logo admiroutes


La Gazette N° 117 en date du 15 avril 2005

Par Jean-Paul Baquiast


accueil "la gazette"

 

- Pour s'abonner gratuitement, ou se désabonner,
adresser un mel à jp.baquiast arobase wanadoo.fr
- Lire la présentation

 

 


A lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:

* L'Inde, future super-puissance scientifique http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/63/inde.htm
* Catastrophe, Risk and Response, de Richard Posner. Présentation par Jean-Paul Baquiast http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/63/posner.htm
* Grippe aviaire et traitement. Note du Dr Vermeulen http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/63/grippe.htm

Ne manquez pas non plus, dans notre blog http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/ le très édifiant "Dialogue d'un Président et de sa conseillère". Il est dommage que Jacques Chirac ne s'en soit pas inspiré dans son dialogue avec les "jeunes" du 14/04.


Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent dorénavant d'un blog. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/

Florence et Hussein

L'envoyée spéciale de Libération Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun al-Saadi ont disparu le 5 janvier.
Nous ne les oublions pas


 

Raisons inconscientes conduisant à répondre Non ou Oui au référendum constitutionnel

Les juristes et les hommes politiques s’imaginent que les électeurs interrogés par la voie référendaire font appel à des arguments rationnels pour justifier leur choix. Ainsi, face au traité constitutionnel dont ils auraient au préalable analysé toutes les clauses, les électeurs supputeraient les avantages et les inconvénients du texte en termes de droit national et international, d’opportunité politique et géopolitique, d’insertion dans une tradition collective commune. Selon cette illusion, même si tous les citoyens n’ont pas une culture juridique ou économique exhaustive, ils en savent assez pour être sensibles à des arguments sur le mode du pour ou contre relevant d’une mise en balance explicite des divers avantages et inconvénients du texte.

Mais on peut penser que, dans la plupart sinon dans tous les cas, ce n’est pas ainsi que la très grande majorité des électeurs se déterminent. Quels que soient leurs âges, sexe, conditions sociales, ils obéissent à des motivations plus ou moins inconscientes qui leur dictent leur choix et les rendent imperméables à la discussion prétendue rationnelle. Les sociologues et psychologues connaissent le monde souterrain des pulsions et affects qui déterminent les comportements de l’homme en société, face aux multiples choix s’imposant à lui. Mais apparemment, les hommes politiques en ignorent tout. Cette ignorance les conduit à des erreurs de décisions dont la portée peut être considérable : en l’espèce le rejet d’un texte dont l’adoption serait essentielle à la France comme à l’Europe.

On ne peut pas dans ce court article analyser en détail les réactions inconscientes possibles des électeurs confrontés au référendum constitutionnel. Bornons nous à deux séries d’hypothèses.

Les partisans du Non

Seront tentés de voter Non, indépendamment de toute considérations sur le contenu du texte,
ceux dont la personnalité a eu jusqu’ici du mal à s’affirmer ou qui ont subi beaucoup d’échecs. Ils saisissent l’opportunité offerte par le Non pour montrer qu’ils sont autonomes, qu’ils n’obéissent pas aux mots d’ordre, qu’ils sont capables de jugements critiques. Ce seront les mêmes qui, dans la vie courante, se croiront obligés de céder, parfois contre leur gré profond, à toutes les injonctions de la publicité et des convenances sociales. Dans ce cas, le Non leur permet d’affirmer à peu de frais: je ne suis pas au fond de moi l’être faible, jouet de tous les mots d’ordre, que je me reproche trop souvent d’être.

Plus généralement, on trouvera dans le camp du Non tous ceux dont le psychisme resté enfant les conduit à se construire en s’opposant aux parents et à la société. Devenus adultes et de la même façon, ils proclament haut et fort qu’ils ont le droit de fumer, de ne pas respecter les limitation de vitesse ou d’adopter des conduites à risques, même s’ils savent très bien que ce faisant ils n’améliorent en rien leur condition.

On remarquera que ces Non ne cherchent pas à être constructifs, à proposer des alternatives – même s’ils affirment le contraire. Ils ne savent pas construire. Ce qui leur importe, c’est de bloquer. Tous les Non ne sont pas ainsi, mais nous sommes persuadés que beaucoup le sont.

Les partisans du Oui

A l’inverse seront tentés de voter Oui ceux qui, même déçu par la société telle qu’elle est aujourd’hui, estiment se valoriser en adhérant à une démarche collective qui les dépasse. Eux aussi peuvent être conscients de leurs limites et insuffisances personnelles, mais au lieu de se crisper sur ce qu’ils sont, ils acceptent volontiers de se grandir grâce à la coopération avec les autres. Ils annoncent ainsi qu’ils sont ouverts, dynamiques, capables de distinguer le positif du négatif et choisir le premier. Ceci les valorise à leurs yeux et pensent-ils aux yeux du groupe.

