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La Gazette N° 156 en date du 15 février 2007

Par Jean-Paul Baquiast


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Lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:
* Politique spatiale européenne, l'audace ou le déclin. Compte rendu du rapport des parlementaires. Signalé plutôt 2 fois qu'une.
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/espace.htm
* Biblionet. Le parfum d'Adam de Jean-Christophe Rufin http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/rufin.htm

* Biblionet. Les nanotechnologies de Yan de Kerorguen http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/kerorguen.htm

Grâce à une initiative de Christophe Jacquemin, tous les textes présents sur le site Admiroutes.asso.fr, et notamment les articles de la présente Gazette, peuvent être retrouvés par une recherche faisant appel aux technologies d'Exalead (société française... Il n'y a pas que Google sur cette planète en matière de technologie intelligente...).
Cela intéressera les historiens que vous êtes certainement. Il suffit de mettre un mot clef significatif dans le cartouche Recherche ci-dessus, puis cliquer et aller aux résultats. Faites LOLF, par exemple.


Toujours grâce à Christophe, la Gazette s'enrichit par ailleurs du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles). Réalisé par une société française, ce logiciel n'a pour l'instant aucun équivalent dans le monde.


* Ouvrage publié en Open-Source (accès libre et gratuit)
par Jean-Paul Baquiast
Comprendre. Nouvelles sciences, nouveaux citoyens. 2005. PDF 825 ko
Refonte de
Sciences de la complexité et vie politique. Tome 1 Comprendre.

Rappelons aussi que Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent d'un blog consacré aux questions de politique générale. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter les blogs de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/ et http://drmsfvermeulen.over-blog.com/

Voir de sa part deux articles récents:
* La fiction du Doc http://influenza_h5n1.vosforums.com/viewtopic.php?t=3541&postdays=0&postorder=asc&start=0
* Pandémie et plan de sécurité publique
http://drmsfvermeulen.over-blog.com/article-2587620.html

D'autres blogs se sont depuis saisis du problème. Notamment celui du premier ministre français http://www.grippeaviaire.gouv.fr/ . Voir aussi http://influenza.h5n1.over-blog.com/

Nous publions cette photo en hommage au travail fait depuis plusieurs mois, bien avant les prises de conscience officielles, par le docteur Michel Vermeulen sur son blog, afin de nous avertir de la menace grandissante de la pandémie. Inutile de dire que nous prenons cette initiative sans lui en avoir demandé l'autorisation - qu'il aurait sans doute refusée par modestie.


A vomir

Un ami me demande ce que j'ai pensé de l'exhibition de Enric0 chez Ruquier le 14 février. Réponse: tout était à vomir, incommensurable suffisance, nullité dans la pensée...A vomir aussi le tapis touge déroulé devant cet histrion par Ruquier et sa bande - excepté le courageux Christophe Alévèque qui a osé faire quelques réserves et s'est fait ignoblement injurier. Voir, tant que c'est encore en ligne:
http://www.dailymotion.com/visited/search/enrico+macias+ruquier/video/x17rap_enrico-macias-rejoint-nicolas-sarko
On pourrait espérer que cette exhibition, probablement calculée en haut lieu pour apporter des voix à Sarkozy, manquera son but et servira SR. Mais il ne faut pas trop compter sur la capacité des gens à se révolter devant la bêtise au front de taureau. 15/02/07


Machines à voter. Un doute s'installe

Il semble que le recours aux machines à voter, envisagé dans certaines communes (Hauts de Seine, Alpes Maritimes, notamment), pourrait cacher l'envie de manipuler les votes des citoyens. Ces machines ne seraient pas fiables. Des détournements de voix même limités pourraient changer les scores finaux, comme l'a montré la fraude aujourd'hui avérée des Républicains américains lors de l'élection présidentielle, dont Bush n'aurait jamais du sortir vainqueur. Sur ce sujet, voir un article de Eric Loiselet, délégué général de Rénover Maintenant. Affaire à suivre 12/02/07


