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No 14
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 Dossier
Projet de Livre Blanc
De l'image numérique à la réalité virtuelle. Eviter un nouveau retard français

J.P. Baquiast

Il a été décidé lors de la dernière réunion de l'Arénotech, tenue à Laval lors des journées Laval-virtual (Voir ci-dessous et http://www.automatesintelligents.com/manif/2001/mai/arenotech.html ) de préparer un Livre Blanc permettant de sensibiliser aux enjeux de l'image numérique (de l'image numérique à la réalité virtuelle) et aux risques d'un retard français, si ces enjeux continuent à être mal perçus par l'opinion. Un tel travail entre dans les sujets d'intérêt de notre magazine. D'où la décision de présenter ses développements ici , sous forme de dossier.

Le document ci-dessous, propose un projet de plan pour le Livre Blanc, qui pourra notamment être discuté et complété par les autres associés de l'Arenotech, dans la perspective d'une publication à la rentrée 2001.

Nous vous invitons à participer à ce travail, dont nous vous tiendrons informés au fur et à mesure de son avancement. Merci d'adresser vos contributions sur l'une ou l'autre de nos boîtes à lettres.

1. L'explosion de l'image numérique

Il convient ici de rappeler les spécificités de cette forme de représentation, et les développements actuellement en cours

La numérisation de l'image aux origines (2D)

Les applications dans l'édition classique

Les applications dans l'édition en ligne

Les applications scientifiques et techniques

L'image et la modélisation 3D

Les applications dans les jeux électroniques

Les applications dans les arts graphiques

Les applications scientifiques et techniques

La réalité virtuelle

On insistera ici sur les aspects réellement nouveaux de ces techniques

Nous reprendrons la définition de la Réalité Virtuelle, telle que présentée excellemment par Benoît Kuhn, dans le numéro spécial Réalité Virtuelle de PIXEL (n° 58 de mai-juin 2001) http://www.pixelmag.com/: "Certains mélangent maintenant les termes "images de synthèse" et "réalité virtuelle". Le mois dernier encore, une revue se disant spécialisée en infographie (mais il est vrai plutôt tournée vers le grand public) citait Jar Jar Binks (l'extraterrestre en 3D héros du dernier film Star Wars I) "comme exemple du devenir des avatars". Ce qui voudrait donc dire que tout personnage 3D est un avatar, et tout film avec des effets numériques une réalité virtuelle...

Evidemment non. Le concept de Réalité Virtuelle suppose deux choses. D'abord, la réalité virtuelle doit être immersive et entourer le spectateur soit directement (avec écrans ou lunettes par exemple), soit indirectement (le spectateur est représenté par un avatar à l'intérieur du monde virtuel). Et puis, ce spectateur (ou son avatar) doivent pouvoir se déplacer dans cet environnement virtuel, voire même interagir avec lui ou avec les autres participants. Cela va donc plus loin qu'un simple film, et les applications potentielles sont très variées".

C'est en fait toute la réalité virtuelle qui se trouve impliquée, en incluant ses relations avec la robotique et l'intelligence artificielle. Faut-il aller jusque là dans le cadre de ce projet de Livre Blanc. On peut penser que, comme le thème est aussi mal connu des décideurs, en France, que celui de l'image numérique stricto sensu, il serait tout à fait utile de l'évoquer.

Les applications dans les jeux électroniques

Les applications dans les arts graphiques

Les applications dans le design et l'architecture

Les applications industrielles et commerciales

Les applications médicales

Les applications scientifiques

Les métiers impliqués

Informaticiens, Electroniciens (immersion)

Ingénieurs concepteurs et applicatifs

Dessinateurs, Graphistes

Editeurs en ligne et webmestres

Les industries impliquées

Dans le domaine des matériels et de l'environnement du virtuel

Dans le domaine des logiciels

Dans le domaine de l'offre de services

La presse. La presse en ligne

- Pixel : http://www.pixelmag.com/
- etc.

2. Position des acteurs français vis-à-vis de la compétition internationale

Estimation des moyens humains, des moyens financiers et des entreprises du secteur de l'image numérique présents sur le marché, au regard de la situation dans d'autres pays développés.
D'une façon générale, la France dispose de beaucoup de potentialités, au plan des start-up, mais celles-ci sont gênées, voire contraintes au changement d'activité, par l'absence d'un marché tiré par de grands donneurs d'ordre ou par une prise de conscience suffisante des consommateurs éventuels.

