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Revue n° 28
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Billet
Du nouveau dans l'édition scientifique?
par Maurice Ronai
Source: message diffusé dans la liste interne@temps-reels.net et repris avec l'autorisation de l'auteur.

Cela bouge sur le front de la propriété intellectuelle.

L 'an dernier, des milliers de chercheurs avaient lancé une pétition pour demander aux revues scientifiques de mettre en libre accès les articles dans un «délai raisonnable» après publication. Coup sur coup, deux initiatives relancent le débat.

La Budapest Open Access Initiative appelle les chercheurs a publier en ligne leurs textes à travers un systeme d'archivage distribué (pair à pair). www.soros.org/dev/manifesto

L'initiative de Budapest propose deux pistes.

La première passe par la création de nouvelles revues scientifiques à comité de lecture, accessibles exclusivement en ligne. «Elles seront financées dans un premier temps par des fondations, annonce Stevan Harnad. Une des fondations du financier George Soros a offert un premier financement de 3 millions de dollars (3,3 millions d'euros). A terme, les articles seront financés par des cotisations des institutions scientifiques.». Un système de répartition permettra aux laboratoires pauvres de publier leurs travaux.

Comme il semble difficile de créer rapidement des centaines ou des milliers de revues, les signataires du texte misent sur une seconde méthode, plus radicale et qui menace directement le monopole des revues scientifiques. "Nous avons beaucoup travaillé sur le plan juridique et nous avons trouvé une solution inattaquable", avertit Stevan Harnad. Rien n'empêche en effet un chercheur de publier sur l'Internet le manuscrit initial, dont il est seul propriétaire, ainsi qu'un fichier de correction séparé. Les revues n'ont de droits que sur le manuscrit définitif qu'elles publient. «C'est moins pratique à lire qu'un article unique, mais aujourd'hui près de 100 % de la littérature scientifique n'est pas accessible», commente Stevan Harnad. Son université diffuse librement le logiciel qui permettra la mise sur pied d'une gigantesque bibliothèque scientifique sur l'Internet.

Avant même que le texte ne soit public, près de trois cents chercheurs et une trentaine d'institutions (universités, bibliothèques, etc.) ont signé
l'appel.

L'autre initiative est française.

L'association HyperNietzsche a officiellement lancé mercredi 13 février 2002 une lettre ouverte intitulée : " Public Archives of The Humanities " : Pour un accès numérique au patrimoine culturel (http://www.hypernietzsche.org/path/).

Elle fait suite au colloque organisé les 21 et 22 janvier 2002, à l'E.N.S. de Paris, et qui portait sur L'open source dans les sciences humaines:
modèles ouverts de recherche et de publication sur Internet (http://www.hypernietzsche.org/events/os/index.html).

En voici le texte :

Pour un accès public au patrimoine culturel

Avec cette lettre ouverte, nous invitons les autorités publiques à se poser les trois objectifs suivants:

- Favoriser l'accès numérique au patrimoine culturel en encourageant la numérisation et la mise à disposition sur Internet des fonds documentaires conservés par des bibliothèques, des archives ou des musées publics. Cela signifie soutenir encore davantage les grands projets de numérisation émanant de l'Etat, des bibliothèques, des musées et des archives, mais également créer un cadre juridique donnant la possibilité à tout projet de recherche, à tout chercheur, et même à tout citoyen qui le demande, de pouvoir numériser et diffuser des documents ou des objets appartenant au domaine public.

- Repérer les moyens juridiques nécessaires à garantir le travail quotidien des enseignants et des chercheurs dans le respect du droit d'auteur. Pour ce faire, une réflexion doit être menée concernant l'adaptation du droit de la propriété intellectuelle aux nouvelles pratiques dans l'enseignement et la recherche.

- Développer une sensibilité et une philosophie publique qui prenne en compte et cherche à définir ­ à côté des droits des auteurs, des nécessités des conservations et des exigences des grands projets de recherche ­ les droits du lecteur.


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