Ségolène: un sans faute

Ceux qui doutaient de la capacité de Ségolène et de son programme à relever le défi de ses concurrents devraient être pleinement rassurés. Dans la forme comme dans le fond, elle a pleinement répondu à ce qu'attendaient ses supporters. Pour ce qui me concerne, les points que je craignais de voir négliger, c'est-à-dire le financement de la recherche, les politiques communes européennes, la posture stratégique de la France dans le monde ont été traités, succintement certes mais clairement. Les Sarkozystes font valoir que le programme n'est pas chiffré, mais celui de leur candidat ne l'est pas davantage. De plus, chiffrer n'a pas de sens, quand on veut lancer un grand mouvement de foi et d'espérance, comme elle a su le faire. Si les militants et les citoyens sont véritablement convaincus de la nécessité de s'engager dans la grande entreprise proposée, les bénéfices seront multiples et la France ne manquera pas de moyens. Il en sera de même concernant l'avenir de l'Europe. Un avenir se construit sur l'engagement personnel des citoyens de bonne volonté et non sur des comptabilités maniées comme des armes par les prophètes de mauvaise augure. Or l'engagement personnel de beaucoup de gens, jeunes et moins jeunes, ne manquera pas, si l'on peut en juger par l'enthousiasme extraordinaire des militants venus à Villepinte. 12/02/07


Vers une gouvernance écologique mondiale?

Au lendemain de la conférence internationale de Paris (3-4 février) pour une « gouvernance écologique mondiale », présidée avec des mots très forts par le président français Jacques Chirac ; deux jours après la conclusion des travaux (1er-2 février) du comité d’experts internationaux du GIEC/IPCC montrant que les pronostics les plus pessimistes concernant la crise climatique étaient confirmés par les scientifiques ; quelque jours après le Forum de Davos (24-26 janvier) où la prévention de cette même crise a fait l’objet de la préoccupation des grands décideurs économiques ; quelques semaines enfin après la remise par Nicholas Stern du rapport qui fera date évaluant les coûts considérables que représenterait l’inaction face à la crise et proposant de nombreuses mesures politiques qui n’ont rien de libéral, nous pouvons ici, à la date du 5 février 2007, constater avec un début d’espoir qu'une prise de conscience concernant la réalité de la crise climatique commence à se faire. Mieux, il devient clair pour beaucoup qu’il faut désormais envisager de véritables mesures révolutionnaires, selon le terme de Jacques Chirac, pour lutter contre la crise. La vraie question est celle de savoir si la révolution restera dans les mots (comme souvent avec Jacques Chirac) ou se traduira en décisions effectives.

A cet égard, plusieurs autres constatations lourdes de sens s’imposent. D’abord, dans cette prise de conscience mondiale, la Grande Bretagne et la France jouent de façon différente mais convergente, un rôle pilote. Derrière ces deux pays (membres de l’Union européenne, rappelons-le) l’ensemble de l’Union, à l’initiative de la Commission et du parlement européen, se mobilise sans tergiverser. Pour une fois, les 27 membres semblent convaincus de la nécessité d’agir ensemble et vite. Pourvu que le consensus se maintienne quand il s’agira de prendre des mesures qui feront entraîneront nécessairement beaucoup de sacrifices!

Une seconde constatation concerne la persistance de l’administration fédérale américaine à nier la crise et à refuser toutes mesures susceptibles d’obliger la nation la plus productrice de GES du monde à changer son mode de vie. Le mode de vie américain n’est pas négociable, avait déjà affirmé avec un unilatéralisme insupportable, mais qui ne s’est pas démenti depuis, un précédent président. Mais une évolution surprenante se dessine cependant. Un certains nombre d’Etats fédérés américains commencent à vouloir négocier avec l’Union européenne le partage de divers mécanismes destinés à lutter contre les émissions de GES, notamment la bourse d’échange des droits à produire du carbone (carbon trading scheme) découlant du protocole de Kyoto. Ceci pourrait être le début d’une crise constitutionnelle majeure aux Etats-Unis. Le pouvoir fédéral y reculerait devant celui des Etats. L’hostilité que suscite dans nombre de ceux-ci l’entêtement du G.W.Bush, non seulement à nier la crise climatique, mais à poursuivre sa longue guerre contre le terrorisme ne fera qu’augmenter la probabilité d’une telle crise.

