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La Gazette N° 159 en date du 31 mars 2007

Par Jean-Paul Baquiast


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Lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:
*
XDR-TB, une nouvelle menace de santé publique sans doute comparable à celle de la grippe
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/80/tb.htm
* Défense de l'Europe, Europe de la Défense (Europa++) http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/80/jfl24.htm
* Magazine Europa++, mois de mars N° 24

La publication est suspendue durant le mois d'avril

Christophe Jacquemin a doté la Gazette du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles). Réalisé par une société française, ce logiciel n'a pour l'instant aucun équivalent dans le monde.


Un livre de Jean-Paul Baquiast (en librairie)

Pour un principe matérialiste fort
Essai
Edition Jean-Paul Bayol
300 pages - ISBN : 978-2-916913-00-1

Site de l'éditeur
Le livre est actualisé en ligne sur ce site

Présentation

Acheter l'ouvrage : Alapage ;
FNAC ; Amazon

Voir aussi:
* Ouvrage publié en Open-Source (accès libre et gratuit) par Jean-Paul Baquiast
Comprendre. Nouvelles sciences, nouveaux citoyens. 2005. PDF 825 ko
Refonte de
Sciences de la complexité et vie politique. Tome 1 Comprendre.

Rappelons aussi que Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent d'un blog consacré aux questions de politique générale. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter les blogs de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/ et http://drmsfvermeulen.over-blog.com/

Voir de sa part deux articles récents:
* La fiction du Doc http://influenza_h5n1.vosforums.com/viewtopic.php?t=3541&postdays=0&postorder=asc&start=0
* Pandémie et plan de sécurité publique
http://drmsfvermeulen.over-blog.com/article-2587620.html

D'autres blogs se sont depuis saisis du problème. Notamment celui du premier ministre français http://www.grippeaviaire.gouv.fr/ . Voir aussi http://influenza.h5n1.over-blog.com/

Nous publions cette photo en hommage au travail fait depuis plusieurs mois, bien avant les prises de conscience officielles, par le docteur Michel Vermeulen sur son blog, afin de nous avertir de la menace grandissante de la pandémie. Inutile de dire que nous prenons cette initiative sans lui en avoir demandé l'autorisation - qu'il aurait sans doute refusée par modestie.


Nouvelle offensive du pape contre la laïcité en Europe

Le débat sur l'identité chrétienne et la place des religions en Europe a été relancé par Benoît XVI, le 24 mars, à Rome, devant 400 délégués des épiscopats européens, et d'autres Eglises invités par la Commission des conférences épiscopales de l'Europe (CCEE) pour le cinquantième anniversaire du traité de Rome.

Le pape a dénoncé l'"apostasie" de l'Europe (on peut appeler apostasie le fait de renier sa religion de façon officielle, acte puni de mort dans certaines sociétés). Pour le pape, il s'agit de la rupture de l'Europe avec son "patrimoine chrétien". Dans un discours alarmiste, il a appelé les hommes politiques catholiques à l'"objection de conscience" contre les lois touchant aux valeurs "universelles et absolues" (défense de la vie, de la famille) qui ne supposent aucun "compromis". Pour lui, l'identité de l'Europe est "historique, culturelle et morale", avant d'être "géographique, économique et politique". Elle est constituée de valeurs "que le christianisme a contribué à forger". En l'ouliant, l'Europe risque d'être "mise en congé de l'histoire".

Les athées européens sont désormais tellement habitués aux intrusions permanentes des églises et religions dans la sphère publique qu'ils ne réagiront sans doute pas à cette nouvelle offensive du pape dans des domaines relevant de la vie politique et des institutions. Ils auront tort. On a pu noter que lors de cette réunion, des mots fort concilants ont été prononcés à l'égard des évangélistes (de plus en plus nombreux en Amérique Latine) et des musulmans. L'unique ennemi de Dieu est l'impie. Qu'il soit châtié comme il le mérite. 27/03/07

PS: Je ne veux pas tomber dans l'anticléricalisme sommaire, mais avouez que nous nous retrouvons avec le procès en béatification du précédent pape dans la pure tradition moyen-âgeuse. Benoit XVI est obligée de construire de toutes pièces un miracle, en s'appuyant sur le témoignage d'une pauvre fille, qui selon le neuropsychiâtre consulté, relève davantage de l'écoute psychologique que de l'Eglise. Je serais plus convaincu si, comme l'avait souligné en son temps Anatole France, le pape avait fait repousser la jambe d'un unijambiste.


