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La Gazette N° 130 en date du 15 novembre 2005

Par Jean-Paul Baquiast


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Retrouver ce numéro sur notre site à http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/05-13011/index.htm

A lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:

* Colloque du Sénat (2/11/05) sur la stratégie spatiale européenne. Compte-rendu et notes http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/68/espace.htm

* Pour que l'Europe devienne une société spatio-centrée http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/68/societespatiocentree.htm

Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent d'un blog. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter le blog de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/

D'autres blogs se sont depuis saisis du problème. Citons Le Drakkar noir http://drakkar-bleu-noir.over-blog.com/
et influenzah5n1over-blog http://influenza.h5n1.over-blog.com/liste-article-blog.php

Nous publions cette photo en hommage au travail fait depuis plusieurs mois, bien avant les prises de conscience officielles, par le docteur Michel Vermeulen sur son blog, afin de nous avertir de la menace grandissante de la pandémie. Inutile de dire que nous prenons cette initiaitive sans lui en avoir demandé l'autorisation - qu'il aurait sans doute refusée par modestie.

J'ajoute, à la date du 15/11, que si on en parle moins, les progrès de la grippe aviaire et la virulence de la souche H5N1 ne cessent d'augmenter. Il faut moins que jamais renoncer à se préparer, y compris, comme je l'ai répété plusieurs fois, au niveau des collectivités locales.


Pour un projet national de développement et d’intégration (PNDI)

Nous ne pouvions pas ne pas intervenir dans le débat national intéressant ce que l'on appelle parfois "la crise des banlieues". Mais nous avons essayé de le faire en nous inspirant de l'esprit qui anime notre revue et, sans doute aussi, ses lecteurs.

Ce texte n'est qu'une première rédaction, qui méritera d'être précisé. Nous le publions sur nos différents supports, pour aider à créer une discussion. Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin, pour Automates-Intelligents


Soyons vraiment visionnaires et irréalistes. Imaginons un nouveau modèle français de développement et d'intégration.

Nos amis étrangers peuvent rire de la faillite du modèle français d'intégration, nous ne devons pas nous laisser intimider et renoncer à cet idéal, malgré des difficultés ressenties d'ailleurs depuis longtemps.
Mais ce n'est pas le modèle libéral anglo-saxon qui va venir à notre secours. C'est à nous de faire le très grand effort d'abandonner les vieilles idées et de nous placer dans les perspectives technologiques et politiques qui seront celles du XXIe siècle afin de donner à ce modèle français une nouvelle jeunesse. Cette note constitue un premier projet en ce sens.

Le développement des zones défavorisées et l'intégration des exclus de l'actuel système à la française supposent plusieurs approches différentes mais convergentes qui pourraient être rassemblées dans un projet national de développement et d'intégration (PNDI), allant bien au-delà des politiques actuelles de la ville ou de la cohésion sociale. Quelles en seraient les bases ?

1. Faire appel systématiquement aux nouvelles sciences et technologies à la fois pour créer de nouvelles activités et pour enseigner de nouvelles compétences et de nouveaux savoir-faire. On pourra se placer dans la perspective des zones franches et des pôles de compétitivité, mais pas exclusivement.

La France est en train de perdre la course aux innovations scientifiques et technologiques. Il faut rattraper ce retard mais le faire de façon immédiatement utile à l'objectif général du PNID. Citons :

  • Les nouvelles technologies de construction et d'aménagement de l'espace. De nombreux matériaux et méthodes architecturales à la fois économiques et «verts» permettent de concevoir de nouveaux habitats échappant aux contraintes de la construction traditionnelle.
  • Les nouvelles technologies d'économie d'énergie et de production d'énergies renouvelables de proximité. Celles-ci sont les compléments des précédentes. On y associera les technologies généralement spatiales permettant de mieux gérer les ressources naturelles, lutter contre l'effet de serre, etc.
  • Les nouvelles technologies de transport sur de courtes distances, permettant les désenclavages. Plus difficiles à mettre en oeuvre car devant s'inscrire dans des zones déjà très occupées, elles peuvent pourtant dans certains cas être intéressantes.
  • Les nouvelles méthodes de la formation et de l'éducation en réseau. Tous les usages sociétaux de l'Internet et du multimédia en découlent, y compris les loisirs et la création artistique. Là comme dans les deux cas suivants, les ressources potentielles sont immenses, mais leur déploiement est bloqué par le conservatisme général.
  • Les nouvelles méthodes de suivi sanitaire et médical en réseau.
  • Et finalement tous les métiers de l'informatique et des télécommunications, depuis la fourniture de services et contenus jusqu'à la maintenance et l'aide à l'appropriation.

