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robotique, vie artificielle, réalité virtuelle


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Jean-Paul Baquiast Jean-Paul.Baquiast@wanadoo.fr
Christophe Jacquemin christophe.jacquemin@admiroutes.asso.fr

Revue n° 2
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Editorial

1er novembre 2000

Quels moyens notre pays, globalement, consacre-t-il aux travaux sur robotique, vie artificielle, réalité virtuelle? par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

Poser la question n'est pas la résoudre. Et c'est dommage. Certes, l'importance des crédits et le nombre de postes budgétaires, quand il s'agit du secteur public, les sommes allouées aux projets de recherche-développement, les ventes, en ce qui concerne le secteur privé, ne suffisent pas à juger du dynamisme et de la qualité d'un domaine scientifique ou technologique au sein d'un pays. D'autres critères interviennent, comme le nombre et la qualité des publications, les brevets déposés, les contrats obtenus, le renom de telle ou telle personnalité. Mais les chiffres restent indispensable, notamment en permettant les comparaisons internationales. Le pape, combien de divisions? disait Staline.

Si nous prétendons que la robotique, la vie artificielle, la réalité virtuelle, sont dorénavant des secteurs où il convient d'investir de plus en plus pour répondre aux défis du 21e siècle, nous devons absolument disposer de chiffres précis sur les moyens actuels, sur ceux déjà programmés, et surtout sur ceux qui seraient souhaitables pour atteindre un seuil minimum d'efficacité et de reconnaissance internationale.

On objectera qu'il s'agit de domaines de plus en plus diffus, au sein d'industries et d'applications de plus en plus nombreuses. On évoquera aussi les nécessaires échanges internationaux. Où comptabiliser un doctorant travaillant dans un autre pays, ou en formation chez nous? Comme par ailleurs les échanges seront de plus en plus fréquents avec de nombreuses autres sciences, elles-mêmes mal évaluées en termes de ressources, comme la génétique, les neuro-sciences, les sciences humaines, l'établissement d'un tableau de bord global paraîtra une tâche herculéenne. De plus, nous venons de le voir, de tels tableaux de bord ayant pour principal intérêt de permettre le bench-marking international, il faudrait en plus convenir d'un minimum de standardisation dans les nomenclatures et les évaluations.

Ce n'est pas ici, du moins pour le moment, que nous pouvons prétendre répondre à la question que nous nous posons. Peut-être serait-il intéressant d'amorcer par contre un débat:
- existe-t-il des sources administratives utilisables et si oui, comment en tirer parti?
- existe-t-il, parallèlement, des données économiques venant de tel ou tel secteur industriel, qui seraient là encore utilisables?
- faudrait-il demander à une autorité quelconque de faire ou faire faire le travail de rapprochement, évaluation et mise à jour qui serait nécessaire?
- les auto-recensement faits par certains chercheurs peuvent-ils constituer des données fiables?
- et enfin, de quels chiffres dispose-t-on, en provenance de l'Union européenne (European key action: Machines that live http://www.cordis.lu/ist/fetni.htm par exemple, que nous évoquons par ailleurs ici) ou venant d'autres grands pays, notamment des Etats-Unis?

Nous serons heureux de publier les points de vue qui voudront bien s'exprimer sur ces divers points.


15 novembre 2000

E-government et intelligence en réseau, par Jean-Paul Baquiast

L'administration, comme le Droit, a le devoir de répondre aux exigences immédiates, mais dans un perspective de relative durée. Il faut donc envisager, sinon le long terme, du moins le moyen terme, soit dans notre domaine, les 5 à 7 années prochaines. Or une nouvelle révolution, une de plus, nous guette dans ce délai, celle de l'intelligence en réseau. De quoi s'agit-il?

L'administration ne peut avoir d'efficacité que si les citoyens adhèrent aux objectifs des politiques publiques, y compris en participant aux choix en amont, qui devraient être, eux-aussi, soumis à la sanction des électeurs. L'e-government, selon la plupart des auteurs  anglo-saxons, inclut la possibilité donnée aux citoyens de se comporter, non plus en sujets passifs, mais en mandants puis en associés de la démarche publique. Il faut replacer cette exigence légitime dans les perspectives actuelles intéressant l'évolution de l'intelligence en réseau.