Une troisième constatation nous parait s’imposer. Il s’agit du fait qu’en Amérique, qui s’est toujours prétendue (en dehors des questions intéressant le Militaro Industrial Congressional Complex) le parangon du libéralisme (free-trade), de plus en plus de chefs d’entreprises commencent à considérer qu’un retour au patriotisme économique (prôné il fut un temps par la France et repris aujourd’hui – timidement – par les candidats aux présidentielles française) correspond dorénavant à une nécessité. On ne parle pas encore aux Etats-Unis de protectionnisme ou de patriotisme économique, mais de fair-trade. Le mot signifie en fait que les échanges doivent être négociés, sous les auspices d’une autorité gouvernementale, sur la base de la réciprocité. Le programme de retour au fair-trade a déjà un nom, il s’agit du projet Horizon, Horizon Project (voir le tout récent site ouvert sous ce nom http://www.horizonproject.us/. Certes, le fair trade recommandé n’est pas lié, en principe, à la réciprocité des efforts que feront les pays dans la lutte contre la crise climatique, mais il trouvera rapidement l'occasion de s'y appliquer.

Tout ceci nous confirme pour notre part qu’il convient en France et en tous cas dans cette revue de prendre un peu d’avance sur les esprits et de commencer à étudier comment pourraient s’organiser les efforts visant à réguler les économies afin de limiter au maximum les effets de la crise climatique et environnementale. Qui réglementera, en faveur de qui et de quoi ? Ces questions ne sont pas tranchées, ni même posées. Mais il semble que peu à peu émerge le concept d'une économie mixte (privée-publique) mondiale, dirigée par des intérêts multiples (multipolaires) associés pour la survie de nos civilisations. Ce serait donc bien le glas du capitalisme libéral qui commencerait à sonner. Ce serait aussi celui de l'influence unilatérale de la super-puissance américaine, jusque là associée à ce même capitalisme libéral et désormais embourbée dans ses impasses multiples. Enfin, pour l'Europe, si elle s'inscrivait résolument - comme elle semble vouloir le faire - dans la lutte contre le réchauffement global et la protection de l'environnement, ce serait une opportunité considérable de se faire entendre face non seulement aux Etats-Unis mais aussi face aux puissances émergentes telles la Chine et l'Inde, qui ne peuvent construire leur croissance en négligeant ces questions.

Selon nous, deux questions mériteraient d'être approfondies sans attendre :

- quelles seraient les mesures réglementaires gouvernementales nationales, européennes ou internationales susceptibles de mieux lutter contre la crise tout en sauvegardant le développement mondial là où il peut se faire sans compromettre l'environnement ?
- omment les scientifiques, autres que les seuls climatologues, pourraient participer au rôle de mise en alerte et d'expertise en l'étendant bien au-delà des questions actuellement traitées dans les instances internationales?

