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La Gazette N° 154 en date du 15 janvier 2007

Par Jean-Paul Baquiast


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* La Grande Crise. Peut-on calculer scietifiquement un coefficient d'empreinte écologique individuelle? http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/monbiot.htm
* Le nouvel inconscient, par Lionel Naccache http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/77/naccache.htm
* Les Brain-Computer-Interface non invasifs http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/77/bci.htm

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* Ouvrage publié en Open-Source (accès libre et gratuit)
par Jean-Paul Baquiast
Comprendre. Nouvelles sciences, nouveaux citoyens. 2005. PDF 825 ko
Refonte de
Sciences de la complexité et vie politique. Tome 1 Comprendre.

Rappelons aussi que Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent d'un blog consacré aux questions de politique générale. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter les blogs de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/ et http://drmsfvermeulen.over-blog.com/

Voir de sa part deux articles récents:
* La fiction du Doc http://influenza_h5n1.vosforums.com/viewtopic.php?t=3541&postdays=0&postorder=asc&start=0
* Pandémie et plan de sécurité publique
http://drmsfvermeulen.over-blog.com/article-2587620.html

D'autres blogs se sont depuis saisis du problème. Notamment celui du premier ministre français http://www.grippeaviaire.gouv.fr/ . Voir aussi http://influenza.h5n1.over-blog.com/

Nous publions cette photo en hommage au travail fait depuis plusieurs mois, bien avant les prises de conscience officielles, par le docteur Michel Vermeulen sur son blog, afin de nous avertir de la menace grandissante de la pandémie. Inutile de dire que nous prenons cette initiative sans lui en avoir demandé l'autorisation - qu'il aurait sans doute refusée par modestie.


Pas de vraie réforme fiscale sans une harmonisation progressive des prélèvements obligatoire dans l’Union européenne.

L’économiste Christian Saint-Etienne (http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Saint-%C3%89tienne), membre du Conseil d’Analyse Economique (ancien Commissariat au Plan) est généralement considéré comme libéral. Il se fait souvent remarquer, en tous cas, par son hostilité au régime français des prélèvements obligatoires, qu’il accuse de paralyser les initiatives et par conséquent la croissance. Dans un article publié dans Le Monde du 11 janvier, intitulé « L’enjeu fiscal de la présidentielle », il revient sur ce thème, en interrogeant les programmes des deux principaux partis en opposition, le PS et l’UMP. La question est d’autant plus opportune qu’un vif débat s’est instauré à gauche entre le Premier secrétaire du PS, ayant proposé de durcir les impôts directs à l’égard des contribuables disposant d’un revenu personne net de plus de 4.000 euros mensuels, et la candidate Ségolène Royal. Celle-ci a réaffirmé son opposition aux impôts portant sur le travail, auxquels elle préférerait ceux touchant l’emploi des revenus (la consommation). Mais sans s’engager davantage, elle a confié à Dominique Strauss-Kahn une mission d’étude sur ce point. L’ancien ministre des finances devrait émettre des propositions empreintes, espérons-le, de réalisme.

Il nous semble utile dans ces conditions de revenir sur les arguments de Christian Saint-Etienne, telles que présentés dans l’article précité. Les considérer comme marqués d’ultralibéralisme et les rejeter d’emblée serait irresponsable.

Christian Saint-Etienne rappelle d’abord (en italique dans ce texte) les positions telles qu’annoncées par les deux partis en présence. Ces positions, comme nous venons de le dire, ne sont certainement pas définitives, notamment en ce qui concerne le PS. Elles doivent cependant être prises en compte.

« Bien que Nicolas Sarkozy ait significativement varié dans ses orientations économiques depuis six mois, il semble privilégier une augmentation plus faible des dépenses publiques dans leur configuration actuelle, en ne renouvelant pas tous les fonctionnaires qui partent à la retraite. Mais, dans le même temps, il promet de nouveaux droits et de nouvelles dépenses qui induisent une évolution dynamique de l'ensemble des dépenses publiques ".

En d’autres termes, les impôts ne devraient pas sensiblement baisser, ni être modifiés dans leur répartition. Aujourd’hui l’UMP semble envisager cependant, à nouveau, le concept de TVA sociale ( http://www.tva-sociale.org/). Ce concept, défendu depuis longtemps, notamment par le sénateur centriste Jean Arthuis, consiste à transférer sur une TVA sociale (selon les mêmes mécanismes que la TVA et avec des taux à préciser) tout ou partie des charges sociales qui pèsent aujourd'hui sur le prix de revient des entreprises et nuisent à leur compétitivité. On conçoit qu’une réforme de cette ampleur ne serait pas concevable sans une refonte poussée des systèmes de prélèvements obligatoires, laquelle aurait de fortes implications en ce qui concerne les relations de la France et des autres pays de l’Union.

