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Les automates
intelligents robotique, vie artificielle, réalité virtuelle information, réflexion, discussion |
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| Jean-Paul Baquiast
Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr |
10 mai 2001 |
Revue n° 12
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Editorial
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
Faut-il déjà des comités d'éthique en matière de robotique ?
Certains correspondants s'étonnent de ne pas nous voir évoquer les questions d'éthique en matière de robotique ou de vie artificielle ? Ce point, qui n'a pas fait en France, que nous sachions, l'objet de réflexions "institutionnelles", relève encore de la conscience de chacun. Faudrait-il aller plus loin ?
Sur le fond, il est évident que les recherches intéressant la robotique pourront poser, au fur et à mesure qu'elles se développeront, des questions d'ordre moral ou politique. Les auteurs de Science-fiction en font un de leurs thèmes préférés. Mais, compte tenu de la jeunesse de telles recherches, ces questions ne semblent pas encore d'actualité, du moins en comparaison de celles que posent aujourd'hui les développement de la médecine ou de la génétique.
Il est pourtant possible d'imaginer que des chercheurs ou des industriels développent des automates pouvant présenter des dangers pour l'homme, que ce soit dans le domaine civil ou militaire. On peut penser que, dans cette perspective, le cadre légal s'imposant à la science et à la technique dans les pays occidentaux suffira quelques années encore à éviter d'éventuelles tentations de dérapage. Toutes les activités dangereuses relèvent de la loi, et l'opinion n'exige pas qu'elles soient soumises à la censure d'éventuels comités d'éthique. Ceux-ci seraient plus utiles dans le secteur des armes à feu ou celui de l'automobile.
Ce sera lorsque les symbioses entre vivants et systèmes automates se développeront, en rendant plus floues les limites entre l'artefact, le vivant et l'humain, que la question se posera vraiment. Mais il faudra s'efforcer à ce moment de ne pas défendre des conceptions archaïques du vivant et de l'humain, qui correspondraient à un éventuel conservatisme intellectuel ou moral, sinon à la protection d'intérêts professionnels s'estimant menacés par les nouvelles sciences. L'éthique, malheureusement, comme le droit plus généralement, permet l'intervention de personnes ou organismes sans légitimité particulière, recherchant là une façon de se faire connaître, voire entretenir par la collectivité. La tendance peut être alors d'inventer des problèmes ou risques qui ne se posent pas, en cherchant à alerter l'opinion par des images spectaculaires. Ce n'est d'ailleurs pas d'aujourd'hui que la peur des robots humanoïdes, par exemple, est exploitée à divers titres.
Notre expérience de l'Internet est significative. Nous voyons en permanence s'exprimer des philosophes, sociologues ou juristes dénonçant les risques inouïs, selon eux, des réseaux, souvent dans le seul but d'être invités à venir parler dans les médias, toujours friands de mises en garde spectaculaires, fussent-elles infondées. Il en résulte que des populations déjà spontanément effrayées par la technique (comme nous n'en avons que trop en France) en profitent pour se recroqueviller sur des positions passéistes, qui risquent d'entraîner progressivement une inadaptation mortelle.
Il ne faudrait pas que le même phénomène se produise en ce qui concerne les développements extrêmement prometteurs, y compris en termes philosophiques et moraux, des sciences et techniques de la vie et de l'intelligence artificielles.
Le meilleur gage en matière de protection contre d'éventuels risques, en dehors de faire confiance aux réflexes éthiques des chercheurs et développeurs, consiste pour le moment en la transparence des recherches. La transparence rend possible les dialogues, les questionnements, les contestations. Elle pourra le moment venu, espérons-le, lorsque des solutions de plus grande ampleur seront proposées à nos sociétés, permettre que celles-ci aient acquis suffisamment de maturité démocratique pour en assurer la maîtrise collective.
C'est à cette transparence que, dans sa modeste sphère, s'efforce de contribuer notre revue.
Concernant l'éthique et la philosophie morale, on pourra lire avec avantage "L'inquiétude morale et la vie humaine", livre de Monique Canto-Sperber, directeur de recherche au CNRS, sorti au PUF en 2001, ainsi d'ailleurs que tous les autres ouvrages de cet auteur http://puf.ornis.fr/livres/22417246a.html.
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