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La Gazette N° 155 en date du 31 janvier 2007

Par Jean-Paul Baquiast


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Lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:

* Editorial La crise climatique, nouveau conformisme ou vrai sujet http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/edito.htm
* Science et politique. La Grande Crise, 1 http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/grandecrise1.htm
et 2 http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/grandecrise2.htm

Grâce à une initiative de Christophe Jacquemin, tous les textes présents sur le site Admiroutes.asso.fr, et notamment les articles de la présente Gazette, peuvent être retrouvés par une recherche faisant appel aux technologies d'Exalead (société française... Il n'y a pas que Google sur cette planète en matière de technologie intelligente...).
Cela intéressera les historiens que vous êtes certainement. Il suffit de mettre un mot clef significatif dans le cartouche Recherche ci-dessus, puis cliquer et aller aux résultats. Faites LOLF, par exemple.


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Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles). Réalisé par une société française, ce logiciel n'a pour l'instant aucun équivalent dans le monde.


* Ouvrage publié en Open-Source (accès libre et gratuit)
par Jean-Paul Baquiast
Comprendre. Nouvelles sciences, nouveaux citoyens. 2005. PDF 825 ko
Refonte de
Sciences de la complexité et vie politique. Tome 1 Comprendre.

Rappelons aussi que Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent d'un blog consacré aux questions de politique générale. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter les blogs de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/ et http://drmsfvermeulen.over-blog.com/

Voir de sa part deux articles récents:
* La fiction du Doc http://influenza_h5n1.vosforums.com/viewtopic.php?t=3541&postdays=0&postorder=asc&start=0
* Pandémie et plan de sécurité publique
http://drmsfvermeulen.over-blog.com/article-2587620.html

D'autres blogs se sont depuis saisis du problème. Notamment celui du premier ministre français http://www.grippeaviaire.gouv.fr/ . Voir aussi http://influenza.h5n1.over-blog.com/

Nous publions cette photo en hommage au travail fait depuis plusieurs mois, bien avant les prises de conscience officielles, par le docteur Michel Vermeulen sur son blog, afin de nous avertir de la menace grandissante de la pandémie. Inutile de dire que nous prenons cette initiative sans lui en avoir demandé l'autorisation - qu'il aurait sans doute refusée par modestie.


Vista ou le viol des utilisateurs

Microsoft fidèle à ses méthodes impose aux informaticiens un nouveau système d'exploitation aux avantages douteux, mais qu'ils devront acheter, sans parler du remplacement des micros qui s'imposera le plus souvent. La firme en attend des bénéfices considérables. Les administrations, y compris enseignants et élèves, qui n'ont pas osé jusqu'à présent remplacer Windows par des logiciels libres, devront payer des millions de droits, dépense bienvenue en cette période d'abondance budgétaire. Les médias sont tous à genoux devant ce nouveau prodige de l'intelligence logicielle et commerciale. Quand on lit la presse aux ordres, on a honte d'être fançais.
Des experts bien informés, consultés par nous, émettent par ailleurs des doutes quant aux finalités de la National Security Agency qui a aidé Microsoft à sécuriser Vista. Les back doors et autres espions ne doivent pas manquer. 31/01/07

Conclusion: il ne faut pas acheter Vista. Voir le site de la Free Software Foundation http://badvista.fsf.org/


Des pays européens acceptent le bouclier anti-missiles américain

Le gouvernement tchèque a accepté, le 24 janvier, la demande américaine d'accueillir sur son territoire une base relevant du système de bouclier antimissile que Washington souhaite mettre en place en marge de l'OTAN. Les oppositions internes ont été vigoureusement écartées. Dans le même temps, la Pologne, sans s'être encore prononcée, semble très tentée de suivre l'exemple tchèque. La demande officielle du gouvernement américain à la République tchèque et à la Pologne a été présentée le 19 janvier. La base américaine en République tchèque doit accueillir un radar, tandis que la base que Washington souhaite installer en Pologne accueillerait un site de lancement de missiles.

