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La Gazette N° 95 en date du 15 février 2004

Par Jean-Paul Baquiast


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Concertation: Avenir de la recherche

Le ministère de la recherche ouvre une consultation sur son site Internet, destinée à permettre le recueil d'opinions sur l'avenir de la recherche. On peut hausser les épaules devant cette initaitive, où l'on verra surtout une manoeuvre dilatoire - d'autant plus que le Premier ministre vient d'installer un Comité d'experts sur le même thème, le tout devant déboucher sur des assises nationales de la recherche et une loi d'orientation en fin d'année. Nous sommes loin semble-t-il des Etats Généraux de la recherche que le collectif des chercheurs essaye d'organiser.

Nous pensons cependant que toutes les tribunes sont bonnes à utiliser, quand on a des choses à dire. La consultation de Mme Haigneré est bien conçue (sauf que certaines questions apparaissent appeler des réponses orientées...mais c'est un détail). Il n'y a donc pas de raisons de ne pas s'y exprimer.

Comme toujours cependant dans de telles vastes enquêtes, on sera intéressé d'obtenir périodiquement des synthèses (présentés d'une façon honnête, espérons-le) des contributions des uns et des autres. C'est une condition indispensable à l'auto-enrichissement, permettant de corriger les premiers avis au vu des autres, si besoin est. 15/02/04

- Le communiqué de presse de la ministre http://www.recherche.gouv.fr/discours/2004/comitexpert.htm
- La concertation et Comment participer?
http://www.recherche.gouv.fr/concertation/index.htm#


Iter au Japon ?

Des physiciens appartenant au Independant Scientific Research Institute de Genève font valoir que si l'implantation japonaise était retenue (sous la pression américaine) concernant le site Iter, au lieu du site européen de Cadarache, ceci donnerait au Japon la possibilité de fabriquer des bombes à fusion, grâce à la manipulation de tritium radioactif. Qui pensait que les américains voulaient lutter contre la prolifération nucléaire ? Mais d'un autre côté peut-on interdire définitivement au Japon l'accès à la bombe H ? 15/02/04


La bombe atomique pakistanaise

Un article de Eshan Masood, journaliste scientifique spécialisé dans le SE Asiatique et le Moyen-Orient, indique dans le NewScientist du 7 février 2004 qu'il serait contre-productif pour l'Agence Internationale de l'Energie Atomique et les Etats-Unis de diaboliser la bombe nucléaire pakistanaise et ses promoteurs. Le Pakistan éprouve, selon ce chroniqueur, une immense fierté à posséder la bombe. Les promoteurs de celle-ci, considérés comme des héros (notamment Abdul Kader Khan) disent avoir travaillé pour le bénéfice de la communauté musulmane toute entière, l'Oumma. Les pays détenteurs de la bombe doivent se demander s'il ne vaut pas mieux reconnaître officiellement le rôle pilote du Pakistan dans le domaine nucléaire et négocier un usage raisonnable et officiel de cette compétence, plutôt qu'encourager des disséminations via des organisations terroristes incontrôlables. 15/02/04


La peinture murale qui purifie l'air

Le grand public n'imagine pas que les recherches concernant les nanotechnologies puissent avoir rapidement des conséquences utiles. Cela semble pourtant être le cas d'une peinture nommée Ecopaint, développée par Millenium Chemicals, UK, dans le cadre du programme de recherche européen PICADA (Photocatalytic Innovative Coverings Applications for Depollution Assessment basé au Joint Research Center de Ispra et entrant dans le cadre du programme européen Competitive and Sustainable Growth. N'entrons pas dans les détails. Retenons simplement que le revêtement superficiel de nanoparticules de dioxyde de titanium et de carbonate de calcium absorbe les rayons ultra-violets de la lumière et s'en sert pour convertir les oxydes d'azote polluants (NOx gaz) en acide nitrique qui est lavée par la pluie et se disperse sans conséquences dommageables dans l'environnement. Cela n'est qu'un exemple de l'usage qui pourra être fait des nanotechnologies pour lutter contre l'effet de serre et dépolluer l'air et l'eau. Programme PICADA http://www.picada-project.com/domino/SitePicada/Picada.nsf?OpenDataBase 15/02/04


