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La Gazette N° 111 en date du 31décembre 2004

Par Jean-Paul Baquiast


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A lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:
- Dan Gillmor We the Media. Un journaliste traditionnel converti au monde de l'interactivité...et des weblogs http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2004/60/gillmor.htm

- Editorial: Comment pallier l'insuffisance de la R/D dans les entreprises européennes? http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2004/60/edito.htm

Voir également le N°3 de Europa++ en date du 15 décembre 2004 http://www.pan-europe.org/europa/03/index.htm

Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent dorénavant d'un blog. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


 

We the Globbers
Networks of weblogs to save the Globe

Les blogs sont a la mode. S'agit-il seulement d'une mode ou du début d'un mouvement de fond. Nous parions en ce qui nous concerne pour cette dernière réponse. Alors pourquoi ne pas tenter une intiative mondiale, sur un sujet chaud s'il en fut, celui du réchauffement du climat terrestre. Voici un projet en ce sens. Une initiative se voulant mondiale doit d'abord être formulée en anglais. D'où ce texte. Si parmi mes lecteurs se trouve un véritable anglophone, et qu'il veuille bien corriger mon anglais hésitant, je lui en serai reconnaissant JPB.

The no-decision following the UNO conference on climate changes in Buenos-Aires the 17th of december is shameful. Members could not agree about regulations and budgets reducing carbon dioxide emissions after 2012. This mainly because the US administration is persisting in its refusal to limit the american consumption of fossils fuels. As said previously by the president G.W.Bush, “the American way of life cannot be negotiated”. So some 300 millions of persons can imperil the future of 7 or 8 billions, just because the 300 millions are economically and politically dominant.

Confronted to what is a major failure in world diplomacy, are we citizens in Europe, Japan, India, China and developing countries obliged to accept the American diktat without reacting?

To day, the answer is definitely no. Using modern information technologies (for instance webblogs on Internet and soon on cellular phones) millions and millions of people could express their opinion and influence international and national policies.

For instance, we citizens could, if we were smart enough:
- “harass” american institutions, firms and private persons in order they understand how immoral and in the short term awkward (because massively increasing the present anti-americanism) to stick to their selfish attitude ;
- comfort European and Japanese deciders in their policy of promoting savings in energy and development of renewable sources ;
- convince Indian, Chinese and Brazilian populations that their immediate interest is cooperating with Europe and Japan in these domains;
- and finally, last but not least, help the third world populations in coastal area of Asia and Pacific, who will be the first victims of rises in the oceans level, to be better heard by public opinions in developed countries.

Sceptics will say: this is an impossible task for private persons. May be, but may be not. In We The Media,(see above) journalist Dan Gillmor explains that, with the development of interactive communication technologies (especially blogs), everybody could become a partner in the building of a new and influent public opinion. A bit optimistic? Probably, but worth trying.

Why not people who are willing to comfort policies aiming to better control climate changes would not, each of them, and in each countries of the world, initiate a weblog on this issue. People would say and discuss just what they consider to be relevant. But thousands and thousands of these initiatives would build a complex auto-organizing system which could possibly modify our future. 17/12/04

* Ajoutons que dans un article publié par Le Monde du 21/12/04, Yannick Jadot, directeur des programmes à Greenpeace et Philippe Quirion, président du Réseau action climat France, mettent en garde sur le fait que les industriels français, comme d'ailleurs leurs collègues européens, ne feront aucun effort pour mettre en oeuvre les directives européennes destinées à donner une suite au protocole de Kyoto. Ils arguent du fait que cela les mettrait en situation d'infériorité par rapport à leurs concurrents mondiaux, et que cela précipiterait les processus de délocalisation. Même si leurs arguments sont contestables dans le détail, il est vrai que si les gouvernements européens ne mettent pas en oeuvre de véritables politiques industrielles permettant aux entreprises de s'adapter, pour Kyoto et surtout pour l'après-Kyoto qu'il faut commencer à préparer, elles ne pourront le faire seules. On pense à l'automobile, aux bio-carburants, aux matériaux, mais il y a bien d'autres domaines. Les hommes politiques comme les gouvernants doivent le savoir. Ces politiques demanderont beaucoup d'aides publiques et une grande détermination. 28/12/04

** Sur le même thème, Le Monde du 2 Janvier 2005 nous apprend l'existence d'un blog publié par des climatologistes de diverses nationalités visant à combattre les idées fausses (selon eux) diffusées par ceux qui veulent pour des raisons politiques nier les risques d'un réchauffement terrestre. Excellente initiative, à suivre. http://www.realclimate.org/


Internet et les blogs dans la lutte contre les conséquences du tsunami en Asie du Sud
01/01/05

Tous les observateurs ont noté l'apparition brutale, un ou deux jours seulement parfois après le tsunami, de sites Internet et de blogs destinés à aider les sauveteurs et les familles à venir le mieux possible en aide aux victimes. Il s'agit d'un phénomène d'auto-organisation spontanée qui montre comment les nouveaux médias utilisés par une population qui ne fait pas profession de journalisme mais qui est experte en matière d'Internet peuvent dans de très courts délais compléter voire remplacer les sources de presse traditionelles et les informations gouvernementales officielles. Il existe évidemment des risques (erreurs, fausses nouvelles) mais globalement le résultat semble avoir été aussi positif que possible. Nous sommes là en présence d'un phénomène qui ne fera que s'amplifier au fur et à mesure que la population se familiarisera avec ces nouvelles technologies. Voir par exemple http://www.tsunamihelp.blogspot.com/


La crise des éditeurs de jeux électroniques européens
29/12/04

Le terme de jeux électroniques (dits aussi de façon plus restrictive jeux vidéo) englobe un grand nombre de types de logiciels relevant à la fois du loisir et de l’éducation (edutainment en américain). Il s’agit de fournir à des clients des univers virtuels leur permettant soit d’affronter et résoudre des difficultés en jouant contre soi-même, soit de rencontrer par l’intermédiaire du web d’autres joueurs qui seront alors ou bien des partenaires ou bien des adversaires. Ces logiciels, qui disposent déjà d’un marché considérable pour leurs applications ludiques, en auront un de plus en plus étendu dans le domaine des simulateurs et tutoriaux professionnels, permettant par exemple de former des individus à la manipulation de systèmes complexes ou à l’affrontement de situations difficiles.

Ainsi définis, les jeux électroniques font appel aux technologies de l’information les plus avancées. Leur succès économique est à ce prix, puisque pour conserver le leadership dans un marché très évolutif, les auteurs et éditeurs se doivent d’offrir les meilleurs performances-coûts, dans un environnement technique qui se modifie tous les six mois à peu près. On y trouve toutes les solutions dites de la réalité virtuelle, lesquelles font appel à la fois à la modélisation (notamment des figures animales et humaines) et à la construction graphique d’univers en 3D plus ou moins imaginaires. Mais on y trouve également de plus en plus de logiciels d’intelligence artificielle destinés à construire et gérer des stratégies. Les jeux supposent également des serveurs et des réseaux efficaces, ainsi que, pour certains d’entre eux tout au moins, des interfaces spécifiques avec le joueur, les consoles de jeux bien connues ou, dans les grands simulateurs professionnels, des dispositifs reconstruisant l’engin dont il faut apprendre la conduite.

