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La Gazette N° 127 en date du 30 septembre 2005

Par Jean-Paul Baquiast


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Retrouver ce numéro sur notre site à http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/05-12709/index.htm

A lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:

* Recension du Livre "Les matérialismes (et leurs détracteurs) par Jean Dubessy et al. http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/67/materialisme.htm
* Recension du Livre "Science et philosophie" par Alain Stahl http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/67/stahl.htm
*** L'Europe des drones en marche http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/67/drones.htm
**** La révolution de l'identification numérique http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/67/id.htm

Voir aussi le site du Congrès espagnol sur la souveraineté technologique de l'Europe, auquel participeront Automates-Intelligents et Paneurope France (5 au 7 octobre 2005) http://www.soberaniatecnologica.com/

Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent dorénavant d'un blog. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter le blog de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/


 

Rassembler les Oui

On apprend la création du Club Sauvons l'Europe, qui appelle à rassembler, notamment via le web, les électeurs ayant voté Oui au référendum constitutionnel et qui ne désespèrent pas de relancer une dynamique européenne. L'initiative conjugue différents clubs pro-européens, Témoin de Jean-Pierre Mignard, Confrontation-Europe avec Philippe Herzog, Réunir de Bernard Kouchner, Convictions avec Jean-Baptiste de Foucauld, Joël Roman de la revue Esprit. On voit qu'il y rêgne un large esprit, (c'est le cas de le dire) oecuménique. Le projet est présenté par nos amis de Place Publique (http://www.place-publique.fr/article1760.html) . Une pétition en ligne peut être signée. http://www.sauvonsleurope.org/ Quod feci


Privilèges immunologique et régénérateur des cellules souches embryonnaires

Les généticiens demandent depuis longtemps l'autorisation d'exploiter les ressources thérapeutiques probablement considérables des cellules souches embryonnaires. Un grand nombre de pays ne les autorisent pas actuellement à travailler à partir de telles cellules prélevées sur des embryons humains, même au stade le plus précoce du développement de ceux-ci. En revanche, l'expérimentation sur les cellules souches embryonnaires animales n'est nulle part pas interdite. Une équipe française vient de démontrer l'intérêt de la greffe de cellules souches embryonnaires provenant de la souris pour régénérer le tissu cardiaque de moutons frappés à titre expérimental d'infarctus ayant détruit une partie de leur tissu cardiaque. Bien que provenant d'une espèce différente, ces cellules ont été bien acceptées par les receveurs, sans provoquer de réactions nécessitant un traitement immunosuppresseur. Par ailleurs, orientées vers un lignage cardiaque alors qu'elles étaient auparavant dans un état non encore différencié, elles se sont convenablement transformées en cellules cardiaques, sans cependant bourgeonner au point de provoquer des tumeurs adventices.

Les chercheurs pensent que seules les cellules souches embryonnaires possèdent ce double privilège, immunologique et de différenciation, contrairement aux cellules souches prélevées dans la moelle ou sur d'autres tissus d'un organisme adulte. Ceci ouvrirait donc de nouvelles perspectives en matière de traitement d'un coeur humain atteint par un infarctus. Mais greffera-t-on sur l'homme des cellules souches embryonnaires de souris, voire de singes ? Il vaudrait sans doute mieux, toutes choses égales d'ailleurs, utiliser des cellules souches embryonnaires humaines. D'où l'intérêt d'autoriser pleinement l'expérimentation sur ces cellules, provenant comme on le sait d'embryons clonés dont le développement a été précocement interrompu. Encore faudrait-il que ces expérimentations ne soient pas proscrites pour des raisons religieuses.

On ajoutera, à la date du 01/10/05, que les biologistes français, par la voix de Marc Peschanski, s'insurgent contre les retards mis par le Conseil d'Etat à examiner le projet de décret d'application de la loi bioéthique du 6 août 2004, qui doit les autoriser à mener des recherches sur les embryons humains et les cellules souches. La nouvelle Agence de Biomédecine avait adressé un texte en ce sens à la Haute Assemblée avant l'été, sans obtenir de réponse. Certains soupçonnent une volonté de freiner s'appuyant sur des motifs dits par abus de langage "éthiques" 01/10/05

Pour les curieux
L'équipe en charge de l'expérience est celle du Dr Michel Pucéat, Centre de recherche de biochimie moléculaire CNRS FRE2593 de Montpellier et du Pr Philippe Menasché, Hopital européen Georges-Pompidou Paris. Voir The Lancet, http://www.thelancet.com/, sur souscription: Transplantation of cardiac-committed mouse embryonic stem cells to infarcted sheep myocardium: a preclinical study
Ménard C, Hagège AA, Agbulut O, Barro M, Morichetti MC, Brasselet C, Bel A, Messas E, Bissery A, Bruneval P, Desnos M, Pucéat M, Menasché P
The Lancet - Vol. 366, Issue 9490, 17 September 2005, Pages 1005-1012


L'avenir de la pédagogie numérique

Un article extraordinairement en avance sur l'approche encore bien conservatrice des enseignants français en matière de pédagogie numérique, vient d'être publié par le professeur Albert Claude Behamou dans le Monde du 01/10/05, p. 17 (voir http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-694568,0.html ). L'auteur nous pardonnera d'en extraire les paragraphes suivants, qu'il faut méditer:

" Le nouvel art d'enseigner doit se développer sur une synthèse bien comprise entre la pédagogie classique et la pédagogie numérique, sur un mode hybride qui associe les vertus du "présentiel" et du "distanciel". Nous pouvons apporter, ici, le témoignage de la première des universités numériques thématiques nationales (UNT) en France, celui de l'Université médicale virtuelle francophone (UMVF) (http://www. umvf.org), laquelle se consacre à la médecine. Elle capitalise et mutualise les productions numériques de 27 universités sur les 32 qui enseignent la médecine en France. L'UMVF n'est pas une université de substitution. On ne s'y inscrit pas et elle ne délivre pas de diplôme. Le partage démocratique des ressources y a été admis : les accès sont gratuits. Les communautés nationales d'enseignants par discipline fabriquent les référentiels d'enseignement et garantissent la qualité et la pertinence des productions adaptées aux besoins des formations des professionnels de santé. Plus de 95 % des ressources pour le deuxième cycle des études de médecine sont consultables. Le travail de production s'intensifie pour apporter des outils innovants : auto-entraînement aux épreuves classantes nationales (ECN), simulation, 3D.

Les étudiants en médecine sont, d'ores et déjà, convaincus de disposer grâce à l'UMVF de nombreux avantages : une information utile adaptée à leurs besoins, des fonds documentaires universels accessibles pour un coût nul. A la condition d'avoir les outils numériques actuels (ordinateurs personnels et connexions haut débit – ­ au mieux sans fil) et qu'ils travaillent dans un contexte universitaire évolué, avec des enseignants adaptés, qui connaissent et maîtrisent les TIC.

L'objet du savoir devient interactif. Il use de l'intégration de systèmes d'interrogation directs ou indirects et des outils de simulation de la réalité adaptés à l'apprentissage et à la mise en situation des apprenants, en formation initiale et continue, pour la résolution virtuelle des problèmes, des plus simples aux plus complexes.