On peut se demander s'il appartient à des pays membres de l'Union européenne de prendre seuls des décisions aussi orientées au service d'une stratégie américaine de "Long war" contre le terrorisme aussi obscure que dangereuse. Le simulacre d'une démarche s'inscrivant dans l'OTAN ne peut tromper personne. D'ores et déjà le gouvernement russe a fait connaitre son étonnement et son inquiétude. A quoi dans ces conditions sert notre M. PESC Javier Solana. Que les juristes européens nous l'expliquent s'il vous plait. 25/01/07


Pour Bush, le réchauffement climatique n'existe toujours pas

Comme on pouvait le supposer, le discours sur l'état de l'Union de G.W.Bush au Congrès, le 23 janvier, n'a marqué aucun progrès dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le président s'est borné à recommander aux Américains de diminuer leur consommation de pétrole de 20% d'ici 2017. Mais ceci ne vise pas à réduire la production de GES, car G.W.Bush persiste à nier le caractère scietnifique des prévisions de hausse de la température globale: "the case has still to be made on global warming". Diminuer la consommation de pétrole vise seulement à rendre l'Amérique moins dépendante de ses importations du Moyen-Orient. Le pétrole non consommé sera remplacé par de l'éthanol, ce qui ne peut que plaire aux agriculteurs américains. On cherchera aussi à améliorer le rendement des moteurs à explosion.

Certains observateurs remarquent que le fossé entre Américains et Européens sur la question de la crise climatique va dans ces conditions s'accentuer encore. Pour l'Europe, il est de plus en plus nécessaire de lutter par des mesures significatives contre le réchauffement, alors que l'Amérique, du moins celle représentée par l'actuelle Administration, ne fait rien en ce sens, compromettant les efforts des pays qui veulent s'imposer des sacrifices. Des divergences de plus en plus grandes apparaissent ainsi entre la diplomatie européenne et l'américaine: sur l'Irak, sur la coopération économique et militaire puis maintenant sur le climat. Les Européens les plus atlantiste vont peut être finir par comprendre qu'ils doivent prendre définitivement leur distance avec un "allié" qui s'oppose à eux en tous points. 24/01/07


L'IPCC plus inquiet que jamais concernant l'évolution du climat

On attend avec impatience le quatrième rapport de l’Intergovernemental Panel on Climate Change (IPCC) ou GIEC, un des groupes officiels mis en place par la communauté internationale pour suivre l’évolution de la crise climatique. Ce rapport devrait être publié en février. Mais l'Observer s'en est procuré une version. Même si celle-ci n'est pas définitive, elle est plus inquiétante que jamais. http://observer.guardian.co.uk/uk_news/story/0,,1995348,00.html

" La fréquence des tempêtes dévastatrices, sur le modèle de celle qui vient de frapper l'Europe du Nord, va s'accroître considérablement. Le niveau de la mer s'élèvera d'un demi-mètre sur le siècle, la neige va disparaître sauf sur les montagnes les plus élevées, les déserts vont s'étendre, les océans vont s'acidifier provoquant la mort des récifs coraliens, les vagues de chaleur mortelles vont devenir la règle.

L'impact de ces phénomènes forcera des centaines de millions de personnes à fuir leurs territoires dévastés, ce qui créera des vagues d'immigrations qui mettront en péril l'économie des pays les plus riches. "

Il est clair dans ces conditions qu'aucun gouvernement ne devrait désormais accepter de fermer les yeux sur ces prévisions. La Grande Crise est là et bien là. Nous verrons ce qu'en dira G.W. Bush dans son discours sur l'état de l'Union mardi prochain. 22/01/07


Fuite en avant technologique américaine en Irak

La lecture de la presse américaine, celle du moins qui est inspirée directement par le Pentagone, lui-même inspiré directement par les pressions des industriels fournisseurs de la Navy et de l'Air Force, est stupéfiante. Manifestement, le Pentagone ne compte absolument pas sur les 25.000 hommes envoyés en renfort dans le cadre du "surge" proclamé par G.W.Bush pour améliorer la situation sur le terrain. Ce qui tirera l'Amérique d'affaire, en neutralisant définitivement les "terroristes", sera un recours plus exacerbé que jamais aux technologies centrées sur les réseaux de communications. Chaque commandant d'unité sera connecté aux autres et à de multiples capteurs aériens et satellitaires de façon à identifier et intercepter tous les mouvements de l'ennemi. A la suite de quoi des frappes "hit and kill" détruiront immédiatement les suspects, y compris évidemment au sein de ce qui reste de villes en Irak. Des systèmes plus sophistiqués les uns que les autres sont complaisamment décrits par les journaux techniques, par exemple la nouvelle génération du F35 dotée d'une nouvelle étonnante propriété, la "Spherical Situation Awareness" lui permettant de toutentendre et tout voir partout (cf http://www.dedefensa.org/choix.php?link_id=6986&comm=1). L'Etat-major semble également beaucoup compter sur le fameux LM F 22 Raptor conçu comme un avion totalement discret (stealth) destiné à intervenir dans des conflits traditionnels avec des adversaires équipés de puissants radars. On mesure l'intérêt d'un tel engin face à des combattants terrés dans des caves et armés au mieux de simple bazookas. (cf. http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3615 ).

