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La Gazette N° 158 en date du 15 mars 2007

Par Jean-Paul Baquiast


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Lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:
* L''Europe face à son avenir scientifique. L'espace et les nanotechnologies http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/edito.htm
* Colloque: la révolution des nanotechnologies http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/colloquenano.htm Le point de vue de l'Europe http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/europecolnano.htm
* Un livre de Lewis Wolpert sur la croyance analysée par la psychologie évolutionnaire http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/wolpert.htm
* Un ordinateur quantique commercialisé dès 2008 ? http://www.automatesintelligents.com/labo/2007/mar/ordinateurquantique.html


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Un livre de Jean-Paul Baquiast (bientôt en librairie)

Pour un principe matérialiste fort
Essai
Edition Jean-Paul Bayol
300 pages - ISBN : 2916913009

Site de l'éditeur
Le livre est actualisé en ligne sur ce site

Présentation

Acheter l'ouvrage : Alapage ;
FNAC ; Amazon

Voir aussi:
* Ouvrage publié en Open-Source (accès libre et gratuit) par Jean-Paul Baquiast
Comprendre. Nouvelles sciences, nouveaux citoyens. 2005. PDF 825 ko
Refonte de
Sciences de la complexité et vie politique. Tome 1 Comprendre.

Rappelons aussi que Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent d'un blog consacré aux questions de politique générale. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter les blogs de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/ et http://drmsfvermeulen.over-blog.com/

Voir de sa part deux articles récents:
* La fiction du Doc http://influenza_h5n1.vosforums.com/viewtopic.php?t=3541&postdays=0&postorder=asc&start=0
* Pandémie et plan de sécurité publique
http://drmsfvermeulen.over-blog.com/article-2587620.html

D'autres blogs se sont depuis saisis du problème. Notamment celui du premier ministre français http://www.grippeaviaire.gouv.fr/ . Voir aussi http://influenza.h5n1.over-blog.com/

Nous publions cette photo en hommage au travail fait depuis plusieurs mois, bien avant les prises de conscience officielles, par le docteur Michel Vermeulen sur son blog, afin de nous avertir de la menace grandissante de la pandémie. Inutile de dire que nous prenons cette initiative sans lui en avoir demandé l'autorisation - qu'il aurait sans doute refusée par modestie.


Nourrir 9 milliards de Terriens

Le Monde, dans une Chronique malheureusement trop courte pour un sujet si important, aborde la question de savoir si la Terre pourra, vers 2050, nourrir les 9 milliards de Terriens prévus (Le Monde, 11/12 mars, p. 18). Il faudra faire appel à plusieurs solutions simultanément car aucune à elle seule ne pourra suffire:
- Augmenter les surfaces cultivées (aujourd’hui 1,5 milliards d’hectares). Selon la FAO il serait possible de les porter à 2,8 milliards. Mais beaucoup d’experts contestent ce chiffre.
- Faire progresser les rendements moyens. Mais l’agriculture intensive qui en découle consomme beaucoup d’eau et de produits chimiques. Elle n’est donc pas généralisable. L’appel aux OGM ne répond pas non plus à ce besoin.
- Inventer une nouvelle agriculture, dite écologiquement intensive. L’écoagriculture repose sur la capacité des écosystèmes à se régénérer grâce à des associations de plantes différentes et des successions de cultures d’une année sur l’autre. Une étude internationale, l’IIAASTD est en cours (International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development). Mais elle suppose des agriculteurs très avertis et formés.

Ces différentes solutions se heurteront à d’autres obstacles :
- Le développement spéculatif des terres dédiés aux carburants végétaux, qui peut devenir très important sous la pression des multinationales de l’énergie, comme l’illustre bien le pacte pour le biodiesel décidé entre les présidents Bush et Lula le 10/03/07.
- Les destructions de terres arables résultant de la crise climatique : inondations, désertifications notamment.
- Le manque de revenu des paysans traditionnels ruinés par la concurrence des produits agricoles des pays riches et l’incapacité des populations vivant dans les bidonvilles (plus de 2 milliards prévus vers 2050) à redevenir des agriculteurs responsables.
- Les guerres tribales qui se multiplient, sur le modèle de ce qui se passe au Darfour.

On s'étonnera de ne pas voir figurer les nouvelles sciences et technologies, mis à part les OGM, dans la gamme des remèdes possibles à la malnutrition. C'est que selon les experts du monde rural, elles n'auront à horizon du demi-siècle que peu de chances de pénétrer les pays du tiers monde menacés chroniquement de famines.

- Etude de la FAO http://www.fao.org/es/esd/AT2050web.pdf
- IAASTD http://www.agassessment.org/


Claude Allègre et Ségolène Royal

Claude Allègre, selon moi (qui pourtant ne l'aime pas trop), a raison de reprocher ce jour à Ségolène Royal sa condamnation du nucléaire et des OGM. Il s'agit d'une position démagogique, qui n'a aucun sens en termes scientifiques. Si elle était prise au pied de la lettre par un futur gouvernement, elle condamnerait les meilleures chances de l'Europe et de la France dans la lutte contre la crise climatique et l'indépendance économique. Ceci étant, de là à voter Bayrou, il y a un pas qu'Allègre n'aurait pas du franchir. 13/03/07


Va-t-on vers une salutaire crise d'identité européenne?

