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La Gazette N° 110 en date du 15 décembre 2004

Par Jean-Paul Baquiast


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A lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:

- Le Joint Research Center européen http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2004/59/jrc.htm
- La bataille du logiciel libre, de Thierry Noisette et Perline http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2004/59/libre.htm

Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent dorénavant d'un blog. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Les Vingt-cinq donnent leur feu vert définitif à Galileo
10/12/04

Les ministres des Transports des 25 ont donné le 10 décembre à Bruxelles leur feu vert définitif au déploiement opérationnel de Galileo, le futur système européen de navigation par satellite qui doit commencer à fonctionner en 2008*. Ainsi, après avoir perdu plusieurs années à lever les obstacles mis par les américains pour préserver le monopole du GPS et pour régler des arbitrages internes, l'Union Européenne s'engage ainsi irrévocablement dans le déploiement du système européen, ayant constaté que les conditions préalables qu'elle s'était fixées sont remplies.La future infrastructure européenne de positionnement par satellites offrira aux utilisateurs de ces services une technologie plus sûre et précise que le GPS américain, avec lequel il sera compatible.

Les industriels candidats à la concession du système se sont engagés à investir 1,4 milliard d'euros dans le système (qui prévoit d'exploiter 30 satellites), soit les deux tiers des coûts de déploiement estimés. Le reste, soit 700 millions d'euros, doit être apporté par le budget
communautaire. Les deux consortiums candidats à la concession de Galileo sont Eurely (formé autour d'Alcatel/Finmeccanica/Vinci) et iNavsat (formé autour de Thales/EADS/Inmarsat). Le choix définitif doit intervenir d'ici la fin février 2005.

Galileo doit trouver des applications dans des domaines extrêmement variés, allant des transports (gestion de flottes de véhicules, télépéage, sécurité aérienne...) au secteur financier (synchronisation des réseaux de transaction financières) à la sécurité publique (surveillance des matières dangereuses) et au militaire (éventuellement plus tard). Ces applications donneront lieu à un grand nombre de produits fortement créateurs de chiffres d'affaires**. Il faudra évidemment que des entreprises innovantes européennes se saisissent de ces marchés et ne s'y laissent pas évincer par des concurrents non-européens. Les services publics et administrations auront aussi un rôle important à jouer, tant comme prescripteurs que comme maîtres d'oeuvre, afin de pleinement exploiter les ressources potentielles du réseau de satellites.

*Phase de lancement en 2006
** Le marché mondial des produits et services liés à la navigation par
satellites est estimé à quelque 275 milliards d'euros à l'horizon 2020

Pour en savoir plus
Le système européen de navigation par satellites :
http://www.cnes.fr/html/_112_860_.php


We the media
13/12/04

Je signale à ceux qui ne le connaissent pas encore, et notamment aux bloggers, le livre "We, the media" écrit par le journaliste Dan Gillmor, que l'on peut lire gratuitement en ligne sur http://www.oreilly.com/catalog/wemedia/book/index.csp. C'est une étude très documentée (je n'ai pas encore tout lu, cependant) sur l'avenir de la presse "classique" face aux nouveaux médias interactifs, notamment les blogs diffusés par les portables cellulaires. C'est aussi une défense des logiciels et de l'expression libre, face aux Bill Gates et aux G.W.Bush II. On pourra transposer tout ceci à la situation en France et en Europe. C'est Christophe Jacquemin qui m'a passé l'information.

L'auteur a mis en place un site d'actualisation, sous forme de blog, qu'il faut visiter aussi. http://wethemedia.oreilly.com/