Des marchés en plein développement et véritablement stratégiques

Les marchés impliqués se sont révélés depuis quelques années de plus en plus importants et en croissance rapide, dans le monde entier. Il s’agit d’un des rares domaines des TIC qui n’a pratiquement pas souffert de l’effondrement de la bulle Internet des années 2000. La demande vient principalement pour le moment de clients individuels relativement jeunes, attirés par le ludique. La demande des institutions (celles par exemple du domaine éducatif civil ou militaire) est bien moins forte, mais devrait croître rapidement, de façon à rendre la formation attrayante pour des utilisateurs formés depuis longtemps aux jeux électroniques.

Les psychologues constatent chez beaucoup d’utilisateurs une véritable addiction à l’utilisation de ces jeux. Certains s’en inquiètent en dénonçant une fuite du réel dans le virtuel, un virtuel d’autant plus dangereux qu’il privilégie le ludique au « sérieux ». Mais les théoriciens de la réalité virtuelle ne s’en étonnent pas. Ils montrent que le monde moderne en train d’émerger spontanément sous nos yeux lie le virtuel au prétendu réel, d’une façon qui les rendra de moins en moins différenciables 1)

Tout ceci fait que le domaine des jeux électroniques constitue un enjeu stratégique majeur pour la conquête non seulement de la domination scientifique et technologique mais aussi de la domination culturelle. Dans les deux premiers cas, ils constituent des locomotives (ou boosters, pour parler plus moderne) qui tirent vers le haut la recherche fondamentale et la recherche-développement. Dans le troisième cas, celui de la domination culturelle, ils permettent de cloner à l’échelle de l’ensemble des cultures mondiales les comportements sociologiques, psychologiques et finalement politiques du pays dominant. Autrement dit, ce sont des facteurs d’une incroyable puissance pour la disparition des identités culturelles face à une culture monopolistique. On avait déjà constaté cela depuis longtemps dans le domaine des logiciels informatiques qui imposent aux entreprises et aux travailleurs les façons de penser de la culture entrepreneuriale américaine 2)

On ajoutera, si l’on veut évoquer l’aspect moral des choses (on pourrait aussi parler de prophylaxie sociale) que les comportements proposés en modèles universels par les auteurs et éditeurs de jeux le sont par des gens qui veulent gagner très vite le plus d’argent possible. Ils n’hésitent donc pas à exploiter, comme d’ailleurs d’autres industriels de la culture (films, télévision) les instincts violents, le tribalisme, le sexisme, sous le couvert particulièrement pernicieux de l’exaltation des valeurs « morales » de la culture dominante : patriotisme, lutte du bien contre le mal, etc. On explique qu’il ne s’agit que de virtuel, mais pour les psychologues étudiant la prévention des comportements dangereux, de telles « simulations » finissent par provoquer des actes réels, au moins chez les sujets impressionnables. On concevrait d’ailleurs mal qu’il en soit autrement.

Tout ceci fait que les jeux électroniques ne sont pas un secteur « innocent » du ludique, comme l’est le domaine des jouets classiques en bois. Ils constituent un élément très important, et qui le sera de plus en plus, de la souveraineté technologique et culturelle. Il est donc particulièrement préoccupant de constater que, loin d’illustrer au plan culturel un souhaitable monde multipolaire, ils représentent une forme particulièrement agressive, aujourd’hui, de l’unilatéralisme culturel américain.

L'écrasante domination américaine

Il suffit de regarder les statistiques de vente intéressant décembre 2004, produites par le Syndicat (français) des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) pour s’en convaincre 3) Le marché français connaît un « véritable âge d’or », grâce non seulement à l’engouement des consommateurs mais au bon niveau d’équipement des ménages en ordinateurs et en consoles. Rien que pour les jeux vidéo, le chiffre d’affaire est estimé à 1,3 mds d’euros. Mais qui en profite ? Des titres et des éditeurs (sans mentionner les consoles) dont on ne fera pas la liste ici, qui proviennent pour l’essentiel de l’offre américaine et japonaise. Les éditeurs français sont au contraire en difficulté. Certains qui avaient abordé le domaine il y a quelques années ont disparu, les autres vivent des situations tendues et licencient. Dans la meilleure des hypothèses, ils seront rachetés par des groupes américains. Nous renvoyons à l’étude du SELL pour le détail des situations.

Nous n’avons pas pour Noël 2004 de chiffres intéressant les éditeurs européens, mais on peut penser que leur situation n’est pas meilleure. Cela pose la question de savoir si, dans le légitime souci de préserver la spécificité de la culture européenne, ce secteur important des industries culturelles pourrait être soutenu, soit par tel ou tel gouvernement européen à titre individuel, soit de préférence dans le cadre d’un mécanisme communautaire d’aide à la création tel que celui évoqué dans les autres articles du présent dossier.

Une aide européenne, mais de quel type?

Une première remarque s’impose, qui est d’ailleurs la même que celle intéressant la situation du cinéma et de la télévision. S’il s’agit de refaire en mieux et souvent en moins bien le cinéma, la télévision et les jeux électroniques américains, l’entreprise mérite-t-elle d’être encouragée ? Certes, quelques emplois pourraient être maintenus ou re-localisés en Europe, mais le grand dessein visant à promouvoir une culture européenne spécifique en tirerait-il quelque profit ? C’est douteux, sauf à imposer des orientations culturelles précises aux auteurs, ce qui n’est jamais recommandable. On voit en effet que les jeux produits par des éditeurs français ne sont guère différents des jeux américains, dont ils reprennent tous les poncifs. On expliquera qu’il s’agit de produire pour le marché mondial, mais faut-il courir derrière le train américain pour faire œuvre de création authentique…et trouver des clients solvables ?

Le marché européen de 450 millions de joueurs potentiels ne pourrait-il permettre de rentabiliser des créations inspirées par le mix très riche des cultures nationales et régionales ? Ne pourrait-on envisager par ailleurs de s’ouvrir à des co-productions associant des créateurs européens et des partenaires d’autres parties du monde ? Sans doute, mais il faudrait pour cela que les auteurs et éditeurs soient très largement soutenus par des crédits européens spécifiques, au moins à titre d’amorçage. On estime en effet qu’un jeu à vocation internationale nécessite 5 millions d’euros pour ce que l’on appelle la préproduction, sans parler des dizaines de millions indispensables au développement et au marketing. Une autre difficulté sera soulevée par les représentants des éditeurs et industriels américains. A quel titre l’Union européenne pourrait-elle décider de réserver ses aides à des éditeurs européens ? Et suffirait-il pour être identifié comme tel de disposer d’une boite postale dans un Etat-membre ? On retrouvera la question actuellement posée à l’Unesco en ce qui concerne la légitimité des politiques dites de protection de la spécificité culturelle.

