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La Gazette N° 131 en date du 30 novembre 2005

Par Jean-Paul Baquiast


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Retrouver ce numéro sur notre site à http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/05-13111/index.htm

A lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:

Compte-rendu des deux colloques sur la souveraineté technologique de l'Europe:
* Augsbourg 24/25/11/05 http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/69/colloqueaugsbourg.htm
* Madrid 5/6/10/05 http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/69/congresmadrid.htm
* Des professeurs virtuels http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/69/profvirtuel.htm

Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent d'un blog. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter le blog de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/

D'autres blogs se sont depuis saisis du problème. Citons Le Drakkar noir http://drakkar-bleu-noir.over-blog.com/
et influenzah5n1over-blog http://influenza.h5n1.over-blog.com/liste-article-blog.php

Nous publions cette photo en hommage au travail fait depuis plusieurs mois, bien avant les prises de conscience officielles, par le docteur Michel Vermeulen sur son blog, afin de nous avertir de la menace grandissante de la pandémie. Inutile de dire que nous prenons cette initiaitive sans lui en avoir demandé l'autorisation - qu'il aurait sans doute refusée par modestie.

J'ajoute, à la date du 30/11, que si on en parle moins, les progrès de la grippe aviaire et la virulence de la souche H5N1 ne cessent d'augmenter. Il faut moins que jamais renoncer à se préparer, y compris, comme je l'ai répété plusieurs fois, au niveau des collectivités locales.


Révolution en vue dans le bio-diésel

Il semble bien que la firme allemande Choren, spécialisée dans les bio-diésels, soit en train de révolutionner la production des bio-carburants. Associée à Shell, elle a réussi à produire un carburant opportunément nommé SunDiesel ou Syngas qui utilise non pas des produits agricoles consommables pour l'alimentation humaine, mais de la biomasse de rebut (feuilles, branches, sciures) qui existe en grande quantité dans la nature. Un procédé breveté complexe, que nous ne décrirons pas ici, dit Carbo-V® “Biomass-gasification process" permet d'obtenir un fuel de bonne qualité, très faiblement polluant. Le prix en sera d'autant plus compétitif que les fiscalités nationales prendront en compte l'aptitude de ce procédé à aider au respect des accords de Kyoto sur la production de CO2. (1)

Cette annonce mériterait une réflexion économique et politique attentive, à replacer dans la compétition énergétique entre l'Europe et l'Amérique. On y voit qu'un pétrolier européen, associé à une entreprise européenne hautement intelligente, peut proposer des percées qui pourraient changer la donne des marchés des carburants liquides. On imagine la source d'emplois qui en résultera en cas de succès pour l'Europe. Félicitons nos amis allemands de ne pas attendre la raréfaction du pétrole en se lamentant, mais de chercher activement des solutions permettant de sortir du piège.

(1) On peut cependant s'interroger sur le caractère "abondant" de la ressource envisagée, les déchets végétaux. Sont-ils suffisants pour alimenter une production importante? Ne va-t-on pas en les récoltant priver les cycles naturels d'une partie essentielle de leur capacité de renouvellement, puisque la fermentation spontanée des déchets enrichit les sols au profit des plantes et des animaux? Au Canada, où les premières études ont été faites, la ressource ne manque sans doute pas, mais quid en Europe? La démarche proposée par Choren ne prendra tout son sens, en Europe, que dans le cadre d'une exploitation réfléchie des massifs forestiers. On sait que les forestiers européens voient d'un bon oeil augmenter les débouchés du bois, car ceux-ci (évidemment dans certaines limites à définir au cas par cas) encouragent l'augmentation des surfaces emboisées et non leur diminution.

La question des bio-carburants n'est pas simple. On voit actuellement les effets pervers d'un recours irréfléchi aux végétaux de culture dans le cas des fuels obtenus à partir du soja et de l'huile de palme. La forte demande provenant des pays riches en faveur de ces produits conduits les paysans d'Amazonie et de Bornéo à défricher encore plus vite que jusqu'ici les forêts primaires de leur pays, lesquelles sont pourtant au bord de l'extinction (voir NewScientist, 19/11/05, p. 19). En conséquence de quoi la biodiversité sera la première victime des carburants biologiques. Voila une raison de plus, dira la firme Choren, pour faire appel aux déchets végétaux. 28/11/05

* Choren Industries présente le SunDiesel http://www.choren.com/en/choren/information_press/press_releases/?nid=55
* Article du MIT Technology Review
http://www.technologyreview.com/BizTech-Energy/wtr_15923,296,p1.html


Le nucléaire britannique. Double relance en perspective

La Grande-Bretagne devrait annoncer prochainement une relance de son programme nucléaire civil, qu'elle avait paru délaisser ces dernières années : douze centrales pour la plupart construites dans les années 1960 et 1970, et dont la moitié est censée fermer d'ici à 2015. Tony Blair s'est dit prêt à prendre "des décisions difficiles et controversées, dans l'intérêt à long terme du pays" et compte tenu de l'argument imparable du réchauffement climatique (sans parler sans doute de l'asséchement programmé du pétrole de la Mer du Nord). Etant des pro-nucléaire civils convaincus, nous ne pourrions ici qu'applaudir une telle décision, sans laquelle on ne voit pas comment l'Angleterre pourrait boucler son budget énergétique à terme, même en utilisant au maximum les énergies renouvellables. La même position devrait évidemment être conseillée au nouveau gouvernement fédéral allemand, à supposer qu'il ait besoin de nos conseils.

Mais la relance ne se limitera probablement pas au nucléaire civil. Dans un article du 26 novembre 2005, p. 20, le NewScientist envisage l'hypothèse du remplacement du système de missiles Tridents qui équipe les 4 SMLE britanniques de classe Vanguard et qui ont beaucoup vieilli. Le gouvernement n'a rien annoncé officiellement à ce propos, mais le renforcement des moyens d'études disponibles sur la base de Aldermaston dans le Berkshire le laisse présager, selon l'auteur de l'article. En 2003 y a été installé un super-calculateur. Un programme de recrutement de centaines de chercheurs a été lancé. Enfin, l'équivalent britannique du CEA (DAM), l'Atomic Weapons Establishment, vient de solliciter l'accord du gouvernement pour y installer le laser Orion de 1000 terawatts. Le budget d'Aldermaston devrait passer de £300 mns en 2004 à £800 mns en 2007.

A quoi devraient servir tous ces moyens? Rajeunir les 200 têtes nucléaires Trident qui devraient être réformées vers 2020? Etudier de nouveaux missiles pour sous-marins ou de nouvelles bombes portables air-sol ou sol-sol? On voit que la Grande Bretagne ne pourra pas éluder de discuter la question de sa dissuasion: a-t-elle encore ou non besoin de sous-marins lance-engins traditionnels? Doit-elle se doter d'armes plus souples pour faire face à de nouvelles menaces beaucoup plus diffuses? Et dans ces diverses perspectives, que deviendra sa "relation spéciale avec les Etats-Unis" qui met son effort d'armement nucléaire sous un contrôle technique et politique poussé de ceux-ci? Quid aussi de la coopération avec la France et plus généralement l'Europe de la défense?

