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La Gazette N° 192 du mois de mars 2009

Par Jean-Paul Baquiast


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Ce site actualise et discute notamment les thèmes du livre ci-dessous de Jean-Paul Baquiast


Un livre de Jean-Paul Baquiast (en librairie fin mai 2008)

"L'Europe ou le vide de puissance. Essai sur le gouvernement de l'Europe au siècle des super-Etats"

J.P. Bayol Editions

Site du livre chez l'éditeur, avec présentation, table des matières et annexes
http://www.editions-bayol.com/Europe/plan.php

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Le livre précédent de Jean-Paul Baquiast (en librairie)

Pour un principe matérialiste fort
Essai
Jean-Paul Bayol Editions
300 pages - ISBN : 978-2-916913-00-1

Site du livre chez l'éditeur
http://www.editions-bayol.com/PMF

Présentation

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Regards sur le mois de mars 2009

Tout n'a été, ce mois-ci, pour le monde comme pour l'Europe, qu'attentes et inquiétudes

Le G20

La préparation du sommet du G20 qui se tiendra le 2 avril a monopolisé l'attention des observateurs. Beaucoup cependant n'en attendent pas grand-chose. D'une part les Etats-Unis, Barack Obama le premier, semblent vouloir limiter la réunion à des mesures d'urgences destinées à relancer la consommation et la croissance, dont on connaît pourtant les dégâts à terme. Ils ne paraissent pas du tout décidés à supprimer les paradis fiscaux ni lutter contre le secret bancaire, surtout quand des intérêts américains sont impliqués. Barack Obama a par ailleurs annoncé vouloir restaurer le leadership américain, ce qui suppose qu'il attend des concessions substantielles du reste du monde, enfin rassuré par le retour du père. De leur côté, les pays européens semblent de moins en moins capables de tenter d'imposer les positions communes qu'ils avaient présentées comme indispensables. On ergote encore sur des points qui sont quand même de détail, comme la rémunération des dirigeants. Ce sera sans doute comme jusqu'à présent, chez les membres européens du G20, le triomphe du chacun pour soi. L'accord ne devrait se faire que sur le refus de financer davantage la relance américaine. Quant à la réforme du FMI....on verra.

Notons que, concernant la crise financière, ni la Chine et ni les autres pays émergents ne semblent décidés de leur côté à s'impliquer. Tout se passe comme s'ils attendaient de voir ce que deviendront les rivalités entre l'Amérique et l'Europe avant de s'engager. La Chine hésite pour le moment entre soutenir le dollar, c'est-à-dire ses centaines de milliards de prêts à l'Amérique ou proposer le remplacement à terme du dollar en tant que monnaie de réserve par un panier de devises sous l'égide du FMI. La formulation de cette seule proposition serait considérée comme une déclaration de guerre par Washington. Les Chinois ne pourrait la faire avancer qu'avec l'appui de l'Europe. Or on ne voit pas la BCE s'engager dans cette voie.

Nous avons par ailleurs indiqué ( http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=264&r_id= ) que le G20 n'examinera certainement pas des perspectives bien plus importantes pour l'équilibre du monde visant à coordonner au plan global les politiques économiques et les politiques de lutte contre les changements climatiques. La question de la représentation des pays pauvres, dans un G20 étendu à plus de 100 membres (ou dans une commission ad hoc de l'ONU à créer) ne sera pas non plus posée. Bref, la très probable aggravation future de la crise trouvera un monde de plus en plus divisé et surtout toujours aussi soumis aux intérêts de ceux dont les agissements ont provoqué cette même crise. Combien de nouveaux G20 faudra-t-il prévoir alors ?

Révoltes sociales

Les inégalités et abus résultant de l'extension, qui se poursuit encore malgré la crise, d'un capitalisme non régulé, soulèvent de plus en plus de protestations syndicales et populaires, notamment dans les pays pourtant « riches », USA et Europe. La crise ne commence seulement qu'à s'y faire sentir, en termes de pertes d'emplois. Mais on pressent qu'elle touchera de plus en plus de populations. Face aux manifestations qui risquent de se radicaliser, les gouvernements réagiront certainement par la répression, ce qui ne fera qu'aggraver la coupure, au sein de ces sociétés riches, entre ceux qui continueront à s'enrichir de multiples façons, y compris par des comportements maffieux, et la grande masse de la population qui s'appauvrira.