En ce qui concerne le PS : « Dans son interview au Monde de décembre 2006, François Hollande se fait très précis sur la fiscalité directe : « Nous reviendrons sur toutes les baisses d'impôt sur le revenu qui ont été accordées sur les tranches supérieures du barème. Nous nous remettrons au niveau de 2002. De même, nous supprimerons le bouclier fiscal. L'ISF doit jouer son rôle de cohésion sociale. (...) Il n'y aura pas de baisse du niveau des prélèvements obligatoires durant la prochaine législature ».

Sous réserve des propositions que pourra faire Dominique Strauss Kahn et qu’adopterait la candidate, le gauche ne semble pas en effet s’orienter dans la voie, ni d’une diminution des impôts, ni d’une réforme fiscale en profondeur, diminuant le poids relatif des impôts directs. Une telle réforme serait pourtant bien utile, quand on connaît l’intensité de la fraude directe et des processus d’évasion fiscale légale permettant aux contribuables d’échapper aux droits et taxes, toutes catégories confondues. Le résultant en est que seuls supportent le poids fiscal les contribuables, particuliers ou entreprises, ayant des revenus et résultats non dissimulables (en premier lieu les salariés et les propriétaires de logements principaux, fussent-ils de faible valeur). Lutter contre la fraude par un renforcement des contrôles n’a jamais été considéré comme digne de figurer dans un programme politique. A défaut, il faudrait au moins reconfigurer le système des prélèvements obligatoires pour le rendre moins facile à frauder. Là encore, une refonte importante serait nécessaire.

Cependant, le vrai problème n’est pas là. Christian Saint Etienne a raison de rappeler qu’il n’est plus possible aujourd’hui de faire abstraction de l’existence de l’espace économique européen et des possibilités qu’il offre en matière de délocalisation dans des pays européens aux régimes fiscaux plus favorables. On sait que jusqu’à nouvel ordre, les Etats-membres se refusent à harmoniser leur fiscalité et leurs régimes sociaux. Ce serait pourtant une mesure indispensable à l’établissement d’une véritable puissance économique européenne. Beaucoup de ceux qui sont favorables à cet objectif demandent qu’il soit mis en œuvre au moins au sein des pays membres de l’Euro group. Mais sur quelles bases cette harmonisation devrait-elle se faire ? C’est là qu’il faut s’interroger en France sur le fait que ce pays semble le seul à ne pas pouvoir baisser ou aménager ses prélèvements sociaux. Tous les autres Etats l’ont fait, y compris des démocraties sociales comme l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Ils ne s’en portent pas plus mal, y compris en matière d’aide à l’insertion et de protection sociale.

C’est ici que l’argumentaire de Christian Saint Etienne devrait être particulièrement pris au sérieux.

« Deux questions s'imposent alors : la gauche peut-elle s'engager à augmenter les impôts sur les classes moyennes supérieures et sur les hauts revenus d'environ un cinquième (effet du retour au barème de 2002) en ignorant l'intensité de la concurrence fiscale en Europe ? La droite peut-elle se contenter d'un rééquilibrage extrêmement lent des finances publiques ? Et, au-delà de ces deux questions, s'impose la question-clé : peut-on faire preuve de plus de rigueur tout en préparant mieux le pays à la concurrence fiscale européenne ?

Les responsables politiques français n'ont pas encore pleinement pris en compte l'intensité de la concurrence fiscale intra-européenne. Cette concurrence fiscale vise à attirer sur un territoire ce que l'on appelle les facteurs mobiles de production (capital et travail qualifié) pour accélérer le développement de la valeur ajoutée, qui est la seule source de création de richesse dans un monde globalisé. Le PIB n'est que la somme des valeurs ajoutées sur un territoire.

Les quatre impôts-clés qui déterminent l'intensité de la concurrence fiscale sont l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP), l'impôt sur les sociétés (IS), l'impôt sur l'épargne et l'impôt sur la fortune (ISF). La majorité des pays membres de l'Union européenne visent la structure fiscale suivante : l'IS et la fiscalité de l'épargne sont progressivement ramenés vers 15 %, le taux marginal de l'IRPP tend vers 30 % et l'ISF est partout supprimé (le seul pays le conservant, l'Espagne, l'ayant vidé de son contenu). L'Allemagne a déclaré l'ISF inconstitutionnel. Sur tous ces impôts, les taux sont deux fois plus importants en France (33 % sur l'IS, 27 % sur l'épargne, près de 50 % sur le revenu, CSG comprise), tandis que nous renforçons continuellement le poids de l'ISF, un impôt aujourd'hui essentiellement perçu sur la résidence principale et l'épargne des classes moyennes et moyennes supérieures. Les « vrais riches » sont partis depuis longtemps en Suisse, en Belgique et au Royaume-Uni"

.
Notons que Christian Saint Etienne n’évoque pas la question de l’harmonisation des assiettes et des taux de TVA, qui pose les mêmes problèmes et devrait être abordée dans le même esprit. Il est indéniable, au-delà du cas symptomatique de Johnny Hallyday, que les délocalisations intra-européennes (y compris vers la Suisse, qui ne fait pas partie de l’Union) ont été importantes et privent l’Etat français des ressources qui lui seraient nécessaires, non pas pour ses dépenses courantes, mais pour les besoins d’investissement, notamment dans les infrastructures et la R/D. Les bénéficiaires des dépenses courantes trouvent toujours moyen de se faire entendre. Ce n’est pas le cas des investisseurs et des chercheurs.