Certaines voix se sont exprimées, y compris celle de feu Robin Cook, ancien secrétaire aux affaires extérieures, pour recommander que le Royaume Uni donne l'exemple du désarmement nucléaire progressif. Ainsi seraient encouragés les efforts de mise en oeuvre du vieux traité de non-dissémination. Mais nous avons déjà mentionné ici une solution à l'opposé. Compte-tenu de l'impossibilité probable d'empêcher de nombreux pays ne l'ayant pas encore d'accéder à l'arme nucléaire, l'ONU ne devrait-elle pas au contraire admettre la banalisation de celle-ci, l'accent étant mis sur les fortes mesures de rétorsion qui seraient appliquées à un pays qui en ferait le premier usage à titre offensif? On mesure évidemment l'extrème difficulté d'appliquer en principe de telles solutions. Mais les pays nucléaires, à commencer en Europe par la France et la Grande-Bretagne, devraient réfléchir à l'exemple qu'ils donneront quand ils moderniseront comme probable leur force de dissuasion (voir aussi sur ce sujet notre article ci-dessous: L'Europe a-t-elle intérêt à ce que les Américains se retirent d'Irak? ) 29/11/05


EDF aux mains des fonds d'investissement américains?

Ce n'est pas un syndicaliste d'EDF qui envisage ce risque, mais le très sérieux Claude Henry, professeur d'économie à l'Ecole Polytechnique, co-auteur du Traité des nouveaux risques (Gallimard 2003) . Celui ci, sous le titre "EDF, la privatisation à éviter" a repris pour Le Monde du 19/11/05, p. 27, le thème d'un article figurant sur le site de l'Ecole Polytechnique, CECO (voir http://ceco.polytechnique.fr/publications/index.php?SansFormulaire=1&Type=9 et cliquer sur Cahiers du laboratoire).

L'article examine ce qui pourrait se passer si des fonds d'investissement américains (par exemple Carlyle) ou britanniques parvenaient à racheter un nombre important des actions qu'ont achetées les "petits" épargnants français au moment de la privatisation. Après avoir rappelé certains traits du capitalisme financier actuel, l'article indique en quoi ils sont en contradiction avec les exigences de la production nucléaire d'électricité.

Le scénario n'a rien d'improbable, dans l'hypothèse où une difficulté momentanée d'exploitation à EDF amènerait une baisse du titre, que les Fonds à l'affut ne manqueraient pas d'exploiter. 10 à 20% du capital d'EDF ne leur permettrait pas d'agir, dira-t-on, sauf si ils réussissent à influencer suffisamment la gestion de l'établissement et le gouvernement français pour que des décisions favorables à des retour d'investissement à court terme soint prises, et que de nouveaux appels aux financement privés soient décidés. Scenario de cauchemar? Pas du tout, nous dit l'auteur. C'est celui qui a fait de Ontario Hydro canadien, solide entreprise publique exploitant des centrales nucléaires, un si mauvais gestionnaire que le gouvernement canadien a du ordonner la fermeture de la moitié d'entre elles. Il en est de même du nucléaire japonais. 27/11/05


Les bien-pensants de la lutte contre le clonage thérapeutique vont s'en donner à coeur joie

On sait avec quelle violence ceux qui s'opposent par idéologie (ils appellent cela l'éthique) au clonage thérapeutique font tout pour continuer à interdire aux chercheurs d'expérimenter le clonage humain. Notamment dans la plupart des pays européens, France comprise. Des scientifiques à l'éthique irréprochable, comme le professeur français Bernard Debré, ont beau expliquer qu'interdire ces recherches consiste à refuser de nombreuses perspectives de traitements, rien n'y fait. Aussi quel pain béni a été pour eux la démission du professeur sud-coréen Hwang Woo-Suk, convaincu d'avoir monnayé auprès de jeunes femmes, par collaborateurs interposés, la fournitures d'ovocytes lui ayant permis de mener des expériences très prometteuses. Le fait que ces expériences avaient démontré la possibilité de créer des cellules souches compatibles avec les malades à traiter n'a absolument pas été pris en compte. Pas d'avantage l'avenir du Centre mondial sur les cellules souches embryonnaires qui venait d'être créé à Séoul pour servir de banque de cellules destinées aux pays n'ayant pas autorisé les recherches sur l'embryon humain (voir à ce sujet l'article de Futura Sciences http://www.futura-sciences.com/news-inauguration-centre-mondial-cellules-souches-seoul_7403.php ).

Certes, le professeur Hwang Woo-Suk a eu le tort de ne pas reconnaître tout de suite comment il s'était procuré ses ovocytes. Mais son "crime", dans un monde qui en accepte d'infiniment plus grands, parait infime. On peut penser que le terrorisme intellectuel qui l'a obligé à cette pratique, sans laquelle il aurait du renoncer à des recherches très importantes, est infiniment plus coupable qu'il ne l'a été lui-même. Nous ne pouvons ici que lui souhaiter de retrouver rapidement le chemin de ses éprovettes - même si celui du Nobel lui était dorénavant interdit. 26/11/05


La Chine va-t-elle continuer à faire payer au reste du monde les coûts induits de sa croissance incontrôlée ?

On ne peut pas ne pas faire le rapprochement entre la façon dont la Chine cherche à devenir l'usine du monde en exportant de nombreux produits vendus à bas prix et les désastres écologiques et humains que produit cette politique de croissance incontrôlée. Le déversement de produits polluants sur la rivière Songhua a privé d'eau potable, pendant une journée, les 3 millions d'habitants de la ville de Harbin et menace maintenant la ville russe de Khabarovsk. Mais à côté de cette catastrophe écologique bien visible combien d'autres exercent sournoisement leurs effets destructeurs: pollution de l'air et de l'eau, destruction des écosystèmes, maladies multiples. Le reste du monde semble se faire une raison en se disant que ce sont les Chinois qui sont les victimes principales de ces politiques de croissance irresponsable et incompétente. Mais on se trompe. C'est toute l'Asie et même une grande partie de l'hémisphère Nord qui en souffre et en souffrira de plus en plus. S'il existait un minimum de gouvernement mondial chargé d'assurer un développement durable global, il aurait depuis longtemps demandé à la Chine de financer des équipements et des processus inoffensifs pour l'environnement avant de partir à la conquête du reste du monde grâce à des prix artificiellement bas.

Aucune institution internationale, ONU ou OMS n'osera tenir ce discours à la Chine. Mais les Etats occidentaux devraient le faire, notamment à l'occasion des discussions devant l'OMC. Malheureusement, eux-aussi sont coupables. Le premier d'entre eux, les Etats-Unis, persiste à refuser tout effort sérieux pour diminuer la production des gaz à effet de serre. Comment alors prêcher la vertu aux Chinois. L'Europe, dans une certaine mesure, serait plus crédible. Mais l'Europe ne voudra jamais contrarier un pays encore jugé susceptible de lui consentir de grands contrats. Ne resteront en lice que les opinions publiques. 26/11/05


Baromètre 2005 des usages de l'internet

Dans une perspective un peu plus positive que celle inspirant la rubrique précédente, on lira les résultats du 2ème baromètre des usages de l'Internet, paru le 23 novembre 2005. D'après ce document, les technologies numériques sont devenues un "outil important d'aide au travail aussi bien à l'école qu'à la maison". Pour le ministre de l'Education, si élèves et étudiants utilisent massivement l'Internet, c'est que "l'école joue pleinement son rôle".