Malheureusement, ni à gauche ni à droite, on ne parait capable d'envisager les solutions de long terme capables de lutter contre les inégalités (notamment par l'impôt) et relancer les activités productives à forte valeur ajoutée intellectuelle, les seules susceptibles de créer une croissance qui soit neutre au plan de l'empreinte éco environnementale. Une coupure va donc s'établir entre ceux qui paraissent incapables de rien changer à l'ordre actuel et ceux qui favoriseront les mouvements de rejets violents, avec destruction d'usines, de centres commerciaux et de tout ce qui symbolise le luxe et l'inégalité. Nécessairement les « défenseurs de l'ordre » se radicaliseront et les démocraties deviendront de plus en plus autoritaires, sinon dictatoriales.

En Europe, on peut penser que ce seront les pays de l'Est et autres nouveaux entrants qui donneront l'exemple des révoltes sociales, mais rien n'exclut que les mouvements violents s'étendent aussi dans les vieux Etats européens. Aux Etats-Unis, une même évolution se prépare. Il semble ainsi que de plus en plus de contestations provenant des milieux populaires et des universitaires s'expriment à l'égard de Barack Obama. On lui reproche d'être un pantin aux mains, non plus tellement du lobby militaro-industriel, pour le moment silencieux, mais du lobby financier, désormais baptisé Wall Street, avec ce que ce nom connote en termes d'inégalités, de corruption, de spoliations. Dans cette conjoncture, le vrai visage d'Obama n'est pas encore apparu. Si de véritables troubles sociaux éclataient, nous sommes quasi certains qu'il incarnera lui aussi le personnage du gardien de l'ordre, à l'exemple, diront certains, d'un Mussolini plus élégant.

Moyen Orient : explosions en puissance ?

L'Europe semble avoir pour le moment renoncé à jouer le moindre rôle dans cette partie du monde. Elle laisse à Barack Obama, encore lui, la responsabilité d'y éviter de nouveaux conflits. Là encore tous les regards se tournent vers lui et ses conseillers diplomatiques. Mais le moins que l'on puisse dire est que, là encore, l'image est brouillée. Certes, besoins d'économies budgétaires aidant, Obama a clairement marqué son désir de retirer les troupes d'Irak et de détendre les relations avec l'Iran. Mais sur ces deux points déjà, les difficultés s'accumulent. Le retrait d'Irak risque de coûter aussi cher que la poursuite des opérations. Il demandera des années. Quant aux relations avec l'Iran, elles sont à la merci d'une agression d'Israël destinée à rappeler aux Américains que leur liberté d'action est limitée. Pour Israël en effet, doté ou pas d'un gouvernement plus ouvert que le précédent, rien ne doit être fait pour relancer le processus dit de paix et aboutir à deux Etats en Palestine. Bien plus, les Etats-Unis ne doivent en aucun cas détendre le « spécial relationship » qui depuis trente ans rattache Israël et l'Amérique, pour le meilleur et pour le pire. Or Obama avait suscité des inquiétudes à cet égard. Beaucoup pressentent que, pour le rappeler à l'ordre, c'est-à-dire à une alliance sans conditions, l'Etat juif lance prochainement des opérations militaires de plus ou moins grande intensité contre Téhéran, ce qui ressoudera de facto, face aux réactions de l'Iran, la vieille « amitié » Tel-Aviv-Washington.

Cependant Israël n'est pas pour le moment le souci prioritaire de Barack Obama. Celui-ci s'était lancé, avec une légèreté que nous avions soulignée, dans une relance des opérations en Afghanistan, présentée comme sa guerre à lui. Il apparaît de plus en plus, à beaucoup d'Américains eux-mêmes, que cette guerre sera sans issues. D'ores et déjà, on y associe les zones tribales pakistanaises (le terme d'Afpak définissant le nouvel ennemi à combattre). Les opérations menées par les Américains dans ces zones, même si elles n'engagent pour le moment que des drones et des forces spéciales, provoquent une remontée du nationalisme pakistanais et du fondamentalisme religieux l'accompagnant. L'actuel président du Pakistan Asif Ali Zardari en sera nécessairement déstabilisé. Il salue pour le moment l'annonce d'une aide américaine de 1,5 milliards de dollars, mais on peut penser qu'il le fait contraint et forcé, de peur de se voir reprocher de favoriser l'Amérique sans contreparties. En attendant, dans l'opinion du monde, l'Afpak risque de devenir pour l'Amérique de Barack Obama ce qu'avait été l'Irak pour l'Amérique de Bush, c'est-à-dire une monumentale erreur stratégique.