Mais nous avons dans le présent dossier envisagé une autre solution, qui nous parait bien plus riche d’avenir. Elle consisterait à faire financer par des crédits européens d’aide au développement la création de logiciels ludiques et éducatifs qui seraient réalisés par des auteurs acceptant de se placer sous le régime de l’Open Source. Autrement dit, les créations une fois rémunérés à l’acte et validées par un organisme européen ad hoc, sera mises en accès gratuit sur Internet, les auteurs renonçant à leurs droits. Les produits pourraient alors être librement développées et échangées par des créateurs amateurs, sur le principe du peer to peer. Alors, les auteurs potentiels (certainement nombreux) qui n’envisagent pas actuellement d’entrer dans le mécanisme de production de grandes machines coûtant des millions d’euros, pourraient ajouter leurs apports à un univers foisonnant de créations ludiques et éducatives. S’il est un domaine ou la logique du Libre devrait s’imposer et être reconnue par les institutions européennes, au même titre que celui des logiciels professionnels, c’est bien celui du ludique et du ludico-éducatif.

Notes
1) Voir par exemple Denis Berthier http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2004/juin/berthier.html
2) Voir également Berthier, ainsi que le procès fait récemment, à juste titre, à l’apparemment inoffensif Power Point de Microsoft.
3) SELL http://www.sell.fr/ . Les données du SELL sont reprises par un article de Gaëlle Macke dans Le Monde du 27/12/04, p. 7 : "Les éditeurs français ne profitent pas du boom des jeux vidéo".


Pourquoi l'Union Européenne doit se doter d'une politique culturelle commune?
27/12/04

L’Union européenne s’est élargie en mai 2004 à 25 membres. D’autres Etats sont d’ores et déjà candidats pour la rejoindre. Quel intérêt commun rassemble tous ces membres ? Indiscutablement le grand marché et la possibilité d’une harmonisation progressive des niveaux de vie. Certainement aussi une conception commune de la démocratie politique, précieuse dans un monde où les régimes autoritaires sont encore la majorité. Mais jusqu’à présent ni les Etats ni, autant que l’on puisse juger, les opinions publiques ne semblent intéressés par l’idée de constituer à 25 et davantage une super-puissance géopolitique, technologique, scientifique et militaire capable de faire jeu égal dans un futur monde multipolaire avec l’actuelle superpuissance dominante, l’Amérique et celles qui se mettent rapidement en place, l’Inde et la Chine. Pourtant, par ses ressources économiques et intellectuelles l’Europe pourrait parfaitement devenir une puissance égale aux autres. De plus, ses nombreuses alliances avec les pays en développement pourraient lui permettre de se présenter non en puissance expansionniste, mais en puissance médiatrice et d’interposition.

On est donc conduit à se demander quel stimulant manque aux pays européens pour qu’ils relèvent ce défi de la puissance. Pourquoi ne se rendent-ils compte que s’ils ne le font pas, ils ne pèseront pas lourd, ni individuellement ni en groupe, dans le monde de demain. La réponse est simple. Il leur manque un imaginaire collectif. Les études systémiques, en biologie ou en intelligence artificielle par exemple, montrent que tant que des entités différentes restent juxtaposées, elles ne peuvent se constituer en organisme. Pour y réussir, elles doivent générer l’équivalent d’un système nerveux central et plus précisément d’un cerveau. Il faut que ce cerveau produise et diffuse des images permettant à chacune des parties de se projeter dans le tout. Il faut enfin que des intentions, des projets, des façons communes d’interagir avec l’environnement fortifient en permanence l’ensemble qui vient de se former. En d’autres termes, il faut que l’organisme se dote d’une culture commune pour devenir compétitif.

Les leaders politiques n’ont pas attendu la confirmation de la systémique pour conforter par l’action psychologique l’unité des groupes et des peuples qu’ils prétendaient diriger. Depuis l’origine des temps historiques, l’émergence d’un nouveau pouvoir politique s’est toujours accompagnée de la construction d’un passé commun héroïque servant de plate-forme pour celle d’un futur encore plus héroïque. Certes, les mythes collectifs ne peuvent être fabriqués entièrement par les leaders. Ils émergent spontanément de tout organisme déjà engagé dans une recherche de suprématie. Mais les chefs jouent un rôle essentiel en identifiant, en relayant et en entretenant économiquement les mécanismes servant à fabriquer de l’imaginaire collectif.

L’exemple américain

Bornons-nous, dans le cadre de cet article, à rappeler que c’est ainsi qu’aux origines et jusque vers la fin de la guerre froide s’est construite l’unité politique des Etats-Unis d’Amérique. Nul n’ignore que des immigrants d’origines très diverses ont été soudés en une nation par un effort culturel prenant de multiples formes : l’action des communautés chrétiennes imposant les images fortes d’une vie quotidienne régulée par des valeurs évangéliques, les grands mythes de la frontière repris ad nauseam par la littérature et par le cinéma afin de fabriquer un passé héroïque à des gens qui n’en avaient pas, et finalement l’image d’une Amérique en guerre contre le mal, incarné à l’époque par le nazisme puis par le communisme. Remarquons qu’avec le prestige mondial des productions d’Hollywood (bénéficiant aussi de ce véhicule puissant qu’est la langue anglaise), cette mythologie américaine n’a plus servi seulement à conforter l’unité nationale. Elle a commencé dès les années cinquante à se répandre dans le monde comme une des armes de la conquête économique et politique.

Mais c’est la domination des technologies de l’information par les industries américaines, largement soutenues dans ce but par les pouvoirs politiques, qui a véritablement changé la donne. Les stratèges américains eux-mêmes ont encouragé la mise en place mondiale d’un « soft power » destiné à façonner les esprits des populations. Le soft power n’est pas un pouvoir doux mais un pouvoir s’exerçant par les contenus (software) et complétant celui rendu possible par la maîtrise du hardware, calculateurs et réseaux physiques. Il participe comme les autres pouvoirs permis par la maîtrise américaine sur les technologies de l'information à ce que l’on a aussi nommé la Netwar, celle que mènent partout dans le monde les industries et les forces armées américaines, et dont les formes les plus anodines sont celles de l’espionnage économique.

Dans cette perspective, la guerre pour la domination culturelle du monde est vraiment conçue comme une des formes de la conquête économique et politique. Elle a la prétention d’agir là où les autres actions se heurtent à des résistances. L’image du militant altermondialiste se battant contre les abus du capitalisme américain dans son pays et fervent consommateur des films et jeux vidéo américains téléchargés sur le web correspond à une réalité que ne sous-estiment pas les stratèges de l’expansionnisme américain. Ce militant aura beau prétendre conserver son intégrité de jugement, il n’en sera rien. Sa "sympathie" profonde le mettra toujours dans les choix décisifs, sans même qu'il s'en rende compte, du côté des Etats-Unis. Il en sera de même des millions d‘étudiants abonnés par Internet aux enseignements des universités américaines.