La réalité virtuelle apporte une dimension essentielle au contrôle des performances avec des outils attractifs adaptés aux générations des jeux vidéo. Les simulateurs peuvent fonctionner dans une relation individuelle, "student to machine", mais à l'instar des stages des pilotes d'avion ils doivent être suivis par des instructeurs. Cet encadrement et le suivi des performances par des seniors – ­ ou des juniors – ­ enseignants tuteurs et la constitution de groupes d'étudiants "présentiels" ou à distance (groupware ) doivent être "présentiels" et "distanciels".

L'auteur insiste à juste titre sur la nécessité de maintenir la présence, via le réseau, de moniteurs capables de suivre de près des groupes d'élèves. Cela interdit d'espérer aider le Tiers Monde simplement en mettant en vrac sur Internet des centaines de cours. Cette nécessité de maintenir une "chaïne tutoriale humaine" représente une opportunité à saisir par les enseignants français souhaitant s'ouvrir au monde extérieur, face à l'invasion des enseignements à distance provenant des universités américaines.

On étudiera de près à cet égard ce que propose l'Université médicale virtuelle francophone (UMVF) (http://www. umvf.org), précitée. 01/10/05


Rapport 2005 sur l'investissement dans le monde de la Cnuced (conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement)

" Le World Investment Report 2005 (WIR05) présente l´évolution récente de l´investissement étranger direct (IED) et analyse l´internationalisation par les sociétés transnationales de leurs activités de recherche développement, ainsi que les incidences de ce phénomène sur le développement.

La première partie analyse les tendances récentes, mondiales et régionales, de l´IED et de la production internationale des sociétés transnationales (STN). Les flux mondiaux d´IED ont repris leur croissance en 2004, mais ils ont néanmoins continué de diminuer dans les pays développés; c´est donc grâce aux régions en développement qu´ils se sont redressés. Cette partie du rapport présente également des données sur les tendances, dans les pays développés et les pays en développement, concernant le financement de l´IED (investissements en prises de participation, bénéfices réinvestis, prêts intragroupes) ainsi que les modes d´investissement (fusions acquisitions, IED de création de capacités).

La deuxième partie analyse les conséquences de la forte progression au cours de la période récente de l´internationalisation par les STN de leurs activités de recherche développement. Des activités de R D à des niveaux croissants de complexité sont de plus en plus souvent installées dans un certain nombre de pays en développement. Contrairement à l´expérience passée, cette R D va souvent au delà de l´adaptation de produits aux marchés locaux pour englober des activités extrêmement complexes visant les marchés mondiaux. Le Rapport étudie les éléments qui alimentent cette tendance et la façon dont les pays d´accueil et les pays d´origine sont touchés. Enfin, il analyse la nécessité pour les gouvernements d´appliquer des politiques actives pour accroître les bénéfices pour le développement de cette internationalisation de la R-D des STN. Il souligne l´importance de politiques cohérentes pour créer un environnement propice à une interaction fructueuse entre ces activités des STN et celles des entreprises et institutions locales. Le dernier chapitre souligne le rôle des accords internationaux dans ce domaine"
. (source L'Economiste http://www.leconomiste.com/documents/ )

En clair, on en tire la conclusion que les multinationales délocalisent de plus en plus leurs budgets de R/D dans les pays asiatiques, notamment la Chine. Celle-ci, comme l'Inde, font parallèlement de gros efforts en propre. Les budgets de R/D des Etats moyens, notamment européens, pèsent de moins en moins dans le total des dépenses mondiales de R/D (sauf l'Irlande qui défiscalise systématiquement). On le savait. Faut-il le répéter, pour provoquer des réactions?

* Voir pour détails le site de la Cunced http://www.unctad.org


Total envisagerait d'investir 10 mds de dollars pour exploiter des sables bitumineux canadiens

Cette nouvelle (Le Monde, 01/10/05, p. 20) fait inévitablement réfléchir. C'est sans doute inévitable que Total, s'il veut faire face à ses concurrents dans la course aux réserves pétrolières, fasse un tel investissement - même si la production de pétrole ordinaire à partir des sables bitumineux (dont il existe de grandes réserves) soit très coûteuse en énergie et très polluante. Mais si Total et ses pairs investissaient des sommes équivalentes dans des énergies et technologies de remplacement, la face du monde, et notamment celle de la lutte contre les gaz à effet de serre, seraient changée. Il faudra cependant autre chose que les exhoration de notre Premeir ministre pour décider Total à se lancer dans ces nouvelles directions. 01/10/05.


La numérisation industrielle des livres-papier

La presse fait écho à juste titre à la machine à numériser présentée récemment par la firme américaine Kirtas Technologies. Il s'agit du Kirtas' APT BookScan 1200 qui résoudrait semble-t-il toutes les difficultés rencontrées par la numérisation et la reconnaissance de caractères des ouvrages notamment anciens ou hors format. Nous ne décrirons pas ici les dispositifs mis en oeuvre, qui paraieent très ingénieux. Les lecteurs intéressés pourront se renseigner sur le site. Par contre, on en saurait trop insister sur les conséquences qu'auront inévitablement à long terme de telles machines, si leur emploi comme il est souhaitable se généralisait. Elles seraient le complément indispensable des projets de bibliothèques universelles lancées par Google ou la future bibliothèque numérique européenne. Une seule question se pose. L'humanité devra-t-elle payer indéfiniment à l'inventeur le droit d'utilisation de son invention, en dépendant entièrement de lui dans un domaine pourtant vital pour la constitution de la future culture numérisée mondiale? Verra-t-on au contraire de telles machines, exploitant des brevets voisins ou différents, se généraliser, comme les automobiles et les aéroplanes l'avaient fait en leur temps? Pour la moment, on ne voit pas quel concurrent européen pourrait s'intéresser au domaine. Rappelons que Kirtas bénéficiait d'un savoir-faire précieux acquis au Palo Alto Research Center de Xerox. 29/09/05

* Voir http://www.kirtas-tech.com/ où la machine est présentée en mouvement, d'une façon très convaincante.

PS en provenance des documentalistes de l'Education Nationale

"La Commission dévoile ses plans pour créer des bibliothèques numériques européennes

La Commission a dévoilé aujourd'hui sa stratégie pour rendre le patrimoine écrit et audiovisuel de l'Europe accessible sur l’internet. La numérisation du patrimoine historique et culturel européen permettra à chacun d’y accéder dans le cadre de ses études, de son travail ou de ses loisirs, et donnera aux novateurs, aux artistes et aux entrepreneurs la matière première dont ils ont besoin. La Commission propose que les États membres travaillent de concert pour numériser et conserver ce patrimoine et pour le rendre accessible à chacun. Elle présente une première série d’actions au niveau européen et lance une consultation en ligne pour recueillir des commentaires sur une série de questions (délai de réponse : 20 janvier 2006). Les réponses seront prises en compte dans la formulation d’une proposition de recommandation relative à la numérisation et la conservation numérique, qui devrait être présentée dans le courant du mois de juin 2006.
http://europa.eu.int/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/05/1202&format=HTML&aged=0&language=fr&guiLanguage=en
"


Les blogs ou le désordre générateur d'ordre

Le parlement européen a récemment convié des journalistes à discuter de l'invasion des blogs face aux médias traditionnels, à l'occasion de l'ouverture de son nouveau site (http://www.europarl.eu.int) . Selon un intervenant, il existerait 31 millions de blogs sur Internet, et il s'en crée 80.000 par jour, dans toutes les langues. Seuls les grincheux s'en affligeront. Certes, les blogs ne sont pas soumis à des "cadres éthiques" comme certains, de façon irréaliste, sinon paranoïaque, le souhaiteraient. Mais les producteurs de ces blogs sont souvent des auteurs responsables, parfois même des journalistes. De plus, ils produisent un effet de contre-pouvoir qui compense largement, en terme de démocratie d'opinion, les quelques dérives malfaisantes peuvant se produire.