De quelle identité s'agirait-il? Celui d'une Europe vassale des Etats-Unis et des visées militaires du Pentagone ou d'une Europe acceptant enfin de conquérir son indépendance (le fameux "découplage" ) à l'égard des Etats-Unis? Cette Europe là ne serait pas encore l’Europe puissance rêvée par beaucoup de Français mais elle pourrait en prendre le chemin.

Vassaliser l’Europe reste pour Washington un objectif plus que jamais à l'ordre du jour. Il est accepté en Europe par de nombreux gouvernements, notamment chez les nouveaux entrants. La récente visite du président tchèque Vaclav Klaus à Dick Cheyney le 9 mars le montre (Dick Cheyney, dont on connaît l’intransigeance confinant à l’aveuglement! ). Le président tchèque n’a pas eu peur, comme un grand, d’impliquer son pays, et sans doute dans son esprit l’Union européenne toute entière, dans le déploiement des Euromissiles (Balistic Missiles Defense ou BMD), l’Otan et les relations transatlantiques. Cheyney a félicité la république Tchèque de son fort soutien à l’Otan et à la défense euro-atlantique, notamment dans la perspective de « menaces croissantes venant du Moyen-Orient » (Defense News http://www.defensenews.com/story.php?F=2611334&C=america).

A l’inverse, que pourrait être une Europe découplée des Etats-Unis ? Beaucoup, en France même, s’indignent devant cette perspective, comme le montre l’article d’un certain Moisi, de l’IFRI, dans Le Monde du 6 mars, p. 23. Pour repenser la politique étrangère de la France, explique-t-il, « celle-ci ne doit pas se tromper d’ennemi. Alors que le monde est en train de redevenir multipolaire…, il serait anachronique et paradoxal de continuer à vouloir se définir par rapport, sinon contre, les Etats-Unis…auxquels continue à nous lier une communauté d’intérêts et de valeurs ». L’embrouillamini sur les valeurs cache celui des intérêts, et ceux-ci sont essentiellement américains. Jacques Chirac au sommet de l’Union à Bruxelles le 9 a exprimé un autre point de vue, resté malheureusement trop discret. Il a prévenu que le projet américain d’installer un système de défense anti-missiles en Europe pourrait couper le continent en deux et relancer la guerre froide. L’Europe, a-t-il dit, doit prendre en considération l’inquiétude russe.

C’est la première fois que la France s’exprime en ce sens. Par contre, le souci de ne pas inutilement affronter la Russie dans une affaire manifestement dirigée contre elle (et non contre d’improbables missiles iraniens) est partagé par certains gouvernements du Continent, notamment l’allemand. Mais faut-il s’en tenir face à Washington à des représentations polies ? Pour le moment, la diplomatie française se borne à exprimer une prudente réserve. On le comprend vu l’incertitude liée à la proximité des élections en France et à l’ignorance des positions qui seront celles du futur gouvernement tant vis-à-vis de l’alliance atlantique que de l’Europe.

Pour notre part, nous souhaitons que la réserve française se développe sous forme d’une véritable démarche positive à l’égard des gouvernements et des institutions européennes. Il faudrait d’abord relancer des programmes visant à une défense de l’Europe indépendante de l’Otan. Il faudrait parallèlement laisser les Etats-Unis s’enferrer davantage encore dans une entreprise diplomatique sans issue, visant à couper l’Europe en deux et faire de la moitié docile de celle-ci un nouvel instrument de guerre froide. Alors le découplage à leur égard apparaîtra indispensable, sauf à accepter une crise européenne d’une ampleur jamais vue jusqu’alors.

On pourrait aller plus loin en France, de la part de ceux qui comme nous n'ont jamais renoncé au concept d'Europe-puissance. Le moment parait venu de "vendre" à nouveau ce concept à ceux qu'il pourrait intéresser, particulièrement à l'Allemagne. Celle-ci semble de plus en plus partagée entre l'Amérique, en baisse accélérée de crédibilité, et la Russie, dont l'alliance est pour elle indispensable et prometteuse. Le concept d'Europe-puissance, grâce auquel l'Allemagne et la France se retrouveraient dans un noyau dur européen (ou coopération renforcée) prenant ses distances avec l'Amérique sans obliger à tomber désarmé dans les bras de la Russie, devrait répondre au besoin. Nous aimerions voir le gouvernement français, actuel ou futur, s'en convaincre et défendre cette carte riche de perspectives pour l'Europe. 11/03/07


Accord européen historique ou compromis peu ambitieux sur la lutte contre le réchauffement

Les dirigeants de l'Union européenne sont parvenus à s'entendre le 9 mars 2007 afin de fixer un objectif contraignant sur le développement des énergies renouvelables. Les vingt-sept Etats membres de l'Union européenne se fixent pour but de réduire de 20 % au moins en 2020 la production de gaz à effet de serre, par rapport à son niveau de 1990. L'Europe envisage d'aller jusqu'à 30 %, si les autres pays industrialisés font de même. Mais il s'agit d'un objectif global et moyen. Aux termes de l'accord, les Vingt-Sept négocieront leurs propres objectifs nationaux, en fonction "des différents points de départ nationaux" (niveau existant des énergies renouvelables, ressources énergétiques et potentiel de réduction de chaque pays).