*
AFP. Le Monde: Une quarantaine de pays, dont la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, ont lancé samedi 3 un appel en faveur d'une "vaste mobilisation internationale contre la crise écologique et pour une croissance respectueuse de l'environnement". "Nous nous engageons à mettre au centre de nos décisions et de nos choix, chacun dans notre domaine, la préoccupation de l'environnement", affirme cet appel, qui a été lu samedi par Jacques Chirac à l'issue de la Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale.
Cet "Appel de Paris" préconise la création d'une Organisation des Nations unies pour l'environnement et prône l'adoption d'une Déclaration universelle des droits et des devoirs environnementaux. "Nous appelons à transformer le Programme des Nations Unies pour l'environnement en une véritable Organisation internationale à composante universelle à l'image de l'Organisation mondiale de la santé", a-t-il ajouté.
Un "groupe pionnier" de "plus de quarante pays" a été constitué pour promouvoir ce projet, qui est contesté notamment par les Etats-Unis et les grands pays émergents. "Nous tous ici présents, Citoyens de la Terre, nous appuyons les efforts des Nations qui se mobilisent, dans un esprit de souveraineté partagée, pour renforcer la gouvernance internationale de l'environnement", a dit le président.
Cet appel intervient au lendemain de la publication du rapport des experts du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), qui ont lancé un avertissement sans précédent sur l'ampleur du changement climatique en insistant sur la responsabilité humaine dans le réchauffement de la planète.
L'ONU dispose pour l'instant du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), créé en 1972 et dont le siège se trouve à Nairobi. Cette nouvelle organisation devrait être "à l'image de l'Organisation mondiale de la santé" (OMS) pour avoir "une voix forte et reconnue dans le monde".
Elle devra "évaluer les dommages écologiques", "promouvoir les technologies et les comportements les plus respectueux des écosystèmes" et soutenir "la mise en oeuvre des décisions environnementales". Le Maroc accueillera "la première réunion du groupe pionnier des " amis de l'Organisation des Nations Unies pour l'environnement " qui rassemble déjà plus de 40 pays", indique la déclaration.
Les quelque 200 participants à la conférence - ministres, chefs d'entreprise, représentants associatifs, scientifiques - ont affirmé, dans cette déclaration, que, "aujourd'hui, le temps est venu de la lucidité" et qu'il fallait "reconnaître que nous sommes parvenus au seuil de l'irréversible, de l'irréparable".

La version intermédiaire du rapport du GEIC, publiée le 2 février:
http://www.ipcc.ch/SPM2feb07.pdf et sa présentation audio
et le programme de la Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale 2-3 février 2007 http://www.citoyensdelaterre.fr/conference/?-Programme et le texte de l'Appel de Paris http://www.citoyensdelaterre.fr/conference/?Appel-de-Paris


Le F22 américain inapte pour l'Irak

De plus en plus de hauts responsables de l'US Air Force constatent que les avions de combat américains, notamment les F22, machines à 350 millions de dollars, dotées de senseurs et calculateurs qui étaient présentés comme capables de détecter une cacahuète dans la poche d'un "insurgent" irakien, sont en fait aveuglés et inutilisables. La faute en est à l'utilisation par les troupes à terre de systèmes de brouillage et leurres divers leur permettant d'échapper aux explosions télécommandées dont les régalent leurs adversaires. L'Etat-major envisage sérieusement de remplacer les F22 et autres analogues par de simples drones (UAV) à $9mns MQ-9 Predator(s). L'ennui est que l'opérateur humain qui est derrière ceux-ci ne voit pas grand chose non plus. D'où des risques pour les troupes amies.

Plus classiquement, mais de façon toute aussi gênante, la doctrine d'emploi des hélicoptères d'assaut et de transport américains est en cours de révision, suite aux 5 destructions enregistrées en quelques jours, provoquées par les RPG7 ou équivalents utilisés par les Irakiens. Désormais, la guerre technologique n'est pas facile à mener, quand elle ne se borne pas à des bombardements de haute altitude. Faut-il plaindre nos amis américains? Heureusement, il reste au lobby militaro-industriel l'espoir qu'à force de provoquer la Russie (Cf ci-dessous) il sera possible d'en revenir à la préparation d'une bonne vieille guerre totale. 10/02/07

* http://atimes.com/atimes/Middle_East/IB10Ak05.html


Poutine se fâche contre les Etats-Unis, mais l'Europe persiste à les laisser violer sa souveraineté

Comme il fallait s'y attendre, Vladimir Poutine à la "Wehrkunde" de Munich ou "Munich Conference on Security Policy” a eu des mots très durs à l'égard de l'expansionnisme militaire américain, qui continue à être imposé unilatéralement au monde sans aucune retenue. La Russie réagit mal, en particulier, au déploiement du système anti-missile américain en Europe de l'Est et à l'extension de l'Otan vers les anciennes provinces de l'URSS. Le président russe estime que la situation militaire devient plus tendue qu'elle n'était sous la guerre froide et annonce des mesures de rétorsion, sous forme d'un réarmement généralisé de sa part, qui ne présage rien de bon.