Le baromètre est le résultat d'une étude réalisée par Médiamétrie pour la Délégation des Usages de l'Internet et du ministère de l’Éducation Nationale. Son objectif est de suivre l’évolution des équipements et des usages Internet auprès des individus âgés de 11 ans et plus, et de répondre "aux grandes problématiques telles que la protection des mineurs sur Internet, la réduction de la fracture numérique ou les besoins de formation des Français à Internet". Voir une présentation Power Point des résultats de l'étude http://www.educnet.education.fr/chrgt/Barometre-23-11-05.ppt .

Il faut lire ce genre de document avec une prudence certaine. Cependant, nul ne contestera qu'un décollage semble enfin se faire en France en faveur des usages scolaires de l'Internet, tout au moins d'un Internet basique loin encore de pouvoir supporter la grande modernisation pédagogique qui serait souhaitable. Le salon Educ@tice, qui s'est tenu du 23 au 25 novembre, en a donné quelques rares exemples, dus à des professeurs réellement innovants soutenus par une hiérarchie audacieuse...autant dire quelque chose d'encore assez rare. http://www.educatice.com/ 26/11/05


Pourquoi l'Education Nationale ne forme-t-elle que des crétins ?

Ce n'est pas moi qui pose cette question. Je ne sais même pas si elle est fondée. A plus forte raison, à supposer qu'elle le soit, je ne saurais y répondre. Mais il est quelqu'un qui a des idées fortes à ce sujet. C'est le mathématicien et membre de l'Académie des Sciences Laurent Lafforgue. Professeur à l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques, Médaille Fields 2002, il a a été nommé au "Haut Conseil à l'Education" début novembre 2005 et en a démissionné le lundi 21 novembre 2005. Cette demande de démission est intervenue très tôt, à peine dix jours après l'installation officielle du HCE (le mardi 8 novembre 2005) et le lendemain de sa première réunion de travail (le jeudi 17 novembre 2005). Je vous conseille d'étudier de près son site et d'aborder, afin d'approfondir le sujet, un certain nombre des ouvrages ou articles qu'il y référencie. http://www.ihes.fr/~lafforgue/index.html .

Le portrait du système éducatif qui s'en dégage est à proprement parler accablant. N'y a-t-il pas une part d'excès passionné dans tout cela? Peut-être un peu. Mais ce serait faire preuve de légèreté que d'évacuer le sujet sur cette proposition simpliste. La moindre des choses consisterait à écouter davantage ceux qui se donnent la peine de dresser un tableau aussi noir. 24/11/05

Sur le Haut Conseil à l'Education voir http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/education-installation-haut-conseil.html


Retraite à 67 ans

L'Allemagne vient d'adopter cette mesure, qui s'appliquera de façon très générale, sauf dans des professions particulièrement fatigantes. Il y a longtemps qu'en France, gauche et droite auraient du se mettre d'accord sur cette réforme, avec la possibilité de prolonger l'activité jusqu'à 70 ans dans certaines conditions. Mais nous sommes en France. Inutile d'en parler. 22/11/05


GDF sur le grill

Il semble que GDF et le gouvernement français avec lui découvrent subitement la menace que représentera inévitablement tout accord avec le géant russe du gaz Gazprom (voir Le Monde du 20/21 novembre). Premier producteur mondial avec 20% du marché, celui-ci vient d’être autorisé par le gouvernement français à vendre du gaz aux entreprises et collectivités locales, battant en brèche le « monopole » de GDF. Mais Gazprom n’est pas seulement producteur, transporteur et distributeur de gaz, c’est aussi une entreprise d’Etat contrôlée par les proches du président Poutine. Celui-ci ne badine pas avec la recherche du profit maximum. Gazprom n’a donc rien à envier aux entreprises américaines les plus carnassières.

Que va-t-il très probablement se passer ? GDF et la France avec lui peuvent difficilement renoncer à s’approvisionner en gaz russe et dénoncer les accords avec Gazprom. Mais celui-ci ne va pas se limiter gentiment à ses 10% de parts de marché autorisés. Il va s’engager dans des baisses de prix agressives, qu’il peut se permettre et que le petit GDF ne pourra suivre, n’accédant pas à des sources alternatives à bas prix. L’établissement public français risque donc de perdre progressivement de ses abonnés.

Bonne affaire pour les consommateurs français, diront les naïfs. Mais qu’ils ne se réjouissent pas trop tôt. En situation de monopole, Gazprom aura toutes facilités pour relever ses tarifs. Le gouvernement français ne pourra rien faire. Le monopole GDF, tellement dénoncé par les libéraux, aura été remplacé par un monopole Gazprom qui ne profitera à personne en France. Observons en passant que les libéraux à la française sont définitivement et vraiment naïfs, car ils semblent oublier qu’un marché ouvert et concurrentiel est aussi instable qu’une eau en surfusion en dessous de 0°. Il donne immédiatement naissance à de nouveaux monopoles ou oligopoles qui sont généralement plus féroces que ceux remplacés.

Quelles défenses à long terme pourraient alors envisager GDF et la France toute entière, regroupée derrière son gazier bien-aimé? Certes, GDF doit poursuivre sa politique d'achats diversifiés dans le cadre de contrats à aussi long terme que possible, comme récemment avec l'Egypte. GDF n'est pas producteur. Il n'a donc pas d'autres solutions. Mais quoiqu'il fasse, le prix du gaz, nécessairement aligné sur celui du pétrole, ne cessera d'augmenter. Ceci même si Gazprom ne fait pas d'abus de position dominante. La seule vraie solution à long terme consisterait pour GDF à préparer ses clients à l’abandon progressif du gaz, lequel n’est qu’une fausse bonne solution à la crise du pétrole. Les hydrocarbures fossiles ne sont définitivement plus de bonnes ressources énergétiques, notamment en Europe, dépourvue de toutes réserves sérieuses. Il faudrait que GDF, peut-être associé d’ailleurs à EDF (même combat) utilise son savoir-faire indéniable et la confiance qui lui vouent ses clients à développer des offres mixtes gaz + énergies renouvelables, ou électricité + énergies renouvelables.

C’est ce que fait déjà à très petite échelle l’offre DolceVita de GDF, avec la solution dite du « système solaire combiné gaz naturel ». Celui-ci (sans publicité de ma part) permet par le biais de capteur thermique (souvent posé sur le toit et intégrable au bâti) de récupérer l’énergie du rayonnement du soleil pour produire de l’eau chaude. Ce système nécessite l’installation d’un ballon d’accumulation pour la production d’eau chaude. Lorsque l’eau chaude est sollicitée de manière intensive, le gaz naturel vient en relais pour s’adapter rapidement à la demande. GDF promet des économies allant jusqu’à 40% du coût total de la production d’eau chaude. On peut penser qu'il s'agit d'une démarche extrémement novatrice, qui devrait être mieux connue et être encouragée par le gouvernement, notamment au plan fiscal.

On imagine que bien d‘autres solutions de même nature pourraient être promues par notre établissement public national, utilisant la biomasse ou la géothermie. Certes, Gazprom ou d'autres concurrents de GDF vont sans doute essayer à terme d'importer en France de telles solutions, mais ils n’auront pas de longtemps la proximité client dont disposent les commerciaux de GDF (quand ils veulent bien se donner le mal d’écouter ledit client). 22/11/05


Dissuasion européenne

L'Europe a-t-elle intérêt à ce que les Américains se retirent d'Irak? Autrement dit, une dissuasion européenne autonome est-elle possible?