Une certaine ambiguité rêgne sur l'objectif de réduction de 20% de la production de GES. S'agit-il de réduire les émissions provenant des combustibles fossiles, y compris en faisant appel au nucléaire, ou de développer jusqu'à 20% la part de la production des énergies renouvelables, nucléaire exclu. Paris entendait que le nucléaire, en tant que source d'énergie faiblement émettrice de gaz à effet de serre, soit pris en compte dans l'attribution des objectifs nationaux de développement des énergies renouvelables. De nombreux autres Etats, en premier lieu l'Allemagne, l'Autriche et l'Irlande ne voulaient pas faire entrer le nucléaire en compte, puisqu'ils continuent à prétendre (contre toute vraisemblance) vouloir toujours "sortir du nucléaire" . Pour lever les réticences françaises, le texte indique que les Vingt-Sept prennent acte de l'évaluation de la Commission sur "la contribution de l'énergie nucléaire dans le cadre de préoccupations grandissantes sur la sécurité des approvisionnements d'énergie et de la réduction des émissions de CO2". Mais pour satisfaire les pays hostiles au nucléaire, notamment , le texte final rappelle "qu'il appartient à chacun des Etats membres de décider s'il aura ou non recours à l'énergie nucléaire".

La chancelière Angela Merkel, qui a piloté la signature du "plan énergétique" adopté par les Vingt-Sept au titre de présidente de l'Union, a reconnu une grande satisfaction à "être arrivée aujourd'hui à des objectifs si ambitieux et crédibles", qui permettront à l'UE "de jouer un rôle d'avant-garde" dans la lutte contre le réchauffement. Pour le président Chirac, cette stratégie globale de lutte contre le réchauffement climatique élaborée par le Conseil européen de Bruxelles " fait partie des grands moments de l'histoire" de la construction européenne. Tout le monde parait donc satisfait - ce qui est une bonne chose en soi. La création d'un fossé entre la France et l'Allemagne sur ce sujet aurait été désastreuse.

Les Verts ne sont pas pourtant apaisés. L'Allemand Fouad Hamdan, directeur pour l'Europe de l'ONG écologiste "Les Amis de la Terre", estime que l'accord signé vendredi 9 mars par les Vingt-Sept n'est qu'une "première étape". Il juge que les Etats avaient les moyens d'aller beaucoup plus loin qu'une réduction de 20 % de la production de gaz à effet de serre d'ici à 2020. Il accuse par ailleurs Paris, qui défend le nucléaire, d'inconséquence. Le nucléaire, pour lui ne peut être une réponse au réchauffement, dans la mesure où c'est une solution ne pouvant intéresser que quelques Etats favorisés comme la France.

Il reste que l'Europe constitue le premier ensemble d'Etats développés dont gros producteurs de GES qui décident de s'engager dans une réduction sensible (bien qu'encore certes insuffisante) de la production des GES. L'intransigeance égoïste des Etats-Unis à cet égard en est d'autant plus soulignée. Quand aux pays émergents, il est vraisemblable qu'ils suivront prochainement l'exemple européen, en adoptant des modalités de réduction adaptées à leurs possibilités économiques;

Concernant la France, le gouvernement et les candidats à la présidence de la République devront préciser un point capital. Ce n'est pas parce que le parc électronucléaire du pays lui permet de satisfaire sans grande difficulté à la réduction de 20% de ses émissions qu'il devra en profiter pour ne pas faire d'efforts nouveaux de réduction. Il devra surtout développer les énergies renouvelables non nucléaires, d'autre part, au même rythme que les pays voisins. Le potentiel de croissance scientifique, technologique et économique attaché à ces énergies renouvelables dépend d'un grand effort d'incitation et de financement. La France ne doit pas laisser ses voisins devenir des leaders dans ces domaines alors qu'elle se satisferait d'améliorer sa production nucléaire - même si cette amélioration, notamment avec l'EPR et la 4e génération, s'impose par ailleurs. Il faudra trouver les crédits, principalement publics, permettant d'investir (puis d'exporter) dans ces deux directions déterminantes. Les retours sur investissements ne se feront pas longtemps attendre. 09/03/07


Mort de Jean Baudrillard

C'est toujours un peu triste de voir disparaître un intellectuel. Cependant, à titre personnel, je dirais que je suis incapable de citer le moindre ouvrage de celui-ci qui m'ait intéressé, et dont je me pourrais me souvenir aujourd'hui. Contrairement aux scientifiques qui s'efforcent de présenter des théories organisées pour expliquer le monde, Baudrillard comme beaucoup de gens se rattachant au "post-modernisme" (est-ce ainsi que l'on dit) n'aura produit que du clinquant - amusant à écouter, facile à oublier...09/03/07


Des RFID en poudre

Dans son livre " Sous l'oeil des puces " (http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/livresenbref.htm), Michel Alberganti attire l'attention sur les avantages mais aussi les risques pour les libertés publiques, que l'usage immodéré des puces RFID peut faire prévoir. Dans notre court commentaire, nous avions eu tendance à minimiser lesdits risques. Qui peut s'intéresser à mes modestes faits et gestes?

