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La Gazette N° 165 en date du 15 août 2007

Par Jean-Paul Baquiast


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Lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:
* La République Européenne http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/83/republique.htm
* Agriculture et Agro-alimentaire en Europe. Une ré-évaluation s'impose http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/83/edito.htm
* Christopher Frith "Making up the Mind" http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/83/frith.htm
* Lee Smolin, "The Trouble with Physics"
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/82/smolin.htm

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Un livre de Jean-Paul Baquiast (en librairie)

Pour un principe matérialiste fort
Essai
Edition Jean-Paul Bayol
300 pages - ISBN : 978-2-916913-00-1

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Voir aussi:
* Ouvrage publié en Open-Source (accès libre et gratuit) par Jean-Paul Baquiast
Comprendre. Nouvelles sciences, nouveaux citoyens. 2005. PDF 825 ko
Refonte de
Sciences de la complexité et vie politique. Tome 1 Comprendre.

Rappelons aussi que Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent d'un blog consacré aux questions de politique générale. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter les blogs de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/ et http://drmsfvermeulen.over-blog.com/

Voir de sa part deux articles récents:
* La fiction du Doc http://influenza_h5n1.vosforums.com/viewtopic.php?t=3541&postdays=0&postorder=asc&start=0
* Pandémie et plan de sécurité publique
http://drmsfvermeulen.over-blog.com/article-2587620.html

Nous publions cette photo en hommage au travail fait depuis plusieurs mois, bien avant les prises de conscience officielles, par le docteur Michel Vermeulen sur son blog, afin de nous avertir de la menace grandissante de la pandémie. Inutile de dire que nous prenons cette initiative sans lui en avoir demandé l'autorisation - qu'il aurait sans doute refusée par modestie.


Razzia sur l'Arctique

Les revendications territoriales sur l’Arctique se sont précisées depuis le dépôt début août 2007 par les Russes d’un pavillon national à 4.200 mètres de fond. Le Canada a annoncé sans tarder la création d’un port en eau profonde à l’entrée est du passage du Nord-Ouest, qui devrait devenir navigable plusieurs mois par an dans quelques décennies pour les navires de surface. Les Etats-Unis, la Norvège et le Danemark ont également rappelé leurs droits.

Les enjeux sont d’abord militaires. Des sous-marins lance-engins américains et russes patrouillent déjà dans l’océan arctique, sous la banquise. La militarisation pourrait s’accentuer, mettant à portée de missiles tous les Etats voisins, en particulier les pays européens.

Sur le plan de l’énergie et de la lutte contre la production des gaz à effet de serre, les enjeux sont encore plus grands. On estime que le sous-sol océanique recèle en deçà du cercle polaire le quart des réserves non encore découvertes de gaz et de pétrole. Les Russes espèrent en tirer la quantité considérable de 700 milliards de tonnes de pétrole et l’équivalent en gaz. Si ces réserves sont effectivement exploitées dans quelques années, les espoirs mis dans le remplacement des combustibles fossiles par des énergies renouvelables s’évanouiront et les pays accédant à ces réserves en tireront des vecteurs de puissance très importants. Par ailleurs les pollutions et destructions de l’environnement prendront des dimensions possiblement catastrophiques, dont tout l’hémisphère Nord pourrait souffrir.

L’Union européenne s’est bornée jusqu’à présent à observer la situation, sans soutenir particulièrement ni les revendications du Danemark (via le Groenland) ni celle de la Norvège (qui ne fait pas partie de l’Union). Mais l’importance des enjeux, pour l’Europe comme pour le monde, voudrait qu’elle énonçât rapidement une position. Elle pourrait, avec le soutien de l’ONU, demander que l’on applique à l’Arctique le statut de zone internationale protégée qui est encore (pour combien de temps ?) celui du continent antarctique. Ceci dit, elle ne sera probablement pas entendue. Par contre, vu les faibles distances qui séparent l’Europe du Nord de l’océan arctique, elle devrait à tout le moins obtenir d’avoir un droit de regard sur la façon dont les nations riveraines traiteront cette zone non seulement stratégique mais extrêmement fragile. Or on peut que s’étonner de constater combien l’Europe semble se désintéresser de la question. 14/08/07