L’adhésion aveugle à des mots d’ordre et idéologies a longtemps été considérée comme dangereuse, contraire à l’idéal démocratique, source de tous les fascismes et dictatures. Mais dans le cas du référendum constitutionnel, les partisans du Oui ne pensent pas adhérer à une idéologie ou à un parti. Ils pensent plutôt partager une vision, un rêve, le rêve européen et au-delà du rêve européen, le rêve d’une humanité réconciliée autour de la tolérance et de la reconnaissance de l’autre. Ils ne sont pas au fond plus désintéressés et altruistes que ceux qui se crispent égoïstement sur leurs singularités. Ils sont seulement plus disponibles pour des aventures collectives.

Le piège du référendum. Peut-on encore en sortir ?

L’inconvénient de la procédure référendaire qui nous est proposé en ce moment, nous dirions même le piège dans lequel s’est jeté la classe politique, est que le nombre des citoyens éprouvant des problèmes d’insertion et tentés de les résoudre en s’opposant parait infiniment plus grand que celui des citoyens ouverts à de nouvelles aventures collectives. On aurait pu le supposer et ne pas faire appel à un référendum qui finalement ne sera pas plus démocratique que la décision de représentants politiques élus à cette fin. Mais cela n’a pas été fait.

Quel recours reste-t-il aux hommes politiques favorables au Oui ? Pourraient-ils espérer que les positions apparemment tranchées en faveur du Non imposées par les motivations inconscientes auxquelles nous avons fait allusion pourraient être modifiées par l’exposé de ce qui précède. Sans doute pas, et en tous cas pas par des discours rationnels. En général, plus on tente d’expliquer à un enfant braqué sur l’opposition à ses parents ou à la société qu’il devrait adopter une attitude plus ouverte, plus on le pousse à s’enfermer dans son ego.

Il faudrait pour sortir du piège trouver des motivations qui agissent au plan des inconscients, afin d’y vaincre les barrières à l’adhésion qui bloquent la plupart des partisans du Non. Il faudrait en quelques semaines leur montrer que, sans remettre en cause leur droit à s’opposer, l’adhésion au rêve européen pourrait leur donner beaucoup plus de chance de se réaliser que l’enfermement dans leurs singularités impuissantes. De la même façon, on pourrait espérer renforcer les motivations en faveur du Oui en montrant mieux, à ceux qui croient en l’Europe, les formes concrètes que pourrait prendre grâce à eux le rêve européen.

Mais c’est là finalement que le bât blesse. Car nul homme politique, de gauche ou de droite, n’a été jusqu’ici capable de définir le rêve européen. Personne n’a su en parler dans les termes de l’auteur américain Jeremy Rifkin 1). Mais Jeremy Rifkin lui-même n’a pas su insister suffisamment sur la dimension de « Frontière à conquérir » que pourrait prendre le rêve européen (et qui demeure à la source quoiqu’il dise de ce qui reste du rêve américain). Pour cela le rêve européen devrait intégrer la dimension de grande aventure technologique et scientifique qui serait à la portée d’une Europe-Puissance unie autour de sa constitution, du type de celle que nous essayons de définir dans cette revue. Est-il trop tard pour le faire ? 15/04/05

1) Jeremy Rifkin, Le Rêve européen ; Fayard 2004.


Que Chirac propose de se sacrifier sur l'autel du Oui

Si Jacques Chirac faisait passer le succès du Oui au referendum par dessus toutes les autres préoccupations, il annoncerait qu'au cas où le Oui serait acquis, il démissionnerait immédiatement. Comme cela il enlèverait toute raison de voter Non à ceux qui - bien mal avisés d'ailleurs - le feraient pour essayer de le déboulonner.

On peut d'ailleurs penser qu'en cas de succès du Oui acquis dans ces conditions et s'il le Président se représentait, il serait réélu confortablement par les partisans de l'Europe reconnaissants. 14/04/05


Essais à risque dans le domaine des virus de la grippe

Cette information pourrait n'intéresser que les experts. Mais elle nous intéresse tous, car elle montre les risques qui s'attachent à la manipulation de virus potentiellement mortels quand toutes les précautions ne sont pas prises. En résumé, le Public Health Agency of Canada (PHAC) avait informé l'OMS que le virus grippal A/H2N2 responsable de l'ancienne pandémie de grippe asiatique et disparu depuis avait été identifié en circulation dans un laboratoire canadien. Celui-ci avait été approvisionné en échantillons, pour étude, comme 3747 autres laboratoires dans 18 pays, par le College of American Pathologists (CAP). Or le A/H2N2 est très contagieux et vu son âge ne rencontrerait plus d'immunité dans les populations d'aujourd'hui. Sa dispersion pourrait provoquer une renaissance de la pandémie de grippe asiatique entraînant comme la précédente des centaines de milliers de morts. L'OMS averti vient de demander la destruction de tous les échantillons en circulation et des mesures de prophylaxie strictes. Le danger à ce jour parait conjuré, mais l'incident montre que les études portant sur les virus hautement pathogènes devraient être entourées de plus de précaution qu'actuellement. La même question avait été soulevée à l'occasion des études sur le virus de la grippe espagnole, encore plus dangereux. 13/04/05

* Voir le communiqué de l'OMS: http://www.who.int/csr/disease/influenza/h2n2_2005_04_12/en/


Le Millenium Ecosystem Assessment

Le Millennium Ecosystem Assessment (MA) est un programme de travail international visant à améliorer l'information des décideurs politiques et économiques ainsi que du public. Il étudie les causes des changements des éco-systèmes et leurs conséquences sur le développement de l'humanité. Il a été lancé en juin 2001 par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et se termine actuellement, début 2005. Les principaux rapports synthétisant ses travaux sont en cours de finalisation et seront prochainement accessibles sur le web. Ils sont particulièrement attendus par les organismes mis en place par l'ONU pour la préservation des éco-systèmes les plus en danger: la Convention sur la biodiversité, la Convention contre la désertification, la Convention sur les espèces migratoires, la Convention Ramsar sur les zones humides.