Mais peut-être devrons nous revoir ce jugement, avec l'apparition et l'utilisation probablement très proche de puces RFID d'un diamètre de 0,05 millimètre carré, si l'on en croît la revue Technovelgy.com. Ces puces, fabriquées par Hitachi, seraient le développement de l'actuel Mu-Chip de 0,4 milliètre carré (une géante par comparaison). Elles comprennent une mémoire ROM de 128-bit pouvant mémoriser un mot de 38 digits. Hitachi utilise des canons à électrons nouveaux pour la production de composants miniaturisés. Les puces sont si petites qu'elles peuvent être incorporées de façon invisible dans n'importe quel support, même un papier très fin. Elles peuvent aussi servir à identifier des individus sur lesquels elles seraient projetées sans qu'ils s'en aperçoivent. Il s'agit vraiment de la poussière intelligente ou smart dust décrite dans les articles d'anticipation. 09/03/07

Pour en savoir plus
* Voir Technovelgy.com http://www.technovelgy.com/ct/Science-Fiction-News.asp?NewsNum=939
* Sur le Mu-chip, voir Hitachi http://www.hitachi.co.jp/Prod/mu-chip/p0001.html


Microsoft veut tout connaître des contenus des fichiers de santé

Microsoft a depuis un certain temps décidé de s'insérer dans la recherche, la distribution et le traitement à valeur ajoutée des données de santé disponibles dans les journaux médicaux, les fichiers publics et Internet. Il vient d'acquérir à cette fin Medstory Inc., une petite start-up de Foster City, Californie, qui dispose d'un système très avancé d'intelligence artificielle pour traiter de telles données. Connaissant les appétits de la firme de Redmont et son aptitude à générer des droits exclusifs et autres formats propriétaires, on ne peut que se tapoter dubitativement le menton, selon l'expression en vigueur chez le Canard Enchaîné.

* Article du NYT: http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9E04E2DA1E3EF934A15751C0A9619C8B63
* Medstory http://www.medstory.com/


L'adaptation de l'agriculture au changement climatique

L'Institut National sur la recherche agronomique (INRA) a profité du salon international de l'agriculture pour tenir un colloque consacré aux conséquences du changement climatique sur les cultures et l'agriculture, particulièrement en France. Il faut prévoir sur une durée d'au moins 40 ans les changements prévisibles, la plupart négatifs, certains positifs. La nature s'adaptera mais lentement. L'homme peut y aider, par différentes actions portant sur les espèces (génie génétique), les pratiques agricoles et les habitudes de consommation. Ce qui est certain c'est que le modèle consistant à maintenir l'agriculteur à la terre dans les zones menacées d'aridité avec "beaucoup de subventions, beaucoup d'eau et beaucoup d'engrais", ne sera plus longtemps accepté par la collectivité. 08/03/07

INRA http://www.jouy.inra.fr/


La FAO confirme le déclin des ressources halieutiques

Le rapport publié tous les deux ans par la FAO sur la pêche et l'aquaculture confirme les prévisions pessimistes du rapport de Boris Worm présenté dans Science en novembre 2006 et que nous avions évoqué. Les espèces sauvages sont partout en diminution du fait de la surpêche. L'aquaculture, qui utilise principalement des poissons sauvages comme aliment, est plutôt en développement mais cela ne résout pas le problème de la diminution des stocks sauvages. Plus grave, le rapport constate (en termes diplomatiques) l'impuissance des organisations régionales pour contrôler la surpêche. L'exemple de l'Iccat, Commission internationale pour la conservation du thon atlantique, est éclairant. Il a été impossible de diminuer les quotas de capture afin d'assurer la survie du thon rouge. Les premiers responsables du drame écologique qui se préparent sont les gouvernements, qui soutiennent sans vergogne leurs pêcheries. Les gouvernements soutiennent également, au delà des pêcheries, les industriels et les consommateurs qui refusent de modifier leurs habitudes alimentaires. Le Japon est souvent cité mais tous les gouvernements sont coupables, y compris les gouvernements "amis des pêcheurs" de l'Union européenne. La Commission se révèle impuissante vis-à-vis de leurs refus d'agir.

* Présentation du rapport de la FAO (anglais, mais à lire en détail) http://www.fao.org/newsroom/en/news/2007/1000505/index.html


L'hirondelle du printemps chinois?

