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La Gazette N° 174 du 31 décembre 2007

Par Jean-Paul Baquiast


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BONNE ANNEE A TOUS ET MERCI DE VOTRE FIDELITE

Christophe Jacquemin a doté la Gazette du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles). Réalisé par une société française, ce logiciel n'a pour l'instant aucun équivalent dans le monde.


Un livre de Jean-Paul Baquiast (en librairie)

Pour un principe matérialiste fort
Essai
Edition Jean-Paul Bayol
300 pages - ISBN : 978-2-916913-00-1

Site de l'éditeur
Le livre est actualisé en ligne sur ce site

Présentation

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Voir aussi:
* Ouvrage publié en Open-Source (accès libre et gratuit) par Jean-Paul Baquiast
Comprendre. Nouvelles sciences, nouveaux citoyens. 2005. PDF 825 ko
Refonte de
Sciences de la complexité et vie politique. Tome 1 Comprendre.

Rappelons aussi que Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent d'un blog consacré aux questions de politique générale. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter les blogs de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/ et http://drmsfvermeulen.over-blog.com/

Nous publions cette photo en hommage au travail fait depuis plusieurs mois, bien avant les prises de conscience officielles, par le docteur Michel Vermeulen sur son blog, afin de nous avertir de la menace grandissante de la pandémie. Inutile de dire que nous prenons cette initiative sans lui en avoir demandé l'autorisation - qu'il aurait sans doute refusée par modestie.

 


Une Amérique de plus en plus dangereuse

La tâche du chroniqueur n'est jamais facile, quand il est confronté à des évènements aussi complexes que ceux marquant la situation au Pakistan et dans la région après l'assassinat de Benazir Bhutto. Pourtant, il ne serait pas acceptable de se réfugier dans un silence prudent.
Au soir du samedi 29 décembre, et sous réserve d'évènements nouveaux pouvant survenir à tous moments, quels éléments d'analyse peut-on proposer ?

1. Malgré les efforts tant de G.W. Bush lui-même que semble-t-il de l'entourage du président Musharraf pour en persuader l'opinion internationale, il semble bien que l'attentat n'ait pas été conduit par la nébuleuse islamiste : Al Qaïda, les extrémistes religieux pakistanais, les talibans d'Afghanistan ou d'autres encore. Certes, on ne prête qu'aux riches, mais se serait trop facile d'exonérer de leurs responsabilités les vrais fauteurs de ce chaos, qui sont en dernier ressort les Etats-Unis, comme nous allons le dire.

2. Contrairement aux allégations alarmistes venant notamment de la propagande américaine, les experts français que nous avons entendus (notamment dans l'émission C dans l'air du 28 décembre), considèrent que la possibilité de voir Al Qaïda mettre la main sur l'arsenal nucléaire du Pakistan est très faible. Le Pakistan est si troublé que le risque existe d'une dissémination d'éléments nucléaires provenant d'éléments incontrôlés, mais ce risque ne serait guère plus grand aujourd'hui qu'hier. Il n'existe donc pas de raison sérieuse aujourd'hui pour transformer le Pakistan en mouton noir, comme certains stratèges américains ou israéliens semblent le conseiller.

3. Il est évident que Benazir Bhutto, dont on ne peut que saluer le courage, avait été instrumentalisée depuis longtemps par le Département d'Etat et le pouvoir américain. Le gouvernement américain avait prétendu en faire le symbole d'une démocratie à l'occidentale qu'elle n'était absolument pas, étant une féodale parmi d'autres féodaux. Ceci pour contrebalancer l'appui contraint et forcé qu'il apportait à Pervez Musharraf. Il avait voulu aussi en faire une machine de guerre en renfort de l'intervention des Etats-Unis et de l'Otan en Afghanistan, à un moment où de « nouveaux talibans », beaucoup plus irréductibles que les précédents, semblent prendre le contrôle des zones frontalières. C'était la condamner à mort. Il n'est pas possible de croire que les Américains ne l'aient pas prévu, voire voulu.

4. Quelles que soient les responsabilités de Pervez Musharraf dans la mort de Benazir Bhutto, elles ne devraient pas servir de prétexte aux Etats-Unis pour ostraciser et tenter d'abattre ce dernier. Loin de faire surgir de nouveaux leaders prétendus plus démocratiques, cela ne ferait qu'accroître le chaos. Le mieux serait que les Etats-Unis, faucons de la tendance Rumsfeld ou colombes de la tendance Rice, cessent d'intervenir au Pakistan. Ils ont fait déjà beaucoup trop de dégâts, ils ne pourraient qu'en ajouter. Après tout, le Pakistan devrait être considéré comme un pays suffisamment adulte, fut-il peuplé de religieux radicaux, pour être laissé libre de s'autodéterminer.

