logo admiroutes

Les automates intelligents
robotique, vie artificielle, réalité virtuelle


information, réflexion, discussion

logo automate © Anne Bedel
Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr
Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr

Revue n° 34
Retour au sommaire
 
Actualités


Le Total Awareness Information System
JPB 09/08/02

logo iaoLa Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency) met en place un Système d'information destiné à assurer une veille exhaustive: le Total Awareness Information System (TIA), placé sous la direction de l'Information Awareness Office (IAO). Les directeurs du TIA estiment que les exigences du renseignement dépassent les possibilités des technologies actuelles. D'où l'intérêt pour les systèmes de technologie avancée permettant aux humains et aux machines d'aborder ensemble les problèmes complexes.
On lira avec attention les objectifs et la stratégie du programme, sur le site TIA.

L'objectif affiché est d'atteindre un saut technologique radical, une "total reinvention of technologies for storing and accessing information ... although database size will no longer be measured in the traditional sense, the amounts of data that will need to be stored and accessed will be unprecedented, measured in petabytes."

Ce programme suscite comme on pouvait s'y attendre l'inquiétude des défenseurs des libertés civiques, notamment de l'Electronic Frontier Foundation.

Pour en savoir plus
Article de Wired : http://www.wired.com/news/politics/0%2C1283%2C54342%2C00.html
TIA : http://www.darpa.mil/iao/TIASystems.htm
IAO : http://www.darpa.mil/iao/
Darpa : http://www.darpa.mil/
Electronic Frontier Foundation : http://www.eff.org/


Kasparov va jouer contre Deep Junior
CJ 06/08/02

Amir Ban jouant contre le programme JuniorGarry Kasparov vient d'annoncer qu'il allait battre Junior (appelé pour l'occasion "Deep Junior", joueur électronique d'échecs créé par les deux israéliens Amir Ban et Shay Bushinsky. Le match, qui sera coordonné par la Fédération internationale des échecs (FIDE), doit avoir lieu du 1er au 13 octobre prochains à Jérusalem. Il comportera 6 parties. Cinq experts en intelligence artificielle s'assureront que tout se déroule dans les règles. Enjeu du challenge : un million de dollars !
Rappelons que si Kasparov a battu Deep Blue en 1996, il a dû s'incliner l'année suivante lors du match retour*. Depuis, il n'a jamais rejoué publiquement un challenge homme/machine. Que l'on sache, il n'a encore jamais testé Junior, qui a déjà mis au tapis quelques maîtres et qui pour la deuxième année consécutive a encore remporté le titre de champion du monde des joueurs d'échecs électroniques.
Cela dit, Junior n'est peut être Deeper Blue. En tout cas, certains le considèrent comme le plus fort et le plus dangereux programme informatique jamais réalisé.
Il fonctionnera sur une machine massivement parallèle, analysant des millions de positions par seconde.
A suivre de près donc...

Notons qu'un atelier sur l'Intelligence artificielle, dirigé par le professeur Martin Charles Golumbic de l'Université Haifa (spécialiste d'algorithmique) est prévu en marge de la manifestation..

*Certains, comme David Levy -président de l'International Computer Games Association, estiment que le match contre Deeper Blue n'a pas été joué dans les règles car la machine a dû être relancée plusieurs fois pendant le jeu. Par ailleurs, aucune information concernant le programme n'a été disponible, que ce soit avant ou après le match. Ici, toutes les toutes les données d'analyse de Deep Junior seront disponibles après le match.

Pour en savoir plus :
Conférence de presse de Kasparov : http://www.kasparovchess.com/serve/templates/folders/show.asp?p_docID=22402&p_docLang=EN

(Ajouté en septembre) : Initialement prévu du 1er au 13 Octobre, le match Kasparov-Deep Junior a été décalé de deux mois, et devrait finalement commencer le 1er Décembre prochain.

Vladiimir Kramnik joue contre Deep-Frtiz(Ajouté en octobre) : Le champion du monde d'échec, Vladimir Kramnik, 27 ans a rencontré la machine Deep-Fritz du 2 au 22 octobre 2002. La cadence prévue des coups : 40 coups en 2h puis 16 cps à l'heure. Ajournement après 6 heures de jeu.
Peu avant la rencontre Kramnick déclarait : "Pour ce match je dois changer ma manière de jouer aux échecs. Ce qui importe le plus c'est de développer le moins possible de tactique. Je dois empêcher l'ordinateur d'employer ses qualités de calculateur. Et je ferais tout pour lui jouer des coups qu'il ne comprendra pas. La machine doit se sentir mal à l'aise.
Les ordinateurs sont des bagarreurs de rue. Je n'aurai pas la plus petite chance dans un rythme rapide. Un ordinateur n'est pas capable, à la manière d'un humain, de mettre ses connaissances dans le contexte approprié. L'intuition est quelque chose qui lui est totalement étranger,et à cause de ça, la machine peut avoir des problèmes. Parfois j'ai juste un sentiment intérieur pour jouer un coup. Je le sens juste et ses sentiments m'ont rarement mis dans des problèmes."

