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La Gazette N° 194 du mois de mai 2009

Par Jean-Paul Baquiast


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Ce site actualise et discute notamment les thèmes du livre ci-dessous de Jean-Paul Baquiast

NB. Ce numéro a été prolongé jusqu'au 9 juin, pour tenir compte des élections européennes


Un livre de Jean-Paul Baquiast (en librairie fin mai 2008)

"L'Europe ou le vide de puissance. Essai sur le gouvernement de l'Europe au siècle des super-Etats"

J.P. Bayol Editions

Site du livre chez l'éditeur, avec présentation, table des matières et annexes
http://www.editions-bayol.com/Europe/plan.php

Acheter l'ouvrage : Alapage ; FNAC ; Amazon ;

 


Le livre précédent de Jean-Paul Baquiast (en librairie)

Pour un principe matérialiste fort
Essai
Jean-Paul Bayol Editions
300 pages - ISBN : 978-2-916913-00-1

Site du livre chez l'éditeur
http://www.editions-bayol.com/PMF

Présentation

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FNAC ; Amazon


Lira aussi sur Automates Intelligents
* L'origine des individus, par Jean-Jacques Kupiec, Fayard - Le temps des sciences
http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2009/mai/oringinesindividus.html


Elections européennes. Diagnostic provisoire

Nous présentons dans le présent éditorial une suite de commentaires nous paraissant s'imposer au terme des élections au Parlement européen, ainsi qu'un rappel des solutions que nous avons proposées depuis longtemps sur ce site pour répondre aux difficultés que rencontre la construction européenne. 08/06/09

1. Rappelons d'abord les faits observés, sur lesquels s'accordent la plupart des observateurs politiques :

- L'abstention s'est maintenue à un taux considérable : aux alentours de 55/60%. Elle semble atteindre 80% chez les jeunes.

- Deux grandes formation de droite assurent voire accroissent leurs positions : il s'agit de l'UMP en France et de la CDU en Allemagne. La droite de Berlusconi en Italie n'a pas atteint les 40% espérés, mais se maintient à 30%.

- La social-démocratie a perdu partout des sièges, le PS français subissant un véritable effondrement.

- Les Verts ont progressé partout, la progression la plus emblématique étant celle de Europe-Ecologie en France.

- Les partis de gauche anti-capitaliste ont affirmé leur existence, les droites extrêmes également, les uns et les autres autour de 10% cumulés.

- Le Labour britannique s'est également effondré. Les Conservateurs menacent de former un groupe à part au Parlement européen.

- Les équilibres au Parlement européen ne changeront pas beaucoup. Le Parti populaire européen de droite disposera d'une solide majorité mais, dans la configuration actuelle du Parlement - 736 membres, qui deviendront 754 si le traité de Lisbonne est ratifié par l'Irlande à l'automne - il lui faudra réunir 369 voix pour construire une majorité. Sans parler de la majorité des deux-tiers, nécessaire pour certains dossiers, le PPE aura donc deux choix : s'allier avec les Socialistes du Parti Socialiste Européen et leurs 159 sièges ou convaincre au coup par coup deux autres groupes au moins de voter avec lui.

2. Questions les plus importantes découlant de ces faits d'observation

Ces faits posent plusieurs questions. Pour notre part, nous retiendrons celles-ci, qui paraissent les plus importantes :

- Pourquoi tant d'abstentions, notamment chez les jeunes ?
- Pourquoi un bon maintien de l'UMP et de la CDU ?
- Pourquoi un effondrement des partis de la social-démocratie traditionnelle ?
- Pourquoi une montée des Verts ?
- Existe-t-il un danger d'extrême droite ?
- Que penser de l'effondrement du Labour en Grande Bretagne ?

3. Eléments possibles de réponse à ces questions

Nous proposons plusieurs éléments de réponse à ces questions :

- Les citoyens européens commencent à prendre conscience de la menace que représente la grande crise économique, sociale et surtout environnementale dans laquelle le monde est engagé et à laquelle l'Europe n'échappera pas. Ils demandent des perspectives crédibles pour se rassurer. L'abstention peut marquer leur désarroi face à l'absence de perspectives offertes par l'Europe. Les votants, pour leur part, ont encouragé les partis semblant offrir quelques solutions, même si elles sont encore incertaines. Ils ont sanctionné lourdement ceux s'en tenant à un discours classique, fut-il d'opposition.

- L'UMP en France avec Nicolas Sarkozy et la CDU avec Angela Merkel en Allemagne ont montré une détermination politique qui, sans s'attaquer à tous les problèmes, semble proposer des solutions crédibles : le retour à un étatisme raisonnable, la volonté de protéger les acquis industriels, le refus de laisser les groupes financiers et bancaires extérieurs, notamment américains, prendre ou reprendre possession des économies européennes. A cet égard, la position ferme de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel, rappelant à Barack Obama que la crise était d'origine principalement américaine a certainement produit un bon effet. Derrière cette déclaration se trouvait en effet le refus (affiché sinon encore concrétisé) de voir des établissements financiers américains, regonflés par le plan de relance d'Obama, venir à nouveau faire leur marché en Europe.