Ce délire verbal au service du délire technologique devrait faire réfléchir, notamment les diplomaties européennes. Est-ce que toutes ces guerres américaines, en Irak après l'Afghanistan, et peut-être un jour en Iran, ont vraiment pour but la défense de l'Occident contre un ennemi mondialement acharné à se perte? N'ont-elles pas simplement pour but de donner aux entreprises du lobby militaro-industriel l'occasion de signer de mirifiques contrats? Après le pétrole, l'électronique comme moteur de la déstabilisation du Moyen Orient? Les ingénieurs et scientifiques qui travaillent dans ces secteurs feraient peut-être bien d'y réfléchir. Il vaudrait mieux pour tout le monde que leur énergie soit dépensée au service de la lutte contre les méfaits du réchauffement global, évoqués ci-dessus. 22/01/07


Encore un désastre maritime évité de justesse

Nous avons, depuis le naufrage de l'Erika, soutenu ici les efforts de ceux qui dénoncent l'indifférence des autorités européennes et nationales face aux risques majeurs découlant de l'absence de réglementation publique efficace dans le domaine du transport maritime. Face aux pirates de la mer recherchant sans respecter aucune règle à maximiser leurs profits, les administrations maritimes demeurent sinon totalement impuissantes, du moins pourvues de bien peu de moyens. C'est donc seulement grâce à l'héroïsme des équipages que les catastrophes majeures sont évitées dès que le temps se gâte. Ceci particulièrement dans la Manche et la Mer du Nord où les risques sont maximum.

L'assistance apporté au MSC Napoli entre le 18 et le 20 janvier en a été une nouvelle preuve. Ce porte-conteneur britannique, long de 275 mètres, était en perdition dans la Manche. On peut penser que son état d'entretien déplorable, malgré les certificats de navigabilité qu'il avait obtenu, a été responsable de ses avaries de machine et de gouvernail. Après hélitreuillage de l'équipage par les gardes côtes anglais, les remorqueurs français de veille sur le rail d'Ouessant, l'Abeille Bourbon et l'Abeille Liberté ont réussi à le prendre en remorque et à l'échouer, à la demande de la marine britannique, dans la baie de Lyme où il se trouve actuellement. Bien que relativement protégé du gros temps d'ouest, le navire est en train de se disloquer et de perdre son chargement de conteneurs. Mais le pire a été évité.

Ceci pose à nouveau la question des responsabilités européennes dans un domaine où l'Europe devrait être totalement impliquée. Nous rappellerons à cet égard le point de vue de Michel Bougeard, capitaine au long cours et membre de l''AFCAN, (Association française des capitaines de navires) publié sur le site http://www.merite-maritime29.org/securite-maritime.htm le 13 novembre dernier :

"La récente mise en service d'un super porte-conteneurs de 13.000 " boites ", pouvant être armé par 13 hommes seulement, donne froid dans le dos : un monstre de 400m de long, lancé à 25 nœuds avec 13.000 tonnes de fuel lourd dans ses soutes! Ne serait-il pas du ressort de l'EMSA (Agence européenne de sécurité maritime) de financer les frais d'affrètement des remorqueurs de sauvetage en station à Brest, Golfe de Gascogne, Cherbourg, Toulon et Pas-de-Calais ? La facture est lourde pour l'Etat Français, prés de 60.000 Euros par jour, alors que plus de 95% des navires qui transitent en Manche n'escalent pas dans un port de l'hexagone ! Il serait normal que l'Europe aide la France, qui est la plus exposée, figure de proue de l'Europe."

