des erreurs de l'auteur est publié sur le site de Ray Kurzweil. Mais les lecteurs iront-ils s'informer auprès des scientifiques, ou auprès de romanciers imaginatifs visant le sensationnel pour mieux se vendre?

Pour en savoir plus
L'article du Jane's (sur souscription) : http://www.janes.com/security/international_security/news/jcbw/jcbw030115_1_n.shtml
Center for Responsible Nanotechnology : http://www.crnano.org/
World care : http://www.worldcare.org/
Don't let Crichton's Prey scare you--the science isn't real, article de Chris Phoenix : http://www.kurzweilai.net/meme/frame.html?main=/articles/art0546.html


General Dynamics, leader en robotique militaire terrestre
JPB 31/01/03

Un article de SiliconValley.com présente le véhicule blindé de combat semi-lourd Stryker destiné à la reconnaissance en territoire ennemi "varié" , sans équipage à bord. Il s'agit d'un engin robotisé autonome construit par General Dynamics Corp. Il se rend sur un objectif fixé à l'avance en utilisant un réseau sophistiqué de senseurs, caméras infrarouges et images satellites. Ces données sont actualisées dix fois par seconde par un contrôleur informatique. Le Stryker peut détecter des cibles jusqu'à 2 ou 3 kilomètres, et lancer - sur ordre d'un commandement humain positionné à l'arrière - les missiles anti-tank Javelin dont il est armé.

Cet engin fait partie d'une panoplie de véhicules sans pilote étudiés par le ministère de la Défense et testés à Fort Bliss, Texas. L'objectif est de remplacer les humains dans les missions terrestres dangereuses, ou de doubler leurs capacités d'intervention, un même homme pouvant commander plusieurs véhicules autonomes à la fois. Les systèmes peuvent exécuter également de nombreuses tâches logistiques sur le champ de bataille. Le déploiement opérationnel de ces flottes est prévu pour 2008. General Dynamics est présenté comme le leader dans de tels engins terrestres, beaucoup plus fragiles et donc complexes que leurs homologues aériens, les drones.

Pour en savoir plus
L'article de Siliconvallee : http://www.siliconvalley.com/mld/siliconvalley/news/5009520.htm
General Dynamics : http://www.generaldynamics.com/
Lexington Institue (études sur les systèmes d'éducation et de défense) : http://www.lexingtoninstitute.org/


Néanderthal et l'espèce humaine
JPB 14/01/03

Le film Odyssée de l'espèce (voir notre article) pose pour le grand public la question mainte fois discutée de l'appartenance à l'espèce humaine de l'homme du Néanderthal, homo sapiens neanderthalensis (HSN). Il se trouve qu'un ouvrage récent (cité par NewScientist n° 2377) d'un professeur de paléontologie humaine à Madrid, Juan Luis Arsuaga [Asuaga, The Neanderthal's Neklace, Four Walls Eight Windows, 2002] pose la même question en termes plus savants. Pour les paléoanthropologues, HSN s'est constitué en espèce distincte de ses prédécesseurs (par mutation/sélection) du fait de son isolement pendant plus de 100.000 ans dans les terres glaciales de l'Eurasie. Il y a développé de nombreuses techniques et pratiques culturelles lui ayant permis de s'adapter à ces milieux rigoureux. Une autre espèce est apparue ultérieurement dans les terres chaudes d'Afrique (toujours par mutation/sélection) et a remonté en Eurasie il y a environ 40.000 ans, homo sapiens sapiens HSS. Grâce à de meilleures aptitudes à l'invention (notamment… l'aiguille à coudre en os, pour coudre les peaux de bêtes, aiguilles retrouvées en nombre sur divers sites) mais peut-être aussi grâce à une fécondité plus grande, HSS après avoir coexisté au moins 10.000 ans avec HSN, l'a finalement éliminé.