    Tout ceci n'a rien d'original. C'est ainsi que l'Inde s'efforce de faire, de façon un peu différente et avec des difficultés bien supérieures aux nôtres, dans le cadre de son projet global dit de « Ressources de village ".

2. Sur la base de ce qui précède, requalifier les acteurs existant et créer systématiquement de nouveaux acteurs. Il existe actuellement des administrations, des entreprises, des associations et des bénévoles ayant une expérience dans ces domaines, mais rien ne les incite à embaucher et former les dizaines voire centaines de milliers de jeunes (ou retraités expérimentés) susceptibles d'assurer les ressources humaines nécessaires au PNID. Lorsque ces acteurs ont disparu ou n'existent pas il faut en créer de nouveaux. On partira de l'idée que sur tout le territoire existent des germes ou des pilotes pour la création de nouvelles activités. On fera appel à eux pour créer des pôles locaux de développement et d'embauche, dans le cadre de programmes couvrant autant que possible l'ensemble des besoins ressentis.

Comment procéder en pratique ? Une solution consisterait à ouvrir de très nombreux "chantiers" sur tout le territoire, visant des objectifs concrets: construire ou reconstruire des logements ou un quartier, monter des ateliers de production d'énergie, installer des centres de formation aux nouvelles technologies ou par les nouvelles technologies, etc. Ces initiatives devraient être financées "à perte" pendant plusieurs années, comme indiqué ci-dessous. Elles pourraient donc recruter de nouveaux stagiaires et salariés, à partir de l'apport d'entreprises ou d'administrations existantes. Celles-ci seraient également subventionnées pour participer et élargir leurs activités. Les collectivités locales, essentiellement les maires, joueraient un rôle important dans la mise en place et le suivi du dispositif.

3. Résoudre la question des crédits et des modèles économiques, en refusant délibérément les contraintes actuelles. Si on considère que toute nouvelle activité doit être financée dans la perspective d'un retour sur investissement quasi immédiat, on ne peut rien faire - ceci qu'il s'agisse des budgets publics ou privés. Pour échapper à ce blocage, il faut partir du principe que, sans des solutions budgétaires et comptables révolutionnaires (quoique jadis déjà expérimentées en temps de guerre dans les pays capitalistes eux-mêmes), la collectivité nationale périclitera dans une suite successive de crises de plus en plus graves.

Autrement dit, il faudrait en revenir aux solutions d'interventionnisme de type keynésien. Rappelons que pour Keynes, afin de sortir de la crise de 1929, il fallait que l'Etat fasse sans souci immédiat de bénéfice, les dépenses de relance nécessaires, notamment en grands travaux. Adapté à notre époque, le keynésianisme signifie qu'il faut accepter des déficits publics de plusieurs dizaines de milliards d'euros supplémentaires pour financer - momentanément à perte - les investissements indispensables. Les bénéfices ne se feront sentir qu'à long terme mais alors ils pourraient dépasser largement les mises initiales.

Ces investissements seraient-ils générateurs d'inflation ? En fait, pratiquement pas et ceci pour deux raisons. D'une part parce que les ressources nécessaires aux investissements ou résultant de l'augmentation des salaires distribués seraient très largement prélevées sur des réserves aujourd'hui disponibles et très largement sous-employées (pas besoin d'importer). D'autre part parce que les dépenses engagées se traduiraient à échéance de quelques années par de nouveaux produits ou usages susceptibles d'être commercialisés, y compris à l'exportation. Ajoutons que le fait d'avoir formé et fait travailler dans des créneaux porteurs des centaines de milliers de jeunes serait à lui seul à la fois un investissement humain essentiel et une façon d'éviter les pertes résultant des désordres qui nécessairement se produiraient autrement.

Le seul problème à résoudre - si on accepte ce point de vue - est de mettre au point un dispositif permettant des prêts à terme de 10 à 20 ans, et les procédures de gestion destinées à éviter les gaspillages et abus de toutes sortes - qui ne manqueront pas de se produire (comme dans les économies de guerre d'ailleurs). Ceci n'a rien de particulièrement difficile. Ce l'est moins en tous cas que tenter de moraliser les comportements de la finance internationale.

4. Faire admettre un tel PNDI aux autres pays européens. Comme ceux-ci sont, de façon différente, menacés par des ruptures violentes du type de celles ayant commencé à se manifester en France, il serait sans doute facile à notre diplomatie de négocier des statuts dérogatoires des règles de la zone euro, de l'union européenne et de l'OMC dont pourraient se prévaloir tous nos voisins.