« En quinze ans, plus de 10 000 chefs d'entreprise de taille moyenne ou moyenne-grande (celles qui font cruellement défaut à notre pays aujourd'hui) sont partis, avec quelques centaines d'artistes et de sportifs, délocalisant entre 70 et 100 milliards d'euros de capital productif. Cela nous a probablement coûté entre 0,2 % et 0,3 % de croissance par an depuis dix ans. L'ISF rapporte environ 3,2 milliards, déduction faite des frais de collecte, mais si les 70 à 100 milliards de capitaux expatriés « travaillaient » en France, ils rapporteraient de 6 à 7 milliards d'euros d'impôts. Le gain apparent de 3 milliards de recettes d'ISF est une perte réelle nette du même montant. Sans compter la perte cumulée d'un demi-million d'emplois productifs. …

Les propositions de M. Hollande d'augmenter d'un cinquième les impôts des classes moyennes supérieures, alors que les deux déciles supérieurs de revenus paient déjà 90 % de l'impôt sur le revenu, sortent tout droit des années 1970 dans un monde préglobal de contrôle des changes. Ces propositions sont une machine à accélérer la délocalisation du capital productif et des talents individuels. Elles sont surtout inutiles, car l'échelle des revenus est, en France, une des plus fermées du monde, avec les 10 % les plus riches ne gagnant que quatre fois ce que gagnent les 10 % les plus pauvres, contre un multiple de dix aux Etats-Unis et de cinq dans la plupart des autres pays européens. Les 200 patrons les mieux payés, certains ayant même oublié toute décence, cachent les 300 000 autres patrons d'entreprises moyennes qui gagnent, en moyenne, moins de 4 000 euros par mois».


Pour Christian Saint Etienne, les positions de la droite en matière de dépense publique et de prélèvements ne sont pas plus sérieuses. La lutte contre l’augmentation de la dette publique n’est pas sérieusement prise en considération, étant entendu qu’il ne sera pas possible de « sabrer aveuglément dans la dépense », non plus que taxer davantage les riches, que certains envisagent au contraire de détaxer.

« Le seul point sur lequel M. Hollande ait raison, c'est que l'on ne pourra pas baisser massivement les impôts. A prélèvements obligatoires constants (environ 44 % du PIB), on peut remplacer l'ISF par une tranche additionnelle d'impôt sur le revenu qui produirait moins de dégâts en termes de délocalisations que l'ISF. On peut encourager la production de richesses et le développement des entreprises moyennes en réduisant le taux de l'IS à 15 % sur le premier million de bénéfices mis en réserve et en abaissant le taux à 25 % au-delà. Une hausse de 1 point de la CSG permettrait de combler le trou de la Sécurité sociale, tandis que le recul progressif de l'âge de départ à la retraite à 61 ans en 2010 et 62 ans en 2014 permettrait d'éviter un creusement des déficits de l'assurance-vieillesse (tous les autres pays européens ont voté un recul progressif à 65 ou 67 ans). L'introduction des techniques les plus basiques de gestion des relations humaines dans la fonction publique permettrait d'améliorer la productivité et la satisfaction des fonctionnaires».

On peut penser que même si dans un premier temps, la France s’engageait, quelque que soit la tendance politique de son futur gouvernement, dans une réforme de son système de prélèvements obligatoires, celle-ci ne serait que de façade. Pour une refonte de fond, il faudrait délibérément se placer dans la perspective d’une négociation – sur la base de compromis réciproques – avec nos voisins de l’Euro-group voire de l’Union toute entière. On doit en effet se poser la question de savoir pourquoi des pays qui ne sont ni des républiques bananières ni (comme la Grande Bretagne et l’Irlande ) des chantres invétérés du libéralisme réussissent à maintenir leur équilibre social et économique avec des impôts moins lourds que ceux appliqués en France.

Nous pensons pour notre part que, quelle que soit la mauvaise réputation qui s’attache à gauche à la TVA, impôt proportionnel et non progressif, c’est dans la voie d’une TVA européenne ambitieuse, contrôlée en commun (et détaxant les dépenses de base) qu’il faudrait s’engager. Le concept de TVA sociale pourrait alors être réintroduit. On dira que les entreprises et les contribuables « riches », délocaliseront de toutes façons leurs sièges et leurs dépenses hors Communauté. Mais à un moment ou à un autre, à moins qu’ils ne s’expatrient définitivement hors d’Europe, il serait possible de les saisir fiscalement, en mettant en place un minimum de contrôle, comme le font les Etats-Unis eux-mêmes. Les impôts directs pourraient alors redevenir modérés et surtout, globalement uniformes sur l’ensemble du territoire européen.