Présence et poids des acteurs publics
On rappellera le rôle et l'activité des principaux acteurs, par exemple l'INA : www.ina.fr

Existence et activité des pôles-images ou formes d'implantation analogues
On présentera :
- Laval. Mayenne Technopole : http://www.mairie-laval.fr/franc/decoulav/actueco/techno.htm déjà cité, par Guy Lebras
- le Pôle image d'Angoulème, http://www.charente-developpement.com/pole.html et Magelis, pôle de création d'images http://www.magelis.org/home/home.asp, par Alain Magnan.
- le Pôle image d'Annecy, qui se développe à partir du Festival des films d'art et d'animation http://www.annecy.org/fr/default-fr.asp, par Hughes Frei
- le Pôle image de Strasbourg, particulièrement orienté sur la recherche scientifique, en cours de mise en place, par Marie Eve Tayot (Sgare Alsace)
- le PRISM d'Aubervilliers http://www.leprism.org/, par Barthélémy Martinon. Voir aussi le Métafort  http://www.metafort.org/
- etc.

Recensement des manifestations scientifiques, artistiques, commerciales constituant des lieux de regroupement et de diffusion périodiques
On citera :
- Laval-virtual : www.laval-virtual.org
- le Festival des films d'art et d'animation d'Annecy : http://www.annecy.org/fr/default-fr.asp
- la World digital imaging Convention de Strasbourg 2001 : www.worldim.net
- etc.

Présence des acteurs français à l'étranger

Participation aux programmes européens

La pénétration ou l'influence des compétiteurs étrangers
On rappellera à cet égard les grandes lignes de la compétition dans le domaine culturel de l'image et de l'édition électronique, notamment dans le domaine des nouveaux médias.

3. Diagnostic d'ensemble

La présence des acteurs français dans l'ensemble du secteur est-elle satisfaisante ?
D'une façon générale, un premier diagnostic conclura à la négative, avec le risque d'une prise de retard inquiétant. On s'efforcera de donner des exemples.

La prise de conscience des entreprises françaises susceptibles de tirer le marché par leurs commandes est-elle satisfaisante ?
D'une façon générale, un premier diagnostic conclura à la négative, avec le risque d'une prise de retard inquiétant. On s'efforcera de donner des exemples.

La prise de conscience des Pouvoirs Publics et des collectivités locales, susceptibles au plan national ou local de mettre en place des politiques d'incitation, est-elle satisfaisante ?
D'une façon générale, un premier diagnostic conclura à la négative, avec le risque d'une prise de retard inquiétant. On s'efforcera de donner des exemples.

La sensibilisation du grand public est-il convenablement réalisée ?
D'une façon générale, ce qui se produit dans ce domaine découle surtout de la diffusion des produits culturels étrangers, notamment hollywoodiens ou ludiques. Les bénéfices pour l'offre française demeurent marginaux.

4. Propositions en conclusion

Il est trop tôt à ce stade de la rédaction de formuler des propositions précises.
Celles-ci pourront être regroupées dans les 5 domaines classiques :

Aide à la recherche-développement soutenue par des programmes publics (par exemple Action Concertée Incitative du ministère de la Recherche),

Aides à la formation professionnelle et à la reconversion-formation, notamment dans le cadre des nouveaux métiers,

Aide à la création culturelle, dans un cadre national ou européen. Sur ce plan, beaucoup d'institutions pourraient consacrer une part plus importante de leurs budgets au virtuel (par exemple les musées). Mais les réticences "conservatrices" sont grandes. On retrouve là des phénomènes de blocage bien connus en France, vis-à-vis de l'Internet,

Développement des initiatives et des créations en réseau, sur un mode décentralisé, public, ou associatif-non marchand, ou marchand, afin de créer des ensemencements favorables à la diffusion en profondeur auprès du public. Ceci concerne tout autant les grandes politiques publiques (éducation nationale, aide à l'insertion) que les initiatives citoyennes ou privées,

Rappel de l'insuffisance des infrastructures en France  et obstacles plus généraux au développement de l'Internet. Tant que les connexions à l'Internet, par exemple, seront aussi difficiles et coûteuses, les applications 3D ou virtuelles, grosses consommatrices en débit,  ne pourront se développer.


Rappel
L'Arénotech et les pôles-images en Europe

L'Arénotech (Art, Education, Nouvelles technologies en Europe) est une associaition européenne créée à l'initiative du Groupe de recherche et d'analyse en 1995 à l'occasion d'une réunion organisée au Laboratoire de recherche des musées de France. Elle est née officiellement de l'Appel de Venise lancée au Musée Correr le 24 avril 1996.

Le nouveau site de l'Arénotech http://www.arenotech.org/ donne un certain nombre d'indications utiles sur l'association, ses activités, ses objectifs. Il est conseillé aux membres d'en compléter les rubriques.

L'Arénotech intéressera notre magazine par l'importance croissante qu'y prennent les images numériques et la réalité virtuelle, ainsi que par les travaux en réseau que l'association favorise entre "Pôles image", collectivités locales, créateurs-auteurs, grand public.