Ajoutons que ce programme permettrait aux Européens de lancer de nombreuses actions de co-développement avec les pays d'Afrique, afin d'y créer sur place une activité indispensable.

Note: un exemple à citer parmi de nombreux autres possibles: http://fab.cba.mit.edu/. Mais cela se passe aux Etats-Unis. Il s'agit du fameux Massachusetts Institute of Technology MIT)


 

 

Entre Google et Microsoft, y a -t-il un salut pour la Grande Bibliothèque Européenne?

On sait que le projet de Grande Bibliothèque Européenne, lancé par le président de la Bibliothèque Nationale française, vise à unir de grandes bibliothèques européennes pour mettre en place une offre numérique en coopération. Deux réunions à Oslo et à Luxembourg ont déjà eu lieu. Des propositions concrètes devraient être faites pour fin 2005, début 2006. Mais, vu de l'extérieur, il semble que les discussions techniques entre bibliothécaires et documentalistes fassent rage: comment organiser les corpus, les référencements, quels ouvrages saisir? Pendant ce temps là, Google et maintenant Microsoft forcent la marche, en débauchant dans les rangs européens. C'est ainsi que Bill Gates vient d'annoncer avec Lynne Brindley, directrice de la British Library, un accord visant à mettre en ligne 100.000 titres à partir de 2006.

Il faut bien voir que désormais les projets de numérisation et d'offres commerciales associées explosent. C'est Google et Microsoft qui mènent la danse, en entraînant avec eux une foule d'entreprises apportant de la valeur ajoutée. Google et Microsoft jouent sur les deux tableaux pour être présents, celui de l'accès ouvert (open source) et celui de l'offre commerciale attachée. Il y aura de plus en plus d'acteurs qui feront de même, comme Internet Archive, promoteur de l'Open Content Alliance. Ils promouvront la carte de la numérisation de la production créatrice de l'humanité, supposée être gratuite d'accès. Mais on n'y perdra pas le sens des affaires, comme le montre la visite attentive de leurs sites.

De plus, et c'est bien ennuyeux pour la diversité culturelle et en particulier pour la francophonie, tout ceci se fait en anglais et est considéré par l'administration américaine comme une façon soft (softpower) de diffuser l'influence de leur "civilisation", y compris chez les adversaires les plus résolus. Ainsi sera détournée la délibération récente de l'Unesco sur la diversité culturelle. 14/11/05

* Internet Archive http://www.archive.org/
* Open Content Alliance http://www.opencontentalliance.org/


Perspectives de dégradation écologique du Bassin méditerranéen

Le Plan Bleu, organe des Nations Unis pour le suivi développemental et environnemental de la Méditarranée, vient de publier un rapport alarmant (un de plus) sur la dégradation de l'accès aux ressources naturelles, notamment à l'eau, qui atteindra les pays riverains d'ici 2025. Loin de s'atténuer, la fracture entre les pays du nord et ceux du sud ne fera qu'augmenter, avec une quasi disparition des activités agricoles dans ces derniers. L'urbanisation sauvage et l'émigration incontrôlée se poursuivront en conséquence. Même si la marche à l'aridité croissante tient à des facteurs généraux dépassant largement la Méditerranée, des mesures palliatives pourraient être prises, mais elles nécessiteraient des investissements massifs au sud de l'ensemble des pays de l'Union Européenne. On peut toujours rêver. 14/12/05

* Lire la présentation du Rapport http://www.planbleu.org/actualite/fr/Mediterranee2025.html . Qu'attend l'ONU pour le mettre en ligne?


La Pologne fait tout pour se faire détester par ceux qui croyaient encore aux valeurs européennes

L'élargissement de l'Union européenne à la Pologne est faite. Nul ne peut y revenir. Mais ceux qui s'étaient réjouis de voir entrer ce pays censé être ami de la démocratie dans l'Europe se demandent maintenant si ce n'était pas le cheval de Troie des pires conservatismes qui entrait. Aujourd'hui le choix du gouvernement Kasimierz Marcinkiewicz de s'appuyer sur deux formations extrémistes, les catholiques ultras de la Ligue des familles polonaises et les populistes de Autodéfense, marque une dérive à l'extrème-droite bien pire que celle reprochée à l'Autriche par l'entrée au gouvernement du Parti de la Liberté du populiste Jörg Haider. Il serait question de rétablir la peine de mort, parmi autres idées constituant le fatras idéologique de la nouvelle Pologne. Alors l'Europe avait fermement réagi. Mais aujourd'hui, l'atonie politique de l'Europe est telle que personne ne met Varsovie en garde contre ces dérives. A quand le fascisme? Merci, une nouvelle fois, à Laurent Fabius. Il a l'Europe qu'il voulait. Cela lui permettra de faire des effets de manche. 13/11/05


Observation de la Terre

J'extrais de l'intervention de José Achache, président du GEO Global Earth Observatory (voir http://www.automatesintelligents.com/manif/2005/crespaceprogramme.html) les propos suivants (résumé):

" Le problème à résoudre concernant l'observation de la Terre n'est pas celui des observatoires, mais celui de la diffusion des informations recueillies. La première initiative du GEO sera un Geo-netcast sur le modèle du Broadcast en télédiffusion. Il sera étendu à l'échelle globale et offrira une fonction remontante.