Les ambitions du CNES

Nous nous sommes ici jusqu'ici focalisés sur le rôle accru que devrait jouer l'Agence spatiale européenne, notamment en vue de l'exploration de la Lune et de Mars (programme Aurora notamment ). Mais le Centre national d'études spatiales vient de rappeler, par la bouche de son président Yannick d'Escatha, qu'il compte rester leader européen en se mettant au service de la politique spatiale européenne. C'est une bonne chose, après les mois d'incertitudes qui avaient pesé sur cet établissement public. Son budget sera en hausse, de 667,5 mns d'euros en 2003 à 683 mns en 2005. Les programmes visent à assurer la continuité du lanceur lourd Ariane V (6 lancements en 2004, dont un intéressant la version ECA capable de satelliser 10 tonnes). Mais différents engins spatiaux d'intérêt scientifique seront également lancés, dont prochainement la sonde Rosetta destinée à explorer la comète Churyomov-Gerasimeko dans 10 ans. D'autres projets de satellites, tous très intéressants, ont été retenus jusqu'à l'horizon 2010. On trouve tout ceci détaillé sur le site du Cnes http://www.cnes.fr/ (programme 2004 et suivants). Nous pensons que chacun doit connaître l'effort du CNES, et militer pour que ses budgets et ses effectifs soient mis continuellement à la hauteur des enjeux qu'il représente, au plan national et européen. 15/02/04


Airbus

Ayant eu avec des collègues la chance de visiter les chaînes de montage d'Airbus à Saint-Nazaire, avec notamment des éléments du premier A 380 qui devrait voler dans un an, nous ne savions quoi admirer le plus : la volonté politique de l'entreprise européenne à faire cet avion malgré tous ceux qui s'y opposaient, la parfaite intégration des différents éléments de structure venus de presque toute l'Europe, l'enthousiasme des personnels…et bien d'autres choses. Un seul regret, c'est qu'il n'y ait que peu d'entreprises industrielles de ce type en Europe. Un autre, c'est que toute la logistique de transport de l'entreprise, (sauf en ce qui concerne les transports lourds entre usines) soit assurée par United Parcel Service (UPS) et Federal Express (eux-mêmes acheteurs d'Airbus-cargo, il est vrai). Ceci montre à quel point l'Europe industrielle est fragile. Des éléments essentiels de son fonctionnement sont dans les mains d'actionnaires des pays concurrents. 15/02/04


Différenciation cellulaire

Signalons le thème d'une conférence organisée le 16 février au Centre Cavaillès, Ecole normale supérieure, sur le thème " Simulation informatique de modèles darwiniens de la différenciation cellulaire ". L'argument est le suivant, qui va tout à fait dans le sens de ce que nous disons dans notre revue : " La différenciation cellulaire, et d'une manière générale, l'embryogenèse, sont toujours considérés comme des processus déterministes. La simulation de modèles darwiniens, incluant une large part d'effets aléatoires, montre que la stochasticité n'est pas un inconvénient qui gênerait le
"fonctionnement " des organismes. Au contraire, "la plasticité" induit par un modèle probabiliste confère une plus grande capacité adaptative. ".
Certains se demanderont si ce qui paraît une évidence, notamment après le livre fondateur de Kupiec et Sonigo, mérite d'être démontré à nouveau. Oui, car les esprits apprennent lentement, dans les sciences et ailleurs. 15/02/04


Crédits de recherche: voir grand ou petit?

Nous avons signé et nous soutenons l'appel des chercheurs pour que soit arrêtée la baisse continuelle des effectifs et des crédits de la recherche en France. Cependant nous ne pouvons pas du tout être d'accord avec le physicien Edouard Brézin, ancien président du CNRS, quand il dit, lors de la conférence de presse à l'Institut Henri Poincaré (Le Monde 13/02/04, p. 23) et à France-Culture le 12/02, je cite : " beaucoup de dépenses répondent à des choix politiques. Ce ne sont pas les chercheurs qui ont demandé des vols habités, le laser mégajoules ou Iter "…ceci pour expliquer que les 3% du PIB consacré en France à la recherche ne sont pas un argument pour expliquer que celle-ci est une des mieux dotées du monde.