Au-delà de ces éléments, nous voudrions proposer un jugement général qui, pensons-nous, aurait du depuis longtemps être celui de la diplomatie européenne. Il est temps pour celle-ci de se démarquer du suivisme à l'égard de Washington qui fait partager à l'Europe les responsabilités de la politique véritablement dangereuse du gouvernement et du système américain. Nous avions dans un article précédent indiqué que l'Europe, plutôt que renforcer sa présence en Afghanistan, devrait s'en dégager comme elle a commencé de le faire en l'Irak. Concernant le Pakistan, elle devrait affirmer, avec diplomatie mais fermement, que depuis le 11 septembre et la Guerre globale contre la Terreur imposée par G.W. Bush et les néo-conservateurs, les dangers ne cessent de se multiplier. L'Amérique sème la tempête partout où elle intervient, suscitant les nationalismes, les fanatismes religieux, les trafics de toutes sortes. Le sort du monde et celui des pays qu'elle a déstabilisés seraient grandement améliorés si elle se retirait dans un isolationnisme dont elle a malheureusement perdu la tradition. Au Pakistan, qui ne regorge pas de pétrole ni de matières premières, mais de problèmes, elle n'a vraiment plus rien à faire. Qu'elle laisse les Pakistanais de toutes tendances se débrouiller entre eux comme avec leurs voisins indiens (ce qu'ils seraient tout à fait capables de faire si les Etats-Unis ne s'en mêlaient pas).

Tant que l'Europe n'aura pas affirmé clairement, aux yeux du monde entier, qu'elle est désormais décidée à ne plus faire le jeu de l'irresponsable diplomatie américaine, elle contribuera au même titre que l'Amérique à augmenter la dangerosité du monde. Plutôt que continuer à faire allégeance à Bush, les gouvernements européens et la diplomatie européenne devraient enfin tenir ce langage de vérité. 29/12/07


Poutine, un modèle pour l’Europe ?

Ce titre paraîtra à certains relever de la provocation. Il traduit pourtant une réalité que les Européens auraient intérêt à reconnaître …et imiter. Le monde actuel est le théâtre de compétitions de plus en plus musclées entre deux catégories d’acteurs. On trouve d’un côté de vraies puissances politiques et de l’autre des Etats ayant perdu toute ambition à la puissance. Les premiers, profitant à plein de l’ouverture imposée par l’idéologie libérale, détruisent l’économie des seconds par des agents à leur service, dont on commence seulement à mesurer l’efficacité conquérante, les fonds d’investissement qu’ils pilotent (fonds spéculatifs et fonds souverains notamment). Les autres ne savent que prêcher les vertus de la concurrence et de la consommation à tout-va sans se rendre compte qu’ils perdent progressivement leurs moyens d’être pris au sérieux comme partenaires avec qui compter, c’est-à-dire avec qui négocier sur un pied d’égalité. Il est vrai que pour remplacer leur puissance économique, ils essaient de déstabiliser leurs adversaires par un moralisme droit de l’hommiste qui ne trompe personne.

C’est sur cet arrière plan qu’il faut apprécier les commentaires qu’ont suscités la victoire aux dernières élections du parti de Vladimir Poutine et le rôle de premier ministre interventionniste que ce dernier semble vouloir se réserver. Pour l’opinion éclairée américaine, dont les ambitions à la domination mondiale n’ont malgré quelques difficultés passagères rien perdu de leur agressivité, Poutine mérite le titre que lui a décerné Time Magazine, celui de l’Homme de l’année. Dans un article éclairant (http://www.time.com/time/specials/2007/personoftheyear/article/0,28804,1690753_1690757,00.html), le journal explique clairement les raisons de son choix, dans lequel ne prend place aucun angélisme.

On trouve sur le blog de Michel Collon http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-12-15%2017:29:38&log=invites# des commentaires de Jean-Marie Chauvier, citant lui-même Jacques Sapir, qui montrent bien pourquoi Poutine représente pour l’Amérique comme pour ceux qui devront compter avec la puissance russe une nouveauté considérable. Nous citons en abrégeant :

« Le remaniement ministériel de février 2007, qui a vu le ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, être promu au poste de premier vice-premier ministre, peut être considéré comme un symbole important de ce mouvement. Sergueï Ivanov est en effet parmi les dirigeants russes celui qui peut passer pour le plus engagé en faveur d'une politique industrielle active. Le récent départ du gouvernement de German Gref, un des derniers ministres « libéraux », est encore un signe de la cohérence qu'a désormais acquise la politique économique russe.

