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La Gazette N° 162 en date du 15 juin 2007

Par Jean-Paul Baquiast


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Le monde, dans l’indifférence générale, est en train d’épuiser ses ressources en minéraux rares
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/82/edito.htm
* A propos du Livre de jean Staune: Notre existence a-t-elle un sens? http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/82/staune.htm
* L'Europe doit se mobiliser pour l'IPv6 http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/82/ipv6.htm

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Un livre de Jean-Paul Baquiast (en librairie)

Pour un principe matérialiste fort
Essai
Edition Jean-Paul Bayol
300 pages - ISBN : 978-2-916913-00-1

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* Ouvrage publié en Open-Source (accès libre et gratuit) par Jean-Paul Baquiast
Comprendre. Nouvelles sciences, nouveaux citoyens. 2005. PDF 825 ko
Refonte de
Sciences de la complexité et vie politique. Tome 1 Comprendre.

Rappelons aussi que Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent d'un blog consacré aux questions de politique générale. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter les blogs de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/ et http://drmsfvermeulen.over-blog.com/

Voir de sa part deux articles récents:
* La fiction du Doc http://influenza_h5n1.vosforums.com/viewtopic.php?t=3541&postdays=0&postorder=asc&start=0
* Pandémie et plan de sécurité publique
http://drmsfvermeulen.over-blog.com/article-2587620.html

Nous publions cette photo en hommage au travail fait depuis plusieurs mois, bien avant les prises de conscience officielles, par le docteur Michel Vermeulen sur son blog, afin de nous avertir de la menace grandissante de la pandémie. Inutile de dire que nous prenons cette initiative sans lui en avoir demandé l'autorisation - qu'il aurait sans doute refusée par modestie.


Bilan du G8

Le G8 qui s’est clôt le 8 juin à Heiligendamm a fait l’objet d’appréciations différentes dans la presse, selon qu’il s’agit des grands médias intronisés auprès des gouvernements (presse mainstram) ou de ceux plus libres de leurs propos. Quelques jours après l’évènement, que pouvons-nous pour notre part en retenir ? Nous parlerions volontiers d’un bilan moyennement positif au regard de ce qui était à craindre, c’est-à-dire l’incapacité des grands de ce monde, que tout semblait opposer, a s’entendre sur quelques éléments sérieux.

Dans la partie positive de ce bilan, nous placerions par ordre d’importance :

- Le fait que G.W. Bush ait été obligé de reculer sur le contrôle de la production des gaz à effet de serre (GES) devant un bloc très ferme des grands européens : Allemagne. GB, France, Italie.....Selon le Süddeutsche Zeitung du 8 juin: “Half of the G8 countries—the four European states—remained together to the end; they stayed together in a bloc. Under pressure from Angela Merkel, they stuck to their positions. It was the others who moved. In the end, they had no other choice. The word “bloc” is crucial, because the real issue centres on the building of great-power blocs. The German political elite, in particular, has long maintained that it can advance against the US on an international level only if it succeeds in imposing a common line on Europe”.

Ceci offre un précédent prometteur, même si les concessions obtenues de G.W.Bush sont mineures (voir ci-dessous). Pour la première fois dans l’histoire européenne, il a été possible de montrer, sur un sujet qui sera de plus en plus important, un front européen uni devant lequel les Etats-Unis n’avaient pas d’autres solutions que faire des concessions. Il devrait être possible de retrouver une telle unité (avec ou sans le Royaume-Uni) sur d’autres thèmes importants de la politique internationale.
NB: Al Gore, qui ne mâche pas ses mots, a qualifié de "honte" la position du G8, " déguisant une défaite en succès et notoirement insuffisante pour faire face à la crise". Il n'a pas tort. Nous y reviendrons

- Le fait que la Russie, tout en menant très habilement sa partie à propos de l’initiative américaine dite des BMD ou euro-missiles, ait rejoint le bloc européen qui y est globalement hostile. Là encore, G.W.Bush a été contraint, sinon de reculer, du moins de comprendre qu’il ne pouvait pas impunément manipuler les Russes et les Européens afin de les opposer les uns aux autres. La contre-proposition de Poutine n’aura sans doute pas de suite, mais elle rend plus difficile la poursuite du projet de GW.Bush, ce qui est déjà un important résultat. La proposition française collatérale, faite par Nicolas Sarkozy, de laquelle on a peu parlé, était excellente : que les experts russes et français étudient ensemble les perspectives de défense anti-missiles.
NB: Notons cependant qu'à la date du 14 juin, les pays membres de l'Otan ont approuvé à la fois le projet américain et la contre-proposition russe, ce qui est déjà en soi une victoire américaine. Nous y reviendrons.