On connaît cet argument, qui est agité chaque fois qu'un grand programme ou un grand équipement est décidé par les pouvoirs publics, au plan national comme européen. Il émane de tous ceux, statistiquement les plus nombreux, qui ne bénéficient pas directement des investissements concernés. On l'a entendu par exemple à la mise en place du CNES ou du CERN. Pourtant, sans ces deux organismes et leurs programmes de recherche, nous ferions piètre figure dans le monde de l'espace ou de la physique des hautes énergies. L'argument, repris démagogiquement par le ministre socialiste de l'Education, Claude Allègre, a contribué à tuer les vols habités européens, notamment l'avion spatial Hermès qui serait bien utile aujourd'hui. Il a failli tuer Ariane 5 et l'Airbus A 380, dans la mesure où les promoteurs de ceux-ci ont bénéficié de quelques crédits de R/D que d'autres auraient bien voulu obtenir à leur place. Laisser indéfiniment aux Etats-Unis et aux Chinois le monopole des vols habités relèverait du suicide. Quant au nucléaire en général et à Iter en particulier, il faut être irresponsable pour se désintéresser d'opérations qui, bien qu'effectivement longues, à risques et coûteuses, ont fait et feront que l'Europe pourra survivre énergétiquement dans le monde de demain (si du moins les négociateurs européens ne cèdent pas devant les Etats-Unis et le Japon en ce qui concerne Iter).

Les chercheurs répondront qu'avec des crédits bien moindres, ils peuvent contribuer, discipline par discipline, à faire avancer la science autant que les grands machines. Einstein n'avait pas coûté cher à la Suisse en son jeune temps. Ce n'est pas faux, mais à l'inverse condamner les programmes publics à long terme, parce qu'ils sont " grands " c'est-à-dire ambitieux, est totalement contraire à ce qui devrait être la morale de la recherche scientifique. Celle-ci doit en effet viser l'avenir et viser aussi ce que les actions plus quotidiennes ne peuvent obtenir, c'est-à-dire la visibilité auprès de l'opinion publique avec le franchissement d'effets de seuils susceptibles d'être compris et de susciter l'enthousiasme.
Ceci dit, cela ne veut pas dire qu'il faille abandonner la recherche dotée de moyens, sinon d'ambitions, plus modestes. Il est évident que si un directeur de laboratoire se voit retirer sans avertissement le poste de chercheur ou de technicien qui lui permettrait de poursuivre un projet ou les crédits de fonctionnement nécessaire à l'utilisation de son équipement, il ne peut qu'entrer en rage.

Ce que ne voit pas apparemment Edouard Brezin, comme tous ceux qui raisonnent de cette façon, est qu'ils font le jeu de ceux qui n'ont rien compris à la recherche scientifique et qui font tout pour lui rogner les ailes. En effet, il incite à répartir la rareté, dont il semble finalement s'accommoder. Nous n'avons plus d'argent, donc nous demandons la suppression de tout ce qui est engagement à long terme pour sauver le fonctionnement à court terme. Ce n'est pas cela qu'il faut dire. Ce qu'il faut dire, c'est proposer à la nation des objectifs suffisamment ambitieux pour répondre à la double exigence de l'immédiat et du long terme, du laboratoire à faible budget et du projet coûteux. Cela nécessitera le doublement du budget public consacré à la R/D ? Tant mieux. Les politiques comprendront ainsi qu'ils ne peuvent plus échapper au dilemme de la réforme des modes d'intervention de l'Etat. L'Etat n'est pas là pour satisfaire successivement les agriculteurs, les chasseurs, les buralistes, les restaurateurs et, ajoutons-le pour être honnête, quand il s'agit de l'autre bord, les postiers, les cheminots ou les contrôleurs aériens. L'Etat est là pour porter haut et loin les ambitions scientifiques et technologiques de la collectivité.

Le lecteur nous objectera que nous rêvons, que nous n'avons aucune idée de la force des groupes de pression qui pompent quotidiennement l'argent public, avec de bons arguments électoraux. Soit, peut-être rêvons-nous. Mais nous persisterons à dire, espérons-le avec le soutien de plus en plus de gens réalistes, qu'il faut non seulement satisfaire immédiatement les demandes des chercheurs, mais porter progressivement le budget européen de la recherche à plus de 100 milliards d'euros, ce qui représentera pour la France une contribution supplémentaire de 15 à 20 milliards, accompagnée évidemment de retour de financement en proportion (voir notre article sur le budget européen de la science). Mais un tel budget ne sera accepté que s'il assure véritablement le souveraineté scientifique et technologique de l'Europe. 15/02/04