- La social-démocratie, que représente bien le PS en France, n'a pas été capable de construire de solutions crédibles. Elle maintient ses positions dans son électorat local traditionnel, mais sans offrir de perspectives, ni aux jeunes, ni aux « banlieues ».

- Les Verts sont apparus comme les seuls à s'en prendre véritablement aux causes de la crise : ils militent notamment pour une « relance verte », plutôt que pour une simple décroissance qui n'est pas crédible. Les extrêmes gauches n'en sont pas très éloignées, mais leur volonté de ne pas s'associer à des majorités de gouvernement les déconsidère au regard de beaucoup d'électeurs impatients.

- Les extrêmes droites européennes (y compris sous leurs formes particulièrement extrêmes, celles du néo-nazisme), ne semblent pas représenter pas un risque immédiat pour la démocratie. Mais si la crise s'aggravait, si des mouvements populaires de rues prenaient de l'ampleur en réaction, les extrêmes droites recruteraient davantage et pourraient être soutenues par des gouvernements européens devenant eux-mêmes de plus en plus autoritaires. La démocratie serait alors en danger.

- L'effondrement du Labour en Grande Bretagne pose une question spécifique. S'agit-il d'une sanction à l'égard de l'allégeance de Londres à Wall Street et à son alliée la City ? La question se compliquerait si le Parti conservateur appelé à lui succéder, soutenu par les anti-européens, décidait, soit de paralyser complètement l'Union, soit d'en sortir franchement (cette solution étant sans doute préférable à la première).

4. Nécessité d'un programme plus ambitieux

Nous sommes convaincus de l'insuffisance des solutions à la crise politique européenne actuellement mises en œuvre ou proposées. Ceci qu'il s'agisse de celles mises en œuvre par les droites de gouvernement UMP et CDU, ou de celles proposées par les Verts. En quoi ces solutions sont-elles insuffisantes et que faudrait-il envisager à la place ?

- Elles ne vont pas assez loin dans le sens d'une sortie du capitalisme financier et la mise en place d'un véritable néo-colbertisme européen, se traduisant notamment par l'harmonisation des législations sociales et fiscales dans le cadre d'un gouvernement économique de la zone euro – laquelle devrait d'ailleurs être étendue à tous les Etats-membres. Un transfert d'une partie des ressources fiscales nationales au profit de programmes véritablement européens s'imposerait en conséquence. Sous cet angle, la dépendance actuelle à l'égard du capitalisme américain au sein du grand marché euro-atlantique prôné à Bruxelles n'a en rien diminué.

- Elle ne vont pas assez loin dans le sens du « verdissement » des économies européennes. Il n'existe aucun grand plan de financement des énergies vertes (y compris, ajoutons nous pour notre part, du nucléaire de nouvelle génération), des transports électriques, des nouveaux matériaux, des méthodes agraires refusant engrais et pesticides chimiques, etc.

- Elles oublient totalement les grands programmes intéressant ce que nous nommons les technologies de puissance, en matière spatiale, de défense, de coopération avec les puissances mondiales autres que les Etats-Unis, etc.

- Elles oublient totalement la considérable relance s'imposant en matière de recherche fondamentale ou de financement des recherches/développement à risque.

- En conséquence de tout cela, elles oublient la nécessaire réforme du système banque-assurance qui permettrait de drainer les épargnes européennes et d'éviter les risques inflationnistes. Il conviendrait aussi sans doute dans cette perspective de revoir le statut de la Banque centrale européenne et de la Banque européenne d'investissement afin qu'elles puissent mieux prendre en compte les besoins d'investissements à long terme.

Conclusion

Des programmes politiques plus ambitieux s'imposent donc de toute urgence. Tous les citoyens s'intéressant à l'avenir de l'Europe en tant que puissance devraient s'impliquer sans attendre dans leur élaboration.

Nous pensons que les diverses mesures découlant des propositions que nous avons esquissées ci-dessus pourraient être entreprises dans le cadre du Traité de Lisbonne, en attendant que celui-ci soit modifié en vue d'y introduire davantage de fédéralisme.

En termes politiques, elles pourraient parfaitement être reprises, sous des formes plus ou moins accentuées, aussi bien par les droites de gouvernement au pouvoir actuellement que par les Verts, associés ou non à des partis de gouvernement. Elles pourraient évidemment aussi être reprises par les partis sociaux –démocrates, à condition qu'ils renoncent à leurs lourdeurs idéologiques et sociologiques.