De plus en plus de parlementaires américains, y compris chez les Républicains, demandent maintenant à G.W. Bush de se retirer le plus vite possible d'Irak. Pour le moment, l'administration républicaine fait la sourde oreille. Un retrait, même progressif, dit-elle, sera considéré dans le monde comme une défaite des Etats-Unis analogue à celle ressentie au Viet-Nam, encourageant tous ceux qui, de la Chine jusqu’aux terroristes d’Al Qaida, spéculent sur un affaiblissement de la capacité militaire américaine. De plus, argument subliminal, se retirer d’Irak serait sans doute renoncer au pétrole Irakien, la vraie raison d’être de l’invasion de ce pays et du détrônement de Saddam Hussein. Les bonnes âmes évoquent aussi le chaos qui s’installerait en Irak au départ des troupes d’occupation, mais on peut penser que ce risque n’inquiète pas beaucoup à Washington, compte tenu de l’ampleur du chaos actuel, résultant de la présence américaine.
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Ceci étant, la véritable raison, disent les opposants à G.W.Bush, qui empêche celui-ci de se retirer d’Irak est qu’il devra avouer que le "monstre" artificiellement créé par lui pour justifier et la guerre et le maintien de l’occupation, c’est-à-dire la lutte contre le terrorisme, n’a plus de consistance. On atteint le « tipping point » selon l’expression de Tom Engelhardt (Losing the Fear Factor http://www.tomdispatch.com/index.mhtml?pid=38464). Autrement dit l’opinion avertie croît de moins en moins au terrorisme islamique. Elle soupçonne de plus en plus qu’il s’agit d’un argument pour justifier le maintien au pouvoir des néoconservateurs et l’aggravation des mesures anti-démocratiques auxquelles ils ont recours pour ce faire. De plus, la plupart des gens réalisent que c’est le maintien des forces armées américaines en Irak qui sert principalement au recrutement des terroristes.

Dans cette situation, l’Europe, si elle avait un minimum de stratégie internationale, devrait prendre une position. Devrait-elle pousser à la roue en s’ajoutant à ceux qui font pression pour un retrait rapide d’Irak ? Le bon sens parait dicter une réponse affirmative. Nous n’avons aucun intérêt à ce que perdure ce foyer de conflits dont les images enflamment non seulement le Moyen Orient mais en premier lieu les pays européens – sans parler du fait que semble-t-il de plus en plus de jeunes européens illuminés et manipulés vont s’y former à la guerre civile. Mais que se passerait-il si l’armée américaine se retirait vraiment ? Que feraient les pays européens, pour ne pas parler de l’Union européenne, en ce cas ?

On connaît les arguments de ceux qui en Europe même encourageraient le maintien américain, y compris pendant encore des années. Le désinvestissement militaire d’Irak et par effet d’entraînement du Moyen-Orient tout entier serait considéré comme une défaite de l’Occident. Progressivement, celui-ci perdrait sa mainmise actuelle sur les réserves pétrolières et les têtes de pont stratégiques de la zone, notamment en termes de sécurisation des voies maritimes. Par ailleurs, plus rien ne viendrait contenir les ambitions impérialistes des Etats arabes les plus anti-occidentaux et les plus opposés à Israël : Iran et Syrie en premier lieu. Enfin la Chine verrait ce retrait comme un signe de faiblesse des Etats-Unis, incapable dorénavant d’imposer la pax americana ? Elle ne tarderait pas à renforcer ses positions diplomatiques, économiques et même militaires au Moyen-Orient et dans le Golfe Persique. Aucun pays européen n’aurait à gagner face à de telles perspectives.

Ces derniers jours, l'attitude de plus en plus agressive adoptée par l'Iran, non seulement à l'égard d'Israël et des Etats-Unis, mais à l'égard de la troïka européenne elle-même, ne peut qu'inquiéter. Le retrait américain ne serait-il pas reçu par le président Ahmadinedjad comme un encouragement pour l'adoption de positions encore plus radicales, dont les conséquences sur l'équilibre des forces dans le monde pourraient être désastreuses.

Ces objections, qui sont a priori sérieuses, posent deux questions de fond. 1° Les Etats-Unis n’ont-ils pas désormais de meilleures façons de se défendre et défendre leurs alliés, notamment Israël, qu’en s’enlisant en Irak ? 2° L’Europe peut-elle avoir une politique étrangère et une politique de défense indépendantes – ou relativement indépendantes – de celles des Etats-Unis ?
Répondre à ces deux questions revient à poser la question de la dissuasion, dissuasion exercée par les Etats-Unis et dissuasion éventuellement exercée pour son propre compte par l’Europe.

En ce qui concerne la première question, c’est-à-dire les moyens de pression dont disposerait l’Amérique après avoir rembarqué ses troupes, on peut espérer que le "Grand Jeu" au Moyen-Orient laisserait aux Etats-Unis de nombreuses façons pour calmer les irresponsables. La Chine, l'Inde, la Russie elle-même ne semblent pas désireuses de voir le Moyen Orient mis à feu et à sang. Une large gamme de rétorsions "pacifiques" serait donc à la disposition des Etats-Unis et plus généralement de la communauté internationale si la nouvelle Irak ou l'Iran déclaraient une sorte de guerre sainte à l'Occident. Mais il faut quand même envisager le pire, c’est-à-dire une situation d’affrontement tendu où ces moyens de pression perdraient leur efficacité. On doit imaginer l'hypothèse où, après que Israël et la Palestine aient fait l’effort d’appliquer le « feuille de route » et mis en place deux Etats cohabitant pacifiquement, des excités à Téhéran ou ailleurs menacent encore de détruire Israël ou, dans un autre ordre d’idée, de s’en prendre à toutes les implantations occidentales et aux alliés de l'Occident dans la région. La seule perspective ouverte aux Etats-Unis, pour empêcher cela, serait la menace d’une riposte militaire forte, utilisant pratiquement l’arme atomique, de façon certes limitée mais qui romprait avec 60 ans de prohibition du recours au nucléaire. Pourquoi l'arme atomique, alors que les forces américaines sont désormais en état de frapper classiquement n'importe où dans le monde après un court délai de mise en alerte? Parce que précisément la désastreuse expédition en Irak a montré que des forces classiques sont pratiquement impuissantes face à la dispersion d'un adversaire utilisant à fond les ressources du terrain. Le Pentagone s'est d'ailleurs déjà posé la question de savoir comment riposter à des menaces nucléaires provenant de l'Iran. Les experts ont conclu que, sans un bombardement atomique, il serait impossible de détruire le potentiel scientifique et militaire iranien. De plus, un bombardement classique de l'Iran ne ferait que mobiliser tout le monde arabe contre les Etats-Unis et sans doute aussi contre l'Europe. Certes, une riposte atomique aurait le même effet, à la puissance dix. Mais au moins, pendant quelques temps, les destruction seraient telles que les gouvernements encore hésitants, sinon les opinions, se tiendraient tranqullles.

Pour éviter d'en arriver là, un gouvernement américain raisonnable devrait poser clairement ce qu'il n'accepterait pas et entraînerait riposte atomique, fut-elle graduée (mini-nukes). On peut penser qu'en priorité, avant même la défense d'Israël, il mettrait la protection des exploitations pétrolières et le maintien de la libre circulation dans le Golfe Persique et le détroit d'Ormuz. On ne voit pas comment, si nous étions nous-mêmes américains, démocrates ou républicains, nous pourrions raisonner autrement vu la dépendance au pétrole des Etats-Unis. Mais le monde s’engagerait alors dans des conflits risquant de s’étendre à l'ensemble des puissances nucléaires, chacune d'entre elles prétendant utiliser l'arme atomique à la défense de ses alliés. Nul ne pourrait prédire l’évolution d’un tel processus.