La fin possible de ce qui reste de démocratie en Amérique
(informations collectées dans Agora Vox)

L’évènement pourrait se produire plus tôt que nous ne l’imaginons. Ce serait l’effet de coups tordus organisés par le duo Bush-Cheyney afin de sortir par le haut du piège irakien. Incapable de gagner la guerre et moins encore de se retirer sans casse d’Irak, incapable également d’affronter l’hostilité grandissante de l’opinion américaine, le tandem satanique (sans excès de langage. Les Bush font partie du club satanique conservateur Skull and Bones Society (voir http://en.wikipedia.org/wiki/Skull_and_Bones ) aurait prévu différents évènements susceptibles de remobiliser l’opinion autour de l’Administration, comme ce fut le cas dans les temps bénis de l’après 11 septembre. Verra-t-on se produire un nouvel attentat de cette ampleur, encouragé sinon conduit par le pouvoir. En tous cas, un certain Stu Bykofsky l’appelle de ses vœux dans le Philadelphia Daily News du 9 août, sans vraiment provoquer de scandale.
Voir http://www.philly.com/dailynews/columnists/stu_bykofsky......_9_11.html

Sans doute plus crédible, dans un article intitulé «Impeach Bush and Cheney Now» publié le 17 juillet 2007 sur internet, le Dr Paul Craig Roberts, sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan, avertit de l’imminence d’un deuxième 11 septembre orchestré par le duo Bush-Cheney et qui pourrait être imputé à l’Iran. Selon l'auteur, cet attentat terroriste permettra à Bush d’activer les décrets présidentiels qui donnent au président des pouvoirs dictatoriaux en cas d’urgence nationale. Un état de guerre avec l’iran en découlerait immédiatement, accompagné d’opérations destinées à remettre au pas les Etats arabes « amis » et de museler les oppositions internes.
Voir http://onlinejournal.com/artman/publish/article_2200.shtml

Que ferait la France, que ferait l’Europe si de tels évènements se produisaient. Il ne serait pas totalement aberrant d’y réfléchir, non seulement dans les agences de renseignement, mais au niveau des citoyens que nous sommes. 14/08/07


Emprunter pour consommer sans produire, maladie chronique des économies libérales occidentales

La crise des crédits immobiliers aux Etats-Unis illustre de façon paroxystique ce qui est devenu une maladie chronique des économies libérales occidentales. Le consommateur y est poussé à s’endetter pour se procurer des biens de consommation que l’insuffisance de son revenu ne lui rend pas accessible autrement. Mais le crédit qu’il obtient ne l’incite pas à investir dans une activité productrice dont les revenus lui permettraient de rembourser sa dette. Autrement dit, à brève échéance, vu que les taux de remboursement deviennent progressivement usuraires, il est inexorablement condamné à revendre le bien acquis puisqu’il ne peut plus rembourser son emprunt. En conséquence, une arrivée massive de biens sur le marché immobilier provoque un effondrement de la valeur vénale de ceux-ci et une crise générale de tout le secteur. A leur tour, les établissements financiers qui s’étaient engagés dans de tels prêts à risques se retrouvent en difficulté, entraînant par contagion un resserrement des conditions de crédit, aux Etats-Unis d’abord puis dans le reste du monde. Les besoins normaux de l’économie en liquidités ne sont plus satisfaits, si bien que la récession risque de s’étendre à l’ensemble des économies, y compris au détriment des secteurs véritablement productifs. On sait que les banques centrales (Réserve Fédéral et Banque centrale européenne), pour éviter un blocage généralisé, ont décidé d’injecter dans les économies des sommes considérables. Mais à la date de rédaction de cet article, l’effet de ces mesures reste incertain.