Notes
- Edouard Brézin est un grand scientifique, comme le montre sa page sur le site de l'Académie des sciences http://www.academie-sciences.fr/membres/B/Brezin_Edouard.htm Mais cela ne l'empêche pas de se tromper de temps à autre.
- Pour montrer que nous n'ignorons pas les préoccupations des chercheurs, l'AFP nous autorisera à citer exhaustivement sa dépêche du 13 mars :[ La recherche française dispose d'atouts considérables, mais elle perd tous les jours des points en raison notamment de financements en chute libre et de structures inadaptées, ont estimé mercredi plusieurs personnalités du monde de la recherche devant une commission parlementaire.
"Le temps joue contre la France et l'écart se creuse avec les Etats-Unis, le Japon mais aussi des pays émergents comme la Chine et l'Inde", a souligné devant la commission des affaires culturelles du Sénat François Ailleret, auteur d'un rapport du Conseil économique et social sur la recherche publique et les entreprises. "Les conditions dans lesquelles est menée cette compétition se sont considérablement aggravées", a renchéri le généticien et directeur de l'Institut Cochin, Axel Kahn. "Si nous n'attirons pas de jeunes chercheurs, le pire ne peut être évité", a-t-il ajouté.
Le renouvellement prochain de la moitié des effectifs de chercheurs a été peu ou mal anticipé par les gouvernements récents, le problème étant aggravé par la baisse dramatique de l'attractivité des carrières scientifiques, ont estimé d'autre part les intervenants. "Le problème des jeunes est l'aspect le plus brutal de la crise actuelle", selon le biologiste Alain Trautmann, porte-parole du collectif "Sauvons la recherche" qui a recueilli plus de 38.000 signatures, soit plus du tiers des chercheurs des labos publics.
Axel Kahn a également évoqué "l'angoisse et la révolte des jeunes". "Ils ont ressenti une profonde injustice. Ils arrivent à l'orée des concours à bac+11, et on change brutalement les règles du jeu", a ajouté le généticien, rappelant la suppression par le gouvernement de 550 postes statutaires et leur remplacement par des CDD. "Il s'agit de conditions terriblement peu attractives, à 1.850 euros net, dans un tissu de recherche dégradé", a souligné le hercheur. "Dire qu'il s'agit d'une proposition attrayante est proprement hallucinant", a ajouté Alain Trautmann.
La recherche, fondamentale ou appliquée, reste un moteur fondamental de l'économie. "La moitié de la croissance de ces quinze dernières années est directement liée à la recherche", a rappelé François Ailleret. Pourtant, les financements publics sont en perte de vitesse: "les moyens de financement des labos publics sont insuffisants", a-t-il ajouté. Axel Kahn a évoqué de son côté le "traumatisme budgétaire de 2003", perçu comme "une forme de mépris" à l'égard de la communauté scientifique.
Selon les intervenants, la souplesse nécessaire à la recherche n'est pas incompatible avec un emploi fixe: "il faut discuter de l'évolution des métiers, il n'y a pas d'opposition manichéenne entre CDD et fonctionnaires en chaise longue", martèle Axel Kahn, qui rappelle que certains domaines de la recherche doivent s'appuyer sur la durée. Les intervenants ont estimé enfin que les structures de recherche étaient inadaptées: trop lourdes, pas assez indépendantes, parfois redondantes. "La recherche est beaucoup trop
fractionnée en France", estime le Pr Kahn, évoquant les sciences de la vie étudiées entre autres au CNRS, à l'Inserm, à l'Inra ou au CEA. "La solution d'avenir, c'est de créer de nouvelles structures, type génopole", selon le généticien, qui appelle à une éorganisation et une simplification des structures.]


L'Ile de France, futur paradis du logiciel libre?

André Santini vient d'ouvrir son site de campagne, très bien fait au demeurant, sous le signe de la promotion du logiciel libre. Ce site est entièrement réalisé sous SPIP, un système de publication pour Internet, sous licence de logiciel libre. "Les développements réalisés dans le cadre de ce site seront reversés à la communauté des développeurs, qui pourront les demander auprès la société conceptrice du site, Linagora, spécialisée dans ce domaine". http://www.santini2004.net/article46.html?var_recherche=logiciel

Jean-François Copé promet également d'encourager les logiciels libres en Ile de France, celle-ci devant devenir par ses soins, a-t-il annoncé, un "pôle d'excellence numérique". http://www.cope2004.org . Par contre, je ne discerne pas clairement, sur le site de Jean-Paul Huchon, s'il a pris position sur la question des logiciels libres. Mais quelqu'un me renseignera peut-être. http://www.huchon2004.net/