Dans ce cas, l’Europe se désolidariserait-elle, au moins moralement, des Etats-Unis, où accepterait-elle de s’engager derrière eux, avec ses faibles forces, ? Accepter de coupler nécessairement Etats-Unis et Europe dans de futurs affrontements mettant en jeu la sécurité ce que l’on continuera à nommer l’Occident, paraîtra sans doute de moins en moins admissible. Si l’Occident était vraiment menacé, l’Europe qui constitue une part importante de celui-ci, devrait pouvoir rester libre de proportionner sa politique de dissuasion et de défense à l’appréciation qu’elle ferait elle-même des risques. Sinon, elle se retrouverait embarquée dans des aventures hasardeuses analogues à celles provoqués par l’intervention américaine en Irak et la conception très unilatérale que se font les Etats-Unis des risques du terrorisme international.

Mais elle devrait elle aussi préciser les limites de ce qui serait pour elle l'inacceptable. C'est là que l'adoption par l'Europe d'une politique de sortie du tout pétrole lui permettrait de rester beaucoup plus calme au cas où elle ne pourrait plus accéder aux réserves du Moyen Orient. L'Europe est encore loin de l'indépendance énergétique à l'égard du Moyen Orient, mais elle s'y achemine. Quid par contre de la protection de l'intégrité d'Israël? Si l'Europe s'était engagée sans réserve dans le processus de construction de deux Etats coexistants, Israël et la Palestine, et si Israël avait montré sa loyauté dans la mise en oeuvre d'un tel accord, l'Europe ne pourrait pas "lâcher" Israël au cas où des Etats ou mouvements terroristes continueraient à menacer de le "rayer de la carte". Autrement dit, elle devrait faire planer la menace d'une riposte mettant en oeuvre tous ses moyens militaires.

Mais de quels moyens l’Europe disposerait-elle pour être prise au sérieux par le reste du monde quand elle définirait, indépendamment de l'appui américain, les limites qu’elle entendrait ne pas voir dépasser par d’éventuels futurs militarismes arabes (ou asiatiques) ? L’arme économique n’aurait aucun poids, non plus qu’une réponse militaire classique que nul ne prendra au sérieux en l’état actuel des armements des pays européens. Seule la force nucléaire de dissuasion française pourrait être prise au sérieux – étant entendu que l’arme atomique britannique serait, dans le cadre de la relation spéciale avec les Etats-Unis, sans doute indisponible pour une action européenne autonome. Aujourd'hui cependant, on peut craindre qu'au sein d’un éventuel Etat Major européen souhaitant agir indépendamment de l’Otan, nul gouvernement ne voudrait demander à la France de jouer de la menace de ses moyens nucléaires. De même, en France, personne n'accepterait sans doute de voir engager la force nucléaire stratégique au service d’une défense des intérêts israéliens et accessoirement européens au Moyen Orient?

Nous ne disons pas que ces questions resteraient sans réponse. Nous disons seulement qu’il faudra les envisager et y répondre clairement, si les pays européens poussaient les Etats-Unis à se retirer d’Irak. Autrement dit, il faudrait le plus vite possible poser la question, Constitution européenne ou pas, de la politique étrangère et de défense de l’Europe, autrement qu’en termes juridiques, c’est-à-dire en mettant en place concrètement une stratégie extérieure et de sécurité claire, montrant les limites à ne pas dépasser par quelque Etat que ce soit. Au service de celle-ci, il faudrait construire une force européenne d’intervention puissante, susceptible de disposer d’armes de dissuasion crédibles, et dégagée de la dépendance historique à l’égard des Etats-Unis et de l’Otan. On ne voit pas qui en Europe pourrait prendre l'intiaitive de telles propositions, si la France ne le faisait pas et n'acceptait pas d'engager éventuellement ses moyens nucléaires en cas de dépassement des lignes rouges fixées par les Européens. Voici un élément important de discussion qui devrait être abordé pensons nous par les candidats aux élections présidentielles françaises. Mais n'y comptons pas trop. 24/11/05


La "nouvelle Europe", cul de basse fosse de la CIA

Nous avions déjà signalé ici les soupcons qui portaient sur la CIA, laquelle confie à des pays "amis" le soin d'"interroger" les suspects qu'elle ne veut pas traiter elle-même sur le territoire américain. Parmi ces pays amis, il s'avère que se trouvent probablement, selon l'expression même de journaux d'Outre-Atlantique, des Etats représentants la "nouvelle Europe", c'est-à-dire celle qui avait marché fleur au fusil derrière G.W.Bush pour envahir l'Irak. Ces Etats sont soupconnés d'héberger les geoles de la CIA, au même titre que des pays du Moyen Orient qui n'ont rien à refuser à Washington. On n'en fera pas la liste ici, par prudence diplomatique, mais ce sont les mêmes pour qui l'atlantisme servile constitue le seul avenir possible pour l'Europe. Ils s'opposent encore à ce qui reste de représentants de la "vieille Europe", France, Allemagne et Belgique. Malheureusement, cette vieille Europe, par les temps qui courent, mollit de plus en plus dans sa volonté de se démarquer des Etats-Unis. 18/11/05


L'anthropophagie à la source de la "révolte des banlieues"

Je suggère à la pétulante Hélène Carrère d'Encausse d'étudier en profondeur l'hypothèse selon laquelle, à côté de la polygamie, la "révolte des banlieues" ne trouverait pas sa source dans des vestiges d'anthropophagie, résurgents chez certains jeunes - laquelle anthropophagie, comme chacun sait, commence souvent par un grand feu. 18/11/05


Le Parlement européen a approuvé le projet Reach, avec de nombreuses restrictions

On sait que toute la chimie européenne s'était élevée contre l'initiative de la Commission, baptisée Reach (Registration, Evaluation and Authorisation of Chemicals) visant à demander aux industriels de prouver la non-nocivité des quelques 100.000 produits chimiques divers utilisés dorénavant partout. L'ex-commissaire à l'environnement, la Suédoise Margot Wallström a été attaquée en termes ignominieux par certains représentants du Cefic (Conseil européen des fédérations de l'industrie chimique) ainsi que du Médef européen, l'Union des confédérations de l'industrie et des employeurs d'Europe (Unice). Pour la profession, la nocivité ne peut pas se prouver. Elle voulait renverser la charge de la preuve et que ce soit aux utilisateurs ou aux agences gouvernementales de prouver le danger courru. De plus cette réglementation ne pouvant, en droit ou en pratique, s'appliquer aux produits importés constituerait un handicap énorme pour l'industrie européenne. Enfin des tests faits sur 100.000 produits auraient demandé des délais et des financements insupportables - sans parler des millions de lapins et autres souris qu'il aurait fallu sacrifier.

Après des mois de manoeuvres dilatoires et d'un intense lobbying de la chimie européenne, que nous ne relatons pas ici, le Parlement européen a fianelemnt largement approuvé, ce jour 17/11, en première lecture, le projet de nouvelle réglementation des produits chimiques. Le nombre des produits soumis à évaluation a été considérablement réduit, mais, à la surprise des observateurs, les députés ont refusé de décharger les industriels de la charge de la preuve. Selon le texte, il leur incombera désormais de prouver que leurs substances sont sans danger pour la santé et l'environnement. Le compromis passé entre les trois principaux groupes du parlement - conservateurs, socialistes et libéraux - a cependant permis à l'industrie européenne d'obtenir une simplification des tests à fournir lors de l'enregistrement des substances produites en petite quantité (moins de 100 tonnes). Ceci touchera près des deux tiers des produits.