Un observateur naïf s’étonnera de voir que les autorités de régulation des marchés financiers aient autorisé de tels prêts à risques (au moins aux Etats-Unis puisqu’il semblerait que ceux-ci soient proscrits en Europe et en tous cas en France). Mais on s’étonnera tout autant de l’irresponsabilité des gestionnaires de fonds spéculatifs qui s’y étaient adonnés, sans mentionner l’inconséquence des emprunteurs individuels eux-mêmes. Aucun d’entre eux ne pouvaient ignorer que le système ne pouvait que se bloquer à terme, entraînant la ruine des moins prévoyants. On peut penser que, comme dans le cas d’autres bulles spéculatives, les différents protagonistes du système comptaient de façon irrationnelle sur une euphorie génératrice de croissance laquelle, par on ne sait quel miracle, aurait généré des revenus permettant de payer les dettes. Les plus malins des préteurs espéraient sans doute se retirer suffisamment vite du jeu, profit fait, pour ne pas tomber avec les autres. On retrouve là un aspect inhérent au capitalisme libéral le plus sauvage, c’est-à-dire celui qui refuse toute régulation afin de donner une chance aux plus habiles sinon aux plus malhonnêtes. Inutile de dire que de telles pratiques auraient du depuis longtemps être condamnées. En tous cas, elles ne devraient pas être prises comme un exemple à suivre par les gouvernements européens souhaitant relancer la croissance en relançant les consommations des particuliers.

Mais le feront-ils ? Ce serait une erreur de considérer la crise de l’immobilier américain comme anecdotique. Elle révèle au contraire un mal actuel profond du capitalisme libéral, notamment en Occident (les deux Amériques et l’Europe). Les Pouvoirs publics s’imaginent pouvoir y assurer la croissance des économies dont ils ont la charge en facilitant la consommation sans se préoccuper sérieusement de financer les investissements productifs, tant sur le plan industriel qu’en ce qui concerne les recherches/développements. Or pour financer les investissements productifs, il faut faire principalement appel, par prélèvement indirect ou direct, aux revenus des particuliers, en évitant que ces revenus ne s’investissent dans la consommation, notamment de biens et services importés.

Si en effet aucun investissement n’intervient, sur quoi compter pour satisfaire la demande artificiellement suscitée ? Sur l’importation de produits de consommation ou de services vendus à bas prix dans les pays émergents. Mais, aussi bas que soient les prix de ces produits sur les marchés occidentaux, les dettes accumulées finissent par devenir considérables. Comment alors payer ces dettes ? Très simplement en se tournant vers ces mêmes pays émergents - ou vers des fonds d’origine criminelle. Les uns et les autres, pour des raisons diverses, disposent d’importantes liquidités. Les pays occidentaux prétendument riches empruntent auprès d’eux de quoi rembourser les emprunts qu’ils ont fait pour financer leurs importations. Inutile de dire qu’à ce régime les pays riches ne le resteront pas longtemps. Même si les pays émergents jouent la continuité en ne cherchant pas à provoquer une crise économique mondiale en refusant de continuer à prêter de l’argent aux pays riches, ils s’enrichiront rapidement aux dépends de ceux-ci, si bien que le mécanisme d’ensemble ne pourra que se bloquer à son tour.

Pourquoi ? Il faut pour comprendre cela en revenir à la valeur fondamentale qui est l’investissement productif. Notre consommateur occidental qui, de façon directe ou indirecte, emprunte de quoi acheter les biens produits par les investissements des pays émergents, ne produit lui-même aucune valeur. Autrement dit, il s’endette en consommant ce qui lui reste de réserves économiques pour le plus grand profit du producteur extérieur. Quand il sera ruiné, il n’intéressera plus ce dernier. L’économie du pays émergent ayant acquis dans l’intervalle un potentiel productif et un niveau de revenus du travail lui permettant de vivre sur elle-même, pourra satisfaire ses propres besoins de croissance sans sacrifier ses investissements productifs. Elle n’aura plus rien à faire du consommateur occidental ni, plus généralement, des pays occidentaux en général. C’est ce qui est en train de se produire au profit, notamment, des pays émergents asiatiques.