Le capital (ou la fortune) peut et doit aussi être taxé directement, quand son accumulation dépasse certains niveaux. Mais dans ce cas, mieux vaudrait privilégier la taxation de sa transmission (droits de succession) que sa formation. Là encore, rien de sérieux ne pourrait être entrepris sans un consensus européen sur une plate-forme commune.

En conclusion de ce débat, nous pouvons retenir une proposition très simple, s’adressant à tous les candidats à l’élection présidentielle française : plutôt que faire assaut de démagogie en matière fiscale, prendre l’engagement, dès qu’ils seront élus, d’engager des négociations avec l’Union européenne et les Etats membres pour harmoniser les plus importants des impôts et cotisations sociales. Cette harmonisation n’aboutirait sans doute pas tout de suite, mais elle ouvrirait la voie à la véritable intégration économique et sociale de l’Europe sans laquelle aucun progrès commun n’est possible. Ce serait seulement en cas d’échec qu’il faudrait se résoudre à entreprendre des réformes du système socio-fiscal au plan national. 15/01/07


Attaquer l'Iran pour sortir du piège irakien

Divers éditorialistes américains semblent considérer que, pour sortir du piège dans lequel G.W.Bush s'est enfermé en Irak, la seule solution dont il dispose serait d'attaquer l'Iran. Et ceci dans un délai relativement court, notamment pendant que Blair et Olmert sont encore au pouvoir. La présence de deux PA de l'US Navy sur zone accrédite cette hypothèse, ainsi que l'annonce de la distribution de batteries anti-missiles Patriot (dont l'inefficacité pourtant est notoire), aux Alliés arabes qui les demanderaient. Certes, la solution serait sans doute pire que la situation actuelle, pouvant provoquer une crise immense et un soulèvement généralisé des masses arabes contre non seulement l'Amérique mais l'Occident tout entier. Le corps expéditionnaire américain pourrait se trouver détruit, et les approvisionnements pétroliers coupés. Mais Bush et les néo-conservateurs pourraient tirer personnellement leur épingle du jeu. Ils se sentiraient re-légitimés pour s'auto-proclamer à la tête d'une Amérique véritablement en guerre pour sa survie, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Nous reposerons la question déja posée dans la rubrique précédente: "et l'Europe, va-t-elle attendre les mains dans les poches que tout ceci se mette en route?" Pour plus d'information, voir http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3588 . Voir aussi
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3585 14/01/07


Le Sacre de Nicolas Premier

Comme l'on disait dans l'Italie des années 20 lors des premiers succès électoraux de Benito Mussolini: "Mais qu'est-ce qu'ils lui trouvent-ils donc tous?" Mais la réponse à la question n'est pas loin. Quelle que soit la démagogie d'un candidat recherchant des formes de plébiscite par acclamation, il se trouve toujours des foules fanatisées pour l'applaudir. 14/01/07


L'accord Microsoft/Inria, grand succès pour la recherche française ou accélération du pillage des compétences?

1. La presse bon teint se félicite de l'accord entre l'Inria et Microsoft relatif à la création d'un centre de recherche commun au sein du pôle de compétitivité System@tic. Voici quelques phrases (en italique rouge) extraites de l'article dédié à cette information par Annie Kahn du Monde (12/01/07, p. 14) avec les réflexions que pour notre part ceci nous suggère:

LM: " Trente chercheurs, dont les thésards, post-doctorants et ingénieurs, y collaborent déjà. Ils devraient être une centaine à terme à travailler sur des sujets de recherche fondamentale, dont les résultats pourront demander une dizaine d'années avant d'être appliqués dans l'industrie. Les deux partenaires apportent des moyens équivalents. Microsoft détachera moins de chercheurs, mais plus d'argent. L'Inria investira davantage dans les infrastructures, et la prise en charge de chercheurs non permanents. "

Nous comprenons que Microsoft se paye (à partir de sa fortune multi-milliardesque) des chercheurs français ou européens, que l''Inria aurait pu recruter pour son seul compte s'il avait disposé de quelques millions de ressources provenant de la recherche publique française ou européenne.

LM: " Georges Gonthier, un Français, ancien chercheur à l'Inria, désormais salarié de Microsoft Research à Cambridge (Angleterre), et Benjamin Werner, chercheur à l'Inria, tous deux très connus dans la communauté des chercheurs en informatique pour avoir démontré le théorème des quatre couleurs, rejoignent aussi le centre pour y diriger un projet."

Qui seront les prochains salariés de Microsoft?

LM: " L'Inria a déjà monté des partenariats de ce type avec d'autres entreprises : France Télécom, Alcatel, Thales, et dans le passé Bull. De nombreuses start-up en sont issues, dont Trusted Logic et Kelkoo."

Est-ce exactement la même chose pour un organisme de recherche européen que travailler pour Microsoft ou pour les entreprises européennes citées par l'article? "

LM " Ce nouveau centre de recherche est un pilote, affirme Eric Boustouller, PDG de Microsoft France, qui envisage d'intensifier les collaborations avec d'autres établissements de recherche. Microsoft finance des chaires ailleurs dans le monde. Nous y réfléchissons en France, avec Polytechnique, en particulier. Le Centre commun de recherche fondamentale créé avec l'Inria sera un point du maillage que nous mettrons en place."