L'initiative peut-elle être confiée à l'industrie ? Sans doute, mais à quelle industrie ? Choisir un partenaire industriel oblige à adopter son business model. En France, on s'était initialement trompé. Produire de l'image brute et de la vendre, comme avaient fait Spot Image initialement ou Envisat, ne répond pas aux besoins d'aujourd'hui. Avec Spot 5, suivi des mini-satellites Pléiades, Spot Image a évolué. Il cherche les applications, voire les «entertainments» qui permettent de diffuser plus largement. (NB/ Voir http://www.spotimage.fr/html/_65_.php).

Pour cela, deux voies sont possibles. La première est celle de l'Inde où l'initiative est publique voire gouvernementale. On n'attend pas de connaître ce que veut le public, on réalise et on adapte ensuite. C'était assez dans la culture européenne ancienne, mais aujourd'hui l'esprit ne semble plus là.
La deuxième voie est privée. Elle fait appel au marché. C'est celle de Google Earth version professionnelle, qui est payante. Les grandes entreprises fournisseurs d'information arrivent sur ce marché, par exemple Microsoft. GEO est un système d'information. Cela les intéresse. On notera que Microsoft s'est allié avec l'INRIA français précisément pour réutiliser les recherches françaises en matière de grands systèmes d'informations.

Le problème pour l'Europe est qu'il n'y a pas d'industriels européens dans ce créneau. Il s'agit pourtant d'un secteur clef entre le spatial et les utilisateurs de données, où les Européens s'ils ne font rien perdront leurs compétences traditionnelles.
Il faudrait évidemment que les entreprises européennes se positionnent d'urgence dans la fourniture des services et des applications spatiales. GMES a donné à l'Europe 3 ans d'avance. Mais si elle ne fait rien, cette avance disparaîtra rapidement. Google et Microsoft auront capté le marché".

Certes, mais (c'est moi qui ajoute) en France, l'alliance Microsoft-INRIA a été saluée comme une démarche très généreuse de la firme de Redwood. Pour quelques centaines de milliers d'euros, elle s'est en effet ouvert une porte lui permettant d'accéder à des compétences sans prix. 12/11/05


Lancement réussi de la sonde européenne Vénus Express.
Source AFP

La sonde européenne Venus Express a été lancée mercredi avec succès vers Vénus à l'aide d'une fusée Soyouz-Frégate à partir du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, marquant ainsi le premier pas de l'Europe vers Vénus. La fusée s'est élevée à 03H33 GMT et la sonde s'en est séparée environ une heure et demie après le lancement pour entamer un voyage de 163 jours, soit un peu plus de 5 mois, pour atteindre la planète.

Jean-Yves le Gall président de Starsem, la société chargée du lancement, a salué une "mission parfaite", ce qu'a confirmé Jean-Pierre Cau, responsable du programme scientifique chez EADS Astrium, maître d'oeuvre pour la construction de la sonde, dàs la réception du premier signal de l'engin.

Venus Express, qui restera sur orbite autour de la planète pendant 500 jours, a pour mission essentielle d'étudier l'atmosphère de Vénus - composition, températures - a précisé l'Agence spatiale européenne (Esa). Cette atmosphère est "unique dans le système solaire et la comprendre est très important", a souligné un des scientifiques de la mission, Hakan Svedhem. Très dense et chaude, elle est constituée à 96% de dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2). On y trouve également de l'azote, du dioxyde de soufre (SO2) et de la vapeur d'eau. Par ailleurs, à une soixantaine de kilomètres d'altitude, les vents soufflent, pour une raison inconnue, à quelque 400 km/h.

Venus Express, construite sous la maîtrise d'oeuvre de la société EADS Astrium, est la première sonde européenne à être lancée vers Vénus. Jusqu'à présent, seules des sondes américaines et soviétiques ont été envoyées vers cette planète depuis 1961, dont Mariner 2 (USA - 1962) qui a été la première à la survoler, ou Venera 7 (URSS - 1970) qui s'y est posée en douceur.