Pour les produits les plus dangereux, les autorisations ne seront délivrées que s'il n'existe pas d'alternatives, et elles seront limitées à cinq ans pour encourager le développement de produits de substitution. Les industriels se plaignent mais aussi les écologistes.

La question des tests et essais n'a pas été directement évoquée, mais on sait que les autorités de santé encouragent les tests en éprouvette sur cultures de cellules humaines, qui sont plus significatives que ceux sur animaux. Un créneau économique important s'ouvre ainsi pour les entreprises de biotechnologies.

La balle est maintenant dans le camp des ministres européens de l'Industrie, co-législateurs avec le Parlement. Les Verts s'indignent. Pourquoi pas les ministres de l'environnement? De plus, l'Allemagne, qui abrite l'industrie chimique la plus puissante d'Europe, a obtenu un report de la décision des 25 prévue fin novembre, afin que le nouveau gouvernement d'Angela Merkel puisse avoir le temps de se pencher sur le dossier. La présidence britannique de l'Union européenne souhaite faire passer le texte avant la trêve de Noël. Mais Berlin pourrait être tenter de durcir sa position, ce qui repousserait l'adoption d'un compromis de plusieurs mois.

Il est difficile, sauf dans des cas extrèmes comme avec la dioxine, de savoir si les milliers de "chemicals" que nous absorbons à tous âges nuisent à la santé et raccourcissent la vie. On peut cependant le penser. Il faudrait cependant comparer avec les conditions de vie dans des sociétés plus traditionnelles où les individus sont, eux-aussi, agressés par des parasites et des bactéries. De plus, le tabac, l'alcool, l'inhalation des gaz d'échappement sont bien pires. Mais il est certain que la frénésie avec laquelle les producteurs (cosmétiques, articles ménagers, alimentation) se ruent sur de nouveaux produits mal testés pour renouveller leurs gammes et gagner quelques profits supplémentaires, est profondément malsaine. Il est bon que les associations de consommateurs et autres Greenpeace puissent s'appuyer sur des essais clairs pour se prononcer. Le projet Reach est donc globalement un progrès. Mais il faudra impérativement que les nouvelles réglementations s'appliquent aux industriels américains, chinois, brésiliens ou autres dont le laxisme environnemental est bien connu, surtout quand il s'agit d'exportation.

Cette actualité conduit aussi à réfléchir au rôle du Parlement européen. Celui-ci semble plus sensible aux préoccupations des citoyens que les représantants des gouvernements et la Commission. Dans certains cas, cela pourrait conduire à des prises de positions démagogiques, mais dans d'autres la résistance des parlementaires pourrait être utile à la démocratie. On l'a vu déjà à propos des brevets logiciels, le Parlement s'étant opposé à la brevetabilité demandée par les industriels d'obédience américaine. Raison de plus pour regretter la non-adoption de la Constitution, qui renforçait le statut du parlement. 17/11/05.

* Sur Reach, voir le point de vue de Detox, dont le nom est tout un programme http://www.wwf.be/detox/fr/solution/reach.htm
* Voir aussi, venant de la Commission http://europa.eu.int/comm/environment/chemicals/reach.htm


Premier bilan de l'Agence Nationale de la Recherche

Créée en février 2005, cette Agence fait état d'un premier bilan, qui a été présenté par le ministre de la recherche François Goulard. Elle financera une première vague de 1 500 projets d'une durée de trois ans maximum, pour un montant de 560 millions d'euros. Au total, 4 500 équipes, dont 800 entreprises, bénéficient de ces crédits, le CNRS en recueillant 30 %, suivi par le secteur privé (19 %). Les fonds, qui ont commencé à parvenir aux laboratoires, devraient être distribués d'ici la fin décembre. En 2006, l'ANR sera dotée de 800 millions d'euros, et de plus d'un milliard d'euros "en régime permanent", selon le ministre.

Le secteur Matière et information recevra 130 millions d'euros pour 220 projets. Viennent ensuite : Biologie et santé (110 millions d'euros, 270 projets) ; Energie durable et environnement (100 millions d'euros, 150 projets) ; Ecosystèmes et développement durable (47 millions d'euros, 120 projets). Enfin, les sciences humaines et sociales devraient récolter quelque 25 millions d'euros, mais au titre des "programmes blancs" faisant partie du volet non thématique des financements de l'ANR. Dotée de 170 millions d'euros pour 670 projets, cette ligne comprenait aussi le financement de "chaires d'excellence" et de projets "jeunes chercheurs".

Il s'agit manifestement de micro-financements, soit en moyenne 400 K.euros par projet. Fallait-il disperser ainsi ou regrouper davantage? Il est difficile de répondre. On peut penser que les projets retenus, même s'ils ne pourront pas compter sur ces seuls financements pour démarrer ou décoller, en tireront une certaine reconnaissance qui leur servira ultérieurement. Mais dans ce cas, il sera utile que l'ANR fasse connaître le moment venu, au delà de la liste des projets retenus (voir sur ce point son site http://www.gip-anr.fr/ ) ce à quoi ont abouti ces projets, qu'il s'agisse d'échecs ou de succès.

Dans ce genre de procédure, se pose aussi la question de la compétence, sinon de l'objectivité des évaluateurs. J'ai entendu certaines plaintes inquiétantes, mais elles émanaient de gens qui n'avaient pas été sélectionnés et qui attribuaient cela au fait qu'ils ne connaissaient pas les bons "réseaux". C'est sans doute à peu près inévitable, les hommes étant ce qu'ils sont. 17/11/05


Se créer des adversaires pour se donner le mérite de les vaincre

Cette stratégie parait primaire. Pourtant elle a toujours réussi dans l'histoire à ceux qui voulaient prendre le pouvoir en détournant les processus démocratiques normaux, c'est-à-dire en jouant sur la peur pour justifier une dictature dure ou molle. Cela avait failli réussir à Le Pen en 2002. Cela a permis à G.W.Bush de mettre la main non seulement sur le pétrole de l'Irak mais sur la société américaine. Je ne remonte pas plus haut dans l'histoire et n'évoquerai pas la Nuit de Cristal ou les premiers pas de Mussolini.

La même stratégie est-elle possible en France? Il suffirait de quelques incidents dans des mosquées et dans des églises pour provoquer une sorte de guerre civile. Il faudrait alors chercher un sauveur. Qui serait-il? Je ne nomme personne, ne voulant pas sortir de ma réserve, laquelle est bien connue des innombrables lecteurs de cette mémorable gazette. 17/11/05


La logique du marquage et de la défense des territoires

Faire des prévisions sur l'évolution des phénomènes chaotiques intéressant les groupes humains est quasi impossible. On peut tout juste tenter d'expliquer l'évènement ayant déjà eu lieu, c'est-à-dire prédire le passé. L'analyse du phénomène des banlieues en utilisant la mémétique, à laquelle j'avais fait allusion dans le dernier numéro, en est un bon exemple. Il y a une semaine, on pouvait pronostiquer que le phénomène de mise à feu des voitures dans les quartiers sensibles allait croître et embellir, touchant toute l'Europe. Les mèmes des incendies se seraient répandus et multipliés sans contrôle. Or c'est le contraire, apparemment et à ce jour, qui semble se produire. Pourquoi? On ne voit pas quel contre-mème aurait pu combattre le premier. Même l'image de Sarkozy, énormément gonflée par ses partisans n'a pu jouer ce rôle, semble-t-il.