L'Union européenne dans la crise politique

Plus près de chez nous, aucune bonne nouvelle intéressant la construction européenne n'a été enregistrée en mars. Au contraire. D'une part, comme prévu, le retour de la France dans l'Otan est passé si l'on peut dire inaperçu de ceux qui, tels Nicolas Sarkozy, en attendait de grandes embrassades tant de l'Amérique que des Etats européens de l'Est. Barack Obama n'a pas serré Sarkozy dans ses bras. En réalité, on ne sait même pas s'il a été informé de cet évènement gigantesque. Quant à la Pologne et à la Tchéquie, déçues sans doute de ne plus se voir confier la participation au BMDE en voie d'abandon, elles cèdent à un certain antiaméricanisme. C'est-à-dire qu'elles ne savent aucun gré à la France de ses palinodies otanesques. N'en ajoutons pas davantage. Un excellent billet d'humour du général Cot, publié sur ce site, dit tout ce qu'il faut en dire, y compris en ce qui concerne la prétendue relance de la défense européenne qui devait contrebalancer la normalisation des relations avec l'Otan ( http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=261&r_id= ).

Plus grave par contre est l'aggravation rapide de la faiblesse institutionnelle de l'Union. D'une part, comme prévue, la présidence Tchèque a joué les utilités, sans rien que nous puissions jusqu'ici mettre à son actif. Mais surtout, des élections ayant donné à Prague une courte mais suffisante majorité favorable aux anti-européens, tout laisse craindre que le Sénat tchèque refuse de ratifier le traité constitutionnel. Même si ce n'était pas le cas, les oppositions anti-traité risquent de repartir de plus belle, en Irlande, aux Pays-Bas et ailleurs même, notamment en France. L'Europe se trouvera donc sans tête, au moment où, comme indiqué plus haut, se déclencheront des crises multiples.

Ceci, diront les esprits volontaristes, pourrait être une bonne chose. Vu l'urgence, on pourrait espérer une sorte de coup d'Etat de la part de ceux des gouvernements ne voulant pas laisser partir l'Europe à vau-l'eau. Mais pour quoi faire ? Sans doute le pire, dans l'urgence. De toutes façons, comme Nicolas Sarkozy est, lui aussi, devenu de plus en plus illisible sinon inquiétant ces dernières semaines, peu de gens en France et ailleurs ne verront en lui, contrairement à ce qui s'était passé à la fin de la présidence française, un éventuel sauveur de l'Europe. 30/03/2009


Sélection d'articles publiés sur le site Europe solidaire en mars

* L'euro dans la future crise du système des règlements internationaux.
27/03/2009
Le futur G20 d'avril 2009, dont certains avaient voulu faire le point de départ d'un nouveau Bretton-Woods, c'est-à-dire de la refondation du système monétaire international, ne devrait rien faire de la sorte. (...)

* Durban II: refuser les fondamentalismes
25/03/2009
Les pays de L'Union Européenne doivent rester engagés dans les travaux de l'ONU pour la préparation de la Conférence de Durban II, afin de ne pas laisser le champ libre aux racismes et aux fondamentalismes religieux. Il sera toujours temps de se retirer avec le maximum d'éclat en cas d'échec indiscutable des discussions préparatoires.

* Enseignements pour l'Europe de la journée française de revendication du 19 mars 2009

On a tendance à considérer que les problèmes économiques et sociaux des 27 pays européens sont trop divers pour que les syndicats et partis socialistes de ces pays puissent s'entendre sur des positions communes. D'une part c'est faux car des contacts et communiqués communs existent déjà. Mais d'autre part c'est encore malheureusement vrai car les perspectives de solutions en profondeur restent insuffisamment étudiées. (...)

* Bernard Lavarini

L'expert de défense Bernard Lavarini actualise dans un article du Monde le thème de son livre de 2006 : la défense européenne doit s'articuler autour d'une force de dissuasion nucléaire (celle de la France et de la Grande Bretagne, à défaut d'autres) mais aussi de ce qu'il nomme un bouclier nucléaire déployé tout autour des frontières européennes et suffisamment doté de moyens balistiques pour décourager une frappe même massive. (...)

Actualités

* Une présidence de l'Europe de plus en plus dangereuse
26/03/2009
Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek a affirmé mercredi 25 mars que la chute de son gouvernement n'affectera pas la présidence européenne, assurée actuellement par la République tchèque. Il affirme continuer à penser que la présidence tchèque sera effective. Nous en doutons fortement.