Ce processus n'est pas circonscrit au cercle gouvernemental restreint. Il s'inscrit dans le cadre global d'une évolution qui voit l'ensemble de l'élite politique et économique russe se rallier à des conceptions interventionnistes et qui se traduit par la montée d'une forme de « patriotisme économique ». Aujourd'hui, des notions comme la politique industrielle, la nécessaire présence d'un secteur public ou le protectionnisme ne font plus clivage entre ceux que l'on appelle les « libéraux » et les « interventionnistes ».

Ce volontarisme russe s'est traduit par un double mouvement de réaffirmation de l'État dans l'économie et de re-concentration des activités. Dans les faits, on a vu apparaître une organisation de l'économie autour de trois secteurs dans lesquels le rôle de l'État est différencié :
- un secteur prioritaire, celui de l'énergie et des matières premières qui doit être étroitement contrôlé par l'État ;
- un secteur des industries stratégiques qui se définit dans une logique de diversification où l'entrée des acteurs étrangers est possible et même souhaitée, comme c'est le cas pour la production automobile ;
- un secteur des autres industries où l'État n'intervient que pour faire respecter la législation commune.

La diversification de l'économie est devenue un axe stratégique de la politique économique, justifié par un risque de dépendance vis-à-vis des matières premières. Cet objectif a été repris par Alexandre Chokhine, le président de l'Union des industriels et des entrepreneurs de Russie (le RSPP), qui appelle à la mobilisation d'une partie des moyens du fonds de stabilisation et la mise en place de ce qu'il qualifie de « protectionnisme raisonnable ».

L’analyse de Sapir montre qu’il y a au moins deux approches de l’évolution russe, tant en Occident qu’en Russie, et tant à droite qu’à gauche. L’une voit surtout l’aspect « autoritaire » et se retrouve sur une ligne de « défense des libertés » qui est celle des libéraux et des oligarques déchus par Poutine, des mouvements de Droits de l’Homme animés en Russie par des militants en vue du libéralisme des années 90.

L’autre retient davantage les choix stratégiques de développement interne et de relations internationales. Sur ce terrain, la ligne « souverainiste » qu’adopterait Poutine s’éloigne forcément des conceptions néolibérales (au sens de ce terme chez nous), des recommandations (passées) du FMI et des exigences posées par les Etats-Unis, tant à l’adhésion de la Russie à l’OMC qu’à son acceptation dans la « communauté internationale » en tant que pays « véritablement démocratique ».

Nous pensons pour notre part que la division de l’économie en trois secteurs plus ou moins soumis à l’interventionnisme politique et au protectionnisme raisonnable conviendrait parfaitement à l’Europe, si elle était capable de se doter d’un gouvernement économique et politique minimum, ne fut-ce qu’au sein de la zone euro. Dans ce cas, des convergences et des alliances avec la Russie, comme d’ailleurs avec d’autres puissances à vocations hégémoniques, seraient parfaitement négociables.

Mais l’Europe, par la voix de ses institutions ou de ses Etats membres, ne sait que prêcher d’une part les vertus d’une concurrence sans frontières et d’autre part l’impossibilité, quand elle négocie avec la Russie ou la Chine, de transiger sur des droits de l’Homme auxquels par ailleurs elle ne croît guère. Elle se met alors directement dans les mains aussi bien des Etats-Unis et de ces puissances que dans celles des Etats théocratiques et pétroliers du Golfe pour qui la démocratie et la laïcité n’ont aucun sens.

Nous renvoyons ci-dessous à un article de Defensa qui résume parfaitement bien la situation. http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4752


Viol des consciences

Nombreux seront, à commencer par votre serviteur, les Français qui estimeront être victimes d'un véritable viol des consciences, perpétré par Nicolas Sarkozy lors de son "discours de Latran". Un président de la République n'a pas tous les droits au gré de ses foucades personnelles. Lorsque, selon le Monde, Sarkozy affirme que la France a tout à gagner à une "laïcité positive", à une reconnaissance effective de la place des courants spirituels dans la vie publique, à leur concours dans la définition d'une "morale" pour le pays, lorsqu'il fait allusion à une laïcité "épuisée" ou guettée par le "fanatisme" , lorsqu'il dit que l'intérêt de la République est de compter des populations qui "croient" et "espèrent" et qu'il n'est pas de bonne politique sans référence à une "transcendance", il méprise ouvertement les convictions d'une bonne partie de la population. En fait, il réveille obligatoirement les hostilités entre les républicains et les curés dont on pouvait se croire sorti. Ses conseillers en religion croient peut-être faire par sa voix une bonne affaire politicarde, mais ils se trompent. Le vieux laïcisme de combat n'est pas mort. Il se réveillera si on vient le provoquer inutilement. Il a l'avenir pour lui. Ce ne sont pas des guides moraux aussi percutants que J.M. Bigard ou le vieil illuminé de René Girard qui vont réveiller les vocations, même au fin fond des campagnes. Vive la Laïque!
21/12/07


Le rapport américain Infrastructure 2007

La lente destruction des infrastructures publiques américaines, abandonnées faute de financements au profit des activités de marché et des dépenses militaires, apparaît de plus en plus insupportable à certains citoyens des Etats-Unis. On lira sur ce point très important, qui devrait, tout autant que l'absence de sécurité sociale, condamner le modèle du capitalisme américain, le rapport de l'Urban Land Institute et du cabinet Ernst and Young : « Infrastructure 2007. A global perspective ». Voici un rapport bienvenu au pays du capitalisme à court terme.