Des experts face au 11-Septembre : entre doutes et accusations

C'est le titre d'un article de Taiké Eilée dans Agoravox ( http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=21321) qui résume et commente une grande partie des informations que l'on peut trouver sur le site Patriots question 9/11 ( http://www.patriotsquestion911.com/ ). Il s'agit d'un retour sur les anomalies dans l’enquête officielle. Celles-ci sont si nombreuses et concordantes qu'elles font envisager à certains, je cite l'auteur: "un laisser-faire des autorités américaines, qui avaient besoin de ces attentats pour justifier leur entrée en guerre au Moyen-Orient, leur implantation dans cette zone riche en pétrole, et, plus généralement, pour mettre en branle le plan du PNAC (Project for the New American Century), qui vise à assurer l’hégémonie mondiale des Etats-Unis au XXIe siècle".

On dira que tout ceci est de l'histoire ancienne et qu'il ne sert à rien d'évoquer ces questions à nouveau, les néo-conservateurs ayant déjà à moitié perdu le pouvoir. Nous pensons qu'il n'en est rien. Les visés des néo-conservateurs sur le monde demeurent entières, et elles sont reprises aujourd'hui, sous des formes plus ou moins discrètes, par l'establishment militaire, économique et politique américain. Il suffit pour s'en convaincre de regarder le site du PNAC http://www.newamericancentury.org/. Certains articles cités sont déjà anciens, mais leur philosophie n'a jamais été démentie et continue à inspirer des manoeuvres comme l'implantation de BMD (balistic missile defense) en Europe de l'Est et la préparation d'un Otan asiatique. 26/07/03


300

Le film de propagande Hollywoodien 300, de Zack Snyder, racontant l’épopée des 300 guerriers spartes qui retardèrent l’avance de l’armée perse aux Thermopyles, en 480 avant Jésus-Christ, est rempli d'erreurs historiques. Il présente les Perses comme des sauvages et les Spartiates comme des démocrates à l'américaine, ce qu'ils n'étaient ni les uns ni les autres. Mais lorsqu'il a été mis en fabrication, il était supposé rendre plus populaire l'éventualité d'une attaque de l'Iran par les Etats-Unis - tout en gagnant beaucoup d'argent en excitant les instincts qu'il faut bien dire racistes des spectateurs. Aujourd'hui, il soulève la fureur en Iran, sans profit pour personne. Mais on ne sait plus bien quelle opération militaire il pourrait bien justifier, le Département d'Etat étant en train de louvoyer. Rassurons-nous. D'après le box office, le film rapporte beaucoup d'argent, comme prévu. 26/03/07

* 300, the Movie http://wwws.warnerbros.fr/300/ Attention, baisser le son si vous allez sur ce site, ou gare à votre audition


Les effets pervers du système d’échange des crédits de carbone ("offset credit system")

Celui qui ne se plonge pas dans l'énorme littérature et dans les débats entourant l'application du Protocole de Kyoto et autres mesures de réduction de la production des GES ne soupçonne pas les considérables conflits d'intérêt déjà engagés. Malheureusement, ces conflits cachent des entreprises qui, se disant vertueuses, c'est-à-dire offrant des solutions pour faire réaliser des économies d'énergie et créer des "puits de carbone", ne sont pas loin de l'escroquerie pure et simple. Le système d'échange des crédits de carbone ("offset credit system") permet en effet, potentiellement, tous les abus. Prenons un exemple. Vous venez de faire un peu de tourisme en Nouvelle Zélande, ce qui a produit un certain nombre de kilos ou tonnes de CO2. Votre conscience vous impose alors de verser une certaine somme à une entreprise qui vous garantira la plantation de forêts quelque part dans le monde afin de récupérer le carbone produit. En fait, vous avez toutes les chances, soit d'enrichir un escroc, soit d'engager une opération sans suite sinon plus dangereuse à terme que la production de CO2 dont vous avez été responsable. Ou bien en effet la dite entreprise ne plantera rien du tout, et vous n'irez pas vérifier ce qu'elle fait. Ou bien elle vous fera payer très cher une opération de facade sans avenir. Ou bien elle ira déposséder d'honnêtes cultivateurs du tiers-monde pour mettre à la place de leurs cultures des productions d'oléagineux industriels ...qui eux-mêmes péricliteront faute d'eau et de soins. Si on vous propose d'autres méthodes mirifiques faisant appel à la séquestration du CO2, à d'hypothétiques énergies renouvelables ou à toutes autres solutions à la mode, vous risquez là encore de vous faire durement exploiter, en achetant ...du vent..