Lors du discours prononcé le 5 mars 2007 devant les 3.000 députés de l'Assemblée Nationale populaire de Chine, le premier ministre Wen Jiabao a constaté que la croissance chinoise, supérieure à 10% en 2006, entraînait " un excès de la consommation en énergie et une sérieuse pollution de l'environnement ". De plus, tout le monde devrait profiter du développement, grâce à des programmes sociaux plus performants, entre villes et campagnes, de façon à sauvegarder la justice sociale. Il faudrait en conséquence réduire la croissance à 8% et organiser une meilleure distribution.

Ceci montre qu'une " croissance " anarchique, poussée par l'intérêt d'entrepreneurs et de collectivités locales ne se préoccupant pas de l'environnement et de la justice sociale, commence à être perçue en Chine comme menaçante pour les pouvoirs. On peut espérer que rapidement, les solutions permettant de lutter contre la crise climatique et environnementale susciteront davantage d'intérêt en Chine. L'Europe devrait se présenter comme exemplaire dans ces directions, y compris en proposant des partenariats technologiques dont les deux parties pourraient profiter. 07/03/07


Environnement, toujours

L'ONG internationale Les Amis de la Terre reproche aux banques françaises de ne pas assez encourager la diminution par leurs clients de la production des gaz à effet de serre. Elle a publié, le 6 mars, un rapport (non encore en ligne) très critique sur la contribution des banques françaises à la réduction des émissions de GES. Le rapport constate que les banques jouent un rôle majeur en matière de climat, via leurs choix de financement et d'investissement dans les projets des industriels, comme en amont, dans leur métier de conseil aux entreprises. Or sauf deux exceptions, aucune n'a mis en place "une politique climatique et énergétique crédible". Doivent-elles refuser de financer les projets polluants (faisant notamment appel à l'énergie fossile) alors qu'elles ont compris l'intérêt commercial de se positionner sur le marché du carbone, en gérant les quotas d'émissions des entreprises. Sébastien Godinot, co-auteur du rapport avec Deborah Lambert-Perez, encourage les banques intervenant dans le secteur de l'énergie, BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole, à suivre l'exemple de grandes banques internationales comme la britannique HSBC ou l'américaine Goldman Sachs. Celles-ci ont reconnu publiquement leur responsabilité en matière d'émissions indirectes de CO2 et se sont engagées à les réduire. Il recommande des mesures simples à mettre en place: des prêts spécifiques et des facilités de crédit en faveur des énergies renouvelables ; un renchérissement du crédit pour les énergies polluantes ; un engagement à ne plus financer de grands projets d'infrastructure ou d'extraction pétrolière dans des zones protégées.

On observe là, même si les industries pétrolières et autres ne se laisseront pas maltraiter sans réagir par leurs "amis" du secteur bancaire, une évolution importante dans l'approche du financement des projets, lié à un début de prise de conscience du changement climatique et de ses risques. Il restera aux gouvernements à modifier de la même façon leurs politiques fiscales et d'aides aux entreprises. La Commission européenne devra également s'impliquer dans de telles orientations. 07/03/07

*
Les Amis de la Terre http://www.amisdelaterre.org/


Environnement

Signalons l'existence de l'AFITE, Association Française des Ingénieurs et Techniciens de l'Environnement, un métier qui devrait monter...comme les températures et le niveau des mers...
http://www.afite.org/


Après Airbus, Galiléo. Faut-il désespérer de l'Europe?

L'Agence spatiale européenne (ESA), confronté aux "incertitudes" du programme Galiléo, vient d'aanoncer le 05/03, la commande d'un nouveau satellite expérimental, Giove-A1, qui n'était pas prévu au programme et qui occasionnera une dépense supplémentaire de 30 millions d'euros. Le contrat a été attribué à Surrey Satellite Technology Ltd, l'entreprise britannique qui a construit Giove-A, seul engin de démonstration à avoir été placé en orbite, en décembre 2005. Le satellite Giove-B, plus sophistiqué, qui devait succéder à Giove-A1, a, au cours d'essais, subi une panne qui a révélé des problèmes d'organisation au sein du consortium de huit entreprises, parmi lesquelles EADS, Thales et Alcatel-Lucent, appelées à construire le reste du système de trente satellites dont elles doivent devenir les concessionnaires.

Le lancement de Giove-B n'est plus prévu avant la fin 2007. Les risques de nouveau délai ont contraint l'ESA à préparer un tir de secours en 2008, permettant de se prémunir contre la perte des fréquences attribuées à Galileo si aucun signal n'est envoyé de l'espace durant deux années d'affilée (NB: cette clause a été imposée par les Etats-Unis à l'Europe). .

Le contrat de concession, déplore Jacques Barrot, le commissaire européen aux transports, ne peut encore être signé. Les huit membres du consortium n'ont toujours pas mis en place la structure juridique promise, ni désigné son futur patron. Ils tardent à finaliser l'offre améliorée qui permettrait de signer un contrat avant la fin de l'année. "Aucune des conditions posées lors de la désignation du consortium n'est respectée, et nous ne comprenons pas l'origine de ces problèmes".