Pourquoi il faut accueillir la Turquie
13/12/04

On peut avoir 80 ans et être jeune dans ses idées. Mais on peut aussi avoir 80 ans et être terriblement vieux. Les débats franco-français sur l'entrée de la Turquie en Europe le montrent bien. Dans Le Monde du 12/13 décembre, Edgar Morin argumente avec un enthousiasme admirable en faveur de l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Il rappelle que décider rapidement et irrévocablement en faveur de l'adhésion Turque serait pour l'Europe donner une preuve éclatante, face au fondamentalisme et au terrorisme islamique, du fait que l'Europe n'exclut pas les pays musulmans, s'ils savent se comporter en démocratie. Quant à voir les frontières de l'Europe repoussées jusqu'à l'Asie mineure, se serait la preuve que l'Europe est devenue une véritable grande puissance et n'hésite pas à se confronter géographiquement au reste du monde, plutôt que se recroqueviller frileusement sur une extrémité de péninsule continentale. A l'inverse, il est désolant d'entendre un autre octogénaire, ou quasi, Robert Badinter, s'enflammer sur toutes les antennes contre l'arrivée de la Turquie. Un peu de modestie lui serait utile. Ce n'est pas parce qu'il a milité pour la suppression de la peine de mort qu'il est habilité à jouer les grandes consciences européennes. Le personnage passe encore à gauche, semble-t-il, comme une sorte de maître à penser. C'est bien dommage, quand on considère qu'il rejoint dans sa campagne anti-turque les défenseurs les plus conservateurs de l'Europe-Club chrétien.


Dossier 2007
10/12/04

Ce n'est pas là le titre d'un roman ou d'une affaire d'espionnage, mais celui d'une initiative (dite aussi Objectif civique 2007) prise par diverses organisations de gauche, visant à lancer les débats de fond qui devraient préparer les élections de 2007. Les promoteurs de l'initiative veulent sortir des sempiternelles interrogations sur les meilleurs candidats à la fonction présidentielle ou aux élections législatives, s'attachant à des noms plutôt qu'à des programmes. Ils veulent aussi essayer d'intéresser dès maintenant les citoyens à ces débats, en leur proposant un site Internet collaboratif où ils pourront présenter leurs idées et discuter celles des autres.

L'idée est excellente et s'imposait. Bravo donc. Le site semble très bien conçu. On verra ce qu'il en sortira. Souvent ces sites s'écroulent sous l'abondance des messages uniquement destinés à perturber le dialogue. Mais ce ne sera peut-être pas le cas. En tous cas, j'ai posté sans attendre un texte, pour le compte de Automates-Intelligents. Il est consacré à défendre l'idée d'une science réellement européenne. Ce ne sera peut-être pas tout à fait le point de vue des gens qui iront sur le site, mais il faut bien discuter.

- Dossier 2007 http://www.dossier2007.org/


Le programme Hyper-X de la Nasa est repris par la Darpa
08/12/04

Nous avions annoncé dans un n° précédent dAutomates-Intelligents (Actualités http://www.automatesintelligents.com/actu/041131_actu.html#actu8) le succès du 2e exemplaire de l'avion sans pilote X-43A de la Nasa, qui avait le 16/11/04 battu le record de vitesse des engins mus par un moteur atmosphérique (ScramJet), soit Mach 10 à 110.000 pieds. Mais Chuck Mc Clinton, directeur du programme Hyper-X au centre de recherche de la Nasa à Langley (source NewScientist, 20/11/04, p. 22), vient de faire savoir que la Nasa allait abandonner les perspectives civiles de cette filière, devant se concentrer sur les vols humains vers la Lune et Mars.

Rassurons-nous, les travaux seront repris par le Laboratoire de Recherche de l'Air Force et la Darpa, afin d'améliorer le bombardier Scramjet en cours de développement, le Falcon. Celui-ci devra pouvoir "délivrer" une bombe dans n'importe quelle partie du monde en 2 heures minimum, en décollant, grâce à un engin porteur, de n'importe quelle partie du territoire américain. Vous avez dit technologies duales?

Pour ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'aviation, la technique du moteur atmosphérique avait été expérimenté avec succès par l'ingénieur français René Leduc vers 1946, avec un "tuyau de poèle" porté par un SO Bretagne, sauf erreur.


Microsoft et la Chine
08/12/04

On a trop vite dit, nous les premiers, que la Chine allait s'orienter massivement vers les logiciels libres, pour éviter que Microsoft ne s'empare, comme il l'a fait en Occident de 90% de ses systèmes d'exploitation et logiciels professionnels - avec les risques d'intrusion qui en résultent au profit d'agents extérieurs. Il est évident que si la Chine investissait massivement dans le domaine des logiciels libres, comme semble jusqu'à nouvel ordre le faire l'Inde, Microsoft aurait pu s'inquiéter. Mais quand on dispose d'un trésor de guerre tel que celui de Bill Gates, on n'attend pas d'être menacé pour réagir.