Ceci d'ailleurs quel que soit votre poids économique, que vous soyez un citoyen lambda, une association ou même une grande entreprise. Il n'existera pas avant longtemps une évaluation indépendante et fiable de ceux que l'on appelle les "offsetters", de leurs méthodes, de leurs tarifs et de leurs pérennité. Les "offsetters" pourront être particulièrement malfaisants s'ils s'arrangent avec les entreprises productrices de carbone pour leur procurer de faux certificats de création de puits ou de sources d'énergie renouvelable. Comme tout ceci se négocie au niveau international, hors de tout contrôle des Etats et de l'ONU, les pires traffics peuvent se développer. Beaucoup de soi-disant associations écologiques qui se crééront pour "contrôler les abus" seront elles-mêmes des nids d'escrocs.

Ceci ne veut pas dire qu'il faudrait ne rien faire, comme le prétendent les gouvernements américain et australien. Tout le monde d'ailleurs n'est pas forcément corrompu et l'on trouvera sans doute des offsetters honnêtes. Mais il faudrait d'urgence mettre en place des réglementations protectrices et des services chargés de les faire appliquer, comme vient de le demander le ministre britannique de l'environnement David Miliband. Voici une raison de plus pour penser que la lutte contre la grande crise climatique est définitivement incompatible avec le libéralisme. 25/03/0


L'empreinte écologique individuelle des Européens

Selon une étude britannique (NewScientist, 19 mars 2997, p. 41), l'empreinte écologique individuelle (écological footprint) du citoyen du Royaume Uni, estimée en production annuelle de tonnes de CO2, est de 11,1 tonnes. Elle se décompose en :
- biens et services concernant la consommation courante, hors nourriture et énergie: 4,68 t.
- nourriture (production et transport) 3,25 t.
- habitat: 0,48 t.
- consommation électrique 0,42 t.
- gaz naturel 0,79 t.
- déplacements automobiles 1,03 t.
- déplacements par avion 0, 36 t.

On sera peut-être étonné de savoir que pour compenser cette dépense, il suffirait d'installer environ 85 m2 de panneaux solaires, 1m2 de panneau pouvant économiser grâce à l'électricité produite environ 130 kg de CO2 par an. 85 m2, c'est beaucoup, mais ce n'est pas inabordable. 25/03/07


L’Europe relancée

Les dirigeants européens, Angela Merkel, présidente en exercice de l'Union européenne ainsi que les présidents de la Commission et du Parlement européens José Manuel Barroso et Hans-Gert Pöttering, se sont engagés le dimanche 25 mars, pour les 50 ans du traité de Rome, à tout faire pour qu'entre en vigueur en 2009 un nouveau traité facilitant le fonctionnement des institutions européennes, et remplaçant le traité constitutionnel rejeté en 2005 par référendum en France et aux Pays-Bas.

Le texte d’engagement a été signé à Berlin en présence des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union européenne. Ainsi s’ouvre officiellement la renégociation du texte. La chancelière allemande a souligné qu'elle voulait en préserver la substance, même si certains pays y rechignent, comme la Grande-Bretagne, la Pologne ou la République tchèque.

"Nous devons relever de grands défis qui ignorent les frontières nationales. Notre réponse c'est l'Union européenne. Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons préserver notre idéal européen de société dans l'intérêt de tous les citoyens de l'Europe. Ce modèle européen concilie réussite économique et solidarité sociale".
"50 ans après la signature des traités de Rome, nous partageons l'objectif d'asseoir l'Union européenne sur des bases communes rénovées d'ici les élections au Parlement européen de 2009".
Madame Merkel a aussi souligné que l'Union avait "besoin d'un partenariat stratégique global. Des partenariats avec la Russie et l'Alliance atlantique ne sont pas antagonistes".