Si ces premiers résultats se révèlaient utiles, il est prévu que les travaux seraient renouvellés et étendus tous les 5 à 10 ans, y compris à des échelles nationales ou régionales. Le MA est dirigé de façon très internationale, par un Bureau de représentants d'institutions des Nations-Unies, d'organisations scientifiques et d'entreprises publiques ou privées. Il dispose de secrétariats permanents dans les 5 parties du monde. Ses travaux sont supervisés par un Comité scientifique de haut niveau. Ils ont été réalisés par plus de 1350 auteurs émanant de 95 pays. L'ensemble des résultats est et sera organisé en une base de connaissances à multiples entrées, permettant son exploitation et son enrichissement dans les meilleures conditions.

Les premiers résultats, ceci dit, sont plus qu'inquiétants. Il apparaît que la grande majorité des éco-systèmes généraux ou locaux dont dépend la survie des populations humaines sont mis en danger, quand ils ne sont pas en voie de disparition, du fait de ces mêmes activités humaines. La grande question, celle que les experts et le public se posent, concerne la suite effective qui sera donnée aux mises en garde et alarmes ainsi collectées. Il est clair qu'aujourd'hui, les divers gouvernements du monde concernés n'ont aucune intention de réagir, car ils mécontenteraient les groupes de pression qui assure leur maintien au pouvoir. On en trouve un exemple près de chez nous. Les experts des pêcheries en mer du Nord voudraient que la pêche de certaines espèces, déjà quasiment disparues, soit radicalement interdites. Certains envisageraient même l'interdiction totale pendant 10 ans de toute activité de pêche, les pêcheurs étant par compensation, pendant ce temps, "payés à ne rien faire" par la collectivité. Le gouvernement britannique a fait savoir qu'il n'en était pas question. L'Irlande, la France et les pays scandinaves le rejoignent dans ce refus de toute vraie mesure de protection.

Mais le Millenium Assessment pose un problème encore plus fondamental et apparemment insoluble. Tous les experts consultés, qu'ils émanent du monde dit développé ou du tiers-monde, considèrent que le modèle de croissance mondiale dit d'harmonisation par le haut ne pourra pas être réalisé. Autrement dit, le niveau de vie des pays pauvres ne rejoindra jamais celui des riches. Sauf si des bouleversements scientifiques et techniques certes aujourd'hui envisageables au plan théorique mais peu probables dans un délai de quelques décennies modifiaient radicalement les relations entre production et consommation. Il faudra donc accepter l'harmonisation par le bas. Il est peu probable que les pays riches s'y résolvent sauf à y être acculés par de véritables guerres économiques voire militaires. Les experts des pays pauvres ne le disent pas explicitement, mais on sent, en lisant les rapports, que beaucoup y pensent - comme d'ailleurs ceux des pays riches qui préparent déjà des stratégies de résistance. L'avenir n'est donc pas peint en rose. Cela mériterait que le sujet soit plus largement débattu qu'il ne l'est aujourd'hui. L'avenir de l'ONU se joue en tous cas là. 13/04/05

* Accès aux rapports http://www.millenniumassessment.org/en/Products.aspx



Peut-être un changement majeur dans la fourniture de médicaments bon marché au tiers monde

On sait que les grandes firmes pharmaceutiques continuent à refuser d'abandonner leurs brevets sur les spécialités destinées à traiter les pathologies du tiers-monde, ce qui empêchent entre autres la fabrication de génériques à bas prix. Même l'Inde qui jusqu'à présent ne tenait pas compte des brevets délivrés hors de son espace économique, devra rentrer dans le rang suite aux pressions américaines à l'OMC.

Or ceci pourrait changer du tout au tout si l'exemple montré par un accord entre le laboratoire franco-allemand Sanofi-Aventis et la Fondation Médicaments pour les maladies négligées créée à l'iitiative de Médecins sans Frontières entrait pleinement en vigueur et se généralisait à d' autres spécialités. Il s'agit en effet de rendre libre de droits un nouveau traitement anti-paludéen associant deux molécules, traitement qui se révèle efficace contre les résistances du parasite. Il pourra donc être immédiatement copié et distribué à bas prix (à prix coûtant, promet Sanofi-Aventis) au profit dans un premier temps de plusieurs dizaines de millions de personnes. C'est la Fondation DNDI associant l'Institut Pasteur, MSF, la Fondation brésilienne Oswaldo Cruz, des instituts de recherche indien et kényan ainsi que le programme de l'ONU-WHO sur les maladies transmissibles, qui mettra en oeuvre cette démarche et s'efforcera de l'étendre à la dizaine de maladies les plus dangereuses.