Dans le cadre de la manifestation Laval-Virtual 2001, une réunion des principaux Pôles images membres de l'Association a été organisée, afin de faire le point des réalisations et envisager des synergies éventuelles.
François d'Aubert, maire de Laval, y a présenté la technopole (Laval Mayenne technopole http://www.mairie-laval.fr/franc/decoulav/actueco/techno.htm et le VRIC 2001 Virtual réality international conference http://www.laval-virtual.org/).

La journée s'est poursuivie par la présentation d'un certain nombres de Pôles images :
- Laval. Mayenne Technopole : http://www.mairie-laval.fr/franc/decoulav/actueco/techno.htm déjà cité, par Guy Lebras
- le Pôle image d'Angoulème, http://www.charente-developpement.com/pole.html et Magelis, pôle de création d'images http://www.magelis.org/home/home.asp , par Alain Magnan.
- le Pôle image d'Annecy, qui se développe à partir du Festival des films d'art et d'animation http://www.annecy.org/fr/default-fr.asp, par Hugues Frei
- le Pôle image de Strasbourg, particulièrement orienté sur la recherche scientifique, en cours de mise en place,  par Marie Eve Tayot (Sgare Alsace)
- le PRISM d'Aubervilliers http://www.leprism.org/, par Barthélémy Martinon. Voir aussi le Métafort  http://www.metafort.org/
- Le Pôle Valencia (Espagne) qui a été développé à partir de 1990,  avec l'aide de la Commission Européenne, afin de multiplier les applications  des collectivités locales dans la Généralité de Valence. Dans une seconde étape, une Cité des arts et Sciences a été mise en place. Une 3e étape assure la dissémination de l'expérience acquise dans un certain nombre d'autres pays européens. A partir du site-portail Infoville, il est possible d'accéder à une grande quantité de collectivités locales offrant un nombre considérable de services aux administrés, d'une façon très intégrée. Nous sommes là en avance d'une dizaine d'années par rapport à ce qu'offrent des collectivités locales en France. Malheureusement, l'accès est réservé aux usagers enregistrés. Suggestion: installer un site de démonstration, en accès libre. http://www.infoville.net/ . Présentation par Régis Cazenave.

Discussion

Les points suivants méritent d'être soulignés, suite à ces présentations :

partout, le concept de pôle image s'avère trop restreint. Il convient dorénavant d'y associer tout ce qui est image numérique et surtout Réalité Virtuelle et virtualité, définie comme interactivité permanente entre le site et le spectateur-acteur,
au-delà de la Réalité Virtuelle, apparaît la nécessité de liens avec les recherches scientifiques sur la vie artificielle, la robotique, l'intelligence artificielle. L'image doit être conçue comme un interface de navigation et de contenus avec les automates. Dans ces perspectives, des relations plus nombreuses avec les laboratoires de recherche, universitaires ou privés, seront à organiser, suivant l'exemple de Strasbourg,
le besoin d'échanges d'expérience entre pôles régionaux devient maintenant prioritaire. S'il fallait sans doute laisser les initiatives se développer librement, en fonction des spécificités locales, une mise en réseau s'impose désormais. Ceci permettra d'échanger méthodologies, références d'applications, contenus, actions de communication. L'Arénotech, grâce aux contributions de ses membres les plus actifs, doit intensifier son action en ce sens,
les participants ont souligné, tout au moins en France, le manque général de sensibilisation des Pouvoirs Publics aux enjeux de l'image et de la réalité virtuelle. Un nouveau retard français risque d'apparaître. Les quelques élus promoteurs des premières réalisations n'ont pas encore été suffisamment suivis, ni sans doute appuyés. Les entreprises, de leur côté, semblent encore peu conscientes des perspectives de marché qui s'ouvrent à elles. On est loin en France, par exemple, de l'avance intellectuelle et technologique atteinte par d'autres pays européens, ou, bien évidemment, par le Québec francophone (voir par exemple le site Laval-technopole au Québec http://www.lavaltechnopole.qc.ca/)
on ajoutera que des participants à la journée, travaillant dans les start-up de l'image, ont regretté le manque de statut des personnels (par exemple chez les info-graphistes), leur manque d'organisation professionnelle et, par conséquent, l'exploitation à laquelle ils sont obligés de se soumettre (journées de 60 à 70 heures, absence de congés...).

Conclusion

Il a été convenu que, pour faire connaître les réalisations et perspectives du domaine, insister sur les enjeux et proposer des actions visant à rattraper le retard national, l'Arénotech produirait vers la rentrée 2001 au plus tard un manifeste ou Livre Blanc, auquel elle s'efforcera d'assurer la plus large diffusion.


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