Nous croyons pour notre part comprendre l'origine des problèmes. Plutôt que déléguer la gestion d'un programme de souveraineté à des entreprises privées qui ne songent qu'à envenimer leurs conflits d'intérêt à court terme, sans aucun arbitre entre elles, mieux aurait valu en confier directement la maîtrise d'ouvrage à l'ESA, représentant directement les puissances publiques. Libéralisme et aéro-spatial ne font pas bon ménage. Dommage que Galiléo en donne, après Airbus, la démonstration. Le programme a pris tellement de retard que l'on se demande quel sera son impact sur un secteur plus que jamais dominé par les Américains et bientôt par les Chinois. Les uns et les autres doivent bien rire. 07/03/07


Plan d'action "énergie et climat" présenté par la Commission au Conseil

Le Conseil européen des 8 et 9 mars doit se prononcer sur le plan d'action "énergie et climat" présenté par la Commission le 10 janvier dernier. On trouve ce plan sur le site de Toute l'Europe. Nous estimons pour notre part que la crise climatique et environnementale donnera à l'Europe l'occasion de reprendre une place éminente dans un monde désormais multipolaire. Elle pourra proposer aux autres Etats comme à l'ONU des références scientifiques, technologiques, de comportement économique et de gouvernance qui seraient exemplaires. Ceci notamment face à l'égoïsme persistant des Etats-Unis. Encore faudra-t-il que les Etats européens s'entendent, avec la Commission, sur des propositions audacieuses. Il ne faudra pas se borner à traiter les questions de la seule l'énergie, surtout si c'est pour se limiter au pétrole et au gaz. Cette question sera commentée à nouveau dans cette gazette après le Conseil européen. 07/03/07


Création d'un Forum International des biocarburants

Sous l'impulsion du Brésil, les Etats-Unis, la Commission européenne, la Chine, l'Inde et l'Afrique du Sud ont lancé à l'ONU des travaux visant à établir un marché mondial des biocarburants destiné à stimuler l'utilisation de l'éthanol et du biodiesel (produits à partir d'espèces végétales), en remplacement des carburants fossiles qui contribuent au réchauffement de la planète. Les cinq pays et l'UE ont décidé de créer un Forum international des biocarburants, au sein duquel ils constitueront deux groupes de travail, le premier consacré à l'échange de technologies, le second à l'établissement de "standards" en termes de qualité, de transport ou de distribution. Contrairement à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le Forum rassemblera producteurs et consommateurs. Une conférence internationale sur les biocarburants pourrait aussi se tenir en 2008 au Brésil.

Le Brésil est en pointe dans ce domaine. Le président Lula en discutera lors de la visite de G.W. Bush à Sao Paulo. Le marché des biocarburants permettrait d'établir des cours pour l'éthanol, dont l'importation est frappée, aux Etats-Unis et en Europe, de surtaxes destinées à protéger les agricultures nationales. L'opération passerait aussi par l'harmonisation des normes de production, variables en fonction des pays et des cultures (canne à sucre au Brésil, maïs aux Etats-Unis, betterave et tournesol en Europe).

Il faudra veiller cependant à ne pas favoriser, notamment dans les pays tropicaux et équatoriaux, la disparition des couverts naturels et celle des production vivrières, sous la pression des capitaux qui s'investiront dans les bio-carburants. Il existe bien d'autres solutions que l'appel à des cultures pour produire de tels carburants: la bio-masse, les algues, etc. Par ailleurs, il faut rappeler que les bio-carburants ne doivent pas être produits en consommant du pétrole. Logiquement, la production devrait faire appel elle-même à des bio-carburants. De toutes façons les biocarburants ne doivent pas favoriser la poursuite de l'hyper-consommation automobile, par exemple permettre à chacun de rouler en 4/4 sinon en "humver". 06/03/07


L'étonnant conservatisme allemand en matière d'emplois féminins

On ne se rend pas toujours compte en France de l'incroyable conservatisme allemand concernant la femme au travail et la nécessité de l'aider. La proposition récente de la ministre de la famille CDU Ursula von des Leyen visant à créer 500.000 places de crèche suppllémentaires à provoqué une polémique importante, de la part de l'Union Chrétienne et de l'église catholique de Bavière. La baisse de la natalité qui devient inquiétante en Allemagne est pourtant imputée par les démographes au fait que les femmes qui travaillent ne peuvent faire garder leurs enfants de moins de 3 ans ( 8% seulement peuvent être confiés à des établissements). Malheureusement le modèle traditionnel de la femme ( Kinder, Küche, Kirche ) n'encourage pas davantage la natalité, car il ne répond plus aux ambitions professionnelles de beaucoup de jeunes femmes. L'église protestante reste beaucoup plus prudente sur ce sujet. La France est par comparaison avec l'Allemagne d'un incroyable progressisme. Sa natalité en bénéficie. 02/03/07


Combien de porte avions américains?

