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Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr
Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr

No3
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Bric-à-brac
maj jpb 21/12/ 12h00

Les robots sous-marins de France-Télécom Marine.

L'on sait sans doute que France-Télécom possède la 3e flotte mondiale de navires câbliers, dotés de 4 puissantes unités. Celles-ci posent des milliers de kilomètres de câbles en fibre optique, à des vitesse et à des profondeurs surprenantes pour le non-initié. Le record de -8.000 mètres a été atteint par le Fresnel. Mais l'on sait sans doute moins que le câblier ne se borne pas à larguer le câble par dessus bord, comme une vulgaire ligne de fond. Il utilise toute une gamme de robots perfectionnés, pouvant travailler à - 2OOO m. : charrues Elise et Elodie pour la pose et l'ensouillage, ROV Hector pour l'inspection, le post ensouillage et la réparation. Ces robots sont fabriqués par une société filiale de France Télécom, la SIMEC. D'autres robots tractés ou non sont également utilisés. Ici une photo du Scarab.

Pour en savoir plus
http://www.marine.francetelecom.fr/

.


Louis de Bonis, paléontologue spécialisé dans les primates fossiles

Continents Sciences de France Culture (21 décembre) présente  la carrière et les grandes découvertes de ce célèbre paléontologue, Professeur à la faculté de Poitiers. Partant des "clades" actuels (classement des primates modernes), le chercheur retrace l'histoire de l'hominisation, telle qu'elle s'est manifestée au sein des lignées de primates disparus, notamment de ceux qui se sont rapprochant progressivement de ceux ayant découvert la marche. Il s'agit des hominidés (ensemble plus vaste que celui des hominiens) où l'on trouve le Proconsul.(10 à 20 millions d'années avant le présent).  Il est clair que tous les chercheurs travaillant sur l'origine du langage et de la pensée ne peuvent que s'intéresser à la primatologie en général, et à la paléontologie des hominidés en particulier. Mais les liens possibles avec les recherches sur la vie artificielle sautent également aux yeux. D'où le scandale, soit dit en passant, du mépris avec lequel l'homme d'aujourd"hui continue à traiter les primates modernes, en sous-estimant, plus ou moins volontairement, leurs aptitudes à l'intelligence et à la conscience. Voir aussi Sciences et Avenir Janvier 2001. Ce peuple singe qui dérange.

Pour en savoir plus:
- Dr. Louis DE BONIS Laboratoire de Géobiologie, Biochronologie et Paléontologie humaine Faculté des Sciences UNIVERSITE DE POITIERS
- Dossier Pour La Science, coordonné par Yves Coppens, La saga de nos ancêtres, avec un article de Louis de Bonis http://www2.pourlascience.com/dossiers/dossier-22/sommaire.htm
- La famille de l’Homme, par Louis de Bonis .L’Homme n’est pas à part parmi les primates, qui constituent sa famille. L’auteur interroge cette parenté, à partir des fossiles traditionnellement discutés mais aussi à partir des primates actuels, des lémuriens aux grands singes. Louis de Bonis pense avoir trouve un lointain ancêtre de l'homme qu'il a baptisé John Paul. Celui-ci vivait en Grèce du Nord. Donc les origines de l'humanité ne seraient pas strictement africaines. Pour commander en ligne http://www.minerauxetfossiles.com/boutique/librairie/livres_modernes/livres_modernes.htm


Eve Solal, enfin en vraie grandeur

Nous avons eu le plaisir, sur le France2 de 20h, ce jour 20 décembre, de voir évoluer de longues minutes la ravissante Eve Solal, créature de la société française Attitude Studio, spécialisée dans le multimédia, le 3D, le virtuel animé. Les spécialistes connaissaient déjà depuis quelques semaines son existence, mais le grand public la découvre enfin. Des techniques très sophistiquées permettent de simuler ses mouvements à partir d'éléments de squelette, puis d'un corps nu, et enfin d'une jeune personne comme vous et moi...je devrais plutôt dire comme vous et moi pourrions la rencontrer dans un bar. Nous sommes certains que cette charmante nouvelle venue, ou d'autres futurs membres de sa probable future famille, ne manqueront pas de trouver plein d'emplois dans l'art, le commerce et la publicité. Mais elle fera aussi fantasmer beaucoup de gens en mal d'idéal féminin. J'entends déjà les commentaires... Sérieusement, nous reviendrons sur ce thème très important des relations entre le virtuel et le vivant, notamment dans l'art et l'imaginaire, au sein d'une rubrique que nous allons prochainement ouvrir. JPB 20/12/00


Un portail consacré à la robotique ludique : http://www.pekee.fr

Wany, entreprise dirigée par Erwann Lavarec (voir article dans notre numéro précédent) vient de lancer un portail consacré à la robotique ludique (http://www.pekee.fr).
Ce portail, qui vise principalement le public des adolescents, vient aujourd'hui combler une lacune. Organisé autour de huit entrées principales ("Les robots sont là"; "Je veux jouer"; "Manifestations, clubs et assos"; "Ah la culture!" ; "Les informations sur la toile"; "J'adore l'IA"; "Je veux construire mon robot"; "Les magazines"), il constitue une mine de renseignements. Vous y apprendrez notamment que le constructeur Honda vient de présenter son nouveau robot humanoïde Asimo (petit frère du P3) ou que Sony vient de développer le SDR-3X, robot de forme humanoïde capable de marcher et de danser. Vous y trouverez également les meilleures adresses où acheter pièces et composants nécessaires à la construction de votre propre robot, naviguerez sur les meilleurs sites traitant de l'intelligence artificielle, découvrirez l'histoire des robots les plus célèbres...
L'ensemble constitue un portail haut de gamme, chaque site proposé ayant été passé au crible et analysé par les meilleurs experts (derrière Wany se cache en effet une équipe de roboticiens et chercheurs en intelligence artificielle). Les commentaires sont donc des plus avisés, les choix proposés toujours judicieux. Chaque internaute peut également déposer son propre commentaire, indiquer ses sites favoris.
J'avoue que l'idée de venir y proposer le site automatesintelligents et d'y déposer mon commentaire m'a effleuré l'esprit. Pas besoin, puisqu'en naviguant au gré des pages, je me suis aperçu que le site y était déjà référencé!