Il faut saluer l'engagement de Sanofi-Aventis qui montre qu'une entreprise européenne, bien que capitaliste, accepte d'intégrer dans sa démarche les préoccupations des organisations humanitaires en lutte pour l'amélioration de la condition sanitaire du monde. Le fait qu'elle renonce à breveter ou accepte de communiquer ses brevets à d'autres est l'innovation majeure. Cela n'a jamais été fait par les fondations émanant des entreprises capitalistes américaines. Il s'agit d'un premier succès de l'économie du Libre, laquelle n'est en rien incompatible avec la possibilité d'investir et de faire des profits, dans l'optique donnant-donnant, si elle est bien managée par les partenaires associés.

Il nous semble que l'évènement mériterait un plus grand écho de la part de la presse que celui fait actuellement. 12/04/05

* DNDI http://www.dndi.org
** Communication de DNDI http://www.dndi.org/press_dossier01.asp


Intelligence économique

La Revue ADMINISTRATION, revue d'Etude et d'information publiée par l'Association du corps préfectoral et des hauts-fonctionnaires du ministère de l'intérieur, a consacré un de ses quatre numéros annuels, celui de décembre 2004, à un dossier sur l'Intelligence économique. Ce dossier devrait intéresser ceux qui ignorent encore le concept ou les dispositifs mis en place récemment par les pouvoirs publics pour renforcer les moyens français dans ce domaine. Le nouveau rôle de l'Etat est bien précisé par un article du ministre de l'intérieur, complété d'un exposé du Haut responsable pour l'intelligence économique au SGDN, Alain Juillet. D'autres articles émanant notamment du secrétaire général du ministère de l'intérieur et de préfets, montrent comment le concept général devra s'articuler avec celui d'intelligence territoriale et le rôle que les préfets de région auront notamment à tenir à cet égard. Un regret mais de taille, c'est que cette Revue, pour des raisons étroitement économiques, a jusqu'ici refusé de disposer d'une version électronique. On peut craindre que nul ne fasse l'effort de se procurer auprès de son secrétariat (1bis place des Saussaies, 75008 Paris) le numéro cité ici.

Plus généralement, on ne peut s'empêcher de penser que tous les dispositifs prévues pour renforcer l'appareil d'intelligence économique et territoriale de la France restent bien bureaucratiques et peu accessibles aux scientifiques et patrons de PME qui souhaiteraient une information efficace susceptible de les orienter. Peut-être trouveront-ils dans les services de l'ADIT, Association pour la diffusion de l'intelligence économique devenue Société nationale d'intelligence stratégique, des informations plus précises et plus faciles d'accès. L'ADIT a compris en effet qu'aujourd'hui l'information primaire doit être accessible par Internet. Certes, amis comme ennemis en ont connaissance, mais il vaut mieux cela que demeurer mal informé. L'ADIT publie différents bulletins par pays et secteurs. On trouve également sur son site l'adresse de correspondants auprès desquels une information plus personnalisée devrait pouvoir être obtenue. 10/04/05

http://www.adit.fr/SP/index.php


Pourquoi Bush est-il venu à Rome?

On s'est étonné de la présence à Rome des deux Bush lors des obsèques du pape. Certes un hommage était dû, mais en ce cas il était particulièrement voyant. Cependant la raison apparait simple à certains observateurs (voir par exemple The Guardian http://www.guardian.co.uk/comment/story/0,3604,1453785,00.html). Il s'agit pour Bush et ses amis néoconservateurs de soutenir d'avance les forces les plus archaïques de l'Eglise romaine dans la crainte qu'un successeur du défunt pape soit tenté de se rapprocher de ceux qui voudraient faire évoluer l'église catholique dans un sens plus libéral - ce que n'avait jamais fait Jean-Paul II pour sa part. La peur de l'administration américaine semble être en effet de voir l'église s'ouvrir de nouveau aux préoccupations des jeunes, des femmes, des libéraux de toutes sortes qui voudraient voir relancer l'évolution annoncée par Vatican 2. Pire encore, qu'adviendrait-il si un pape s'intéressant au tiers-monde, sinon à l'ex "théologie de la libération", était désigné par le conclave?

Bush, bien que non-catholique s'arroge donc, avec son impudeur habituelle, le droit d'arbitrer au sein des tendances profondes divisant l'église, entre les traditionnalistes et les libéraux. Ceci normalement devrait être ressenti par l'ensemble des chrétiens comme une ingérence insupportable. Mais sera-ce le cas?