Le match (qui a comporté 8 parties), s'est soldé par un nul (4 à 4).


Du nouveau en mémétique
JPB 06/08/02

Couverture du livre  "The Electric Meme"Les psychologues et sociologues français, fussent-ils cognitivistes* ignorent encore le plus souvent la mémétique et les milliers de travaux et de références qu'elle suscite dans le monde anglo-saxon. Ils ne considéreront sans doute pas la parution d'un nouvel ouvrage sur ce thème comme une très grande nouvelle. Mais soyons plus ouverts qu'eux. L'ouvrage en question s'appelle The Electric Meme écrit par le britannique Robert Aunger. Remarquons en passant à quel point, de même que l'Ecosse est la terre des fantômes, le Royaume-Uni dans son ensemble est la patrie des méméticiens - le premier phénomène expliquant peut-être le second. Robert Aunger est un anthropologue aux horizons très divers. Il présente son ouvrage, et selon lui, "comme devant apporter enfin à la mémétique les fondements qui lui manquaient encore pour en faire une science véritablement dure".

Nous avons commencé à lire le livre, afin de vous le présenter en détail dans un prochain numéro. Disons seulement ici que l'une des hypothèses (qui donne son titre à l'ouvrage) est que les mêmes sont des réplicants, un peu analogues aux prions, qui prennent naissance et se dupliquent en mutant dans la matière cérébrale, sous forme d'entités quasi-biologiques. Ils se transmettent d'individus en individus par les supports langagiers et autres moyens de la communication symbolique, comme les prions se transmettent par la consommation de viande contaminée. Mais c'est dans le cerveau qu'ils vivent et meurent - quand ils meurent.

Le livre ouvre de nombreuses perspectives nouvelles sur la culture, les contenus de connaissance et la conscience. De plus, étant écrit de façon très pédagogique, il incite le lecteur à ajouter ses propres hypothèses à celles de l'auteur - peut-être est-ce d'ailleurs là une forme de contamination recherchée par l'auteur.

*Soit dit en passant, il nous faudra revenir sur la définition donnée à ce mot  en France. S'agit-il de traiter des contenus de connaissances en général ou de ces mêmes contenus analysés par référence à la computation, c'est-à-dire à l'ordinateur?

Pour en savoir plus
Le site de Robert Aunger http://www.cus.cam.ac.uk/~rva20/
Le site du livre http://www.cus.cam.ac.uk/~rva20/EMeme.html  Sur ce dernier site, on remarquera une sorte de canular bizarre (s'agit-il de tester la diffusion d'un mème fut-il invraisemblable?) http://www.cus.cam.ac.uk/~rva20/EMemeScandal.html


Bases neurologiques de la croyance
JPB 06/08/02

Couverture du livre "Et l'homme créa les dieux"Dans un numéro précédent, nous avions rendu compte du livre de Matthew Alper, God part of the brain, qui faisait le point sur les connaissances relatives à la localisation cérébrale des états mystiques ou de croyance. Il citait notamment les expériences de Andrew Newberg et Eugène d'Aquili qui scannent le cerveau de moines tibétains en extase. Une hypothèse de plus en plus partagée, dans la ligne de la sociobiologie et de la psychologie évolutionniste, suppose que les aires cérébrales consacrées aux croyances religieuses se sont développées, très tôt chez les premiers hominiens, lorsque ceux-ci ont pris conscience de leur mort. Face au désespoir existentiel en découlant, n'ont survécu que les groupes et les individus ayant acquis l'appareil neurologique leur permettant de croire en un au-delà rassurant. Aujourd'hui encore, la plupart des humains trouvent dans la foi en un dieu ou en un paradis quelconque la force d'affronter les duretés de la vie - certains y trouve aussi parfois hélas celle de mourir en martyr.

Sur ce sujet très important, Sciences & Vie consacre un dossier dans son numéro d'août 2002 : "Pourquoi on croit en Dieu. Les étonnantes réponses des neurosciences". Différents articles sont consacrés aux premières traces d'apparition de rites religieux et de croyances en des divinités bienfaisantes ou malfaisantes. Pour nous l'élément neuf de ce dossier se trouve dans la référence au livre récent de Pascal Boyer, directeur de recherche au CNRS " Et l'homme créa les dieux " paru chez Laffont en 2001. Nous en tireront prochainement une note de lecture. L'auteur développe l'idée que la religion se comporte comme une épidémie mentale, les croyances se répandant dans la population comme des virus, s'implantant durablement ou périclitant selon la " fitness " ou adaptation qu'elles procurent à leurs hôtes. Il est intéressant de voir repris par un auteur français un propos qui est directement inspiré de la mémétique ou sciences des mèmes, réplicateurs autonomes à la source de la plupart des créations culturelles.