18/12/2000 Christophe Jacquemin


La Californie veut mettre des capteurs internet partout, dans la terre et dans le corps humain ...

http://www.calit2.net/news.html#cnr

Le California Institute for Telecommunications and Information Technologies, dirigé par Larry Marr, le célèbre créateur du premier logiciel de navigation sur le Web, Mosaic, a reçu une subvention de 300 millions de dollars de l'état de Californie pour "étendre la portée du réseau dans le monde physique". Avec cette subvention qui couvre les 4 prochaines années, l'institut va ouvrir la voie au réseau du futur : un Internet se fondant dans le monde physique. L'Institut donne l'exemple des ponts et autoroutes qui, après une catastrophe naturelle, pourraient faire parvenir aux autorités compétentes des rapports électroniques listant les dommages encourus, grâce notamment à des capteurs placés dans les points "sensibles" des infrastructures. Des senseurs introduits dans l'asphalte des routes pourraient fournir des données en temps réel sur la densité et la vitesse du trafic. Mais les objets inanimés ne seront pas les seuls à pouvoir communiquer : nos corps pourront eux aussi être mis en réseau. Il est déjà possible d'imaginer un système qui permettrait de consulter les battements cardiaques de dizaines de milliers de personnes âgées. Ce projet ambitieux revêt un double aspect, il s'agit d'une part de stimuler l'économie de l'information pendant les 20 prochaines années et, d'autre part, d'améliorer la qualité de vie des habitants grâce à la télésurveillance médicale individualisée.

Source: @RT Flash (Sénateur Trégouët)  retransmis par roger.amgot@wanadoo.fr

En fait, ce projet montre comment la dissémination des capteurs et des effecteurs d'un vaste robot social, utilisant non seulement Internet mais des Entrées-sorties et des interfaces hommes-machines sophistiqués, prépare la voie à ce que certains appelleront des collectivités intelligentes, et d'autres de dangereux systèmes de traçage. A cela s'ajouteront évidemment des modèles de simulation des comportements physiques et vivants donnant de la pertinence aux informations recueillies, et permettant d'esquisser des stratégies adaptatives valant soit pour le très court terme (réaction à des catastrophes) soit pour le moyen et long terme. Nous reviendrons prochainement sur ces questions à partir d'un article que nous a promis un de nos correspondants, Florian De Vuyst, Simflux/CMLA ENS de Cachan. JPB 17/12/00


Arts numériques. Le site Panoplie.org

Ce site est produit par Bruno Samper et une équipe installée à Montpellier. Il mêle intelligemment différentes ressources numériques, beaucoup d'imagination créatrice et même quelques réflexions confinant à la critique sociétale. Divers d'espaces ou tableaux visent à simuler une espèce de vie organique propre. Il vaut certainement que l'on s'y attarde, et que l'on suive les développements futurs qu'il ne manquera pas de prendre. http://www.panoplie.org

Source Le Monde 7 décembre 2000


Arts numériques. Le site de Patricia Piccinini

Mutant génome projetPatricia Piccinini est une artiste australienne  mêlant sur son ordinateur, les objets réels, virtuels et des concepts inspirés de la bionique (atmosphere, autoshpere et biosphere, she says) . On consultera sur son site  http://www.patriciapiccinini.net/ , entre autres, la page consacrée au Mutant genome project http://www.patriciapiccinini.net/pp/tmgp.htm de 1996. Déjà un peu ancien, mais toujours intéressant.

Source Futur(e)s Décembre 2000. Les artistes du e-nième art


Robots de recherche d'information réalisés par Christian Schérer, Adminet

Le serveur Adminet http://www.adminet.com est d'utilisation quotidienne par des milliers d'internautes du monde entier. Il fournit chaque jour des centaines de liens sur de nouveaux sites, ainsi que de nombreux regroupements méthodologiques. Il utilise pour cela des robots logiciels dont le concepteur, Christian Schérer, nous propose l'accès aux sources: http://admi.net/secret.html  (NB: réservé aux informaticiens!) .

JPB 13/12/00


Le projet Theolab de l'Université Friedrich-Schiller

Source: service scientifique de l'Ambassade de France à Berlin.
Systèmes autonomes et Intelligence artificielle.

Comment un robot peut-il apprendre de façon autonome à reconnaître un obstacle et à le contourner habilement? Un atelier d'experts internationaux en développement et commande neuronales de systèmes autonomes s'est penché sur cette question a l'université Friedrich-Schiller. "Notre but est de développer des systèmes intelligents, qui découvrent l'information d'eux-mêmes et prennent des décisions en conséquence. En pratique, il peut s'agir de robots modernes comme d'agents logiciels sur internet" affirme le professeur Frank Pasemann.

L'objectif de cet atelier était de rassembler des chercheurs de la robotique, informatique, neurosciences et biologie pour présenter et échanger des idées sur les systèmes autonomes intelligents. Pour plus d'information, visiter le site du laboratoire du Professeur Pasemann : http://www.theorielabor.de

Source : Communiqué de l'université Friedrich-Schiller ( Iena)

Nos compléments d'information

logo TheoLabProjet TheoLab Forschungsstelle für Strukturdynamik und Systemevolution  http://www.theorielabor.de/
Ernst-Haeckel-Haus
der Friedrich-Schiller-Universität Jena

Traduction résumée: "Le projet Theolab est basé au laboratoire Ernst-Haeckel-Haus, Friedrich Schiller University (Iéna). Il est financé par le ministre de la recherche, de la science et des arts de Thuringe. Il vise à développer des concepts et méthodes pour l'analyse de la dynamique et de l'évolution des systèmes complexes. Il repose sur les fondements et les applications des théories de formation de structure et de comportements émergents dans les systèmes adaptatifs. Parallèlement, le projet inaugurera un dialogue transdisciplinaire sur ces thèmes. Il diffusera son approche méthodologique par des séminaires, et aidera aux transferts de technologie vers la recherche appliquée et l'industrie.
La recherche sera axée sur les caractères dynamiques des systèmes modulaires (specific dynamical features in modular systems). La priorité sera mise sur   les cerveaux artiificiels et biologiques, mais les processus non-linéaire en écologie et en économie seront également étudiés.
Les applications seront centrées sur l'informatique médicale, l'ingénierie logicielle pour les bases de données étendues et complexes, le contrôle non-linéaire des processus dynamiques en biotechnologie et robotique. Dans une phase initiale, les techniques dynamiques non linéaires seront principalement appliquées au diagnostic médical, notamment à l'analyse des électro-encéphalogrammes (EEG). "