Nous ne pouvons ici que nous réjouir de ce nouveau processus, en espérant qu’il aboutira, non seulement à reprendre les parties indispensables de l’ancien Traité, mais à aller beaucoup plus loin, dans le sens notamment de l’encouragement à des coopérations renforcées les plus larges possibles. Celles-ci, qu’on le veuillent ou non, devront s’appuyer sur le concept d’Europe-puissance. Sans ce dernier, les partenariats stratégiques évoqués par la Chancelière, aussi bien avec la Russie qu’avec l’Alliance atlantique (notons qu’elle n’a pas dit « les Etats-Unis »), n’aboutiraient qu’à des concessions sans contreparties.

Si les grands partis de gouvernement français ne s’inscrivaient pas résolument dans la ligne engagée à Berlin, ils commettraient un véritable forfait vis-à-vis tant de l’avenir de l’Europe que de celui de la France. 25/03/07


La Bibliothèque numérique européenne Europeana est désormais accessible

Nous avons plusieurs fois fait mention du projet de Bibliothèque numérique européenne, initialisé par la Bibliothèque Nationale de France et notamment par son président Jean-Noël Jeanneney. Les critiques se sont multipliées sur ce projet, compte-tenu notamment de l'écrasante présence de Google, tant par l'importance des textes qu'il a numérisé que par l'efficacité de son moteur de recherche. Pour ce qui nous concerne, nous pensons que de toutes façons la BNF devait faire quelque chose d'original, afin de valoriser à la fois ses collections, sa culture bibliothécaire et la philosophie d'accès qui est la sienne: publier en libre-accès, avec apport de valeur ajoutée, les ouvrages libres de droits. Elle devait aussi s'efforcer d'entraîner dans cette démarche d'autres bibliothèques européennes. Voilà qui est fait désormais.

Une maquette avait déjà été présentée à la fin de l'année. On peut dorénavant accéder à un site opérationnel, qui a été baptisé Europeana. La collection rassemble environ 12 000 documents libres de droits issus des collections de la BNF, de la Bibliothèque Nationale Széchényi de Hongrie et de la Bibliothèque nationale du Portugal. Il s'agit de reproduction des documents originaux, mais numérisés afin d'y rendre possible la navigation. Le moteur de recherche est adapté de ce qu'avait proposé Exalead.

Il s'agit d'une réalisation qui, pour le moment, ne pourra intéresser qu'un public bibliophile. Par ailleurs, sa dimension européenne reste réduite. Mais nous pensons que, quelques soient les difficultés et objections, il faudra continuer et essayer d'impliquer davantage les institutions européennes dans l'entreprise. Il n'est plus possible désormais de reculer. 25/03/07

* www.europeana.eu


Bientôt une demande renouvelée d'Europe-puissance?

Une Europe puissance serait une Europe qui non seulement disposerait d'un traité constitutionnel lui permettant d'avoir une politique étrangère et de sécurité-défense musclée, mais qui s'affranchirait enfin de la politique américaine visant à la diviser en 3 morceaux, la Grande-Bretagne, les pays de l'Est européen et la "vieille Europe", France et Allemagne notamment. Or les Américains, en mettant la pression sur l'Europe pour la forcer à accepter l'implantation de leur système BMD dits aussi euro-missiles2, donnent aujourd'hui aux défenseurs de l'Europe-Puissance, dont nous sommes, une opportunité extraordinaire pour se faire entendre.

Cette opportunité passera par l'Allemagne, où des voix autorisées, notamment celle de l'ancien ministre Joschka Fisher, expliquent que l'Europe puissance est désormais nécessaire, et qu'elle doit impliquer en priorité l'Allemagne. Il ne s'agit pas là de la résurgence d'un hypothétique militarisme ou nationalisme allemand, qui serait impossible. Il s'agit seulement d'un début de rejet de l'écrasante et dangereuse tutelle américaine. Comme la nature a horreur du vide, ce rejet n'aboutira que s'il s'appuie enfin sur la mise en place d'une véritable Europe-puissance, où l'Allemagne aura toute sa place.

Espérons que les futurs gouvernements français comprendront cette évolution et l'appuieront de tous les moyens - importants - dont dispose encore la France. 25/03/07

; Sur ce thème, lire l'article de Defensa: http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3837


Laisser Chirac tranquille quand il quittera l'Elysée.