Mais les amateurs de simplicité font une objection aux blogs, que nous entendons souvent ici. A quoi bon ouvrir un nouveau blog, même si on pense avoir des choses capitales à dire, qui ira se perdre dans un océan que personne ne lira jamais? Raisonner ainsi montre un manque grave d'esprit systémique. La vie sur Terre, entre autres formes d'émergence, s'est toujours construite à partir d'une multiplication spontanée d'innombrables tentatives dont la plupart, comme lors de l'explosion cambrienne, se sont en apaprence perdues. Mais en fait, par élimination darwinienne et aussi conjonction et synthèse, sous la forme du désordre générateur d'ordre, toutes ces tentatives ont donné naissance à des formes de plus en plus structurées. Le monde des blogs aura certainement le même destin. Ce sera l'explosion cambrienne de l'information structurée. L'essentiel des idées de demain, nous pouvons en être persuadés, proviendra du pullulement souterrain des blogs, dont personne ne sera capable de prendre la mesure et moins encore le contrôle.

De plus, selon le principe du "monstre prometteur", rien n'empêche que tels blogs particulièrement pertinents n'explosent brutalement, de façon aléatoire, à la surface de l'océan des blogs, faisant la fortune de son auteur. C'est le destin que chacun espère sans le dire pour son propre blog.Mais les élus seront rares. 30/09/05


Revenir sur le principe de non affectation des recettes publiques générales

Le droit budgétaire de la plupart des pays occidentaux repose sur plusieurs grands principes qui faisaient les beaux jours des interrogations en première année de licence. Parmi ceux-ci, la non affectation des recettes publiques générales (c'est-à-dire des dépenses excluant le financement des dépenses sociales). Le budget doit être unique, globalisant l'ensemble des recettes. Le Parlement décide souverainement de l'affectation des recettes aux dépenses, indépendamment de l'origine de celles-ci. Ce principe a pour but, en principe, d'éviter de lier les prélèvements fiscaux aux effets de mode et aux pressions politiques du moment qui favoriseraient le financement de telle ou telle dépense électoralement payante au détriment des missions fondamentales de l'Etat.

Mais aujourd'hui, avec la globalisation, la fuite devant l'impôt et plus généralement la diminution permanente des facultés contributives de la société entraînant l'impossibilité de financer par l'impôt des activités aussi fondamentales que les dépenses de recherche ou les grandes infrastructures, il faut se demander s'il ne serait pas utile de revenir dans certaines limites à l'affectation des recettes publiques. Si le contribuable, particulier ou entreprise, savait exactement à quoi sert l'impôt qu'il paye, et surtout s'il savait que cet impôt sert à financer des dépenses de long terme indispensables à la survie de la société, il ferait peut-être preuve de plus d'intérêt pour les prélèvements obligatoires. Certes, tout ne devrait pas être pré-affecté, mais on pourrait envisager qu'un certain nombre de prélèvements directs ou indirects aillent directement, non au budget général, mais à des fonds de concours qui devraient évidemment être gérés par l'Etat de façon très transparente. Ces fonds financeraient, comme indiqué ci-dessus, les investissements intéressant la science et la technologie, gages du développement futur. Comme il s'agirait d'investissements rentables, ils pourraient ne pas être comptabilisés au même titre que les dépenses ordinaires de l'Etat, c'est-à-dire échapper aux calculs visant à assurer l'équilibre budgétaire annuel.

On peut penser que, si cela n'était pas fait, dans quelques années, il ne resterait plus de ressources publiques permettant aux Etats européens d'assurer le minimum de dépenses publiques nécessaires à l'exercice de leurs responsabilités de long terme, dont l'intérêt privé n'a que faire. 30/09/05


L'industrie militaire espagnole au service de la diplomatie américaine

Le Monde du 30/09/05 (Sous-marins, possible alliance entre Madrid et Washington, p. 18) signale les manoeuvres de l'administration américaine pour faire vendre à Taïwan, par l'Espagne, des sous-marins de type S-80, à propulsion diesel-électrique. Ces sous-marins sont dérivés du Scorpène de la Direction française des Constructions Navales (DCN), co-produits avec le chantier espagnol Izar (devenu Navantia). Navantia a conclu un accord avec Lockheed Martin pour développer le système de combat du S-80, en écartant des partenaires européens. Les mêmes sont partenaires dans le consortium Afcon qui propose des frégates anti-aériennes dotées du système d'armement américain Aegis. Si l'Espagne cédait aux pressions du Pentagone, dans la perspective de rentabiliser son S-80 grâce à un contrat taïwanais, d'une part elle mettrait en danger ses relations commerciales et diplomatiques avec la Chine, et peut-être celles de l'Europe. D'autre part, elle introduirait un obstacle de plus dans la constitution d'un pôle industriel de la défense européenne - dont d'ailleurs on semble de moins en moins parler. 30/09/05

* Lire El Ministerio de Defensa elige a Lockheed Martin para el sistema de combate de los submarinos S-80 http://www.belt.es/noticias/2005/agosto/03/submarino.asp


Responsabilité historique des Etats riches dans la prévention d’une épidémie mondiale de grippe aviaire humanisée

De plus en plus d’articles, y compris dans la grande presse, évoquent maintenant la probabilité grandissante de voir dans les mois sinon les semaines à venir éclater une pandémie de grippe aviaire humanisée qui ferait des centaines de millions de morts. Mais la plupart des auteurs semblent considérer qu’il s’agira d’un phénomène pratiquement imparable, auquel on ne pourra opposer que des mesures de confinement peu efficaces (détecteurs de personnes fébriles dans les aéroports, achats de masques). Peu d’experts ne soulignent encore que le drame pourrait sans doute être évité, ou voir ses effets réduits (comme cela avait été le cas lors de la récente épidémie de SARS), par des mesures à prendre immédiatement, mesures dont la responsabilité devrait incomber en priorité aux Etats riches, Etats-Unis et Etats européens en tout premier lieu.