On ne comprendrait pas en effet que Microsoft ne profite pas de ce premier succès pour étendre son maillage.

LM " Le centre sera très ouvert à d'autres collaborations, insiste-t-on tant à l'Inria que chez Microsoft. Situé sur la zone du pôle de compétitivité System@tic, il fera également partie du réseau thématique de recherche avancée (RTRA) Digiteo, qui outre l'Inria, réunit des laboratoires du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), du CNRS, de l'Ecole polytechnique, de l'Ecole supérieure d'électricité et de l'université Paris-XI (Orsay). "

Autrement dit, toutes les bonnes idées qui viendront de ces divers centres se retrouveront directement non seulement chez Microsoft mais dans les agences américaines pratiquant à grande échelle l'espionnage économique. Beau succès en effet.

2. Pour être objectif, nous joignons ce commentaire tout différent, reçu d'un correspondant:

" J'ai toujours autant de mal que lors de l'annonce de ce partenariat à comprendre quel est exactement le problème. Alors que certains déplorent la faiblesse des investissements de MS en France, voila un accord intéressant, en des termes que l'on ferait bien de comparer à ceux des autres contrats liant l'INRIA à une entreprise...

La polémique sur la nationalité de la société me semble toujours aussi déplacée et relevant d'un nationalisme (ou d'un européisme, soit la même couche mais cachée sous un drapeau bleu étoilé) de mauvais aloi. Aurait-on vraiment préféré que Microsoft fasse plutôt ce partenariat ailleurs ??? Les entreprises françaises (européennes) ont-elles des centres de recherche uniquement en France (Europe) ? Non, heureusement.

Mais ce qui me choque encore plus, c'est la réaction horrifiée à l'idée que des chercheurs soient recrutés par un partenaire privé... Cela doit être un équivalent moderne de la chute du paradis... :-) Sans parler du fait que le public aurait le monopole de la recherche... Surtout en logiciel... On croit rêver...

Le vrai problème serait pour moi surtout que seul Microsoft soit capable de faire ce genre d'accord. C'est plutôt à créer les conditions pour que cela n'arrive pas que nous devrions nous atteler, non ?"

C'est un des problèmes, en effet, mais pas le seul. Microsoft n'est pas une entreprise comme les autres. On pourrait plutôt la comparer, dans son domaine, à Lockheed Martin. Sur cette dernière, voir Playboy. Dans ce texte, le journal explique comment Lockheed Martin a pris les pleins pouvoirs en Amérique http://www.playboy.com/magazine/features/lockheed/download.pdf

3. Pour rester objectif, nous publierons cet autre propos, tout à l'opposé, d'un autre correspondant:

"Que n'avait-on pas entendu, et qu'on continuera à entendre à nouveau. Ce type de "partenariat" est excessivement rentable pour Microsoft. Pour quelques dizaines de millions d'Euros (une somme ridicule, en fait, à l'échelle d'un gouvernement), Microsoft se positionne à la source pour :

- se mettre en position de force pour acquérir à moindre frais les innovations intéressantes ;

- empêcher de fait l'émergence de compétiteurs potentiels, spin-offs de laboratoires étrangers, qui pourraient lui demander plus d'énergie à combattre par la suite ;

- affaiblir les Etats européens, en ce que les innovations "Microsoft" ne génèreront pas de taxes pour les autres Etats, mais aux USA. C'est la "double taxe" : le contribuable Français paye pour l'éducation de ses ingénieurs, et repaye aux Etats-Unis pour les produits qu'ils ont imaginé. C'est même la "triple taxe", car dans le cas de ces chercheurs c'est aussi le contribuable qui paye leurs salaires ;

- se faire une pub d'enfer auprès des jeunes polytechniciens et autres élites qui décideront plus tard s'il faut mettre du Microsoft ou du Linux dans les administrations.

Et ils sont où, les avantages pour la France ?

Ce labo est, du point de vue stratégique, une défaite immense. Et le choix de la France n'est à mon sens pas innocent."


Et si l'Amérique perdait la guerre en Irak ?

G.W. Bush a annoncé mercredi 10 janvier, dans son discours à la Nation, le renfort de plus de 20.000 militaires américains en Irak, dans le cadre d'une nouvelle stratégie visant à mettre un terme aux violences dans ce pays, qui ont déjà coûté la vie à plus de 3.000 soldats américains. Il a justifié ce nouvel effort par la nécessité d'éviter une défaite en Irak: «Countries like Saudi Arabia, Egypt, Jordan, and the Gulf States need to understand that an American defeat in Iraq would create a new sanctuary for extremists — and a strategic threat to their survival.» Le fait qu'il envisage maintenant, même à titre d'hypothèse, la possibilité d'une défaite est significatif du fait que cette défaite est plus que prévisible, si rien de plus substantiel que l'envoi de 20.000 hommes supplémentaires n'est décidé.