Les investisseurs privés des travaux publics qui ont commandité ce rapport estiment qu'investir dans les grands équipements pourrait être rentable. Encore faudrait-il que le pouvoir politique, comme l'avait fait le New Deal, oriente l'épargne dans ces directions, qui ne sont pas productives à court terme. Les difficultés d'Eurotunnel nous montrent tout l'ardu de la démarche.

L'Europe n'est pas encore arrivée à l'état de délabrement dénoncé par les auteurs du rapport. Mais si elle n'entretient pas son capital, en y affectant une part de plus en plus grande des ressources budgétaires de l'Union, elle ne sera pas à l'abri des mauvaises surprises. Un problème différent est également évoqué en Europe, à la suite des travaux sur le contrôle de la production des gaz à effet de serre. Toutes les infrastructures ne se valent pas à cet égard. Les entreprises des Ponts et Chaussées comme celles de l'automobile voudraient faire privilégier les autoroutes de liaison ou de contournement. Les économistes et les environnementalistes préfèrent de beaucoup les liaisons ferroviaires et le portuaire maritime. Les collectivités locales, malheureusement, font en général pression sur les gouvernements pour que des équipements routiers manifestement non indispensables soient financés en priorité.

http://www.ey.com/global/content.nsf/International/Real_Estate_Library_Infrastructure_2007


Le Pentagone installe en Europe son Quartier Général pour l’Afrique. Bienvenue à Ramstein (De)

En février 2007, le Pentagone a décidé la création d'un nouveau commandement régional, pour l'Afrique, AFRICOM (African Command)dont la gestion est confiée à l'US Air Force pour l'Europe. Ceci n'avait pas beaucoup agité les chancelleries européennes non plus que le haut représentant Javier Solana. La décision aurait pourtant du être commentée, à double titre.

D'une part, toutes les interventions de type militaire des Etats-Unis sur le Continent africain devraient inquiéter les Européens, quand on voit comme ces interventions ont mis et mettent encore le Moyen Orient à feu et à sang. D'autre part, aucun Etat africain, même parmi les plus américanistes, comme le Nigéria, n'a voulu héberger le quartier général de l'AFRICOM. Celui-ci a dont été (momentanément (?) installé en Allemagne, dans la base de l'US Air Force de Ramstein que l'Amérique y possède encore, en héritage de la guerre froide. Mme Merkel, à notre connaissance, n'a pas réagi.

Aujourd'hui, l'Africom prend de plus en plus corps. Sa préparation est confiée à l'US Air Force in Europe (USAFE). Le fait qu'une “Air Force” (subdivision majeure de l'USAF, équivalant à une “Armée” ou un “Corps d'Armée” pour les forces terrestres) ait été réactivée est une indication de l'investissement bureaucratique et structurel que l'USAF (USAFE) met en œuvre et va développer dans sa tâche de préparation d'AFRICOM. L'USAFE est une survivante de la conception classique et orthodoxe de l'Otan,c'est-à-dire euro-atlantique. Par ailleurs, les derniers évènements au Moyen Orient ont montré que l'US Air Force en général était, bien plus que l'US Navy et l'US Army, toujours prête à des démonstrations musclées qui ne lui coûtent pas grand chose, sinon quelques milliers de litres de kérosène. Au sein du lobby militaro-industriel américain, il s'agit de la branche la plus activiste.

Mais que faire en Afrique ? Nous avons montré qu'à terme, l'Afrique sera, notamment par sa démographie galopante incontrôlable, une des futures zones d'instabilité du globe, sinon la seule. Cette instabilité ne menacera pas directement l'Amérique, mais l'Europe. Par contre, des mouvements locaux pourront mettre en danger les implantations africaines des compagnies pétrolières américaines, que Washington entend développer pour suppléer en tant que de besoin aux sources du Golfe. Les intérêts américains dans les énormes richesses minérales encore inexploitées sur lesquelles la Chine et d'autres pays asiatiques comptent déjà beaucoup pour alimenter leur croissance, ne devraient pas non plus, dans l'esprit du Pentagone, être laissées sans défense. Enfin, l'évolution politique de grands pays traditionnellement proches de l'Amérique, comme le Nigéria et l'Afrique du Sud, doit rester sous surveillance. Tout récemment, par exemple, l'annonce par le Congrès national africain de la victoire de Jacob Zuma, qui devient président de ce parti, contre le chef de l'Etat sud-africain et président sortant, Thabo Mbeki, ne rassure pas Washington. Zuma passe pour populiste et imprévisible. Un tutorat américain ne sera dont pas inutile.