Pourquoi les Etats et pas des organisations internationales, OMS (WHO), agence de l’ONU à créer, ONG ? Parce que les Etats ont seuls la possibilité de prendre immédiatement les mesures budgétaires et réglementaires qui s’imposeront. On voit bien que l’OMS, malgré sa bonne volonté, ne peut que faire des propositions et recommandations. De plus, les Etats ont pour mission première, même à l’époque du libéralisme triomphant, de défendre les citoyens contre les risques majeurs. Mais pourquoi les seuls Etats riches ? Parce que ceux-ci peuvent facilement fournir, comme en cas de guerre, les quelques centaines de millions de dollars (ou milliards…) qui seront indispensables pour engager immédiatement des campagnes de prévention de grande ampleur, campagnes, nous allons le voir, supposant dans l’immédiat la vaccination systématique des milliards d’animaux d’élevage des pays pauvres contre le virus H5N1. Les Etats pauvres et très peuplés menacés par la pandémie (Chine, Indonésie, Viet-Nam…) devront évidemment suivre le mouvement mais c’est aux Etats riches de donner l’exemple. A terme, évidemment, si au sein de l’OMS ou de l’ONU, on s’accorde pour créer une agence internationale telle que le Fonds mondial contre le sida, qui serait fortement dotée, cela sera très bien, cependant l’épidémie n’attendra pas.

Mais il ne suffit pas de demander la mobilisation des Etats riches. Il faut aussi préciser ce à quoi cette mobilisation devra servir. Le premier réflexe des Etats riches est de garantir leurs nationaux. C’est normal et il ne saurait en être autrement. Pour cela, la plupart des Etats, en l’attente de connaître le génome du futur virus grippal humanisé – qui semble-t-il n’est pas encore apparu - stockent des doses de vaccins anti-grippe actuels et commencent à stocker des doses de l’antivirus Tamiflu (de Roche), que l’on espère voir agir efficacement (sans certitude) en cas de pandémie. C’est très bien en principe. Notamment la vaccination automnale contre la grippe, si elle ne protégera pas, pourra quand même, selon les experts, conférer une certaine résistance. Elle devrait donc être généralisée – et même rendue obligatoire pour les personnels de santé et forces de l’ordre, malgré la mauvaise réputation qui s’attache en Occident au concept de vaccination obligatoire. Ceci supposera des milliards de doses – et de seringues - qui n’existent évidemment pas encore, comme l’a montrer la pénurie ayant frappé les Etats-Unis l’année dernière suite à une défaillance du producteur Chiron.

D’ores et déjà il apparaît que les doses de vaccin contre la grippe actuelle, comme celles de Tamiflu, ne permettront de protéger que 10 à 30% des citoyens des pays riches. La rareté sera encore plus grande quand il s’agira de répartir, le moment venu, des vaccins contre le H5N1 ou le H5N1 muté. Cela veut dire que les Etats, au plus haut niveau de consensus social et politique, doivent dès maintenant établir des plans de vaccination prioritaire et mettre en place les mesures de sécurité s’imposant pour que ces plans soient respectés. Si une pandémie s’installait, on verrait inévitablement le marché noir à grande échelle s’organiser, accompagné d’un piratage criminel des stocks. (Nous avons déjà évoqué cette question dans un article du 2 mars 2005, Préparer les services publics européens à la future pandémie mondiale de grippe http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/automatesintelligent/2005/03/prparer_les_ser.html). On peut constater, en étudiant l’exemple de La Nouvelle Orléans que, lorsque un désastre de grande ampleur désorganise les services publics, si rien n’a été préparé longtemps à l’avance par ceux-ci, une délinquance généralisée s’ajoute aux autres maux frappant la société.

Lutter sans attendre contre l'épizootie de grippe aviaire

Les experts soulignent également d’autres points importants, que les Etats riches devraient prendre très au sérieux. Le premier concerne la possibilité de limiter voire stopper l’actuelle épizootie de grippe aviaire (qui tue ici et là quelques humains) en vaccinant systématiquement volailles et porcs domestiques porteurs éventuels du virus H5N1. Pour cela, outre l’abattage et la destruction sécurisée des animaux malades, il faudrait faire fabriquer par l’industrie pharmaceutique des milliards de doses, les diffuser sur le terrain (avec les seringues permettant la vaccination) et former des dizaines de milliers de vétérinaires urgentistes et de vaccinateurs. Toujours selon les experts, il ne s’agirait pas pour les Etats riches de mesures altruistes mais d’une protection bien comprise de leurs propres intérêts. Tout laisse penser en effet que si l’épidémie de grippe aviaire était jugulée, la menace d’une grippe humaine mutante – toujours possible évidemment – serait reculée. Ceci laisserait de précieux mois aux laboratoires et à l’industrie pharmaceutique pour se préparer à découvrir et fabriquer les futurs vaccins.

D’autres mesures sans doute plus faciles à prendre devraient dès maintenant être engagées. Elles consistent pour les Etats riches à aider les Etats pauvres à établir les réseaux d’observation et d’alerte indispensables pour suivre à la trace les premières épidémies, contrôler les mouvements de personnes et de produits alimentaires, étudier les possibilités de diffusion par les flux d’oiseaux migrateurs, etc.

Mais comment les Etats riches pourraient-ils dans les mois qui viennent préparer de telles mesures, en coopérant le plus possible au plan international ? Il leur faudrait dégager des crédits en urgence (comme ils le feraient en cas de guerre), mais cela ne suffira pas. Une action commune avec les industries pharmaceutiques (rappelons que les industriels européens sont en pointe dans ces domaines) s’impose, pour ne pas laisser à ces dernières la charge d’installer à leurs frais les usines de production qu’il faudrait dès maintenant préparer, quitte à les laisser momentanément inutilisées ou les affecter en attendant à la fabrication du vaccin contre l’actuel H5N1. Il faudrait aussi prendre des décisions permettant à court terme de faire face à la rareté : par exemple choisir entre la fabrication de vaccins hautement protecteurs ou de vaccins moins protecteurs mais pouvant être distribués à davantage de personnes.

Tout ceci supposera que soit entièrement revu, au niveau des Etats comme au niveau international, comme le dit David Fedson (voir ci-dessous) le concept de « bonne gouvernance » pour prévenir les risques majeurs et lutter contre leurs effets. De nouvelles technologies rendent cette révision plus facile, encore faut-il faire l’effort politique et institutionnel pour tirer rapidement parti de ces dernières.

On conclura cet article, qui ne prétend pas être exhaustif, sur un constat quelque peu accablant. Personne ne semble, dans nos pays, avoir encore pris conscience de la menace, de l’ampleur des problèmes à résoudre, non plus d’ailleurs que des solutions préventives, telles que celles évoquées ici, qui pourraient dès maintenant être décidées.

* Lire sur ce sujet l’article du professeur David Fedson, médecin chercheur spécialiste des vaccins, dans Sciences et Avenir de Octobre 2005, p. 9 (non accessible par Internet, ce qui est dommage). Voir aussi de David Fedson http://www.palgrave-journals.com/jphp/fedson_flu.html
** On lira aussi l’article très pertinent de Jean-Yves Nau du Monde : Pandémie de grippe, aider le Sud pour protéger le Nord http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-694068,0.html

*** Voir aussi dans Pour la Science N° 336 d'octobre 2005 (accès payant) un article de Jean-Claude Manuguerra: Comment se préparer contre une pandémie virale sans attiser les craintes? L'auteur a codirigé le Centre national de référence de la grippe et le Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé pour la recherche et la référence sur les virus grippaux et les autres virus respiratoires de 1994 à 2004. Aujourd’hui, il dirige la Cellule d’intervention biologique d’urgence, à l’Institut Pasteur, à Paris.
http://www.pourlascience.com/index.php?ids=UXAnmePZfvJriQHuRdax&Menu=Pls&Action=3&idn3=4762


Vivement une Présidente de la République

Quand on voit la façon ignoble dont fut accueillie la manifestation d'intérêt de Ségolène Royal pour la Présidence de la République, surtout dans son propre parti, on ne peut que souhaiter la voir persévérer dans son entreprise et, bien sûr, être élue. De la même façon, on ne peut que souhaiter voir Michèle Alliot Marie relever le gant en ce qui concerne la majorité actuelle. Nous sommes persuadés que ces deux dames seraient de bien meilleurs présidentes que tous les candidats hommes aujourd'hui déclarés ou futurs.