Il s'agit moins selon nous de faire partager les frais des actuels Abeilles qu'ajouter 3 ou 4 remorqueurs de cette puissance dans les atterrages de la Manche, financés par l'Europe. Chacun devine sans être marin que lorsqu'un remorqueur est occupé à remorquer, il ne peut pas intervenir sur d'autres navires en perdition, souvent très éloignés. Or, comme les tempêtes de forte intensité vont se multiplier...21/01/07


Le scandale BAE

On avait tendance jusqu'à présent à parler du scandale Yamamah, pour désigner les procédés par lesquels les représentants du géant aérospatial britannique avaient obtenu de l'Arabie saoudite un gigantesque contrat de fourniture dans le domaine de l'aviation militaire. Les soupçons très forts de corruption n'avaient pu être prouvés, pour une raison simple. Le gouvernement britannique avait pris ce dernier automne l'initiative de suspendre l'enquête, pour ne pas indisposer les autorités saoudiennes, à une époque où la bonne volonté des Etats arabes modérés est sans prix.

Mais le scandale ne se laisse pas étouffer aussi facilement. L'OCDE s'en inquiéte actuellement. Par ailleurs, au sein même de l'establishment britannique, on commence à trouver que derrière le scandale Yamamah se profile un autre scandale, bien plus gênant, celui par lequel BAE, anciennement fleuron de l'industrie britannique, est passé progressivement sous le contrôle du gouvernement et de l'industrie américaine. Du fait des liens étroits entre BAE et les institutions britanniques, ce sont celles-ci qui se révèlent soumises, plus encore que l'on pouvait l'imaginer, à l'influence du lobby militaro-industriel américain. Il s'agit d'un aspect des "special relationships" qui lient la Grande Bretagne et l'Amérique, sur lequel l'Europe de la défense ne peut pas faire l'impasse. Ou bien en effet les Anglais, quand ils parlent de défense européenne et plus généralement de diplomatie européenne, acceptent de prendre du recul vis-à-vis de BAE devenu le représentant du lobby militaro-industriel américian, ou bien ils ne peuvent être considérés par les autres Etats européens comme habilités à parler de défense européenne.

La question n'est pas anodine, lorsqu'il s'agit de programmes d'armements. La France en fait l'amère expérience, quand elle voit ses propositions concernant l'adoption du Rafale systématiquement contrées par les Britanniques et les Etats influencés par eux et par l'Amérique. Mais il n'y a pas que le Rafale. Tous les systèmes d'armes que l'Agence européenne de l'Armement pourrait envisager de financer seraient également en butte à l'hostilité de BAE et via BAE, des Américains, s'ils ne sont pas directement confiés à BAE..

Rappelons que, derrière les Américians, il faut voir dans ce domaine Lockheed Martin, dont l'influence sur l'establishment des Etats-Unis est au moins aussi grande que celle de BAE sur l'establishment britannique. Sans tomber dans le scénario noir, on pourrait facilement monter qu'une grande part de l'histoire contemporaine de ce que l'on appelle encore l'Occident a été écrite par les représentants occultes et associés de Lockheed et de BAE. Si le futur gouvernement britannique, celui qui succédera à celui dirigé par Tony Blair, ne comprend pas que ces liens adultères doivent être rompus, il perdra de plus en plus le droit de participer à la construction européenne.

Rappelons aux naïfs qu'ils avaient tort de s'étonner de voir l'Arabie Saoudite ne pas accueillir avec enthousiasme le projet d'acquisition d'avions Rafale défendu par Jacques Chirac lors de sa dernière visite d'Etat. Les dés étaient depuis longtemps pipés.

Sur Yamamah et plus généralement BAE, on lira l'incontournable source que représente le site Dedefensa. Voir notamment http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3610 et les autres articles associés, notamment http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3609.


Il est désormais minuit moins cinq à l'horloge de l'Apocalypse

La Royal Society de Londres s'est réunie le 17 janvier à l'initiative du conseil de direction du Bulletin of Atomic Scientists pour alerter l'opinion sur le double danger imminent qui menace dorénavant l'humanité: une reprise du risque de conflagration nucléaire et une crise climatique d'une ampleur sans précédent. En conséquence de quoi la célèbre grande aiguille de la Doomsday Clock qui mesurait depuis la guerre froide le temps nous séparant de l'apocalypse a été avancée de deux minutes vers minuit (de minuit moins sept à minuit moins cinq).