Dans le même temps, nous apprenons que Bill Gates (Microsoft) va lancer une grande campagne, en France et en Europe, pour promouvoir ses solutions propriétaires. Un des arguments serait que les produits Microsoft, bien que vendus, reviendraient finalement moins cher à l'utilisateur que les libres, si on prend en compte l'appel aux sociétés de service nécessaire pour mettre ceux-ci en oeuvre. Peut-être est-ce vrai, et encore, quand il s'agit de Windows. Mais globalement une collectivité d'utilisateurs qui accepterait sans réagir de se laisser enfermer dans le monde Microsoft perdrait vite toute indépendance. 04/02/04


Du CERN à ITER

A la date du 4 février 2004, aucune décision n'a été officiellement annoncée concernant l'implantation définitive du site Iter. On peut espérer que les négociateurs européens sont en train de se battre fermement pour résister à la pression américaine en faveur du site japonais (pression qui, selon des sources informées, serait aujourd'hui moindre, les Américains semblant à ce jour lâcher du lest). Mais rien n'est assuré.

La question est pourtant d'importance majeure, nous l'avons dit. Dans un article publié par la page Débats du Monde le 4 février 2004, François de Rose, ancien président du CERN (1958-1960) et ambassadeur de France, décrit le désastre scientifique et économique que serait pour l'Europe le choix du site Japonais. Il n'y a rien à redire ou ajouter à son texte. Il répond, d'ailleurs tardivement, à l'argumentaire inacceptable de l'ambassadeur japonais publié dans ce même journal voisi quelques jours. Mais il s'agit d'une réponse non officielle. L'auteur attribue la position américaine à la seule volonté de punir la France suite à ses choix diplomatiques dans la guerre d'Irak. Mais ne serait-ce pas plutôt ici la manifestation d''une affirmation de puissance bien plus profonde, qui vise non seulement la France mais aussi l'Europe entière.
.http://www.lemonde.fr/...page=10&nb_art=5 04/02/02


Les sites Juppetiensbon

On voit de plus en plus de sites exhortant Alain Juppé à tenir bon. Soit. Mais en général les auteurs qui s'y expriment attaquent lourdement l'objectivité et le professionnalisme des juges.

Je propose pour ma part la création de sites www.magistratstenezbon.org (ou .com, si on préfère) 03/02/02


Que de commissions!

Tout le monde connait le propos de Clémenceau: "pour enterrer une question créez une commission". Dans l'affaire des menaces à l'égard du tribunal de Nanterre, la question sera donc enterrée quatre fois, puisque quatre commissions ou organes d'enquêtes sont mandatés à la fois. Et qui tranchera en cas de divergence?

Il faut noter que de moins en moins de gens ne croient à l'objectivité des commissions d'enquêtes et autres rapports de personnalités indépendantes. Tony Blair en fait l'expérience, puisque la presse se déchaîne contre les conclusions du respectable Lors Hutton, chargé d'enquêter sur la mort de l'expert David Kelly. Pourtant tout avait été fait pour laver blanc en public, y compris par la mise en place d'un site Internet (http://www.the-hutton-inquiry.org.uk/). Finalement, on ne saura jamais par qui le Dr Kelly aura été suicidé.

Le même scepticisme accueille d'avance les deux commissions dont Bush et Blair annoncent respectivement la création, destinée à enquêter sur la source des informations relatives aux ADM en Irak. Si le citoyen doute de tout quand le pouvoir diligente des enquêtes indépendantes, est-ce un signe de bonne santé démocratique ou pas? 03/02/02


Quel symbole!

Triste symbole diront beaucoup, symbole tout court diront les autres: voir le puissant ministre de l'Intérieur détaler "à toutes jambes" (dixit la radio) devant une bande de jeunes au Forum des halles - accompagné d'ailleurs du porte parole du gouvernement et candidat aux régionales en Ile de France. On a dû rire dans les banlieues mais aussi dans les commissariats (je suppose) et chez les Le Pen (j'en suis certain). Le Forum des Halles, zone de non-droit ou zone de non-droite...Les deux sans doute.

Je n'ignore pas que l'on puisse avoir peur des mouvements de foule. Mais il me semble que j'aurais été ces deux Eminences, j'aurais préféré faire front, quitte à me faire hacher sur place. Notez que je dis cela bien au chaud dans mes pantoufles. 02/02/04


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/04-9502/index.htm