* Revenons, bien qu'il ne méritât qu'un silence méprisant, sur l'individu qui du fond des tinettes où il s'est toujours complu a osé parler de "popotin" à propos de Ségolène Royal. Nous serions au 19e siècle, où rêgnait encore le "pundonor", le compagnon de la dame n'aurait pas manqué de provoquer l'abominable en duel. 27/09/05


Qui parle de crise économique?

Les naïfs seuls s'étonneront de voir le président de la Federal Reserve Bank et divers économistes américains estimer que la réparation des destructions provoquées par les récents cyclones dans le sud des Etats-Unis, bien que coûtant probablement des dizaines de milliards de dollars, sinon plus, ne devraient pas affecter l'économie. Au contraire, celle-ci ne s'en portera que mieux. Ceci relativise la crainte d'inflation qui saisit les responsables politiques européens quand on parle de dépenses non immédiatement gagées par des recettes. Rappelons que Keynes avait expliqué, avant le New Deal, que la meilleure façon de relancer l'économie en crise, consistait à payer des chômeurs pour creuser des trous dans le sol puis les reboucher. Quand nous disons que les économies européennes pourraient supporter d'importants déficits globaux à condition que ceux-ci servent à financer des investissements de recherche/développement en faveur des nouvelles technologies, nous ne disons pas autre chose. Si nous avions en Europe subi un désastre du type de celui provoqué par Katrina et si l'économie trouvait moyen de réparer les dégâts à coups d'emprunts, tout le monde crierait au miracle économique: enfin un remède au chômage et au manque de croissance. 26/09/05


Bernard Carayon

On trouvera ci-dessous, sous forme de revue de presse, de larges extraits d’un article Penser l’après libéralisme, de Bernard Carayon, député (UMP) du Tarn. Cet article a été publié par Libération le 22 septembre 2005 (http://www.liberation.fr/page.php?Article=325492) L’auteur a ensuite été interviewé dans le 7/9 de France Inter ce même jour. Ces considérations vont tout à fait dans le sens de ce que nous défendons dans cette revue. Mais elles sont encore loin d’être entendues, que ce soit à gauche ou dans la majorité. Pour préciser cela, nous ajoutons quelques commentaires (ci dessous en italique, le texte de Bernard Carayon).

"Trois signes récents semblent indiquer que nous sommes entrés dans une nouvelle ère économique, celle du postlibéralisme. D'abord, le début de reconnaissance par le président Bush à la tribune de l'ONU de l'origine économique et sociale du terrorisme et, en Louisiane, de l'existence d'une «pauvreté persistante» et d'une défaillance de l'Etat fédéral dans le pays parangon du libéralisme. Il est désormais clair que la liberté économique ne génère pas spontanément le progrès social. Ensuite, la parution du rapport de l'ONU sur le développement économique en Afrique qui remet en question la facilité intellectuelle qui consiste à imposer l'ouverture des économies comme préalable au développement, et l'efficacité même des investissements directs étrangers avant de recommander plutôt dans ces pays un renforcement du rôle des pouvoirs publics. Enfin, la prise de conscience planétaire de la fin de l'énergie inépuisable et bon marché qui devrait bousculer nombre de modèles économiques.

Il y a cinq ans seulement, l'économie semblait pourtant conclure l'histoire du monde. Notre théologien du libéralisme, Pascal Salin, dogmatisait que «la mondialisation, si elle contribuait effectivement à la destruction des Etats-nations, serait un bienfait pour l'humanité»….

…Depuis, l'utopie d'un monde auto-enrichi et pacifié par la libéralisation des marchés s'est abîmée dans le naufrage de la «nouvelle économie», dans le terrorisme et dans l'incertitude face aux conséquences sociales des désordres économiques, entraînés par la montée en puissance de nouveaux acteurs comme la Chine, l'Inde ou le Brésil.

L'inconscient collectif a déjà pris en compte cette évolution : contrairement aux précédentes, ni la dernière campagne pour les élections européennes, ni celle du référendum n'ont suscité de débat sur le fédéralisme européen ; pas d'interrogation non plus sur la nationalité des entreprises lorsqu'il s'agit d'évoquer les rachats des uns ou le risque d'OPA sur les autres."

Nous ne partageons pas cet optimisme. Les thèmes de l’investissement nécessaire dans les sciences et technologies, comme ceux de politiques industrielles protectrices des activités innovantes, n’ont pas été évoqués dans la campagne du référendum en France. Ils ne l’ont pas davantagé été lors des récentes élections en Allemagne. Ils ne figurent pas dans les motions du PS actuellement proposées aux électeurs, en vue du Congrès du Mans et de la future élection présidentielle. Nicolas Sarkozy y fait allusion dans un article du Monde (Enseignement supérieur et Recherche, l’heure des choix, 21/09/05, p. 17) mais il se place surtout dans la perspective d’une réponse aux besoins de réformes statutaires (autonomie des universités, évaluation, modification du rôle des grands organismes) plutôt que dans la réponse à la question de savoir d’où viendront les crédits nécessaires à une reprise des investissements aussi bien dans la recherche fondamentale que dans la recherche/développement.

"…. Ainsi le modèle que construit notre partenaire américain depuis plus de trente ans - stratégie à long terme, association des intérêts de développement économique des entreprises et de ceux de l'Etat, protection de ce qui relève de la «sécurité nationale» - prend-il forme peu à peu en France comme dans le reste du monde. Nous y sommes évidemment contraints. L'interdépendance nouvelle entre Etats et entre zones économiques comme l'arrivée des nouveaux acteurs dans les champs politique et économique ¬ OIG, ONG ¬ ou la confrontation à des problèmes planétaires ¬ environnement, santé publique ¬ nous obligent à penser à de nouvelles solutions. Un lien invisible lie la voiture hybride de Toyota et la taxe proposée par Jacques Chirac sur les billets d'avion : ce sont des solutions postlibérales."

Certes, on constate un infléchissement du discours consommateur-gaspilleur, surtout d’ailleurs dans la mouvance « gaulliste » de la majorité (Chirac, Villepin, Jean-Michel Debré). Mais dès qu’il s’agit de s’en prendre réellement aux intérêts dominants (ceux du pétrole, ceux de l’automobile, ceux de l’agriculture productiviste), les politiques reculent immédiatement.

