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Revue n° 29
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Démocratie
Face aux problèmes sociaux, à quoi servent la sociologie, la sociobiologie et la mémétique?
par Jean-Paul Baquiast 24/03/02

De plus en plus de gens, pour essayer de comprendre la société contemporaine et trouver des remèdes à ses maux, se tournent vers la sociologie, la sociobiologie et la toute nouvelle mémétique. Cette dernière se développe très rapidement, tout au moins dans les milieux déjà contaminés. De nombreux articles sont écrits, de nombreux messages s'échangent sur les listes de discussion de l'Internet. Face à un problème quotidien comme la violence des jeunes, en France, tout ceci sert-il à quelque chose ? L'appel à ces sciences, et notamment l'appel à la mémétique, permettra-t-il des observations jusque là non faites, ou des solutions autres que celles régulièrement envisagées. Nous pourrions nous poser la même question dans le cas des affrontements israélo-palestiniens, mais ce problème est si chargé historiquement qu'il vaut mieux ne pas l'aborder dans le cadre d'un court article.

Rappel et définitions.

Prenons comme cas d'étude le phénomène dit de la violence des jeunes, constamment évoqué par les médias aujourd'hui. Nous désignerons par ces mots deux situations paraissant souvent liées: la violence scolaire et la violence dans les quartiers dits défavorisés (incivilités, petits délits, agressions caractérisées). On exclura la question plus générale de la violence potentielle des enfants, qui peut se révéler dans tous milieux et chez tous individus, lors de circonstances favorisantes.

Quelles sciences paraissent le plus adéquates pour caractériser et comprendre le phénomène ?

En premier lieu vient la sociologie. La sociologie est l'étude de la société par ce que nous appellerons des méthodes classiques : entretiens, observations "ethnographiques", études de cas, enquêtes, statistiques, rapports. Un bon exemple d'application de ces méthodes est le rapport que vient de présenter Eric Debarbieux, directeur de l'observatoire européen de la violence scolaire, à l'Institut des hautes études pour la sécurité intérieure. (L'oppression quotidienne, rapport non encore publié sur le site  de l'IHESI http://www.ihesi.interieur.gouv.fr/board.php).

Vient ensuite (ou devrait venir) la sociobiologie : la sociobiologie est l'étude de la société faisant appel à ce que l'on sait des déterminations génétiques acquises ou innées. Ce que l'on nomme les gènes commandent d'une façon d'ailleurs complexe, mal connue, des comportements basiques, acquis souvent dans les espèces animales ou chez les ancêtres de l'homme moderne, mais toujours actifs aujourd'hui.

En troisième lieu vient la mémétique : la mémétique est l'étude des représentations qui circulent entre les individus et les groupes et se transmettent par imitation : modes, slogans, etc.

Ces trois approches doivent évidemment être conjuguées, puisque la vie réelle ne peut se réduire à des explications uniques. Les chercheurs en conviennent volontiers, et s'efforcent d'étudier des phénomènes de co-détermination ou co-évolution. En France, les sociologues traditionnels ignorent souvent (ou rejettent par ignorance) la sociobiologie et la mémétique. Le rapport Debarbieux en est un bon exemple.

Quel est l'objet des études? Ces dernières ne visent généralement pas une connaissance théorique. Elles ont pour objet, d'abord, à partir de l'observation, de comprendre ce qui se passe, afin d'éviter les préjugés, malentendus et erreurs. Elles ont pour objet ensuite de suggérer des solutions qui ne soient pas irréalistes, c'est-à-dire qui n'ignorent pas les déterminants des attitudes, afin de ne pas proposer des remèdes inapplicables ou aggravant les difficultés.

Ajoutons que les études devraient comporter une part d'auto-questionnement, c'est-à-dire une mise en question par la science à laquelle on fait appel, de la position des chercheurs ou de ceux qui font procéder à la recherche. Les uns et les autres constituent des populations qu'il serait nécessaire de situer en termes empruntés à la sociologie classique, ou par rapport à l'influence des gènes et des mèmes s'exerçant sur eux. Ce travail n'est généralement pas fait par les chercheurs. Il ne leur est d'ailleurs pas demandé. Ceci met un doute sur la pertinence des observations et des remèdes suggérés.