On constatera qu'à propos de la levée de l'embargo des ventes d'armes à la Chine, Bush, par Zoellick interposé, fait de même. Il s'autorise à tenter de diviser les Européens entre ceux qui voudraient non seulement assouplir l'embargo mais négocier un partenariat stratégique avec la Chine (c'est-à-dire principalement l'Allemagne et la France) et les autres pays européens que les perspectives chinoises intéressent moins que la peur de contrarier le grand frère américain. Mais beaucoup pensent que l'activisme américain risque d'être contre-productif et que les Européens se ressoudront autour de l'idée simple que les relations de l'Europe avec la Chine intéressent en priorité les Européens eux-mêmes. 08/04/05

* Robert Zoellick est secrétaire d'Etat adjoint. Voir ses déclarations et menaces dans http://www.iht.com/bin/print_ipub.php?file=/articles/2005/04/05/news/embargo.html


La grave question du financement des recherches sur les nouvelles stratégies anti-bactériennes

Tous les épidémiologues font actuellement la même constatation très inquiétante: la résistance des bactéries et parasites aux antibiotiques ne cesse de se généraliser et se durcir. Il apparait dorénavant des cas où les antibiotiques considérés comme de dernier recours (par exemple la vancomycin) n'agissent plus, si bien que les patients décèdent sans recours, même lorsqu'ils étaient jeunes et censément résistants. C'est aux Etats-Unis que le phénomène est aujourd'hui le plus évident, mais il existe partout dans le monde, sans que les autorités de santé soient toujours en mesure de le comptabiliser. Que faire pour lutter contre les super-bugs, pour reprendre le terme américain, c'est-à-dire les bactéries telles que le Staphylocoque doré multi-résistant? Plusieurs solutions sont théoriquement disponibles. On pense généralement à la recherche de nouveaux antibiotiques. Les perspectives se rétrécissent dans cette voie, mais elles demeurent. On envisage d'autres modes d'attaque, telles que la sérothérapie (cf NewScientist, 19 mars 2005, p. 42). Plus généralement, il faudra augmenter les études en profondeur intéressant la biologie et la génétique microbienne (voir notre brève précédente Les Etats-Unis ont-ils choisi la bonne voie pour lutter contre le bio-terrorisme?).

Ceci dit, ces solutions sont nécessairement difficiles, longues et coûteuses. Qui paiera? Les industries du médicament? Or on constate un phénomène très préoccupant. C'est que celles-ci, quel que soit leur poids mondial et leur niveau de richesse, ne s'intéressent plus à de telles recherches. Elles ne sont pas jugées rentables. Ceci pour une raison simple. Sauver quelqu'un d'une septicémie ne rapporte rien à l'industriel, au regard des profits permis par le traitement de pathologies durables mais non mortelles ou simplement au regard de la vente de produits cosmétiques. C'est donc dans ces seules directions qu'investissent dorénavant les entreprises pharmaceutiques.

Faut-il le leur reprocher? Après tout, non. Il faut bien accepter les effets pervers du libéralisme si on érige celui-ci en règle commune de société. Ceci étant, même aux Etats-Unis, pays du capitalisme libéral le plus affiché, les autorités de santé commencent à considérer que c'est à la collectivité, c'est-à-dire finalement à l'Etat (ou à la Sécurité Sociale), faisant appel à l'impôt, qu'il importe de financer de telles recherches - le cas échéant en diminuant les remboursements de spécialités moins indispensables. Il s'agit là d'un débat fondamental, qu'il faudrait d'urgence discuter publiquement. Malheureusement, on constate que si la question commence à être abordée aux Etats-Unis, elle ne l'est absolument pas en Europe, et notamment pas en France. Qu'attend-on?

On retrouve là sous une autre forme la question déjà posée de savoir si les Etats doivent ou non financer les recherches sur les virus émergents et le stockage préventif de vaccins, prioritairement dans le domaine des futures formes de pandémies grippales. 08/04/05


Tapie, symbole du mal français

Le même Monde du 7 avril publie un article éclairant d'Hervé Gattegno (Tapis à la manoeuvre, p. 16 http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-635913,0.html) sur l'abominable tolérance dont les institutions et les milieux dirigeants français font montre à l'égard de Bernard Tapie, dont la conduite continue d'être le contre-exemple le plus absolu de ce que devrait être celle d'un citoyen respectueux des lois de son pays. Nous touchons là du doigt la France la plus détestable, à laquelle on ne peut qu'avoir honte d'appartenir. On peut s'étonner que devant un tel exemple existent encore des naïfs qui paient leurs impôts, leurs dettes et se préoccupent de l'intérêt général. Pendant ce temps, nous dit la Revue Droit Social de mars 2005, on compterait en France 15 à 20 millions de personnes, pauvres et précaires, qui éprouveraient des "conditions de vie marquées du sceau de l'extrême difficulté". 07/04/05