- Le fait que la chancelière allemande se soit très bien acquittée de sa tâche difficile, maintenir l’union des Européens sans abandonner les points essentiels que la présidence all.emande avait mis à son agenda. Le fait que l’Allemagne adopte de plus en plus un ton ferme en Europe ne devrait pas déplaire à la France, si celle-ci sait coopérer de façon positive avec son grand voisin.

- Le fait enfin que le président français, pour ses premiers pas sur la grande scène internationale, ait convenablement tenu son rôle sur tous les sujets, y compris le réchauffement climatique. « Les objectifs quantitatifs sur le dossier climatique ne sont pas négociables, non plus que le rôle de l’ONU », avait-il prévenu jeudi 7 juin en s'adressant directement au président américain. Il a par ailleurs montré qu’il était très capable de contribuer à créer un climat de sympathie voire de coopération avec Poutine. Derrière la personne de celui-ci, ce sont les relations entre la Russie, l’Europe et finalement la France qui sont en cause. Il serait inadmissible, dans l’intérêt des parties, que ces relations soient mauvaises. Au contraire, nous le répéterons une fois de plus pour notre part, elles doivent être bonnes, sur la base de concessions réciproques.

Dans la partie négative de ce bilan, nous mettrions :

- Le fait que les décisions relatives au contrôle de la production des GES et la prévention des effets du réchauffement climatiques ne soient ni quantifiées ni assorties d’un calendrier tenant compte des urgences. On est loin des recommandations faites par les experts du GIEC, elles-mêmes très amendées sous la pression d’un certain nombre d’Etats. On est loin également de celles présentées par les économistes du rapport Stern. Le danger serait qu’après le succès apparent illustré par la « concession » de G.W. Bush, on en revienne au statu quo, au moins jusqu’à 2012. De plus, la question essentielle des concessions à faire pour que les pays émergents grands pollueurs rejoignent la démarche commune n’a pas été abordée (aides internationales conséquentes pour la lutte contre la déforestation et la désertification, par exemple).

- Le fait que l’aide à l’Afrique soit restée du domaine des vœux pieux, lesquels n’ont trompé personne, notamment en Afrique. Il ne reste plus aux Africains qu’à se jeter dans les bras concupiscents des Chinois. Les promesses faites par ailleurs en matière de lutte contre les grandes pandémies sont considérées par les experts comme un recul au regard de celles faites au précédent sommet de Gleneagles , lesquelles d’ailleurs sont loin d’être mises en œuvre aujourd’hui.

- Le fait que les questions très importantes du contrôle des fonds spéculatifs (hedge funds) ou de la réduction des aides apportées à certains secteurs économiques par les grands Etats, lesquelles font capoter les négociations à l’OMC, aient été soigneusement évitées.

- Le fait qu’aucun Etat membre du G8 n’ait fait valoir la nécessité de refonder celui-ci, en l’élargissant au moins à la Chine et à l’Inde, et en le rapprochant de l’ONU et de son Conseil de Sécurité. Pour les Européens, il est vrai, se poserait alors la question du rôle de l’Union européenne en tant que telle dans un G8 élargi. Nous pensons pour notre part que l’Union devrait évidemment continuer à en faire partie, mais ceci sans que soit remise en cause la participation individuelle des membres européens actuels. Ceux-ci constituent un de ces « noyaux durs » pour des coopérations renforcées sans lesquels l’Union Européenne à 27, parfois trop inféodée aux Etats-Unis, demeurerait impuissante.