On dira que les choses ne sont pas si simples et que les pays occidentaux conservent encore des valeurs d’échange, en compétences professionnelles, en technologies et en connaissances. Mais il s’agit d’un capital qui ne se renouvellera pas de lui-même. Pour ce qui concerne l’Europe, la seule façon pour elle d’entretenir son capital productif serait d’obtenir des consommateurs européens qu’ils consomment moins et qu’ils travaillent davantage, en investissant dans les secteurs productifs essentiels. Espoir illusoire. On ne voit guère que la crise environnementale et énergétique qui s’annonce pour obliger les Européens à valoriser leurs ressources productives, en restreignant des consommations-importations non prioritaires ou anormalement gaspilleuses et destructrices. Mais il leur faudra pour cela détacher leurs économies de celle des Etats-Unis, si celle-ci reste soumise à l'emprise d’un libéralisme spéculatif dont l'Europe ne pourra plus se permettre les excès et les erreurs. 13/08/07


Compromis Washington/New-Delhi sur le nucléaire

Les Etats-Unis et l'Inde ont signé un compromis sur la mise en oeuvre de l'accord de coopération nucléaire annoncé en juillet 2005 par le président américain, George Bush, et le premier ministre indien, Manmohan Singh. Cette coopération était présentée comme ouvrant la voie à un partenariat stratégique jugé de la plus haute importance par Washington. L’Inde avait craint un moment que le Congrès ne ratifie pas ce projet, mais il l’a fait en décembre 2006. Demeurait la question de savoir si New Delhi conservait la possibilité de retraiter le combustible usagé et de procéder à d'éventuels essais nucléaires.

L’accord n’est pas connu. On sait que les Etats-Unis ont accepté l'exception indienne. Alors qu'ils n'autorisent que les alliés les plus proches (Japon, Union européenne) à retraiter l'uranium, ils ont accepté de donner les mêmes droits à l'Inde. En échange, New Delhi devra construire de nouvelles installations à cet effet, qui devront être soumises au contrôle de l'Agence internationale pour l'énergie atomique. En ce qui concerne les éventuels essais nucléaires - pour lesquels New Delhi observe un moratoire unilatéral -, les deux parties sont restées dans le flou. L'Inde, qui s'inquiétait de perdre sa source d'approvisionnement en cas d'essai nucléaire, pourra disposer d'une réserve stratégique de combustible et d'un accès garanti par les Etats-Unis au marché international. L'accord ne pourra entrer en vigueur que lorsque l'Inde aura négocié les conditions de vérification par l'AIEA. Le Congrès devra réexaminer l'accord.

On constate que les Etats-Unis sont prêts à de grandes concessions dans le domaine nucléaire quand ils s’adressent à l’Inde. Pour eux, il est essentiel d’en faire un « partenaire privilégié », notamment vis-à-vis du Pakistan. Ils comptent aussi vendre des matériels militaires nombreux à l’Inde, comme ils l’ont déjà annoncé.

Cela veut-il dire que l’Inde entrera définitivement dans la sphère d’influence américaine ? La chose parait peu probable, compte-tenu des ambitions à l’autonomie politique et économique de ce pays à l’égard du reste du monde. Les Etats-Unis sont trop imprévisibles aujourd’hui pour devenir des partenaires à suivre les yeux fermés. L’Europe en tous cas devrait rappeler, si besoin était, et pas seulement par la voix de la Grande Bretagne, qu’elle compte aussi développer un partenariat avec l’Inde, notamment dans les technologies de défense de l’environnement et de la santé. Elle ne devrait pas non plus renoncer à une coopération dans le nucléaire. Les Américains estiment en effet que la coopération nucléaire avec l'Inde pourrait générer des contrats allant jusqu'à 100 milliards de dollars pour l'industrie américaine et créer 27.000 emplois chaque année pendant dix ans. 08/08/07


Accord Areva-Niger sur l'uranium

Le Niger est le 4e producteur mondial d’uranium, après le Canada, l’Australie, le Kazakhstan et la Russie. La demande ne cessera d’augmenter dans les prochaines années, suite au nouvel engouement qui s’exprime pour les centrales électro-nucléaires. La firme française Areva, un des premiers industriels en ce domaine, se doit donc d’assurer ses approvisionnements en combustible, si possible par des contrats à long terme garantis au plan diplomatique. Mais elle doit admettre que le temps n’est plus où elle était presque seule sur ce marché et pouvait dicter ses conditions aux Etats miniers.