Que signifierait cette défaite dans l'esprit de G.W.Bush? Son discours le sous-entend clairement, en forme d'avertissement aux Etats arabes dits modérés (et à ses autres alliés): la main-mise sans doute définitive, sinon d'Al QuaIda du moins d'un axe chite Irak Iran et leurs alliés, sur les ressources pétrolières du Moyen Orient. Le danger est bien plus grave que celui représenté par la création d'un nouveau sanctuaire pour les terroristes. Ce serait dans une certaine mesure la fin de la suprématie occidentale telle que les Américains la conçoivent. Pour l'Europe aussi, qui se refuse encore à sortir vraiment du tout-pétrole, le coup serait rude.

Mais que peut faire Bush pour éviter cette défaite plus que probable, depuis qu'il a rejetté le plan Baker qui prévoyait précisément une négociation avec l'Iran et la Syrie? Attaquer ces mêmes pays, à commencer par l'Iran, directement ou par Israël interposé? Une telle attaque sauverait-elle la prépondérance américaine dans la zone ou au contraire précipiterait-elle la défaite. On peut craindre que la seconde hypothèse ne soit la bonne;

Ceci dit, existe-t-il d'autres stratégies pour G.W. Bush, puisque de toutes façons il ne peut ni se retirer d'irak ni gagner la guerre. C'est bien là le côté dramatique du piège où l'Amérique s'est mise en attaquant l'Irak " La pire erreur de politique étrangère des Etats-Unis depuis la guerre du Vietnam" selon le sénateur républicain Chuck Hagel, lors d'une audition de Mme Rice au Congrès. Prédédemment le sénateur démocrate Ted Kennedy avait martelé la même chose. Il était temps que les démocrates s'en rendent compte, mais eux aussi ne peuvent ou ne veulent pas faire grand chose.

Et l'Europe, dans tout cela? Quelle stratégie ? 12/01/07


Grippe aviaire

La grippe aviaire va une nouvelle fois cet hiver se répandre dans le monde entier et les foyers récemment annoncés en Asie ne sont que les prémices d'une nouvelle épizootie, a averti vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cet avertissement intervient alors qu'un responsable hospitalier indonésien a annoncé vendredi un 59e décès à la maladie dans ce pays, et que les autorités japonaises craignent l'apparition d'un nouveau foyer de grippe aviaire.

"Les raisons de ces nouveaux foyers sont claires: nous entrons tout simplement dans les mois les plus froids dans l'hémisphère nord. Le virus de la grippe est lié au froid et il est plus enclin à se propager en cette période de l'année", a indiqué à l'AFP Peter Cordingley, porte-parole du bureau régional de l'OMS pour le Pacifique occidental, basé à Manille. "Nous escomptons une répétition de ce qui s'est passé l'an dernier quand le virus est soudainement devenu très actif et s'est répandu jusqu'en Europe" Source AFP. A suivre sur OMS http://www.who.int/fr/index.html 12/01/06


La dictature Lockheed Martin

Dans cet article signalé par l'excellent dedefensa (http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3575),
le journal Playboy (eh oui, celui des playmates) explique comment Lockheed Martin a pris les pleins pouvoirs en Amérique http://www.playboy.com/magazine/features/lockheed/download.pdf 11/01/06


Après l'Irak, la Somalie

Ils n'apprendront donc jamais? Faudra-t-il les laisser, en multipliant les morts civils du fait de frappes aériennes aléatoires, transformer tous les Somaliens en djihadistes, anti-américains et anti-européens?10/01/07
* Lire http://antiwar.com/justin/?articleid=10299


Le créationnisme frappe encore

Michaël Shermer, éditeur du site e.skeptic, dont le nom résume le programme, nous fait part dans un article récent des nouvelles avancées du créationnisme aux Etats-Unis et du soutien que cette doctrine reçoit des autorités fédérales (voir http://www.skeptic.com/eskeptic/07-01-10.html). Ainsi, selon le Dr. Donald R. Prothero, professeur de géologie à l'Occidental College de Los Angeles, et chargé de cours en géobiologie au California Institute of Technology à Pasadena, les rangers travaillant dans le Park National du Grand Cannyon ont reçu l'ordre de ne pas mentionner l'âge des couches géologiques de cette célèbre formation, pour ne pas heurter les convictions religieuses fondamentalistes des visiteurs. Beaucoup de ceux-ci professent en effet le créationnisme, attribuant selon la Bible à la Terre un âge ne dépassant pas 5 à 6.000 ans. Il s'agit d'instructions émanant directement de l'autorité fédérale et s'imposant aux employés du Park. Dans le même esprit, de nombreuses croix et panneaux d'information ont été érigées sur le site pour expliciter les messages bibliques.