Or pourquoi affirmer, se demande Arsuaga, que HSN n'appartenait pas à l'espèce humaine ? Simplement parce qu'il ne pouvait pas se croiser avec HSS, selon la définition étroite mais sans doute obligée que l'on donne des espèces. Mais nous rencontrerions une tribu d'HSN aujourd'hui, avec leur culture sans doute équivalente à celle des Pygmées ou des Bushmen, refuserions-nous de les traiter en hommes, même si la copulation avec eux ne portait pas de fruits? Certainement pas. Nous pouvons poursuivre le raisonnement d'Arsuaga. Si à l'inverse, il se révélait subitement impossible, suite à une mutation, de nous croiser avec des Pygmées, décréterions-nous que ceux-ci ne sont plus des hommes ? Certainement pas non plus. On voit que, au moins au niveau de l'humanité, c'est la culture plus que l'interfécondité qui définit l'appartenance à une espèce, en l'occurrence l'espèce sapiens sapiens. Mais cette constatation peut conduire à des conséquences qui donnent à réfléchir. Si au sein de l'espèce sapiens sapiens, des groupes adoptaient des cultures tellement contraires aux nôtres que nous ne pourrions plus coexister pacifiquement avec eux, devrions-nous encore les considérer comme des hommes ou comme appartenant à une espèce ayant divergé de nous et devenue étrangère, alors même que nous pourrions encore, physiologiquement sinon culturellement, nous croiser avec eux ? La question pourrait se poser aussi bien vis-à-vis de sociétés régressant pour des raisons diverses à ce que nous appellerions l'état de barbarie, que vis-à-vis de sociétés ayant acquis, par symbiose avec des machines pensantes, des capacités bien supérieures aux nôtres.

Note: Sur la coexistence entre HSS, HSN et primates, on pourra relire notre nouvelle Homo Neanderthalensis http://www.automatesintelligents.com/feuilleton/2001/dec/homo.html


Hans Moravec perfectionne la vision des robots
JPB 06/02/01

On trouvera dans un article de Ed. Frauhenheim du 30 décembre 2002, dans CN.News com; des informations intéressantes sur les capacités évoluées de vision apportée par Hans Moravec à la ligne de robots utilitaires qu'il développe dans le projet dont il est responsable à Carnegie Mellon (notre article dans http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2002/aou/moravec.html). Le système consiste en une paire de caméras stéréoscopiques et un réseau en 3 dimensions implanté dans le cerveau du robot, et constitué de 32 millions de cellules digitales. Les images partielles ou erronées peuvent être annulées par ce dispositif. Voir pour la suite http://news.com.com/2100-1040-978854.html . On constate ainsi que le grand programme de Hans Moravec consistant à produire en grande série des robots capables de remplir des rôles très diversifiés dans la vie sociale semble se dérouler conformément aux prévisions.


Les robots au Japon
JPB 06/02/01

Un éditorial du Sénateur René Trégouët, responsable de la toujours passionnante Lettre d'information @RT Flash (n° 223 du 26 décembre 2002) fait un point très complet des réalisations en cours des industriels Japonais Sony et Honda dans le domaine du robot anthropomorphe. Nous y apprenons aussi l'existence du robot HRP-2 (Humanoid Robotics Project) présenté par l'AIST japonais (National Institute of Advanced Industrial Science and Technology). Ceci nous fait mesurer, une fois de plus, le retard pris par les industriels et les laboratoires français dans ces domaines. Il ne s'agit plus de prototypes, mais de produits fabriqués et vendus en série, dont les applications seront de plus en plus nombreuses. Ainsi devrait se créer un marché susceptible de financer des recherches d'un niveau encore plus avancé.

Que le Sénateur nous permette aussi de le remercier des mots aimables qu'il a eu à la fin de son éditorial concernant notre revue.

Pour en savoir plus
La lettre 223 : http://www.tregouet.org/lettres/rtflashtxt.asp?theLettre=249#Lettre  dans http://www.tregouet.org/lettre/index.html
Asimo : http://www.world.honda.com/news/2002/c021205.html
Aibo : http://www.world.honda.com/news/2002/c021205.html


Un robot contrôlé par des neurones de rats
JPB 04/01/03

Steve Potter, professeur de biomedical engineering au Georgia Institute of Technology, a mis au point un petit robot dont le comportement (encore élémentaire) présente l'originalité d'être contrôlé par une puce incorporant des neurones de rat. Ce robot, nommé Hybrot, présente pour son inventeur l'avantage de tester de futurs ordinateurs intégrant des neurones vivants et susceptibles de computations complexes non réalisables par les ordinateurs classiques binaires. Ils pourraient aussi s'évaluer et s'auto-réparer. Dans le prototype, les neurones de rats conversent entre eux et produisent des informations en sortie recueillies par des électrodes. Ils peuvent à l'inverse recevoir des données de l'extérieur. Les neurones acquièrent ainsi de l'expérience et développent des capacités de plus en plus intelligentes. Les applications pratiques de tels systèmes sont jugées considérables. On veut bien le croire. Source Kurzweil AI

Question naïve : que diraient les comités d'éthique si l'Hybrot incorporait des neurones aimablement fournis par un humain ? No difference, probably.