Trois séminaires ont déjà été tenus:
-1.-2. Déembre 2000 Evolution and Neural Control of Autonomous Systems, TheorieLabor.
-3. 4. Décember 1999 New Trends in Theoretical Biology, TheorieLabor
-25 Novembre 1999 Workshop: Neurokontroller für Autonome Systeme

A titre indicatif, voici le Programme du séminaire de décembre 2000:

- Phil Husbands, University of Sussex, Brighton
Retinas, Gases and Robots: Evolving Biologically Inspired Artificial Nervous Systems
- Michael Herrmann, MPI of Flow Research, Göttingen
Dynamical Systems for Predictive Control of Autonomous Robots
- Ralf Der, University Leipzig
Situated Neurons Create Situated Behavior
- Maciej Komosinski, Poznan University of Technology
Evolution of Realistic Autonomous Agents
- Richard Duro, University of La Coruna
Evolving Complex Behavior Architectures: Strategies for Behavior Reuse and Virtual Sensors
- Frank Pasemann, University of Jena
Can Evolved Neurodynamics Solve Complex Behavior Tasks?
- Public evening lecture (in German) Rolf Pfeifer, University of Zurich
Verkörperte Intelligenz: Morphologie, Materialien und Denken
- Tortsen Reil, University of Oxford
Evolution of Realistic Bipedal Walking in Simulation
- Dario Floreano, Swiss Federal Institute of Technology, Lausanne
Evolution of Plastic Networks for Autonomous Robots
- Stefano Nolfi, Italian National Research Council, Rome
Evolutionary Robots: Beyond Reactive Intelligence
- Werner Ebeling, Humboldt University Berlin
Complex Dynamics of Stochastic Agents with Energy Supply
- Hartmut Witte, Rèmi Hackert, University of Jena
Biologically Inspired Construction of a Walking Machine - from Development to Evolution?
- Christian Erfurth, University of Jena
Does a Mobile Agent Need Intelligence?

On trouvera le contenu des conférences précédentes à partir de la page http://www.theorielabor.de/TO_RE_ACTIVITIES.HTM
Aucun conférencier français n'a participé à ces conférences.
JPB 13/12/00


Le codage des émotions par les mouvements faciaux

 Kismet, robot sociable du MIT  © Peter Menzel
© Peter Menzel

La Recherche (décembre 2000, p.76) relit, selon l'une de ses bonnes habitudes, un article de Paul Ekman de décembre 1980, consacré à l'expression des émotions. La relecture, faite par Monique de Bonis, rappelle la thèse de P. Ekman, plaidant pour l'universalité des expressions faciales des émotions, indépendante des cultures. Cette thèse était aussi celle de Ch. Darwin (The expression of emotions in man and animals, 1872) ce qui montre en passant l'ouverture d'esprit de ce grand savant. Pour prouver cette hypothèse de l'invariabilité, qui n'a jamais vraiement été discutée, Eckman proposait des systèmes de codage à partir d'unités faciales types. Aujourd'hui, avec les progrès de l'imagerie cérébrale, des structures neuronales spécialisées ont été identifiées. Il existerait une cartographie cérébrale de la perception des émotions, que l'observateur humain doit apprendre à interpréter (ne fut-ce que pour "survivre").

Ces travaux présentent un nouvel intérêt aujourd'hui: On a pu élaborer des systèmes de traitement automatiques des expressions faciales. Les troubles neurologiques en cas de défaut de perception sont plus facilement mis en évidence.

Mais nous voyons personnellement bien d 'autres applications. D'abord, il ne faudrait pas se limiter aux expressions faciales, mais à l'ensemble de la gestuelle corporelle dans la mesure où celle-ci apparait codifiée. Ensuite, il faudrait rechercher les points d'intercommunication communs entre hommes et animaux, sur la bade de ces expressions et gestuelles. Tous ceux qui fréquentent des animaux en soupçonnent la grande richesse. Enfin et surtout, nous aurons là de nombreuses possibilités d'échanges entre êtres vivants (animaux compris) et automates. Ces derniers interpréteraient les comportements humains pour répondre dans les mêmes termes. Mais à l'inverse, ils pourraient proposer aux êtres vivants, dans le cadre d'une sélection évolutive, des signes originaux d'échange, voire de nouveaux types de stéréotypes pouvant avoir à terme une répercussion sur la programmation génétique du codage des émotions.

Pour en savoir plus
- sur Paul Ekman Page personnelle http://mambo.ucsc.edu/psl/joehager/pekm.html
Présentation. The mind and Life Institute http://www.mindandlife.org/bios/ekman.html   http://www.mindandlife.org/
The face recognition home page http://www.cs.rug.nl/~peterkr/FACE/face.html Nombreuses références. Voir notamment la française Dominique Valenta, IMSA http://www.u-bourgogne.fr/d.valentin/

- sur Monique de Bonis, article de RFI  http://www.rfi.fr/fr.txt/Kiosque/Mfi/ScienceTechnologie/190997-6.html  " La science s’attache aux molécules ou encore décrit les structures nerveuses à l’oeuvre dans nos comportements. Elle sonde aussi les mimiques, tente de voir ce qu’il y a derrière nos gestes, nos attitudes, quelles sont les opérations mentales qui les gouvernent. Les émotions ne sont pas seulement des réactions à des stimulations, mais des états mentaux complexes. C’est à quoi travaille par exemple Monique de Bonis, directeur de recherche au CNRS dans un laboratoire de psychopathologie et auteur de « Connaître les émotions humaines » (éd. Martaga, 1996). "
JPB 12.12.00


Intel promet d'ici cinq à dix ans un microprocesseur dix fois plus puissant qu'aujourd'hui