C'est ce qui s'est passé début novembre avec la visite en grand cérémonial de Rick Rashid, vice-président de Microsoft à Pékin pour inaugurer le Computing in the 21st Century, une grande manifestation et foire organisée par Microsoft pour célébrer le 5e anniversaire de Microsoft Research Asia (MSRA) et annoncer le lancement d'un Advanced Technology Center (ATC) à Pékin. Plusieurs grands noms de la recherche et de l'industrie des STIC américaines avaient fait le déplacement. La manifestation étant patronnée par la National Science Foundation of China (NSFC), 3.400 étudiants et professeurs chinois y ont assisté, en montrant selon les observateurs un enthousiasme extraordinaire. Rick Rashid et les représentants du MIT ou de Berkeley en ont profité pour déployer toutes les promesses qui s'attachent à leurs produits et applications actuels et futurs. Ils ont décrit un univers où tout le monde pourrait communiquer avec tout le monde, grâce à de multiples technologies en réseau. Les exposés furent repris 2 jours après à la métropole régionale hith-tech de Chengdu, devant plus de 2700 passionnés.

Ceci appelle plusieurs commentaires. Le premier est que Microsoft et ses concurrents/ alliés (IBM, Intel, Lucent...) qui procèdent de même mais plus discrètement, sont bien décidés à ne pas laisser en friche le marché potentiel des 19 millions d'étudiants des universités chinoises (à comparer aux 14 millions d'étudiants américains - dont beaucoup d'ailleurs sont asiatiques). Au delà des congrès, ils multiplient les accords avec le ministre de l'éducation en Chine et les universités pour développer des laboratoires de recherche en technologie avancée (interfaces graphiques et multimédia pour téléphones cellulaires et assistants personnels, etc.). Au plan culturel, la démarche est la même. Microsoft et la NSFC lancent un projet de plusieurs millions de dollars visant à développer au Harbin Institute of Technology la plus grande base de données mandarin-anglais, qui servira de base à des systèmes répartis de traduction automatique. Microsoft propose aussi de créer un super-calculateur en connectant les milliers de PC des universités chinoises.

Le second commentaire est politique. Dans le même temps où Pékin renforce sa censure sur les usages privés de l'Internet, en faisant notamment la chasse à la multiplication des blogs, il accepte le principe de développer tous azimuts les technologies en réseau. Mais il y a peut-être une réponse à ce paradoxe. Comme ce que Microsoft propose reste du domaine des logiciels propriétaires très facilement contrôlable centralement (cf. ci-dessous par exemple l'article de PG), Pékin préfère peut-être cela à un bourgeonnement non contrôlable de logiciels libres. Mais n'introduira-t-il pas le loup américain dans la bergerie chinoise, car, encore une fois, on sait que les logiciels propriétaires sont du pain béni pour les hackers et les espions.

Notre troisième commentaire s'impose de lui-même. L'inde, comme le montre l'article de Network Magazine India que nous référençons ci-dessous, est très attentive à ce que négocie Microsoft et les autorités chinoises. Suivra-t-elle la même voie en s'alliant à son tour avec Microsoft ou persévérera-t-elle dans la voie de l'autonomie des logiciels? L'Europe par contre semble ignorer tout cela. Se rend-elle bien compte de tout ce qui est en train de se mettre en place, sans elle ou contre elle, dans le bloc Chine-Amérique, déjà fortement soudé par la parité entre la monnaie chinoise et le dollar?

Pour en savoir plus
Computing in the 21st Century (à lire attentivement) http://www.networkmagazineindia.com/200402/focus01.shtml


Le contrôle des identités numériques
PG 08/11/04

Qui contrôle les fonctions clés des systèmes informatiques? L'utilisateur ne s'en soucie généralement pas. Il a tort. Prenons l'exemple de l'identité numérique..

Presque tous les logiciels doivent identifier ceux qui les utilisent (réseaux, bases de données, applications ...). Comme il n'est pas très pratique de gérer une identité par logiciel, l'offre d'une identité centralisée fournie par un éditeur de logiciel trouve un écho favorable dans les services informatiques.
Mais l'éditeur qui propose ce service et maîtrise un dispositif centralisé d'identité numérique:
- est en mesure de favoriser par de multiples artifices (interface incomplète et changeante, délais décourageant pour l'utilisateur des produits concurents) ses produits ou ceux de ses amis (base de données ...) ;
- détient un moyen de pression considérable sur ses clients en pouvant bloquer le fonctionnement de leurs systèmes informatiques (les identités s'approuvant en cascade il suffit de bloquer l'identité racine).