Selon le colonel Dan Smith, expert militaire http://www.counterpunch.org/smith02262007.html, la situation de la flotte de PA (carriers) américain est la suivante (la traduction ne s'impose pas)

• By my count, four carriers are in maintenance: Kitty Hawk, George Washington, Abraham Lincoln and Carl Vinson. The Lincoln is due to emerge at the end of February 2007.
• John F. Kennedy is being decommissioned (retiré du service) next month;
• Three carriers are in the Atlantic: Enterprise, heading home after completing a tour in the Arabian Sea area; Theodore Roosevelt; and Harry Truman;
• One carrier is in the Pacific: Ronald Reagan (covering the Kitty Hawk's traditional position);
* Three carriers are in the Persian Gulf-Arabian Sea-Indian Ocean- Gulf of Oman vicinity: Dwight Eisenhower, John Stennis, and Nimitz, which is relieving the Eisenhower.

Lorsque 3 PA sont rassemblés sur une zône, on en infère qu'une offensive se prépare. Ici contre l'Iran, associant ou non Israël. Mais notre expert en doute.

Question aux candidats à la présidence de la République française: combien de porte-avions européens, quel pavillon et où? 02/03/07


Que se passe-t-il à l'Insee ?

Sans accuser a priori l'Insee d'avoir sciemment reporté après les élections la parution des chiffres du chômage, parce qu'ils n'étaient pas aussi favorables que le gouvernement l'affirmait, il faut quand même constater qu'il y a doute. L'Insee est-il ent train de perdre son âme austère et apolitique. Sans faire appel au passé, il faut reconnaïtre que jusqu'à ces dernières années, un tel procès, fut-il mal fondé, n'aurait jamais pu être fait à l'Institut, dont la rigueur frisant le jansénisme était insoupçonnable. 02/03/07


Les investissements étrangers en France

L'Agence française pour les investissements internationaux (AFII) évalue les investissements étrangers en France en 2006 à 58,4 milliards d'euros (pour 665 projets au total). Ils auraient permis l'embauche ou le maintien dans leur emploi de 39.998 salariés, soit une hausse de 32,7 % par rapport à 2005. Les investissements étrangers se sont répartis entre des créations de sites (36,1 % des emplois créés), des extensions (40,2 % des emplois) et des reprises d'entreprises en difficulté (20 %). Ces deux dernières catégories d'investissements ont permis de maintenir 3 432 emplois grâce à 17 projets.

La prépondérance des investisseurs européens se renforce dans les créations d'emplois (64,6 %) devant les nord-américains (27,2 %). Par pays, le classement place en tête les Etats-Unis (23,8 % des emplois créés), puis l'Allemagne (16,4 %), le Royaume-Uni (10,6 %) et la Suède (8,9 %) (Ikea, Renault Trucks et les centres d'appel de Transcom). La Chine a progressé au septième rang (3,9%).

Alors que la France souffre de désindustrialisation, les capitaux étrangers confirment leur intérêt pour le secteur manufacturier : ce dernier représente à lui seul 63,5 % des créations d'emplois. Ceci signifie incontestablement une reconnaissance de la productivité française, notamment dans les secteurs technologiques, illustré par l'implantation de l'usine de vaccins de GlaxoSmithKline américian à Saint-Amand-les-Eaux. Les pôles de compétitivité français, dont 16 internationaux, ont joué un rôle en ce sens, ainsi que le crédit d'impôt recherche. Six régions françaises ont concentré les deux-tiers des créations d'emplois : l'Ile-de-France (22,5 %), toutRhône-Alpes (10,4 %) toutes deux cependant en baisse; , PACA (9,4 %), Nord-Pas-de-Calais (7,1 %), Midi-Pyrénées (6,9 %) et la Bretagne (5,4 %), en hausse.

Reste à s'interroger sur les bénéfices à long terme de ces implantations. Seront-elles durables? Ont-elles été la conséquence ou ont-elles entraîné des destructions d'emplois dans des entreprises françaises? Ne s'agit-il pas parfois d'une forme d'espionnage industriel et d'entrisme dans les mécanismes de financement européen, surtout lors qu'il s'agit d'entreprises non européennes? Balancent-elles les opérations de délocalisation à l'étranger des entreprises françaises, dont l'AFII par définition ne traite pas? Comment enfin essayer d'harmoniser, au plan européen tout particulièrement, les échanges d'investissements entre Etats-membres? On ne voit pas l'amorce d'une réflexion à ce sujet au plan communautaire, où le réflexe national demeure prépondérant. Il est curieux à cet égard de voir l'AFII traiter d'investissements internationaux ou étrangers tout ce qui passe nos frontières nationales, sans faire de différence entre l'intra-communautaire et l'extra-communautaire, pourtant très différents semble-t-il en ce qui concerne la cohésion européenne. 02/03/07

AFII http://www.investinfrance.org/France/?l=fr


Le lanceur Soyouz bientôt à Kourou

La première pierre du pas de tir de la fusée russe a été posée près de Kourou, dans la savane Malmanoury, sur le littoral guyanais, le 26 février. Le premier lancement devrait avoir lieu fin 2008 depuis Sinnamary, où 250 Russes sont attendus dès 2007. Le projet est de 344 millions d'euros, financés aux deux tiers par l'Agence spatiale européenne et l'Union européenne, et pour un tiers par un emprunt contracté par Arianespace.