Après diverses péripéties, qui pouvaient faire craindre une rupture entre les deux parties, Areva et le gouvernement du Niger se sont mis d’accord, par un document signé le 1er août, sur de nouveaux termes pour l’exploitation des mines de Cominak et de Somaïr, situées près d’Arlit, dans le massif de l’Aïr. Le prix de vente sera plus élevé et Areva perdra le monopole de l’achat du minerai. Le Niger va certainement diversifier ses partenaires. De nombreux pays, dont la Chine, prospectent de plus en plus dans la région et font le siège de Niamey.

Il s’agit d’une évolution tout à fait normale, que l’intérêt comme la morale conseillent d’encourager. Un pays comme la France ne doit pas donner l’exemple, ni en Europe ni dans le monde, d’une exploitation sans scrupules des pays producteurs de matières premières. Areva pour sa part devra améliorer les conditions d’exploitation sur les sites et fournir au Niger des services associés. Mais cela ne l’empêchera pas de procéder ailleurs à d’autres acquisitions, comme le rachat qui vient d’être annoncé, pour 2,5 milliards de dollars, du groupe canadien Uramin et de ses gisements en Afrique.

Plus généralement, comme l’uranium-minerai sera de plus en plus une denrée rare, l’une des solutions d’avenir demeure la surgénération. Abandonnée par la France (à tort pensons-nous) suite aux difficultés de Superphoenix, elle redeviendra possible dans de meilleurs conditions avec les futures centrales de 4e génération. 08/08/07


L'association négaWatt

(communiqué) Créée en 2002, l'association négaWatt rassemble aujourd’hui 230 membres tous engagés autour d’un objectif : donner la priorité à la réduction à la source de nos besoins en énergie tout en conservant notre qualité de vie. Mieux consommer au lieu de produire plus. Cette « démarche négaWatt » s’appuie sur la sobriété énergétique dans nos usages individuels et collectifs de l’énergie, l’efficacité énergétique dans nos équipements et moyens de production, et un recours affirmé mais maîtrisé aux énergies renouvelables.
* http://www.negawatt.org/index.htm


Ce qu'oublie Nicolas Sarkozy

Quand Nicolas Sarkozy affirme à propos de ses vacances américaines qu'il a le droit d'avoir les amis qu'il veut et d'accepter leurs invitations, il fait une profonde erreur. Nous pourrions presque dire, si nous étions en monarchie, qu'il commet un crime de lèse-majesté symbolique. Sa nouvelle dignité de président de la République ne l'autorise pas à décider seul de se faire inviter par un ancien dirigeant de Microsoft, à quelques dizaines de km de chez George W.Bush. Les signes évidents d'allégeance qu'il donne là ne sont certainement pas ceux que ses électeurs, fussent-ils les plus à droite, voulaient qu'il donnât. Nous ne pensons pas que beaucoup d'Européens puissent aussi se reconnaître dans de tels symboles. Espérons que cela n'augure pas une dérive encore plus grande vers le pouvoir personnel. 07/08/07


Audience des sites européens

Message de Aboujko: Sur des thèmes voisins de ceux que vous abordez, je me permets de vous signaler le blog http://europa-eu-audience.typepad.com


Appel de James Hansen concernant la remontée du niveau des mers

James Hansen est chef du Goddard Institute for Space Studies de la NASA. Il s’est déjà fait connaître par des publications à contre-courant du discours politique américain concernant les risques du réchauffement climatique et le rôle des activités humaines dans celui-ci. Sa carrière en a certainement souffert, bien que sa notoriété interdise que l’on prenne contre lui de sanctions trop évidentes. Nous avons plusieurs fois cité ses déclarations.