Aussi bien, les moyens économiques et les appuis diplomatiques n'ont jamais manqué aux industriels de la culture américaine, véritablement considérés comme des combattants de première ligne analogues aux forces armées. On a estimé (chiffre à vérifier) qu’en 10 ans ce furent 1000 milliards de dollars qui ont été consacrés par les diverses collectivités publiques à soutenir ces industries, sous forme de commandes, subventions, aides à l’exportation. Il s’agit d’ailleurs d’investissements immédiatement rentables. Les exportations des industries culturelles font vivre des millions de personnes aux Etats-Unis. On comprend que la population toute entière soit potentiellement mobilisée pour la conservation de tels revenus. Au plan diplomatique, l’appui est encore plus décisif. Il vise à faire entrer dans la catégorie des services soumis à jurisprudence de l’Organisation Mondiale du Commerce l’ensemble des activités intellectuelles, culturelles, éducatives qui dans de nombreux pays demeurent encore de la compétence des services publics nationaux. En d'autres termes, les Etats doivent renoncer à protéger par des réglements spécifiques leurs propres industries culturelles et éducatives (le même régime devant s'appliquer dans l'esprits des négociateurs américains aux services de santé). Or la puissance des multinationales de la culture américaine et des industriels relais comme Microsoft est telle que la déréglementation signifiera inévitablement élimination des créateurs nationaux. Cette campagne s’accompagne, dans les pays où demeurent des politiques nationales d’aide à la création, de manœuvres multiples pour que ces politiques soient progressivement démantelées.

Que pourrait faire l’Union Européenne pour se doter d’une culture commune contribuant au renforcement de son unité ?

La question est essentielle si on veut éviter que ne se réalise la prédiction du New York Times le jour de l’entrée des nouveaux membres dans l’Europe : " L' Europe se fera mais c’est nous qui la ferons ". Cependant la réponse n’est pas simple. C’est ce qui en fait d’ailleurs un des défis les plus intéressants que pose la construction de l’Union Européenne.

Ne pas imiter servilement les américains

Une première considération dont il faut se persuader, c’est que l’Europe ne peut pas et ne doit pas prétendre imiter servilement la politique américaine en matière d’industries culturelles. Plusieurs raisons militent en ce sens. Evoquons-les rapidement :

* L’histoire européenne est celle des pays européens pris un à un. Le tout est très riche mais ne peut pas facilement donner lieu à la construction d’une épopée collective. De plus cette histoire est faite de conflits permanents qu’il n’est pas indispensable de raviver.

* Les sociétés européennes actuelles sont également trop différentes pour qu’il soit facile de modéliser par de grands tableaux simples ce que pourrait être le futur d’une société européenne. Cette complexité est une richesse, mais il faut savoir l’exploiter. Ce n’est pas en proposant naïvement un « european way of life » qui serait le pendant de l’« american way of life » que l’on y arrivera.

* Le plurilinguisme demeure un obstacle considérable à la construction d’une culture européenne commune, essentiellement parce que la solution simple pour en sortir est d’utiliser la langue anglaise et que celle-ci est une porte ouverte en permanence aux formes les plus agressives de la culture américaine. Une des solutions pour lever cette difficulté est de faire appel à des produits multi-langues, comme le fait actuellement Arte avec le français et l’allemand. Mais le multilinguisme ne deviendra une réalité que lorsque des technologies efficaces de traduction automatique en flux n’auront pas été développées – sans oublier évidemment l’apprentissage de plusieurs langues par les citoyens européens, apprentissage assisté par les technologies éducatives modernes.

* Enfin, la difficulté majeure demeure le retard écrasant des pays européens dans le domaine des TIC, que ce soit au niveau des technologies ou des usages. On ne devra en aucun cas se résigner à ce retard, mais pour le rattraper, l’Europe devra chercher des solutions innovantes permettant d'exploiter certaines des faiblesses qui pourraient à l'avenir affecter les industriels américains du secteur. On voit par exemple que face à un Microsoft encore très riche et influent, mais empêtré dans la protection de ses sources, de nombreuses solutions de réseaux décentralisés faisant appel à de petits utilisateurs-développeurs innovants travaillant sur le modèle du Libre peuvent faire apparaître de nouvelles couches d'interactivité caractéristiques des nouvelles cultures interactives de demain. La téléphonie mobile haut débit en est déjà un exemple. On voit comment elle permettrait à de s'ancrer dans la réalité sociologique européenne et servir ainsi de supports à la création culturelle des prochaines décennies.

* Evoquons aussi, parmi les difficultés, le fait que les Etats-Unis demeurent le principal pays au monde où se pratique encore la grande recherche scientifique, héritière du siècle des Lumières. Bien que de plus en plus combattue par l’administration actuelle, l’élite scientifique américaine, faite d’ailleurs en grande partie d’éléments importés, est toujours capable de donner à rêver à l’humanité toute entière. L’Europe pourrait faire aussi bien mais elle devra financer sa science bien plus généreusement qu’elle ne le fait actuellement. Elle devra surtout en faire un thème essentiel du dialogue avec les imaginaires sociaux. Une science spécifiquement européenne, par exemple dans les domaines de la protection des éco-systèmes et du développement durable, fournirait de nombreux modèles à exploiter par la création culturelle.

Les atouts européens

Face aux Etats-Unis et aux avantages dsont ils disposent aujourd'hui, l’Union européenne, dans la mesure où elle voudrait se doter d’une grande culture propre, pourrait-elle compter sur quelques atouts spécifiques? On peut en recenser plusieurs :

* La très grande diversité, à tous égards, des créateurs européens, qu’ils soient actuels ou potentiels. Elle s’oppose à la relative monotonie du paysage culturel américain. On tend à louer la créativité et la diversité de ce dernier, mais c’est dans une large mesure une illusion, tenant à ce que l’on manque de comparaison, les autres cultures mondiales étant actuellement incapables de se faire entendre. Or, dans l’optique systémique, un système doté d’une grande variété de composants est à terme bien plus compétitif qu’un système monolithique.

* La très grande variété des histoires futures dans lesquelles les Européens pourraient se projeter. Alors que l’Amérique, particulièrement sous l’influence d’un gouvernement néo-conservateur, ne sait guère proposer au monde qu’un modèle de plus en plus controversé, celui des forces du Bien en lutte contre les forces du Mal, l’Europe, s’interfaçant avec d’innombrables civilisations différentes, pourrait vraiment prétendre commencer à écrire des pages de l’histoire universelle.

* L’expérience maintenant trentenaire du financement des programmes de recherche/développement européen initialisés par le programme Esprit. Ces Programmes Cadres ont appris à des acteurs européens très différents le travail en commun et l’imagination prospective. Des formules analogues pourraient être utilisées si la compétence culturelle était vraiment reconnue par l’Union comme devant relever de ses attributions et bénéficier de crédits d’un montant équivalent. Il faudrait évidemment alors que les différents producteurs européens acceptent de travailler ensemble plutôt que s’affronter pour récupérer seuls les aides disponibles.

Quelques propositions

Dans ces conditions, que pourrait-on proposer ? Voici quelques suggestions parmi d’autres possibles:

* Mettre en place un ou plusieurs systèmes d’aide à la création véritablement communautaires, dotés de budgets substantiels et indépendants des pressions politiques que pourraient exercer les Etats. Nous ne développerons pas ce point ici, mais, comme indiqué ci-dessus, on pourra s’inspirer des méthodes de financement de la recherche scientifique européenne dite pré-compétitive. Ajoutons que les programmes européens ne se substitueront pas à d’éventuels programmes nationaux, mais il faudra que ces derniers évitent de créer des concurrences inutiles.