L'hypothèse mémétique relative aux idées religieuses n'exclut pas, au contraire, l'hypothèse sociobiologique évoquée plus haut. On considère généralement aujourd'hui, au lieu d'opposer mémétique et sociobiologie ou psychologie évolutionniste, que les deux séries d'explications se complètent. En cas de succès évolutif, il se produit une co-évolution entre des mèmes ou mèmesplexes et les structures cérébrales leur offrant des " encapsulations " favorables. Les croyances se transmettent et s'adaptent ainsi, à la fois par la transmission génétique et par la transmission culturelle. Pour les matérialistes, ceci suffit à expliquer leur vigoureuse persistance.

Pour en savoir plus
Sur Matthiew Alper, relire http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2001/mai/alper.html
Sur le livre de Pascal Boyer voir une chronique de l'Union des athées http://atunion.free.fr/chro023.html
On pourra lire aussi un article curieux sur les Djinns dans le monde arabe http://perso.wanadoo.fr/geza.roheim/html/djinn2.htm#tlien1


Anton Zeilinger: un regard différent sur le monde quantique
JPB/CJ 06/08/02

Hervé Poirier, dont nous avions déjà souligné en février dernier le travail de découvreur dans Science & Vie à propos de son article sur le lambda-calcul, nous surprend encore en présentant dans le numéro d'août de ce journal un dossier consacré à l'oeuvre de Anton Zeilinger, et au regard différent sur le monde quantique que propose ce dernier(1).

Comme nos lecteurs s'en sont rendu compte, il est de plus en plus nécessaire de rapprocher les représentations macroscopiques du monde et celles proposées par les physiciens quand ils traitent des particules élémentaires. En effet les nanotechnologies manipulent des atomes en très petite quantité, voire individuellement : il convient alors de savoir si les électrons et les protons qui les constituent se présentent sous forme d'onde ou de particule. Constamment maintenant, les physiciens signalent qu'à ces échelles les lois classiques de la physique, de type probabiliste quand il s'agit de particules élémentaires, peuvent cesser de s'appliquer. C'est ainsi que le 19 juillet dernier, un article du New Scientist rapportait l'observation selon laquelle la 2ème loi de la thermodynamique (qui est de type statistique) se trouvait momentanément mise en échec, dans les conditions de l'expérience réalisée, à des échelles du micromètre et du dixième de seconde(2).

C'est un propos d'une toute autre ampleur que celui d'Hervé Poirier dans l'article "Il n'y a plus de paradoxes quantiques", dont le titre devrait réjouir les millions de citoyens qui ne comprennent rien à la formalisation mathématique de la mécanique quantique ni même aux types d'univers qu'elle nous décrit.

Source : site d'Anton Zeilinger  http://www.quantum.univie.ac.at/research/rng/index.html



 

 

 


 

L'auteur s'est reporté aux travaux du physicien autrichien, Anton Zeilinger(3), travaux déjà connus des spécialistes mais apparemment non exploités par la littérature destinée au public. Selon ce scientifique, nous dit Hervé Poirier, il ne faut pas chercher à comprendre ce qu'est le monde tel que décrit par la mécanique quantique. Celle-ci marche parfaitement quand il s'agit de prédire de façon probabiliste les résultats d'un dispositif quantique. Ceci jusqu'à présent convenait à tout le monde, théoriciens comme praticiens. Mais il ne faut pas chercher à aller au-delà, c'est-à-dire se donner une image intelligible du monde quantique. Celle image n'existe pas à ce jour. On s'engage alors dans des "interprétations" plus exotiques les unes que les autres, généralement contre-intuitives pour ceux qui n'ont pas largué tout lien avec la réalité sensible. En fait, selon Anton Zeilinger, les observations et les équations qui en traduisent les résultats désigneraient non l'objet matériel étudié, mais l'information que nous pouvons en obtenir compte-tenu de nos appareils de mesure et aussi de notre organisation mentale. La mécanique quantique ne serait donc pas une théorie (ou une hypothèse) sur le monde physique mais sur l'information telle qu'elle fonde le monde à nos yeux, qu'il soit physique, biologique ou mental. 

Rafraîchir la page pour voir l'animation
 

Ainsi l'apparente indétermination du monde quantique tient au fait que nous ne possédons pas assez d'informations sur lui pour prévoir un événement avec précision. Nous pouvons juste calculer la probabilité qu'il se réalise. Il en est de même des autres paradoxes de la mécanique quantique.

Nous ne résumerons pas ici le dossier de Science & Vie consacré à ce sujet. Il comporte une importante contribution de Michel Bitbol, lequel enseigne la philosophie de la physique à l'Ecole Polytechnique. Bornons-nous à une question : si la mécanique quantique constitue comme le dit ce dernier une nouvelle métaphysique de l'information dont nous disposons sur le monde physique, qu'en est-il cependant de ce dernier ? Puis-je me passer de savoir exactement ce qu'est l'électron que je compte utiliser dans mon prochain système à base de nanotechnologies, onde ou particule ? Plus précisément, ne serai-je pas un jour obligé de le savoir? D'un autre côté, si je m'en tiens à l'information, ne convient-il pas d'explorer encore plus activement cette "métaphysique" qu'elle nous permet d'élaborer relativement au monde et à tout ce qu'il y advient. L'interprétation quantique, comme d'autres façons d'interpréter le monde à base de computations, ne recèlerait-elle pas des variables cachées non encore apparues (ce que Wolfram appelle des underlying rules) générant les phénomènes de complexité intrinsèque que nous sommes amenés à constater sans les comprendre et que la science humaine aura la possibilité de découvrir un jour.