* Détente Etats-Unis - Iran ?
23/03/2009
Le message d'amitié et de voeux pour la nouvelle année du président Obama vers l'Iran, du 20 mars 2009, produit en Iran une réaction certes prudente, mais en général jugée favorable.

* Avant le G20, brouillage de l'image des chefs d'Etat
21/03/2009
Les chefs d'Etat, face à la crise qui se généralise, perdent de leur crédibilité. Mais c'est en partie parce qu'ils n'ont pas su sauvegarder celle des Etats dont ils sont les chefs.

* Contre Obama : lâcher de chiens ?
15/03/2009
Nous n'étions pas particulièrement adeptes de l'Obamania, qui voyait en Barack Obama le chevalier blanc capable de guérir l'Amérique de tous ses défauts. L'image était trop belle. Obama, issu du sérail, ne pouvait pas réformer complètement le dit sérail. Cependant quelques semaines après la nomination du nouveau président, l'estime pour sa sincérité réformatrice revient sinon au galop du moins avec prudence.

* Utiliser la crise financière pour abattre Obama et ses idées réformatrices
10/03/2009
Il faut se demander si une façon subtile ne consisterait pas, pour des intérêts américains bien organisés voulant stopper Obama sans le détruire directement, à laisser se développer l'embrouillamini de la crise financière actuelle.

* Nicolas Sarkozy au Mexique. Pourquoi faire ?
06/03/2009
Nicolas Sarkozy a décidé de se rendre au Mexique, accompagné de son épouse, auprès d'un président particulièrement déstabilisé et dans un pays qui est en train de devenir une véritable menace pour les Etats-Unis et même l'Europe. Que va-t-il y faire ? Que va-t-il y vendre ou y acheter ? La question n'a semble-t-il pas vraiment été discutée dans les milieux politiques ni les médias.

* Faut-il s'indigner de voir Siemens s'allier dans le nucléaire avec Rosatom?
04/03/2009
L'allemand Siemens et le groupe d'État russe pour l'énergie atomique, Rosatom, ont annoncé le 4 mars la signature d'un protocole d'accord en vue de la création d'une joint-venture dans le nucléaire, dont le conglomérat russe aura la majorité. Les deux parties veulent notamment construire ensemble des centrales du futur et développer les projets de réacteurs russes à eau pressurisée. Est-ce une nouvelle défaite pour l'unité européenne.

* Pour une nouvelle économie sociale
03/03/2009
Nous avions écrit précédemment que la situation des DOM-TOM français constitue une lentille grossissante permettant de mieux percevoir les faiblesses structurelles qui handicapent les sociétés européennes en général. C'est vrai dans plusieurs sens. Mais là aussi pourraient se dessiner les solutions qui vont bientôt s'imposer à l'ensemble du monde.

* Les mauvais exemples donnés à l'Europe par la France (suite). La chasse à l'administration.
01/03/2009
Dans cette rubrique inaugurée il y a maintenant quelques mois, il faut ajouter un sujet particulièrement préoccupant : il s'agit de la destruction qui s'accélère de l'efficacité de l'administration française.

Livres

* George Soros. la vérité sur la crise financière
George Soros, président du Soros Fund Management est un financier renommé et le fondateur d'un réseau mondial d'oeuvres philanthopiques. Il s'est fait connaître par ses succès dans le monde de la Bourse et de la spéculation économique. Il est aussi l'auteur de plusieurs livres sur l'économie et la finance mondiale. Le dernier d'entre eux, présenté ici s'intitule "La Vérité sur la crise financière" Denoël, 2008 (...)

* The Vanishing Face of Gaïa. A Final Warning, par James Lovelock
Nous pensons pouvoir affirmer que « The Vanishing Face of Gaïa » est la plus importante contribution parue à ce jour dans un domaine jusqu'ici en proie aux polémiques et aux conflits d'intérêt. Le livre offre une nouvelle compréhension scientifique et philosophique de la Terre et de son avenir. Cet avenir sera aussi celui de tout ce que notre planète porte avec elle, espèce humaine comprise.

* MCR appliquée à la climatologie
Le 4e Rapport du GIEC, établi en 2007 sur des données de 2005 et antérieures, a été reconnu comme bien trop optimiste par les experts du GIEC réunis à Copenhague le 10 mars 2009. Mais vu la lourdeur de l'Organisation, le prochain rapport ne sera publié qu'en 2014. Nous suggérons ici, pour accélérer et affiner les diagnostics. de faire appel à une méthode importée de la physique quantique et mise au point par Mme Mioara Mugur-Schächter.


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