Quelles que soient les raisons que nous pourrions avoir de souhaiter voir Jacques Chirac mis en examen, ou plus simplement convoqué devant un juge quand il quittera l'Elysée, nous ne pourrions que désapprouver complètement cette procédure. Il suffit d'imaginer le parti qu'en tireraient les ennemis de la France pour qui Jacques Chirac était devenu une bête noire en s'opposant aux décisions irresponsables des anglo-américains, en Irak et ailleurs. Nous devons tous être derrière le Président pour défendre la justesse et le bon droit des positions diplomatiques de la France. Ségolène Royal s'était grandie en disant quelque chose comme cela il y a peu. 18/03/07


Pourquoi nous n'avons pas besoin des Américains?

Pour répondre à cette question, il suffit de retenir le contraire de tout ce qu'écrit Nicole Bacharan dans son incroyable livre " Pourquoi nous avons besoin des Américains ". Cette dame est celle qui intervient trop souvent dans les débats de politique internationale sur les médias français pour nous délivrer des messages directement dictés par la CIA et autres agences de désinformation. Ne prenez pas la peine d'acheter le livre. Jean-Philippe Immarigeon en dit tout ce qu'il faut en dire dans son blog American parano ( voyez http://americanparano.blog.fr/2007/03/17/vive_l_atlantisme_pop_corn~1922995 ) . On doit quand même se demander pourquoi une telle littérature trouve encore des preneurs en Europe? 18/03/07


Un grand programme européen, le canal Seine-Nord

Depuis l'inauguration du canal du Nord, en 1965, la France et avec elle l’Europe du Nord n'avaient pas connu de projet de cette ampleur en matière de transport fluvial. La réalisation du canal Seine-Nord Europe exisgera des travaux considérables: long de 105 kilomètres, large de 54 mètres, le canal devra accueillir des convois de 4 400 tonnes, contre 700 actuellement pour le canal du Nord. Il permettra de relier le bassin de la Seine à celui de l'Escaut. Le réseau fluvial de la puissante Ile-de-France communiquera ainsi avec les canaux et aux grands ports de la riche Europe du Nord, comme Anvers et Rotterdam. Le canal offrira une alternative au transport routier sur l'axe Amsterdam-Paris, en situation de saturation, et stimulera un développement plus respectueux de l'environnement. A terme, plus de 32 millions de tonnes de marchandises devraient transiter, chaque année, par ce canal de grand gabarit. L'équivalent de 1,6 million de poids lourds. Soit un camion toutes les vingt secondes...

Il s’agit donc bien d’un de ces grands programmes industriels et technologiques dont nous voudrions que l’Europe se dote plus systématiquement afin d’améliorer sa place dans le monde.
Début des travaux: 2008. Mise en service: 2012. Coût: 2,6 milliards d'euros.

* http://ine.dad.be/documents/Waternews/Publications/Brochures/TEN_T_Seine_Nord.pdf


1,3 milliard d'euros pour la publicité alimentaire en France

Un article du Monde (14 Mars 2007, p. 19) chiffre à 1,3 milliard d'euros les sommes dépensées par l'agro-alimentaire français en publicité. Celle-ci participe, de l'avis général, à l'épidémie d'obésité, notamment chez les enfants. L'Institut national pour la prévention et l'éducation à la santé INPES a été doté d'un budget de 10 millions pour la communication en matière de prévention, en application du décret d'application de 2007 et de la Loi de 2004 visant à combattre l'obésité infantile. On voit la disproportion entre les messages de l'Association nationale des industries alimentaires et ceux de l'INPES. Continuez à grossir, petits enfants, le loup ne vous en aimera que davantage. 18/03/07


Main-mise accrue des Etats-Unis sur la Banque Mondiale

Tous les échos qui parviennent de cet organisme confirment le rôle délétère qui joue son président, Paul Wolfowitz et les équipes complaisantes qu'il y a introduites. Non seulement Wolfowitz n'a rien perdu de son militantisme néoconservateur au service de la diplomatie américaniste la plus engagée, mais il a poussé au départ tous les cadres qui pouvaient maintenir un minimum de multipolarité dans les interventions de la Banque. Celle-ci demande pourtant à ses membres plus de 25 milliards de dollars pour les trois prochaines années. Il faudrait selon nous y regarder à deux fois avant de souscrire.