Aujourd’hui, dans un article édité par le nouveau Journal en Libre Accès Environmental Research Letters, (journal que nous conseillons à nos lecteurs d’inscrire dans leurs favoris) et repris par le NewScientist du 28 juillet 2007, p. 32, il dénonce une « réticence scientifique » pesant sur beaucoup de ses collègues. Ceux-ci n'osent pas faire connaître ceux de leurs travaux relatifs à une prochaine montée du niveau des mers pouvant atteindre plusieurs mètres. Ils craignent des rétorsions de ceux qui militent pour le "business as usual". Pourtant, les conséquences de ce phénomène seraient si catastrophiques pour les zones côtières du globe, les plus habitées et les plus actives économiquement, qu'il faudrait au contraire alerter l'opinion. Tous les pays seraient touchés, y compris les pays riches. De grands travaux protecteurs mobiliseraient des crédits considérables.

La seule façon d’éviter que ceci ne se produise – et peut-être est-il d’ailleurs trop tard – serait de limiter sévèrement la production de gaz à effet de serre, afin que la température globale d’ici la fin du siècle ne dépasse pas 1°. James Hansen appelle, au-delà du discours politiquement contraint du GIEC ou Panel on Climate Change, à un regroupement des scientifiques décidés à faire connaître publiquement les causes et les conséquences de cette montée du niveau des mers. Ceci de toute urgence car le phénomène parait susceptible de s’emballer de façon incontrôlable compte tenu de nombreux effets rétroactifs encore mal connus. (image: La Floride après une hausse de 5 m. du niveau océanique. En rouge les parties submergées).

* ERL http://www.iop.org/EJ/journal/erl
* Article et références
http://www.iop.org/EJ/article/1748-9326/2/2/024002/erl7_2_024002.html


Les riches détruisent les richesses du monde

Dans une lettre publié par la revue scientifique britannique NewScientist du 28 juillet 2007, Victoria Hurth de la Business School de l’université d’Exeter et Peter Welles de l’Université de Cardiff, attirent l’attention sur une question qui devrait devenir majeure pour nos civilisations confrontées à la majeure crise environnementale et économique qui s’annonce. Il s’agit du poids que prélèvent sur les ressources mondiales, pour leur propre consommation gaspilleuse, l’infime minorité de ceux que l’on désigne en anglais par le qualificatif de High-net-worth individuals HNWIs). Cette catégorie mal définie comprend les « très riches », ceux qui composent la Jet Set internationale. Mais elle comprend aussi les « riches » qui calquent une grande partie de leurs comportements sur les premiers. Ces derniers possèdent des fortunes, hors résidence principale, que l’on peut estimer à 1,5 million de dollars et plus. Leur nombre aurait cru en 2005 de 8,6% sur 2006 et serait d’environ 9,5 millions. Leur pouvoir d’achat annuel aurait augmenté de 11,5% sur le même laps de temps et atteindrait 87 milliards de dollars, soit en moyenne 4 millions de dollars par personne. La plupart se rencontrent dans les pays développés mais un nombre croissant appartient désormais aux pays émergents.

Que leur reprocher ? Des modes de consommation sans proportion avec la valeur ajoutée éventuelle que leur travail pourrait apporter à la collectivité (beaucoup ne travaillent pas vraiment). Ils utilisent à tout va des avions privés, des voitures de luxe, consomment des quantités anormales de nourritures, coûteuses à produire en terme de bilan carbone. Plus grave peut-être, ils se portent acquéreurs sur les marchés clandestins de tous les biens et espèces vivantes menacées de disparition, précisément parce que celles-ci comporte une valeur marchande et spéculative qui flatte leur vanité.