Ajoutons que ce succès était très attendu à l'ESA. Un échec dû au lanceur aurait pu porter une ombre sur la coopération avec la Russie, à la suite de la série noire enregistrée précédemment. 10/11/05

Halte à la destruction du PS par les Fabius, Mélanchon et autres arrivistes

Il est insupportable aux militants du PS ayant voté pour les autres motions que la motion Fabius de voir les tenants de celle-ci discréditer sur tous les médias le comportement démocratique interne de ce parti. Par arrivisme persoonel, ils font un grand tort non seulement au PS mais à la vie politique en général. Quelqu'un ne va-t-il pas leur montrer fermement la porte? 10/11/05

PS au 14/12. Des lecteurs m'ont reproché d'ostraciser Fabius (lequel je suppose s'en moque car ma faible voix ne monte pas jusqu'à lui).. Mais je persiste et signe, comme qui vous savez. C'est par sa faute, et je crois exclusivement par sa faute, par sa volonté de se positionner avant l'heure dans la course à la présidentielle, que les Oui ne l'ont pas emporté au référendum. C'est donc par sa faute que, comme on le constate à présent, la France a perdu toute autorité en Europe, face aux libéraux du clan anglo-saxon et est-européen. Le renvoi du directeur général (transport-énergie) français François Lamoureux, dont le grand défaut était, outre d'être socialiste, de croire à la régulation par la Puissance Publique, en est une preuve parmi de nombreuses autres.


Les grands frères

Les ministres de l'intérieur les plus répressifs - et l'histoire récente de la France en a connu - ne se sont jamais mis dans la situation périlleuse où se trouve l'actuel détenteur du poste, face aux difficultés réelles du maintien de l'ordre. Aller jusqu'à s'exposer personnellement, et avec soi la dignité de l'Etat républicain tout entier, en échangeant des injures avec les manifestants, ne peut que mal tourner. Au mieux, on en arrivera à devoir faire appel pour éviter l'intifada aux islamistes de quartiers (les prétendus "grands frères" qui scandent sans surprendre personne "Allah est le plus grand" dans les rues), au pire on fera appel à la troupe, comme le suggérait parait-il un CRS épuisé par 3 nuits sans sommeil. On comprend celui-ci mais on imagine la suite. Pendant ce temps là, les associations républicaines de quartier, comme le rappelle justement la présidente de "Ni putes ni soumises", se sont vues privées de toute aide. Même si les mots employés par le ministre n'ont pas à eux seuls été les fondements de la crise, ils ont manifestement mis le feu aux poudres. On peut penser que si ce ministre avait été un autre, il ne se serait rien passé. Pour l'avenir, on voit mal le ministre en question porté à la tête d'un grand pays comme la France. Où nous embarquerait-il?

Ceci étant, bien qu'il soit hasardeux de donner des conseils, il faut réfléchir à ce qui se passe. Manifestement, on se trouve principalement dans la situation toujours redoutable des comportements mimétiques (ou mémétiques). Des images diffusées très largement contribuent à la reproduction (avec sans doute une virulence toujours accrue) des "virus" initialisés par les agitateurs du début. En théorie, le mal pourrait s'étendre sans limite, sauf à provoquer des crises désastreuses. Il fallait évidemment tout faire pour éviter d'enclencher un processus qui échappe sans doute à ses propres acteurs. Le mal étant fait, il faut désamorcer. Engager un contre-processus lui-même mimétique (ou mémétique) de répression militarisée ou d'auto-défense ne pourrait qu'accélérer la course au désastre. Veut-on créer une situation analogue à la confrontation historique entre Israël et les Palestiniens, dont nul ne sait plus comment sortir? Mais comment désarmer? Ce sera certainement, comme les maires le demandent, par une action très explicite réunissant la gauche et la droite, et non par une exploitation à fins partisanes de la situation, dont seul le FN sortira gagnant.

Quant à la théorie du complot, celle de la main invisible ayant programmé le cycle d'agitation, on peut y voir aussi bien un complot des islamistes qu'un complot des plus radicaux de la majorité actuelle, visant à créer une situation leur permettant de s'affirmer. Franchement, nous ne croyons ni à l'un ni à l'autre - sauf preuves du contraire. Mais ce qui n'était pas un complot initialement peut le devenir. Les déstabilisateurs de toutes sortes, y compris outre-atlantique, doivent effectivement faire converger leurs regards sur la France, en se demandant comment tirer parti de la situation.