Il faudra vraiment revenir sur ce sujet qui nous semble très important, en interrogeant notamment les spécialistes de la mécanique quantique, tel Roland Omnes, dont nous avions déjà indiqué l'importante contribution à la connaissance du sujet par son livre Comprendre la mécanique quantique publié en 2000 chez EDP Sciences.

Pour en savoir plus
(1) Science & Vie annonce à la date de rédaction de cette rubrique la fermeture momentanée de son site éditorial http://www.science-et-vie.com/
(2) http://www.newscientist.com/news/news.jsp?id=ns99992572. Des billes de latex en suspension dans l'eau peuvent momentanément récupérer l'énergie due à l'agitation désordonnée des molécules de liquide, c'est-à-dire que le système produit de la néguentropie, quitte à la reperdre ensuite, en conformité avec la 2e loi. Il s'agirait d'une application du théorème dit de la fluctuation visant à décrire le comportement des particules aux niveaux microscopiques
(3) Rappelons que l'équipe de ce physicien a été la première à réussir expérimentalement en 1997 la téléportation de l'état quantique d'un photon (voir l'encadré "Quelques repères" à la fin de notre article du 17 juin dernier : "Une équipe australienne réussit la téléportation d'un rayon laser").
On trouvera le site d'Anton Zeilinger sur http://www.quantum.univie.ac.at/zeilinger/. Voir notamment un article très éclairant http://www.quantum.univie.ac.at/zeilinger/philosop.html
Lire aussi sur le site du Journal anglais New Scientist l'article "In the begining was the bit" du 17 février 2002: http://www.quantum.univie.ac.at/links/newscientist/bit.html


Fête de la Science, Paris, 14-20 octobre 2002  Appel aux chercheurs et étudiants

Logo Fete de la ScienceOpération "Les chercheurs parlent aux enfants".

La Mairie de Paris et l'Académie de Paris s'associent pour mettre en relation les écoles élémentaires et les centres de loisirs de Paris avec des scientifiques. L'objectif est de sensibiliser les enfants, dès le plus jeune âge, et les enseignants, à l'importance d'une culture scientifique et expérimentale.

Chercheurs, enseignants-chercheurs ou étudiants, présenteront aux enfants, sous forme d'exposés interactifs et de démonstrations expérimentales, des sujets scientifiques touchant à la vie et à l'environnement quotidien, tels que la matière, le corps humain, l'énergie, les TIC, le ciel et la terre… les sciences humaines sont également concernées.

Les scientifiques qui souhaitent participer à l'opération sont appelés à élaborer des propositions. Une fois validées, ces " fiches actions " seront publiées sur les sites internet de l'Académie et de la Ville de Paris. Les écoles et les centres de loisirs pourront alors les consulter et inviter leurs auteurs à intervenir dans les classes pendant la semaine de la Fête de la Science.

Dès le 5 septembre, connectez-vous sur l'un des sites Internet pour retirer un dossier. Répondre de préférence par Internet avant le 11 octobre 2002.

Académie de Paris : w3.scola.ac-paris.fr/
Mairie de Paris : www.paris.fr/

Contact
Marie-Claude MOMBET, Délégation aux Arts et à la Culture, Académie de Paris
Tél. : 01.44.62.40.57
Mèl : mombetmc@altern.org


Les raëliens mettent en vente la "première machine à cloner"
CJ 22/07/02

RMX2010, Dans la série "la minute de Monsieur Cyclopède" qui n'aurait pas déplu à Pierre Desproges, signalons que la société Clonaid - créée par le fondateur de la secte des raëliens - met en vente sur son site web la première "machine à cloner", imaginée par une équipe de scientifiques coréens membres du mouvement. Objectif avoué du gourou Raël (alias le français Claude Vorilhon) : "permettre la multiplication des efforts pour cloner des êtres humains partout dans le monde"...
Baptisée RMX 2010 et vendue au prix de 9 199 $, cette machine est capable selon Clonaid de "créer une pulsation électronique stable nécessaire pour développer un embryon de clone humain susceptible d'être implanté dans l'utérus d'une femme".
Pour les spécialistes sérieux, il s'agit là en fait d'un électro-simulateur ordinaire de fusion membranaire, utilisés dans les laboratoires de biologie. Cela dit, et selon Clonaid, plusieurs de ces machines auraient déjà été vendues, notamment après sa présentation au salon Bio Expo Japan qui s'est tenu à Tokyo au début du mois de juillet...
Notons que d'après Raël, "les humains ont été clonés par des extra-terrestres, les Elohim, qui sont arrivés sur Terre en soucoupes volantes il y a 25000 ans". Raël, qui se présente comme un prophète dans la lignée d'un Moïse ou d'un Mahomet, prétend être le fils génétique d'un Terrien et d'un Elohim, affirmant que le clonage permettra à l'humanité d'atteindre la vie éternelle.
Etonnant non !

