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N° 5
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Actualité

Une perspective de première importance: les réseaux d'automates industriels
JP.Baquiast 17/01/00

Le 15 janvier 2000 a été annoncée la fusion entre les deux "géants" français de la basse tension et des automatismes industriels, Schneider Electric et Legrand. Cette fusion aboutit à créer le numéro un mondial du secteur. Bien que la Bourse, toujours à courte vue, ait modérément salué l'opération, nous ne pouvons que nous en réjouir, non seulement en termes de compétitivité économique et industrielle en général, mais parce que la fusion ouvre la voie, espérons-le, au développement de nombreuses technologies très avancées, non seulement dans les équipements électriques, les réseaux basse tension, l'usage de ces derniers à la distribution de l'Internet, mais surtout la mise en réseau des automates industriels.

Ce dernier point concerne une évolution peu connue du grand public, mais d'importance majeure, notamment dans les domaines qui nous occupent ici. Cela s'appelle transparent factory ou distributed factory: des systèmes industriels ouverts, utilisant Internet, et reliant entre eux des machines et robots industriels. Ces réseaux s'appliqueront d'abord à la surveillance et à la maintenance des grandes infrastructures de transport (gaz, électricité, transports terrestres). Mais au-delà de cela, le concept va permettre le développement de machines autonomes, communiquant par intranet, se répartissant les tâches et les disponibilités. Ce sera l'amorce de robots et de gestion intelligents au plan mondial. Il est évident que de tels développements induiront des perfectionnements en chaîne, tant dans les domaines de la mécanique que des logiciels - ainsi, évidemment, qu'en ce qui concerne les usages. Tous les grands manufacturiers sont potentiellement intéressés. La concurrence sera rude.

D'autres applications sont en perspectives. La plus innovante concerne la technologie des courants porteurs (utilisation du réseau basse tension pour transporter voie et données). Toutes les applications et produits domotiques sont plus ou moins liées à ce progrès décisif, jusqu'ici interdit à EDF par les autorités de régulation.

De nombreux partenariats entre le nouveau groupe et des industriels français et étrangers existent déjà ou sont en projet, pour exploiter ces divers créneaux. Citons notamment Thomson Multimédia et France-Télécom .


International forum on globalization (IFG) et technologies
JP.Baquiast 17/01/01

L'IFG (voir La gazette  d'Admiroutes N° 27 http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/00-2709/index.htm) organise les 24 et 25 février 2001 à New York un "teach-in" sur les technologies et la mondialisation. L'IFG soutient en général des thèses auxquelles adhèrent tous ceux qui veulent éviter qu'une recherche de croissance guidée par le profit immédiat ne détruise les équilibres écologiques et n'aggravent les difficultés des pays pauvres. Néanmoins la façon dont est présenté le thème des technologies paraît quelque peu inquiétante:

"Our society places all its bets on technology as the panacea for our ills. But it may be time to reconsider. Far from Paradise-on-Earth, we are rolling toward ecological collapse: rapid climate change and rising seas; ozone holes; loss of species and habitat; accelerated cancer rates; terminal forms of air, water, and soil pollution, as well as unprecedented levels of social, political, and personal alienation and despair. All are rooted in the excesses of technology. Now a terrifying (?) new generation of technologies — from biotechnology to eugenics to robotics to nanotechnology —are raising the stakes and bringing unprecedented new threats to the planet. Meanwhile the new telecommunications technologies that we had hoped would bring democracy and empowerment may be producing the opposite: rampant commercialization, global corporate concentration and mergers, and centralization rather than decentralization."

En gros ce texte nous dit que la technologie, loin d'être la panacée à tous nos maux, mène à un effondrement écologique et politico-social. Mais cele ne sera rien au regard des nouvelles et terrifiantes générations de technologies: biotech, eugénisme, robotique, nanotechnologies. D'ores et déjà les réseaux de télécommunications renforcent la concentration économique et politique.

Cet amalgame, qui met dans le même sac l'eugénisme, la robotique et les nanotechnologies (?) peut conduire aux conclusions les plus rétrogrades, comme aux mises en garde les plus utiles. Mais, même en ce domaine, il faudra ne pas seulement inquiéter les gens, mais proposer des alternatives concrètes, notamment en termes politiques, permettant un contrôle citoyen qui ne soit pas le paravent d'intérêts plaidant la "deep ecology" pour leurs propres business. La liste des intervenant fournie est en tous cas une sorte de gotha de tout ce qui compte dans ce que l'on pourrait appeler l'antiglobalisation éclairée aux Etats-Unis. Je n'y trouve pas un Français, comme prévisible. Dommage que ne participent pas certains chercheurs en biotechnologie, robotique, nanotechnologie, susceptibles d'ouvrir des perspectives plus rassurantes et constructives que celles présentées comme "terrific".  Mais peut-être figurent-ils dans la rubrique "and many others". http://www.ifg.org/nyc.html  


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