C'est le cas d'active-directory (AD) de Microsoft.
En centralisant la gestion des ressources matérielles et logicielles d'un système informatique (à l'échelle d'un ministère par exemple) AD donne les mêmes moyens que l'identité numérique de tuer les produits concurrents.
Microsoft impose progressivement cette architecture centralisée en la liant aux nouvelles versions de ses logiciels. Par ailleurs cette société s'oriente vers une conexion permanente des bases AD avec ses propres systèmes informatiques (diffusion automatique des nouvelles versions de ses logiciels, location plutôt que vente de licences) qui lui donnera le moyen de bloquer en tout ou partie les systèmes informatiques de ses clients.

Pour garder le contrôle de nos systèmes informatiques nous devons aller vers des architectures hétérogènes et cloisonnées. Argument de plus en faveur des logiciels libres.


Les casseurs de pub
06/12/04

La sympathique organisation dite des "Casseurs de pub" nous invite, pour Noël, à ne rien acheter. Cela fait partie de son action en faveur de la Décroissance. Il s'agit en fait, si l'on comprend bien, de résister à la pression des industriels et commerçants qui se saisissent de toutes les occasions pour pousser à des consommations inutiles, lesquelles accroîssent le gaspillage des ressources mondiales auquel se livre le monde riche, sans rien apporter à ce que serait une croissance véritable, celle fondée sur le partage et (j'ajoute) l'accès réparti aux connaissances. Les Casseurs de pub rejoignent, dans cette campagne pour les non-achats à Noël, les Eglises qui déplorent le recul de la lithurgie devant la consommation. Mais on peut penser que leurs motivations sont différentes.

Ces campagnes sont symboliques, celle-ci comme la précédente, dite de la Journée sans Achats. Il est à craindre qu'elles ne touchent guère les masses populaires (comme on disait au siècle dernier). Elles n'insistent pas assez sur les solutions alternatives proposées. On ne veut pas une croissance zéro qui n'aurait pas de sens, mais la décroissance dans les consommations de gaspillage compensée par une croissance dans les domaines du développement durable et de l'intelligence. Mais peu importe. Le principe en est très sain. Continuons le combat.

- Les casseurs de pub http://www.casseursdepub.org/


La conférence internationale des Maires pour la paix au Proche-Orient
06/12/04

L'opinion semble se répandre, même en Israël, que l'Europe peut jouer un rôle important dans la médiation pour la paix au Proche-Orient. Le principe semble acquis que des observateurs européens pourraient s'assurer du bon déroulement des élections pour la présidence Palestinienne. Mais l'Europe peut faire plus. L'Europe n'est pas seulement celle des institutions Européennes, ni des gouvernements des Etats. C'est aussi celle des grandes villes. On avait déjà constaté, lors de l'Initiative de Genève, le rôle joué par des élus locaux. Palestiniens et Israéliens. La conférence internationale des Maires pour la paix au Proche-Orient, qui s'ouvre ce jour 6 décembre à Lyon, devrait en apporter une preuve supplémentaire. Avec la participation d’une cinquantaine de maires palestiniens et israéliens ainsi que de nombreux maires et représentants d’autorités locales françaises et internationales, la conférence aura comme principaux objectifs, je cite, d' "Offrir un espace de rencontre et de discussion entre maires palestiniens et israéliens et permettre une reconnaissance mutuelle; réfléchir au rôle que peuvent jouer ces maires pour construire la paix; étudier les possibilités d’engager des actions d’échanges et de coopération entre maires palestiniens et israéliens, avec l’aide des maires européens".

Cet évènement peut aussi donner l'occasion de rappeler le rôle que les Maires européens peuvent remplir en faveur de la construction d'une Europe proche des grands besoins des citoyens, notamment dans les zones urbaines. Il existe une organisation dite EuroCités (EuroCities) qui s'est donné pour mission de réfléchir aux politiques urbaines. Elle réunit des représentants de 28 pays (ce qui constitue une Europe vraiment élargie). Les représentants ministériels de ceux-ci se sont réunis le 30 novembre 2004 à Rotterdam pour proposer des objectifs communs aux municipalités et aux Institutions européennes. Une lecture attentive du site de EuroCités, référencé ci-dessous, s'impose. Mais on sait que les élus locaux sont souvent plus prodigues en déclarations d'intention qu'en actions concrètes (surtout en fin de banquet). Les citoyens devraient veiller à ce que les ambitions annoncées soient effectivement mises en oeuvre.