Risible ? Peut-être, sauf que depuis 30 ans qu'il sévit, l'illuminé est aujourd'hui riche. Selon les sociologues, la secte compterait 25000 adeptes (55000 selon Raël) : manquerait plus qu'ils se dupliquent par clonage...

Bon, j'arrête de décloner...

Pour en savoir plus :
Site de Raël : http://www.clonaid.com/english/pages/products.html

A la suite de cet article, nous avons reçu le courrier suivant, de la part d'Olivier Galicia <olivier_galicia@yahoo.fr, pour le Mouvement Raëlien
Date: Sat, 7 Sep 2002 12:18:37 +0200

Bonjour,
Ceci est une réponse à l'article paru sur votre site le 22/07, intitulé "Les Raëliens mettent en vente la "première machine à cloner".
Vous utilisez avec légèreté des termes comme "secte" "illuminé" et "gourou"... mais ces mots, nobles à l'origine, sont devenus très péjoratifs et, en les colportant, vous participez à l'entretien d'un climat de haine religieuse dans un pays qui a choisi la discrimination comme politique générale envers ses Nouvelles Minorités Religieuses.
Avez vous conscience que vous êtes politiquement correct en salissant un mouvement religieux athée, scientifique et non-violent ?

Pour ces raisons intolérables, Raël n'est plus français et a obtenu aujourd'hui le passeport canadien. Il vit au Québec, dans cette région du
globe où les gens sont aussi chaleureux et respectueux des différences que le climat est hostile et difficile... curieux choix pour un
"gourou richissime" qui serait mieux au soleil :-)

Pour votre information, les Elohim, nos Créateurs extraterrestres, nous ont créés à partir des éléments chimiques de la Terre et à l'aide
d'une parfaite maîtrise de l'ingénierie génétique et non pas grâce au clonage comme vous l'affirmez.

Une précision importante, pour finir : la compagnie Clonaid est une entreprise privée qui fonctionne avec des capitaux privés non-raëliens.
Nous apportons, bien sûr, notre soutien spirituel, éthique plein et entier à la réalisation des projets de cette société tout à fait sérieuse et
crédible et nous attendons avec impatience la naissance du premier être humain cloné, ce qui ouvrira une nouvelle ère à une Humanité en
quête de bien-être et d'immortalité. La machine à cloner est une étape sur ce chemin.

Le vrai travail d'un journaliste serait d'accepter de placer notre réponse, à la suite de votre article et permettre ainsi aux lecteurs de faire
leur propre opinion.

Bien respectueusement."
Olivier Galicia pour le Mouvement Raëlien

Sans commentaires....


Caravela, navire autonome pour réduire les coûts de la recherche océanographique
CJ 22/07/02

Caravela, vaisseau autonome de recherche  océanographiqueEuromar Caravela, projet Eurêka mis en place par le Portugal, le Royaume-Uni et la Norvège, vise à la réalisation d'un vaisseau autonome de recherche océanographique dont la gamme de performances en acquisition de données est comparable à celle des navires de recherche conventionnels. En effet, les dispositifs et navires nécessaires pour les campagnes océanographiques sont extrêmement coûteux, et dans les faits, leurs missions sont aussi fortement limitées par les coûts de personnel et de fonctionnement. Dans ce cadre, Caravela aura dès lors tout son rôle à jouer. La maintenance, notamment, qui limite aussi la cadence de travail des navires de recherche traditionnels, est ici prévue à des niveaux très bas.
Devant rester opérationnel dans des conditions météorologiques très difficiles, le vaisseau sera complètement autonome mais aussi contrôlable à distance depuis la terre ferme ou depuis n'importe quelle plate-forme via une liaison satellite radiofréquence. Cette liaison fournira un canal utilisable tant pour recevoir les données des capteurs de mission du navire que pour lui envoyer des commandes, afin de rediriger sa mission si besoin est.
Caravela sera équipé d'un système d'évitement d'obstacles et d'un système de sécurité pour la navigation.
La coque non conventionnelle (d'une longueur de plus de 7 mètres sur 2 de large) sera de forme hydrodynamique. Deux moteurs électriques propulseront l'engin à une vitesse moyenne de 4 noeuds. Les chercheurs envisagent trois méthodes alternatives de renouvellement de l'alimentation en énergie électrique pendant les opérations en mer : énergies éolienne, solaire et gaz naturel.

Les essais d'un prototype (qui doivent commencer dans les prochains jours) devraient confirmer que les frais d'exploitation annuels du Caravela sont équivalents aux frais d'exploitation hebdomadaires d'un navire de recherche conventionnel.