Signalons, mais ceci n'a aucun lien avec cela (du moins en apparence) que les Etats-Unis avaient rejeté le 23 février la déclaration d'Oslo adoptée ce même jour pour interdire les bombes à sous-munitions ou à fragmentation, particulièrement dangereuses pour les populations civiles. Paris et Londres au contraire avaient modifié leur point de vue, traditionnellement favorable, et s'étaient prononcés contre ces armes. 18/03/07


Pas d'avenir sans industrie, un livre de Jean-Louis Levet, Economica, 2006

La doctrine libérale, importée des Etats-Unis (mais contre-dite dans ce pays par un interventionnisme étatique permanent) veut faire croire que l'industrie n'est plus nécessaire aux économies développées. Seuls les services et plus particulièrement ceux associés au capitalisme financier créent des richesses. Jean-Louis Levet montre qu'il n'en est rien. Aujourd'hui, l'industrie et les services sont étroitement imbriqués. Les seconds ne se conçoivent pas sans la première, et réciproquement. Quant à l'économie de la connaissance, où pourrait-elle trouver à s'exercer ailleurs ?

Jean-Louis Levet est économiste. Ancien conseiller industriel à Matignon, il a exercé des responsabilités dans le secteur public et le secteur privé. Il a publié un grand nombre d'essais et d'articles, notamment sur les thèmes des politiques industrielles, de l'intelligence économique et du rôle de l'Etat dans la lutte contre les délocalisations et la désindustrialisation.

Dans cet ouvrage très complet, très documenté et très actuel, nous retrouvons les thèses qui nous sont chères. L'industrie et la technologie, de tous temps, ont été au cœur des activités humaines. Avec le progrès scientifique et celui des connaissances, l'industrie voit son champ s'élargir. Les nouvelles technologies, qui concernent la matière-énergie et l'information, donnent aux sources d'énergie, aux machines et aux futures formes de vie une importance essentielle. Seule l'industrie sera capable de les obtenir. Croire que l'Europe pourrait laisser au reste du monde la responsabilité de produire la matière même de notre consommation et de nos investissements serait une illusion.

Mais la vision que l'on se fait de l'industrie doit s'élargir. Par ce terme on évoque encore la manufacture, le travail aliénant et les pollutions. Pourquoi alors, dit-on, ne pas laisser tout cela aux pays pauvres et se spécialiser dans la valeur ajoutée et les services ? Or aujourd'hui, comme le montre Jean-Louis Levet, l'industrie et les services sont étroitement imbriqués. Les seconds ne se conçoivent pas sans la première, et réciproquement. Quant à l'économie de la connaissance, où pourrait-elle trouver à s'exercer ailleurs que dans l'industrie et les services qui lui sont associés.

Malheureusement, ces évidences ont été perdues de vue aujourd'hui. Le capitalisme financier a pris le pouvoir dans le monde entier, avec la volonté délibérée de faire oublier le rôle de l'entrepreneur au profit de celui de l'actionnaire spéculatif. Des fonds d'investissement alimentés par des liquidités d'origine douteuse mais surabondantes ont racheté des entreprises méritantes et ont pu réaliser des profits considérables en revendant les activités rentables et en délocalisant le reste. Ces profits ont laissé croire à l'opinion que la source de toutes les richesses se trouvait dans le capitalisme financier. Les Etats devaient cesser de vouloir réglementer les activités économiques. Leur rôle devait se limiter à prendre en charge les dégâts sociaux.

La pensée libérale, répandue en Europe par des économistes formés aux Etats-Unis, a tenté de faire croire que tout ceci était dans l'ordre des choses. A l'en croire, le libre échange et la mondialisation sont des processus universel, l'économie ne doit pas se préoccuper du social, les administrations ne contribuent pas à la compétitivité économique, l'avenir enfin n'est pas dans l'industrie, mais dans les services et plus particulièrement dans les services financiers.

Malheureusement pour les libéraux, aucun grand pays au monde ne raisonne de la sorte. Les Etats y conservent la haute main sur l'économie, ils soutiennent leurs entreprises par de multiples moyens, ils investissent pour le long terme en comprimant si nécessaire les consommations et les profits. L'Europe, qui croit encore à la doxa libérale, commence cependant à se rendre compte que le libéralisme arrive au bout du chemin. Sans industries, les salariés disparaissent. Sans salaires, la consommation et l'impôt s'évanouissent. Sans rentrées fiscales, les services publics et les aides à la recherche se désagrègent. Le territoire devient un désert peuplé de chômeurs en fin de droits. Resteront, il est vrai, le tourisme et la restauration, tant du moins que les étrangers voudront bien venir méditer sur les ruines de l'ancienne société industrielle.