C'est alors qu'il faut chercher d'autres raisons, qui n'ont plus grand chose à voir avec la mémétique mais avec la sociobiologie. Tous les groupes humains fonctionnent, notamment à l'échelle du territoire, comme les bandes d'animaux dans la nature. Ces bandes se comportent en super-organismes imposant aux individus le marquage et la défense du territoire contre les bandes étrangères. On a vu une réaction de ce type avec l'attitude de certains habitants se regroupant pour monter la garde dans leur quartier et en éliminer les incendiaires de passage. Très bien en ce cas, et les défenseurs de l'ordre ne peuvent que s'en féliciter - bien que le mouvement puisse dériver en milices territoriales à l'américaine.

Mais un phénomène de cette sorte pourrait jouer d'une façon plus inquiétante. Si des groupes de petite et grande criminalité, ou dans une autre hypothèses des groupes militants religieux extrémistes, considéraient que certains quartiers sont leurs terrains et que nul ne doit s'y aventurer, ils veilleraient à en éliminer les observateurs et contrôles extérieurs. Donc ils calmeraient les jeunes excités et le ministre de l'Intérieur se réjouirait de voir le calme revenu - ou maintenu.

Ceci paraîtra très inquiétant aux bonnes âmes. Voir l'ordre assuré par le crime ou le fanatisme n'a rien de réjouissant. Mais ce sont de tels comportements territoriaux qui rêgnent dans la nature . Rien ne permet de dire que les individus humains ne sont plus sensibles à l'effet des gènes qui depuis des millions d'années leur commandent de se donner des territoires, de les marquer et de les défendre. Dans ce cas, la prévision des évènements devrait pour être efficace combiner la sociobiologie et la mémétique, car les mèmes s'ajoutent aux gènes dans la détermination des comportements globaux finaux. Va-t-on mieux prévoir ou prévenir les troubles après avoir dit cela? Sans doute pas, mais on peut toujours essayer.

J'ajoute que les quartiers périphériques de certaines villes ne sont pas les seuls territoires appropriés par des groupes frôlant le criminel. Il suffit de voir comme agissent les skin heads en Russie, ou bien comment les gens des grands corps dans l'administration française, les grands patrons d'entreprises, les syndicats défendent leurs territoires, y compris si nécessaire contre les intrusions de la justice. 17/11/05


Faut-il s'en prendre à l'ICANN?

Je suis le premier à dénoncer la main-mise des Etats-Unis sur tout ce qui concerne les systèmes et industries de l'information. Je me demande cependant si l'ONU et l'Europe doivent partir en guerre, au sommet mondial de la Société de l'information, contre l'ICANN qui gère les noms de domaines et autres protocoles d'adressage sur l'Internet. Certes l'ICANN est financé par le département du commerce américain, mais ce n'est pas lui qui décide de l'identité et du droit à émettre d'un milliard d'usagers, ni des contenus des 250.000 réseaux privés qui les réuniraient. On le voit mal intervenir en censeur d'aucune sorte, le tollé serait trop grand. En cas de guerre mondiale mettant en danger la sécurité des Etats-Unis, les choses seraient peut-être différentes, mais on n'en est pas là.

Si le monde de l'Internet est dominé par les adresses et entreprises américaines, cela tient à autre chose, qui est la domination économique de cette super-puissance. Si nous voulons réagir, rien ne nous interdit d'émettre et de fournir des contenus à valeur ajoutée intéressants. Que l'on encourage donc la création numérique dans les pays émergents, plutôt que, comme dans la plupart de ceux-ci, mettre sous surveillance policière ceux qui veulent s'exprimer sur internet. Quant à la France, on ne peut pas dire qu'elle consacre des millions à la défense de la spécificité culturelle en aidant quelque peu les éditeurs en ligne.

Sur le Sommet Mondial de la Société de l'Information à Tunis, voir http://www.smsitunis2005.org/plateforme/index.php?lang=fr A première vue, ce serait plutôt le sommet mondial du président Ben Ali. J'imagine mal ce qui en ressortira d'utile, sauf peut-être le micro-ordinateur à 100$ présenté à grand renfort de courbettes devant la générosité américaine. Cette petite machine a été conçue par le MIT, à l'initiative de Nicholas Negroponte, ancien directeur du Medialab. L'Inde voulait développer un projet analogue mais j'ai l'impression qu'elle n'en a pas parlé à Tunis. Nous avions signalé il y a quelques mois un projet français analogue, mais personne ne semble y avoir prêté attention.

Ledit Négroponte a annoncé que cet ordinateur devrait héberger le système d'exploitation Linux. Mais ce n'est pas cela qui va inquiéter Microsoft, lequel s'est présenté comme un sauveur de la Tunisie, en annonçant la création d'un réseau de centres de formation d'enseignants en technologie. "Nous saluons ce projet pour son ampleur et son potentiel", a déclaré Koichiro Matsuura, directeur général de l'UNESCO. . Et comment donc. Pour le moment ces Sommets mondiaux servent surtout de chevaux de Troie pour les Microsoft et autres Google. On n'y entend guère parler des initiatives de l'Europe pour aider le tiers-monde, pas plus cette année que l'année dernière. Mais peut-être ai-je mal suivi les séances. Attendons les communiqués finaux. 17/11/33


La direction générale des impôts passe à OpenOffice
Communiqué par un lecteur

29 millions d'euros. C'est le montant que devrait parvenir à économiser la Direction générale des impôts (DGI) en faisant passer ses 80 000 postes informatiques à OpenOffice.org 2.0 plutôt qu'à Office XP, la suite bureautique de Microsoft.

Le parc informatique de la DGI est actuellement équipé de la suite Microsoft Office 97 et le besoin d'une mise à jour se fait grandement sentir. Alors que la transition aurait pu se faire vers une des évolutions de la suite de Microsoft, en l'occurrence Office XP, la DGI choisit de se tourner vers la suite bureautique Open Source OpenOffice.org, dans sa récente version 2.0 .

Faut-il y voir une volonté de promouvoir l'univers du logiciel libre ? Absolument pas : la décision de la DGI est on ne peut plus pragmatique. Alors que le passage à Office XP reviendrait à 29,5 millions d'euros, le déploiement d'OpenOffice.org sur l'ensemble du parc informatique ne coûterait que 200 000 euros.

La portée de ce raisonnement n'a pas échappé à la Gendarmerie nationale qui a également opté pour OpenOffice.org en lieu et place de la suite bureautique de Microsoft et d'autres projets sont à l'étude au sein des diverses composantes étatiques.