- Maires pour la paix http://www.lyonpourlapaix.com/
- EuroCités http://www.eurocities.org/masterIndex.html


The Brights Net
05/12/04

J'avais déjà signalé l'existence du réseau international des Brights. Il est né aux Etats-Unis devant les outrances des mouvements religieux fondamentalistes et des diverses sectes condamnant comme immoraux et inciviques tous ceux qui ne se réfèrent pas à la divinité dans leurs petites et grandes actions. On devine que le succès électoral de la droite religieuse américaine les incite à se mobiliser davantage encore. Leur site est, comme toujours en Amérique; l'outil à travers lequel ils se regroupent et travaillent de façon coopérative. Les contributions émanent en grande partie de scientifiques plus ou moins connus, mais aussi de citoyens (et citoyennes) ordinaires effrayés par la montée de l'intolérance religieuse, le refus des évidences scientifiques admises partout ailleurs dans le monde occidental et l'emprise sur la jeunesse qui s'opère à partir de programmes et manuels scolaires complètement faussés par l'idéologie.

Les Brights ne veulent pas s'en tenir à des protestations verbales. Ils mettent un place un certain nombre d'ateliers auxquels ils invitent leur sympathisants à participer. Ils ont déjà des correspondants dans divers pays, notamment le Québec, l'Allemagne et l'Italie. Comme de bien entendu, je les ai assurés de mon soutien. Ils sont à mon avis l'honneur de l'Amérique, celle que l'on l'aime.

Une des questions qui mériteraient d'être étudiée, à mon avis, serait la possibilité de trouver une explication scientifique à l'athéisme. Les neurosciences évolutionnistes se posent de plus en plus la question de savoir comment les cerveaux humains ont acquis la propension à croire en des entités mystiques que rien dans leur expérience sensorielle ordinaire ne pouvait faire observer. Les explications données paraissent assez convaincantes, au point que l'on devrait se poser semble-t-il la question inverse. Comment, dans des sociétés humaines où la croyance en des mythologies variées devenait un des ressorts de la survie compétitive, l'athée, qui ne croît pas en un Dieu tutélaire, a pu apparaître et survivre. L'athéisme suppose que l'on se débarrasse des béquilles apportées par l'adhésion à de grands "mèmes" collectifs exaltant l'irrationel. Où trouve-t-il ses propres ressorts? Il s'agit certainement d'une construction complexe, évidemment récente, sans doute très fragile, qui mériterait un regard scientifique aussi objectif que possible.

- http://www.the-brights.net/
- Voir aussi des réactions émanant de correspondants du mouvement, toutes très intéressantes http://www.the-brights.net/action_arena_comments.htm


Nouvelle et vaste offensive de Microsoft
05/12/04

A signaler, l'offensive de Microsoft dans le domaine des Solutions Business, secteur éminemment stratégique concernant le coeur de l'informatique industrielle et de développement des grandes entreprises. Microsoft avait passé en mai dernier un accord avec l'européen SAP afin que celui-ci adapte ses progiciels à .Net, la plateforme "industrie" de Microsoft. Etablie à Walldorf en Allemagne, SAP est le premier fournisseur mondial de solutions Business collaboratives pour toutes les industries. Elle est aussi le premier fournisseur mondial de logiciels inter-entreprises et le troisième fournisseur mondial de logiciels. Elle emploie aujourd'hui plus de 28 900 personnes dans plus de 50 pays.

Après SAP, Microsoft vient de s'allier avec Dassault Systèmes. Cette entreprise s'occupe notamment de la modélisation (industrielle) en 3D et dispose d'un important réseau technologique (voir http://corporate.3ds.com/fr/communities/index.asp). A l'intérieur de Dassault systèmes, on trouve notamment Dassault systèmes Solutions, entité commerciale créée pour proposer les logiciels Dassault Systèmes en France, Bénélux et Suisse. Microsoft a conclu une alliance d'envergure le 17 novembre avec Dassault Systèmes (voir le communiqué commun http://corporate.3ds.com/fr/press/ipf.asp?object_name=Microsoft_Partnership_17Nov04_PR ). Les deux éditeurs se sont engagés à développer des solutions communes au cours des 5 prochaines années. Le tout afin d'optimiser les outils de conception 3D et de la gestion du cycle de vie des produits (Product Life-cycle Management) de Dassault Systèmes pour qu'ils fonctionnent en symbiose parfaite avec les logiciels d'infrastructure de Microsoft (Windows Server,SQL Server), basés sur la technologie .Net. Nous renvoyons pour les détails au communiqué référencé ci-dessus.