Peut-être il y a-t-il là un peu de gesticulation verbale. Il reste que les Américains semblent n'avoir rien appris de leurs échecs accumulés au Moyen-Orient. Comme une infection qui se répandrait inexorablement dans le monde, il faut que sans arrêt ils poussent leurs avantages, sur terre, sur mer et dans l'espace. L'Europe, qui sera pourtant en première ligne quand les Etats-Unis auront provoqué des réactions violentes ou simplement inamicales venant de la Russie, continue à courber l'échine devant l'Amérique et laisser violer sa souveraineté sans réagir. Comme la France est désormais aux abonnés absents, ce ne sera pas de Mme Merkel qu'il faudra attendre un peu d'autorité. 10/02/07

* http://apnews.myway.com/article/20070210/D8N6JFBG0.html


Budgets militaires américains

Nous trouvons dans DefenseNews du 5 février 2007 http://www.defensenews.com/story.php?F=2533524&C=america
la liste des demandes budgétaires formulées par le Pentagone et proposées au Congrès par G.W. Bush. Pour certains observateurs (voir http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3677), ces montants étonnamment élevés traduisent le prix que les généraux et leurs alliés industriels du Monster (ou de la Beast, c’est-à-dire le lobby militaro-industriel) demandent à leur allié Bush de payer pour continuer à lui accorder leur soutien, face à une éventuelle opposition démocrate au Congrès.

Le budget global demandé est de 648,7 milliards de dollars pour 2008, comparé à celui de 2007, soit 626,3 mds demandés

Ce budget comporte 177 milliards pour la modernisation stratégique, c’est-à-dire la mise à niveau des armes technologiques :
- 14,4 mds pour de nouveaux navires de guerre (hausse de 29%)
- 6 mds pour les satellites et les équipements de suivi (hausse de 25%)
- 27,4 mds pour l’aviation militaire (hausse de 18%) comprenant l’acquisition de 12 F-35s, 20 F-22s, 18 EA-18Gs, 24 F/A-18s et 26 V-22s.
- 3,7 mds pour les systèmes de combat du futur (hausse de 9%)
Il faut y ajouter 22,5 mds consacrés à l’armement atomique et à divers programmes de défense conduits par d’autres ministères.

Une autre présentation de ce budget global consiste à distinguer 481 mds consacrés aux dépenses militaires régulières, hors guerre en Irak et Afghanistan, et 147 mds consacrés à ces deux guerres.

Nous rappellerons que, concernant par exemple les dépenses consacrées par l’Europe (principalement la France, l’Italie et l’Allemagne) au spatial militaire (satellites de télécoms et d’observation), le budget actuel est de 1 milliard d’euros. Les experts souhaitent, sans trop d’espoir, qu’il puisse être porté à 2 mds en 2008. 07/02/07


Difficile d'être vraiment favorable à la lutte contre la crise climatique, quand les lobbies décident...

Quels que soient les mérites de Jacques Chirac en matière le lutte contre la crise climatique, on ne peut oublier que la France et ses lobbies restent très en retard de la main. Gaëlle Dupont dans Le Monde du 01/02/07, dresse une liste de ces résistances, qu'il faudra bien que le nouveau président réduise, s'il veut tenir les engagements du pacte écologique. La route reste favorisée face aux autres modes de transport, alors que ses émissions sont en forte hausse. La filière bio-carburant semble surtout destinée à prolonger la vie d'une agriculture productiviste grosse consommatrice d'eau et d'engrais. La France refuse avec obstination les quotas sur la pêche proposés par Bruxelles. Les directives européennes sur l'environnement sont transposées avec retard et avec beaucoup de laxisme (Loi sur l'air, sur l'eau, Natura 2000). Les aides à l'isolation des logements sont insuffisantes...