Pour en savoir plus
Article : http://www.technologyreview.com/articles/print_version/wo_cameron121802.asp


Mieux que Raël
JPB 04/01/03

A l'heure où l'on s'interroge encore sur la véracité des annonces de clones faites par la secte des Raéliens, notons que Sony se propose d'accoucher au bénéfice des personnes en mal d'enfant d'un bébé évolutif nommé Sony Dream Robot, SDR4X. Il coûtera entre $60,000 et $80,000 (dans sa première version) et devrait voir le jour début avril 2003. Plus fort que le chien Aibo, il pourra identifier 10 visages et voix différentes. A vos berceaux.  

Pour en savoir plus
Article de Sue Love dans The Age : http://www.theage.com.au/articles/2002/12/22/1040510966660.html


Hérédité des caractères acquis
JPB 04/01/03

La page scientifique du Monde en date du 28 décembre 2002 (p. 17) nous informe de la publication d'un article des chercheurs suédois Gunnar Kaati et Lars Olov Bygren dans le European Journal of Human Genetics relatant une observation suite à une étude faite en Suède sur plusieurs générations, selon laquelle le mode de vie nutritionnel des parents de la première génération affecterait le capital génétique des descendants. Ceci confirmerait l'influence des facteurs de développement dits épigénétiques, observés dans certains cas aussi chez d'autres organismes biologiques …et permettrait dans une certaine mesure de réhabiliter les hypothèses de Lamarck relative à la transmissibilité (non darwinienne) des caractères acquis. Le facteur en cause tiendrait au fait que le milieu (en l'espèce l'alimentation) pourrait dans certains cas provoquer l'expression ou l'inhibition de la fabrication de protéines par certains gènes, entraînant une modification de l'ADN des cellules germinales transmises par le père. Le Dr Marcus Pembrey, nutritionniste de l'Institute of Child Health verrait là pour sa part la manifestation d'un phénomène plus générale, l'influence de la nutrition sur la " reprogrammation " des cellules sexuelles lors de leur maturation.

On peut se demander si les mécanismes décrits par JohnJoe Mac Fadden dans son ouvrage Quantum Evolution (voir  http://www.automatesintelligents.com/interviews/2002/mai/mcfadden.html ) ne trouveraient pas là un preuve plus manifeste que celles obtenues jusqu'ici par ce chercheur. Rappelons que pour lui, le milieu pourrait orienter la reproduction du génome dans un sens favorable à l'adaptation, en agissant sur les conditions de décohérence de certaines des particules impliquées dans la composition moléculaire du génome, lors de sa duplication.

Pour en savoir plus
Article du Monde : http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3244--303578-VT,00.html
Article dans Nature-Science update :  http://www.nature.com/nsu/021028/021028-9.html
European Journal of Human Genetics : http://www.nature.com/ejhg/ (accès sur abonnement)


La programmation co-évolutionnaire
JPB 03/01/02

On connaît déjà bien la programmation évolutionnaire. Dans celle-ci (dite aussi machine learning) la méthode traditionnelle consiste à confronter le système avec un certain nombre d'objectifs que vous lui demandez de satisfaire. Le système évolue à partir de ces bases. S'il apporte les bonnes réponses, il est récompensé. S'il échoue, il est puni. Et ceci de générations en générations.

Dans la programmation co-évolutionnaire, on fait évoluer dynamiquement les objectifs, en les renforçant au fur et à mesure qu'évoluent les réponses du système. Ainsi on peut augmenter progressivement la robustesse d'un système face à un environnement qui se complique.

Ces considérations sont tirées d'un interview de Mélanie Mitchell, ingénieur de recherche en informatique au Santa Fe Institute http://www.computerworld.com/softwaretopics/software/appdev/story/0,10801,72852,00.html


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