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Les automates intelligents |
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| Jean-Paul Baquiast
Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr |
Revue n° 38
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Interview
Quand la Chine s'ouvre
par Jean-Paul
Baquiast et Christophe Jacquemin
13/11/02
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L'ouverture actuelle de la Chine met en contact les populations chinoises avec les produits et les habitudes économiques et sociologiques de l'Occident, caractérisés notamment par des modes de consommation-gaspillage strictement impossibles à généraliser au monde entier dans les prochaines années. Comment réagira la Chine à ces perspectives ?
Il y aura nécessairement des contaminations sur le plan individuel. Nous le constatons déjà à travers le décalage de niveau de vie entre les Chinois des villes en plein essor comme Shanghai et celui des provinces rurales.
Nous pensons cependant que les pouvoirs publics comme les populations dans leur masse se détourneront des aspects les plus gaspilleurs du modèle occidental, dont on perçoit bien l'irréalisme appliqué à l'Asie en général. Il y aura une voie à trouver entre l'american way of life et l'enlisement dans la misère des pays les plus pauvres du monde. Ainsi les Chinois ne peuvent espérer disposer d'une ou deux voitures par personne Mais ils auront un jour l'accès à l'eau, à l'air pur et à des formes d'énergies les moins polluantes possibles, ainsi qu'à des habitats vivables.
En Europe, dire aux habitants que l'idéal ne réside pas dans l'hyper-consommation laisse ouverte la question de savoir que mettre à la place. En dehors des valeurs trouvées dans l'exercice des activités professionnelles les plus motivantes, nous avons les activités culturelles, associatives et, de plus en plus, il faut l'espérer, l'investissement dans les tâches de formation et de recherche scientifique. Qu'en sera-t-il en Chine ?
Traditionnellement en Chine, la réussite individuelle passait par l'acquisition d'une forme de sagesse, qui est à la base du bouddhisme et du taoïsme, lesquels ne sont d'ailleurs pas des religions comme on les entend dans le reste du monde, en ce sens qu'elle laissent ouvertes à l'individu les plus grandes possibilités d'approfondissement, au lieu de les enfermer dans le respect de "vérités" révélées voici des millénaires. Aujourd'hui, cela peut conduire en effet à généraliser l'intérêt pour la formation et la recherche scientifique, dans tous les domaines : plus de 20 millions d'étudiants chinois vont avoir accès aux technologies d'apprentissage à distance ; la formation des élites dans les universités occidentales prestigieuses (Berkeley, Stanford ou encore l'Insead en France) devient maintenant un phénomène courant. D'où l'importance des réseaux qui permettront les échanges intellectuels en profondeur avec le reste du monde, l'Europe en particulier
Les autorités vont-elle favoriser cette ouverture ?
Dans la Chine ancienne, les mandarins, détenteurs traditionnels des savoirs, n'ont jamais refusé l'accès des individus les plus doués à leur culture, dès lors que ces individus réussissaient à passer les fameux "concours mandarinaux". Mais le "jeune scarabée" qui voulait tout de suite tout régenter se faisait effectivement taper sur les doigts : "humilité et patience" ont toujours été les deux principales qualités dans l'inconscient collectif chinoise.
Aujourd'hui, l'Union Européenne, sortant petit à petit de son droit-de-l'hommisme théorique tend la main à la Chine à travers ses commissions et ses programmes d'échanges et de développement durables (voir : http://europa.eu.int/comm/europeaid/projects/asia-itc/html/sheets.htm#download) et notre ancien président, Valérie Giscard-d'Estaing, maintenant président de la convention Européenne est classé dans la catégorie spéciale les amis du peuple chinois". (Zhongguo renmin de pengyou ).
Sur le terrain, une pléthore d'associations prend le relais pour aider tant les PME-PMI que les grands comptes à commercer avec les Chinois dans les règles de l'art. On peut citer à ce sujet le Club des Compétences Asie, le Comité d'échanges Franco-Chinois de la Chambre de Commerce, me Cercle amical du développement entre l'Europe et la Chine.
Bien qu'encore soumis à un certain contrôle politique, l'Internet culturel et scientifique sera pour cela un excellent vecteur, surtout dans la mesure où il permettra aux étudiants, professeurs et autres thésards d'échanger leur point de vues avec leurs pairs. On peut penser aussi qu'avec des échanges beaucoup plus importants d'étudiants dans la participation conjointe à de grands programmes scientifiques et technologiques, il y a du travail à faire.Pensez-vous que notre revue Automates-intelligents puisse jouer un modeste rôle dans cette voie ?
Certainement. Vous abordez une foule de questions d'intérêt scientifique et philosophique très large, dans un esprit d'ouverture certainement très apprécié de vos lecteurs.
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