Tiré jusqu'à présent depuis Baïkonour, au Kazakhstan, Soyouz pourra, à partir de la Guyane, mettre sur orbite de transfert géostationnaire un satellite de trois tonnes, pour compléter à terme l'offre de lancement d'Arianespace, entre le lanceur lourd Ariane 5 (10 tonnes ) et la petite fusée italienne Véga (300 kg), à raison de deux à quatre lancements par an. Comme les autres, Soyouz profitera au maximum, en vertu de la position quasi équatoriale de la Guyane, de la rotation de la Terre, qui permet d'accroître la performance des lanceurs.

Des emplois en résulteront, principalement russes. A chaque lancement, environ 250 Russes viendront en « mission » pendant deux mois. Une centaine d'emplois permanents seront créés à Kourou pour Soyouz, dont certains seront russes. Les impôts locaux bénéficieront aussi de toute cette activité.

Au delà de cet aspect local, la coopération entre la France, l'ESA et la Russie est de bonne signification pour l'avenir. Elle montre que si les gouvernements le voulaient vraiment, une alliance stratégique entre l'Europe et la Russie serait, non seulement possible et profitable, mais porteuse d'un grand intérêt face à la concurrence des nouveaux entrants. Signalons aussi que la France, dans cette aventure, apporte à l'Europe non seulement sa compétence industrielle et spatiale, mais l'atout considérable d'un territoire d'outre-mer particulièrement bien placé. Comme pour ce qui concerne l'atlantique et le pacifique sud, les territoires français représentent un intérêt géostratégique et scientifique considérable. Cela mérite bien quelques efforts pour que les populations qui y vivent en reçoivent les retombées légîtimes. 01/03/07


L'ASAQ fait bouger l'empire des firmes pharmaceutiques

Le 1er mars 2007, la firme phamaceutique franco-européenne sanofi-aventis et la fondation Drugs for Neglected Diseases initiative (DNDi) ont annoncé que l'ASAQ, la nouvelle association fixe d’artésunate (AS) et d’amodiaquine (AQ), sera bientôt disponible à travers l’Afrique sub-saharienne. ASAQ est le premier médicament développé par les partenaires “FACT” (“Fixed-dose, Artemisinin-based Combination Therapy”) coordonnés par DNDi en partenariat avec sanofi-aventis.

Selon ActwithAsaq ( http://www.actwithasaq.org/fr/press.htm ) : Une des 4 associations à base d’artémisinine - artemisinin-based combination therapies (ACTs) - qui ont été recommandées par l’OMS depuis 2001 pour réduire le développement de résistances, l’association AS plus AQ, est maintenant disponible sous la forme d’ASAQ, une nouvelle formulation à doses fixes. Elle sera disponible dans tous les marchés, y compris les marchés publics, à un prix préférentiel. A ce jour, parmi les 41 pays de l’Afrique sub-saharienne qui ont adopté les ACTs dans leurs protocoles de traitement du paludisme, 20 pays ont choisi l’association d’artésunate et d’amodiaquine.

ASAQ est un médicament innovant pour traiter le paludisme qui est :
- Adapté aux besoins des patients de tous âges. C’est une association à doses fixes de deux médicaments très connus, selon les recommandations de l’OMS,
- Simple avec une seule prise par jour, facile à suivre pour le prescripteur et le patient,
- Accessible, non breveté, à un prix abordable,
- de qualité en matière de développement galénique, de production et de stockage.

Pour notre part, nous nous étions déjà étonné que les médias et les politiques ne fassent pas plus d'écho à une initiative exemplaire ( du moins si ce qui est annoncé correspond à la réalité). Pour une première fois, des ONG, dont Médecins sans frontière, des universités publiques, les agences de l'ONU et un partenaire de l'industrie pharmaceutique se sont associés pour produire et diffuser à bas prix (1$ la boite à ce jour), un médicament capable de soigner une maladie qui tue plus d'1 million de personnes par an dans les pays pauvres, et génère une misère en proportion. Sanofi-Aventis, firme européenne, a donné l'exemple de ce qui pourrait devenir une nouvelle politique des entreprises pharmaceutiques du Continent: refuser le jeu à la fois criminel et suicidaire consistant à protéger par des brevets des médicaments susceptibles de guérir les maladies de la grande pauvreté. Ces brevets sont encore défendus bec et ongles par les entreprises nord-américaines, contre les génériqueurs de l'Inde et de la Chine. La question a été posée également à propos des vaccins, notamment celui susceptible de protéger du H5N1, avec la " révolte de l'Indonésie" que nos lecteurs ont certainement suivie, et sur laquelle nous reviendrons peut-être. Souhaitons en attendant bonne chance à l'Asaq.


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/07-15803/index.html