Nous n'en sommes pas là, mais nous en prenons le chemin. Pour éviter ce désastre, Jean-Louis Levet fait la liste des mesures qu'il faudra impérativement décider en Europe dès les prochains mois : politiques de croissance et stratégies de puissance ; politiques de développement territorial ; maîtrise de la finance par des entreprises rendues responsables de leur capital ; politiques industrielles globales sous la direction d'Etats développeurs... Ces mesures s'imposeront d'abord au plan des Etats européens pris un par un, en fonction de leurs spécificités. Mais elles devront être relayées et coordonnées au plan de l'Union européenne.

A ce niveau, un certain nombre de modifications institutionnelles seront nécessaires, afin de sortir l'Europe de ses impasses actuelles et faire privilégier l'impératif industriel. L'auteur en propose quelques unes. Il espère que cet objectif sera pris en compte à l'occasion des futures élections. Nous aussi.


Ségolène Royal au soir du 15 mars: toujours un sans faute

J'ai l'impression de me répéter, mais chaque fois que je regarde Ségolène à la télévision, j'en ressort conquis. Quelle foi, quelle ardeur, quelle fraicheur! C'est vraiment la France de demain, celle de la jeunesse, qui s'exprime à travers elle ...comme le montrait une scène emblématique où elle discutait parfaitement à l'aise avec des encapuchonnés des banlieues, hilares de joie...alors que Sarkozy n'ose pas encore se rendre à Argenteuil? Ségolène fait apparaître les autres candidats, Sarkozy et Bayrou, comme ce qu'ils sont, des hommes d'appareils, vieux dans la tête, vieux dans les idées. Mais cela ne veut pas dire qu'elle l'emportera, les gens sont si timorés. 15/03/07


Modernisation des forces nucléaires stratégiques: les Britanniques traînent les pieds, les Français non.

Le Premier ministre Tony Blair a réussi non sans mal à obtenir de la Chambre l’autorisation de renouveler pour les 40 prochaines années l’arsenal des Tridents actuels, jugés vieillis. Des oppositions fortes se sont manifestées aussi bien chez les Travaillistes que chez les Conservateurs. Les experts du domaine ont noté qu’en France, la modernisation de la force nucléaire stratégique, à part quelques manifestations provenant d’écologistes bretons, ne soulève pas d’opposition. La majorité actuelle, de même que la gauche, considèrent qu’il s‘agit d’un pilier fondamental non seulement de la défense française, mais de ce que l’on pourrait appeler l’identité nationale. Peu importe que les missiles coûtent cher et que les menaces potentielles se soient diversifiées depuis la fin de la guerre froide, nul ne remet en question leur utilité comme arme de dissuasion, dans le présent comme dans l’avenir. En Grande Bretagne au contraire, tous les arguments hostiles au renouvellement des Tridents ont été évoqués. Pourquoi cette différence ?

La raison parait claire. La force nucléaire stratégique constitue, depuis qu’elle fut créée sous le gaullisme, un potentiel national qui ne nous met pas sous la dépendance d’une quelconque puissance extérieure. Ce n’est pas le cas avec les Tridents, puisque, par la grâce des « special relationships » négociées entre Londres et Washington dès la fin de la 2e guerre mondiale, ils sont développés et ne seraient éventuellement utilisés que sous le contrôle des Etats-Unis. Beaucoup de stratèges britanniques ont ainsi fait valoir qu’avec cette nouvelle génération de missiles et sous-marins, le Royaume Uni « en reprenait pour quarante ans », si l’on peut dire, en matière de soumission à l’égard du Pentagone. Cela devrait faire réfléchir nos alliés britanniques, quand ils constatent à quelles impasses les mène cette soumission. Cela devrait aussi faire réfléchir ceux qui, en Europe,voudraient que la défense de l’Union prenne de l’autonomie vis-à-vis tant de l’Otan que des Etats-Unis. Faudra-t-il admettre que la Grande Bretagne n'en fera jamais partie ? 15/03/07


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/07-15903/index.html