"Il reste à apprivoiser les dinosaures. Certains que l'on ne peut soupçonner d'incompétence restent aveugles à l'évolution du monde. Ainsi, et pour ne prendre que cet exemple récent, la commissaire européenne à la Concurrence Nelly Kroes s'emporte contre ce qu'elle estime être un retour au protectionnisme de la France. S'il s'agissait de répondre à l'initiative, certes inopportune, d'un ministre français, il aurait fallu au préalable observer les bonnes pratiques en ce domaine de nos partenaires et concurrents. Ainsi, depuis vingt ans, le CFIUS (Committee on Foreign Investments in the United States) a pour mission d'analyser et éventuellement d'interdire les prises de participation étrangères dans des entreprises américaines, sur la base du seul critère de la «sécurité nationale» qu'aucun texte ne définit ! On pourrait également mettre à l'actif de ce grand pays la création d'un Advocacy Center appuyant les entreprises américaines dans la conquête de marchés, la proximité des milieux gouvernementaux avec les grands fonds d'investissement ou encore les financements publics généreux apportés à la promotion des autoroutes de l'information, des nanotechnologies, de programmes d'armement...

Les textes européens auxquels se réfère Neelie Kroes sont aujourd'hui obsolètes. Si nous restons immobiles, la France et l'Europe ne seront demain qu'une vaste zone de villégiature, sans emploi ni avenir. Nous devons revendiquer pour l'Europe et ses Etats membres un traitement égal entre puissances commerciales mondiales et le respect d'une concurrence loyale. Une «sécurité économique européenne» doit être prise en compte dans des textes modernisés."

A nouveau, nous qui sommes convaincus de la nécessité de suivre l’exemple américain dans la protection des intérêts nationaux et européens stratégiques, nous ne pouvons qu’être déçus. Où sont les institutions françaises analogues à celles évoquées par Bernard Carayon ? Peut-on dire que les structures – d’ailleurs méritantes et à encourager – qui ont été créées auprès du premier ministre et du ministre de l’économie pour assurer un minimum de défense économique aient les moyens et reçoivent l’attention politique qu’elles mériteraient. Où sont les fonds d’investissements européens qui nous seraient nécessaires ? La peur devant la gauche (pas de fonds de pensions qui ruineraient prétendument le modèle social français) n’explique pas tout. Les banques ne veulent pas s’intéresser à ces questions. Elles préfèrent l’immobilier de loisir.

Quant à l’Europe, qu’attend la gouvernement français pour rappeler au réalisme économique les libéraux de la Commission ? Nous avons voté Non au référendum, mais ce n’est pas une raison pour continuer à se faire exclure des grands débats de société intéressant l’avenir de l’Europe. Faut-il rappeler d'ailleurs que le libéralisme de la Commission n’est pas un simple parti idéologique. Il est soutenu à la base par les lobbies bruxellois représentants les concurrents non européens de l’industrie européenne, qui disposent de beaucoup de moyens pour "créer" des convictions libérales chez les fonctionnaires et députés européens.

" En France également, nous devons convaincre que l'urgence n'est pas de réfléchir à une sixième République, apanage de quelques nombrilistes abrités derrière un statut ou un mandat. Notre génération a la responsabilité d'adapter notre pays aux nouveaux mondes. Outre les chantiers engagés qu'il faut mener à terme, trois débats méritent d'être ouverts en priorité : la refonte de notre fiscalité indirecte ¬ c'est le débat sur la «TVA sociale» qui, selon certains, nous permettrait d'alléger les coûts de production et de rétablir un équilibre juste avec les pays à bas coûts de main-d'oeuvre ; la gestion de la fin du pétrole (et plus généralement d'autres ressources et matières premières) ¬ à cinq, dix ou vingt ans, elle remettra en cause nos modes de vie et, si nous n'y prenons garde, peut doubler le désordre économique d'un désordre social ; la réduction de la fracture numérique ¬ par une plus large utilisation des logiciels libres ¬ notamment en matière de formation et d'éducation.
C'est de parler de l'avenir avec courage dont nous avons besoin dans le débat politique et non de rappels en boucle des dogmes éculés."


Parlons-en en effet de ces thèmes. Mais pourquoi pas, pour commencer, à l’UMP ? 23/09/05


Les motions du Parti Socialiste

On peut dès maintenant (22 septembre) prendre connaissance en ligne des motions préparées par les 5 principaux courants du Parti Socialiste, en vue du Congrès du Mans. Les unes sont sur des sites propres à ces courants (Motion François Hollande - Socialistes pour réussir à gauche Vérité, volonté, unité" (Hollande-DSK-Aubry-Lang...) http://www.alternativedegauche.net/doc/MOTION_1.pdf ;
Motion Nouveau Parti Socialiste pour une alternative socialiste http://nouveau-ps.net/delia-cms/alaUne_du_nps/article_id-407/congres-
du-mans.html
). Les autres sont publiées par Le Monde (merci à lui) (par exemple http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20050921/691410_fabius.pdf ) .

Qu'en dire, après une lecture qui s'impose, mais qui est assez fastidieuse? Le principal reproche que je pourrais faire est que ces motions, d'une façon générale, présentent une liste extrémement complète de tout ce qu'il faudrait faire pour pallier aux insuffisances de la société française et de la construction européenne, Nul en général, à moins d'être un libéral pur et dur ou un militant d'extrème droite, ne s'opposera vraiment à ces propositions. Mais on ne voit nulle part poser la question macro-économique pourtant décisive: où trouvera-t-on l'argent et les acteurs publics et privés compétitifs qui seront capables de promouvoir en France (et en Europe) les activités à haute valeur ajoutée et exportatrices permettant de résister à la concurrence extérieure? Il faudrait investir énormément dans les sciences et technologies innovantes, engager des politiques industrielles et de consommation tournées vers les secteurs nouveaux... Mais qui le fera et avec quels moyens? Voudra-t-on, pour se procurer de l'argent, taxer ou réglementer toutes les activités gaspilleuses et polluantes, quitte à provoquer la contre-révolution des favorisés? Rien de cela n'est abordé. C'est pourtant la question clé, que nous discutons dans cette revue à partir du thème de l'Europe puissance scientifique et technologique (un voeu pieux pour le moment).

A titre personnel, j'ajouterais que le débat pour une nouvelle constituion proposé par NPS est intéressant. Mais là encore je ne vois pas comment ces idées pourraient mordre en France sur des décennies d'habitudes politiques. Il faudrait proposer une sorte de fast track pour y arriver (comme on dit aux USA), mais lequel?

* L'analyse de 7 propositions du PS proposée dans le Journal Libération de ce jour montre que ces propositions sont bien loin des préoccupations exposées ici. http://www.liberation.fr/page.php?Article=325595 21/09/05


Hewlett Packard

On conçoit bien que le président de la République et que divers élus se mobilisent au profit des salariés français licenciés par Hewlett Packard. S’ils ne le faisaient pas, on leur reprocherait, comme on l’avait fait à Jospin, de baisser les bras devant le capitalisme international. Mais aucune personne censée ne peut croire que HP cédera à ces gesticulations. Au contraire, ils en tireront sans doute un plus grand mépris encore pour les Français, qui se couchent et supplient au lieu d’attaquer là où ce serait possible. Attaquer, ou contre-attaquer, il aurait fallu le faire depuis longtemps, en favorisant, le cas échéant avec des aides publiques, les entreprises innovantes à haute valeur ajoutée qui ne demandent pas mieux que se créer en France mais qui n’y trouvent aucune aide, ni des collectivités publiques ni des banques. Nous en connaissons plusieurs qui ne réussissent même pas à se faire prêter de quoi recruter un thésard, y compris dans le cadre des soi-disant pôles de compétitivité.