Jean-Paul II

Pour un athée, l'espèce de frénésie primitive qui s'est emparée du monde catholique à la mort du pape a quelque chose de sidérant, encore qu'elle puisse s'expliquer facilement en termes de comportements mémétiques médiatisés. Mais elle l'est même pour des croyants. On lira deux articles très éclairants publiés dans le Monde du 7 avril, l'un de Hans Küng, Revenir à Vatican II http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3458,36-635860@51-634765,0.html et l'autre de Léonardo Boff, Jean Paul II, le saint restaurateur http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3458,36-635912@51-634765,0.html. Ces deux théologiens, certes engagés à gauche mais honnêtes, montrent bien que Jean-Paul II, associé à la Curie Romaine, a toujours pris le parti de ce qu'il y avait de plus conservateur dans l'église catholique. Il a certes lutté avec succès contre le communisme mais en ne faisant rien pour contribuer à supprimer les causes des révoltes passées et à venir. L'athée ne s'en étonnera pas. Qu'attendre de social et d'ouvert des grandes religions monothéistes et de leurs représentants, justement dénoncées par le dernier livre de Michel Onfray, Traité d'athéologie. C'est en dehors d'elles qu'il faut chercher les voies du salut du monde et c'est très bien ainsi. Notre oraison funèbre se limitera à cela ici. 07/04/05


Imaginons: que devraient faire les Oui en cas de succès des Non?

Supposons que nous soyons en juin 1940 et que le gouvernement Pétain organise un référendum sur la question de savoir si la France doit ou non capituler. Les Oui l'emporteraient à une vaste majorité, sans aucun doute. Mais que devraient faire ceux qui refuseraient la capitulation? Faire ce qu'a fait De Gaulle, faire sécession, gagner l'Angleterre.

On peut estimer que nous sommes aujourd'hui, dans le contexte du référendum européen, confrontés à un choix aussi crucial. Si une majorité des Français se déshonoraient en votant dans le camp des « affreux », les Pasqua, Emmanuelli, Mélanchon, de Villiers (sans oublier Le Pen), les Oui pourraient difficilement respecter la règle démocratique, c’est-à-dire se soumettre. Mais que pourraient-ils faire ?

Je crois qu’il faut dès maintenant y réfléchir, en n’hésitant pas à évoquer des solutions drastiques. Les Oui pourraient faire sécession, c’est-à-dire fonder une nouvelle république qui représenteraient mieux que feue la Ve leurs idéaux d’ouverture et de construction européenne. Cela s’est déjà vu dans l’histoire et pourrait se revoir. A défaut, ils pourraient demander massivement leur naturalisation dans la nationalité de pays plus européens, l’Allemagne, l’Espagne…On aboutirait à ce qui s’est produit au XVIIe siècle comme suite à la révocation de l’Edit de Nantes. La constitution ne serait pas adoptée pour autant au plan de l’Union, mais nos amis européens verraient qu’un certain nombre de Français refusent désormais la France moisie des aigreurs et des égoïsmes.

Ceci dit, avant de s'avouer battu, il faut encore espérer que la raison l'emportera. Selon un proverbe canadien, il ne faut pas serrer la main du diable avant de l'avoir rencontré. 07/04/05


Les essais de médicaments

On accuse généralement, non sans de bonnes raisons parfois, les firmes pharmaceutiques de mettre sur le marché des médicaments dont les essais cliniques n'ont pas été suffisamment nombreux pour faire apparaître l’éventualité de troubles secondaires chez certains patients. Ceci a été dit et redit à l'occasion du désormais célèbre Vioxx de Merck, anti-inflammatoire retiré du marché par le fabricant lui-même en septembre 2004, suite à l'accusation d'accroître les risques cardio-vasculaires.

Il est évident que plus l’industriel peut faire d’essais, en laboratoire d’abord, cliniques ensuite, plus le produit pourra être réputé comme sans risques, à supposer qu’un médicament puisse jamais l’être, ce qui est évidemment faux. Mais sans se faire naïvement le défenseur des industriels de la pharmacie, il faut rappeler quelques réalités statistiques élémentaires. Si l’on considère que tel médicament peut produire un désordre grave dans 1 cas sur 100.000, faudrait-il que le fabricant ait fait 100.000 essais afin d’identifier ce cas puis prendre les mesures rendant le produit inoffensif à l’égard de l’unique malade concerné. Pendant ce temps-là, les 99.999 personnes susceptibles d’être soulagées par la nouvelle molécule devraient attendre. Cet excès de précaution serait inadmissible, ceci à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’urgences à grande échelle intéressant notamment la santé des populations du tiers-monde.
L’idéal serait que les essais de laboratoires soient suffisamment complets pour faire apparaître le plus tôt et le plus complètement possible la capacité de telle nouvelle molécule à traiter tel cas, et plus généralement sa compatibilité d’ensemble avec le fonctionnement de l’organisme global. Mais il faudrait que les industriels disposent pour cela d’un modèle extrêmement complet de physiologie intégrative qui est loin encore d’exister. C’est l’objectif que recherche le projet du Pr. Gilbert Chauvet, souvent cité dans notre revue. L’avenir permettra de mesurer son efficacité.

En attendant, le public comme les organismes de santé doivent se convaincre que, sans laisser carte blanche complète aux laboratoires, il faut accepter le fait que tout nouveau médicament présente des risques, et peser soigneusement le rapport entre les soulagements qu’il apporte aux populations de patients et les effets secondaires qu’il peut produire – les uns et les autres étant évalués en permanence. 06/04/05


Les Etats-Unis ont-ils choisi la bonne voie pour lutter contre le bio-terrorisme?