Pour Windows, inutile de dire que l'opération est stratégique: il s'agit de faire de .Net, le "moteur logiciel" de l'industrie. Ainsi, grâce à ces partenariats, Microsoft augmente la valeur ajoutée de sa plate-forme en la rendant compatible avec des applications clés de l'industrie. Ceci va lui permettre d'augmenter ses ventes de logiciels d'infrastructures. C'est aussi le bon moyen de bien se positionner dans le domaine des services Web (Web services), ces logiciels qui doivent permettre aux entreprises de travailler ensemble, via Internet et qui font l'objet d'une intense bataille de standard... Les éditeurs disposant de nombreux partenariats multiplient ainsi leur chance de l'emporter. Mais surtout, la disponibilité d'applications incontournables sur .Net est aussi une façon de résister à la montée en puissance des logiciels libre. Il faut savoir que jusqu'à ces dernières années, les industriels utilisaient avant tout des plates-formes, s'appuyant pour la plupart sur des systèmes UNIX. Aujourd'hui, deux camps s'affrontent : l'environnement .Net de Microsoft, et ceux s'appuyant sur Java (langage de programmation), soutenu par IBM et son offre "Websphere".


Athéisme et Paneurope
03/12/04

Je reçois d'un correspondant le mel ci-contre, que je vous communique ainsi que ma réponse:

J'adore le site automates intelligents qui m'a donné beaucoup de liens intéressant sur la cybernétique. Par contre je ne comprends pas votre association avec Paneuropa. Sur le site de paneuropa Deutschland on lit:
"Die Paneuropa-Union kämpft gegen alle Tendenzen, die die geistige und moralische Kraft Europas zerstören, Nihilismus, Atheismus und einen unmoralischen Konsumismus".
Traduction:
Paneurope combat toutes les tendances qui détruisent la force morale de l'Europe: nihilisme, athéisme et Consumérisme immoral.

Je ne comprends pas que vous acceptiez de vous associer à un site qui combat l'athéisme alors que vous l'avez déclaré comme valeur fondamentale sur votre propre site. Avec mon respect pour votre travail.

Et voici ma réponse:

Bonjour. Merci de votre intérêt. Votre critique apparement justifiée mérite quelques explications. Je n'ai associé Automates Intelligents qu'à Paneurope France, et sur un domaine bien précis, celui du combat pour une Europe doté de souveraineté scientifique et technologique. C'est exactement le combat de Paneurope France. Ceux avec qui je travaille dans cette association, bien que chrétiens, n'ont rien de radical. Ils connaissent notre athéisme et notre orientation socialiste, à Christophe Jacquemin et à moi. D'un commun accord nous avons convenu que ce qui nous réunirait, d'une façon précisément transpartisane, serait la bataille pour la souveraineté technologique et scientifique de l'Europe. Il s'agit là d'un thème qui devrait être défendu aussi bien par la droite que par la gauche. Parallèlement d'ailleurs Automates Intelligents collabore avec Noticias cientificas, en Espagne, qui n'est pas éloigné de l'actuel gouvernement Zapatero.
Si je voyais à gauche des organismes qui acceptent de travailler sur le thème de la souveraineté technologique européenne, face notamment à l'Amérique, et sans faire de procès ridicules à la science, je serait heureux de m'associer à eux. Mais jusqu'à présent, je n'en ai pas trouvé, même dans les milieux scientifiques. J'ai appris dans l'administration à faire équipe avec des gens de philosophie différente. C'est le fondement de la démocratie.
Quant à Paneurope Deutschland, ce ne sont quand même pas des nazis. Eux aussi vont défendre le thème commun, en 2005, dans un colloque où participeront des membres du gouvernement Schröder.