En savoir plus :
Site Caravela
: http://www.caravela2000.com/Caravela/caravela_enter_en.htm

 


Spyfish, votre petit sous-marin personnel
CJ 20/07/02

Le sous-marin robot SpyfishH2Eye International, société basée à Londres propose le Spyfish, petit sous-marin robot capable de plonger jusqu'à 150 mètres. Avec lui, vous pourrez notamment faire de la plongée Sous-marin robot Spyfishpar procuration et explorer les fonds marins en restant confortablement installé sur votre bateau ou sur la rive. Le robot vous relayera les images de ce qu'il voit au moniteur que vous regarderez en surface.

La société prévoit la commercialisation de Spyfish en 2003, en édition limitée à 1550 exemplaires. Avis donc aux amateurs.
Prix : 14 900 dollars.

 

En savoir plus :
Site Spyfish : http://www.spyfish.com/
Video : http://www.spyfish.com/80256BBF00484C6F/Public+Pages/Video?opendocument

 


Convergence de technologies pour améliorer les performances humaines
JPB 21/07/02

nbicSous le titre Converging Technologies for Improving Human Performance: Nanotechnology, Biotechnology, Information Technology and Cognitive Science, un rapport vient d'être remis par des experts travaillant sous l'égide de la National Science Foundation des Etats-Unis et le Département du Commerce (Juillet 2002)

La convergence entre les nanotechnologies et les autres sciences et techniques ouvre de nouvelles possibilités pour développer les performances humaines. Pour en tirer parti, les experts recommandent que le gouvernement encourage la R&D dans les technologies qui accroissent les capacités et l'efficacité des humains, en conjuguant les 4 NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Infotechnologies et technologies de la Cognition). Ceci couvrira notamment les domaines des nanosciences et nanotechnologies, de la biotechnologie et de la biomédecine, de l'ingénierie génétique, des technologies avancées de l'information et de la communication, des sciences cognitives et des neurosciences cognitives.

Dans les 10 à 20 prochaines années, il en résultera notamment des réseaux à large bande unissant les machines et les cerveaux humains, avec des capacités considérablement accrues tant pour les hommes que pour les machines, de nombreuses améliorations corporelles en ce qui concerne les performances et la résistance à la fatigue et à l'âge, un accès de chacun à toute l'information pertinente n'importe où dans le monde, des ordinateurs portables utilisables en toutes circonstances, etc.

Le rapport recommande également le lancement par le gouvernement d'un Human Cognome Project, analogue à l'Human Genome Project dont les retombées se sont révélées si prolifiques. Tout ceci devrait faire dans les meilleurs délais l'objet d'une priorité nationale.

On se demande ce que l'Administration fédérale actuelle retiendra de ces propositions clairvoyantes, empêtrée qu'elle est actuellement dans les scandales financiers. En tous cas, on ne peut que regretter de voir de telles perspectives totalement absentes des préoccupations et de la communication des gouvernements européens et de la Commission.

Pour en savoir plus
Obtenir le rapport, complet (pdf) ou par chapitres.http://itri.loyola.edu/ConvergingTechnologies/


Un calculateur quantique dans une seule molécule
JPB 21/07/02

Christian JoachimUn calculateur quantique dans une seule molécule : voici ce que propose Christian Joachim, pionnier des nanosciences, Directeur de Recherches CNRS au Centre d'élaboration de matériaux et d'études structurales de Toulouse . Pour lui, même avec les nanotechnologies et les nano-matériaux, la puissance de calcul des ordinateurs va plafonner vers 2015. Il propose de réduire les ordinateurs à des dimensions intra-moléculaires, en développant les picotechnologies (1.000 fois plus petites que les nano-technologies). Mais à ces échelles, le calcul ne peut se dérouler dans l'espace. Il doit faire appel à  la dimension du temps, en utilisant les états quantiques des particules.

Pour en savoir plus
Christian Joachim : joachim@cemes.fr
; CEMES-CNRS, 29 Rue J Marvig, BP 4347, 31055 Toulouse Cedex, France
Article de l'Institute of Physics Electronic Journals 13/03/02 : http://www.iop.org/EJ/S/UNREG/abstract/0957-4484/13/2/201/
Conférence sur les molécules-machines à l'Université de tous les savoirs : http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3328--251421-,00.html


Prédire la structure des protéines
JPB 21/07/02

protéine. Source IBMLe Critical Assessment of Techniques for Protein Structure Prediction (CASP) qui se tient tous les ans en Californie est un concours mettant en compétition plus de 200 chercheurs. L'objet est de désigner ceux d'entre eux qui font les meilleurs prédictions concernant les formes repliées (folding) affectées par les protéines générées par des séquences d'ADN données. Cette démarche constitue la suite logique des travaux d'identification des chaînes d'acides aminés constituant les gènes. Tant en effet que la forme finale adoptée par la protéine dans l'organisme n'a pas été obtenue, il n'est pas possible d'étudier l'effet de cette protéine sur le développement ou la physiologie dudit organisme. Plutôt qu'utiliser la voie logique mais coûteuse consistant à implanter la séquence génique dans une cellule afin d'observer les protéines synthétisées, les biologistes peuvent tenter de la prédire, par différentes techniques de type probabiliste. Le CASP récompense les prédictions qui se sont révélées les plus justes.