Les études présentent d'abord une analyse

Revenons au cas examiné ici, la violence des jeunes. La sociologie fera le premier travail de terrain, indispensable pour caractériser qualitativement et quantitativement les situations étudiées. C'est ce qu'a réalisé, dans le cas des phénomènes de bande dans les quartiers dits difficiles, ainsi que pour les situations de victimisation en résultant, l'équipe ayant produit le rapport Debarbieux.

La sociologie, complétée le cas échéant par les apports d'autres sciences humaines, procédera ensuite à un certain nombre d'explications. On évoquera par exemple, comme causes de la violence, le chômage, l'exclusion, les habitats dégradés, l'immigration, etc. Il s'agit en général d'arguments connus depuis des années, et répétés lors de chaque analyse. Ils sont souvent considérés comme correspondant à un regard politique jeté sur le monde, ce qui veut dire que leur scientificité est régulièrement contestée.

La sociobiologie fournira ensuite une seconde catégorie ou couche d'explications. Beaucoup de gestes ou postures collectifs et individuels liés aux bandes et à l'occupation des quartiers évoquent des comportements génétiquement programmés : hiérarchies de dominance ou pecking order, occupation et marquage du territoire, affrontements à l'intérieur des espèces ou entre espèces, etc. On retrouve aussi les rituels sous contrôle plus ou moins génétique liés au passage de l'enfance à l'âge adulte, à la sexualité, etc. La sociobiologie pose directement la question de l'efficacité de remèdes qui ne supprimeraient pas les causes. Si un comportement est génétiquement programmé, et comme on ne peut envisager de modifier les gènes, comment concilier l'expression de ceux-ci avec des mesures atténuant leurs effets néfastes, dans des sociétés où ces comportements génétiquement programmés ne sont plus aussi utiles à la survie que dans les forêts primitives ? .

La mémétique apportera enfin une troisième couche d'explication, en montrant l'effet de la circulation des mèmes sur les comportements individuels et collectifs. Les mèmes sont censés se développer "égoïstement", c'est-à-dire en fonction des opportunités que leur offre le terrain. Ils entrent en compétition darwinienne les uns avec les autres. Dans l'ensemble cependant, on peut observer une adéquation et des effets de renforcement entre gènes et mèmes. Ainsi, les mèmes illustrant le chef, la tribu, les affrontements inter-tribaux (gestes, vêtements, tags, musiques, etc.) prospéreront, parce qu'allant dans le sens des déterminations génétiques, par rapport à ceux pouvant illustrer l'altruisme, l'effacement ou la simple politesse. D'un autre point de vue, les mèmes religieux traditionnels prônant par exemple la subordination de la femme trouveront plus facilement accueil dans des groupes déterminés par un pecking order strict que dans des groupes plus ouverts. Il y a en fait une correspondance entre les terrains définis par les gènes et les mèmes particuliers qui s'installent sur ces terrains. La compréhension de la relation entre ces deux catégories de facteurs aide beaucoup le diagnostic.

L'analyse, nous l'avons dit, devra inclure le chercheur et celui pour qui il travaille. Les uns et les autres obéissent certainement, même quand ils se veulent objectifs, à des déterminations qu'il faut étudier, ne fut-ce que pour les transcender : regard d'exclusion à l'égard de l'autre, tentation de recours à la violence au moins symbolique pour résoudre les difficultés, élitismes divers, etc. Si ce travail n'est pas fait, aussi complètement que possible, les analyses et surtout les remèdes proposés seront rejetés notamment par ceux auxquels ils sont censés proposer des solutions acceptables. Ils y verront, par exemple, une tentative d'asservissement venant de plus fort qu'eux, ou plus simplement du mépris.