Il est évident que, en dehors du resserrement des liens entre les militaires américains et les armées de nombreux pays africains déjà gagnés, comme leurs collègues de l'Otan, à la pax americana et aux achats d'armes que le maintien de celle-ci suppose, l'AFRICOM sera un outil permanent et proliférant permettant au Pentagone et au Département d'Etat d'interférer en Afrique, au détriment évidemment de l'influence des autres puissances, notamment européennes.

Les prétextes humanitaires ont déjà été mis en avant. Les Etats-Unis annoncent que le rôle essentiel de l'AFRICOM sera humanitaire. Pour cela, l'USAF est toute désignée : transport de vivres, de médicaments...et aussi d'humanitaires à l'américaine, évangélistes et militants de l'abstention sexuelle – sans parler de l'infiltration de Forces Spéciales. La Guerre sans Fin contre le Terrorisme ne manquera pas de fournir des occasions justifiant la présence de ces dernières.

La crainte de beaucoup d'Etats africains, semble-t-il, est que toutes ces bonnes intentions ne finissent par légitimer ici ou là une intervention militaire sur le mode Irakien, dont les conséquences catastrophiques s'étendraient sur l'ensemble du Continent, en réveillant les haines nationalistes et religieuses. Comme l'explique l'auteur de l'article du journal pacifiste Anti-war, cité ci-dessous, le cancer militariste une fois installé ne cesse de proliférer. En d'autres termes, la grande politique africaine de l'Europe, à supposer qu'elle en élabore une un jour, devra tenir compte de l'opposition discrète ou ouverte que lui fera désormais l'AFRICOM. Parions que dans trente ans, on devra encore compter avec cette dernière, comme nous devons encore compter aujourd'hui avec l'Otan dont le principal rôle est devenu d'empêcher la construction d'une défense européenne autonome.21/12/07

* http://www.antiwar.com/orig/werther.php?articleid=12056
* http://www.africom.mil/


Microsoft et le Libre

Microsoft cède avec beaucoup de réticences à la pression des défenseurs du logiciel libre, relayés par la Commission Européenne. En mars 2004, celle-ci avait condamné Microsoft à fournir à ses concurrents les informations nécessaires au développement de produits interopérables avec ses logiciels destinés aux ordinateurs personnels et aux serveurs. Microsoft a signé le 20 décembre 2007 aux Etats-Unis un accord avec une fondation à but non lucratif consacrée aux logiciels libres, la Protocol Freedom Information Foundation. L'accord vise l'éditeur à but non-lucratif Samba, qui propose un logiciel gratuit destiné aux serveurs.

Le logiciel de Samba est dédié aux groupes de travail en entreprise travaillant en intranet. Il permet aux salariés de s'identifier et de se connecter à un système informatique, de partager des documents et de les imprimer. Mais les problèmes d'interopérabilité l’empêchaient d’intervenir sur l’ensemble du système d’information de l’entreprise, contrairement au Active Directory de Microsoft.

La Commission avait en 2004 condamné Microsoft au motif qu’il refusait de fournir à ses concurrents les protocoles nécessaires à l'interopérabilité, afin que les ordinateurs et serveurs utilisant son logiciel Windows, mais fabriqués par ses concurrents, ne puissent pas fonctionner ensemble. Cette pratique anticoncurrentielle de Microsoft lui a permis de s'imposer sur le marché des serveurs, contraignant ses concurrents à disparaître.

Mais il faut bien voir que l’accord avec Samba est loin de résoudre tous les problèmes d’interopérabilité se posant au sein des serveurs d’entreprises. Il ne concerne évidemment pas non plus le domaine bien plus important des logiciels pour PC et matériels répartis, dont Microsoft tente de verrouiller depuis longtemps le marché au profit de ses propres produits. Pour assurer la compatibilité, les logiciels libres sont obligés à grands frais de se mettre constamment à niveau pour tenir compte des changements décidés par Microsoft et ne faisant pas l’objet d’une publication des sources. 20/12/07


Boeing est donné gagnant de l'appel d'offre de l'US Air Force sur les avions ravitailleurs

Avec une joie non dissimulée, l'Air Force Magazine du 18 décembre annonce, "de source bien informée" que Boeing est donné gagnant de l'appel d'offre qui l'oppose à EADS Northrop Grumman pour la fourniture d'avions ravitailleurs en remplacement du KC 135. L'information figure avec plus de détails gourmands dans le Seattle Post-Intelligencer du 16 décembre. Le contrat est proprement monstrueux (aux alentours de 100 milliards de dollars). L'appel d'offre avait été précédemment cassé pour raisons de corruption imputées à Boeing. Mais l'Air Force et le lobby militaro-industriel n'avaient jamais renoncé à placer Boeing. Ce qui faisait penser à beaucoup d'Européens que EADS perdait son temps à tenter d'être retenu.