On sait que suite aux attentats à l’anthrax survenus aux Etats-Unis après le 11 septembre, et la peur plus générale de voir d’éventuels terroristes attaquer en utilisant des bacilles ou virus de destruction massive (variole génétiquement modifiée, Ebola, Marburg, peste, tularémie, etc.), les autorités fédérales américaines ont décidé d’attribuer des crédits très important aux recherches sur ces germes. Le budget du principal organisme en charge du finacement de ces recherches, le National Institute of Allergy and Infectious Disease (NIAID), dépendant des National Institutes of Health (NIH), est ainsi passé dans le cadre du programme national de bio-défense de 53 mns de dollars en 2001 à 1,5 milliard en 2004.

Mais loin d’en être satisfaits, un nombre important de chercheurs américains en bactériologie et virologie viennent de protester par une lettre ouverte auprès des NIH. 750 des 1200 chercheurs intéressés par les nouveaux financement estiment que ces ressources favorisent des recherches sur la protection contre des germes extrêmement rares – au risque d’ailleurs de provoquer leur dispersion accidentelle ou criminelle dans la nature – alors qu’il serait bien plus utile d’accroître les travaux portant sur la physiologie de bactéries très communes, comme E.coli, ou de parasites divers pathogènes à grande échelle, dont les principaux mécanismes restent inconnus. Les chercheurs s’estiment aujourd’hui capables, avec un peu plus d’argent, d’analyser les processus d’expression des gènes de ces micro-organismes, comme les réseaux moléculaires en découlant, de façon à comprendre des mécanismes de plus en plus inquiétants comme leur résistance aux antibiotiques. Intensifier ces recherches permettrait d’en tirer de nouveaux vaccins et modes de lutte qui seraient utilisables non seulement contre les microbes les plus répandus mais contre ceux beaucoup plus rares visés par la politique fédérale de bio-défense.

A cela, d’autres bénéficiaires des financement du NIAID répondent que les recherches sur les pathogènes les plus courants, bien qu’effectivement indispensables, auraient continué à ne recevoir que des crédits squelettiques, s’il n’y avait pas eu la volonté gouvernementale d’afficher des mesures énergiques de lutte contre le bio-terrorisme. Ce serait plus alors cet affichage politique qui compterait que le résultat effectif des politiques de défense contre les maladies infectieuses. Comme quoi il ne faut pas se faire trop d’illusion sur le bon sens de ceux censés nous protéger contre les grands fléaux. 06/04/05

* Lire Top US biologists oppose biodefence boom
http://www.newscientist.com/article.ns?id=dn7074
** Voir aussi la page personnelle de Richard Gourse de Madison University, un des principaux signataires de la lettre ouverte http://www.bact.wisc.edu/GradStudies/GourseRichard.htm


Visiter le Musée des Sciences britanniques pour s’informer sur les nanotechnologies

A défaut d’un équivalent en français, le public intéressé par les nanotechnologies pourra s’informer en visitant l’annexe web du Science Museum britannique consacrée à ce thème On aimerait bien trouver la même chose chez nous. 05/04/05

* http://www.sciencemuseum.org.uk/antenna/nano/


La scandaleuse démarche de Michaël Crichton face au réchauffement global

Certains des experts qui militent à grand peine pour attirer l’attention des responsables et des populations sur les risques découlant de la production des gaz à effets de serre s’indignent de la basse démagogie dont fait preuve le romancier à succès américain Michaël Crichton, auteur de Jurassic Park et d’autres best-sellers généralement prolongés par des films très populaires qui en accroissent la portée. Dans son dernier roman, State of Fear (Harper Collins), il décrit le complot d’ennemis de la liberté américaine reconvertis dans le « terrorisme écologique ». Un groupe de millionnaires reconvertis du KGB ou de Al Qaida s’efforcent de provoquer un méga-tsunami pour donner raison à ceux aux « prophètes du catastrophisme qui veulent priver l’Amérique du libre droit d’abuser de ses ressources en pétrole, charbon et industries réputées polluantes. A la suite d’aventures mêlant le sexe et le politico-militaire, ce complot est déjoué.

N’importe qui de sensé verrait là l’opportunisme commercial de l’auteur, qui cherche à jouer de la paranoïa du complot chez des citoyens de base refusant de changer leur mode de vie. Mais on peut soupçonner que la démarche va plus loin, et qu’elle a été financée et soutenue par les lobbies industriels et politiques américains, très actifs pour empêcher les « environnementalistes » de s’exprimer dans les différents forums et groupes d’études consacrés au réchauffement global. Une petite lueur d’espoir cependant. Il semblerait que les producteurs d’Hollywood s’interrogent actuellement sur les chances commerciales d’une adaptation cinématographique du livre, suite au début de prise de conscience, y compris chez les néo-conservateurs, de la nécessité de lutter contre la pollution par les gaz à effet de serre.

On lira à l’opposé le livre de Jeremy Leggett, directeur général de la firme britannique Solarcentury (http://www.goingsolar.co.uk/sect1/subsect0/page2/) et membre du Renewables Advisory Board (voir http://www.praseg.org.uk/modules.php?name=News&file=article&sid=345) du gouvernement britannique. Ce livre, The Carbon War (Routledge, 2001), bien que déjà un peu ancien, pose les bonnes questions. 05/04/05


Les anti-OGM ne se trompent-ils pas de combat ?