- Le ton dithyrambique adopté par la presse main stream anglo-saxonne sur les résultats du G8. Certains observateurs allemands ont parlé de sommet de Scheinheiligendamm (“sommet de l’hycrocrisie”). Cet excès de satisfaction semble correspondre au fait que l’establishment libéral, libre-échangiste, globaliste anglo-américain prend de plus en plus peur devant la marche d’évènements qu’il ne contrôle plus et dont le principal est l’effondrement de l’influence américaine dans le monde suite à la guerre en Irak. La Grande Bretagne, malgré son rôle utile en matière de lutte contre les GES , découvre que sa dépendance vis-à-vis des Etats-Unis la conduit à un abaissement généralisé, tant en Europe que dans le monde. C’’est ce que montre notamment le scandale BAE-Yamamah impliquant les plus hautes autorités du Royaume et qui était, semblait-il, dans beaucoup d’esprits des participants au G8. L’Europe, malheureusement, n’en tire aucun bénéfice. Au contraire. Lire à ce sujet
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4092
13/06/07


NB: Pour mieux comprendre la situation internationale face à laquelle s'exprime la relative impuissance du G8, on pourra consulter avec profit le livre de Laurent Cohen-Tanugi: Guerre ou paix : essai sur le monde de demain. Grasset - mars 2007


Bush, Poutine et l'Europe

On peut mesurer la profondeur de l'atlantisme européen, y compris en France, quand on voit avec quel ensemble les "médias" condamnent la mise en garde de Poutine concernant les rétorsions possibles à l'implantation du système américain ABM en Europe orientale. Poutine est quasiment comparé à Staline et la Russie à l'ex-URSS. Personne ne rappelle, dans les mêmes médias tout au moins, que c'est Bush qui a repris les hostilités avec ce projet d'ABM que rien ne justifiait. Tout était fait par Washington, au contraire, avec la complicité des gouvernements polonais et tchèque, pour provoquer la Russie, l'amener à réagir et ramener dans l'ombre tutélaire des Etats-Unis les petits agneaux européens qui avaient eu le tort de penser pouvoir échapper à l'influence américaine. Certes, Poutine en profite pour tenter à son tour de diviser l'Europe, mais ce n'est quand même pas lui (comme disent les enfants) qui a commencé.

Bien évidemment, l'Europe est la première responsable de ce nouvel abaissement dans un rôle peu enviable d'otage. Les grands Etats européens auraient dû dès le début interdire à Bush de négocier séparément avec les PECO. Au delà de cela, voici longtemps qu'ils auraient dû s'entendre pour mettre en place une défense européenne autonome. Il n'est peut-être pas trop tard pour y repenser...05/06/07


Arnaud Lagardère

Je lis dans Le Monde du 31 mai: "Arnaud Lagardère nie tout délit d'initié dans l'affaire EADS". Pourquoi ne pas le croire sur parole? Un co-président est-il payé pour savoir ce qui se passe chez lui? Quant à Noël Forgeard, étendons un voile pudique sur ce qu'il savait ou ne savait pas. 31/05/07


Relance par la consommation ou par l'investissement dans la Recherche

Je en vais pas ici me lancer, comme commencent à le faire les socialistes, dans une critique ligne à ligne des mesures que prend le gouvernement Sarkozy. Laissons lui un peu de temps. On ne peut pas cependant éviter une remarque de conséquence. Nicolas Sarkozy présente la détaxation des emprunts intéressant la demeure principale comme une mesure permettant de relancer l'économie. Il en coûtera quelques 3 mds à l'Etat, sinon plus. Qu'en penser? Certes, les particuliers bénéficiant de cette détaxation dépenseront sans doute leur argent en dépenses de consommation. Celles-ci pourront avoir un (faible) effet de relance - à supposer que la consommation ne porte pas sur des biens importés. Mais tous les économistes constatent qu'en fait la France manque d'une audacieuse politique d'investissements dans les technologies innovantes. L'effet multiplicateur de ces 3 mds aurait certainement été plus grand s'ils avaient été affectés à la recherche scientifique et technologique. Relance par la consommation ou relance par l'investissement dans la Recherche?

Il est vrai que les populations électorales, dans chacun des cas, ne sont pas les mêmes. Le président veut manifester continuer à s'attirer la sympathie des classes moyennes à supérieures. Les chercheurs et autres ingénieurs pèsent peu en comparaison. 31/05/07


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/07-16206/index.html