Mais la France n'est pas seule en cause. On apprend aujourd'hui que la chancelière Merkel, qui veut faire de la protection du climat la priorité de sa présidence de l'Union, cède aux pressions des constructeurs automobiles allemands qui refusent les normes anti-pollution requises par la Commission, au prétexte que leurs véhicules, plus gros et plus puissants que ceux de la concurrence, seraient pénalisés. Mme Merkel a confirmé son soutien total à ses constructeurs. Comme quoi, soyez gros et puissants et vous aurez le droit d'empoisonner la planète. 02/02/07


Chirac a toute sa tête, mais c'est l'américanisme qui nous rend gâteux

Le Président Chirac a eu raison de dire ce qu'il a dit concernant les risques qu'entraînerait l'existence d'une bombe atomique aux mains des Iraniens. Le risque serait bien moindre que celui découlant d'une offensive américaine (éventuellement atomique) sur Téhéran. Bernard Guettat a eu le courage de le dire au 7/9 de France Inter du 2 février. Il est seulement dommage que Chirac, devant la vague de conformisme américaniste, ait jugé bon de se rétracter et de jouer l'hurluberlu...A moins qu'il ne s'agisse d'une ruse suprême pour dire les choses sans les dire, si grande est la terreur qu'éprouvent les Français à l'idée de déplaire aux Américains. Sur cette question voir notre source habituelle http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3661


Changement climatique et réglements de comptes

Ne soyons pas naïfs. Comme les humains mêlent inextricablement les comportements agressifs et le sens de l'intérêt général, nous verrons, avec le développement souhaitable des notes attribuées par les experts aux objets et usages au regard de leur "poids en CO2", se multiplier les accusations et procès en sorcellerie, fondés ou pas. Ce sera inévitable et d'ailleurs sain. Mais il faudra raison garder. On peut trouver utile de donner mauvaise conscience aux possesseurs de 4/4 en ville (ma bête noire). Non seulement ils devraient être imposés sévèrement mais aussi sentir qu'ils sont considérés comme inciviques. Par contre, lorsque j'entends reprocher à Ségolène Royal de préconiser l'attribution gratuite d'un permis de conduire aux jeunes, de façon à faciliter leur entrée dans la vie professionnelle, je ne juge pas qu'elle encourage l'usage immodéré de la voiture. Ceux qui lui font ce reproche voudraient en fait se réserver le droit aux voitures (et aux 4/4) mais en priver les pauvres. C'est là le prototype de l'attitude des riches qui ne veulent faire aucune économie d'énergie, mais demandent aux pays sous-développés ou au prolétariat de se serrer la ceinture. 02/02/07


Il faudrait aussi traduire Exxon Mobile en justice

On dira que la crise climatique nous fait délirer et que nous tombons dans la paranoïa en voulant poursuivre toutes les entreprises coupables de produire du CO2 et surtout refuser d'admettre que celui-ci est le facteur le plus important du réchauffement. Mais il reste que l'industrie pétrolière détient la palme en ce domaine. Nous évoquions ci-dessous l'IFP et Total. Mais que dire d'Exxon Mobile, laquelle regroupe les anciens Esso et Mobil, qui vient d'annoncer à la fois des profits considérables (plusieurs dizaines de milliards) et l'offre de récompenses aux scientifiques qui fourniront les arguments les meilleurs pour remettre en question le rapport du GIEC qui vient d'être déposé à l'Unesco. On pourrait espérer que la plupart des scientifiques refuseront ce marché honteux. Mais connaissant la nature humaine, on peut penser qu'il s'en trouvera pour aller à la soupe. Qu'en dit Claude Allègre? 02/01/07