* Ne financer de projets, quelqu'en soit l'ampleur, que s’ils font appel aux technologies de l’information les plus évoluées. Ainsi on fera d’une pierre deux coups : développer chez les créateurs comme chez les usagers consommateurs une culture technologique poussée ; aider à l’apparition d’industriels européens des TIC et du multimédia compétitifs, capables de valoriser tous les usages émergents.

* Généraliser l’accès gratuit aux sources existantes. Il s’agit d’un objectif essentiel. Il consiste à mobiliser, à l'ère du numérique, les immenses mémoires collectives dont dispose l'Europe. De nombreuses institutions universitaires ou culturelles possèdent des quantités considérables de documents anciens ou contemporains inaccessibles. Ces institutions ne sont pas assez riches pour engager de vastes programmes de numérisation comme l’a fait par exemple la Bibliothèque de France. Les contenus ainsi numérisés, enrichis de divers systèmes d’intelligence artificielle, notamment pour la traduction, seront mis gratuitement à la disposition des établissements d’enseignements et des centres culturels. Ils seront fournis à prix réduit aux entreprises culturelles. On dira que ce faisant l'Europe risquerait de se complaire dans un illusoire retour au passé. Mais la mémoire, comme l'a dit un neurologue, n'est jamais que du présent remémoré. Ressortir ces sources de l'oubli serait en fait construire un avenir sur des bases solides et des références consistantes.

* Aider la production bénévole en libre accès. Voici un autre objectif, d'une nature différente, mais qui est également essentiel. Sous la pression malthusienne des éditeurs traditionnels et de leurs diffuseurs, on considère qu’il n’est d’œuvre valable que si elle produite par une entreprise commerciale qui se rémunère par la perception des droits et les bénéfices commerciaux de la vente. Ainsi de très nombreux auteurs potentiels sont découragés de créer, faute de rentrer dans les mécanismes très sélectifs mis en place par les éditeurs – ceci aussi bien en Europe que dans le reste du monde. Il s'agit d'un paradoxe touchant au scandale alors que les technologies modernes permettent à presque n'importe qui la réalisation de créations à coûts limités qui pourraient satisfaire de nombreux besoins non solvables. Il faut que chacun dans le public se dise qu'avec les nouvelles technologies, il peut devenir auteur ou producteur - non pas pour devenir riche mais pour se donner une nouvelle dimension existentielle, pouvant avoir une grande portée collective.

Le mouvement s'amorce, grâce aux technologies nouvelles comme les weblogs. Mais il le fait encore très lentement. Il est évidemment en butte aux critiques des "élites intellectuelles" traditionnelles, qui voudrait se réserver le monopole de l'expression et des profits pouvant en être tirés. Aussi il devra être encouragé systématiquement. Le programme européen envisagé ici devra donc soutenir des créateurs extérieurs aux réseaux d'influence de la "culture" établie. Mais il le fera à une condition, que leurs oeuvres soient mises à disposition du public sous le régime du Logiciel Libre (Open-source). Des réseaux d'échange sur le mode du partenariat partagé pourraient alors assurer leur diffusion au mode entier, en toute impunité au regard du droit de la propriété intellectuelle. Ces œuvres intéresseraient tous les secteurs de la création sans exclusive : musique, cinéma et télévision (vidéo), jeux, édition littéraire et scientifique, programmes éducatifs..La diffusion se ferait essentiellement par le web y compris par les formes émergentes de la téléphonie mobile à haut débit. Les auteurs et éditeurs traditionnels se plaindraient certainement de la concurrence, mais ce serait précisément cette concurrence qui ranimerait une culture européenne actuellement pratiquement inexistante.

* Aider les co-productions associant des entreprises européennes et des producteurs représentant d’autres cultures du monde, de façon à donne à la future culture européenne une ouverture véritablement universelle, qui lui manque actuellement tragiquement.

* Poursuivre, si possible au plan international (Unesco) mais en tous cas au plan européen, une politique raisonnable de "protection de la diversité culturelle", visant à soustraire au marché un certain nombre d'activités culturelles et éducatives, parmi lesquelles viendront en priorité celles encouragées par les mécanismes proposés ci-dessus. Soumettre celles-ci à la concurrence des grandes industries culturelles et logicielles américaines serait les condamner à mort avant même leur naissance. Dans le même esprit, on étudiera des formes de protection du droit d'auteur et du copyright inspirées de celles mises en oeuvre pour les Logiciels Libres, dans les pays qui reconnaissent la légitimité de telles productions.

* Restera une dernière disposition, essentielle: faire de la politique culturelle, ainsi définie, une compétence communautaire se superposant à celle des Etats-membres. Ainsi serait apporté un démenti à Michel Rocard qui avait jugé un jour, on ne sait pourquoi de la part d'un homme réputé éclairé, que la culture ne pourrait jamais être une compétence européenne.


Les web-radios de France Culture
25/12/04

Dans l’article précédent (Le combat des Etats-Unis pour monopoliser la culture mondiale), nous regrettions (note 1) que les Chaînes de la télévision publique en France ne fassent aucun effort pour produire des séries documentaires et éducatives – ce dont de leur côté ne se soucient pas les chaînes privées. Le coût de réalisation d’un documentaire d’1 heure serait, selon les sujets, de 100.000 à 1 million d’euros. Le budget des chaînes publiques permettrait donc d’en faire un certain nombre, s’il n’était pas gaspillé en actions sans portée réellement éducative. Il en résulte que l’essentiel des heures d’écoute est consacré aux émissions en flux produites par les sociétés détenues par les «animateurs» qui ont en quelques années réussi à monopoliser le secteur public. Ce n’est pas à eux qu’il faut demander de se soucier d’élever le niveau de connaissance scientifique et culturelle du public L’histoire s’interrogera sur cet étonnant phénomène d’accaparement par des aventuriers sans scrupules. La responsabilité principale en incombe aux gouvernements de gauche et de droite qui ne se sont jamais soucié du rôle éducatif de la télévision. On dira qu’ARTE sauve l’honneur de la télévision, mais ARTE ne fait pas partie du secteur public audiovisuel.

Assez curieusement, on ne constate pas sur les radios ce même mépris pour l’information documentaire et éducative. C’est France Culture, évidemment, qui est à citer en tête du tableau d’honneur. Tout n’y est pas présenté de la façon la plus susceptible d’attirer une large audience (pour dire cela gentiment) mais, d’une façon générale, il ne se passe pas de jours sans qu’un thème de grande portée culturelle ou politique n'y soit présenté et discuté. De plus, France-Culture a joué la carte du web dès que l’Internet est vraiment entré dans les moeurs, en complétant ses émissions radio par des références en ligne et en permettant la réécoute de certaines d’entre elles en web-radio.