Sur la mémétique, on lira le livre récent de notre ami Pascal Jouxtel, "Comment les systèmes pondent", chez Le Pommier. La mémétique ne donnera sans doute pas au gouvernement tous les moyens pour résoudre le problème des banlieues. Mais elle aidera à prendre des vues plus globales. Celles-ci ne traiteront pas le phénomène profond, qui est l'incapacité de la société française actuelle à intégrer les immigrants. On ne dira donc pas que les émeutiers sont des virus - on voit les conséquences de telles assimilations. Ce sont les images qui sont des virus. Mais il sera bon d'examiner comment fonctionnent les super-organismes dont ils sont les agents, avec quelles informations ou messages ils se fortifient. De même, il faut étudier la question des ghettos. Ceux-ci constituent des super-organismes différents de ceux que sont les bandes, mais très liés à elles. Il faut aussi tenter de les étudier un peu scientifiquement, à la lumière de la mémétique notamment. On ne leur appliquera évidemment pas les mêmes outils d'analyse que ceux utilisés traditionellement pour analyser la banlieue parisienne. 05/11/05

Pascal Jouxtel vient d'ouvrir un blog sur la mémétique http://systempondent.over-blog.com/

PS au 14/11. Rien de plus à ajouter à ce jour, sinon une observation sur la popularité de Nicolas Sarkozy. Il serait, d'après un sondage sur les conditions duquel on peut s'interroger, considéré par 55% des Français comme le mieux à même de faire face aux "émeutes". Mais, dans l'autre sens, cela veut dire que 45% des Français le considèrent comme peu apte dans ce rôle. Ce qui est beaucoup, alors que la plus large unanimité serait utile. Pour ma part je considère que ses propos sur la racaille, dans lesquels il persiste et signe, ou sur l'expulsion des étrangers (assimilés abusivement aux manifestants) restent des boute-feux permanents. Manifestement, il prépare plus sa candidature à la présidentielle (en espérant, d'ailleurs vainement sans doute, recruter des voix à l'extrême droite) que véritablement calmer le jeu. S'il voulait le faire, il rétablirait rapidement la police de proximité, sans parler d'autres mesures plus pacifiques. Sur la police d eproximité, on pourra lire Police de proximité, nos politiques de sécurité par Sébastien Roché, DR au CNRS, Le Seuil.


Les Etats-Unis se préparent contre une pandémie de grippe

George Bush a compris qu'il ne pouvait rester sans réagir face aux risques de pandémie de grippe aux Etats-Unis. Il a pris des décisions qui seraient bien utiles à l'échelle de l'Europe toute entière, laquelle demeure très largement non préparée. Il s'agit (Le Monde, 03/11/05, p. 3) de demander 7,1 mds de dollars au Congrès pour financer un plan de grande ampleur. Ce plan comporte pour 2,8 mds le développement d'unités de production de vaccins contre la grippe (assorti d'une protection juridique promise aux industriels poursuivis par des patients se disant victimes d'effets secondaires). 20 millions de doses de vaccins seront achetés pour 1,5 mds (lorsque la formule du vaccin adéquat sera connue). 1 md ira aux traitements antiviraux et 800 mns à la recherche. On ne voit pas pourquoi la Commission européenne ne proposerait pas un tel plan, même si les questions de santé demeurent de la compétence nationale. Il s'agit d'urgence. On ne peut pas arguer du fait qu'il n'y a pas de crédits communautaires ou que les compétences de la Commission ne le permettent pas. 03/11/05


Le Land de Bavière en tête des efforts de politique industrielle

Il faudrait en France saluer l'audace du ministre-président CSU (et non social-démocrate comme je l'avais précédemment écrit par erreur) de Bavière, Edmund Stoiber qui a su, malgré l'étroitesse des marges budgétaires, développer dans ce Land un intéressant modèle de politique industrielle. Il avait vendu en 1994 les participations du Land dans des entreprises traditionnelles et utilisé ces sommes à financer des projets en formation, recherche, transfert de technologies et exportation. 1,35 md d'euros (Le Monde 03/11/05, p.4) ont ainsi été consacrés à promouvoir les biotechnologies et les TIC. Les exportations bavaroises, en conséquence au moins partielle de cet effort, ont doublé en 10 ans, pour atteindre la somme (énorme) de 120 mds en 2004. Par ailleurs le gouvernement bavarois encourage les financements d'infrastructures de transport, notamment dans le rail. Il intervient enfin le plus souvent possible pour préserver l'emploi en cas de restructuration, sans compromettre la recherche d'efficacité des entreprises concernées. On dira que ce tableau est sans doute trop rose, mais au regard de l'inaction d'inspiration libérale caractérisant d'autres Lander ou d'autres Etats européens, le modèle mériterait d'être pris en exemple.