Le cosmologist Stephen Hawking (dont on sait qu'il est désormais pratiquement paralysé mais a conservé l'entière disposition de ses facultés intellectuelles), a rappelé la responsabilité des scientifiques face à la nécessité d'alerter l'opinion et les décideurs des risques encourus par le monde. La vie sur Terre pourrait sous peu se trouver totalement transformée.

Lord Rees of Ludlow, président de la Royal Society, a confirmé ces propos en affirmant que l’effet des activités humaines sur la biosphère, le climat et les océans est sans précédent. Il s'agit, selon l'expression qu'il a utilisé, de "menaces sans ennemis", ce qui ne doit pas empècher de les considérer comme une priorité politique au moins aussi grande que les risques nucléaires découlant de l'échec de la non-dissémination.

Philippe Grasset fait dans le bulletin Dedefensa, à propos de cet évènement, deux observations que nous approuvons pleinement:

La première concerne la “politisation” accélérée de la crise climatique, — dans le bon sens du terme. La crise climatique est en train de prendre une place fondamentale, aussi importante que les matières politiques et idéologiques les plus importantes Le fait qu’elle soit considérée de la même façon que le danger d’affrontement nucléaire, qui est un événement hautement politique, est significatif.

La seconde, concernant l'appel à la mobilisation du monde scientifique, est que l'optimisme dans les possibilités libératrices de la science est en train de se transformer en pessimisme. Ceci parce que l'humanité semble se révéler incapable de maîtriser les effets destructeurs de l'évolution technologique. Ce serait la première fois en 400 ans qu'un tel sentiment pénétrerait la communauté scientifique. Le pessimisme scientifique né en 1945 à la découverte des destructions que pouvait provoquer la bombe atomique n'avait pas duré longtemps. Aujourd'hui, les menaces semblent tellement diversifiées et incontrôlables que le pessimisme scientifique reprend de plus belle, du moins chez les scientifiques qui s'efforcent de rester conscients. 19/01/07

* Sur Stephen Hawking, lire http://news.independent.co.uk/environment/article2171680.ece . Sir Martin Rees, astronome Royal, est bien connu de nous par ailleurs, notamment comme l'auteur de Our final hour, dont nous avions rendu compte.


Missile tueur de satellites en Chine

Les Chinois ont testé avec succès le 11 janvier un missile tueur de satellites. C'est un article de l'hebdomadaire Aviation Week confirmé par les agences de renseignement américaines dont la CIA et la NSA, qui a fait connaître l'évènement, non encore commenté par le gouvernement chinois. Lors de cet essai, les Chinois auraient détruit à 800 km d'altitude un vieux satellite météo leur appartenant, avec une charge lancée par un missile balistique. Le lancement aurait eu lieu depuis le centre spatial de Xichang, dans le Sichuan. La collision a eu lieu à quelque 800 kilomètres au-dessus de la Terre. Les spécialistes craignent que cette destruction ait répandu de nombreux débris dans une zone très fréquentée par les satellites.

La Chine devient après les Américains et les Russes la 3e puissance spatiale capable de cet exploit militaire. La Japon et l'Australie s'inquiètent, mais surtout les Etats-Unis. Ils avaient jusqu'ici affirmé ne pas accepter qu'un Etat puisse mettre en danger leur maîtrise de l'espace, qu'ils veulent absolue. Le tir de missile a été commenté, le 18 janvier, à Washington, par le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Gordon Johndroe. Il s'agit d'un acte "en contradiction avec l'esprit de coopération auquel les deux pays aspirent dans la zone de l'espace civil".