Quant à l’Europe, la France ayant voté Non au renforcement de l’Europe politique et sociale, il ne nous reste plus que nos yeux pour pleurer devant l’impuissance de la Commission face aux oukases des multinationales implantées en Europe et qui ne rêvent plus maintenant qu’à se délocaliser. Le président de la Commlission a tout à fait raison de nous envoyer promener.


Rapport sur la mise en œuvre de la LOLF

Les pères de la LOLF, Loi d’orientation sur les lois de finances, votée en 2001, Alain Lambert et Didier Migaud, viennent de remettre un rapport d’étape sur la mise en œuvre de celle-ci. Ils y joignent 60 propositions. Il s’agit d’un travail considérable. Tous ceux qui s’intéressent à la gestion publique sans craindre son austérité pourront s’y référer. Le site du ministère des Finances publie intégralement le rapport, ce qui est très bien (voir http://www.finances.gouv.fr/lolf/downloads/710_rapport_16_09_05.pdf) On trouve également sur ce site une présentation à la presse faite par Jean-François Copé, ministre délégué au Budget et à la réforme de l’État, qui résume pour les paresseux l’essentiel du projet, y compris l’action que le gouvernement compte mener d’ici 2006 et dans les prochaines années pour mettre en œuvre les réformes ( http://www.finances.gouv.fr/minefi/actualites/actu3/index.htm ).

Les sceptiques ne manqueront pas de souligner qu’il y a encore loin des intentions aux réalités, chacun des services, y compris la direction du budget, résistant aux modifications de compétences et procédures envisagées. Mais ces résistances sont inévitables. Elles diminueront d’autant plus vite que les citoyens, et en premier lieu les parlementaires et représentants politiques, s’intéresseront vraiment au projet. Plus préoccupante reste la question de l’intendance, et notamment de l’informatique. On ne voit pas comment avec des programmes informatiques que les responsables précédents semblent s’être ingéniés à désorganiser, les changements envisagés pourront être mis en œuvre pratiquement – sans compter que d’une façon ou d’une autre l’informatique des services, même s’il ne s’agit pas de la même, devra aussi intégrer la réforme fiscale et la décentralisation. On aimerait bien entendre les responsables politiques s’exprimer avec réalisme sur ces questions, plutôt que faire comme si les difficultés n’existaient pas.

Cette question, contrairement à ce que l'on pourrait penser, intéresse peu ou prou toutes les finances publiques des pays européens. On ne voit pas à l'avenir comment des politiques communes, mêmes timides, pourraient être fondées sur des bases conceptuelles et statistiques incompatibles. 21/09/05


Elections allemandes

La prudence voudrait qu’avant de se précipiter pour commenter les résultats des élections allemandes et les conséquences qu’elles pourront avoir sur le climat politique en Europe, on laisse passer quelques semaines encore. Mais il est tentant de faire comme le petit monde des éditorialistes, c’est-à-dire constater que, décidément, en France comme en Allemagne, il semble bien qu’une opinion majoritaire se dégage progressivement en ce moment. Pour celle-les modèles sociaux traditionnels de nos deux pays doivent accepter des réformes plus ou moins profondes, mais ils doivent conserver l’essentiel de leur esprit. Autrement dit, les libéraux radicaux qui veulent abandonner ces modèles pour un laisser faire à l’anglo-saxonne et, à l’opposé, les intégristes du retour à la gauche de la gauche qui excitent les gens sur des billevesées irréalisables semblent condamnés à revoir leur copie. Quels enseignements en tireront chez nous les hommes politiques en lutte pour leur destin personnel (je ne nomme personne pour ne pas encourager de polémique) ? On ne le sait pas pour le moment, mais il faudra qu’ils s’engagent rapidement.

Ce qui est clair par contre, c’est que les réalistes qui veulent conserver, tout en le réformant, le modèle social actuel, doivent faire des propositions précises. Quand on voit que les réformes déjà proposées, en Allemagne et en France, ont accumulé les mécontentements, on se dit que ces réformes, ou bien n’allaient pas assez au fond des choses, ou bien étaient mal expliquées. Le nouveau et futur gouvernement allemand, fut-il de coalition, devra faire à cet égard un très gros effort, dont nous pourrons peut-être nous inspirer en France. Mais les candidats du PS ou du Gaullisme social (si ce terme est recevable) devront aussi, en vue de la présidentielle de 2007, faire ce même effort. On n’en voit pas encore les prémisses. Nous aurions ici, comme beaucoup de gens, pas mal de propositions à faire (autour des politiques de puissance technologique et scientifique, on l’aura deviné), mais qui s’intéressera à nos petites idées ? 21/09/05


Les chercheurs étrangers aux Etats-Unis. Opportunités et risques
Communiqué par Bernard Lang

Les autorités académiques et politiques américaines font de grands efforts pour attirer dans les universités et les entreprises le plus grand nombre de chercheurs étrangers possible. Elles y réussissent puisque aujourd'hui on estime que par exemple un tiers des Ph.D en science et engeneering vont à des diplômés nés hors des Etats-Unis. Il s'agit d'un véritable écrèmage, pour reprendre le terme employé par les américains eux-mêmes, des meilleurs cerveaux mondiaux, en Europe et aussi évidemment en Chine, en Inde et ailleurs. Mais ce mouvement, pour certains responsables de la sécurité nationale, soulève quelques inquiétudes. Comment retenir ces chercheurs et, si besoin, comment s'assurer de la continuité de leur adhésion morale aux grands fondamentaux de la "civilisation américaine" et aujourd'hui, de la lutte contre les forces du mal ?

Un débat récent, fort instructif, sur ce sujet a eu lieu à la Chambre des représentants le 15 septembre 2005, devant le Subcommittee on Immigration, Border Security, and Claims, dans le cadre d'une audition significativement consacrée à la lutte contre l'espionnage (Hearing on "Sources and Methods of Foreign Nationals Engaged in Economic and Military Espionage.".). Un rapport a été présenté sous le titre The Importance of Foreign-born Scientists and Engineers to the Security of The United States, par William A. Wulf, Ph., President, National Academy of Engineering, The National Academies.