Aujourd’hui, France Culture annonce un nouveau pas en ce sens. Elle offre depuis le 20 décembre, à partir de son site, l’accès à deux web-radios, l’un, Les Chemins de la Connaissance dédié à la connaissance en général et l’autre, Les Sentiers de la Création, consacré à la création artistique contemporaine, L’auditeur accèdera à un certain nombre d’heures de programme, enregistrées mais jusque là inaccessibles. Il pourra aussi écouter des émissions en rediffusion(2).
Tout ceci est encore bien timide : peu de contenus, des horaires trop restreints, pas de véritable promotion. France-Culture craint-elle de se faire elle-même concurrence face à ses émissions en temps réel ? Se heurte-t-elle à des problèmes de droits d’auteur ? On imagine pourtant ce qui pourrait être fait si la radio développait vraiment le concept d’une banque d’émissions aux thèmes très diversifiés et accessibles sans limitation de temps (au moins aussi longtemps qu’il existerait une demande provenant des auditeurs). Le coût de la conservation des enregistrements va devenir de plus en plus faible. Il serait certainement très stimulant pour les auteurs de demeurer en ligne sine die (avec un bon moteur de recherche pour les retrouver).

Evidemment, une telle politique serait à coupler avec celle de grands organismes dédiés à la connaissance, comme le Collège de France, la Bibliothèque nationale de France, l’Institut national de l'audiovisuel, certaines universités ou sociétés dites savantes. Quand on considère tout ce qui se dit et s’écrit dans ces lieux, dont il ne reste rien, tout au moins pour le grand public et les enfants des écoles, on mesure l’ampleur du gaspillage et le peu d’intérêt manifestées par nos élites intellectuelles dans cette quête(3).

Mais après tout, les organismes qui, comme nous, prétendent publier des contenus «intellectuels» en Open Source sur le web, pourraient aussi commencer à mettre en ligne des articles en présentation orale, voire de véritables cours (pour les courageux). C’est ce que fait l’INRIA, comme nous l’avions signalé il y a quelques semaines. Qu’attendons-nous, les uns et les autres, pour généraliser cette démarche?

(1) Et lorsqu'elles en produisent, elle sont les premières à les déprogrammer si besoin où à les diffuser à des heures impossibles. Citons par exemple l'excellent documentaire "Intelligence superficielle" écrit et réalisé par Vincent Maillard (produit par Stations services) déprogrammé deux fois, sauvé du passage à la trappe grâce aux réclamations de téléspectateurs indignés, mais diffusée alors à des heures tardives (23h50 le 5/11/04 et 4h00 du matin le 12/11/04). Un document intelligent à l'écriture originale, dans lequel sont traités la suprématie de l'économie, les brevets de logiciels, la recherche robotique et les mutations des machines, Internet, la naissance de la conscience au sein de la matière, la génétique et le problème du clonage, les nanotechnologies... Voir http://contrecourant.france2.fr/article.php3?id_article=213
(2) Voir http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2004/nvx_prog/index.php
(3) A titre d’exemple, beaucoup de gens se plaignent de ne plus pouvoir obtenir sur le web la rediffusion du Colloque du Collège de France consacré au thème de la Science européenne. Reste le résumé que nous en avons fait sur ce site, mais cela ne suffit pas.

Note d'optimisme, signalons l'excellente initiative du ministère de la Recherche qui a lancé depuis mars 2004 le portail http://www.sciences.gouv.fr répertoriant les meilleurs sites et contenus multimédias :
- animations multimédias scientifiques : http://www.science.gouv.fr/index.php?action=page&target=select&rubrique=26
cours et conférences universitaires : http://www.science.gouv.fr/index.php?action=page&target=select&rubrique=28
vidéos scientifiques : http://www.science.gouv.fr/index.php?action=page&target=select&rubrique=27


Le combat des Etats-Unis pour monopoliser la culture mondiale
24/12/04

Les Etats-Unis mènent actuellement un combat planétaire pour transformer en règles de droit international l’écrasante domination dont leurs industries culturelles jouissent déjà dans le monde. Ils mènent ce combat contre les Etats qui veulent, au nom de la protection de la diversité culturelle, maintenir des réglementations réservant certains avantages spécifiques à leurs créateurs nationaux. Autrement dit, ils veulent pouvoir éliminer, où que ce soit dans le monde, toute création qui n’émanerait pas de leurs propres industries culturelles. L’objectif est de transformer en monopole absolu la suprématie presque écrasante dont ils bénéficient déjà dans le domaine de la culture, suprématie qui s’ajoute en les complétant à leurs suprématies économique, technologique et scientifique.

On sait depuis des années que les productions intellectuelles et artistiques américaines ont dans beaucoup de pays, sauf dans les Etats autoritaires se protégeant par différentes sortes de censure, fait disparaître les productions nationales. Cela tient à leurs qualités intrinsèques indiscutables, notamment concernant leurs capacités de plaire à de très larges publics. Mais cela tient aussi à une politique délibérée des gouvernements successifs, visant à étendre au monde entier l’idéologie américaine et ses valeurs. C’est ce que l’on a pu qualifier de soft power : dominer les esprits afin de dominer le monde. A l’intérêt politique s’ajoute aussi l’intérêt économique. Aujourd’hui, les produits divers des industries culturelles représentent le premier poste d’exportation des Etats-Unis. Ils font vivre des millions de gens.

Face à un tel enjeu, il était prévisible que les Etats-Unis utiliseraient tous les moyens, légaux ou relevant de la pression politique et du chantage économique, pour désarmer les Etats qui voudraient protéger leurs propres productions culturelles de la pression du rouleau compresseur américain. Depuis des années, ils ont cherché à déconsidérer (en s’appuyant systématiquement sur des « élites » locales gagnées à leur cause) les politiques dites d’exception culturelle. Ces politiques, pratiquées en France 1) et dans de nombreux autres pays, visent à réserver des subventions ou des quotas de diffusion aux œuvres nationales. On explique alors qu’elles encouragent la médiocrité et le copinage aux dépends du talent. Certes, elles sont parfois maladroites, protégeant des œuvres de qualité inégale, mais elles ont permis, en France comme dans les pays qui y ont recours, de sauver de la disparition un certain nombre d’auteurs représentants de langues et de cultures non américaines.

L’expérience a montré aux stratèges de l’impérialisme culturel américain que loin de diminuer, le nombre des Etats (et des Régions) tentés par des politiques d’exception culturelle avait plutôt tendance à s’accroître. Ils firent donc appel au droit, en l’espèce aux conventions commerciales internationales. Les Etats-Unis prirent la tête de l’offensive menée depuis quelques années pour faire entrer les créations culturelles dans la compétence de l’Organisation mondiale du Commerce, et plus particulièrement dans le champ des activités visées par l'AGCS (Accord Général sur le Commerce des services). Le principe de cet Accord est que les Etats s’interdisent toute mesure unilatérale de protection ou de soutien à des activités nationales. Dans l’esprit du libéralisme économique, on peut comprendre qu’il en soit ainsi concernant des services comme l’assurance ou la finance. Mais des résistances fortes se font jour quand il s’agit d’activités liées à l’éducation et à la culture. Beaucoup d’Etats ne souhaitent pas soumettre à la règle de la concurrence et du profit des activités qui dans beaucoup d’entre eux, non seulement relèvent encore du domaine du service public, mais surtout sont vitales pour le maintien de leur identité dans un monde de plus en plus mondialisé – et mondialisé sous l’influence américaine.