On imagine ce qu'auraient dit les syndicats si un gouvernement français avait vendu 5% de EDF et de la SNCF pour financer la recherche et les entreprises high tech qui nous font maintenant tellement défaut. 03/11/05

Annexe. J'ai répondu, pour une dame travaillant en vue du sommet mondial de la société de l'information, à un petit interview. Je vous joins mes réponses, non par amour-propre d'auteur (?) encore que vous seriez en droit d'en douter, mais pour rappeler un passé proche encore d'actualité.15/11/05

Comment êtes-vous arrivée, en 1998 à la tête de la mission qui portait votre nom, « mission de proposition sur les apports d’Internet à la modernisation du fonctionnement de l’Etat » ?

J’ai exercé pendant toute ma carrière des responsabilités dans la mise en place de l’informatique dans l’administration. Bien qu’ancien élève de l’Ecole Nationale d’Administration et ne connaissant donc pas au départ les ordinateurs, je m’y suis intéressé dès mes premiers postes. En 1985, j’avais été nommé secrétaire général d’un Comité interministériel de l’informatique auprès du Premier ministre, poste que j’ai occupé jusqu’en 1995.

A partir de cette date, j’avais été affecté à une mission préparant le passage de la France à l’euro, où j’ai traité les questions informatiques. Mais j’avais été par des collègues alerté sur le démarrage d’Internet, dont l’administration se méfiait alors énormément. J’ai donc créé à titre bénévole une petite association, Admiroutes (pour autoroutes de l’information dans l’administration) qui a ouvert un site (www.admiroutes.asso.fr), où nous avons publié des articles sur Internet au service de la réforme administrative. Vous pouvez retrouver ces textes, qui n’ont plus qu’un intérêt historique, mais que je conserve jusqu’à nouvel ordre, sur la page archives de ce site, soit http://www.admiroutes.asso.fr/index2.htm

J’en profite pour saluer le travail de mon ami Christian Schérer, qui a créé un site à la même époque, très actif, mais ouvert sur la société toute entière. Il s’agit d’Adminet, lequel est plus que jamais actif et rend beaucoup de services http://www.adminet.com/index_fr.html

Lorsque le Premier ministre Lionel Jospin est arrivé au pouvoir, ses collaborateurs connaissaient mon site et m’ont fait demander par le PM et le ministre de la fonction publique un rapport pour préciser le volet « modernisation de l’administration » du programme gouvernemental pour la société de l’information, lancé en 1997.
J’avais aussi déjà publié des livres sur ce sujet.

Pouvez-vous nous rappeler les axes de votre mission, en quoi consistait-elle exactement ?

Il s’agissait de faire un rapide bilan de la pénétration des nouvelles technologies et de l’Internet dans les 3 fonctions publiques (Etat, santé, collectivités locales), de recenser les nombreux blocages et de faire des propositions. Vous trouvez un résumé de ce rapport à http://www.admiroutes.asso.fr/mission/index.htm.

Quel était le niveau de participation de l’Etat français dans la société d’information à l’époque où la mission a débutée et au moment où elle est arrivée à sa fin ?

Mon rapport a été fait très vite (3 mois) car je connaissais bien la question. L’attitude de l’Etat n’a pas changé en 3 mois. Disons que les ministères ne connaissaient que l’informatique, qu’ils utilisaient à des tâches de gestion, d’ailleurs indispensable. Cependant quelques services pilotes, à l’équipement, à la culture, ont commencé à numériser certains textes et ouvrir de petits sites Internet. Mais ils le faisaient sans moyens suffisants.

Ce rapport a contribué j'espère à sensibiliser les administrations sur la nécessité d’aller plus loin. Mais, contrairement à ce que je préconisais, les ministres se sont limités au début à utiliser Internet comme une vitrine : présenter le ministère et ses fonctions. Ce n’est qu’après 2 ou 3 ans qu’ils ont commencé à proposer des téléprocédures : par exemple au ministère des finances ou dans le domaine social.

Comme tous les auteurs de semblables rapports, j’avais sous-estimé les résistances, y compris la volonté gouvernementale de les combattre. J’avais proposé qu’en 2001 ou 2002 l’essentiel du travail soit fait, ce qui n’a été évidemment pas le cas…D’autant plus qu’est arrivé ensuite une autre majorité dont ce n’était plus la préoccupation principale.

Le fond du problème, c’est-à-dire changer vraiment la façon dont travaillent les fonctionnaires, faire des économies ici et ouvrir de nouveaux services là, n’a été abordé que depuis 2 ou 3 ans…et encore très partiellement. Je dirais, en étant pessimiste, qu’il reste à aborder. Les résistances sont nombreuses, aussi bien des hiérarchies que des personnels d’exécution.