Ces outrances conduisent à ne pas soutenir entièrement le point de vue du théologien français Jacques Arnould. Celui-ci, dans un livre récent "Dieu versus Darwin. Les créationnistes vont-ils triompher de la science?" (Albin Michel, 2006) fait l'historique, en les dénonçant, des errements du Créationnisme. Mais assez curieusement, il conclut en appelant à éviter également le dogmatisme scientifique, qu'il baptise de scientiste. Entre fanatisme religieux et scientisme, il ne devrait y avoir selon lui ni vainqueur ni vaincu, mais "à la manière des universités médiévales, une dispute entre acteurs dont l'objet serait le sens de la vie et de l'existence humaine".

Il faudrait savoir quand même de quoi l'on parle. L'âge du grand Cannyon et l'histoire darwinienne de l'évolution n'ont rien à voir avec le sens de la vie et de l'existence humaine. Je veux bien, en tant que matérialiste, discuter avec des spiritualistes du sens à donner à ces deux concepts, mais que la "dispute" ne se mêle pas d'expliquer aux scientifiques ni aux étudiants ce qui s'est passé sur Terre depuis l'apparition de notre planète. 10/01/07


Le robot français NAO progresse

La start up française Aldebaran Robotics, comme promis, nous donne de ses nouvelles. La plateforme robotique humanoïde NAO est en bonne voie de développement. Quant à l'équipe, elle semble en pleine forme. Nous lui souhaitons une bonne année et les retombées qu'elle mérite. Affaire à suivre donc. http://www.aldebaran-robotics.com/ 07/01/07

Lu sur le site: "Le projet a été lancé début 2005 et vise à mettre à la disposition du grand public, pour un prix abordable, un robot humanoïde disposant de fonctions mécaniques, électroniques et cognitives dignes des prototypes de recherche (voir graphique ci-dessous).
Livré en standard avec des comportements de base, le robot sera dés sa commercialisation le support idéal pour s’initier à la robotique puis, enrichi de nombreux comportements, il deviendra un compagnon autonome pour toute la famille. Il évoluera ultérieurement de son rôle de compagnon vers une vraie fonction d’assistance pour les tâches quotidiennes (surveillance, télé-assistance, informations, lien réel-virtuel…).
Disposant d’une interface de programmation très intuitive, il permettra à tous les membres de la famille de découvrir la robotique en s’amusant. Véritable concentré de nouvelles technologies, notre robot saura également combler les amateurs de nouvelles technologies les plus exigeants ".


Quand Bush s’enfonce, Chirac remonte

Les observateurs qui au vu des sondages prédisent la fin politique de Jacques Chirac et de son clan ont peut-être tort. Ceux qui voudraient voir la France s’opposer plus clairement qu’elle ne le fait, non pas à l’Amérique en tant que telle, mais à la politique américaniste, sont bien obligés de reconnaître que le seul à l’avoir fait avec un minimum de continuité fut Jacques Chirac. Il l’a rappelé avec discrétion mais néanmoins netteté aux Américains eux-mêmes lors de ses vœux, sur le mode du « Je vous l’avais bien dit ». Maintenant un certain nombre d’Américains sont prêts à en convenir, même s’ils ne l’avouent pas. Voir par exemple un article de l’International Herald Tribune : http://www.iht.com/articles/2007/01/05/news/france.php

On est loin de la position servile de la Chancelière Merkel, par ailleurs présidente pour 6 mois du Conseil européen, qui n’a rien de plus pressé qu’aller faire allégeance à Washington en proposant de relancer l’idée désastreuse d’un accord de libre échange Europe/USA où les Européens auraient tout à perdre, compte tenu de la disproportion des aides données par le gouvernement américain à ses entreprises, au regard de ce qui est fait ici.

Pour en revenir à l’avenir politique de Jacques Chirac, nous pensons que si comme probable G.W.Bush s’enfonçait encore plus dans l’impasse politique, si pour en sortir il se lançait dans des aventures militaires nouvelles, directement ou par Israël interposé, Chirac pourrait encore jouer un rôle important et salutaire. Il serait le seul en Europe et en France, n’ayant rien à perdre, capable de reprendre la voix depuis longtemps assourdie du Général de Gaulle pour marquer l’opposition radicale de la France à de telles aventures. Cela ne changerait sans doute pas grand-chose à l’équilibre des forces – encore qu’il ne faut jurer de rien – mais cela redonnerait un peu de vigueur aux Français et à ceux des Européens pour qui la France pourrait encore être un modèle.

Nul ne pourrait compter, dans une telle conjoncture, sur l’atlantiste Sarkozy ni, je le crains, sur la trop prudente Ségolène pour s’engager dans une telle démarche de rupture avec les Etats-Unis, la seule pourtant à terme capable de faire renaître l’Europe de ses cendres politiques. 08/01/07


Exploration robotique de Mars. Succès américains. Report sine die des projets européens

La Nasa peut à juste titre se féliciter du fait que ses deux robots d’exploration martienne Spirit et Opportunity viennent de fêter avec succès leur 3e année de service sur la planète rouge. Contre toute attente, ils sont encore opérationnels et, grâce à des logiciels up-gradés à distance par les techniciens du JPL, ils promettent encore de nouvelles moissons de données aux scientifiques. Dans le même temps, le puissant vaisseau orbiteur Mars Reconnaissance Orbiter (mro) a remplacé avantageusement son prédécesseur Mars Global Surveyor arrivé en fin de vie. Sa précision est égale à celle d’un satellite espion terrestre. Pour les mois à venir, par ailleurs, la Nasa se prépare à lancer deux nouveaux robots d’exploration, Phoenix en août 2007 et le gros Mars Science Laboratory (msl) fin 2009.