Certes, les négociateurs américains font valoir qu’ils ne souhaitent pas bénéficier d’avantages particuliers au profit de leurs entreprises culturelles. Ils souhaitent seulement qu’elles soient mises sur le même pied que leurs concurrentes locales. Mais l’argument est hypocrite, car on sait très bien que les entreprises culturelles américaines, riches à milliards de dollars, n’ont aucune difficulté à faire disparaître des créateurs et PME sans fonds propres et s’appuyant sur des publics nécessairement segmentés. Par ailleurs, quand on y réfléchit, il est particulièrement insupportable de penser qu’un Etat ou une collectivité locale régionale pourrait se voir poursuivre en justice si elle soutenait une création jugée conforme à sa politique culturelle – ceci parce que les multinationales du cinéma et du multimédia américaines en auraient décidé.

L’appel à l’Unesco

La pression des négociateurs et des intérêts économiques américains au sein de l’OMC était devenue si forte qu’un certain nombre de pays ont craint de ne pouvoir y résister. Ils ont donc décidé de rechercher le soutien de l’organisation des Nations Unies compétente en termes de culture, c’est-à-dire l’Unesco. A la demande de la France, qui a toujours malgré bien des vicissitudes été à la tête du combat pour la diversité culturelle, la Conférence Générale de l’Unesco d’octobre 2003 a décidé d’élaborer un projet de « Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques ». L’objet en sera d’exclure ces activités du champ de la concurrence commerciale et d’autoriser les Etats à les encourager par des politiques publiques adéquates. Différentes organisations professionnelles fédérées en coalitions nationales pour la protection de la diversité culturelle se sont jointes au projet. Certains puristes le regrettent, mais il faut être réaliste. En dehors du bénévolat, qui doit d’ailleurs lui aussi être encouragé, il s’agit de produire des œuvres et de faire vivre des auteurs et acteurs, non de faire de l’art pour l’art.

Dix-neuf groupes a travers le monde ont précisé les éléments du rapport, qui a été soumis en décembre dernier à un comité de rédaction, en vue d’une Convention qui devrait être votée en octobre 2005. Un axe en ce sens, France-Union Européenne-Inde-Chine et Brésil, s’est dégagé, opposé à l’axe Etats-Unis-Japon et …Pays-Bas. Observons que l’Union européenne aurait pu avant l’Unesco jouer ce rôle de défense des autonomies culturelles du continent, mais la culture ne fait malheureusement pas encore partie des compétences communautaires. L’Union par contre a rejoint et soutenu la position française.

Mais alors quel est le problème? Il est qu’actuellement les Etats-Unis multiplient les pressions diplomatiques et économiques pour vider ce futur accord de tous les contenus gênants pour leurs intérêts. D’une part ils discutent pied à pied les projets d’articles. Il s’agit de questions techniques que nous ne pouvons pas examiner ici. Mais d’autre part ils multiplient les efforts pour obtenir du plus grand nombre d’Etats possible des accords bilatéraux ou multilatéraux selon lesquels ces Etats n’appliqueraient pas dans leurs relations avec les Etats-Unis les recommandations de l’Unesco. Ceci en échange d’illusoires contreparties douanières ou commerciales censées s’appliquées aux exportations de ces pays vers le marché américain.

Tout ceci signifie que les pays européens, en ce qui les concernent, doivent rester très attentifs à ce que les quelques mesures qu’ils ont pu prendre pour protéger leur diversité culturelle ne soient pas remises en cause à l’OMC ou ailleurs. Ils doivent aussi veiller à ce que l’accord étudié au sein de l’Unesco 2) ne soit pas vidé de sa substance et, surtout, soit véritablement appliqué le moment venu. L’âpreté avec laquelle les Etats-Unis défendent leurs industries culturelles et les monopoles qu’ils se sont donnés dans l’expression de la culture mondiale montre bien qu’il ne faut en attendre aucune concession.

1) Cet article ne traite pas un autre sujet, qui est de savoir si la France, pour sa part, fait assez pour protéger ses activités culturelles. La réponse serait évidemment négative. On sait que l'action en faveur du cinéma a donné des résultats à peu près satisfaisants. Mais la question du "spectacle vivant", avec le problème non résolu de la rémunération des intermittents, se pose encore. Bien plus grave selon nous est le désintérêt manifesté par les Pouvoirs Publics à l'égard de la production de films documentaires et éducatifs destinés aux heures de grande écoute sur les chaînes publiques. En moyenne la population passe plus de 3 heures par jour devant la télévision. Mais les chaînes publiques ne lui offrent que les émissions dites de divertissement monopolisées par les sociétés de production détenues par des "animateurs-producteurs" à qui l'on a délégué sans aucun contrôle les prérogatives du service public. Ce n'est pas le cas dans d'autres pays européens. La BBC par exemple réussit à maintenir encore un bon niveau de production de séries éducatives.
2) L'Unesco en tant qu'Institution Internationale ne dispose que d'un pouvoir très limité. Ce sont les Etats, en s'accordant sous son autorité pour mener telle ou telle politique, qui sont responsables de la bonne exécution des programmes et des résolutions décidées dans le cadre de l'Unesco. De plus, l'organisation est soumise à de nombreux groupes de pression, notamment américains. Beaucoup d'observateurs se sont étonnés, récemment, de l'accord entre l'exécutif de l'Unesco et Microsoft, au prétexte de réduire la barrière numérique dans les pays pauvres. Quand on sait que Microsoft s'oppose par tous les moyens au développement des logiciels libres mis gratuitement à disposition de ces pays, on peut s'interroger sur la sincérité de son affichage tiers-mondiste.


Les otages français
21/12/04

C'est curieux à dire. Mais alors que les morts violentes s'accumulent partout dans le monde, on n'a pas pu s'empêcher d'avoir un peu la larme à l'oeil en apprenant la libération à laquelle on ne croyait plus des deux otages français en Irak. Bienvenu dans votre pays. Et que l'on ne vous revoit plus jamais à traîner sur les murs.


Les péripéties de la brevetabilité des logiciels
21/12/04

Ceux, nombreux, qui suivent par listes de diffusion l'évolution des décisions européennes concernant la brevetabilité des logiciels, passent du froid au chaud. Le 20, on avait pu croire à un passage en force du projet de directive européenne sur les brevets logiciels. La Présidence Néerlandaise voulait le faire à l'occasion (sic) du Conseil *consacré à la pêche* Quid de la déclaration européenne officielle précédente qui annonçait un report de vote en 2005 ? Quid des amendements du Parlement visant à restreindre de façon claire et stricte le champ des brevets au seul domaine de la technique, et non à celui de la représentation et du traitement de l'information ? Quid de la position polonaise, hostile au texte de la Commission, mais qui avait changée suite à des pressions diplomatiques externes? Et que dire de l'apparent désintérêt pour la question du gouvernement français ?
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Mais le 21, on apprend que "La Pologne sauve la liberté logicielle, au moins provisoirement. Alors que le Conseil des Ministres
européens du 21 décembre 2004 devait entériner l'accord politique du 18 mai dernier sur la très controversée proposition de Directive sur la
brevetabilité des inventions mises en œuvre par ordinateur, le gouvernement polonais s'y est formellement opposé. Rejoignant ainsi le
camp de ceux qui, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Espagne, en Italie, aux Pays- Bas, comme au Parlement européen, veulent sauvegarder la liberté logicielle, la Pologne a évité un coup de force du Conseil des Ministres, qui aurait constitué un véritable dénie de démocratie (communiqué de Gilles Savary, député européen PS).