La Chine, que le Pentagone soupçonne de dépenser de deux à trois fois plus en budget militaire annuel que les 35 milliards de dollars officiellement déclarés, fait surtout montre, en procédant à ce tir, de sa capacité à neutraliser des satellites militaires ou espions d'autres pays. Une démonstration de force qui signalerait une confiance nouvelle des Chinois dans leur technologie militaire, malgré l'embargo imposé en 1989 par l'Occident aux ventes d'armes.En l'absence de détails fournis par Pékin, qui s'est borné, vendredi 19 janvier, à réaffirmer son opposition à toute course aux armements dans l'espace, il est difficile de savoir si la destruction de cette cible a été provoquée à la suite d'un rapprochement orbital suivi de l'explosion d'une charge, ou si le satellite a été détruit par la technologie dite "hit to kill". Celle-ci suppose que l'intercepteur rencontre sa cible avec précision, à une vitesse dépassant 7 kilomètres/seconde, pour la désintégrer par simple collision. Les intercepteurs prévus dans le programme de bouclier antimissile américain, munis de capteurs infrarouge pour suivre leur cible, seront équipés d'une telle technologie. Il semble improbable que la Chine maîtrise celle-ci, mais ce n'est pas exclu. En revanche, l'explosion d'une charge dans l'environnement immédiat du satellite-cible apparaît davantage compatible avec les programmes spatiaux et balistique de Pékin.

Début janvier, China Aviation Industry Corp. présentait d'ailleurs à la presse chinoise un modèle de Jian-10, son avion de combat de dernière génération. "La Chine est devenue le quatrième pays capable de développer ses propres chasseurs avancés, ainsi que des réacteurs et des missiles", avait alors déclaré Geng Ruguang, le vice-directeur général du groupe aérospatial chinois.

Cet exploit montre aussi le retard de plus en plus grand pris par l'Europe dans le domaine du spatial militaire. L'Europe serait incapable de se défendre contre des armes balistiques s'en prenant à ses propres satellites. Est-ce pour autant que les négociations pour la démilitarisation de l'espace, qui ne progressent pas depuis 40 ans, du fait principalement du refus américain, pourraient être relancées. La perspective apparaît peu probable. 19/01/07


Le stockage de l'énergie électrique par des batteries en flux continu

On sait qu'un des handicaps de l'énergie électrique est qu'elle ne peut pas être stockée de telle façon que les excédents produits à certains moments puissent être redistribués quand la consommation dépasse la production. La solution la plus généralement pratiquée est celle de l'interconnexion par des réseaux géants ou grids reliant des centres de production et de consommation dont les pics ne sont pas simultanés. Ce problème est posé à tous les électriciens, qu'ils fassent appel aux centrales à énergie fossile, au nucléaire ou à la houille blanche. Mais à plus petite échelle, il se pose aussi aux gérants des sites de production d'électricité d'origine éolienne ou solaire. Il n'y a rien de plus inconstant que le vent et le soleil. De plus, ils font souvent défaut au moment où la demande est la plus forte. Le stockage de l'énergie électrique par l'intermédiaire de batteries est pratiqué ici et là, mais le procédé est coûteux, lourd et de faible capacité.

Or il semble qu'une solution soit en voie d'être trouvée pour résoudre cette difficulté et rendre les batteries véritablement utilisables pour emmagasiner de l'électricité, ceci pratiquement sans limite. La solution est apparemment simple. Encore fallait-il y penser. Il s'agit du système dit des batteries en flux continu (flow batteries) aujourd'hui expérimenté avec succès en Australie, dans une ferme éolienne installée à King Island, près du détroit de Bass. En résumant beaucoup, on dira que le procédé consiste l'électrolyte « déchargé » après usage par un électrolyte chargé conservé dans un réservoir aussi grand que l'on veut. Lorsque le vent souffle, les éoliennes chargent les batteries dont l électrolyte est progressivement transvasé dans les réservoirs. Quand il ne souffle plus, les batteries alimentent les consommateurs et, au fur et à mesure de la décharge de leur électrolyte, se réapprovisionnent à partir du réservoir.

Nous passons sur les nombreux problèmes qu'il a fallu résoudre, notamment pour obtenir un liquide électrolyte adéquat, à base de sulfate de vanadium, puis aujourd'hui de bromure de vanadium. Il a fallu résoudre aussi des problèmes de fuites et de synchronisation des cycles. Ceci étant, la solution, selon ses promoteurs, peut être adaptée à toutes les tailles de batteries et de moteurs électriques, y compris dans le transport. Elle reste plus coûteuse que la production d'électricité à partir de pétrole, mais les coûts, comme toujours en ce qui concerne les énergies renouvelables, devraient diminuer avec le nombre des utilisateurs.

Cet exemple, s'il se révèle généralisable, montre que l'optimisme n'est pas toujours illusoire, lorsque l'on envisage les solutions technologiques permettant de faire face à la grande crise climatique. L'imagination des inventeurs n'a jamais dit son dernier mot.