Pendant ce temps là, l’Esa européenne voit ses projets sur Mars reportés de plusieurs années, - ce qui dans la perspective de la compétition avec la Nasa, veut presque dire sine die. La mission Exomars qui devait déposer un robot d’exploration sur Mars en 2009, est remise à plus tard pour des raisons de crédits. Il aurait fallu que l’Esa ait pu faire appel à une fusée Ariane 5 plutôt que la fusée Soyouz initialement prévue pour raisons d’économie. En effet, une Ariane permettrait d’emmener, outre le rover, un orbiteur européen capable de lui servir de relais vers la Terre. Sinon l’Esa serait obligée de compter sur la bonne volonté de la Nasa, dont les Européens ont de bonne raison de douter.

Faute d’accord financier pour abonder un crédit calculé trop court (650 millions d’euros), l’Esa devrait dans la meilleure des hypothèses attendre 2013. On est loin des ambitions visant à faire de l’exploration martienne la pierre de touche d’une volonté européenne de participer avec ses propres moyens au retour sur la Lune et sur Mars. Ainsi, faute de quelques centaines de millions d’euros (1,50 euro par tête d’européen), l’Europe va voir le cinéma spatial autour de Mars se dérouler sans elle. Il en sera de même évidemment des futurs programmes lunaires, américains et chinois 07/01/07

* Mars Reconnaissance Orbiter http://marsprogram.jpl.nasa.gov/mro/
* Mars Science Laboratory http://mars.jpl.nasa.gov/msl/


Windows Vista, oui ou non?

Microsoft présente son nouveau système d’exploitation pour PC, Vista, comme apportant des avantages considérables. Voir
http://www.microsoft.com/Windowsvista/ ou http://www.microsoft.com/windowsvista/getready/default.mspx

Tout est présenté comme incontournable pour les utilisateurs de PC, qui n’auront pas d’autres choix qu’acheter Vista et ses nombreuses fonctions incluses dont on ne sait à peu près rien. Néanmoins, le milieu du logiciel libre réagit et dénonce ce qu’il appelle un véritable coup d’Etat réalisé aux dépends des possesseurs de PC et matériels compatibles. Ce sont les spécifications de la fonction dite de « protection de contenu » de Vista qui sont les plus critiquables. On trouvera une longue analyse de la question dans la note « Analyse du coût de la protection de contenu de Windows Vista » à l’adresse http://chl.be/vista/

Selon le résumé de ce document, nous citons : « Windows Vista inclut une refonte totale des éléments au cœur de l'OS, afin d'assurer la protection de contenu pour le dénommé "contenu de première qualité", typiquement des données HD issues de sources Blu-Ray ou HD-DVD. Assurer cette protection engendre des coûts considérables en termes de performance et stabilité du système, de surcoût pour le support technique, et du coût du matériel et du logiciel. Ces problèmes affectent non seulement les utilisateurs de Vista mais aussi l'industrie des PC toute entière, puisque les effets des mesures de protection s'étendent pour couvrir tout matériel et logiciel qui communiquera au final avec Vista, même si il n'est pas employé directement avec Vista (par exemple du matériel d'un ordinateur Macintosh ou d'un serveur Linux). Ce document analyse le coût induit par la protection de contenu de Vista, et les dommages collatéraux que cela implique dans toute l'industrie informatique. »

Pour ceux qui ne se sentiraient pas de taille à entrer dans des considérations de cette nature, la meilleure solution sera, lors de l’acquisition d’un nouveau matériel, de renoncer une bonne fois aux systèmes d’exploitation vendus par Microsoft. 08/01/07


Au regard des valeurs européennes, l’exécution de Saddam Hussein fut plus qu’une faute, ce fut un crime

Les gouvernants des Etats européens, comme les responsables de l’Union européenne, ont manqué, en ne protestant pas hautement contre l’exécution de Saddam Hussein, l'occasion historique de rappeler au reste du monde ce qui constitue une valeur fondamentale de la civilisation européenne, c’est-à-dire l’opposition à la peine de mort. Mais il aurait fallu pour cela oser contredire ouvertement G.W. Bush, qui présentait cette exécution comme un triomphe de la démocratie. L’Europe, que ses citoyens en soient conscients ou non, possède deux valeurs fondamentales : l’opposition à la peine de mort et le principe de l’égalité absolue entre les sexes. Toutes les occasions devraient être bonnes pour les rappeler face au reste du monde. 05/01/07


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/07-15401/index.htm