EADS est sans rancune. Airbus envisage de revendre à Spirit certaines usines du groupe. Spirit est constitué d'un regroupement d'anciens sous-traitants de Boeing aux États -Unis. 18/12/07

* Air Force Magazine http://dc01-cdh-afa03.tranguard.net/AFA/
* Seattle PI http://seattlepi.nwsource.com/business/343764_tanker17.html


Le président de la République défend la culture française

Je ne sais quel journal américain titrait, il y a quelques jours, sur la mort de la culture française. Profonde erreur. Celle-ci est bien défendue par le président de la République également française. Après avoir proclamé à Washington l'amour de la France pour Marilyn Monroë, il a jugé utile d'afficher son nouveau couple dans un des hauts lieux de la culture française, Disneyland Paris. 17/12/06


L'inflation démographique en Afrique

Le journal Le Monde du 17 décembre 2007 a publié un article inquiétant, selon lequel après avoir stagné pendant quatre siècles, la population africaine passera de 769 millions aujourd'hui à 2 milliards en 2050.
Les auteurs de cet article ne sont pas des démagogues populistes, mais de distingués démographes que l'on ne peut soupçonner d'arrière-pensées politiques. Il s'agit du belge John May, « démographe Afrique » de la Banque Mondiale, et Jean-Pierre Guéguant, de l'Institut de recherche pour le Développement, en poste à Ouagadougou.

Retenons les points suivants, en résumant rapidement l'article :
- L'Afrique sub-saharienne n'est pas encore entrée dans la phase dite de transition démographique, caractérisée par la baisse de la fécondité. Celle-ci y est en moyenne de 5 enfants par femme, plus élevée que dans n'importe quelle autre partie du monde. En conséquence, 2 personnes sur 3 y ont moins de 25 ans. La population des moins de 25 ans n'est que de 40% en Chine et de 30% en Europe.
- Ceci peut être expliqué par le fait que l'esclavage puis la colonisation avaient freiné l'expansion normale et qu'un effet de rattrapage se fait sentir. Mais les auteurs restent prudents. Les évolutions démographiques observées partout dans le monde obéissent à des causes très diverses et pas toujours prévisibles. La baisse de la fécondité dans les pays développée, au dessous du taux de renouvellement, n'était pas prévue. En Afrique, l'épidémie de sida n'a pas entraîné de baisse de la population. La population infectée, telle que recensée dans les centres de santé, est passée de 9% en 2001 à 6% en 2006.
- La cause la plus vraisemblable de la croissance démographique africaine tient au laxisme des gouvernements. Dès 1960-1970, la plupart d'entre eux (excepté la Tunisie) ont refusé les politiques de modération décidées par les pays latino-américains et asiatiques. Les méthodes de contraception sont refusées presque partout.
- Les conséquences de cette situation seront intenables à terme. On ne voit pas par exemple le Niger supporter une population de 50 millions de personnes, alors que 15% seulement des terres y sont cultivables et que le pays est déjà surpeuplé. Dès maintenant, si l'on rapporte la densité de population à la superficie des terres cultivables, on atteint des densités très élevées : 529 habitants au km2 pour la Mauritanie, 817 pour la Somalie, 391 pour le Sénégal. Or on ne voit pas sérieusement comment augmenter les surfaces cultivables, face à la désertification grandissante.
- Les Etats n'ont pas les moyens de mettre en place les infrastructures correspondant à l'augmentation de la population, qui se porte inexorablement vers les villes. Aujourd'hui, on compte déjà en Afrique 40 villes de plus de 1 million d'habitants. En 2030, la moitié de la population vivra en ville dans 3 pays africains sur 4. Ces villes seront nécessairement, faute d'investissements urbains, des foyers de la pauvreté grandissante, par rapport aux campagnes.
- Les migrations africaines vers le Nord restent peu importantes, contrairement aux idées reçues. Les plus importantes migrations mondiales, sur un total de 200 millions de personnes, sont chinoises, indiennes et philippines. Une très petite partie d'entre elles seulement s'installe en Afrique.