* Sur Exxon Mobile voir un site édité par Greenpeace: http://www.exxonsecrets.org/


Blair et Sarkozy

Sarkozy inaugure sa campagne de futur président en allant rendre visite à Blair. On pouvait mieux choisir quand on se prétend favorable à la construction européenne. Blair, caniche de Bush (et Sarkozy, diront les mauvaises langues, caniche de Blair)... Je sais bien que Tony Blair est le chef d'un grand Etat européen. Mais mieux aurait valu commencer par Merkel, comme sauf erreur, compte le faire Ségolène...Décidément, l'atlantisme colle au corps de notre héros.

Les Britanniques ont bien compris le sens de l'évènement. Selon l'article de The Times: "Question: If you want to be President of France where do you campaign? Answer: London". "Mr Blair believes that a Sarkozy victory would not only improve Anglo-French relations, but also curb the EU’s streak of anti-Americanism". 01/02/07


Il faudrait traduire l'Institut français du pétrole (IFP) en justice

On ne peut que devenir violent quand on lit les propos véritablement scandaleux, en pleine prise de conscience de la crise climatique, émanant d'un certain Olivier Appert, président de l'IFP, dans La Recherche de février 2007, p. 24. Il nous explique que la hausse des prix du pétrole favorise les "innovations technologiques" qui vont permettre d'extraire un pétrole de plus en plus profond, y compris des pétroles lourds et extra-lourds. On sait que ces technologies vont nécessiter des sommes considérables. Un telle politique, qui n'est pas évidemment à reprocher aux seuls pétroliers français, aura pour résultat de continuer à produire des gaz à effet de serre sur le siècle entier car les réserves de ce type sont en fait très importantes (sans parler du méthane). Par ailleurs on dépensera des crédits qui n'iront pas à ce que Olivier Appert mentionne sans insister en fin d'article, le "développement des énergies alternatives" dont on sait que l'IFP ne fait pas encore son cheval de bataille.

On objectera qu'il n'est pas correct de s'en prendre à l'IFP et derrière lui à Total, car il s'agit, encore pour le moment, de productions qui échappent à la shpère de pouvoir des pays pétroliers et gaziers du Moyen Orient et de la Russie. Mais si, sous prétexte qu'il y a des voyous plus puissants que nous, nous devrions être aussi voyous qu'eux, les moeurs énergétiques européennes ne changeront jamais. 01/02/07


Vista ou le viol des utilisateurs

Microsoft fidèle à ses méthodes impose aux informaticiens un nouveau système d'exploitation aux avantages douteux, mais qu'ils devront acheter, sans parler du remplacement des micros qui s'imposera le plus souvent. La firme en attend des bénéfices considérables. Les administrations, y compris enseignants et élèves, qui n'ont pas osé jusqu'à présent remplacer Windows par des logiciels libres, devront payer des millions de droits, dépense bienvenue en cette période d'abondance budgétaire. Les médias sont tous à genoux devant ce nouveau prodige de l'intelligence logicielle et commerciale. Quand on lit la presse aux ordres, on a honte d'être fançais.
Des experts bien informés, consultés par nous, émettent par ailleurs des doutes quant aux finalités de la National Security Agency qui a aidé Microsoft à sécuriser Vista. Les back doors et autres espions ne doivent pas manquer. 31/01/07

Concernant l'effet sur la crise climatique, il faut aussi savoir que: la durée de vie d’un PC va passer en 2007 de 3 ans à 2 ans, à cause notamment de la migration vers Vista . Il faudra recycler entre 400 et 500 millions de PC fin 2007 rien que parce qu’ils seront incapables de s’adapter aux nouvelles technologies. Vista va nécessiter entre 60 et 80 watts de consommation supplémentaire par PC.

Conclusion: il ne faut pas acheter Vista. On peut très bien vivre sans, comme la plupart des gens vivent sans véhicule 4/4. Voir le site de la Free Software Foundation http://badvista.fsf.org/


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/07-15602/index.html