On sait que, dans le monde multicéphale des altermondialistes en lutte contre les OGM et les grands semenciers américains qui financent les recherches en ce domaine, le Terminator de Monsanto a été présenté comme l’emblème même de l’ennemi à abattre. Il s’agissait d’un maïs conçu comme stérile, ce qui obligeait les cultivateurs à se réapprovisionner chaque année en semences s’ils voulaient continuer à bénéficier de ses bienfaits. Le Terminator a été retiré du marché devant les protestations générales. Mais cette technique est de plus en plus répandue et fait partie des technologies dites GURT, « genetic use restriction technologies ». Elle est de mieux en mieux considérée par ceux qui voudraient que les plantes génétiquement modifiées ne se répandent pas librement dans l’environnement. Si leur descendance est stérile, le risque diminue considérablement.

Sauf à dynamiter les Monsanto et confrères, on ne pourra pas en effet, le voudrait-on, empêcher le développement des OGM. Un peu de réflexion montre que, dans l’intérêt non seulement des semenciers mais souvent des populations du tiers-monde, les modifications génétiques sont aujourd’hui indispensables. L’achat annuel de semences pourrait de son côté être moins coûteux, surtout s’il était organisé sur des bases coopératives, que l’achat également annuel de desherbants et anti-parasites. On s’efforcera alors de contrôler la diffusion sauvage de ces « bons » OGM, diffusion dont les effets pourraient en effet être malheureux, notamment vis-à-vis des milieux naturels. D’où l’intérêt pour les défenseurs de l’environnement des techniques GURT, dont les Terminator et autres Exorcist étaient les précurseurs. Mais on peut faire du GURT sans passer obligatoirement par Monsanto. Rien n'interdit aujourd’hui, on le voit, d'être écologiste et intelligent, c’est-à-dire de réfléchir avant de faucher à tout va. 05/04/05

PS au 07/05. On apprend que Monsanto propose dorénavant des OGM destinés à améliorer le service rendu non aux seuls cultivateurs mais aux consommateurs finaux, par exemple des maïs réduits en graisses saturées et enrichis en huiles Omega 3. Ceci serait bien accueilli des consommateurs américains. Qu'en sera-t-il des européens? Quand à ceux du tiers-monde, ils choisiraient plutôt de se remplumer que de maigrir


Ordissimo, l’ordinateur français qui se veut le plus simple du monde

Nul n'ignore l’enjeu que représente la réalisation d’ordinateurs économiques dotés de logiciels libres simplifiés, tant pour le grand public occidental que pour le tiers-monde. Plusieurs pays, notamment l’Inde, encouragent des productions dans cette direction. Par ailleurs, à grand bruit médiatique, Nicholas Negroponte, l’ancien responsable du MediaLab du MIT, s’est fait l’avocat d’une telle formule.
On pourrait penser que les Français n’ont rien à gagner dans cette direction, car ils n’ont jamais réussi à pénétrer la cour des grands en micro-informatique, comme l’a appris à ses dépends, malheureusement, André Truong, fondateur emblématique de R2E, et co-inventeur du premier micro-ordinateur (Micral), récemment décédé à l'âge de 69 ans.

Il se trouve cependant que pourrait prendre place sur le marché un ordinateur dit pour tous, répondant au nom d’Ordissimo, imaginé par 3 jeunes Français. Il permet l’accès, si l’on en croît le site très bien conçu destiné à le promouvoir, aux principales fonctions de l’informatique et de l’internet, sous réserve de quelques restrictions qui ne devraient pas gêner les utilisateurs non professionnels. Il est vendu par correspondance 395 euros sans l’écran et 770 avec l’ensemble du pack.

Si le produit et les services associés tenaient leurs promesses, il y aurait tout lieu d’en encourager la diffusion. 05/04/05

Contactés, les promoteurs de l'entreprise nous ont écrit ceci:

"Nous sommes une jeune société française, créée il y a trois ans. C'est en regardant nos parents, qui n'étaient "ni bêtes ni nuls", que nous nous sommes rendus compte que la machine qu'ils utilisaient n'était pas adaptée au débutant.
Les PCs qui sont vendus aujourd'hui sont des formules 1: parfaites pour faire du 300 à l'heure sur l'autoroute, a condition d'être à la fois un pilote et un mécano, sous peine de finir en panne ou au garage.
Nous proposons une Smart avec vitesse automatique, idéal pour faire du tout Paris et pour faire ses créneaux!
Nous avons lancés notre ORDISSIMO il y a 3 mois. Nous avons été contacté par de nombreux business angels, banques et certains constructeurs.
Nous sommes en phase de levées de fonds pour pouvoir nous diffuser plus massivement.
Nous avons un Show-Room parisien au 135 Rue Castagnary, 75015 Paris, ou il est possible d'utiliser l'ordinateur et d'évaluer toute sa simplicité... "

* http://www.ordissimo.com


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/05-11704/index.htm