Les études proposent ensuite des remèdes et formulent des préconisations

Il ne suffit pas d'analyser ou observer (bien que les "observatoires" soient devenus très à la mode dans l'approche des problèmes sociaux). En général, les études sont engagées pour préconiser des remèdes aussi pertinents et efficaces que possible.

Faut-il prendre en compte les groupes ou les individus ? Ce sont les individus qui sont les porteurs des gènes et des mèmes, mais ceux-ci s'expriment prioritairement dans les groupes. L'action sur les groupes viendra donc d'abord. Les individus ne seront visés par des mesures spécifiques que dans les cas où ils sortent de la moyenne (présence de pathologies, comportements criminels avérés, etc.).

Que sont les préconisations relevant de la sociologie? Nous avons vu qu'elles sont recommandées depuis des années, sans aboutir à résoudre ni même diminuer les situations auxquelles elles sont censées porter remède. De plus, elles supposent des bouleversements politiques profonds, dont l'opinion ne veut pas en général, parce qu'elle ne voit pas la profondeur de l'enracinement des causes déterminantes. Faut-il, pour lutter contre un phénomène qui n'est peut-être que passager, la violence des jeunes, engager les changements  lourds permettant de lutter rapidement contre le chômage, la mauvaise insertion, le racisme ? On verra donc les préconisations, d'ailleurs rapides et plutôt superficielles, s'opposer. Il y aura des politiques dites de prévention, visant à transformer les infrastructures sociales censées conditionner les individus, qui s'opposeront aux politiques de répression visant à éliminer les individus supposés meneurs. Mais les unes et les autres, mésestimant la force des causes génétiques et mémétiques, paraîtront vite soit angéliques, soit inutilement répressives. De toutes façons, elles seront déconsidérées par leurs mauvais résultats. Les oppositions politiques qui se raviveront enlèveront alors tout caractère scientifique aux débats. La violence des jeunes ne cessera de se répandre et de s'aggraver en attendant.

Les préconisations relevant de la sociobiologie ne chercheront pas à supprimer les causes, c'est-à-dire les déterminismes d'ordre génétiques ni leurs manifestations directes. Pour les sociobiologistes, il s'agit d'une tâche impossible. On sait par exemple que, si une mesure de police élimine un leader ou une bande devenu criminels, le déterminisme génétique fera qu'une autre bande ou un autre leader émergeront immédiatement après. C'est ce qui se passe constamment dans les hiérarchies animales perturbées de l'extérieur. Elles se reforment parce qu'elles sont sous un contrôle génétique irrépressible. Aucun discours moralisateur ou répressif ne peut changer cela, même chez l'homme.

Par contre, les études sur l'animal, confirmées par les observations faites chez l'homme, montrent que les environnements contraints ou traumatisants exaspèrent les aspects auto-destructeurs de ces comportements. Si des hiérarchies ou des groupes par affinités existent partout dans les sociétés humaines, ces phénomènes ne prennent pas (en général) de caractère socialement insupportable quand les groupes considérés disposent d'espace, de moyens économiques, d'éducation. Au contraire, l'insupportable revient en force dans des situations comme l'enfermement carcéral. La sociobiologie recommandera donc en général, comme la sociologie préventive, des mesures visant à créer les conditions favorables à la diminution de la violence : mesures d'insertion, lutte contre le chômage, dialogue social, etc. Elle n'hésitera pas cependant dans les cas graves, à préconiser la répression - ceci pour écarter des individus ou des situations perturbateurs pour les autres. Un jeune violent peut être considéré comme un facteur provoquant un redoublement de violence dans une collectivité ayant à peu près maîtrisé jusqu'alors l'expression de ses gènes agressifs. On s'en méfiera et on voudra l'écarter comme on le ferait d'un animal anormalement agressif.

Les préconisations relevant de la mémétique, enfin, n'ont pas attendu l'apparition d'une science s'intitulant mémétique pour fleurir. Depuis longtemps, face à un phénomène comme la violence des jeunes, que nous étudions ici, on a mis en cause l'éducation ou l'absence d'éducation, les mauvais exemples, les films et télévisions violentes, l'imitation de personnages hors-la-loi considérés comme des exemples à suivre, etc. Ces critiques à l'égard de la mauvaise influence de certains thèmes n'ont d'ailleurs eu aucun résultat. On considère en général qu'il est impossible d'interdire réellement les films ou les exemples violents, ni même de limiter leur diffusion.