Les auteurs de l'article n'ont pas suggéré de conclusions ou recommandations politiques générales relativement à ces perspectives qui paraissent pourtant très inquiétantes. Même en arrêtant l'exploitation des quelques richesses africaines par les pays plus développés, l'Afrique ne pourra pas contenir sa population dans ses frontières. Si à la croissance démographique s'ajoutent les effets prévisibles de la crise climatique, la situation deviendra véritablement explosive.

On peut penser que tant que les gouvernements n'auront pas pris des mesures incitatives fortes pour généraliser la contraception et améliorer en priorité l'éducation des femmes, rien n'arrêtera la marche à une surpopulation catastrophique. Malheureusement, les gouvernements, déjà faibles à tous égards, se trouvent en face de traditions culturelles difficiles à modifier. Elles le sont d'autant plus que des religions de plus en plus offensives, qu'il s'agisse des églises chrétiennes de toutes obédiences, de l'islam et même des croyances animistes traditionnelles, refusent absolument les évolutions sociétales qui se sont développées partout ailleurs dans le monde et contribuent au contrôle spontané des naissance. On peut penser que l'explosion de la démographie africaine et ses conséquences seront considérées par ces religions comme une opportunité d'accroître leurs pouvoirs.17/12/07


L'Europe sociale en butte au libéralisme dogmatique
Source Thomas Ferenczy, Le Monde, 13/12/2007


La Grande Bretagne et l'Allemagne bloquent toutes les avancées de l'Europe sociale proposées par les syndicats européens.

Le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), le Britannique John Monks, membre de deux laboratoires d'idées aux opinions modérées, le European Policy Centre à Bruxelles et le Centre for European Studies à Londres, est scandalisé par les échecs répétés de l'Europe sociale, qu'il s'efforce, avec d'autres, de promouvoir. Il y a moins d'un mois, il a remis au président de la Commission européenne une pétition de 510 000 signatures en faveur d'une directive sur les services publics. M. Barroso a dit non. Une semaine plus tard, c'est la question de la flexicurité qui revenait à l'ordre du jour. La CES ne refuse pas l'idée, mais craint que la flexicurité, censée combiner flexibilité et sécurité, ne soit interprétée "comme un permis de licencier plus facilement et d'adopter des formes de travail plus précaires". La Commission puis le conseil des ministres ont adopté une série de principes, que le Parlement européen aurait souhaitée "plus équilibrée". M. Monks a aussitôt appelé les gouvernements à se ranger à l'avis des eurodéputés. La flexicurité, dit-il, doit protéger l'emploi, et non le détruire. La Commission n'est pas revenu sur ses principes.

Mais il y a plus grave. Deux directives sociales, auxquelles les syndicats européens accordent une importance particulière, ont été bloquées, une fois de plus, au conseil des ministres, en raison du refus obstiné de la Grande-Bretagne, soutenue par l'Allemagne. Ces deux textes visent à renforcer la protection des salariés, l'un en limitant à 48 heures la durée hebdomadaire du travail, sauf dérogations strictement encadrées, l'autre en reconnaissant aux intérimaires les mêmes droits qu'aux travailleurs permanents. Les Britanniques et leurs alliés, au nom de la défense de l'emploi, s'opposent à ces contraintes.

Ces deux directives, explique la CES, expriment la volonté des syndicats de fixer une limite au pouvoir des marchés. Elles procèdent du souci de rendre la mondialisation plus équitable. Leur blocage donne raison à ceux qui jugent abusive toute tentative de réglementation. Un coup sérieux est ainsi porté aux ambitions sociales de l'Union européenne. Le progrès social au sein de l'Union européenne n'a pas suivi le développement du marché intérieur. Cette carence risque de détourner les peuples de la construction européenne. On ne saurait lui donner tort.

Tant en effet que ne seront entendus à Bruxelles que les lobbies industriels, les syndicats patronaux et les gouvernements les plus "libéraux", pour qui la question du droit du travail et des droits sociaux sont de la seule compétence des Etats, aucun progrès ne pourra se faire dans la voie pourtant indispensable de la construction d'un espace social permettant la mobilité de tous les salariés, indépendamment de leur nationalité.16/12/07


Evaluation de la menace américaine par l'Intelligence Iranienne

Alors que le monde entier s'interroge sur le risque que représente l'Iran, l'interception d'un document (Iranian National Intelligence Estimate) montre que les services iraniens ne s'inquiètent pas du danger américain.