Un silence bien maladroit
03/12/04

Alors que globalement ni les Français ni leurs alliés ne contestaient sérieusement la présence de l’Armée française en Côte d’Ivoire, ni la difficulté de la situation à laquelle celle-ci était confrontée, il a fallu que par une stupidité hélas traditionnelle face à l’information, le commandement et derrière lui le gouvernement se mettent en situation d’infériorité. Si dès le début, on avait expliqué que la force d’interposition avait du tirer dans la foule (ou dans la direction de la foule) des manifestants pour éviter des débordements dont les conséquences auraient pu être bien plus graves, la plupart des gens raisonnables auraient pu comprendre…les Ivoiriens les premiers, qui ne s’étaient guère émus des morts français.On pouvait aussi montrer que la manipulation par le Président Ivoirien de foules excitées ne pouvait que provoquer des catastrophes, peut-être désirées d'ailleurs par certains conseillers du Président. Mais s’imaginer que l’on pouvait durablement cacher les victimes et continuer à prétendre pendant plusieurs jours qu’il ne s’était rien produit relevait de l’entêtement puéril. Comme si ces choses là peuvent être passées sous silence au siècle de l’omniprésence de l’information. C’était porter un préjudice grave non seulement à une armée qui n’est certainement pas pire que les autres, mais plus généralement à l’action de la France dans le monde.


Le navigateur Firefox
03/12/04

Ceux qui soutiennent le mouvement des logiciels libres et qui possédaient déjà le navigateur Mozilla n’ont aucune raison de ne pas adopter le successeur de celui-ci, Firefox 1.0. Lorsqu’on se rend sur la page d’accueil en français de celui-ci, http://www.mozilla-europe.org/fr/products/firefox/, on constate le grand nombre de nouvelles fonctionnalités et facilités offertes à l’utilisateur un tant soit peu exigeant. De plus, le grand nombre d’aides en ligne aidera certainement à résoudre les difficultés qui pourront se présenter. Nous sommes manifestement dans un autre univers que celui d’Internet Explorer.
Une question se pose cependant, la compatibilité avec Windows, sous ses différentes versions. En principe cette compatibilité devrait être assurée. J’avais moi-même cependant constaté, à l’occasion d’un passage à l’ADSL 2 méga, que les plantages système se multipliaient. Les gens de France Télécom * m’ont expliqué que c’était parce que Mozilla se comportait comme un virus à l’égard de Windows. Ils m’avaient conseillé de désinstaller Mozilla et réinstaller Internet Explorer. Ce que je n’ai pas fait, évidemment 1).
Pour résoudre un éventuel problème de compatibilité entre Windows et Firefox, reste bien évidemment, comme me le conseille mes amis du Libre, à remplacer le dit Windows par Linux et sa suite bureautique. Faute de temps, je ne me suis pas encore lancé dans cette petite aventure. Mais, pour chatouiller Bill Gates et ses milliards, je le ferai peut-être un jour.

* On sait que France Télécom livre son portail ADSL avec Windows et ses appendices en solution par défaut, ce qui oblige l’utilisateur à des manœuvres compliquées pour un débutant s’il veut adopter du Libre.


Les jolies fleurs de la démocratie
02/12/04

Ceux qui militent, de gauche ou de droite, pour que progresse la construction européenne se sont réjouis de voir la majorité confortable par laquelle les membres du PS ont voté Oui au projet de traité constitutionnel. On n’ose imaginer, quoiqu’en aient dit les défenseurs du Non, le cataclysme en chaîne qui par une conjonction étonnante de facteurs, aurait découlé d’un succès de ce dernier.

Il est alors curieux de constater que, si quelques 10.000 personnes avaient voté Non au lieu de Oui, la majorité aurait été différente, le sort de l’Europe et peut-être du monde en aurait été durablement changé. Les militants qui votaient Oui en étaient bien conscients. Ils comprenaient qu’ils portaient d’une certaine façon la voix des millions de Français et d’Européens qui n’avaient pas encore la possibilité de s’exprimer. Pour une fois dans leur vie ils avaient vraiment l’impression de voter utile. Le destin d’un monde traversait leurs existences individuelles. Ce furent un heureux soir et un heureux lendemain, comme on en voudrait davantage dans la vie politique. S’y exprimait pleinement la vertu profonde, un peu mystérieuse, de ce que l’on appelle la démocratie.

La même démocratie qui pendant ce temps emplissait sans désemparer les places et les rues de Kiev sous la neige.

 


http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/04-11012/index.htm