Aujourd’hui, notent les auteurs de la lettre, un tabou général interdit de critiquer les riches et très riches. Mais si la crise s’aggrave, comme il est inévitable, il faudra bien s’en prendre à eux et à leurs façons de vivre. Ce ne sera pas par un réflexe de type égalitarien, mais par salubrité sociale. 03/08/07

Notre commentaire: On dira que les ressources mondiales gaspillées par les riches sont faibles comparées aux 1.000 milliards de dollars de dépenses militaires annuelles. Mais il faut voir que la société étant profondément mimétique, les comportements gaspilleurs des riches sont pris en modèle, à travers les images qu’en donnent les médias, par de nombreuses couches sociales qui s’imaginent, en les imitant, accéder à l’élite. Ainsi se créent des comportements dépensiers de masse, concernant par exemple l’importance donnée à l’automobile, qui s’opposeront le moment venu aux réformes indispensables des modes de consommation et de production.


Grande Bretagne: Livre Blanc sur l'énergie 2007

Faisant suite à la revue de la politique en matière d'énergie détaillée dans l'Energy Review 2006, publié en juin 2006 par le Departement for Trade and Industry (DTI), l'Energy White Paper 2007, publié le 23 mai 2007, réunit toutes les mesures préconisées dans ce domaine. Il réaffirme tout d'abord les objectifs et priorités du gouvernement aux échelles internationale, nationales, régionale et locales, déjà énoncés dans les précédentes publications du DTI sur le sujet. Il permet aussi l'annonce de nouvelles mesures et le lancement de nouvelles consultations publiques en vue d'autres mesures. Au total, 18 consultations sont annoncées sur des thèmes très variés, des nouvelles centrales nucléaires à la réforme des Renewables Obligations en passant par les modalités d'aménagement des grands projets énergétiques et le démantèlement des installations énergétiques offshore.

La consultation d'un tel document, aussi intéressant soit-il, fait regretter que les grands pays européens ne procèdent pas tous à de tels travaux et surtout ne se concertent pas pour rendre les politiques nationales compatibles. Même si une véritable politique énergétique européenne n'était pas encore concevable vu les différences d'intérêt nationaux, un minimum de coordination permettrait des économies d'échelle considérables. 01/08/07

Le Livre Blanc http://www.dti.gov.uk/energy/whitepaper/page39534.html


Adaptation du statut des cultes en France

Selon Le Figaro du 3/07/2007: " La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie envisage une adaptation du statut des cultes permettant d'assouplir leur fonctionnement, sans toutefois remettre en cause la loi de 1905 sur la laïcité.

Michèle Alliot-Marie vient d'adresser deux propositions au premier ministre. Il s'agira, pour la première, de «permettre l'établissement d'un flux financier» entre les associations cultuelles régies par la loi de 1905 et les associations relevant du régime de la loi de 1901. Actuellement, du fait que les associations cultuelles ne peuvent recevoir dons et legs qu'à la condition qu'ils soient «exclusivement consacrés à l'exercice du culte», elles ne peuvent en reverser tout ou partie à des associations caritatives 1901.

La seconde proposition concerne les cimetières. «Sans porter atteinte à la neutralité des cimetières publics, il pourrait être permis le regroupement de sépultures de personnes appartenant à la même religion».

Il va devenir de plus en plus incongru d'être athée. 01/08/07


Projet de création d'une Union Islamique

Selon le journal de Dakar Le Quotidien du 28-29 juillet 2007

" Pour endiguer l’hégémonie des puissances occidentales, la République islamique de l’Iran lance l’idée de la création d’un Conseil juridique regroupant tous les pays musulmans du monde. L’annonce a été faite, samedi à Dakar, lors d’un point de presse, par le président du pouvoir judiciaire d’Iran l’Ayatollah Hashimi Shahroudi qui était en visite officielle de quatre jours au Sénégal. Selon M. Shahroudi, ce Conseil dont le principe a été accepté par les pays islamiques, lors d’un sommet tenu en Iran, il y a deux mois, «constituera une grande entité pour tenir tête à l’Occident qui veut imposer sa vision au monde». Mais, surtout, poursuit-il, pour «restaurer la grande civilisation islamique». «J’estime que le système serait plus convenable pour nos pays (…) Ce Conseil est tellement utile qu’il permet de contenir les difficultés que nous avons dans nos pays respectifs», argumente M. Shahroudi qui reconnaît, en revanche, que la mise en place de ce projet ne sera pas aisée. A son avis, «il faut beaucoup de travail de la part des pays dans le cadre de la formation de cette union. Il faut, d’abord, procéder par étape à l’instar de l’Europe qui a, d’abord, commencé par le marché commun avant d’aboutir à une Union européenne». C’est dans ce sens que s’inscrit l’objet de la visite du président du pouvoir judiciaire de la République islamique de l’Iran qui a «partagé l’expérience» en matière de justice de son pays avec les autorités sénégalaises.