Voyons quelques facteurs à prendre en considération pour concrétiser ces perspectives, facteurs qui, malheureusement, ne semblent pas encore faire l'objet de beaucoup de travaux lors des cycles de formation des agents publics.

1. L'évolution des techno-sciences.

Ce ne sont pas les bons sentiments, fussent-ils inscrits dans des textes aussi prestigieux et ambitieux que la récente Déclaration des droits fondamentaux de l'Union Européenne, qui suffiront à influencer notre histoire proche, mais bien plutôt l'évolution des techno-sciences. Celle-ci, comme chacun sait, s'accélère sans cesse, pratiquement indépendamment de toute volonté politique, voire même de toute volonté humaine identifiable. L'évolution à terme de l'Internet et des réseaux en dépend . Trois facteurs principaux sont à considérer, qui conjuguent leurs effets :

Ces évolutions sont ce qu'elles sont. Dans la perspective darwinienne, nul ne peut dire qu'elles sont porteuses de chances ou de désastres pour l'humanité, ou pour la planète en général. D'ores et déjà, l'on peut constater qu'elles confirment encore la domination des Etats-Unis et derrière eux, des pays occidentaux. Au sein de ceux-ci, la fracture dite numérique, qui est plutôt une fracture techno-scientifique et philosophique, s'accroît également.

2. Le rôle des minorités " branchées " ou " activistes "

Par ce terme, l'on peut désigner les quelques % de la population des pays dits avancés, personnes que nous dirons " altruistes " plutôt qu' " égoïstes ", qui participent à l'évolution des techno-sciences, encouragent leurs applications et s'impatientent des blocages et survivances diverses empêchant, à leurs yeux, le progrès de bénéficier à toute l'humanité. Ces gens ou associations sont très actifs sur l'Internet, et entraînent derrière eux un pourcentage variable d'utilisateurs, de 20 à 40 ou 50% selon les pays. Ils constituent une opinion publique dont le poids électoral et politique sera de plus en plus important. Dans la mesure où beaucoup se montrent " altruistes ", en ne se désintéressant pas nécessairement de l'accès du reste de la population à la société de l'information, ils soutiennent, plus ou moins activement (sans toujours en faire une priorité), les campagnes de démocratisation. C'est une bonne chose, à encourager.

Que voudront ces minorités " activistes " :

Il ne faut pas se faire d'illusion. Si les élus, pouvoirs publics, administrations, ne procèdent pas de cette façon, des procédures de susbstitution, de type " alternatif ", verront le jour spontanément, accompagnées ou non de manifestations organisées via Internet et les téléphones portables, et enlèveront une part de leur crédibilité aux décisions et procédures publiques. Ajoutons que, quels que soient les efforts des pouvoirs publics pour aller dans le sens indiqué plus haut, il y aura toujours des mécontents plus ou moins virulents qui voudront davantage et protesteront à grand bruit. Mais loin de s'en affliger, les hommes politiques devront s'en réjouir. Ce sera un signe de bonne santé collective.

3. Vers des collectivités publiques intelligentes

Actuellement, les procédures publiques, et pire encore les collectivités publiques, sont l'héritage de modes d'organisation souvent hérités d'un lointain passé (quasiment celui de nos ancêtres " chasseurs-cueilleurs " ou féodaux.). Ces mécanismes fonctionnent de façon "algorithmique" (un mode de " calcul " est décidé une fois pour toute et s'applique automatiquement). Or les sociétés ont besoin de processus réactifs, conscients et intelligents.

Il est du devoir des chercheurs et praticiens en sciences politiques et sociales de proposer et d'expérimenter à petite échelle des modèles de collectivités s'inspirant des références modernes de l'intelligence collective, dérivée des études citées plus haut et portant sur le cerveau (brain). Voici quelques propositions pour ce faire :


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