L'informatique est évidemment utilisée pour optimiser ces prédictions. L'enjeu scientifique et économique est important, car l'afflux des séquences géniques découvertes oblige à accélérer le travail d'identification de nouvelles protéines susceptibles de trouver des applications pharmaceutiques ou autres.

Depuis deux ans, IBM s'est mis dans la course, en annonçant la réalisation d'un puissant ordinateur, Blue Gene, dont le coût dépasserait les 100 millions de dollars. Cet ordinateur devrait entrer en opération vers 2004. On suppose qu'alors il apporterait à ses concepteurs d'importants retours sur investissement. Comment vont réagir les concurrents dans cette course à la puissance dans le champ de la protéomique ?

Chez IBM, le projet Blue Gene est présenté comme la façon de rester en tête de la course à la puissance de calcul (200 teraflops), en exploitant les possibilités des ordinateurs auto-administrables, auto-réparables et auto-configurables (autonomic computing) .

Image ci-contre: source IBM

Pour en savoir plus
Le projet Blue Gene http://www.research.ibm.com/bluegene/ Mis à jour Janvier 2002 http://www.research.ibm.com/bluegene/BG_External_Presentation_January_2002.pdf
Blue gene dans la recherche biomoléculaire http://www.research.ibm.com/journal/sj/402/allen.html (article détaillé, recommandé)
Article de Infoworld http://www.infoworld.com/articles/hn/xml/01/11/09/011109hnbluegene.xml
Article de Wired http://www.wired.com/wired/archive/9.07/blue.html


Le virus de la Poliomyélite recréé en laboratoire
JPB 18/07/02

E. WimmerLe Pr.Eckard Wimmer, professeur de biologie moléculaire au Department of Molecular Genetics and Microbiology SUNY at Stony Brook, assisté du Dr Jeronimo Cello et de ses collègues, vient d'annoncer dans Science (on line) du 11 juillet 2002 avoir réussi a recréer in vitro l'équivalent du virus de la poliomyélite. Le travail a été fait  à la State University de New York.  

L'intérêt de cette annonce d'un point de vue scientifique n'a pas échappé aux observateurs. Dans un interview fait par Nonee Walsh pour Science Journal Today (http://www.abc.net.au/am/s605113.htm), le Pr Wimmer indique que, pour synthétiser un virus, il n'a besoin que de la séquence génétique de celui-ci, disponible sur une mémoire numérique, sans s'appuyer sur un support biologique pré-existant. Le virus de la polio est relativement simple, mais cela ne change pas fondamentalement la complexité du problème. Le virus construit artificiellement à partir d'une séquence de nucléotides simulant l'ARN viral (en fait, semble-t-il, l'ADN) a pu, mis en présence de l'enzyme assurant sa duplication, se transformer en ARN analogue à celui des particules virales "vivantes" . Le nouveau virus s'est comporté dans les organismes où il a été testé comme un virus authentique. Il y a certes loin de la synthèse d'un virus - dont on discute encore le caractère "vivant" et de celle d'une cellule ou d'un organisme pluricellulaire, mais la voie est désormais ouverte. Nous pouvons voir là une illustration parfaite des prévisions de Ray Kurzweil présentées par ailleurs dans ce numéro. Est-ce à dire que le problème de la synthèse de la vie est enfin résolu? Certainement pas, car en ce cas, le scientifique ne part pas des acides aminés ou autres substrats du monde minéral, mais d'une information obtenue à partir du vivant par rétro-ingénierie.

L'annonce a suscité comme il fallait s'y attendre de nombreux commentaires et polémiques quant à son caractère éventuellement dangereux. Le Pr. Wimmer et ses collègues n'ont rien fait pour masquer les risques potentiels. Mais leur argument est qu'il vaut mieux savoir où est le danger, pour mieux le maîtriser, que laisser ces technologies relativement simples à la portée du premier biologiste terroriste venu.