Nous ne pouvons que vous renvoyer à la lecture, très instructive, de ce rapport. La volonté de contrôler les activités des chercheurs étrangers ne va-t-elle pas prochainement rendre la vie difficile à certains de ceux qui ne feront pas explicitement allégeance? A quand des comparutions desvant des commissions chargées de prévenir les activités anti-américaines. 20/09/05 http://www7.nationalacademies.org/ocga/testimony/Importance_of_Foreign_Scientists_and_Engineers_to_US.asp


Pandémie de grippe et antiviraux

Je rappelle que la quinzaine précédente, j'avais posé à notre correspondant le Dr Vermeulen, spécialiste de la grippe, la question suivante: Serait-il bon de recommander aux personnes, familles ou groupes sensibilisés au risque de la grippe aviaire d'acquérir préventivement dès maintenant des doses de l'antivirus Tamiflu de Roche, à supposer que celui-ci soit disponible sur le marché? Je constate que certains sites proposent aujourd'hui de l'acheter en ligne, sans prescriptions.
La démarche serait peu sociale, en ce sens que ne pourraient en profiter que les gens "aisés". Elle pourrait aussi encourager la création de stocks spéculatifs. Mais elle aurait peut-être l'intérêt de créer un marché plus important pour Roche et d'éventuels fabricants de génériques.
Avez-vous envisagé une telle recommandation en ce qui vous concerne? Que conseilleriez vous à nos lecteurs?

Voici la réponse du Dr Vermeulen, que je remercie au nom de nos lecteurs (15/09/05).

Suite à votre question concernant l'intérêt de recommander d’utiliser le Tamiflu, je répond oui, bien que ma réponse ne soit basée sur aucune recommandation de santé publique. Mais existe-t-il dans nos pays respectifs un plan de santé publique, nous donnant des directives concernant l’utilisation, la distribution, et les bénéficiaires préférentiels du Tamiflu ? Au point de vue éthique cependant ma réponse me pose un gros problème, car une partie de la population ne bénéficiera pas du produit, de par son coût actuel qui est prohibitif. Il se produira une ruée vers le Tamiflu qui fera vraisemblablement réagir les responsables de la santé publique, car mettant en évidence l'inexistence d’un plan de santé publique opérationnel. Aussi vraisemblablement, les responsables couperont les approvisionnements pour ne pas entamer un stock durement acquis. Si dès maintenant une demande importante se portait sur le Tamiflu, cela pourrait activer un plan de santé publique opérationnel. Le Tamiflu doit aussi bien couvrir les périodes pré-pandémiques, pandémiques et post-pandémiques.

La France , face à ce problème me donne un peu l’impression de réagir à bon escient, sous l’impulsion de son président Jacques Chirac et de son Premier ministre. Face à l’échéance raccourcie que l’ennemi nous laisse deviner, le pays semble accumuler les munitions, les armes, les casernes. Mais l’organigramme opérationnel des intervenants et leurs fonctions ne sont pas encore officialisés, et chaque jour qui passe est un jour de trop. Le « qui fait quoi, comment , pourquoi, où, et avec quelle logistique de communication ?» manque encore.
Il me reste à faire quelques remarques concernant le Tamiflu.
1) La prise thérapeutique de celui-ci me semble être la plus utile du point de vue économique et immunologique. Elle consiste à prendre le médicament pendant une période de 5 jours, et cela dans les 48 premières heures (au plus tard) après l’apparition des symptômes. Cela permet d’avoir une grippe sérieuse mais non mortelle. De plus cela permet d’acquérir la formation d’anticorps contre cette souche virale pandémique.
2) La prise prophylactique, ou préventive, est réservée aux gens ayant été en contact étroit avec une personne contaminée, mais au total la quantité de Tamiflu utilisée est plus importante, et cela ne respecte pas le principe d’économie d’une substance rare et coûteuse. Je sais que, par exemple en Belgique, le produit sera délivré seulement aux médecins présentant les premiers symptômes de cette grippe, donc on utilisera le principe de la prise thérapeutique. Il faut bien que vos lecteurs comprennent que ce médicament n’est pas un vaccin, qu’il faut le garder précieusement jusqu’aux premiers symptômes de grippe aviaire, diagnostiqués dans un contexte de pandémie. Ce médicament ne peut promettre une efficacité de protection de 100% , étant donné les différences existants entre les individus, suivant leur état de santé au moment de la pandémie.
3) Une dernière remarque valable pour tous les virus de la grippe, que celui-ci soit bénin ou malin, est que cette forme de vie au potentiel de multiplication énorme, en utilisant une cellule hôte, est capable d’échapper au vaccin (chaque année le vaccin de la grippe humaine change de composition), car les souches virulentes nées dans l’hémisphère sud sont capables d’un potentiel de mutation énorme, leur permettant de changer de déguisement (antigène de surface). C’est ce que l’on appelle « la dérive antigénique ». De plus, ces virus sont capables de devenir résistants un jour au Tamiflu, car ce dernier agissant au niveau de certains enzymes de surface (neuraminidases) bloque la multiplication du virion. Celui-ci se trouve alors incapable d’aller infecter une autre cellule. Le virus « irrité » par ce nouveau blocage de multiplication ira chercher dans son catalogue génétique de processus de mutation, la solution le rendant apte à continuer sa multiplication.
4) Enfin, je déconseilles fortement tout achat clandestin qui ne garantirait nullement l'efficacité du produit. Des escrocs proposant le produit seront de plus en plus, et ceux-ci augmenteront avec la rareté du Tamiflu. Donc je déconseille formellement l'achat par Internet. Seule la vraie firme Roche est capable de fabriquer réellement le Tamiflu , et pour s'en procurer, il faut passer par une prescription médicale. Rien n'empêcherait par contre les gouvernements de négocier avec Roche une "gérériquasisation" à très grande échelle de cet antiviral, ou d'autres à venir. Bien à vous.

Deuxième conférence européenne sur la grippe Source. Le Monde 15/09/05

Le docteur Klaus Stohr, responsable du nouveau département de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) chargé de la lutte contre la future pandémie grippale d'origine aviaire, a, mercredi 14 septembre, dénoncé l'incurie de nombreux gouvernements vis-à-vis de ce risque émergent et d'ampleur planétaire.
S'exprimant dans le cadre de la deuxième conférence européenne sur la grippe, le docteur Stohr a lancé un appel pour que les responsables gouvernementaux et sanitaires de chaque pays élaborent des plans nationaux visant à prévenir au mieux les principales conséquences que provoquerait le passage dans l'espèce humaine du virus H5N1, responsable de l'épizootie qui sévit chez des oiseaux dans 12 pays asiatiques.
Rappelant que ce nouveau risque n'a, depuis 1997 et la flambée épidémique de "grippe du poulet" survenue à Hongkong, jamais pu être contrôlé, le docteur Stohr a souligné que la menace ne cessait de croître. Après celle de 1918 ("grippe espagnole") et celle de 1958 ("grippe asiatique"), la dernière pandémie ("grippe de Hongkong") date de 1968.

"Tous les indicateurs scientifiques nous disent que la prochaine pandémie peut sévir dans les prochains mois ou les prochaines années , explique le docteur Stohr. Ce type d'événement peut provoquer, en très peu de temps, des dizaines de millions de morts. Il y a urgence à ce que chaque pays bâtisse des plans permettant de réduire les possibilités de contagion interhumaine (notamment grâce au port systématique de masque), d'organiser la prise en charge des personnes infectées et de maintenir coûte que coûte les activités indispensables à la survie de la collectivité."

"On ne compte qu'une cinquantaine de pays à avoir réfléchi à cette question et à avoir défini une série de mesures concrètes ", souligne le responsable de l'OMS.


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/05-12709/index.htm