11 décembre 2000

Illustration de la loi de Moore (doublement du nombre de transistors sur une puce tous les 18 mois (c) IntelDans un communiqué daté du 11 décembre 2000, le groupe Intel promet d'ici cinq à dix ans un microprocesseur d'une puissance de l'ordre de 10 gigahertz (contre 1,5 gigahertz aujourd'hui), intégrant plus de 400 millions de transistors d'une taille proche de l'atome, pour une puissance s'approchant de la vitesse de réaction du système nerveux
Une véritable prouesse puisque la grille de transistors devrait avoir une épaisseur de 30 nanomètres* (contre130 aujourd'hui), soit de l'ordre de trois couches atomiques. Pour mieux fixer les idées, disons qu'il faut  un empilement de 100000 de ces couches pour atteindre l'épaisseur d'une feuille de papier. Une miniaturisation qui permet dès lors de multiplier par dix le nombre de transistors par rapport au meilleur état de l'art actuel (pentium 4 : 42 millions de transistors).
Avec cette annonce -dont débattaient notamment aujourd'hui  à San Fransisco les scientifiques et ingénieurs au cours de l'"International Electron Devices Meeting"-, Intel montre que les chercheurs auraient réussi à s'affranchir des problèmes de chaleurs inhérents à la miniaturisation, source de dégradation  des matériels (le microprocesseur opérerait à moins d'1 volt). Ce saut technologique résiderait dans la nouvelle composition chimique des transistors, composition que le groupe garde aujourd'hui jalousement secrète.
Avec de tels microprocesseurs devraient arriver sur le marché -et dans moins de dix ans- des ordinateurs grand public pouvant effectuer quelque10 milliards d'opérations par seconde, pour un prix de l'ordre de 10000F : des performances équivalentes à celles de calculateurs professionnels dont le coût se monte aujourd'hui à plusieurs millions francs.

*Milliardième de mètre

Source : communiqué de presse :  Intel Develops World's Smallest, Fastest CMOS Transistor
Christophe Jacquemin


Jean-Didier Vincent à FOR INTERIEUR France Culture 10 décembre 2000 19h30, avec Olivier Germain Thomas

Présentation de France Culture: "Jean-Didier Vincent, neurobiologiste, professeur des Universités, directeur d'un Institut du CNRS, a été, dans le domaine de la biologie, un des pionniers de la neuroendocrinologie qui étudie notamment les interactions entre glandes et système nerveux. Ses études scientifiques font autorité et ont été traduites dans le monde entier. Mais pour lui la science se conjugue avec les aspects ludiques de la vie : les passions, l'art, Casanova, le diable, Faust ou les divers plaisirs des sens... C'est ce scientifique artiste que l'émission tentera de saisir. Dernières publications : "Faust, une histoire naturelle", "La Chair et le diable", "Pour une nouvelle physiologie du goût" (avec Jean-Marie Amat), (Odile Jacob, 2000) et "Dispute sur le vivant" (avec Jacques Arnould), (Desclée de Brouwer, 2000)."

L'entretien, bien qu'intéressant, laisse un certain malaise. L'on sent un homme qui, bien que se disant détaché de la foi, est resté très imprégné du sens du péché et d'on ne sait quelle religiosité sous-jacente, héritée d'une enfance dont il ne semble pas encore vraiment sorti. C'est également un scientifique qui met de la coquetterie à ne pas parler de ses travaux - alors que, selon nous, si l'Université vous paie pour faire des recherches que vous aimez, vous avez le devoir d'en faire profiter les autres. Il aurait pu nous dire des choses passionnantes sur le langage des primates, mais il a éludé. C'est enfin un monsieur qui, sans doute trop courtisé par les médias, a tendance à s'écouter parler sans guère de sens de l'humour. Ceci dit, notre rôle est de mieux faire connaître son travail scientifique. Voici donc quelques références:

- sur son principal ouvrage Biologie des Passions, Odile Jacob 1983, un interview de Culture en Mouvement N° 15 de Mars 1999  http://www.carmed.org/interview.htm#INTERVIEW Il faut noter que ces 15 dernières années, de nombreux physiologistes et neurologistes ont insisté sur le rôle des sécrétions endocrines dans la détermination du comportement global, ainsi que les sites spécialisés du cortex frontal gérant les "passions". Celles-ci, ou les comportements ainsi dénommés, jouent un rôle aussi important dans l'adaptation au monde que les aires orientés vers des traitements davantage computationnels. L'idée a été reprise brillamment par Antonio Damasio, qui en a fait un thème central de son oeuvre. Sur cette base, Jean-Didier Vincent , contrairement à Damasio, propose des considérations assez confuses sur la liberté.

- Ethique et neurosciences. 1999 Rapport présenté devant l'Unesco http://www.unesco.org/ibc/fr/actes/s3/chap1.html A lire. Honnête définition des neurosciences, ainsi que leurs limites actuelles. L'accent est mis, peut-être avec excès (mais n'est-ce pas la raison d'être d'un discours  se voulant "éthique"?) , sur les dangers de déviance: " Si les neurosciences sont porteuses d'espoir notamment dans le domaine de la santé mentale, elles sont aussi un terrain particulièrement dangereux pour les manipulations génétiques et pour l'utilisation de la pharmacologie et de l'informatique à des fins comportementales. Instrument possible d'atteinte à la liberté et à la dignité de la personne, les neurosciences peuvent aussi être la source empoisonnée qui risque d'alimenter les pires idéologies." On pourrait presque dire la même chose de l'utilisation de l'aspirine. Nous ne pensons pas que ces mises en garde soient fondées. Elles se bornent à éloigner des neurosciences de braves chercheurs humanistes, laissant le champ libre aux vrais manipulateurs. Nous retrouverons tous ces débats dans le domaine de la robotique.

JPB 11/12/00


Le RNRT lance un appel à projet dans le domaine des usages
Le Réseau national de la recherche en télécommunications (RNRT)* lance un appel à projets, jusqu'au 22 janvier 2001, dans le domaine des usages afin de "stimuler les coopérations" entre équipes de sciences humaines et sociales et industriels du secteur des télécommunications (voir le communiqué de presse). Le RNRT "souhaite soutenir des projets ciblés et réalisables dans un temps bref (6 à 12 mois), sur des approches originales des usages. Un consortium type associera au moins un laboratoire public et un laboratoire industriel. La présence d'experts en sciences humaines est indispensable et celle d'experts techniques appréciée quand elle est pertinente".

L'appel à projet propose plusieurs axes de travail tels que "le suivi des usages d'objets nouveaux, soit de manière autonome soit en accompagnement des projets existants, par exemple des projets et plates-formes d'expérimentations soutenues dans le cadre du RNRT". Le projet peut aussi porter sur "l'explication, par les méthodes des sciences sociales et cognitives, des usages pour des services déjà largement diffusés", "le développement d'outils et de méthodes permettant le recueil et l'analyse des archives électroniques existantes ou à constituer, qui témoignent des pratiques des utilisateurs" ou "l'évolution des cadres économiques et juridiques".

Les projets labellisés seront dévoilés en mars 2001. Les projets coopératifs retenus pourront être soutenus par le ministère de la Recherche ou le secrétariat d'Etat à l'Industrie du ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, au cas par cas.