Qu'apporte alors de plus la mémétique? Nous abordons là le problème de fond posé à cette dernière. S'agit-il sous des mots plus savants, d'évoquer des faits ou des solutions connus depuis longtemps ? Disposons-nous au contraire avec la mémétique de moyens d'observations et d'actions nouveaux, qui pourraient, seuls ou combinés avec les autres sciences évoquées plus haut, offrir des perspectives d'action efficace nouvelles ?

Nous pensons que la mémétique, conjuguée avec la sociobiologie et la sociologie traditionnelle, a plusieurs avantages. Elle propose d'abord de considérer les mèmes comme des réplicateurs se propageant égoïstement dans les terrains favorables, au travers des individus qui ne sont que des véhicules "jetables". Les mèmes ou mèmesplexes (systèmes de mèmes associés pour se dupliquer) sont donc des facteurs déterminants à eux seuls. On ne devra pas les considérer comme relativement anecdotiques ou anodins. On entend dire par exemple souvent que les films violents n'ont pas d'effets sur les jeunes. Tout semble montrer le contraire. De même, les incitations à l'intégrisme religieux, à la haine raciale, à l'assujettissement des filles, sont des acteurs à part entière dans l'incitation à la violence chez les jeunes. Si on veut lutter contre les violences que ces mèmes provoquent, il faut s'en prendre directement à ces mèmes ou à leurs sources, et non pas les considérer comme sans influence. Ceci obligera à consacrer des études beaucoup plus sérieuses qu'elles ne le sont actuellement au rôle des mèmes (traduisons : au rôle des idées, des idéologies, des mystiques, des images et modes, etc. ) ainsi qu'à la typologie des mèmes, à la façon dont ils peuvent ou non s'opposer ou s'unir, bref à un paysage encore fort mal connu.

On verra en particulier que ces mèmes peuvent se répandre en dehors des terrains où ils prolifèrent pour contaminer des milieux jusqu'à présents non atteints. En d'autres termes, les mèmes propageant la violence chez les jeunes risquent, si rien n'est fait, d'envahir des jeunes et de moins jeunes de plus en plus nombreux.

Ces considérations seront indispensables pour envisager le cas échéant des mesures préventives en profondeur à l'égard des mèmes considérés comme particulièrement nuisibles, ou à l'égard de ceux qui les répandent. Reprenons l'exemple de la violence valorisée dans les films, à la télévision et dans certains jeux vidéo : violence masculine, violence routière, violence alcoolique. Il ne faudra pas hésiter, si on constate qu'elle induit en partie la violence des jeunes, à la réprimer, quelles que soient les protestations des auteurs au nom de la liberté de la création.

Mais, second point que la mémétique souligne, c'est qu'il ne suffit pas de vouloir remplacer un mème violent par un autre propageant une morale de l'altruiste ou du partage pour que la substitution se fasse. L'interaction entre le terrain (lui-même largement sous contrôle génétique) et le mème rendra cette substitution inefficace. Il faudra donc changer simultanément, non le terrain génétique (nous avons vu que c'était pratiquement impossible) mais les conditions d'ensemble permettant aux gènes violents d'offrir aux mèmes également violents l'occasion de se répandre. Il faudra si on peut dire assécher ces derniers en les coupant de leurs sources. On retrouvera alors les mesures politiques, d'ordre préventif ou répressif, préconisées par la sociologie traditionnelle ou par la sociobiologie pour lutter en profondeur contre la violence.

Dans la mesure notamment où les phénomènes de violence sont souvent générés par des groupes où des mèmes collectifs prennent le contrôle des consciences individuelles, on pourra envisager soit les mesures visant à empêcher que ces groupes ne se forment, soit des mesures favorisant la mise en place de groupes antagonistes (rondes d'habitants par exemple). Cette seconde solution paraîtra dangereuse à beaucoup, parce que pouvant contribuer à généraliser les affrontements, sur le mode des milices urbaines concurrençant les forces de police. Mais sans doute serait-elle nécessaire en cas de situations véritablement dégradées.