La technologie des batteries en flux continu, développée par l'Université de Nouvelle Galles du Sud, est reprise actuellement par VRB Power Systems, basée à Vancouver. Un site devrait être implanté en Europe, auprès de la ferme éolienne de Sorne Hill, en Irlande.
20/01/06

* Voir NewScientist, 13/01/07, p. 41
* VRB Power Systems http://www.vrbpower.com/


Progrès dans l'ingénierie biologique ou biologie synthétique

L'ingénierie biologique ou biologie synthétique consiste à analyser l'effet de certains gènes sur les phénotypes, à isoler ces gènes et à les réintroduire dans les génomes d'autres organismes. Ce travail fait méthodiquement conduit à réaliser de véritables boîtes à outils de gènes qui, réutilisés individuellement ou assemblés en chaînes, permettent de construire artificiellement des êtres vivants nouveaux, dont les propriétés pourraient être utiles.

Le concours international organisé par le MIT en novembre 2006 (International Genetically Engineered Machine Competition ou iGEM) a permis à des dizaines d'équipes, dont certaines composées d'étudiants, de confronter leurs créations. Ainsi a été présenté une culture de e.coli qui, loin de sentir mauvais comme il est d'usage dans cette sympathique espèce, sentait la banane, après importation de gènes provenant de ce non moins sympathique fruit. Au-delà de ces exemples qui paraîtront anecdotiques, on mesure l'extraordinaire puissance future (voire les risques à conjurer) de la biologie synthétique. 16/01/07

* http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?id=17716&ch=biotech


UMP Urgence

Un ami nous met en garde. Le site www.ump.fr conduit aux urgences médicales de Paris. 17/01.07


Paradis fiscaux

Un certain nombre de pays avaient engagé une politique de dénonciation des paradis fiscaux selon leur degré de complicité avec le blanchiment de l'argent sale. C'était le programme du Gafi (Groupe d'action financière), filiale de l'OCDE chargée de dresser la liste des territoires les plus condamnables dans leurs pratiques. Un certain nombre de pays européens ont réagi pour soutenir cette action. La France avait créé une Commission d'enquête parlementaire antiblanchiment à l'Assemblée nationale, dont Arnaud Montebourg était le rapporteur.
En 2002, juste avant de quitter le pouvoir, le gouvernement de Lionel Jospin a pris un décret interdisant toute transaction financière en provenance ou à destination d'un territoire présent sur la liste noire du Gafi, l'île du Nauru. Mais ce combat a été abandonné par les droites européennes. La mondialisation financière, dont profite outre les intérêts criminels de nombreuses entreprises, permet de désarmer progressivement les Etats européens, en organisant une course au moins disant fiscal.

Remarquons que le temps des campagnes d'opinion contre les paradis fiscaux pourrait revenir, notamment en France à l'occasion des élections présidentielles. Ainsi les Suisses semblent finalement envisager un (tout) petit pas vers une harmonisation européenne de la taxation des revenus. Les cantons suisses étudient la possibilité de doubler l'imposition des étrangers fortunés. Mais que Hallyday se rassure, il lui restera suffisamment d'argent pour payer les frais de son chalet.

Comme le rappelle Arnaud Montebourg, il existe un droit international qui est applicable aussi à la Confédération helvétique, et qui condamne le dumping fiscal. Il s'agit des «Recommandations» de l'OCDE, relatives à la «concurrence fiscale dommageable» lesquelles recommandent aux Etats de ne pas négocier la fiscalité au cas par cas, en fonction de l'influence des contribuables non-suisses désirant échapper à leur fiscalité nationale. Il existe également, sur la fiscalité de l'épargne, un accord bilatéral entre l'Union européenne et la Suisse qui oblige la Confédération helvétique à reverser à l'Union européenne le montant des impôts que la Suisse obtient du placement, dans son système bancaire, de la part de ressortissants des pays membres de l'Union européenne. Inutile de dire qu'actuellement, cet accord est contourné par la Suisse, en raison de l'absence de contrôle sur les placements des sociétés offshore en Suisse. La Suisse n'est pas seule responsable de cet état de fait. Le secret bancaire suisse dissimule des ressortissants influents politiquement au sein des pays membres de l'Union européenne. 16/01/07


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/07-15501/index.htm