Pour en savoir plus
"Chemical Synthesis of Poliovirus cDNA: Generation of Infectious Virus in the Absence of Natural Template", par Jeronimo Cello, Aniko V. Paul, and Eckard Wimmer (Science Express Reports) (Article publié online dans Science du 11 juillet : abstract :
http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/1072266v1?maxtoshow=&HITS=10&hits=10&RESULTFORMAT=
&titleabstract=poliovirus+cDNA&searchid=1027347455622_4075&stored_search=&FIRSTINDEX=0&fdate=6/1/2002&tdate=7/31/2002
Voir aussi à ce sujet l'article "Polio made from scratch" paru sur le site de Nature on line: http://www.nature.com/nsu/020708/020708-17.html
Eckard Wimmer http://www.uhmc.sunysb.edu/microbiology/Wimmer.html


Fractales
JPB 18/07/02

livre SapovalBernard Sapoval a été interrogé par Stéphane Deligeorges le 18 juillet dans Continent Sciences de France-Culture. Ceci nous a permis de mieux connaître ce physicien et ses travaux, ainsi que plus généralement le problème des fractals (ou fractales). Mais pourquoi Bernard Sapoval n'a-t-il pas cité les publications de Stephen Wolfram, qui éclairent d'un jour nouveau la question de la génération de structures complexes à partir de règles simples (voir notre dossier consacré à Stephen Wolfram). Il nous parait difficile de les ignorer aujourd'hui qu'elles sont connues de tous.

Bernard Sapoval est l'auteur d'un ouvrage sur le sujet : Universalités et fractales -Coll . Champs, Éditions Flammarion 2000 dont la notice de l'éditeur dit ceci:
"Jusqu'aux années 1970, les seules lois physiques considérées comme universelles étaient celles qui régissent les interactions fondamentales entre les constituants de la matière. Deux faits nouveaux sont venus modifier ce paysage : - la reconnaissance des similitudes de comportements entre des systèmes pourtant gouvernés par des interactions internes différentes. Il s'agit là d'un nouveau type d'universalité, - la naissance d'un nouveau langage, celui de la géométrie fractale qui décrit des objets possédant une symétrie particulière. Dans cette géométrie, les parties ressemblent au tout, à une dilatation près. Or, précisément, la plupart des systèmes "universels" possèdent cette symétrie de dilatation. Bernard Sapoval introduit d'une façon simple aux fondements de la géométrie fractale, et notamment à ce que représente une dimension dont la valeur n'est pas un nombre entier. Chemin faisant, il explique certains concepts nouveaux en des termes dont la facilité et l'attrait évoquent les jeux d'enfants et qui ne sont pas nécessairement réservés à quelques initiés. Les fractales et l'universalité sont de formidables outils de classement des phénomènes et constituent un grand pas dans la réduction de la complexité. Bernard Sapoval nous indique comment la géométrie fractale est devenue le moyen indispensable à la description et à la compréhension des systèmes très irréguliers. Parallèlement, l'auteur met en lumière la façon dont s'articulent les différents rôles de la science dans le monde actuel et se livre à une réflexion originale sur la notion de complexité. Cet ouvrage a été couronné par le prix de la culture scientifique et technique du ministère de l'Education nationale."

Pour en savoir plus
Bernard Sapoval http://pmc.polytechnique.fr/bs/
Vincent Fleury - Arbres de pierre , la croissance fractale de la matière- Éditions Flammarion 1998
Per Bak - Quand la nature s’organise, avalanches, tremblements de terre et autres cataclysmes - Éditions Flammarion, 1999


Catastrophe d'Ueberlingen
JPB 14/07/02

La catastrophe d'Ueberlingen, qui a été produite par la collision d'un Tupolev 154 de la Bashkir Airlines et d'un 747-cargo de DHL, dans la nuit du 1 au 2 juillet, pose de nombreux problèmes intéressant la sécurité aérienne, dont celui de la coexistence de systèmes de contrôles aériens nationaux ne se coordonnant en cas d'urgence que par l'intervention humaine des opérateurs au sol. Mais nous en voyons un autre, qui intéresse la fiabilité des automatismes par rapport à celle des hommes censés les mettre en oeuvre. Même si l'enquête est loin d'être terminée, il semble bien en effet que le système anti-collisions dont chacun des avions étaient doté ait fonctionné correctement, puisqu'il aurait commandé à l'un des pilotes de descendre, dans le cadre de la procédure d'évitement déclenchée en dernière minute, et à l'autre de monter. C'est l'ordre venu du contrôleur Suisse, auquel un des pilotes a obéit, qui a fait que cette mesure prescrite par l'automate n'a pas été réalisée, d'où le crash. Cet automate assure un "dialogue" entre les deux aéronefs pour leur prescrire des routes divergentes. Encore faut-il lui obéir.

Dans le livre Are we spiritual machines (dont nous rendons compte par ailleurs), Ray Kurzweil fait justice de la critique facile selon lesquelles les automatismes (au moins dans les systèmes à sécurité renforcée) sont pleins de bugs générant des catastrophes. Ce n'est absolument pas le cas, dit-il. Dans l'immense majorité des cas, les erreurs sont humaines. La question sera de plus en plus à l'ordre du jour lorsque les automates intelligents seront chargés (ou se chargeront eux-mêmes) d'assurer notre sécurité en lieu et place de contrôleurs humains débordées par le grand nombre de données à traiter dans l'urgence, en cas de crise.

Pour en savoir plus
Dépêches http://fr.news.yahoo.com/020719/5/2oknb.html et  http://fr.news.yahoo.com/020713/5/2oc2k.html


Retour au sommaire