L'Union européenne n'est pas, quoique puissent prétendre (ou vouloir) certains, une Union Chrétienne. Il est de toutes façons peu vraisemblable que le projet d'Union Islamique proposé par M. Shahroudi trouve un consensus en Afrique. Mais ce sera certainement un élément à prendre en compte dans les projets d'Union Euro-africaine. 01/08/07


Porte-avions britanniques

La Grande-Bretagne a décidé la construction des deux porte-avions dont le projet était depuis quelques années dans les cartons. Il intéresse la France à un double titre. D’une part l’industrie française y sera associée. D’autre part, le second porte- avion français, si la décision le concernant est prise à l’automne, reprendra une grande partie du projet anglo-français commun.

Les deux futurs bâtiments de la Royal Navy, de 65 000 tonnes chacun, le Queen-Elizabeth et le Prince-of-Wales, entreront en service en 2014 et 2016. Ce projet de 5,8 milliards d'euros permettra de moderniser le dispositif aéronaval britannique. Dans la perspective d’une défense européenne mieux intégrée qu’actuellement, il pourra aussi servir à déployer des contingents européens. D’où l’intérêt que la France, dans cette même perspective, ne reste pas à l’écart, en ne disposant que d’un porte-avion, le Charles de Gaulle, indisponible pour maintenance un tiers de son temps.

En donnant son feu vert au projet devant les Communes, mercredi 25 juillet, le ministre de la défense, Des Browne, a mis fin à une incertitude qui durait depuis 1998. Des questions de prix et des hésitations sur le choix des constructeurs ont longtemps retardé la décision finale.

Le groupe français d'électronique de défense Thales assurera 16 % du contrat. Il sera associé à Babcock au sein de VT Group. Thales avait été choisi dès 2003 par Londres pour assurer la conception des deux futurs bâtiments sous la maîtrise d'oeuvre du britannique BAE Systems. Thales est le numéro deux de l'industrie de défense britannique, derrière BAE Systems. Il réalise un quart de son chiffre d'affaires en Grande-Bretagne. BAE Systems est actuellement lourdement impliqué dans le scandale de corruption dit Yamama avec l’Arabie Saoudite. Mais on remarquera pour ne pas envenimer les choses que ces soupçons portent sur son département Aéronautique.

La construction des deux porte-avions va entraîner un regroupement du secteur de la construction navale britannique. BAE Systems et VT Group ont annoncé la création d'une co-entreprise qui regroupera leurs activités maritimes afin, selon M. Browne, de mieux utiliser « l'argent du contribuable ».
Concernant la coopération franco-britannique dans le domaine naval, en 2003, la France avait pris la décision de principe de choisir un mode de propulsion classique pour son deuxième éventuel porte-avions.

Ce choix rendait possible une construction commune franco-britannique de plusieurs bâtiments. Un accord de coopération a été signé entre Londres et Paris en mars 2006. Le ministre s'est félicité des « énormes bénéfices » déjà apportés par la coopération bilatérale. Les entreprises concernées, a-t-il ajouté, étudient de nouveaux projets, notamment « la fourniture d'équipements communs pour les porte-avions » et « des accords de maintenance partagés ». Les Français n’osent pas encore espérer que ces porte-avions puissent embarquer des Rafales, que leur polyvalence désignerait mieux que tous autres pour équiper une force appelée à intervenir en coopération sur des théâtres très différents. 31/07/07


 

http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/07-16508/index.html