Braves Polonais. Mais les défenseurs de la non- brevetabilité auraient tort de se rassurer. Les pressions des adversaires des logiciels libres sont si fortes que le projet de directive reparaîtra un jour ou l'autre sous une autre forme. A veiller donc.

On peut remercier le ministre Polonais des sciences et des technologies de l'information Wlodzimierz Marcinski via le site Thank You Poland : The undersigned wish to express their sincere thanks to the Polish government for their action to remove the "A-item" of adopting the "Software Patent Directive" from the agenda of the Agricultural Council meeting on December 21, 2004. It would have been a horrible mistake for the European Union to adopt this "Software Patent Directive".http://www.thankpoland.info/


Les blogs en Chine
19/12/04

On pourra consulter sur ce thème le blog de Xiao Qiang, directeur du China Internet Project à Berkeley et animateur du China Digital News blog (http://journalism.berkeley.edu/projects/chinadn/en/). Xiao Qiang est aussi militant expatrié pour les Droits de l’Homme en Chine, ce qui en fait un témoin partisan mais précieux. Il considère que le blog est « une véritable révolution. Les gens peuvent l’utiliser sans formation et cela ne coûte pratiquement rien ». Les blogs se sont énormément développés en Chine, malgré la police du Net qui a fermé la moitié des cafés Internet, qui surveille étroitement les échanges et poursuit les déviants jugés les plus dangereux. Mais rien n’y fait et des sites hébergeant les bloggers se développent à l’intérieur même de la Chine, c’est-à-dire à l’intérieur du Grand Firewall officiel qui permet de censurer les relations avec le reste du monde. Ces blogs, il est vrai, traitent de tout, notamment de sexe, sport, vie culturelle et pas particulièrement de politique. Cependant, comme ils sont plus de 2 millions aujourd’hui (pour en avoir une idée, faire bo ke sur Google) ils permettent la circulation d’opinions que les hébergeurs de l’Internet traditionnel soumis au contrôle policier auraient refusées comme « sensibles ». : Taiwan, la corruption, les droits de l’homme, les réformes administratives, les questions de santé publique. Ils le font souvent en utilisant des euphémismes non détectables par les censeurs. Le développement du Moblogging, c’est-à-dire des blogs texte et image sur téléphone mobile, ne fera que renforcer cette entrée en force d’un début de liberté d’expression dans les couches sociales profondes.

Nous avons noté précédemment ici le paradoxe qui fait que dans le même temps qu’il renforce sa censure, le gouvernement Chinois négocie avec Microsoft et d’autres grandes entreprises américaines divers accords destinés à associer étroitement ces dernières au développement des TIC dans le pays. Le gouvernement Chinois n’est certainement pas naïf. Il sait que ces technologies permettront inévitablement aux occidentaux et notamment aux Américains d’étendre leur pénétration culturelle et économique en Chine. Mais sans doute les dirigeants le font-ils en considérant qu’une grande partie de ces « Américains » seront en fait des Chinois de la diaspora, provenant notamment des universités et des grandes entreprises de la côte Ouest. Les stratèges gouvernementaux font peut-être le pari qu’il est temps de créer une véritable communauté d’échanges entre les meilleurs cerveaux de l’intérieur et de l’extérieur, préfigurant peut-être le retour en force des expatriés, dans quelques décennies, au sein d’une Chine pan-chinoise face à laquelle l’Amérique WASP, comme d’ailleurs l’Europe, si elle continue à se tenir à l’écart de ce qui se passe en Asie, ne pèseront pas très lourd.


Chirac bientôt seul en tête...à droite
20/12/04

Même si je n'ai pas une admiration sans limite pour les vertus d'homme d'Etat de Jacques Chirac, je suis bien obligé de constater qu'avec l'affaire de l'adhésion de la Turquie, il a été parfait. Loin de courir après l'opinion majoritaire, comme au risque de se contredire il l'a trop souvent fait, il a su rester ferme. La Turquie a sa place en Europe et la France fera tout ce qu'il faut pour que les négociations qui vont s'ouvrir se terminent positivement. C'était d'ailleurs une position de ce genre qu'il avait su prendre à l'occasion de la guerre en Irak, affrontant sans hésiter les "atlantistes" pourtant nombreux dans son propre camp.

C'est bien cela que l'on attend d'un véritable homme d'Etat: braver l'opinion publique pour faire prévaloir une vision à long terme qui honorera plus tard le pays qui aura su la défendre. Par comparaison, les candidats auto-proclamés à la Présidence de la République Française, j'ai nommé les Sarkozy et Bayrou, ont paru se réduire comme bonhommes de neige au soleil. Ils faisaient pitié, tellement ils paraissaient vouloir, en combattant l'entrée de la Turquie et la position Chirakienne, récupérer les voix de tout ce qui est frileux et moisi en France. Je dois dire que ni l'un ni l'autre ne m'ont jamais paru avoir la moindre opinion personnelle bien ancrée, mais toujours choisir ce qui sur le moment pouvait les rendre populaires dans les sondages. Le dernier travelling de Sarkozy en Israël m'a paru relever de ce type de politique. Si j'étais les Israéliens, je me méfierais d'un ami semblable.

Que dire alors du PS et plus particulièrement de François Hollande, dans ces occurences? Eh bien que, à une place toute différente, le premier secrétaire a su, comme Chirac, honorer la France. Vale. Qu'il continue.


Ariane-5: succès du largage du satellite militaire Hélios II-A
AFP | 18.12.04 | 18h40

Le satellite militaire d'observation Hélios II-A a été largué avec succès par une fusée Ariane-5 samedi à 17h26 GMT, une heure et huit secondes après son décollage de Kourou, en Guyane française, a rapporté un journaliste de l'AFP.Le largage par la fusée de six micro-satellites Nanosat, Essaim 1,2,3,4 et Parasol a également réussi. Hélios II-A est destiné à améliorer le renseignement militaire au profit notamment de la France, de la Belgique et de l'Espagne. D'une masse au décollage d'environ 4.200 kilos, Hélios II-A a une durée de vie théorique de cinq ans. Il a été construit sous la maîtrise d'oeuvre d'EADS Astrium avec de nombreux sous-traitants européens dont Alcatel Space.

Les grincheux diront: que d'argent perdu, qui aurait pu servir, par exemple, à faire des logements sociaux. Mais il me semble qu'aujourd'hui, vue la dépendance croissante où se trouve l'Europe dans les technologies avancées, qu'elles soient civiles ou militaires, il s'agisse au contraire d'une très bonne nouvelle. Vivement la suite donc, qui a nom Helios II-B. J'ajoute que le petit (mini) satellite Parasol a pour objet, en liaison avec un train d'autres analogues déployés conjointement par l'Europe et les Etats-Unis, d'observer les masses nuageuses et autres indicateurs de l'état de l'atmosphère.


Le blog d'Alain Juppé

Faut-il en parler? Pourquoi pas? Chacun est en droit de bloguer, n'est-ce pas, même si c'est pour faire du nombrilisme, préparant un retour à un "destin personnel" http://www.al1jup.com/ 15/12/04


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/04-11112/index.htm