Il s'agirait en fait, pour les uns et les autres, du seul salut possible face aux troubles sociaux et politiques qui ne manqueront pas de s'étendre compte tenu du développement inévitable de la grande crise mondiale.


Sélection d'articles publiés sur le site Europe solidaire en avril

Evènements

Romeo. Cap Robotique
22/05/2009
Nous avons trop souvent, et à juste titre, regretté ici le retard que risquait de prendre la France en robotique pour ne pas saluer la mise en place de ce qui pourrait devenir un acteur important dans ce domaine, non seulement en France mais en Europe, le pôle de productivité baptisé Cap Robotique.
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=297&r_id=

Analyses

Utilisation militaire des tags et répondeurs pour la localisation des cibles
07/06/2009
Depuis quelques années, la CIA et d'autres agences américaines ont fait développer des étiquettes électroniques ou répondeurs, sur le modèle des puces RFID utilisées dans le commerce, permettant d'identifier des cibles à relativement longue distance et sans imposer la présence d'un observateur humain lors de l'attaque. (...)
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=308&r_id=

La lutte contre le cyber-terrorisme, nouvelle frontière technologique et militaire pour l'Amérique
31/05/2009
La nouvelle guerre contre le cyber-terrorisme, que vient de décréter Barack Obama, illustre l'admirable capacité des Etats-Unis à réagir aux crises en se dotant d'ennemis nouveaux, réels ou supposés, contre lesquels il est indispensable de mobiliser le plus de moyens possibles, sans s'embarrasser de scrupules quant au respect du droit des gens.
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=302&r_id=

Un bel avenir pour la robotique autonome militaire américaine
Dans notre article daté du 22 mai, nous constations que les promoteurs du projet français de robotique évolutionnaire Romeo vont peut-être contribuer à rattraper quelque peu le retard français et européen dans ce domaine essentiel. Mais nous remarquions que les crédits consacrés à ce projet étaient incomparablement plus faibles que ceux affectés par le Département américain de la défense aux véhicules robotisés sans pilote. Ceux-ci sont en effet désormais présentés comme destinés à remplacer les systèmes d'armes classiques, avions de combat, blindés, navires qui font encore appel à des équipages embarqués. (...)
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=298&r_id=

Protéger le système bancaire ou le nationaliser ?
13/05/2009
La bonne circulation de la monnaie est indispensable à la santé de l'économie. C'est le réseau des banques de dépôts qui en est responsable. Aujourd'hui, face à la crise, il faut réformer ce réseau de fond en comble, dans le monde entier. Ceci, pour nous, signifie le nationaliser.
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=293&r_id=

Pakistan-Afghanistan : que devrait être la politique européenne ?
14/05/2009
Le message qui ressortait implicitement des propos sur France Culture, le 14 mai, du journaliste pakistanais Ahmed Rashid, était clair: les Américains sont de plus en plus haïs par les populations locales. Le moins ils en feront, que ce soit sur le plan militaire ou diplomatique, le mieux ce sera. Il serait temps que la diplomatie européenne soit réorientée pour tenir compte de cette réalité.
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=294&r_id=

Actualités

6 juin, opération américaine de Public Relations relayée platement par la France
07/06/2009
Beaucoup de nos correspondants, dont de nombreux gaullistes, se sont indignés de voir la façon dont le gouvernement français a relayé, avec un incroyable mépris pour le projet européen, l'opération de public relations que Washington avait orchestré de bout en bout à « Obama Beach ». Ils nous demandent de faire passer ici leur protestation. Nous nous y associons pleinement.
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=306&r_id=

Ségolène Royal plaide pour une Constituante européenne
01/06/2009
Ségolène Royal a proclamé le 27 mai, lors d'un meeting à Rezé commun avec Martine Aubry, que le moment était venu de créer les États-Unis d'Europe. La candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007 montre ainsi aux partis socialistes européens que ce ne sera pas la timidité qui permettra de renouer avec le fédéralisme des pères fondateurs.
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=303&r_id=

Divers

Le projet de grand marché euro-atlantique ressort du bois
06/05/2009
De quoi s'agit-il ? La précision s'impose, car ce thème, évoqué de façon sporadique depuis de nombreuses années, semble revenir d'actualité, notamment par la grâce du Parlement européen. Un groupe de pression multiforme associant des intérêts américains et européens le propose aujourd'hui aux hommes politiques. Les élections européennes devraient être l'occasion d'en discuter, mais le sujet reste confidentiel. Certains analystes estiment qu'il s'agit d'un fantasme ne méritant même pas d'être étudié. D'autres pensent au contraire que la plupart des chefs d'Etat et de gouvernements européens se sont ralliés ouvertement ou discrètement à ce concept et font tout pour lui donner réalité. Dans ce cas, il en serait bel et bien fini du rêve d'Europe puissante et indépendante.
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=288&r_id=


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