Voici des choses à dire au Sommet Mondial de la Société de l'Information à Tunis


L'Europe participe activement à la recherche des ondes gravitationnelles

On se souvient peut-être que le Conseil d’Administration du CNES du 3 décembre 2004 avait décidé l'engagement des phases B/C/D de la participation française au projet LISA Pathfinder du plan Vision Cosmique de l’ESA. Ce projet spatial (LISA pour Laser Interferometer Space Antenna) a pour objet de détecter les ondes gravitationnelles dont l'existence a été prédite par la théorie de la Relativité Générale. De telles ondes n'ont pas encore été observées directement. A la différence des ondes électromagnétiques, les ondes gravitationnelles interagissent très peu avec les étoiles ou la matière interstellaire ; aussi constituent-elles une source d'information potentiellement exceptionnelle pour étudier l'univers et son évolution. Certains physiciens d'ailleurs doutent de leur existence, ce qui remettrait en cause la Relativité. Mais pour la plupart, il suffit seulement de réaliser les instruments d'une extrème sensibilité permettant d'interagir avec elles. En cas de succès, outre des prix Nobel, ce serait, a dit le Pr Bernard Schutz de l'Albert Einstein Institute et de la Cardiff University, une révélation analogue à celle ressentie par une personne sourde qui découvrirait subitement que le monde émet des sons et qu'il présente donc des dimensions insoupçonnables jusqu'alors.

En 1996, LISA a été approuvé à l’ESA comme une mission « pierre angulaire » de son programme scientifique obligatoire et une coopération entre l’ESA et la NASA a été initiée. Elle a abouti au concept d’un interféromètre à trois satellites, volant en formation, dont le lancement est actuellement prévu en 2012-2013.

Ce pari technologique (développements dans le domaine des lasers ultra-stables, des télescopes, des accéléromètres, des micropropulseurs et de la compensation de traînée) a conduit à décider une mission de démonstration intermédiaire : LISA Pathfinder. La France y participe avec la réalisation d’un sous-système de l’interféromètre de la mission LISA Pathfinder : un dispositif de séparation des faisceaux laser par modulation acousto-optique. Plusieurs laboratoires français regroupés au sein du consortium LISA-France seront coordonnés par le Laboratoire APC (Astroparticules et Cosmologie, Université Paris 7) du CNRS/IN2P3.

LISA Pathfinder sera lancé en 2008 par un petit lanceur européen ou russe sur une orbite de transfert géostationnaire et utilisera son propre module de propulsion pour atteindre son orbite opérationnelle autour du point de Lagrange L1 , à environ 1,5 million de km de la Terre vers le Soleil.

On sait que dans l'immédiat des expériences extrémement délicates d'interférométrie au sol par laser sont menées conjointement en Allemagne (dispositif dit GEO 600), et aux Etats-Unis (Ligo 1 et 2 - Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory), avec l'espoir de détecter simultanément un évènement ou deux, en 6 mois, susceptible d'être attribué aux phénomènes cosmiques extrémement violents capables de créer des ondes gravitationnelles détectables sur la Terre.

Pour en savoir plus
GEO 600 http://www.geo600.uni-hannover.de/
Ligo http://www.ligo.caltech.edu/
Lisa vue par la Nasa http://lisa.jpl.nasa.gov/
Lisa vue par l'Esa http://sci.esa.int/science-e/www/area/index.cfm?fareaid=27 LISA is an ESA-NASA mission involving three spacecraft flying approximately 5 million kilometres apart in an equilateral triangle formation. Together, they act as a Michelson interferometer to measure the distortion of space caused by passing gravitational waves. Lasers in each spacecraft will be used to measure minute changes in the separation distances of free-floating masses within each spacecraft.


Les nouvelles souches de H5N1 déclencheraient des explosions de réponses immunitaires qui tueraient le patient

Selon une étude de chercheurs de Hong Kong publiée par la revue en ligne Respiratory Research, les nouvelles souches mutantes du virus H5N1 analysées récemment seraient particulièrement meurtrières parce qu'elles déclencheraient une sur-réaction explosive du système immunitaire. Celui-ci noierait le malade sous un afflux de cytokines, produites par lui et comprenant IP-10, interferon beta, RANTES et interleukin-6. Cette réaction serait particulièrement forte chez les patients jeunes et vigoureux, ce qui expliquerait le nombre élevé de morts parmi ceux-ci. Si cette conclusion était juste, il faudrait, outre les antiviraux, administrer des déprimants du système immunitaire - avec les risques induits que l'on devine en cas d'infections surajoutées.

Ces caractéristiques rapprocheraient de plus en plus les nouvelles souches mutantes de H5N1 du terrible H1N1 1918, récemment reconstitué par des scientifiques américains, qui a fait entre 20 et 200 millions de morts, sous le nom de grippe espagnole.

Pour en savoir plus
Voir l'article Proinflammatory cytokine responses induced by influenza A (H5N1) viruses in primary human alveolar and bronchial epithelial cells http://respiratory-research.com/content/6/1/135


Xplora

Connaissez-vous Xplora, http://www.xplora.org/ww/fr/pub/xplora/index.htm .C 'est le nouveau portail européen pour l'enseignement des sciences. Il s'adresse aux enseignants, aux élèves, aux scientifiques, aux communicateurs scientifiques et aux éducateurs scientifiques. Lire des nouvelles sur l’enseignement des sciences, des conseils pédagogiques, et des idées pour enseignants. Que peut-on y faire? Je cite:
• Effectuer une recherche dans la base de données de sites Web et de ressources d’apprentissage numériques pour l’enseignement des sciences
• S’inscrire pour utiliser nos communautés en ligne et participer à des discussions en ligne
• Avoir un aperçu des approches et projets scientifiques pratiques et innovants
• Recevoir des descriptions d’outils code source libre disponibles gratuitement pour l’enseignement des sciences
• En savoir plus sur les projets Pencil et Nucleus qui offrent leur soutien au portail Xplora

Le portail Xplora est géré par European Schoolnet, réseau de 28 ministères européens de l’Education. Ce portail reçoit le soutien de PENCIL, projet financé par la Direction générale Recherche de la Commission européenne sous le thème Science et Société. Le projet PENCIL entre dans le cadre de Nucleus, groupe de projets pédagogiques scientifiques qui implique les plus grands laboratoires de recherche d’Europe. L'Europe de l'enseignement bouge un peu. Mais qui le sait en France? J'en ai parlé à des amis de l'Education Nationale, sans obtenir de réaction.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les projets pédagogiques en cluster rassemblés par Xplora, voir dans la page Nucleus http://www.xplora.org/ww/fr/pub/xplora/nucleus_home.htm les actions PENCIL, ESTI, CISCI, Scienceduc and Volvox.

Pour ses débuts, Xplora publie un chat (il est vrai en anglais - l'anglais y régnera sans doute en maître) de 400 élèves du secondaire avec Ray Kurzweil sur le thème: Comment construire un cerveau. Voir http://www.kurzweilai.net/meme/frame.html?main=/articles/art0623.html.
16/11/05


Initiative pour "Partager l'excellence"

On ne peut que saluer l'initiative de la Conférence des grandes écoles (voir Le Monde http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-710390,0.html. L'enseignement supérieur dans son ensemble doit s'engager dans la mobilisation nationale pour l'égalité réelle des chances. Chacune des 175 institutions d'excellence de la Conférence des grandes écoles doit parrainer, à la rentrée prochaine, l'un des 130 lycées des zones d'éducation prioritaires. Chacune doit proposer tutorats, soutiens scolaires et aides à l'orientation, jumelages, voire préparations intégrées, ou mises à niveau après un recrutement parallèle. Si ceci s'accompagnait d'une liaison permanente entre ces établissements par des liaisons haut débit, du type de celle qui commencent (timidement) être mises en place entre certaines universités et leurs étudiants, beaucoup de compétences pourraient assez vite être partagées. Affaire à suivre. 16/11/05


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/05-13111/index.htm