Ajoutons, comme nous l'avons indiqué plus haut, que la mémétique devra inciter le chercheur à s'analyser lui-même, si faire se peut, au moment où il propose des solutions. De quels mèmeplexes est-il lui aussi le porteur quand il cherche à réparer une situation complexe comme la violence des jeunes, jeunes auxquels il est très étranger, parce qu'ils sont souvent issus de l'immigration et de milieux pauvres, s'adonnent à des activités illicites que sa morale réprouve, et vivent dans des quartiers défavorisés dont tout l'éloigne ?

A quoi serviront des études scientifiques incorporant la mémétique?

Finalement, pouvons nous conclure que  des études conjuguant trois sciences différentes, la sociologie traditionnelle, la sociobiologie et la mémétique, permettront pour le traitement d'une difficulté sociale et politique majeure comme l'est la violence des jeunes plus de compréhension du phénomène et des solutions plus efficaces que le seul appel à la sociologie traditionnelle? Concrètement, le rapport que nous avons pris comme exemple, celui d'Eric Debarbieux, aurait-il gagné à s'enrichir des contributions de la sociobiologie et de la mémétique, ce qu'apparemment, si on en croit les extraits publiés par la presse, il n'a pas fait ?

Constatons une chose, c'est que ce rapport, s'il décrit avec quelque pertinence, on peut le supposer, les situations de terrain qu'il a pris comme sujet d'étude, ne renouvelle guère les propositions et remèdes à opposer au phénomène de la violence - sauf à dire qu'il faut "déconstruire les évidences" en évitant les remèdes simplistes.

Nos trois sciences conjuguées feraient-elles mieux ? Elles montreraient sans doute, comme nous avons essayé de le faire, que le phénomène étudié, la violence des jeunes, prend ses racines dans des déterminismes très implantés. Ceux-ci ne céderont pas à des mesurettes. Si la société civile et politique juge le phénomène insupportable car contaminant l'ensemble de l'ordre social, elle devra investir de très gros moyens humains et matériels pour réintégrer les jeunes en difficulté dans un système qui les a exclus. Il est certain alors que la répression ne suffira pas. Il faudra par exemple que l'impôt (en Europe et pas seulement en France, évidemment) finance pendant le temps qu'il faudra des emplois productifs permettant aux jeunes intéressés de retrouver le chemin du travail et de la civilité. Ils pourront ainsi améliorer leur propre cadre de vie et acquérir des compétences professionnelles et une culture générale leur permettant de mieux maîtriser les effets de gènes et de mèmes violents inévitables dans des sociétés primitives, mais qui devraient disparaître dans les sociétés plus complexes où ils doivent trouver leur place.

Mais il faudra que ces sociétés acceptent de payer le prix de l'investissement humain, en faisant des économies sur des dépenses de consommation peu prioritaires au regard de la réinsertion de leurs jeunes en difficulté. On se retrouve alors loin des pratiques du libéralisme économique cher à la gauche comme à la droite.

Nous nous trouvons donc, grâce à ces nouvelles approches scientifique, incités à prendre les problèmes sociaux, notamment ceux nés de la mondialisation, dont fait partie notre exemple, la violence des jeunes, très au sérieux. Plutôt que chercher des effets d'annonce, il faut procéder à des observations, des études, les discuter le plus largement possible. Mais il faut aussi envisager des mesures lourdes et coûteuses permettant de remédier aux plus urgentes des difficultés. Ces sciences ne nous proposent donc pas de solutions miracles mais des pistes de résolution de problèmes pouvant être reprises dans des programmes politiques crédibles. De plus, le fait de poser les problèmes et tenter de les résoudre en utilisant les moyens de communication offerts par les réseaux modernes facilitera les nécessaires prises de conscience internationales communes.


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