*http://www.telecom.gouv.fr/rnrt : ce réseau a été mis en place en 1997 par le ministère de la Recherche et le secrétariat d'Etat à l'Industrie
voir aussi :http://www.recherche.gouv.fr/technologie/reseaux/rnrt.htm

CJ - 08/12/2000


Invasion de rats artificiels

Le Mensuel Pour la science (http://www.pourlascience.com) de décembre 2000 mentionne différents travaux, auxquels nous avons déjà fait allusion, visant à élaborer une nouvelle espèce d'animats, le redoutable Ratus Computatrix, s'appuyant sur les connaissances acquises par la neurophysiologie du rat.

Le Koala

Nous avons d'abord le Khepera, qui fait partie de toute une famille, les K-robots, développés par l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Un dossier complet sur cette famille, et la méthodologie suivie, se trouve sur le site http://diwww.epfl.ch/Khepera/; En fait, le Khepera est le prédécesseur d'un robot présenté comme plus capable, et support de  plus nombreux développements, le Koala. Les deux sont proposés à la commercialisation, notamment pour les développeurs. Les objectifs pratiques recherchés sont les suivants:  "Easy to install (plug and play), Robust (no need of an electronic engineer to be consulted every week) Easy to program (standard or graphical programming environments) With a good computational power Modular (flexible configuration) Practical to use and ... not dangerous Low cost (as cheap as possible ...) " Bref, le rêve! Le site est assez complet: simulations, fiches techniques, etc.

Vient ensuite le travail de l'équipe d'Alain Berthoz, titulaire de la chaire de Physiologie de la perception et de l'action au Collège de France. http://www.college-de-france.fr/college/video/berthoz.html. qui étudie la perception et le contrôle des mouvements du corps, par des informations visuelles complétées d'informations internes (Ndlr: l'inverse est également vrai, en cas de défaillances de l'oreille interne ou du nerf vestibule, par exemple) Alain Berthoz est l'auteur, entre autres, de The Brain's sense of movement (2000) http://www.2think.org/brainmovement.shtml Voir aussi sa participation à un article collectif : Motor processes in mental rotation, écrit dans le cadre du projet Cog 1997 http://cogprints.soton.ac.uk/documents/disk0/00/00/06/55/ (texte intégral, html).

Pour La Science mentionne également les travaux menés à l'Université de Sheffield http://www.shef.ac.uk/ au sein de l' Adaptative Behaviour Research group http://www.shef.ac.uk/uni/projects/abrg/ On lira avec profit les pages consacrées aux projets de l'ABRG http://www.shef.ac.uk/uni/projects/abrg/bg/index.html: modèle computationnel des ganglions de la base, principalement responsables du contrôle du comportement - implémentation de ce modèle sur un robot mis en situation d'interaction - extension de l'étude du rôle des ganglions de la base aux comportements non-principalement moteurs, liés à la cognition.

Pour terminer, rappelons les travaux de Jean-Arcady Mayer et David Filliat à l'Animallab du LIP6. Leur robot construit des cartes cognitives de l'environnement, à partir d'informations topologiques et d'informations métriques. Ces cartes lui servent à se localiser et relocaliser, à partir d'une vision active par camera.

Il sera intéressant de rassembler des populations de semblables rats  computationnels pour les obliger à interagir, et développer les facultés élevées d'intelligence collectives dont font preuve leurs homologues surmulots bien connus des égoutiers parisiens.


Conférences-débats à la Cité des Sciences et de l'industrie.

Outre le dernier thème de l'année Bricoler le vivant , signalons que la Cité des Sciences a traité cette année plusieurs thèmes dont deux étaient d'un intérêt certain pour nous:
- Mars 2000 Agir sur le cerveau, deuxième thème du programme Oser le savoir, propose un état des lieux des connaissances et des enjeux liés à cet organe si particulier. Serons-nous un jour capables d’en comprendre le fonctionnement ? Quelles sont les interventions possibles aujourd'hui ? Quelles sont les thérapies de pointe ? Avec quels espoirs et quelles limites ? http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/affiche/savoir/droit_fs.htm
- Avril 2000 Les limites du possible. Les limites du possible fait état des avancées technologiques qui sont au cœur de notre vie quotidienne et montre leurs limites actuelles.Quels espoirs la science d’aujourd’hui permet-elle de nourrir dans les prochaines décennies ? Quels fantasmes notre imaginaire collectif construit-il et quelles barrières nous empêchent de les atteindre ? L’exposition souligne les différents types de blocages (scientifiques, économiques, industriels, culturels) qui jalonnent le développement technologique. Elle invite le visiteur à découvrir - autour de grandes tables-vitrines présentant maquettes, prototypes et objets emblématiques - trois grands champs scientifiques déterminants à l’aube du XXIème siècle : la fusion nucléaire, la pile à combustible, la micro et nanotechnologie. ( Ndlr dommage que l'on n'ait pas évoqué, à notre connaissance, la vie et l'intelligence artificielle)

Il est possible de télécharger certaines conférences. http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/affiche/savoir/telechargement/droit_fs.htm
Par exemple, les TRondes  sur "le plaisir", "Drogues et cerveau" et "Les limites du savoir".

Il est temps de faire connaître le programme pour 2001.


Physique quantique: allonger les accélérateurs, augmenter les cerveaux des physiciens, ou chercher autre chose?

Dans la remarquable émission de France Culture IN VIVO (5 Décembre 19h30) consacrée au premier centenaire de la physique quantique, les physiciens Claude et Gilles Cohen-Tannoudji, ainsi que le philosophe des sciences Dominique Lecourt, s'interrogeaient sur les limites de l'esprit humain face au formalisme de la physique moderne. Nous avons écouté avec beaucoup d'intérêt leur conclusion, en forme de question. Pour dépasser les barrières actuelles de l'indécidabilité, faudrait-il allonger sans cesse les accélérateurs de particules, afin d'obtenir des énergies toujours plus grandes? Ne faudrait-il pas plutôt rajouter des neurones aux cerveaux des physiciens, pour leur permettre de se représenter des choses qui leur échappent encore (habitués que sont ces cerveaux à ne traiter avec efficacité que les problèmes de subsistance des chasseurs-cueilleurs nos ancêtres). Ou, de préférence, ne faudrait-il pas inventer des cerveaux radicalement nouveaux, capables d'entrer si l'on peut dire en résonnance avec un - ou des - univers profondément étrangers à ce que nous pouvons imaginer. C'est là - nos intervenants ne l'ont pas dit, mais nous pouvons le suggérer à leur place - que pourraient intervenir utilement des cerveaux artificiels s'étant auto-organisés spontanément, dans le cadre d'une compétition darwinienne non programmée par l'homme, afin de résoudre des problèmes que nous n'aurions même pas su leur poser. http://www.radio-france.fr/chaines/france-culture/invivo/