Transformer l’administration française a ce point impliquait des équipements, des formations et un coût considérable, sans parler du grand changement dans la culture de l’administration française. Pouvez-vous nous parler de la façon avec laquelle vous avez mené et vécu cette expérience ?

J’ai toujours été triste de voir à quel point des objectifs qui me paraissaient évidents, et que des entreprises ou administrations à l’étranger poursuivaient avec détermination, étaient mal compris en France. On a toujours fait à peine le 1/10 de ce que l’on pouvait faire. Cela tient en partie à l’insuffisante formation technologique des hommes politiques et des cadres supérieurs, qui connaissent plus le droit que les NTIC – et qui souvent refusent même de s’y intéresser, jugeant cela dévalorisant.

On retrouve un phénomène analogue dans le retard français à l’égard des sciences émergentes, que j’essaye de combattre depuis 5 ans dans une revue en ligne que je co-édite : www.automatesintelligents.com

Avec mes amis de cette revue, par exemple, nous essayons de montrer que les nouvelles sciences pourraient jouer un rôle dans le développement de l’emploi et des compétences dans les banlieues (voyez par exemple http://www.automatesintelligents.com/echanges/2005/nov/integration.html) Mais il faut bien avouer que nous n’avons que peu d’échos.

Peut-on dire que l’Etat français est aujourd’hui complètement entré dans la Société de l’information ? Quel est son degré d’intégration ?

Je n’ai pas assez d’éléments pour répondre objectivement. Disons que les connections à Internet des Français sont encore à 20 ou 30% inférieures à celles des pays voisins, Allemagne et UK. Les téléprocédures restent marginales. pour les vraies réformes en profondeur consistant par exemple à regrouper des services, déplacer les moyens là où ils seraient nécessaires, utiliser systématiquement les TIC à l’enseignement de tous niveaux, beaucoup reste à faire. La façon dont l’Education nationale aborde encore la question est attristante. La plupart des enseignants restent persuadés que les TIC seraient pour eux une perte de compétence. Ils ne comprennent pas que ce ne serait pas le cas s’ils prenaient la chose en mains elles-mêmes.

Mais il ne faut pas être trop négatif. On peut observer quand même quelques changements. Et par rapport à d’autres pays européens, la France demeure relativement exemplaire Mais on ne peut pas dire que ces modernisations soient impulsées de façon très volontariste par le gouvernement.

Après l’Etat français, quelles sont les autres priorités, à votre avis, pour introduire la France, qui a pris du retard, dans la société numérique ?

Le problème le plus préoccupant est celui des industries culturelles et de leur domination par la super-puissance américaine. Il faut d’ailleurs les appeler industries de l’esprit ou de l’intelligence, ce qui rend d’autant plus scandaleux leur appropriation par le business multinational. Je partage tout à fait par exemple les analyses de Bernard Stiegler sur la nécessité de réagir, non seulement en France mais au plan européen. Voyez par ex. dans notre revue http://www.automatesintelligents.com/interviews/2005/jan/stiegler.html ainsi que http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2005/jan/stiegler.html. Je participe d’ailleurs à l’association Ars industrialis qu’il a créée. (http://www.arsindustrialis.org/)

Mais nous ne pesons pas lourd face aux milliards de dollars de Microsoft et Google.

Depuis peu, des politiques visent aider les PME à utiliser les TIC pour devenir plus compétitives. Avoir les équipements c’est une chose, utiliser l’information pour être compétitive en est une autre. D’après votre expérience, comment équipement et contenu doivent « cohabiter » pour en tirer le meilleur profit ?

Je crois que là, c’est dans chaque branche professionnelle que des efforts d’appropriation et de fournitures éventuelles de nouveaux outils et services doivent être faits. La diffusion des nouveaux savoir-faire devrait faire appel systématiquement à Internet. Les bons cas devraient être enseignées à tous niveaux de formation. Malheureusement, les salariés vivent les NTIC, non sans raisons souvent, comme des moyens de faciliter suppressions de postes et surtout délocalisations, y compris à l’étranger. Il faudrait mieux lier augmentation de productivité et partage sur place des bénéfices, avec un dialogue social qui est encore très rare.

N’oublions pas non plus que le commerce en ligne sera de plus en plus pris en mains par les E-bay, Google adds et Microsoft. Raisons de plus pour être réactifs, au lieu d’attendre passivement d’être deshabillés.

Malheureusement, là encore, beaucoup de chefs d’entreprises, petits et grands, conservent des vues archaïques sur les NTIC. L’exemple vient d’en haut.

 

 

 

 


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/05-13011/index.htm