Un journaliste du New York Times s'est procuré un document secret du plus haut intérêt stratégique. Il s'agit d'une évaluation (Estimate) faisant le pendant de la NIE 2007 par laquelle les agences de renseignements américaines reconnaissent que l'Iran n'est pas actuellement engagée dans le processus de fabrication d'une bombe nucléaire. L' Iranian National Intelligence Estimate of America, destinée au président Ahmadinejad, lui fait en quelque sorte écho. Le document explique que l'Iran n'a pas besoin de se doter d'armes atomiques, car le danger représenté par l'Amérique n'est pas si élevé qu'il n'était supposé, au vu de précédentes analyses diligentées par les Gardiens de la Révolution. L'Amérique du post 9/11 serait en effet sur la voie de l'auto-destruction. Voici quelques extraits de l' « Iranian Estimate »

« L'Intelligence iranienne considère que la plus grande menace contre l'Iran et ses intérêts pétroliers était apparue en 2006, sous la forme d'un programme visant à guérir l'Amérique de son « addiction au pétrole », selon l'expression employée par le Président G.W. Bush dans sa déclaration sur l'Etat de l'Union 2006. Les informations obtenues à l'époque laissaient craindre le lancement d'un Projet Manhattan secret (covert) visant à remplacer toutes les énergies fossiles par des énergies renouvelables. Les ressources obtenues par les Etats producteurs de pétrole, y compris par l'Iran, se seraient trouvées rapidement asséchées. Les Etats du Moyen Orient, pour leur part, se seraient trouvés privés de tous moyens d'action, que ce soit pour contrer l'influence économique et politique des « petits Satans américains » ou pour propager en Occident les fondements de la Vraie Foi. »

« La réévaluation du risque à laquelle nous avons procédé montre que celui-ci était tout à fait grandi. En fait, la partie du programme visant à développer les énergies renouvelables s'est limitée à des subventions aux producteurs de maïs de l'Iowa. Les interceptions de communications téléphoniques entre les lobbysts et les membres du Parlement ont clairement mis en évidence qu'il ne s'agissait pas de bâtir une politique énergétique « propre » mais de verser à l'agro-business des milliards de dollars destinés à orienter « dans le bon sens » leurs votes aux prochaines élections. »

« La nouvelle majorité démocrate au Congrès, suite aux déclarations de Nancy Pelosi, pouvait laisser craindre le pire, mais celle-ci s'est bien gardé d'entreprendre des actions que nous aurions pu considérer comme des menaces à l'égard de la Révolution Iranienne, telles que le vote d'une taxe sur les carburants ou sur les véhicules gros consommateurs. »

« Il est donc dans ces conditions « hautement improbable » que les revenus tirés par les Etats du Golfe, y compris par l'Iran, se trouvent asséchés dans les prochaines décennies. Au contraire, ils ne pourront que croître. La bienveillance divine fait que le pétrole sera de plus en plus rare ou difficile à extraire, ce qui augmentera en conséquence les bénéfices du peuple iranien et sa capacité à éclairer le monde. »

« Nous sommes en fait « hautement persuadés » que la superpuissance Américaine (et avec elle les Etats européens impies), est en voie d'auto-destruction rapide, pour trois raisons :

- Le 9/11 a rendu l'Amérique stupide, ce qui la conduit à exporter dans le reste du monde des modèles tels que la torture légale (Guantanamo), la suppression des droits civiques et les réformes sociales proposées par le candidat républicain Mr Giuliani.
- Face à l'avance technologique que prennent les autres puissances industrielles et scientifiques, telles la Chine et l'Inde, l'opposition aux impôts, l'accent mis contre le mariage des homosexuels et les campagnes destinées à affirmer que les seules vérités se trouvent dans la Bible ne poussent guère les citoyens à définir une forme de société laïque, égalitaire, féministe et scientifique qui pourrait véritablement représenter un modèle tentateur pour notre jeunesse.
- Aucun candidat aux prochaines élections ne semble décidé à rendre les Etats-Unis plus ouverts et compétitifs, que ce soit Mrs Clinton qui prêche pour l'autarcie ou le leader actuel des Républicains, Mr Huckabee, qui avoue n'avoir jamais cru en l'évolution. »

« Devrions nous conclure cette évaluation en proposant que l'Amérique, loin de devenir une menace grandissante, rejoint nos valeurs ? Nous n'irions pas jusque là car ce peuple n'a pas a sa tête un leader aussi prestigieux que notre bien-aimé Président. »

On peut se demander pourquoi l'Intelligence Iranienne produit aujourd'hui un tel document, risquant de démobiliser les efforts du pays pour s'opposer à l'Amérique. S'agit-il d'une revanche à l'égard des gardiens de la Révolution, qui n'auraient pas consulté comme ils l'auraient du les services Iraniens ? S'agit-il d'une démarche visant à déstabiliser le président Ahmadinejad, en l'obligeant à diminuer les efforts de militarisation de la société iranienne, compte tenu de la ré-évaluation du risque réel présenté par l'Amérique ? La question reste pour le moment sans réponse.

Source. Article du NYT (Confidentiel)


 

http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/07-17412/index.html