Le robot de loisir de Sony sur tous les fronts

Entertainment Robot America (ERA) une division de Sony Electronics, a choisi la "technologie de l'expérience" de Viewpoint, http://www.viewpoint.com/ filiale de MetaCreations Corporation, premier fournisseur de technologie de diffusion broadcast, pour présenter la seconde génération de son robot de loisir AIBO ERS 210, sur son site  http://www.aibo.com  . Ceci démontre deux choses: 1. Sony a l'intention de vendre ses robots familiers dans le monde entier, ce qui ne manquera pas d'avoir des effets d'entraînement sans doute considérables . Aibo est présenté en particulier comme une plateforme de développement sur laquelle greffer divers modules et programmer soi-même des applications. - et  2., d'autre part, l'utilisation de séquences animées en 2D et 3D renforce considérablement l'attrait d'un site technique ou commercial. Voir http://www.eu.aibo.com/en/showtime/index.html Pourquoi s'en priver, lorsqu'on peut le faire? JPB 05/12/00


Rappel d'un excellent article de Jean-Arcady Meyer pour La Recherche : les animaux artificiels sont-ils pour demain

On relira avec intérêt, dans les Archives de la Recherche (N° 313, Octobre 1998), un excellent article de Jean Arcady Meyer: Les animaux artificiels sont-ils pour demain? L'article reste d'actualitéL'auteur fait le point des recherches en cours sur les "animats", aux Etats-Unis comme dans son laboratoires, autour des algorithmes génétiques. Une approche complémentaire de l'intelligence artificielle traditionnelle est en train de naître. Elle vise moins à reproduire l'intelligence de l'homme qu'à simuler les comportements adaptatifs qui permettent aux animaux de survivre. Il compare les résultats obtenus avec ce qui se passe dans la nature, par exemple chez l'escargot marin Littorina neritoides. Jean-Arcady Mayer nous a donné un interview récemment, où il présente ses travaux actuels. http://www.larecherche.fr/VIEW/313/03130461.html?req=numero%3C%3D337%3Cand%3Enumero%3E%3D294%3Cand%3Evarela%3Cand%3E%3Csauf%3Epublication%3Ccontenu%3ELa+Recherche+-+Livres%3Cand%3E%3Csauf%3Enumero%3Ccontenu%3E337 JPB. 05/12/00


Entretien avec Francisco Varela propos recueillis par Hervé Kempf pour La Recherche N° 308 avril 1998
voir http://www.ccr.jussieu.fr/varela/press_releases/LaRecherche308.html ou chercher dans les archives de La Recherche.

Bien que datant déjà de plus de deux ans, ce texte mérite une lecture approfondie. Francesco Varela, né en 1946, est neurobiologiste. Après avoir travaillé aux Etats-Unis, il est entré au CNRS, comme directeur de recherche. Il dirige l'équipe "Dynamique des Ensembles Neuronaux" au laboratoire LENA, Neurosciences Cognitives et Imagerie Cérébrale à l'hopital de la Salpêtrière. Il est également membre du CREA, Ecole Polytechnique. http://www.ccr.jussieu.fr/varela/index.html

Cet entretien est particulièrement intéressant pour nous puisqu'il discute les processus d'acquisition des connaissances et des langages, dans diverses espèces animales, ainsi que chez le robot Cog de Rodney Brooks. En réponse à ceux qui disent que le cerveau est un ordinateur neuronal produit par l'évolution (Steven Pinker par exemple), ou vision computationnaliste, F.Varela oppose la vision dynamique . Celle-ci repose sur l'hypothèse de "propriétés émergentes ou états globaux de l'ensemble des variables", dues à leur interdépendance intrinsèque. Il s'agit de variables biologiques, c'est-à-dire des activités neuronales (révélées par l'imagerie cérébrale) plutôt que des symboles. La cognition ne peut se comprendre que dans un organisme en situation (embodied cognition). Rodney Brooks a repris cette idée en lançant le concept de robot incarné dans un contexte matériel et un monde sensible. Le robot Cog de Brooks est comparable à l'enfant qui, contrairement à ce que pensait Piaget, n'acquiert pas  automatiquement vers 3 ans le stade de l'activité symbolique, mais ne le fait que s'il peut manipuler des objets (Esther Thelen).  Cog est seulement doté d'une boucle sensori-motrice efficace, qu'il testera dans un environnement dont il ignore tout, et qui lui permettra, non seulement de se débrouiller seul, mais d'acquérir des catégories universelles de classes d'objets, voire le langage.

Dans l'évolution, le système neuronal n'est apparu que  tard, chez les animaux, et plus particulièrement les animaux carnivores. Mais, jusqu'au jurassique, ils ne disposaient (c'est Varela qui l'affirme) que de boucles sensori-motrices élémentaires, ne permettant pas d'interactions entre animaux avec récurrences sensori-motrices . Le rencontre avec l'autre a permis la communication animale, par exemple chez les cétacés, mais le vrai langage ne se serait développé que chez les primates, il y a 1 million d'année.

Pour retrouver ces conditions chez le robot, deux options sont possibles: faire interagir des milliers de petits artefacts légèrement différents dans un contexte évolutif artificiel - ou créer de véritables animats avec un cerveau organisé selon des règles de dynamique neuronales, et des capacités d'interaction entre agents. C'est le choix de R. Brooks pour le Cog.

Cela ne signifie pas pour autant que l'évolution ne retienne que les adaptations optimales, supposant une correspondance exaxte entre l'organisme et le monde (théorie adaptationniste, représentée par S.Pinker). Il peut y avoir une "évolution douce" qui fait apparaître des solutions différentes les unes des autres, satisfaisantes dans le cadre d'une logique incarnée. La couleur du monde en soi n'importe pas aux animaux percevant les couleurs de façon spécifique à leur espèce, mais le fait que cette perception se soit révélée compatible avec leurs besoins d'action dans ce monde. Il y a certes sans doute un monde en soi, du moins à notre échelle, qui interdit aux animaux comme aux robots certains types d'action, mais hors les choses interdites comme impossibles, d'assez larges marges de maneouvres adaptatives demeurent.  

