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| Jean-Paul Baquiast
Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr |
N° 39
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Interview de David Chavalarias
Mathématicien, thésard au Centre de Recherche et d'Epistémologie
Appliquée (CREA)
Propos recueillis par Christophe Jacquemin 12/12/02
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Le
dilemme du prisonnier (DP)
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| La
petite histoire : "Un
vol vient d'être commis. On a attrapé deux individus A
et B dont on sait qu'au moins l'un d'eux est coupable.
A et B sont séparés sans aucun moyen de communiquer entre
eux et mis devant le dilemme suivant : ils peuvent choisir de dénoncer
l'autre ou non. Si chacun choisit de dénoncer l'autre (D), ils
prennent 7 mois de prison chacun. S'ils choisissent de coopérer
entre eux (C) en restant muet, chacun écope 3 mois. Si par contre
l'un parle, et l'autre reste muet, ce dernier est considéré
coupable et prend 10 mois d'emprisonnement, alors que l'autre est relâché.
Que font A et B en général ?" Un problème plus général Le
dilemme du prisonnier (DP) est en fait un schéma basique de la
situation extrêmement générale où des individus
ont à prendre des décisions pour lesquelles le bien collectif
est en conflit avec leurs intérêts immédiat. Il peut
facilement être généralisé à plusieurs
protagonistes et l'étude a également été étendue
à d'autres type de situations (avec des "gains" différents
pour les différentes actions). Nous pouvons prendre par exemple
le cas de la gestion des nappes phréatiques en cas de pénurie
d'eau dans une région donnée. Il y a une répartition
équitable et viable de la réserve d'eau disponible, mais
qui force chaque individu à se restreindre par rapport à
ses habitudes. Par contre, ne sachant pas comment les autres se comportent,
un point de vue égoïste peut pousser chacun à faire
des réserves sans changer ses habitudes. Si chacun adopte ce point
de vue, la région va cependant vers une sécheresse certaine.
L'apport d'une approche par la modélisationDu fait de leur généralité, les problèmes du type dilemme du prisonnier se rencontrent dans diverses disciplines et connaissent plusieurs approches qu'elles soient éthiques, philosophiques, économiques, biologiques ou politiques... L'une d'elle a cependant un statut particulier, à l'interface de ces différentes approches : la modélisation mathématique et informatique. Il s'agit ici de formaliser les différents problèmes rencontrés afin d'établir un cadre permettant d'étudier de manière analytique ou computationnelle certaines hypothèses émises sur leur nature ou sur leurs solutions. Sans prétendre modéliser fidèlement les comportements humains, l'approche modélisatrice peut avoir deux ambitions :
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Les
développements des formalisations liées Les
premiers développement formels du DP initiés par Axelrod
au début des années 80 ont considéré le cas
d'un grand nombre d'individus jouant deux à deux au DP en s'appariant
aléatoirement de façon répétée. Bien
en peine celui qui déciderait de trouver l'issue d'une tel tournoi
sans utiliser d'outils mathématiques ou informatiques. La
modélisation trouvait donc naturellement sa place dans ce type
d'entreprise. Ces travaux, qui s'occupent d'étudier les possibilités
d'émergence et de stabilisation de comportements coopératifs
dans des populations virtuelles se sont considérablement développés
depuis pour devenir un champ scientifique à part entière.
La description des agents et de leurs interaction s'est affinée,
se rapprochant toujours plus des systèmes réels.
Les
travaux en modélisation de systèmes sociaux dépassent
actuellement largement le cadre de l'émergence de la coopération
pour s'attacher entre autres, à l'étude de la fiabilité
de systèmes électoraux, l'efficience de la diffusion technologique,
l'adoption de normes, l'évolution culturelle, l'évolution
du réseau Internet etc. |