A ce niveau il faut distinguer conscience et expérience. L'expérience résulte de l'intégration de différents modules cognitifs fonctionnant ensemble. Il y a une expérience de chien, par exemple, voire une micro expérience de cafard. L'expérience est un "locus d'unités cognitives", partagées notamment par tous les mammifères (même l'homme, s'il s'en donne la peine). Le langage permet de faire apparaître la capacité réflexive, mais celle-ci ne devient conscience qu'en situation. Il faut qu'il y ait auto-description ou possibilité de se référer à sa propre expérience. L'expérience peut être considérable, tout en ne générant pas de conscience. C'est la capacité réflexive qui donne à la conscience son statut humain - liée aux capacités langagières. Ceci dit, la conscience a émergé "comme cela", et non pas parce qu'elle apportait un avantage sélectif.  Aussi bien il n'y a rien d'inacceptable dans l'idée d'une conscience artificielle, chez des artefacts dotés d'une identité sensori-motrice. Cog est déjà très proche d'un petit chien. Si on le fabrique au MIT, c'est parce que c'est possible, parce que c'est passionnant et parce que cela peut rapporter gros (gros contrats de l'exploration spatiale, par exemple).

NB: les jugements de Varela sur Pinker nous paraissent un peu catégoriques. Nous reviendrons ultérieurement sur les ouvrages de Steven Pinker.
JPB 03/12/00


  IBM investit dans les biotechnologies

Selon  une annonce en date du 29 novembre 2000, http://strubix.com/press/index.html Structural Bioinformatics http://strubix.com/sbi.html, une société de San Diégo spécialisée dans les algorithmes de calcul des protéines, vient de bénéficier d'un important investissement de IBM pour accélérer la découverte de nouveaux médicaments grâce à une modélisation plus rapide des molécules. SBI est spécialisé dans la modélisation en 3D de formes flexibles de protéines susceptibles de donner naissance à de nouveaux médicaments pour pratiquement, dit la compagnie, toutes les formes de maladies. L'objectif est d'enrichir les bases de données structurelles (propriétaires) dont SBI se veut le pourvoyeur au profit de ses clients américains et européens.

Pour IBM, cet investissement est destiné à conforter sa stratégie de fournisseur de moyens de calcul pour l'industrie des sciences de la vie. Le marché, selon Reuters, devrait passer de £3,5 milliards aujourd'hui à £9 milliards en 2003.

Pendant ce temps, de combien de crédits ou opportunités de développement disposent les laboratoires du CNRS ou les universités qui développent des modèles de molécules à finalité pharmaceutiques ?

Pour en savoir (un peu) plus sur les directions de recherche de SBI, voir http://strubix.com/research/index.html
JPB 02/12/00



La réalité augmentée  (source Chéri, j'ai augmenté le réel par Pierre Vandeginste, Futur(e)s n°2 de Décembre 2000

La nouvelle revue mensuelle Futur(e)s, consacrée comme son nom l'indique à tout ce qui bouge et va bouger dans notre siècle, fait une large part aux technologies de l'information et à leurs usages. On y trouve, dans le n° 2 de décembre 2000 un long article, bien documenté, consacré à la Réalité augmentée. Il est dommage que cette revue n'ait pas encore de version web, ce qui nous empêche de faire un lien sur l'article.

Comme nul ne l'ignore, la Réalité augmentée (Augmented Reality) est un avatar amélioré de la réalité virtuelle. La technique consiste à utiliser des interfaces très légers et mobiles permettant d'interagir avec le monde tel qu'il se présente à nos sens en y ajoutant des informations enrichissant ledit monde ou facilitant notre action sur lui. Les cockpits d'avion, ou lunettes utilisées par les pilotes, comportant des informations utiles au pilotage se surajoutant à la vision du monde extérieur, en constituaient le prototype. Mais aujourd'hui, les technologies et outils se diversifient, s'allègent, et s'appliquent à de nombreuses activités: maintenance industrielle ou pilotage d'engins, bien sûr, mais visites de musées, de bâtiments historiques, consultations de fichiers ou documents papier (ou numériques), de bibliothèques, voire discussion avec un interlocuteur en chair et en os, dont la Réalité augmentée dévoile des aspects susceptibles d'enrichir notre échange avec lui. Quoiqu'il en soit, nous vous proposerons prochainement un dossier plus complet sur ce sujet.
JPB 02/12/00

Pour en savoir plus (source Futur(e)s
http://www.cs.columbia.edu/graphics
http://www.csl.sony.co.jp/person/rekimoto
http://www.cc.gatech.edu/fac/Blair.MacIntyre/index.html
http://www.media.mit.edu/~ishii


Vu dans @RT Flash  (lettre du 2 au 8 décembre), cyber-revue de presse diffusée par le Sénateur René Trégouet http://www.tregouet.org/lettre/index.html

La première main bionique au monde est au point
(les passages  en italiques sont rajoutés par nos soins)

Daisy Harryman dotée d'une main bionique © http://news.bbc.co.uk/hi/english/health/newsid_1035000/1035304.stmDes chercheurs britanniques ont présenté le 22 novembre a Nottingham une main totalement bionique, la première au monde selon eux, adaptable a des poignets d'enfants. Cette main, qui est l'aboutissement de deux ans de recherches, a été testée avec succès pendant six mois par cinq enfants. La prouesse réside notamment ici dans la miniaturisation des moteurs et des batteries, diminuant d'autant la taille de la prothèse: les enfants n'ont dès lors plus besoin d'attendre l'âge adulte avant de pouvoir bénéficier d'une main artificielle. Deux enfants ont démontré la maniabilité cette main aux journalistes réunis devant le  Nottingham City Hospital.
L'index et le pouce sont articulés (ce qui, comparé aux prothèses classiques non mobiles, apporte ici une nette amélioration), dotés de minuscules embrayages et moteurs, permettant à la personne l'utilisant d'effectuer une série de tâches comme ouvrir un paquet de bonbons, tenir un livre dans une main et tourner les pages de l'autre.
Les cinq enfants qui ont participé au programme de six mois d'essais de la main, sont âges de deux à onze ans. "Maintenant, je peux jouer avec mon Gameboy, je peux tenir des choses avec mes deux mains et tourner les pages d'un livre, c'est génial", a declare Jeremy Driver, 11 ans, qui était auparavant équipe d'une prothèse classique non mobile. Les mains, baptisées Prodigits, ont été construites par une société, RSL Steeper Limited, et un groupe d'hopitaux d'Ecosse, le Lothian Primary Care NHS Trust.
David Gow, concepteur de l'idée et directeur des services de réhabilitation technique au Lothian Primary Care NHS Trust, a exprimé l'espoir que les Prodigits seront rapidement commercialisées. "Cela pourrait aider des milliers d'enfants en Grande-Bretagne, en Europe et aux Etats-Unis", a-t-il dit.
La main bionique est dotée d'une bande de silicone placée entre la prothèse et le poignet de l'enfant. Des electrodes sont implantées dans le silicone et captent les signaux des muscles du poignet, activant alors la main. RSL.
Steeper Limited a indiqué travailler actuellement a l'élaboration d'une main similaire, adaptable sur un poignet d'adulte.
CJ 02/12/00

Source BBC : http://news.bbc.co.uk/hi/english/health/newsid_1035000/1035304.stm

http://news.bbc.co.uk/olmedia/1035000/video/_1035376_bionic18_bilton_vi.ramhttp://news.bbc.co.uk/olmedia/1035000/video/_1035376_bionic18_bilton_vi.ram cliquer sur le bouton pour voir la video (source : BBC)


Elections aux USA...et neurosciences

Source Edge 4 décembre http://www.edge.org/  et merci à notre correspondant Roger.Amgot@wanadoo.frVoodooDonkey.com


Pierre  Laszlo, chimiste.

Dans Continents Sciences, sur France Culture (30/11/00; 09h) Pierre Laszlo présente quelques caractéristiques de sa discipline, la chimie. L'auditeur ne peut que rapprocher le travail fait par les chimistes pour identifier, synthétiser et combiner les molécules avec celui fait par les spécialistes de la vie artificielle pour construire des entités artificielles (sans parler des généticiens)). La chimie est la science du microscopique, du complexe, de l'analyse, de la transformation. C'est déjà le cas quand il s'agit de la chimie que l'on appelait classiquement la chimie minérale, mais c'est encore plus vrai en matière de chimie organique. On sait que préserver la biodiversité est une condition indispensable à l'identification et à la réutilisation d'innombrables molécules utilisables pour la préservation et même la synthèse de la vie. Pierre Laszlo nous rappelle que, comme la vie artificielle et toute science pratiquant l'ingénierie, la chimie crée son objet. L'ordinateur lui est devenu indispensable, mais en aucun cas, il ne peut se substituer à l'expérimentation.

Pour en savoir plus
631 pages sur Yahoo http://fr.google.yahoo.com/bin/query_fr?p=pierre+Laszlo&z=2&hc=0&hs=0
Professeur à l’université de Liège de 1970 à 1999, à l’École polytechnique de 1986 à 1999, Pierre Laszlo a enseigné notamment dans les universités Cornell, de Chicago, du Kansas, de Berkeley, du Colorado, du Connecticut, de Hambourg, de Lausanne, de Toulouse. Il est l’auteur de plus de 200 publications dans le domaine de la chimie organique et d’une dizaine de monographies scientifiques. Ses derniers ouvrages parus sont Chemins et savoirs du sel (1998) La découverte scientifique (1999) et Le savoir des plantes (1999). Parmi ses distinctions scientifiques, on notera le prix de l’Académie des sciences et le prix Maurice Pérouse de la Fondation de France (1999) pour l’ensemble de son oeuvre de popularisation de la science.


Une place de choix accordée à l'intelligence artificielle, la robotique, l'interaction homme-machine, les sciences cognitives... au sein du nouveau département "Sciences et technologies de l'information et de la communication (STIC) du CNRS

La création du département "Sciences et technologies de l'information et de la communication" du Centre national de la recherche scientifique témoigne d'une priorité accordée aujourd'hui à ce domaine.
Dirigé par Françis Jutand, notamment agrégé de physique appliquée et ancien directeur scientifique du CNET, ce nouveau département regroupe un champ scientifique très varié : technologie et physique des composants et systèmes électroniques, réseaux et systèmes répartis, architecture des composants, des machines et des systèmes, systèmes informatiques, traitement du signal et de l'information, génie logiciel, intelligence artificielle, interactions homme-machine et sciences cognitives, robotique, optique, conception et production intégrée, ingénierie des langues, ingénierie pour la santé, bioinformatique, biopuces...
L'ensemble de ces disciplines relèvent de 15 sections du Comité national de la recherche scientifique (qui en comprend 40 au total).

Communiqué de presse du CNRS (22/11/2000 )
NB : le département n'a pas encore de site web. Nous ne manquerons pas d'y effecteur une visite en temps utile.
CJ : 22/11/2000


Le Newell-Simon Hall: un nouveau bâtiment dédié à l'informatique et à la robotique à l'université Carnegie Mellon de Pittsburgh

Le Newel-Simon Hall © http://www.cmu.eduFêtant cette année son centenaire, l'Université Carnegie Mellon (Pennsylvanie) a inauguré le Newell-Simon Hall en hommage à Herbert A. Simon et Allen Newell. Ces deux scientifiques, considérés par cette université comme  les fondateurs du champ de l'intelligence artificielle et des sciences cognitives, ont notamment joué un rôle de tout premier plan dans la création de la School of Computer Science (Ecole d'informatique).  D'un coût de quelque 20 millions de dollars, le nouveau bâtiment de cette Ecole abrite le Human-Computer Interaction Institute (étude des interactions homme/machine), le Robotics Institute (robotique) et le Language Technology Institute (langage).
Selon Herbert Simon, professeur en psychologie, informatique et philosophie et prix Nobel d'économie en 1978, l'essence de Carnegie Mellon se trouve dans sa volonté d'innover et dans son approche interdisciplinaire : littérature et informatique, robotique et biologie, psychologie et monde des affaires, par exemple. "Nous analysons systématiquement les domaines qui semblent offrir une occasion unique de créer de nouvelles connaissances et de trouver de nouvelles applications", explique le scientifique. Une stratégie qui, selon le scientifique, "repose sur une bonne adéquation entre la théorie, la pratique et la réalisation".

Site de la Carnegie Mellon : http://www.cmu.edu
CJ. 10/11/2000


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